Patience : définition de patience


Patience : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

PATIENCE1, subst. fém.

A. −
1. Vertu qui consiste à endurer avec constance et résignation les vicissitudes, les malheurs. Synon. résignation, endurance; anton. impatience, impétuosité, fougue.Ses fautes passées lui donnaient l'humble patience et la foi persévérante du martyr (Sand, Lélia, 1839, p.428):
1. Même ce rictus hagard de l'ivresse qu'elle hait tant sur la face de son père (...) ne lui inspire qu'une espèce de compassion tendre, et un autre sentiment qu'elle ne connaît pas du tout −car les gosses lui font horreur −d'humilité protectrice, d'inaltérable patience, d'une patience plus forte que tous les dégoûts −l'instinct maternel frais éclos dans sa conscience, aussi fragile qu'une rose de mai. Bernanos, Mouchette, 1937, p.1289.
2. En partic.
a) Qualité qui consiste à supporter sans impatience le comportement pénible d'une personne. Synon. gentillesse, indulgence, longanimité; anton. agacement, brusquerie, énervement, exaspération.Madame Trevor se prêtait à la bizarrerie de mon manège avec une patience admirable (Constant, «Cahier rouge», 1830, p.21).Oh! Que tu n'es pas gentille! Tu ne vois même pas toute ma patience à t'attendre, à supporter tes façons de toujours me rebuter (Colette, Cl. école, 1900, p.227).
b) Qualité qui consiste à persévérer dans une entreprise longue et pleine d'obstacles. Synon. constance, courage, endurance, persévérance; anton. fièvre, hâte.C'est la construction la plus considérable, la plus importante qui témoigne du génie des insectes; travail d'infinie patience et d'un art audacieux (Michelet, Insecte, 1857, p.233).Il écrivait beaucoup. Il s'acharnait à écrire son journal (...) avec une patience idiote et presque héroïque, les notes détaillées de ce qu'il a, chaque jour, vu, dit, fait, entendu, bu, pensé et mangé (Rolland, J.-Chr., Antoinette, 1908, p.840).
c) Qualité qui consiste à attendre quelqu'un ou quelque chose qui tarde sans marquer d'impatience. Synon. calme, flegme, sérénité; anton. empressement, énervement.Ils s'appuyaient profondément au gazon vert, attendant quelque chose qui tardait à venir, avec la patience infinie et charmante que de si belles personnes développent à attendre (Jouve, Scène capit., 1935, p.47).Ces repas interminables, sur la petite table de malade, ces attentes qui usent la patience, qui coupent le peu d'appétit qu'on pourrait avoir! (Martin du G., Thib., Épil., 1940, p.934).
SYNT. Patience attentive, douce, exemplaire, inépuisable, infatigable, inlassable, inouïe, soutenue; patience à toute épreuve; grande, longue patience; la patience échappe, se lasse, manque; abuser, éprouver, épuiser, fatiguer, irriter, lasser la patience de qnn; s'armer, manquer de patience; mettre la patience de qqn à bout, à rude épreuve; attendre, écouter, endurer, souffrir, supporter avec patience.
3. [Formant des loc.]
a) [Des loc. ou des syntagmes prép.]
[Avec une valeur intensive, il est déterminé par un adj. ou par un subst. désignant un archétype de la patience] Patience d'ange, d'archange, de bénédictin, de fourmi, d'insecte; patience angélique, évangélique. Le coeur le plus froid, doublé de la tête la plus méthodique et d'une patience allemande, réussira cent fois mieux au piano que l'âme de Pergolèse (Stendhal, Rossini, 1823, pp.102-103).La plupart sont porteurs de bouquets craonnais, de ces bouquets serrés, fleur à fleur, ces mosaïques qui sont des chefs-d'oeuvre de la patience paysanne (H. Bazin, Vipère, 1948, p.237):
2. Avec une patience de chat, il pouvait demeurer des heures couché à la gueule d'un terrier, le corps inerte ainsi qu'une souche, mais la main suspendue, le bras bandé pour la détente. Genevoix, Raboliot, 1925, p.289.
De patience, loc. adj. Qui est relatif à, qui requiert de la patience. Affaire, école, esprit, exercice, leçon, question de patience. Lorsque onze heures sonnaient, l'Anglais (...) ramassait prestement les bouts de crin (...), les outils délicats, avec lesquels il façonnait ses oeuvres de patience (E. de Goncourt, Faustin, 1882, p.306).
Ouvrage de patience. Un fauteuil de tapisserie au petit point, ouvrage de patience et de loisir mené à fin par quelque aïeule (Gautier, Fracasse, 1863, p.8).
Jeu(x) de patience. Puzzle, boulier, jeux orientaux. Le dimanche matin, l'arrangement des assistances à la messe s'emboîtait comme un jeu de patience (Malègue, Augustin, t.1, 1933, p.65).Au fig. C'est un jeu de patience. C'est un travail minutieux.
En patience, loc. adv. En paix, patiemment.
Prendre qqn, qqc. en patience. Je prends mon mal en patience, je me livre avec courage à des travaux qui finiront par me rendre indépendant (Hugo, Lettres fiancée, 1820, p.15).Ils s'extasiaient ensemble sur les oeuvres des jeunes poètes, elle de bonne foi, lui s'ennuyant, mais prenant en patience les poètes romantiques, qu'en homme de l'école impériale il comprenait peu (Balzac, Illus. perdues, 1837, p.53):
3. Est-elle immobile, cette terre? Dans les prairies, je la vois onduler, le noir mineur, la taupe, continue son travail. Plus haut, dans les lieux secs, s'étendent des greniers où le rat philosophe, sur un bon tas de blé, prend la saison en patience. Michelet, Oiseau, 1856, p.172.
Attendre, supporter qqc. en patience (vieilli, littér.). Attendre en patience et en paix ce que Dieu décidera du monde (Lamennais, Religion, 1826, p.260).Elle tient ma main, attend en patience et parfois se penche un peu (Colette, Cl. ménage, 1902, p.235).
Patience à, de + inf.Ils sont remarquables par leur patience à supporter la faim (Baudry des Loz., Voy. Louisiane, 1802, p.83).Personne, hors les intéressés, n'eut la patience de l'écouter (Courier, Pamphlets pol., Procès, 1821, p.103).
Patience à + subst.Le goût de la perfection implique alors une puissance et une ampleur de l'esprit, une patience au travail, une capacité d'abstraction et en même temps un sens frémissant de la matière, qui ne sont pas des manies vétilleuses (Mounier, Traité caract., 1946, p.449).
b) [Des loc. verb.]
[Souvent à la forme impér.] Avoir patience. Ayez patience avec moi! (Rolland, Beethoven, t.1, 1937, p.87).
(Ne pas) avoir la patience de + inf.(Ne pas) faire preuve de calme, de maîtrise de soi. J'admire, en vérité, que vous ayez la patience de courir chez ce bottier et de vous occuper comme vous faites de toutes mes affaires (Courier, Lettres Fr. et Ital., 1809, p.794).
Donner patience à qqn. Faire patienter quelqu'un. Tout leur rôle consiste, autant que j'ai compris, À donner patience à nos futurs maris (Augier, P. Forestier, 1868, p.71).
Se donner patience (vx). Prendre patience. (Ac. 1798-1878).
Demander patience à qqn. Demander un atermoiement à quelqu'un. Demander patience aux créanciers (Proust, Guermantes 2, 1921, p.404).
Être à bout de patience. Avoir épuisé toute sa patience. Je n'en puis plus; suis à bout de patience, et de force, et d'attente (Gide, Journal, 1917, p.639).
Prendre patience. Se résigner à attendre, être patient. Synon. patienter.Quand ils voudront entrer au paradis, je serai à la porte et je les accuserai au tribunal de Dieu. Ainsi, hélas! ils prenaient patience (Musset, Confess. enf. s., 1836, p.23).Henri et Nadine avaient regardé avec colère les bourgeoises aux fourrures épaisses qui répondaient majestueusement aux mendiants: «Prenez patience!» (Beauvoir, Mandarins, 1954, p.95).
Perdre patience. S'impatienter. Il perdit patience, devint enragé, la menaça de son révolver (A. France, Île ping., 1908, p.380).Un créancier de Noémie qui perdait patience (Martin du G., Thib., Pénitenc., 1922, p.787).
User de patience. Être patient. Mais il est vain De parler. Agissons. Usons de patience. D'abord. Il le faut bien. Puisque l'âpre science Et l'âpre maladie, en leurs mornes combats, Me piétinent, champ de bataille aux mille pas (Verlaine, Poèmes div., À ma femme, 1896, p.185).
4. [Dans des empl. interj. ell.]
a) [Pour exhorter au calme, à la patience] Patience! Un jour viendra, on se retrouvera tous au port (Rolland, J.-Chr., Nouv. journée, 1912, p.1570):
4. Patience, patience, Patience dans l'azur! Chaque atome de silence Est la chance d'un fruit mûr! Valéry, Charmes, 1922, p.155.
b) [Pour couper court à une intervention, à une objection considérée comme prématurée] Eh! Mon cher, patience! Un moment, je vous prie. Vous avez été trois ans absent sans vous inquiéter de moi (Sainte-Beuve, Pensées, 1868, p.59).
c) [Pour menacer] Patience! Nous vous rendrons un jour la vie dure (Champfl., Avent. MlleMariette, 1853, p.85).Patience! L'exterminateur viendra, on passera toutes les rues au flytox (Sartre, Mort ds âme, 1949, p.84).
d) [Dans des exclam. pop. et région.] Sainte patience! Passe ed'vant! Sainte-patience! Et va-t'en pelauder tes carottes! Dire qu'à près d'une heure, la soupe elle est seul'ment point trempée! (Martin du G., Gonfle, 1928, i, 6, p.1191).
5. [Empl. dans des allus. littér.]
a) [P. allus. à la morale de la fable de La Fontaine, Le lion et le rat (II, 11): Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage, en opposant patience et impatience] Vous voyez bien que nous finirons par sortir, dit ce bon géant avec un doux sourire. Patience et longueur de temps... (A. France, Île ping., 1908, p.231).
b) [P. allus. à la phrase de Buffon: Le génie n'est qu'une plus grande aptitude à la patience, en opposant patience et intelligence] Le mot de Buffon est un grand blasphème: Le génie n'est pas une longue patience. Mais il a du vrai, et plus qu'on ne le croit, de nos jours surtout (Flaub., Corresp., 1846, p.255).Le talent −suivant le mot de Buffon −n'est qu'une longue patience (Maupass., Pierre et Jean, 1888, p.281).
B. − [P. allus. à cette vertu; désignant un objet concr.]
1. ART RELIG. Appui dans une stalle, miséricorde (d'apr. Chabat 1881).
2. HABILL. MILIT., vieilli. Planchette de bois munie d'une rainure dans laquelle tous les boutons d'un uniforme pouvaient être astiqués en même temps sans risquer de souiller le tissu (d'apr. Havard 1980).
3. HÉRALD. Sur un écu, salamandre dans son brasier, signifiant cette vertu. (Dict.xixeet xxes.).
4. JEUX. Réussite. Elle s'était installée là devant, et machinalement, elle battait les cartes. Elle surprit le regard d'Armand: «Je fais des patiences, ça distrait (...)» (Aragon, Beaux quart., 1936, p.355).
5. THÉÂTRE. ,,Rail horizontal équipé pour le coulissage des rideaux drapés ou des décors mobiles`` (Giteau 1970). Un autre rideau? Lechy Elbernon: Une patience! Ce que nous appelons une patience! Quelque chose qui fait prendre patience! Un rideau qui bouge! (Claudel, Échange, 1954, i, p.746).
Prononc. et Orth.: [pasjɑ ̃:s]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist.I. 1. 1remoitié du xiies. «vertu qui fait supporter les adversités» (Psautier d'Oxford, 51, 5 ds T.-L.); 1174-78 prendre en pacïence (Etienne de Fougères, Le Livre des Manières, éd. R. A. Lodge, 783); 2. 1176 «fait de supporter avec douceur les défauts d'autrui» (Chrétien de Troyes, Cliges, éd. A. Michea, 5731); 3. 1256 «persévérance à faire quelque chose malgré les obstacles» (Jeux-Partis Français, Jehan Bretel a Lambert Ferri, éd. A. Lånfgors, 62, 50, I, 234); 1798 ouvrage de patience (Ac.); 1845-46 jeu de patience (Besch.); 4. 1549 «tranquillité avec laquelle on attend ce qui tarde à venir ou à se faire» (Est.); 1604 prendre patience (Montchrestien, Carthaginois, 119 ds IGLF); 1798 patience d'Allemand (Ac.); 5. 1548 «interjection invitant à prendre patience» (Rabelais, Quart Livre, VI, éd. R. Marichal, p.54). II. 1. 1752 terme de blason «salamandre représentée dans le feu» (Trév.); 2. 1811, 9 juill. «jeu de cartes» (Stendhal, Journal, t.3, p.287: elle a fait une patience pour voir si je me marierais); 3. 1831, 16 avr. patience à nettoyer les boutons (Arrêté, in P. J. Bemelmans, Recueil administratif, t.3, p.447 ds Quem. DDL t.16); 4. 1868 «appui de stalle sur lequel on peut se reposer lorsqu'on est debout» (Littré). Empr. au lat. patientia «action de supporter, d'endurer». Fréq. abs. littér.: 2757. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 3767, b) 4453; xxes.: a) 3427, b) 4062.

PATIENCE2, subst. fém.

BOT. Plante voisine de l'oseille (rumex vulgaris) utilisée pour ses propriétés toniques et dépuratives. Dès qu'une personne sera attaquée de la gale, on commencera par lui prescrire un régime très-doux, lui interdisant tous les alimens salés et épicés, et les ragoûts un peu composés. Sa boisson sera une tisane de patience sauvage, faite avec une once de cette racine bouillie dans chaque pinte d'eau (Geoffroy,Méd. prat.,1800, p.435).
Prononc. et Orth.: [pasjɑ ̃:s]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1544 (L. Duchesne, In Ruellium de Stirpibus epitome d'apr. Roll. Flore t.9, p.168). Altération d'apr. patience1du lat. lapatium, -cium, att. à côté de lapathum empr. au gr. λ α ́ π α θ ο ν, -θ ο ς, -θ η (v. André Bot., p.178) avec suppression de la 1resyll. prise pour l'art; on trouve également la forme lapacion (1581, Arnoul de Ville-Nove, Le Trésor des pauvres, fol. 101rods Gdf.), transcr. sav. de lapatium, dont la prononc. a suscité un découpage en la passion (d'où le jeu de mot de Rabelais, Tiers Livre, Prol., éd. M. A. Screech, p.16: «je n'y fauldray par lapathium acutum de Dieu». Lapathium étant prononcé lapation devient homon. de la passion de Dieu) et la transformation p.plaisant., prob. dans le milieu méd. de lapacion en lapatience (v. FEW t.5, p.169a). À côté de ces formes on rencontre des formes pop. du type lavase (v. FEW t.5, p.168a).

patience « qualité de celui qui est patient, qui persévère dans une activité sans se décourager »

Patience : définition du Wiktionnaire

Nom commun 1

patience \pa.sjɑ̃s\ féminin

  1. Vertu qui fait supporter les adversités, les douleurs, les injures, les incommodités, etc.
    • Hélas ! il n’y a plus de paradis sur la terre. Ce lieu était peuplé de maringoins, que le bon Dieu a créés, je pense, pour exercer la patience des mortels […] ils ne nous laissèrent pas un moment de repos. — (« Lettre du R. P. Lejacq, de la Congrégation des Oblats de Marie-Immaculée, à Mgr d’Herbomez, vicaire apostolique de la Colombie britannique [sic : Colombie-Britannique] », 12 septembre 1869, dans les Annales de la propagation de la foi, vol. 42, Lyon, 1870, p. 444)
    • La patience est la principale vertu réclamée à l’explorateur polaire, dit Nansen, mais la prévoyance est la seconde. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Avant de pouvoir jeter l’ancre, j’eus encore à déployer toute la patience et l’industrie du navigateur. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil ; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Hélène, avec la patience mélancolique des malades, s’amusait à entortiller autour de ses doigts une chaînette d’argent qui lui servait de bracelet. — (André Dhôtel, Le Pays où l’on n’arrive jamais, 1955)
    • Il nous faut encore un peu de patience, ce mot qui se prononce vite, cette vertu qui s’obtient difficilement. — (Éric-Emmanuel Schmitt, L’Évangile selon Pilate, Albin Michel, 2000, collection Le Livre de Poche, page 205.)
  2. Tranquillité, calme, sang-froid avec lequel on attend ce qui tarde à venir ou à se faire.
    • Ensuite, il fit bouillir l'eau au-dessus du feu avec une patience de malfaiteur. — (Rodolphe Girard, Marie Calumet, Montréal, 1904, ch. XX)
    • Et sachant bien qu’elle était venue trop tôt, elle attendait avec patience, satisfaite d’être là, enivrée d’espoir. — (Pierre Louÿs, La Nuit de printemps, dans Archipel, 1905)
    • Aux archives, un fonctionnaire entre deux âges et réglé comme une pendule se concentrait déjà sur les écritures en recopiant avec une patience de bénédictin les télex et les rapports qu'on lui demandait de traiter. — (Éric Michel, Algérie ! Algérie !, Presses de la Renaissance, 2007 & 2014)
    • (Absolument) (Par ellipse) Restez patient !
      Patience, patience, s’il vous plaît !
      (Dans un esprit de menace) : Patience, j’aurai mon tour.
  3. Constance, persévérance à faire une chose, à poursuivre un dessein, malgré la lenteur des progrès, les obstacles, les peines, les dégoûts.
    • Toutefois, pas un seul d’entre nous ne douta que nous arriverions à y prendre pied : ce n’était à nos yeux, qu’une question de patience. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • La patience vient à bout de difficultés qu’on croyait d’abord insurmontables.
  4. (Cartes à jouer) Jeu de cartes où un seul joueur participe.
    • Il fait une patience.
  5. (Vieilli) (Militaire) Planchette à rainure dont on se sert pour astiquer les boutons de métal.
  6. Armoiries avec une salamandre et sa patience (sens héraldique)
    (Héraldique) Nom donné aux flammes qui entourent la salamandre héraldique dans les armoiries.
    • De sable, à la salamandre d’or dans sa patience de gueules, qui est de la commune de Gennes de Maine-et-Loire → voir illustration « armoiries avec une salamandre et sa patience »

Nom commun 2

patience \pa.sjɑ̃s\ féminin

  1. (Botanique) Plante du genre rumex, en particulier l’oseille-épinard.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
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Patience : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PATIENCE. n. f.
Vertu qui fait supporter les adversités, les douleurs, les injures, les incommodités, etc. Il faut avoir une merveilleuse patience, un grand fonds de patience pour se résigner à de pareilles souffrances. C'est avoir une patience d'ange, la patience d'un saint que de supporter de telles injures. On a mis sa patience à une rude épreuve. Je prie Dieu qu'il vous donne la patience nécessaire. Il faut s'armer de patience. Il faut faire provision de patience. On a bien exercé votre patience. On a poussé sa patience à bout. On a épuisé ma patience. La patience m'échappe. Je ne veux pas abuser plus longtemps de votre patience. Ce serait lasser votre patience. Il nous a reçus avec bonté et nous a écoutés avec patience. C'est un grand exemple de patience. Il faut avoir patience jusqu'au bout. Prendre son mal en patience, Le supporter, le souffrir avec patience, avec résignation. Il ne m'eût servi à rien de me désespérer, j'ai pris mon mal en patience. Le chrétien prend ses afflictions en patience et les offre à Dieu.

PATIENCE se dit aussi de la Tranquillité, du calme, du sang-froid avec lequel on attend ce qui tarde à venir ou à se faire. Il viendra dans un moment, prenez patience. Ayez patience. Il s'emploie absolument, par ellipse. Patience! vous êtes bien pressé, Prenez patience. Fam., Patience, patience, s'il vous plaît. Patience, un moment de patience, Ne m'interrompez point, laissez-moi dire. On dit aussi par menace : Patience, j'aurai mon tour.

PATIENCE signifie quelquefois Constance, persévérance à faire une chose, à poursuivre un dessein, malgré la lenteur des progrès, les obstacles, les peines, les dégoûts. La patience vient à bout de difficultés qu'on croyait d'abord insurmontables. Prov., Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. Ouvrage de patience, Ouvrage qui demande principalement du temps et de la constance. Jeu de patience, Amusement qui consiste à rassembler dans leur ordre véritable les pièces, bizarrement découpées et mêlées, d'une tablette de bois sur laquelle on a collé un dessin, une image coloriée, une carte de géographie, etc.

PATIENCE se dit de Combinaisons qu'une personne seule peut faire avec un jeu de cartes. Faire une patience, des patiences.

PATIENCE désigne aussi, en langage militaire, une Planchette à rainure dont on se sert pour astiquer les boutons de métal.

Patience : définition du Littré (1872-1877)

PATIENCE (pa-si-an-s') s. f.
  • 1Vertu qui fait supporter avec modération et sans murmure. Il [le prince qui se laisse dominer par un favori] ne saurait exercer une plus lâche patience, ni être malheureux plus honteusement, Guez de Balzac, De la cour, 7e disc. Je me sens un si grand fond de patience, pour supporter cette incommodité…, Sévigné, 295. De sorte que je suis contrainte d'avoir patience, quoique la patience soit une vertu, comme vous savez, qui n'est guère à mon usage, Sévigné, 16 sept. 1671. Quand les princes négligeant de connaître leurs affaires… ou quand emportés par leur humeur violente… alors ou la licence excessive, ou la patience poussée à l'extrémité menacent terriblement les maisons régnantes, Bossuet, Reine d'Anglet. Enfin, fléchi par ses vœux et par son humble patience, il [Dieu] a rétabli la maison royale, Bossuet, ib. Considérons que le silence de patience dans les afflictions, les souffrances et les contradictions est une des choses les plus difficiles à pratiquer de la morale chrétienne, Bossuet, Sermons, Sur le silence, 3. Nous sommes saints par la patience dans nos misères, Bourdaloue, Fête des saints, Myst. t. II, p. 428. À qui M. le Tellier refusa-t-il jamais le temps et la patience de l'écouter ? Fléchier, le Tellier. Ce n'est pas que la patience Ne soit une vertu des dames de Paris ; Mais par un long usage elles ont la science De la faire exercer par leurs propres maris, Perrault, Griselidis. J'ai cent fois, dans le cours de ma gloire passée, Tenté leur patience [des Romains], et ne l'ai point lassée, Racine, Brit. IV, 4. C'est pour vous apprendre à être patient, mon cher Télémaque, que les dieux exercent tant votre patience, et semblent se jouer de vous dans la vie errante où ils vous tiennent toujours incertain, Fénelon, Tél. XXIV. Si j'épouse une femme avare, elle ne me ruinera point… si une emportée, elle exercera ma patience, La Bruyère, III. Rien ne me donne moins de patience que les traités qui en parlent, Marivaux, Sec. surprise de l'am. II, 4. La timidité, la douceur et la patience sont les seules vertus que l'on cultive dans les femmes, Graffigny, Lett. péruv. XXX.

    Il s'est dit quelquefois au pluriel. C'est ainsi qu'on déguise un violent dépit ; C'est ainsi qu'une feinte au dehors l'assoupit, Et qu'on croit amuser de fausses patiences Ceux dont en l'âme on craint les justes défiances, Corneille, Rod. IV, 6. On voit aller des patiences Plus loin que la sienne n'alla, Benserade, Sonnet sur Job.

    Une patience d'ange, une patience de saint, la patience de Job, une très grande patience.

    Prendre en patience, supporter avec résignation. Voyez, monsieur, il prend son mal en patience, Hauteroche, Deuil, sc. 2. Il prit le tout en patience, Hamilton, Gramm. 4. Prenez toujours la vie en patience, madame, et, s'il y a quelque bon moment, jouissez-en gaiement, Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 27 oct. 1760. Pour Martin, il était fermement persuadé qu'on est également mal partout ; il prenait les choses en patience, Voltaire, Candide, 30.

    Mettre la patience à bout, agir tellement qu'on ne puisse être supporté. Sa mauvaise conduite, insupportable en tout, Met à chaque moment ma patience à bout, Molière, l'Étourdi, I, 9.

    La patience lui échappe, il ne contient plus sa colère, sa mauvaise humeur, etc. À moins que la patience ne lui échappât et ne l'exposât à sortir de son caractère, Diderot, Claude et Nér. II, 109. La patience m'échappe à la fin ; cette violence est inouïe, Genlis, Théât. d'éduc. Les fausses délicatesses, II, 3.

  • 2Calme, sang-froid, tranquillité avec laquelle on attend ce qui tarde. Ah ! s'il te plaît, donne-toi patience, Molière, l'Ét. II, 14. Ayez patience ; Sanchez répond à cela, Pascal, Prov. V. Qui attendaient en patience le Christ promis, Pascal, Pensées, Juifs, 20, éd. FAUGÈRE. Vous aurez vos ordres et votre cordon avec la croix, comme les autres… vous n'avez qu'à vous donner un peu de patience, Sévigné, 22 déc. 1688. Après ces nouvelles [la mort de M. de Longueville], je ne me suis pas donné la patience de rien demander, Sévigné, 17 juin 1672. Attendez en paix et avec patience, que Dieu vous manifeste sa volonté par mon ministère, Bossuet, Sermons, Nécess. du silence.

    Prendre patience, attendre avec tranquillité, avec sang-froid. Et, lasse de le dire, elle prit patience, Corneille, Médée, I, 1. Il eût dû prendre plus de patience, afin d'avoir plus de certitude de l'événement, Corneille, Hor. Examen. Il n'y a que deux choses à faire dans ce monde, prendre patience et mourir, Voltaire, Lett. Mme de Lutzelbourg, 13 mars 1754.

    Prenez, ayez une once de patience, se dit par calembour entre la patience qualité, et la patience herbe.

    Perdre patience, s'impatienter. Il perdit force et patience, Qui, comme on dit, passe science, Scarron, Virg. VII. Tu me fais perdre patience ; je veux absolument lui parler, te dis-je, Regnard, Retour impr. 17.

  • 3Délai. Ce n'est plus à lui que nous payons, c'est à des créanciers qui après six mois ne me donneront pas de patience, Sévigné, 8 juin 1689. Je crois que, si vous la poussez un peu [une débitrice], elle le fera ; car ce n'est qu'à cette condition que je lui promets de lui donner un peu de patience pour le reste, Sévigné, 2 oct. 1688.

    Répit, relâche. Il [Brancas] n'a jamais eu de patience qu'il n'en ait fait [du cardinal d'Estrées] un de ses commensaux [de Mme de Coulanges], Sévigné, 457.

  • 4Persévérance à poursuivre une œuvre, un travail, malgré la lenteur de ses progrès ou malgré les difficultés. Patience et longueur de temps Font plus que force ni que rage, La Fontaine, Fabl. II, 11. Un pareil ouvrage demande une assiduité et une patience d'hermite, Fontenelle, Morin. Pour faire un bon livre, il faut un temps prodigieux et la patience d'un saint, Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 1er nov. 1773.

    Ouvrage de patience, ouvrage qui demande principalement du temps et de la constance.

    Terme d'alchimie. Ouvrage de patience, la pierre philosophale.

  • 5Jeu de patience, amusement qui consiste à rassembler et à mettre en ordre les pièces découpées d'une mosaïque représentant divers objets, tels, par exemple, qu'une carte de géographie, une estampe à plusieurs figures, etc.

    On appelle patiences différentes combinaisons d'un jeu de cartes que peut tenter une personne seule ; c'est une espèce de partie que joue une personne seule. Faire une patience. Il y a aussi des patiences de cette espèce qui peuvent se jouer à deux.

  • 6 Terme de blason. Se dit d'une salamandre représentée dans le feu.
  • 7Espèce de cul-de-lampe sur lequel on peut être assis quand les stalles du chœur sont levées.
  • 8Nom donné à un instrument en bois ou en métal employé pour nettoyer les boutons métalliques sans souiller le drap des vêtements.
  • 9Chez certains ordres religieux, la patience est tantôt une certaine pièce de vêtement que portent les novices, tantôt un scapulaire ou une chemise sans poignet que l'on donne aux religieux malades.
  • 10Patience, expression interj. qui se dit pour exprimer un sorte de résignation. Si on lui laissait quelque chose, patience ; mais on lui ôte tout. Serai-je toujours comme Arlequin, qui voulait faire vingt-deux métiers à la fois ? patience, Voltaire, Lett. d'Argental, 23 juin 1761.

    Patience, signifie encore : ne m'interrompez pas, laissez-moi dire. Patience, patience, s'il vous plaît. Patience, un moment de patience. Patience, ce n'est pas encore tout : je vois une autre contradiction…, Bossuet, Variat. XIV, 52.

    On dit aussi par menace : patience ! j'aurai mon tour.

    PROVERBE

    La patience est la vertu des ânes, c'est-à-dire c'est une sottise de supporter ce qu'on peut ne pas endurer.
    …Patience est la vertu des sots, Théophile, Œuv. 2e part. p. 45, dans LACURNE. Il prendra patience ; on dit que c'est la vertu des ânes ; mais il faut que chacun porte son bât dans ce monde, Voltaire, Lett. Damilaville, 16 mai 1767.

HISTORIQUE

XIIe s. Tu ies la meie patience, sire ; sire, la meie esperance, Liber psalm. p. 91.

XIVe s. Charles commance à rire et dit en audience : Fourques certeinement a courte patience, Girart de Ross. v. 1471.

XVe s. Philippe saillit par dessus, et se veint mettre entre le roy et son frere Louys, lequel print en patience et dissimula le tout, Juvénal Des Ursins, Charles VI, 1380. Monsieur, dist damp abbez qui du tout fut assuré, et que dites-vous de ma très redoubtée dame qui tant s'est voulue incliner de prendre la patience [repas] avec son pauvre moyne, et puis venir au gibier ? Jehan de Saintré, p. 618, dans LACURNE.

XVIe s. Quand on les asseuroit de les laisser en patience manger les choux de leur jardin et serrer leurs gerbes, Lanoue, 709. Le barbare, estant homme cault et malicieux, parlant tout doulx, le reconfortoit, et le prioit d'avoir encore un peu de patience, Amyot, Crassus, 42. Donc en la place de mon portraict, je demande à mon lecteur la patience d'un petit conte…, D'Aubigné, Hist. Préf. 6. Il ne leur donna aucune patience qu'il ne leur eust faict quitter le païs, D'Aubigné, Hist. I, 222. Alors que ces choses se faisoient tant en Italie que Champagne, la Pi cardie n'estoit en patience [repos], Du Bellay, M. 94. Qui n'a pacience, il n'a rien, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 397. Compagnons, certes passience, Cemme on dit, passe science, Leroux de Lincy, ib. p. 494. La patience surmonte la douleur, Nuits de Straparole, t. II, p. 309, dans LACURNE. Patience de Lombard [patience forcée], Cotgrave En mal encombrier Patience vaut bouclier, Génin, Récréat. t. II, p. 238.

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Patience : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

PATIENCE, s. f. (Hist. nat. Botan.) lapathum, genre de plante qui ne differe de celui de l’oseille qu’en ce que la patience n’a pas un goût acide. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

Cette plante, autrement nommée parelle, est l’espece de lapathum, appellé par Tournefort lapathum hortense sativum, folio oblongo, I. R. H. 504. en anglois, the common garden dock with oblong leaves.

Sa racine est droite, longue, fibreuse, jaune en-dedans. Sa tige est noueuse, haute de deux à trois coudées, & quelquefois davantage. Ses feuilles sont oblongues, à pointe obtuse, semblables à celles du lapathum sauvage, mais plus grandes & plus molles. Ses fleurs sont placées par anneaux le long des branches ; elles sont petites, sans pétales, composées de six étamines vertes, courtes, garnies de sommets droits & blancs, qui sortent d’un calice à sept feuilles, comme dans l’oseille. Leur pistil se change en une graine triangulaire, enveloppée d’une capsule membraneuse composée de trois grandes feuilles du calice. On cultive cette plante dans les jardins ; elle est rarement d’usage.

Les autres especes de patience employées en Médecine, sont 1°. la patience rouge, lapathum folio acuto rubente, I. R. H. 504. 2°. Les patiences sauvages, qui se distinguent seulement par la variété de la figure de leurs feuilles. 3°. La grande patience, autrement dite rhubarbe des moines. 4°. La patience des Alpes, à feuilles arrondies, qu’on nomme rhubarbe bâtarde. Voyez Rhubarbe batarde, & Rhubarbe des Moines. (D. J.)

Patience, (Mat. méd.) patience des jardins ou parelle ; 2°. patience ou parelle sauvage ; 3°. patience d’eau ou perelle des marais.

Ces trois plantes sont regardées comme ayant à-peu-près les mêmes vertus. La premiere est cependant fort peu employée, parce qu’elle possede ces vertus dans un degré très-inférieur. Les deux autres sont d’un usage assez fréquent. Il y a même plusieurs especes de patience sauvage qu’on emploie indifféremment dans les boutiques. Ce sont les racines de toutes ces plantes dont on se sert presque uniquement en Médecine.

Ces racines lâchent doucement le ventre ; & l’on croit que leur action laxative est suivie d’une légere adstriction. Elle est mise au rang des principaux apéritifs ou desobstruans. On l’emploie très-fréquemment à ce titre dans les aposemes & dans les bouillons qu’on fait prendre dans les obstructions de la rate, & dans celles du foie. Mais on s’en sert principalement soit de la maniere que nous venons de dire, soit sous forme de tisane contre toutes les maladies de la peau, contre les affections rhumatismales & arthritiques, contre les obstructions invétérées, les affections œdémateuses, sur-tout celles qui suivent les fievres intermittentes, &c. Ces remedes sont d’un usage presqu’universel dans le traitement méthodique de la gale. On en prépare aussi des cataplasmes & des lotions contre la même maladie ; mais ces remedes extérieurs sont communément beaucoup trop foibles, & ne peuvent être regardés que comme une ressource vaine & inspirée par une timide inexpérience : car les préparations de soufre & celles de mercure sont les vrais spécifiques de la gale. Voyez Gale, Soufre, & l’article Mercure & Mercuriaux. Et ces secours efficaces ne demandent pas plus, peut-être moins que les repercussifs plus doux d’être précédés par des remedes généraux ou préparatoires convenables.

Les racines de ces plantes sont aussi très-recommandées contre le scorbut.

On les emploie encore utilement dans l’usage extérieur, comme résolutives, détersives, astringentes.

Les feuilles de ces plantes peuvent aussi être employées aux mêmes usages extérieurs.

On fait entrer les racines fraîches dans les décoctions simples ou composées à la dose d’une once ou de deux ; & seches à la dose d’un gros jusqu’à trois.

La racine de patience sauvage entre dans l’onguent pour la gale, dans la décoction anti-scorbutique & dans l’orviétan, selon la dispensation de la pharmacopée de Paris.

Cette même pharmacopée chasse cette racine de l’onguent martiatum ; on ne devine pas trop pourquoi, plutôt que celle d’aulnée, de valeriane & de bardane qu’elle a retenues. (b)

Patience, muscle de patience, en Anatomie. Voyez Releveur.

Patience, (Morale.) la patience est une vertu qui nous fait supporter un mal qu’on ne sauroit empêcher. Or on peut réduire à quatre classes les maux dont notre vie est traversée. 1°. Les maux naturels ; c’est-à-dire, ceux auxquels notre qualité d’hommes & d’animaux périssables nous assujettissent. 2°. Ceux dont une conduite vertueuse & sage nous auroit garantis, mais qui sont des suites inséparables de l’imprudence ou du vice ; on les appelle châtimens. 3°. Ceux par lesquels la constance de l’homme de bien est exercée ; telles sont les persécutions qu’il éprouve de la part des méchans. 4°. Joignez enfin les contradictions que nous avons sans cesse à essuyer par la diversité des sentimens, de mœurs & de caracteres des hommes avec qui nous vivons. A tous ces maux la patience est non-seulement nécessaire, mais utile ; elle est nécessaire, parce que la loi naturelle nous en fait un devoir, & que murmurer des événemens, c’est outrager la Providence ; elle est utile, parce-qu’elle rend les souffrances plus légeres, moins dangereuses & plus courtes.

Abandonnez un épileptique à lui-même, vous le verrez se frapper, se meurtrir & s’ensanglanter ; l’épilepsie étoit déja un mal, mais il a bien empiré son état par les plaies qu’il s’est faites : il eût pu guérir de sa maladie, ou du moins vivre en l’endurant ; il va périr de ses blessures.

Cependant la crainte d’augmenter le sentiment de nos maux ne réprime point en nous l’impatience : on s’y abandonne d’autant plus facilement, que la voix secrette de notre conscience ne nous la reproche presque pas, & qu’il n’y a point dans ces emportemens une injustice évidente qui nous frappe, & qui nous en donne de l’horreur. Au contraire, il semble que le mal que nous souffrons nous justifie ; il semble qu’il nous dispense pour quelque tems de la nécessité d’être raisonnables. N’emploie-t-on pas même quelque sorte d’art pour s’excuser de ce défaut, & pour s’y livrer sans scrupule ? ne se déguise-t-on pas souvent l’impatience sous le nom plus doux de vivacité ? Il est vrai qu’elle marque toujours une ame vaincue par les maux, & contrainte de leur céder ; mais il y a des malheurs auxquels les hommes approuvent que l’on soit sensible jusqu’à l’excès, & des événemens où ils s’imaginent que l’on peut avec bienséance manquer de force, & s’oublier entierement. C’est alors qu’il est permis d’aller jusqu’à se faire un mérite de l’impatience, & que l’on ne rénonce pas à en être applaudi. Qui l’eût crû, que ce qui porte le plus le caractere de petitesse de courage pût jamais devenir un fondement de vanité ?

Patience, (Critiq. sacrée.) ce mot appliqué à l’homme dans l’Ecriture, se prend pour la constance dans les travaux & les peines, Luc. xxj. 19. Pour la persévérance dans les bonnes œuvres, Rom. ij. 7. pour une conduite réglée, qui ne se dément point. Prov. xix. 11. (D. J.)

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Étymologie de « patience »

Étymologie de patience - Littré

Provenç. et espagn. paciencia ; ital. pazienza ; du lat. patientia, de patiens, patient. Au XVe siècle patience a le sens de repas dans certains auteurs ; il se fit probablement alors entre patience et pitance une confusion qui, heureusement, ne s'est pas établie.

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Étymologie de patience - Wiktionnaire

(Nom 1) (1121) Du latin patientia (« souffrance, endurance, courage, fermeté, résignation, obéissance, patience »).
(Nom 2) Corruption du bas latin lapathium, même sens.
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Phonétique du mot « patience »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
patience pasjɑ̃s play_arrow

Citations contenant le mot « patience »

  • «Chaque affaire que j’ai faite, ça a pris ben ben du temps», laisse tomber celui qui semble avoir fait de la patience son matériau de prédilection. Le Droit, Des canots pliables faits de toile et de patience | Le fil des régions | Actualités | Le Droit - Gatineau, Ottawa
  • Vous en avez marre que ça crachine, que ça pleuviote... allez, un peu de patience, si ce dimanche il fait moche lundi, le soleil revient! France 3 Pays de la Loire, Météo : patience, l'été arrive mais ce n'est pas encore pour aujourd'hui!
  • Le papier a plus de patience que les gens.
  • La patience est le sourire de l'âme. De Philippe Obrecht
  • La patience est la plus grande des prières. De Bouddha
  • Le découragement est beaucoup plus douloureux que la patience. De Hafiz
  • Un instant de patience est déjà une victoire. De Abi Taleb
  • On vient à bout de ses desseins avec la patience. De Proverbe oriental
  • La patience est la clé du bien-être. De Mahomet
  • La patience est une vertu qui s’acquiert avec de la patience. De Alessandro Morandotti
  • Les meilleures choses ont besoin de patience. De Jean Anglade / Le Temps et la paille
  • La patience est presque l'amour. De André Pronovost / Les marins d'eau douce
  • La patience est la vertu des mendiants. De Philip Massinger / A new way to pay old debts
  • La patience adoucit tout mal sans remède. De Horace / Odes
  • Pas de patience, pas de science. De Jean-Pierre Jarroux
  • Si ce n'est aujourd'hui, ce sera demain : rappelons-nous que la patience est le pilier de la sagesse. Frédéric Mistral, Les Olivades Lis Oulivado
  • La patience est la plus héroïque des vertus, précisément parce qu'elle n'a pas la moindre apparence d'héroïsme. Giacomo Leopardi, Zibaldone, I, 223
  • La patience est la moelle de la charité. sainte Catherine, de Sienne [Caterina Benincasa], Lettere, A frere Filippo di Vannuccio
  • Patience. Forme mineure de désespoir, déguisée en vertu. Ambrose Gwinnet Bierce, The Devil's Dictionary
  • La patience a beaucoup plus de pouvoir que la force. Plutarque, Vies parallèles, Vie de Sertorius, XVI (traduction D. Ricard)
  • Jusques à quand abuseras-tu de notre patience, Catilina ? Cicéron en latin Marcus Tullius Cicero, Catilinaires, I, 1
  • Le génie est une longue patience, c'est une réflexion de génie pas doué. Boris Vian, Textes et Chansons, Julliard
  • La patience est l'art d'espérer. Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues, Réflexions et Maximes
  • Patience, patience, Patience dans l'azur ! Chaque atome de silence Est la chance d'un fruit mûr ! Paul Valéry, Charmes, Palme , Gallimard
  • Si vous aimez à étudier les hommes, apprenez jusqu'où peut aller la patience, et tout ce qu'on peut dévorer ! Napoléon Ier, Cité par Las Cases dans le Mémorial de Sainte-Hélène
  • Patience et longueur de temps Font plus que force ni que rage. Jean de La Fontaine, Fables, le Lion et le Rat
  • M. de Buffon me dit […] : Le génie n'est qu'une plus grande aptitude à la patience. Marie Jean Hérault de Séchelles, Voyage à Montbard, Visite à Buffon
  • Les impatients arrivent toujours trop tard. Jean Dutourd, Le Fond et la forme, Gallimard
  • Le génie n'est qu'une plus grande aptitude à la patience. Georges Louis Leclerc, comte de Buffon,

Traductions du mot « patience »

Langue Traduction
Corse pacienza
Basque pazientzia
Japonais 忍耐
Russe терпение
Portugais paciência
Arabe الصبر
Chinois 忍耐
Allemand die geduld
Italien pazienza
Espagnol paciencia
Anglais patience
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Synonymes de « patience »

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Antonymes de « patience »



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