Peuple : définition de peuple


Peuple : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

PEUPLE, subst. masc.

A. −
1. Ensemble des humains vivant en société sur un territoire déterminé et qui, ayant parfois une communauté d'origine, présentent une homogénéité relative de civilisation et sont liés par un certain nombre de coutumes et d'institutions communes. Tant que les hommes ne sont pas liés entre eux par une croyance commune, ils ne forment pas encore un peuple, car l'intérêt, qui a pu les rassembler hier, demain peut-être les divisera (Ch. Blanc, Gramm. arts dessin, 1876, p.54).Sous ces emprunts, le Japon a jalousement conservé son originalité de peuple insulaire dans son cadre de montagnes et de découpures littorales (Vidal de La Bl.,Princ. géogr. hum., 1921, p.209):
1. ... pour les barbares grossiers, l'idée que nous attachons au mot peuple, en tant qu'une réunion d'hommes ayant un même langage, des moeurs et des institutions communes, est une idée pour laquelle ils n'ont souvent point de mots. Au lieu de tel peuple, ils diront telle famille; plus souvent encore tel homme, tel héros, d'autant plus grand que le peuple sera plus nombreux. Mérimée,Mél. hist. et littér., 1855, p.116.
Rem. 1. Sur l'empl. de peuple et nation, v. nation B 1 a rem. 2. 2. La notion de peuple est très vague et peut correspondre à une ethnie: Un peuple peut se confondre avec une ethnie ou rassembler plusieurs ethnies (George 1970), à une communauté politique, linguistique ou culturelle: Mais ici les échafauds et les batailles, ayant coupé la nation en deux, firent deux peuples, l'un catholique et légitimiste, la Belgique; l'autre protestant et républicain, la Hollande (Taine, Philos. art, t.2, 1865, p.39).
Au plur. Ensemble des communautés humaines constituant la population du globe. Fils de Francklin, béni par Voltaire, il aurait chanté l'alliance de tous les peuples (P. Leroux,Humanité, 1840, p.iv).
En partic.
[Dans l'Ancien Testament] Le peuple choisi, de Dieu, élu. Le peuple juif (en tant que choisi par Dieu qui lui révéla la vraie religion). L'espèce humaine pour les Juifs, ce n'était (...) que le peuple choisi de Dieu et distingué du reste des nations (P. Leroux,Humanité, 1840, p.739).Un désespoir si obstiné, n'est-ce pas, à tout prendre, le plus beau cri d'espérance? Au fond, ces plaintes sont remplies d'allégresse et de cette confiance en lui-même, qui est le signe du peuple élu (Tharaud,An prochain, 1924, p.64).
[Dans le Nouveau Testament] Peuple de Dieu. L'ensemble des chrétiens. Par définition le peuple de Dieu en Christ comprend des hommes de toute race et de toute langue. Il est une réalité essentiellement religieuse et, partant, universelle (Allmen1956).
2. P. ext. Ensemble de personnes qui, n'habitant pas un même territoire mais ayant une même origine ethnique ou une même religion, ont le sentiment d'appartenir à une même communauté. Peuple basque, chrétien, palestinien, tzigane. Pour sentir la situation habituelle du peuple juif, il faut se rappeler ce que c'est pour l'homme pauvre et déshérité d'être chez lui l'été un jour de fête, de voir tout le monde courir au plaisir (Michelet,Journal, 1842, p.389).
SYNT. [Corresp. à 1 et 2 supra] Peuple arriéré, avancé, barbare, civilisé, cultivé, évolué, primitif, sauvage; peuple autochtone, indigène; peuple agriculteur, chasseur, commerçant, guerrier, marin, pasteur, pêcheur; peuple nomade, sédentaire; peuple libre, opprimé, soumis; art, coutumes, langue, littérature, moeurs, morale, religion d'un peuple.
3. Vx. Ensemble des personnes qui constituent la population d'une agglomération. Peuple d'un bourg, d'un village. Le clergé favorisoit encore la population (...) en dirigeant toutes les foudres de l'église, contre le systême du petit nombre d'enfans, adopté par le peuple des villes (Chateaubr.,Génie, t.1, 1803, p.62).
B. −
1. HISTOIRE
a)
α) [Sous la République romaine, p. oppos. au Sénat] Ensemble des citoyens de tout ordre, plèbe exclue. Demandez à l'histoire romaine quel était précisément le pouvoir du sénat; elle demeurera muette (...). On voit bien, en général, que celui du peuple et celui du sénat se balançaient mutuellement, et ne cessaient de se combattre (J. de Maistre,Constit. pol., 1810, p.20).
β) [À l'époque impériale] Synon. de plèbe. (Ds Morf. Philos. 1980).
b) Peuples de la mer. ,,Peuples, qui en 1200 avant notre ère, envahirent l'Égypte en venant des Balkans`` (Ville 1967).
2.
a) Ensemble des individus constituant une nation (v. ce mot B 2), vivant sur un même territoire et soumis aux mêmes lois, aux mêmes institutions politiques. Bonaparte (...) lorsqu'il voulut les asservir, salua les Français du nom de grand peuple; lui-même se glorifie de ce tour d'adresse (Stendhal,Rome, Naples et Flor., t.1, 1817, p.204).On a prétendu qu'Offenbach avait été envoyé par la Prusse pour déviriliser la France (...), cela exprime bien qu'avant d'attaquer un peuple, il faut le syphilitiser, sinon au propre, du moins au figuré (Péladan,Vice supr., 1884, p.182):
2. J'ai honte (...) pour ces hommes jeunes tout prêts à se précipiter dans leur trou au moindre bruit. Comment croire que c'est ce même peuple qui a fait 93, 48 et la Commune, qui s'est accroché dans les tranchées de 14 à 18... Vailland,Drôle de jeu, 1945, p.50.
Rem. 1. Peuple peut désigner soit la totalité de la nation, soit la partie de la nation qui est dominée économiquement et politiquement comme l'atteste l'ex. de Valéry, Regards sur monde act., 1931, p.19: Le mot peuple, par exemple, avait un sens précis quand on pouvait rassembler tous les citoyens d'une cité autour d'un tertre, dans un Champ de Mars. Mais l'accroissement du nombre, le passage de l'ordre des mille à celui des millions, a fait de ce mot un terme monstrueux dont le sens dépend de la phrase où il entre; il désigne tantôt la totalité indistincte et jamais présente nulle part; tantôt le plus grand nombre, opposé au nombre restreint des individus plus fortunés ou plus cultivés. 2. À partir de la Révolution française et pendant une partie du xixes. a eu un contour flou; durant cette période a) il désigne l'ensemble de la nation française, sans distinction de classe: On entend par démocratie et par peuple la famille française tout entière, la nation dans sa génération la plus complète dans toutes les classes, dans tous les modes d'existence, de situation, de professions qui la composent (Lamart., Le Conseiller du Peuple, le passé, le présent, l'avenir de la République, 1850, p.20 ds M. Tournier, Le Mot «Peuple» en 1848 ds Romantisme, 1975, no9, p.11); b) il exclut l'aristocratie: Autrefois, le Tiers était serf, l'ordre noble était tout. Aujourd'hui le Tiers est tout, la noblesse est un mot. Mais sous ce mot s'est glissée une nouvelle et intolérable aristocratie; et le peuple a toute raison de ne point vouloir d'aristocrates (Sieyès, Tiers état, 1789, p.79); c) il ne désigne plus que le prolétariat, la classe ouvrière: Tocqueville (...) définit par «peuple proprement dit», «les classes qui travaillent de leurs mains» (Tocqueville, Souvenirs, 1848 ds M. Tournier, op. cit., p.14). La notion même du peuple, dans les écrits comme dans la pratique, se focalise sur le petit peuple, les plus démunis, la partie que Marat avait très précocement définie comme la plus digne d'intérêt, la plus «intéressante», quoique longtemps négligée (M. Vovelle, La Mentalité révolutionnaire, Paris, Éd. soc., 1985, p.102).
b) [P. oppos. aux gouvernants] Partie de la nation soumise à une autorité ayant le pouvoir politique. Toutes les fois que la tyrannie s'efforce de soumettre la masse d'un peuple à la volonté d'une de ses portions, elle compte parmi ses moyens les préjugés et l'ignorance de ses victimes (Condorcet,Esq. tabl. hist., 1794, p.96).Je vous demande ce que nous devons faire, alors que le gouvernement se permet des actes arbitraires, si vous ôtez à tout un peuple la faculté d'élever sa voix contre l'oppression ou les abus? Quel frein imposerez-vous donc à l'ambition du chef et aux malversations de ses ministres? (Crèvecoeur,Voyage, t.2, 1801, p.336).
La religion est l'opium* du peuple.
En partic., au plur. ou précédé d'un poss. Les sujets en tant que dépendant du souverain. Lui seul [Louis XVI] a le droit de tyranniser les peuples? (Marat,Pamphlets, Offrande à la Patrie, 1789, p.32).Un prince qui gouverne sagement et fait le bonheur de son peuple peut bien dire avec vérité, «la nation a besoin de moi» (Maine de Biran,Journal, 1814, p.5).
Père du peuple. Titre donné à certains rois. Louis XII a obtenu le plus beau surnom des rois de France: il fut tout d'une voix appelé le Père du Peuple (Chateaubr.,Ét. ou Disc. hist., t.4, 1831, p.235).
Le Petit père des peuples. V. petit I B 2 a.
3. [Le peuple institutionalisé et doté d'une physionomie juridique] Ensemble des citoyens d'un pays qui exercent le droit de vote pour désigner leurs gouvernants. Gouvernement du peuple; député, élu, représentant du peuple; consultation, la voix du peuple. Nous avons vu la souveraineté passer du peuple dans un homme; c'est l'histoire de Napoléon. (...) il le disait sans cesse; il disait: «Qui a été élu comme moi par dix-huit millions d'hommes? Qui est comme moi le représentant du peuple?» (Guizot,Hist. civilis., leçon 9, 1828, p.21):
3. Son principe [de la République française] est: gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice. Constitution de 1958, art. 2 et 3.
HIST. DE LA RUSSIE SOVIÉTIQUE. Commissaire du peuple. [Titre correspondant à celui de ministre]
Souveraineté* du peuple. Peuple souverain. V. souverain1.
Droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. ,,Droit inhérent de tous les peuples à profiter et à user pleinement et librement de leurs richesses et ressources naturelles`` (Marie 1981). Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes se réduit-il à une souveraineté territoriale ou se transforme-t-il nécessairement en droit des peuples à disposer des pôles de développement? (Perroux,Écon. XXes., 1964, p.176).
C. −
1. Le peuple. L'ensemble des personnes qui n'appartiennent pas aux classes dominantes socialement, économiquement et culturellement de la société. Synon. masse, plèbe (vieilli).Je trouvai horriblement vulgaires ces gens que j'aurais voulu aimer (...). En un mot (...) j'aime le peuple, je déteste ses oppresseurs, mais ce serait pour moi un supplice de tous les instants que de vivre avec le peuple (Stendhal,H. Brulard, t.1, 1836, p.183).Quelques hommes privilégiés veillent qui pensent que la misère du peuple est la condition de leur aisance. 500.000 parasites maintiennent dans une affreuse pauvreté plus de 24 millions de pauvres (Guéhenno,Journal «Révol.», 1937, p.54):
4. ... il y a aussi le peuple, qui fait si grossièrement fi de l'humanisme (...). Le peuple, à qui fut accordé par les radicaux le privilège exorbitant d'avoir par tête de pipe autant de droits civils et politiques qu'un Rezeau, le peuple, non pas populus mais plebs, ce magma grouillant d'existences obscures et désagréablement suantes... Le peuple (à prononcer du bout des lèvres comme «peu» ou même comme «peuh!»)... H. Bazin,Vipère,1948,p.113.
[En mettant l'accent sur la hiérarchie sociale; p.oppos. à la bourgeoisie, à la noblesse] Ah! le frisson d'amour d'une femme, qu'elle ait quinze ou cinquante ans, qu'elle soit du peuple ou du monde, me va si droit au coeur que je n'hésite jamais à le comprendre (Maupass.,Contes et nouv., t.2, Miss Harriet, 1883, p.874):
5. Le bourgeois feint de traiter le peuple comme l'ensemble de ses enfants; il le reprend, l'avertit, le secourt, car il est assez clair que ce peuple ne saurait prendre lui-même en main ses destinées. Quand il punit le peuple, il le punit comme son propre enfant, pour son bien. Nizan,Chiens garde, 1932, p.95.
[En mettant l'accent sur l'aspect culturel] Depuis le peuple jusqu'au petit nombre des esprits les plus cultivés, chacun demande à être ému (Marmontel,Essai sur rom., 1799, p.317).Les revenants et les sorciers plaisent au peuple comme aux hommes éclairés (Staël,Allemagne, t.2, 1810, p.193).
Péj. Ensemble de personnes caractérisées par la vulgarité, le manque de distinction des manières quelle que soit la classe sociale à laquelle elles appartiennent. Elle veut qu'elle aussi [sa fille] (...) apprenne à penser sainement, à penser différemment du peuple (...): «J'appelle peuple, ajoute-t-elle, tout ce qui pense bassement et communément: la Cour en est remplie» (Sainte-Beuve,Caus. lundi, t.4, 1851, p.230).
Locutions
Homme, femme, enfant, gens du peuple. Personne(s) issue(s) de la couche la plus démunie socialement et culturellement de la société. Elle insistait sur la déchéance physique du vieux, soulignait les tares de la sénilité, avec une crudité de termes, comme font les gens du peuple, pour qui la délicatesse des sentiments est un luxe inutile (Moselly,Terres lorr., 1907, p.251).
Le petit, le menu peuple. Les couches les plus modestes de la société. Synon. petites gens (v. gens1).Déjà on était à table quand parut Choulette (...) il ne vivait plus qu'avec des gens du menu peuple, buvait toute la journée du vin de Chianti avec des filles et des artisans (A. France,Lys rouge, 1894, p.252).
Péj. Le bas peuple. Synon. canaille, populace, vulgaire.Une poussée rompit la ligne des soldats, et tout ce qui se pressait dans les allées, de bas peuple et de canaille, se rua au rocher de vin (Bourges,Crépusc. dieux, 1884, p.9).
Péj. La lie du peuple. La partie la plus marginalisée de la société, la plus rejetée. On voit un jeune homme de la lie du peuple, un simple pêcheur, acquérir en quelques heures le plus grand ascendant sur la multitude (Sénac de Meilhan,Émigré, 1797, p.1731).
[P. allus. à Voltaire, OEdipe, IV, 1; pour caractériser la crédulité du vulgaire] Un vain peuple. Bien que la sentimentalité ne soit pas ce qu'un vain peuple pense (Laforgue,Mor. légend., 1887, p.80).
2. Empl. adj. inv.
a) [En parlant d'une pers.] Qui est de condition modeste, qui a des manières, des comportements caractéristiques du peuple. Eût-il raflé tous les hippodromes, et quand il pourrait acheter la plus grosse étude de Paris, cette fille peuple serait sa femme d'élection (Barrès,Déracinés, 1897, p.159).
[P. méton.] Accent, parler peuple. Quand Chrysanthème s'accroupit devant sa boîte à fumer, je lui trouve un air peuple dans le plus mauvais sens du mot (Loti,MmeChrys., 1887, p.141).Je prends leur allure [des enfants], une dégaine peuple, ouvrière, carrée, lourde (Frapié,Maternelle, 1904, p.93).
b) Être peuple. Avoir des manières populaires, qui manquent de distinction; avoir des qualités physiques caractéristiques du peuple. Par les attaches et les extrémités, par l'attitude alourdie des membres, il était peuple (Zola,Fortune Rougon, 1871, p.12).
D. −
1. Multitude de personnes rassemblées dans un lieu. Synon. foule.Place, rue, salle, tribune remplie/pleine de peuple. De cette large rue aux maisons basses et peinturlurées, dévalant en lacet, un flot de peuple qui roulait sous le soleil, pareil à une traînée de fourmis (Zola,Germinal, 1885, p.1265).J'arrivais, moi, un samedi, ça faisait du peuple dans les rues. Ça moutonnait le long des boutiques. Le tramway (...) laminait la cohue (...) la foule était dense, et marron et onduleuse (Céline,Mort à crédit, 1936, p.249).
Fam. et pop. Se moquer, se ficher, se foutre du peuple. Se moquer, se ficher des gens, du monde et en particulier d'un groupe restreint englobant le locuteur. Dès qu'il aperçut Jésus-Christ, il cria: −J'aurais parié vingt sous (...). Est-ce que tu te fous du peuple? Nous t'attendons (Zola,Terre, 1887, p.64).
2. Vx. Synon. de public.Au siècle où nous vivons, l'horizon de l'art est bien élargi. Autrefois le poëte disait le public; aujourd'hui le poëte dit le peuple (Hugo,Angelo, 1835, préf., p.3).
3. Un peuple de, tout un peuple de. Un grand nombre de. Un peuple de douaniers, d'employés, de marins, de matelots. Un peuple de femmes d'officiers, rangées sur des gradins qui montent jusqu'en haut, haletantes, affamées de voir l'Impératrice (Goncourt,Journal, 1862, p.1139).Un peuple de dockers appartenant à toutes les races du globe s'affairait dans le tapage des sirènes à vapeur et les sifflets des usines et des trains (Cendrars,Du monde entier, 1924, p.128).
a) [À propos d'animaux, de végétaux] Peuple de fleurs, de grenouilles, d'hirondelles. Je découvris sur un espace découvert où s'attardaient des pans de neige, un peuple de petits crocus blancs, soyeux, délicats (Gide,Feuillets d'automne, 1949, p.1084).Il voit tout un peuple d'arbres rabougris, levant vers le ciel des branches noueuses et tordues (Sartre,Mort ds âme, 1949, p.218).
b) [À propos de choses] Peuple de statues. Parmi ce peuple de toits qui descendaient vers le lac, émergeait une tour souveraine, couronnée de clochetons (Martin du G.,Thib., Sorell., 1928, p.1223).
Prononc. et Orth.: [poepl̥]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) 842 poblo «ensemble d'hommes qui habitent un même pays et ont en général des institutions communes; ensemble des sujets vis-à-vis de souverains» (Serments de Strasbourg ds Henry Chrestomathie, p.1); b) fin xes. pople «population (d'un endroit)» (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 40); c) ca 1135 pueple «l'humanité» (Couronnement de Louis, éd. Y. G. Lepage, réd. AB, 741); d) ca 1225 (Gautier De Coinci, II Ch 9, 3134, éd. V. F. Koenig, t.3, p.426; Li grans pueples et li menus); e) 1679 «ensemble (d'animaux)» (La Fontaine, Fables, livre IX, 19, éd. H. Regnier, t.2, p.451); 2. av. 1654 adj. «populaire» (Guez De Balzac, Diss., IX, t.2, p.491 cité ds Brunot t.3, p.166). Du lat. populus «peuple, ensemble des habitants d'un État constitué ou d'une ville», «ensemble des citoyens [s'opposant au Sénat et à la Plèbe]», et p. ext. «les gens, le monde» et «le public». Fréq. abs. littér.: 23099. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 55469, b) 30031; xxes.: a) 26681, b) 18765. Bbg. Dub. Pol. 1962, p.372, 373, 374-375. _ Dossiers de mots. Néol. Marche. 1979, no6, p.280. _ Eskenazi (A.). Peuple et nation dans l'Esprit des lois. Ét. sur le XVIIIes. Clermont-Ferrand, 1979, pp.41-58. _ Hilty (G.). Les Serments de Strasbourg et la Séquence de Sainte Eulalie. Vox rom. 1978, t.37, pp.128-133. _ Klare (J.). L'Elaboration du vocab. pol. soc. en France ds la première moitié du 19es. Beitr. rom. Philol. 1974, t.13, p.268. _ Launay (M.). Qu'entend-on par peuple à Genève au 18es.? Images du peuple au 18es. Paris, 1973, pp.55-64. _ Maulnier (T.). Le Sens des mots. Paris, 1976, pp.175-176. _ Peuple et pouvoir: ét. de lexicol. pol. par J.-P. Beaujot, B. Conein, G. Gayot, M. Glatigny, Lille, 1981, 196 p. _ Quem. DDL t.11, 15, 20. _ Seguin (J.-P.). Lexicogr. et conformisme en 1798. La Licorne. 1978, no2, p.96. _ Rabotin (M.). Le Vocab. pol. et socio-ethnique à Montréal de 1829 à 1842. Montréal-Paris-Bruxelles, 1975, p.47, 52, 63, 67. _ Tournier (M.). Le Mot Peuple en 1848: désignant social ou instrument pol.? Romantisme. 1975, t.9, pp.6-20; Un Vocab. ouvrier en 1848: essai de lexicométrie. Thèse, St Cloud, 1975, t.1, pp.63-65, 92-100, 104-106; t.2, passim. _ Vardar Soc. pol. 1973 [1970], pp.284-285. _ Wind 1928, p.9, 11.

Peuple, subst. masc.,vx ou région., synon.Cette espèce de parc était borné (...) par deux longues avenues de peupliers démesurés, appelés peuples en Normandie (...) Ces peuples avaient donné leur nom au château (Maupass., Une Vie, 1883, p.13).Un terrain aux ondulations très lentes. Peu de haies, une rangée de «peuples», comme dit Tellier, et de saules (Tharaud, Pour fid. de Péguy, 1928, p.145).

Peuple : définition du Wiktionnaire

Nom commun

peuple \pœpl\ masculin

  1. (Nom collectif) Multitude d’hommes qui, vivant habituellement ensemble, partagent les mêmes coutumes.
    • La phase de civilisation dans laquelle se trouve ce peuple est encore bien éloignée de celle où nous sommes arrivés en Europe. — (Flora Tristan; Les Femmes de Lima, dans Revue de Paris, tome 32, 1836)
    • Au Ve siècle, l’empire romain, miné par les luttes intestines, tombe en déliquescence. Des invasions de peuples barbares désolent et bouleversent aussi bien Rome que les Gaules. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • « Peuple, je t’aime ! » dit Angelo à haute voix. Mais tout de suite il eut scrupule et il se demanda si en réalité il n’aimait pas le peuple comme on aime le poulet. — (Jean Giono, Le hussard sur le toit, 1951, réédition Folio Plus, page 295)
  2. (En particulier) Habitants d’un État composé de diverses provinces, dont plusieurs ont été réunies par la conquête ou autrement, et sont régies par des lois, des coutumes particulières.
    • Mais New York ne copiait aucun peuple pour le désordre et le gâchis de son administration intérieure, […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 210 de l’éd. de 1921)
    • Nous avons cherché à savoir pourquoi un peuple réputé rebelle vote à 64% pour Jacques Chirac. — (Erik Empatz, La Corse démasquée, dans Les dossiers du Canard enchaîné, n° 60, p.5, juillet 1996)
  3. (Nom collectif) Population fixe d’un pays, en ce qu’elle forme un ensemble, un tout solidaire sous le même gouvernement.
    • Mr Balfour écrivait jadis: « Il est regrettable que seuls les enthousiastes puissent émouvoir les peuples, car les enthousiastes sont presque toujours des imbéciles. » — (André Maurois, Chantiers américains, 1933)
    • Dion Cassius rapporte que les jubilés décennaux et vicennaux des Empereurs avaient leur origine dans le fait qu'en janvier 27 av. J.-C., Auguste avait reçu du Sénat et du peuple son imperium légal pour dix ans ; […]. — (Joseph Bidez, Albert Joseph Carnoy & Franz Valery Marie Cumont, L'Antiquité classique, Imprimerie Marcel Istas, 2002, page 155)
  4. (Nom collectif) Multitude d’hommes qui n’habitent pas le même pays, mais qui ont une même origine, une même religion, etc.
    • Cette victoire, remportée sur les infidèles, fut un sujet de joie pour tout le peuple chrétien.
    • Le peuple juif.
  5. (Rare) Population d’une même ville, d’un même bourg, d’un même village.
    • Cet élégant et léger funambule parut à des jeux floraux donnés par l’empereur, et il enleva les suffrages de tout le peuple. — (Théâtre des funambules, dans La Nacelle du 1 Mars au 21 Juin 1823, page 5)
  6. (Politique) Partie définie de la nation, considérée au point de vue social et politique.
    • La Révolution ne convient qu’au peuple, aux hommes de toutes les conditions qui ont une âme pure & élevée, aux philosophes amis de l’humanité, aux sans-culottes, qui se sont, en France, parés avec fierté de ce titre, […]. — (Maximilien de Robespierre, Discours contre Brissot & les girondins, 10 avril 1793)
    • Depuis que le peuple est souverain, nos filles sont des princesses.
  7. Partie la moins notable, la moins cultivée ou la moins riche des habitants d’une même ville, d’un même pays.
    • D'ailleurs, ce qui est particulier à la politique de l’histoire sainte, c'est que, chaque fois qu'un personnage marquant fait quelque chose de mal, c'est toujours le pauvre peuple qui écope. — (Émile Thirion, La Politique au village, p. 131, Fischbacher, 1896)
  8. Grand nombre de personnes considérées sous des aspects qui leur sont communs.
    • Autrefois le Lot était une voie navigable : ses écluses, ses relais faisaient vivre un peuple de mariniers. On a déclassé le Lot. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
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Peuple : définition du Littré (1872-1877)

PEUPLE (peu-pl') s. m.
  • 1Multitude d'hommes d'un même pays et vivant sous les mêmes lois. Ces peuples si braves et si belliqueux, et que vous dites qui sont nés pour commander à tous les autres, fuient devant une armée qu'ils disaient être composée de nos cochers et de nos laquais, Voiture, Lett. 74. Chaque peuple a le sien [gouvernement] conforme à sa nature, Qu'on ne saurait changer sans lui faire une injure, Corneille, Cinna, II, 1. Il est dangereux de dire au peuple que les lois ne sont pas justes ; car il n'y obéit ou à cause qu'il les croit justes, Pascal, Pens. VI, 40 bis, édit, HAVET. On énerve la religion quand on la change, et on lui ôte un certain poids qui seul est capable de tenir les peuples, Bossuet, Reine d'Anglet. Les peuples ne souffrent que par les fautes des rois, qui devraient veiller pour les empêcher de souffrir, Fénelon, Tél. XXIV. Ce sont les peuples qui assurent toujours la gloire et la grandeur du souverain, Massillon, Petit carême, Caract. grand. de J. C. Il y a des peuples sans physionomie auxquels il ne faut point de peintres, Rousseau, Hél I, 12. Peuples, formez une sainte alliance, Et donnez-vous la main, Béranger, Sainte-Alliance. Tout trompe… Gloire, amitié, travail, repos, Le monde et ses enchanteresses, Les héros comme les maîtresses, Les peuples comme les héros, P. Lebrun, Voy. de Grèce, III, 2.

    Fig. Comme il [Dieu] se sert de ses anges, peuple naturellement sujet et créé, Bossuet, 6e avert. 35.

    La souveraineté du peuple, doctrine politique d'après laquelle tout pouvoir réside dans le peuple. par opposition à la doctrine du droit divin. Après tout, où veut-on aller par cet empire du peuple ? ce peuple à qui on donne un droit souverain sur les rois, en a-t-il moins sur toutes les autres puissances ? Bossuet, 5e avert. 58.

    Mon peuple, son peuple, le peuple auquel j'appartiens, il appartient. Esther n'avait point encore découvert ni son pays ni son peuple, selon l'ordre que Mardochée lui en avait donné, Sacy, Bible, Esther, II, 20.

  • 2 Au plur. Peuples se dit quelquefois des habitants d'un État composé de diverses provinces qui n'ont pas été réunies en même temps et qui sont régies par des lois différentes. Les peuples qui composaient l'empire romain.
  • 3Multitude d'hommes qui, bien que n'habitant pas le même pays, ont une même religion ou une même origine Le peuple juif est dispersé par toute la terre. Tout le peuple chrétien.
  • 4Dans le style biblique, le peuple de Dieu, ou, absolument, le peuple, le peuple juif. J'imprimerai ma loi dans leurs entrailles, et je l'écrirai dans leur cœur ; et je serai leur Dieu, et eux ils seront mon peuple, Sacy, Bible, Jérémie, XXXI, 33. Tandis que les prophètes ont été pour maintenir la loi, le peuple a été négligent ; mais, depuis qu'il n'a plus eu de prophètes, le zèle a succédé, Pascal, Pens. XV, 13 bis.

    Au plur. Les peuples, les nations en dehors du peuple juif. Dans le style de l'Écriture, le peuple juif est appelé, en nombre singulier et par excellence, le peuple, ou le peuple de Dieu ; et, quand on trouve les peuples, ceux qui sont exercés dans les Écritures entendent les autres peuples qu'on voit aussi promis au Messie dans la prophétie de Jacob, Bossuet, Hist. II, 2.

    Peuple se dit aussi des chrétiens, en tant que peuple de Dieu. Dieu voulant se former un peuple saint qu'il séparerait de toutes les autres nations, Pascal, Pens. XI, 5 ter. Il [Jésus-Christ] devait lui seul produire un grand peuple, élu, saint et choisi…, Pascal, ib. XVIII, 16. Nous qui nous vantons d'être le peuple choisi, nous qui nous regardons comme la nation sainte, Massillon, Carême, Mot. de conv.

    Le peuple-roi, l'ancien peuple romain. Ô Romains, disait-il, peuple-roi que je sers, Voltaire, Mort de César, III, 8.

  • 5Peuple se dit par rapport au gouvernement d'un roi, d'un évêque, etc. Je m'écarte, je vais détrôner le sophi ; On m'élit roi, mon peuple m'aime, La Fontaine, Fabl. VII, 10. Bientôt chéri de son peuple, il [le cardinal de Fleury] l'édifie par ses exemples… il le garantit des fureurs de la guerre par sa prudence, Mairan, Éloges, cardinal de Fleury. Belzuns, ce pasteur vénérable, Sauvait son peuple périssant, Voltaire, Odes, 3.
  • 6Habitants d'une même ville, d'un même village, etc. Tout le peuple du bourg. Le même peuple [de Paris] qui avait fait treize mois auparavant des feux de joie pour leur emprisonnement, en fit tous ces derniers jours pour leur liberté, Retz, Mém. t. II, liv. III, p. 326, dans POUGENS.

    Il y a beaucoup de peuple dans Paris (locution vieillie), c'est-à-dire la population de Paris est très grande.

  • 7Le peuple, considéré dans les républiques comme le souverain. Le peuple, dit-il [Platon], est un animal inconstant, ingrat, cruel, jaloux, incapable de se laisser conduire par la raison, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. IV, p. 73, dans POUGENS. Le peuple, qui a la souveraine puissance…, Montesquieu, Esp. II, 2. Il y avait un grand vice dans la plupart des anciennes républiques, c'est que le peuple avait droit d'y prendre des résolutions actives et qui demandent quelque exécution, chose dont il est entièrement incapable, Montesquieu, ib. XI, 6. Mais le peuple, indigné que la loi le contraigne, Voudrait être séduit et flatté comme un roi, Masson, Helvét. VI.

    Il se dit d'une partie de la nation considérée au point de vue des divisions établies en politique. Le sénat et le peuple romain. On dit toujours qu'il n'y a point d'assurance au peuple, on en a menti : il y a mille fois plus de solidité dans le peuple que dans le cabinet, Retz, Mém. t. II, liv. III, p. 439, dans POUGENS.

    Orateur du peuple, s'est dit, pendant la Révolution, des chefs des attroupements populaires qui, admis à la barre de la Convention, y prenaient la parole au nom du peuple de Paris.

  • 8Il signifie quelquefois la multitude, le public considéré en son ensemble. Le peuple raisonne ordinairement ainsi : une chose est possible, donc elle est, Pascal, Pens. XIII, 23. Encore que les opinions du peuple soient saines, elles ne le sont pas dans sa tête, car il pense que la vérité est où elle n'est pas, Pascal, ib. V, 2 ter. Le peuple honore les personnes de grande naissance, les demi-habiles les méprisent… les habiles les honorent, non par la pensée du peuple, mais…, Pascal, ib. V, 1. Et l'archiduc, forcé d'avouer qu'il n'avait pas de pouvoir [pour traiter], fit connaître lui-même au peuple ému, si toutefois un peuple ému connaît quelque chose, qu'on ne faisait qu'abuser de sa crédulité, Bossuet, le Tellier. Le peuple appelle éloquence la facilité que quelques-uns ont de parler seuls et longtemps, La Bruyère, I. En faisant semblant d'être les protecteurs du pauvre peuple qui n'est que le sot peuple, Voltaire, Lett. Condorcet, 18 juill. 1774. Reproches que nous avons entendus de nos jours, tant cette énorme bête qu'on appelle le peuple s'est toujours ressemblé, Diderot, Claude et Nér. I, 75. Le peuple est sans doute un animal imbécile qui se laisse conduire dans les ténèbres, quand on ne lui présente pas quelque chose de mieux, D'Alembert, Lett. au roi de Pr. 30 nov. 1770. Et le peuple inconstant n'a qu'un jour de courage, Delavigne, Vêpr. sicil. III, 6. À Rome, Varron trouvait que, pour le langage, comme pour le reste, le peuple ne dépendait que de soi-même, et que chacun dépendait du peuple, Villemain, Dict de l'Ac. fr. Préface.

    Populairement. Se moquer du peuple, insulter à l'opinion.

  • 9La partie de la nation, considérée par opposition aux classes où il y a soit plus d'aisance, soit plus d'instruction. M. le Prince était si las de tout ce qui s'appelait peuple, qu'il n'y faisait pas seulement de réflexion, Retz, Mém. t. III, liv. IV, p. 355, dans POUGENS. Il y a le peuple qui est opposé aux grands, c'est la populace et la multitude ; il y a le peuple qui est opposé aux sages, aux habiles, aux vertueux, ce sont les grands comme les petits, La Bruyère, IX. C'est déjà trop d'avoir avec le peuple une même religion et un même Dieu ; quel moyen encore de s'appeler Pierre, Jean, comme le marchand ou le laboureur ? La Bruyère, IX. Il [un grand] s'enivre de meilleur vin que l'homme du peuple ; seule différence que la crapule laisse… entre le seigneur et l'estafier, La Bruyère, ib. Louis XI : Ces misérables-là font du bonheur de tout ! - Olivier : Bonheur qui sent le peuple, Delavigne, Louis XI, III, 3.

    Le petit peuple, le menu peuple, le bas peuple, les classes tout à fait inférieures. Je fus averti que l'abbé Fouquet cabalait contre moi chez le menu peuple, Retz, Mém. t. II, liv. III, p. 145. Dans le gouvernement même populaire, la puissance ne doit point tomber entre les mains du bas peuple, Montesquieu, Espr. XV, 18. Le petit peuple est pauvre dans le riche pays de l'Inde, ainsi que dans presque tous les pays du monde, Voltaire, Mœurs, 194.

    Familièrement. Le petit peuple, les enfants. Je n'aime ce petit peuple [ses petits-enfants] que pour l'amour de vous, Sévigné, 26 août 1675. Pauline [fille de Mme de Grignan] me paraît digne d'être votre jouet… le petit marquis [son fils] est fort joli… parlez-moi souvent de ce petit peuple et de l'amusement que vous y trouvez, Sévigné, 30 juin 1677.

  • 10 Par extension, foule, rassemblement. En quelque endroit que j'aille, il faut fendre la presse D'un peuple d'importuns qui fourmillent sans cesse, Boileau, Sat. VI. Je n'ai percé qu'à peine Les flots toujours nouveaux d'un peuple adorateur, Racine, Bérén. II, 3. Tout un peuple autour d'eux pleure et frémit d'effroi, Voltaire, Orph. III, 5.

    Un grand peuple, une grande foule. Un grand peuple, seigneur, dont cette cour est pleine, Par des cris redoublés demande à voir la reine, Corneille, Pomp. V, 6. Un grand peuple les suit, Racine, Bérén. IV, 8.

    Particulièrement, grand nombre de personnes considérées par des côtés qui leur sont communs. Qui pourrait cependant t'exprimer les cabales Que formait en ces lieux ce peuple de rivales… ? Racine, Esth. I, 1. On peut bien dire que les Romains étaient un peuple de soldat, né et formé pour la guerre.. Rollin, Traité des Ét. III, 1. Où le maître apparent d'un peuple de valets N'en est en effet que l'esclave, Lamotte, Odes, t. I, p. 390, dans POUGENS. Faire du genre humain un peuple de frères, Voltaire, Dict phil, Religion. Je ne jugeai pas à propos d'aller chercher des Dianes et des Sylvandres chez un peuple de forgerons, Rousseau, Confess. IV. Quels hommes devaient être alors les Portugais, et quels ressorts extraordinaires en avaient fait un peuple de héros ! Raynal, Hist. phil. I, 18. Et d'un peuple d'élus la demeure éternelle, Delille, Par. perdu, X.

  • 11Petits poissons qui servent à peupler un étang. Mettre du peuple dans un étang.
  • 12Rejeton au pied des arbres, des plantes.
  • 13 Adj. Qui tient du peuple, qui en a le caractère, qui ne s'élève pas au-dessus de lui.

    En un sens défavorable. Ils [les princes lorrains] avaient si bonne mine, qu'auprès d'eux les autres princes paraissaient peuple ; l'expression est de Mme la maréchale de Rais ; cette façon de parler est un peu hardie, et un grammairien scrupuleux dirait : paraissaient bourgeois, Guez de Balzac, t. II, p. 491, éd. in-f°. Il faut être bien peuple pour se laisser éblouir par l'éclat qui environne les grands, Bouhours, Nouv. rem. L'Église ne vous a pas demandé alors [au baptême] si, par votre naissance selon la chair, vous étiez grand ou peuple, Massillon, Carême, Immutab. de la loi. Il y en a [des siècles] où tout le monde est peuple ; et ceux-là sont sans comparaison les plus favorables à l'établissement des erreurs, Fontenelle, Oracles. I, 11. Comment, s'écria-t-elle, appelez-vous peuple les deux hommes qui sortent d'ici ? ils ont bien de l'esprit, répliquai-je, mais ils ne raisonnent jamais, Fontenelle, Mondes, 6e soir. Oui, il a de l'esprit si peuple ! D'Ailainval, École des bourg. I, 2.

    Air peuple, air commun, vulgaire.

    En un sens favorable. Le peuple n'a guère d'esprit, et les grands n'ont point d'âme… faut-il opter ? je ne balance pas, je veux être peuple, La Bruyère, IX. Il [le peuple de Paris] est moins canaille et plus peuple que les autres peuples, Marivaux, Marianne, part. II. Que sans affectation je fusse peuple à la guinguette, Rousseau, Ém. IV. Bras, tête et cœur, tout était peuple en lui, Béranger, Manuel.

    PROVERBE

    La voix du peuple est la voix de Dieu, c'est-à-dire ordinairement le sentiment général est fondé sur la vérité.

HISTORIQUE

IXe s. Pro Deo amur et pro cristian poblo, Serment.

XIIIe s. L'endemain parlerent li baron, et distrent qu'il montreroient Alexis au peuple de Constantinoble, Villehardouin, LXVIII. Là ot moult grant pueple assemblé de son lignage et de ses gens, Villehardouin, XXIII. Venés avant, mes pules [mon peuple], qui mes comans fesis, Quand tu me veïs mort et tu m'ensevelis, Ch. d'Ant. II, 501.

XVe s. Voirement, il n'est nul sire chretien… qui hors de leur pays puissent trois ni quatre ans tenir tel peuple de gens d'armes… que il ne fust tout usé et miné de chevance et de finance, Froissart, II, II, 136. Et le peuple esmeu par les ennemis dudit frere [Savonarole], Commines, VIII, 19.

XVIe s. Le peuple [le vulgaire] disoit en ma jeunesse, que…, Montaigne, I, 22. Le menu peuple, Amyot, Cor. 31. Ung de noz truchemens racontoyt à Pantagruel comment ce peuple guaignoyent leur vie en faczon bien estrange, Rabelais, Pant. IV, 12. Peuple sans blé mal assemblé, Leroux de Lincy, Prov. II, p. 371.

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Peuple : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

PEUPLE, le, s. m. (Gouvern. politiq.) nom collectif difficile à définir, parce qu’on s’en forme des idées différentes dans les divers lieux, dans les divers tems, & selon la nature des gouvernemens.

Les Grecs & les Romains qui se connoissoient en hommes, faisoient un grand cas du peuple. Chez eux, le peuple donnoit sa voix dans les élections des premiers magistrats, des généraux, & les decrets des proscriptions ou des triomphes, dans les réglemens des impôts, dans les décisions de la paix ou de la guerre, en un mot, dans toutes les affaires qui concernoient les grands intérêts de la patrie. Ce même peuple entroit à milliers dans les vastes théâtres de Rome & d’Athènes, dont les nôtres ne sont que des images maigres, & on le croyoit capable d’applaudir ou de siffler Sophocle, Eurypide, Plaute & Térence. Si nous jettons les yeux sur quelques gouvernemens modernes, nous verrons qu’en Angleterre le peuple élit ses représentans dans la chambre des communes, & que la Suede compte l’ordre des paysans dans les assemblées nationales.

Autrefois en France, le peuple étoit regardé comme la partie la plus utile, la plus précieuse, & par conséquent la plus respectable de la nation. Alors on croyoit que le peuple pouvoit occuper une place dans les états-généraux ; & les parlemens du royaume ne faisoient qu’une raison de celle du peuple & de la leur. Les idées ont changé, & même la classe des hommes faits pour composer le peuple, se retrécit tous les jours davantage. Autrefois le peuple étoit l’état général de la nation, simplement opposé à celui des grands & des nobles. Il renfermoit les Laboureurs, les ouvriers, les artisans, les Négocians, les Financiers, les gens de Lettres, & les gens de Lois. Mais un homme de beaucoup d’esprit, qui a publié il y a près de vingt ans une dissertation sur la nature du peuple, pense que ce corps de la nation, se borne actuellement aux ouvriers & aux Laboureurs. Rapportons ses propres réflexions sur cette matiere, d’autant mieux qu’elles sont pleines d’images & de tableaux qui servent à prouver son système.

Les gens de Lois, dit-il, se sont tirés de la classe du peuple, en s’ennoblissant sans le secours de l’épée : les gens de Lettres, à l’exemple d’Horace, ont regardé le peuple comme profane. Il ne seroit pas honnête d’appeller peuple ceux qui cultivent les beaux Arts, ni même de laisser dans la classe du peuple cette espece d’artisans, disons mieux, d’artiste maniérés qui travaillent le luxe ; des mains qui peignent divinement une voiture, qui montent un diamant au parfait, qui ajustent une mode supérieurement, de telles mains ne ressemblent point aux mains du peuple. Gardons-nous aussi de mêler les Négocians avec le peuple, depuis qu’on peut acquérir la noblesse par le Commerce, les Financiers ont pris un vol si élevé, qu’ils se trouvent côte à côte des grands du royaume. Ils sont faufilés, confondus avec eux ; alliés avec les nobles, qu’ils pensionnent, qu’ils soutiennent, & qu’ils tirent de la misere : mais pour qu’on puisse encore mieux juger combien il seroit absurde de les confondre avec le peuple, il suffira de considérer un moment la vie des hommes de cette volée & celle du peuple.

Les Financiers sont logés sous de riches plafonds ; ils appellent l’or & la soie pour filer leurs vêtemens ; ils respirent les parfums, cherchent l’appétit dans l’art de leurs cuisiniers ; & quand le repos succede à leur oisiveté, ils s’endorment nonchalament sur le duvet. Rien n’échappe à ces hommes riches & curieux ; ni les fleurs d’Italie, ni les perroquets du Bresil, ni les toiles peintes de Masulipatan, ni les magots de la Chine, ni les porcelaines de Saxe, de Sève & du Japon. Voyez leurs palais à la ville & à la campagne, leurs habits de goût, leurs meubles élégans, leurs équipages lestes, tout cela sent-il le peuple ? Cet homme qui a su brusquer la fortune par la porte de la finance, mange noblement en un repas la nourriture de cent familles du peuple, varie sans cesse ses plaisirs, réforme un vernis, perfectionne un lustre par le secours des gens du métier, arrange une fête, & donne de nouveaux noms à ses voitures. Son fils se livre aujourd’hui à un cocher fougueux pour effrayer les passans ; demain il est cocher lui-même pour les faire rire.

Il ne reste donc dans la masse du peuple que les ouvriers & les Laboureurs. Je contemple avec intérêt leur façon d’exister ; je trouve que cet ouvrier habite ou sous le chaume, ou dans quelque réduit que nos villes lui abandonnent, parce qu’on a besoin de sa force. Il se leve avec le soleil, &, sans regarder la fortune qui rit au-dessus de lui, il prend son habit de toutes les saisons, il fouille nos mines & nos carrieres, il desseche nos marais, il nettoie nos rues, il bâtit nos maisons, il fabrique nos meubles ; la faim arrive, tout lui est bon ; le jour finit, il se couche durement dans les bras de la fatigue.

Le laboureur, autre homme du peuple, est avant l’aurore tout occupé à ensemencer nos terres, à cultiver nos champs, à arroser nos jardins. Il souffre le chaud, le froid, la hauteur des grands, l’insolence des riches, le brigandage des traitans, le pillage des commis, le ravage même des bêtes fauves, qu’il n’ose écarter de ses moissons par respect pour les plaisirs des puissans. Il est sobre, juste, fidele, religieux, sans considérer ce qui lui en reviendra. Colas épouse Colette, parce qu’il l’aime ; Colette donne son lait à ses enfans, sans connoître le prix de la fraîcheur & du repos. Ils grandissent ces enfans, & Lucas ouvrant la terre devant eux, leur apprend à la cultiver. Il meurt, & leur laisse son champ à partager également ; si Lucas n’étoit pas un homme du peuple, il le laisseroit tout entier à l’aîné. Tel est le portrait des hommes qui composent ce que nous appellons peuple, & qui forment toujours la partie la plus nombreuse & la plus nécessaire de la nation.

Qui croiroit qu’on a osé avancer de nos jours cette maxime d’une politique infâme, que de tels hommes ne doivent point être à leur aise, si l’on veut qu’ils soient industrieux & obéissans : si ces prétendus politiques, ces beaux génies pleins d’humanité, voyageoient un peu, ils verroient que l’industrie n’est nulle part si active que dans les pays où le petit peuple est à son aise, & que nulle part chaque genre d’ouvrage ne reçoit plus de perfection. Ce n’est pas que des hommes engourdis sous le poids d’une misere habituelle ne pussent s’éloigner quelque tems du travail, si toutes les impositions cessoient sur le champ ; mais outre la différence sensible entre le changement du peuple & l’excès de cette supposition, ce ne seroit point à l’aisance qu’il faudroit attribuer ce moment de paresse, ce seroit à la surcharge qui l’auroit précédée. Encore ces mêmes hommes, revenus de l’emportement d’une joie inespérée, sentiroient-ils bientôt la nécessité de travailler pour subsister ; & le desir naturel d’une meilleure subsistance les rendroit fort actifs. Au contraire, on n’a jamais vû & on ne verra jamais des hommes employer toute leur force & toute leur industrie, s’ils sont accoutumés à voir les taxes engloutir le produit des nouveaux efforts qu’ils pourroient faire, & ils se borneroient au soutien d’une vie toujours abandonnée sans aucune espece de regret.

A l’égard de l’obéissance, c’est une injustice de calomnier ainsi une multitude infinie d’innocens ; car les rois n’ont point de sujets plus fideles, &, si j’ose le dire, de meilleurs amis. Il y a plus d’amour public dans cet ordre peut-être, que dans tous les autres ; non point parce qu’il est pauvre, mais parce qu’il sait très-bien, malgré son ignorance, que l’autorité & la protection du prince sont l’unique gage de sa sûreté & de son bien-être ; enfin, parce qu’avec le respect naturel des petits pour les grands, avec cet attachement particulier à notre nation pour la personne de ses rois, ils n’ont point d’autres biens à espérer. Dans aucune histoire, on ne rencontre un seul trait qui prouve que l’aisance du peuple par le travail, a nui à son obéissance.

Concluons qu’Henri IV. avoit raison de desirer que son peuple fût dans l’aisance, & d’assurer qu’il travailleroit à procurer à tout laboureur les moyens d’avoir l’oie grasse dans son pot. Faites passer beaucoup d’argent dans les mains du peuple, il en reflue nécessairement dans le trésor public une quantité proportionnée que personne ne regrettera : mais lui arracher de force l’argent que son labeur & son industrie lui ont procuré, c’est priver l’état de son embonpoint & de ses ressources. (D. J.)

Peuple romain, plebs romana, (Hist. rom.) Tout ce qui par l’établissement de Romulus n’étoit pas sénateur ou chevalier, étoit peuple, plebs, habitant de la ville ou de la campagne, rustica vel urbana. Le peuple de la campagne la cultivoit, & tenoit le premier rang : d’où il arriva que dans les commencemens de la république, les patriciens eux-mêmes, dans le sein de la paix, travailloient à la culture des terres ; parce que chacun cultivoit sans deshonneur son propre champ, ou celui qui lui étoit assigné sur les terres romaines.

Une partie du peuple qui habitoit la ville, exerçoit le trafic, les arts, les différens métiers ; & les plus distingués d’entr’eux s’appliquoient au ministere du barreau pour s’élever à la magistrature.

La populace de Rome, qu’il ne faut pas confondre avec le peuple proprement dit, plebs, étoient des vagabonds, sans feu ni lieu, toujours prêts à exciter des troubles & à commettre des crimes. Tite-Live nomme cette troupe vagabonde, turba forensis, la troupe du forum, parce qu’elle se tenoit dans les places publiques, criant qu’on partageât les terres suivant la loi agraire. Ciceron l’appelle plebs urbana, la populace de la ville, & Horace popellum tunicatum, la populace à tunique, parce qu’elle ne portoit qu’une simple tunique. Pour soulager la ville de ces misérables, on les envoyoit dans les champs publics ; mais une grande partie les quittoit pour revenir à Rome. C’étoit-là que les séditieux, qui ne cherchent qu’à troubler l’état pour envahir les biens des honnêtes gens, ameutoient cette canaille, & s’en servoient à leurs fins, comme des coquins qui n’avoient rien à perdre. (D. J.)

Peuple, (Jardinage.) se dit des jettons ou talles qui viennent aux piés des arbres & des plantes bulbeuses. Voyez Talles.

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Étymologie de « peuple »

Étymologie de peuple - Littré

Prov. pobol, poble ; catal. poble ; esp. pueblo ; portug. povo ; ital. popolo ; du lat. pŏpulus, forme à redoublement dérivée du radical pla, emplir, sanscr. par : proprement, la foule.

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Étymologie de peuple - Wiktionnaire

(842, Serments de Strasbourg) poblo. (980, Passion), poble, pueble, puis pueple, pople en ancien français (et people en anglo-normand, emprunté par la langue anglaise). Du latin populus (à ne pas confondre avec pōpŭlus, « peuplier »), de même sens.
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Phonétique du mot « peuple »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
peuple pœpl play_arrow

Citations contenant le mot « peuple »

  • En 1986, elle croise Xi Jinping, par le biais d'amis communs. Il s’intéresse au chant. Il est divorcé. Un an plus tard, alors que le jeune cadre bénéficiant de bonnes protections est maire de Xiamen, ville côtière, ils unissent leur destin. Quatre jours plus tard, elle retourne à Pékin. Lui poursuivra sa carrière, d’un poste à l’autre, d’une ville à l’autre. Elle reste dans la capitale. Un couple à distance, presque la norme en Chine à cette époque. Une fille naît en 1992, Xi Mingze, qui étudiera plus tard aux Etats-Unis, comme beaucoup d’enfants de dirigeants. A l’armée, Peng Liyuan devient «major général». La soprano rejoint la Commission consultative du peuple, l’une des deux Chambres du parlement qui, comme son nom l’indique, n’a aucun pouvoir mais intègre les célébrités nationales. Le Temps, Peng Liyuan, première dame de Chine et cantatrice «au service du peuple» - Le Temps
  • Pierre Schoeller n’a qu’un objectif : faire parler et agir le peuple qui a décidé de son destin, en construisant une nation en même temps qu’il détruisait la Bastille, en dessinant une démocratie en même temps qu’il déchirait un royaume et en tuant pour renaître. Ce peuple n’est pas une entité abstraite : il a le visage de Reine Audu (Céline Sallette), vendeuse de harengs, qui, en tête des révoltées, a marché sur Versailles, de l’oncle maître verrier (Olivier Gourmet) et de son apprenti, Basile (Gaspard Ulliel), ou des lavandières Françoise (Adèle Haenel) et Margot (Izïa Higelin). L'Obs, « Un peuple et son roi », naissance d’une nation
  • Tribune. Comme dans la plupart des pays de la région, le peuple cubain affronte le Covid-19 avec courage et succès grâce à un système de santé permettant à chacun l’accès gratuit aux soins et au dépistage massif. Les Cubains ont su endiguer la pandémie, limiter le nombre de morts. Le gouvernement a pris des mesures de confinement et s’est trouvé dans l’obligation d’interdire l’entrée des visiteurs et des touristes dans l’île. L’ouverture des frontières va s’effectuer progressivement.  Libération.fr, Il faut lever l'embargo contre le peuple cubain - Libération
  • Des preuves archéologiques, dont des pointes de lance servant à tuer les mammouths, suggèrent un peuplement vieux de 13 500 ans associé à une culture dite « de Clovis », du nom d’une ville de l’Etat du Nouveau Mexique aux Etats-Unis, considérée comme la première culture américaine d’où sont issus les ancêtres des Amérindiens. Ce modèle de la « culture Clovis primitive » est remis en cause depuis vingt ans, avec de nouvelles découvertes étayées qui ont reculé l’âge des premiers peuplements – mais seulement jusqu’à 16 000 ans. Le Monde.fr, Les humains ont peuplé l’Amérique du Nord beaucoup plus tôt qu’on ne le pensait, affirment deux nouvelles études
  • Sous la forte direction du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) avec comme noyau dirigeant le camarade Xi Jinping, le pays a priorisé la vie et la santé du peuple, démontrant pleinement sa philosophie centrée sur le peuple. , La Chine lutte contre le COVID-19 selon l'approche "le peuple d'abord"
  • Aux quatre coins du pays, le peuple algérien célèbre dans une frénésie indescriptible l’indépendance recouvrée, 132 ans jour pour jour après la prise d’Alger par les troupes françaises placées sous le commandement du général en chef de Bourmont. El Watan, Un peuple indépendant en mal de souveraineté | El Watan
  • Quand est-ce que les êtres humains ont commencé à peupler les Amériques ? Cette question fait l’objet de débats longs de plus d’un siècle. Selon la thèse la plus communément acceptée, la présence humaine remonterait à 13 500 ans. Cependant, les découvertes récentes des archéologues ne font que chambouler ces estimations. Certains disent même avoir détecté des signes d’occupation humaine vieux de 30 000 ans. Certes, les résultats des recherches suscitent beaucoup de controverse. National Geographic, L'Homme aurait peuplé les Amériques 15 000 ans plus tôt que ce que l'on croyait | National Geographic
  • Un peuple qui mange le poisson cru, c'est un peuple de requins. De Delfeil de Ton
  • Le peuple ? Un âne qui se cabre ! De Victor Hugo / Les châtiments
  • Qui rassemble un peuple l'émeut. De Cardinal de Retz / Maximes et réflexions
  • Ne flatte pas le peuple qui veut. De Georges Bernanos / Nous autres Français
  • Aime le peuple, évite la foule. De Franz Liszt / Le chevalier errant de la liberté
  • Qui meurt pour le peuple a vécu. De Marie-Joseph Chénier / Le Chant du départ
  • Le peuple est un éternel mineur. De Gustave Flaubert / Correspondance
  • Un peuple vaincu se dit toujours trahi. De Adolphe Thiers
  • Un peuple malheureux fait les grands artistes. De Alfred de Musset / Lorenzaccio
  • Rien ne peuple comme les gueux. De Denis Diderot
  • La dévotion du peuple est une superstition. De Proverbe oriental
  • Le langage est le confessionnal du peuple. De Eugène Guillevic
  • Un peuple sans souveraineté est non seulement un peuple privé de liberté, mais un peuple menacé dans son existence. De Jean-Marie Le Pen / Meeting de Toulouse - 25 Mars 2007
  • Démocratie : l’oppression du peuple par le peuple pour le peuple. De Oscar Wilde
  • La démocratie, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple. De Abraham Lincoln
  • Un roi soupire-t-il, c'est tout un peuple aussitôt qui gémit. William Shakespeare, Hamlet, III, 3, Rosencrantz
  • Un peuple est un détour que prend la nature pour parvenir à six ou sept grands hommes - et pour les éviter ensuite. Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoir Die fröhliche Wissenschaft
  • Lutte, échec, nouvelle lutte, nouvel échec, nouvelle lutte encore, et cela jusqu'à la victoire - telle est la logique du peuple. Mao ZedongMao Tsö-tongMao Tsé-toung, Citations du président Mao Tsé-Toung, V
  • Les peuples apprennent plus d'une défaite que les rois de la victoire. Alessandro Manzoni, Lettre à Charles-Albert
  • Donne à qui fut longtemps broyé Des jours paisibles et sans peines ; Ce peuple a largement payé Pour les temps passés ou qui viennent. Ferenc Kölcsey, Hymne, 1823, traduction Jean Rousselot
  • Un roi faible affaiblit le peuple le plus fort. Luís Vaz de Camões, Les Lusiades, III, 138
  • Dans toutes les formes de gouvernement, c'est le peuple qui est le véritable législateur. Edmund Burke, Tracts of the Popery Laws, III
  • Ce qui dans le peuple vit inconsciemment et à l'état virtuel, se trouve révélé et réalisé dans le génie. Vissarion Grigorievitch Belinski, Œuvres complètes, tome X
  • L'éducation d'un peuple se juge avant tout d'après son comportement dans la rue. Là où tu rencontreras la grossièreté dans les rues, tu la rencontreras aussi dans les maisons. Edmondo De Amicis, Cuore
  • On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps. Abraham Lincoln,
  • Le peuple au plus ardent de sa colère est pareil à un feu trop vif pour être éteint. Euripide, Oreste, 696-697 (traduction Méridier)
  • Il est à propos que le peuple soit guidé et non pas qu'il soit instruit. François Marie Arouet, dit Voltaire, Correspondance, à M. Damilaville, 19 mars 1766
  • Une somme d'époux prévoyants de l'avenir constitue un peuple insoucieux de l'avenir. Il faut perdre la tête ou perdre sa race. Paul Valéry, Rhumbs, Gallimard
  • […] Il s'agit de ne flatter personne, pas même le peuple. Henri Beyle, dit Stendhal, Promenades dans Rome, Marginalia
  • Les peuples bien gouvernés sont en général des peuples qui pensent peu. André Siegfried, Inédit, Grasset
  • Les peuples ainsi que les hommes ne sont dociles que dans leur jeunesse, ils deviennent incorrigibles en vieillissant. Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social
  • Les peuples sont las quelque temps devant que de s'apercevoir qu'ils le sont. Jean-François Paul de Gondi, cardinal de Retz, Mémoires
  • Le peuple doit s'amuser, c'est là sa grande compensation. Un peuple gai est le meilleur des peuples. Ce qu'un peuple donne à la gaieté, il le prend toujours sur la méchanceté. Ernest Renan, Dialogues et fragments philosophiques, III, Rêves , Lévy
  • S'il est difficile d'empêcher de penser les peuples qui y sont accoutumés, il est cent fois plus difficile de forcer à penser ceux qui l'ont oublié ou désappris. Edgar Quinet, La Révolution, XXIV, 3
  • La bourgeoisie sans le peuple, c'est la tête sans le bras. Le peuple sans la bourgeoisie, c'est la force sans la lumière. Edgar Quinet, Avertissement au pays
  • Il est aussi vain d'écrire spécialement pour le peuple que pour les enfants. Ce qui féconde un enfant, ce n'est pas un livre d'enfantillages. Marcel Proust, Contre Sainte-Beuve, Gallimard
  • Le peuple voudrait en finir ; or il n'y a pas de fin. Pierre Joseph Proudhon, Correspondance, décembre 1851
  • L'honneur d'un peuple est d'un seul tenant. Charles Péguy, Notre jeunesse, Gallimard
  • Souvent il est plus facile de vivre avec tout le monde extérieur qu'avec ce peuple intérieur que nous portons en nous-mêmes. Pierre Nicole, Essais de morale, Des moyens de conserver la paix avec les hommes
  • Surtout n'ayez pas peur du peuple, il est plus conservateur que vous ! Napoléon III, Mélanges, Du système électoral
  • Les amours et les haines des peuples sont fondées, non sur des jugements, mais sur des souvenirs, des craintes et des fantômes. André Maurois, Mes songes que voici, Grasset
  • La vraie, la seule histoire d'un peuple, c'est la montée folklorique de ses réactions collectives, thèmes archétypiques lui servant à classer et à juger les témoins engendrés par sa masse. Louis Massignon, Un vu et un destin : Marie-Antoinette, reine de France, in Lettres nouvelles n° 30-31
  • Pour enchaîner les peuples, on commence par les endormir. Jean-Paul Marat, Les Chaînes de l'esclavage
  • La clémence des princes n'est souvent qu'une politique pour gagner l'affection des peuples. François, duc de La Rochefoucauld, Maximes
  • Ce sont les peuples qui font les rois et les rois sont faits pour les peuples et les peuples ne sont pas faits pour les rois. Félicité de La Mennais, Paroles d'un croyant
  • Un grand peuple sans âme est une vaste foule ! Alphonse de Prât de Lamartine, Premières Méditations poétiques, Ressouvenir du lac Léman
  • Le temps seul peut rendre les peuples capables de se gouverner eux-mêmes. Leur éducation se fait par leurs révolutions. Alphonse de Prât de Lamartine, Cours familier de littérature, in Méditations poétiques
  • Peuple caméléon, peuple singe du maître. Jean de La Fontaine, Fables, les Obsèques de la Lionne
  • Quand le peuple est en mouvement, on ne comprend pas par où le calme peut y rentrer ; et quand il est paisible, on ne voit pas par où le calme peut en sortir. Jean de La Bruyère, Les Caractères, Du souverain ou de la république
  • Le peuple n'a guère d'esprit et les grands n'ont point d'âme : celui-là a un bon fond et n'a point de dehors ; ceux-ci n'ont que des dehors et qu'une simple superficie. Faut-il opter ? Je ne balance pas, je veux être peuple. Jean de La Bruyère, Les Caractères, Des grands
  • L'esprit de parti abaisse les plus grands hommes jusques aux petitesses du peuple. Jean de La Bruyère, Les Caractères, De l'homme
  • La populace ne peut faire que des émeutes. Pour faire une révolution, il faut le peuple. Victor Hugo, Tas de pierres, Éditions Milieu du monde
  • Quant à flatter la foule, ô mon esprit non pas ! Ah ! le peuple est en haut, mais la foule est en bas. Victor Hugo, L'Année terrible
  • Un peuple a toujours besoin d'un homme qui comprenne sa volonté, la résume, l'explique et le mène où il doit aller. Joseph Arthur, comte de Gobineau, Essai sur l'inégalité des races humaines
  • Les nations, comme les hommes, meurent d'imperceptibles impolitesses. C'est à leur façon d'éternuer ou d'éculer leurs talons que se reconnaissent les peuples condamnés. Jean Giraudoux, La guerre de Troie n'aura pas lieu, II, 13, Ulysse , Grasset
  • Il est des vérités qui peuvent tuer un peuple. Jean Giraudoux, Électre, II, 8, Égisthe , Grasset
  • Les exigences d'un grand peuple sont à l'échelle de ses malheurs. Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, l'Unité , Plon
  • Démocratie est le nom que nous donnons au peuple chaque fois que nous avons besoin de lui. Gaston Arman de CaillavetRobert Pellevé de La Motte-Ango, marquis de Flers, L'Habit vert, I, 11, Durand , Librairie théâtrale
  • Les plus grands tyrans du peuple sont presque toujours sortis du peuple. Georges Duhamel, Le Combat contre les ombres, Mercure de France
  • Le silence des peuples est la leçon des rois. Jean-Baptiste de Beauvais, Oraison funèbre de Louis XV

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Traductions du mot « peuple »

Langue Traduction
Corse ghjente
Basque jende
Japonais
Russe люди
Portugais pessoas
Arabe اشخاص
Chinois
Allemand menschen
Italien persone
Espagnol poblada
Anglais people
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Synonymes de « peuple »

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Antonymes de « peuple »


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