Noyer : définition de noyer


Noyer : définition du Wiktionnaire

Nom commun

noyer \nwa.je\ masculin

  1. (Botanique) Grand arbre à feuilles caduques alternes imparipennées, aux petites fleurs femelles verdâtres réunies par deux à quatre et donnant des noix (drupes indéhiscentes) (Juglans L.).
    • La route parcourt une campagne fertile et variée par des jardins, par des plantations de noyers, et par des coteaux plantés de vignes : à gauche, ou suit presque constamment le cours de l’Yonne; […]. — (Girault de Saint-Fargeau, Guide pittoresque du voyageur en France, Firmin Didot frères, 1837, volume 1 (Route de Paris à Genève : Département de l'Yonne), page 1)
    • Je tuai bientôt mon second tourdre (tourdre : grive), mais plus petit que le premier, à la nuit tombée, le distinguant à peine, sur un noyer dans le champ de M. de La Peyrouse, je crois, au-dessus de notre Pelissone (id est : de notre vigne Pelissone). — (Stendhal, Vie de Henri Brulard, tome II, Édition Henry Debraye, Librairie ancienne Honoré et Édouard Champion, Paris, 1913, p.43 → lire en ligne)
  2. (Par métonymie) Le bois du noyer.
    • Sans attendre sa réponse, elle se rendit à la cuisine où il la suivit, jetant un bref regard circulaire à la pièce avant de s’installer à son invitation sur l’une des chaises paillées autour de la table de noyer. — (Danielle Stamenkovic, Les Anges Gardiens des Collines, 2002, page 257)
    • Ici c’est la réserve de bois commence Commont. Là, du noyer de première qualité. Tu peux remarquer les veines qui forment les lignes légères comme de la fumée. De la racine de noyer, c’est à dire la racine principale. — (Gilbert Bordes, L’année des coquelicots, chapitre 24, 2013)
    • Nous trouvâmes des trésors anciens que l’on retapa, comme des vieux meubles en noyer ou la vaisselle qui avait servi pour l’auberge durant plus d’un demi-siècle. — (Stéphanie Bideau, Fanny, juste un papillon, 2014, page 103)

Verbe

noyer \nwa.je\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se noyer)

  1. Asphyxier par immersion.
    • J’ai failli moi-même être englouti avec mon cheval par les sables mouvants du Tahaddart, entre Tanger et Azila, et j’ai manqué me noyer dans l’embouchure du Tensift. — (Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, p. 106)
    • J’avais l’impression de me noyer et une angoisse terrible, celle de la mort elle-même m’étreignit. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
    • Noyer un homme, un chien. — Il le jeta dans l’eau et le noya. — Il s’est noyé dans la rivière.
  2. (Figuré) (Mécanique) Remplir un moteur de liquide : essence, eau…
    • Ah ben bravo ! D’avoir roulé sur cette route inondée, t’as noyé ton moteur !
    • Maintenant que tu as appuyé une dizaine de fois sur le starter, ton moteur est noyé.
  3. Inonder ; recouvrir d’eau.
    • Les colleurs d’affiches après avoir enduit de colle très liquide le panneau d’affichage appliquent leur papier en le noyant littéralement de colle pour que l’allongement soit rapide et le glissement facile. — (Papyrus : Revue de toutes les industries du papier, de l'imprimerie, & du livre, 1920, vol. 1-2, page 94)
    • Les pluies ont noyé la campagne.
    • Le déluge noya toute la Terre.
    • Les écluses qu’on lâcha noyèrent deux lieues de pays.
    • Des yeux noyés de larmes, des yeux pleins de larmes
  4. Faire disparaître dans la masse.
    • Des hommes mûrs pleuraient à la vue du drapeau étoilé soutenu par tout le corps de ballet noyé sous les clartés des projecteurs. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 213 de l’éd. de 1921)
    • Noyer un clou : Enfoncer la tête d’un clou dans la masse du bois.
  5. (Figuré) S’alcooliser pour éviter d’affronter un problème.
    • Si je pensais que le souverain bien fût la joie, je ne douterais point qu’on ne dût tâcher de se rendre joyeux, à quelque prix que ce pût être, et j’approuverais la brutalité de ceux qui noient leurs déplaisirs dans le vin, ou les étourdissent avec du pétun. — (René Descartes, « Lettre à Élisabeth Egmond, du 6 octobre 1645 », dans Correspondance avec Élisabeth, Presses électroniques de France, 2013)
  6. Faire absorber et disparaître dans un ensemble vaste ou confus.
    • Il faut sans cesse se bidonner. Tout est noyé dans l’esclaffement, si bien que ce qui se dit de sérieux semble tout aussi dérisoire que la dérision qui vient d’en être produite. — (Jean-Loup Chiflet, Dictionnaire amoureux de l'Humour, éd. Plon, 2012)
    • Noyer les couleurs, les détails, les contours.
  7. (Pronominal) Se suicider en se jetant à l’eau.
    • Dans un accès de désespoir, il alla se noyer.
  8. Se perdre.
    • C’est un homme qui se noie, se dit d’un homme qui se ruine, qui se perd.
  9. (Jeux de boules) Pousser une boule au delà d'une certaine ligne nommée noyon, qui est après le but.
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Noyer : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

NOYER. n. m.
Arbre qui porte les noix. Planter des noyers. Une allée de noyers. Battre un noyer pour en faire tomber les noix. Bois, racine de noyer. Une commode en bois de noyer. Il désigne, par extension, le Bois de noyer. Une table de noyer, un lit de noyer ou en noyer.

Noyer : définition du Littré (1872-1877)

NOYER (no-ié ; plusieurs prononcent noi-ié ; J'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des no-ié-z en fleur) s. m.
  • 1Genre de la famille des juglandées.

    Le noyer commun, qui a plusieurs variétés, telles que le noyer à coque dure, le noyer à coque tendre ou noyer mésange, le noyer de jauge, le noyer à gros fruit long. Encore que l'on dise que celles de son sexe soient de l'humeur des ânes et des noyers, de qui l'on ne tire point de profit qu'en les battant fort et ferme, Francion, liv. VII, p. 265. Tous ses bords sont couverts de saules non plantés Et de noyers souvent du passant insultés, Boileau, Épît. VI.

    Par abréviation, une table de noyer, un lit de noyer, une table, un lit de bois de noyer.

  • 2Noyer à feuilles de frêne, ancien nom de la ptérocarpe fraxinifoliée, qui a fait partie du genre noyer.

    Noyer du Japon, nom vulgaire de la gingko bilobée (conifères).

    Noyer de Ceylan ou des Indes, nom vulgaire de la justicie adhatode (acanthacées) de Linné (Inde) ; c'est la carmentine en arbre de certains auteurs.

    Noyer de la Jamaïque, un des noms vulgaires de la hure crépitante (euphorbiacées) de Linné, dite vulgairement sablier, Legoarant

    Noyer vénéneux, le mancenillier (euphorbiacées).

HISTORIQUE

XIIIe s. Peskiers, ne periers, ne noiers, Autre cier arbre qui fruit port, Fl. et Bl. 2026.

XVIe s. Pour les chasteneraies et nojeraies, c'est à dire pour les lieux emplantés universellement de chastaniers et noiers, De Serres, 641. Un noyer en une vigne, un porceau en un blé, c'est assez pour tout gaster, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 431. Le pouvre ressemble au noyer [il est en proie à chacun], Génin, Récréat. t. II, p. 244.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. NOYER.
1Ajoutez : La noix est, chez beaucoup de peuples, un des principaux symboles dans les cérémonies du mariage ; au siècle dernier, tout nouveau couple salinois devait planter un noyer aux environs de la ville, Ch. Toubin, Du culte des arbres, Paris, 1862, p. 15.
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Noyer : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

NOYER, c’est l’action de suffoquer par le moyen de l’eau. Voyez Suffocation.

M. Halley observe que ceux qui n’ont pas l’habitude de plonger, commencent à se noyer dans l’espace d’environ une demi-minute. Voyez Plonger.

C’étoit autrefois une espece de punition. Les chroniques nous assurent que du tems de Louis XI. roi de France, les François condamnoient souvent leurs criminels à être noyés au lieu d’être pendus. Chron. scand. Voyez Punition.

Les auteurs d’Histoire naturelle & les Medécins nous fournissent plusieurs exemples bien vérifiés & très-merveilleux de personnes noyées qui ont recouvré la vie ; ce qui peut-être, en y pensant sérieusement, pourroit jetter quelque lumiere sur la notion si obscure que nous avons de la vie & de la mort.

Pechlin, de aere. & alim. def. c. x. donne l’histoire d’un jardinier de Troningholm, vivant alors, âgé de 65 ans, lequel s’étant laissé tomber, il y avoit dix-huit ans, sous la glace, à la profondeur de 18 aunes, où il resta au fond situé de bout pendant 16 heures ; il en fut retiré par le moyen d’un crochet qu’on lui enfonça dans la tête, on l’enveloppa dans des draps, dans l’opinion où l’on étoit que l’on pourroit le rappeller à la vie ; on le mania ensuite, & on le frotta avec des linges ; on lui souffla de l’air par les narines pendant plusieurs heures ; jusqu’à ce que que le sang commençât à reprendre son mouvement ; enfin, en lui appliquant des liqueurs anti-apoplectiques & réjouissantes, il recouvra la vie. En mémoire de cet accident, la reine-mere lui fit une pension annuelle, &c.

Tilesius, garde de la bibliotheque du roi, nous donne une histoire moins vraissemblable d’une femme de sa connoissance, qui resta sous l’eau trois jours entiers, & qui revint à la vie de la même maniere que le jardinier de Troningholm. Cette femme vivoit encore du tems de Tilesius.

Mais que dirons-nous de Burmanus, qui nous assure qu’étant dans le village de Bones, de la paroisse de Pithou ; il assista à l’oraison funebre d’un nommé Laux-Jona, âgé de 70 ans, dans laquelle le prédicateur rapporta que cet homme à l’âge de 17 ans avoit été enseveli sous l’eau pendant sept semaines, & qu’enfin en ayant été retiré, il en revint. Pechlin ubi sup. sit penes ipsum fides, l’en croie qui voudra.

Noyer, v. act. (Hydr.) on noie quelquefois un jet en faisant passer l’eau au-dessus de l’ajutage, ce qui en diminuant sa hauteur le fait paroître plus gros, & blanc comme de la neige.

Quand on noie un bassin, c’est pour nourrir les glaises. On bouche alors la décharge de superficie. (K).

Noyer, v. act. terme de Peinture. Ce mot se dit des couleurs & des contours ; c’est mêler tendrement & confondre habilement les extrémités des couleurs, avec d’autres qui leur sont voisines. (D. J.)

Noyer, au jeu de boule ; se dit de l’action par laquelle un joueur ayant trop donné de force à sa boule, va la jetter dans le noyon.

NOYER, s. m. nux, (Histoire nat. Bot.) genre de plantes à fleur en chaton, composée de plusieurs feuilles attachées à un axe en forme d’écailles, & sous chacune desquelles il y a une grande quantité de sommets. Les embryons naissent sur le même arbre, mais séparément des fleurs, & deviennent dans la suite une coque osseuse, couverte d’une écorce molle qui s’ouvre en deux parties, & qui renferme une amende divisée le plus souvent en quatre parties par une cloison ligneuse. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

Noyer, nux juglans, (Jardinage.) grand arbre que l’on cultive pour son fruit dans les pays méridionaux de l’Europe. Il y a aussi des noyers dans l’Amérique septentrionale, mais si peu ressemblans aux nôtres, & si différens entr’eux, qu’il faudra en traiter séparément. Le noyer d’Europe fait rarement une tige droite ; il s’éleve à une grande hauteur, son tronc devient très-gros, & sa tête se garnit de quantité de rameaux qui s’étendent considérablement ; ses racines sont longues, fortes, peu garnies de fibres, & elles ont communément un pivot ; son écorce est verte sur les rameaux de l’année, brune sur ceux de la seconde, ensuite s’éclaircissant peu-à-peu les deux ou trois années suivantes, elle devient d’une couleur de cendre blanchâtre ; elle est unie jusqu’à l’âge de 25 à 30 ans, après quoi elle contracte peu-à-peu de fortes gersures qui en ternissent la couleur : sa feuille est grande, d’un verd clair, & d’une odeur forte & désagréable ; elle est composée de plusieurs follioles rangées sur un filet commun au nombre de 5, 7, 9, & quelquefois de 11 dans la jeunesse, & la premiere force de l’arbre. Sur la fin d’Avril, le noyer donne quantité de chatons longs & pendans. Le fruit paroît vers le milieu du mois de Mai séparément des chatons : il naît au bout des nouvelles pousses les plus foibles. Ce fruit est la noix qui est connue de tout le monde. Elle est renfermée dans une coquille ligneuse qui est couverte d’une écale verte, charnue, que l’on nomme le brou. Cet arbre est robuste, il se multiplie aisément, son accroissement est prompt, & il est d’une si grande utilité qu’on peut tirer du service de toutes les parties qui le composent.

Le noyer se plaît dans les gorges des montagnes & dans les coteaux, à l’exposition du nord & du levant : l’extrème chaleur lui est plus nuisible que le froid. Il aime sur-tout les terres mêlées de pierrailles, de gravier, ou de sable, & dans tous les terreins où la vigne se plaît, pourvu qu’il y ait de la profondeur & de la fraîcheur. Il vient fort bien dans les terres franches, marneuses ou crétacées, & dans toutes les terres à blé : on l’a vû réussir sur le tuf où l’on s’est assûré que ses racines avoient pénetré jusqu’à sept piés de profondeur. Je l’ai fait venir de semence dans une terre dure & très-forte, dans une glaise un peu humide, mais au grand retard de son accroissement. On peut dire que cet arbre vient assez généralement par-tout, si ce n’est que plus la terre est riche, plus il lui faut de culture. Aussi se refuse-t-il dans les prairies, dans un sol habituellement humide, & dans les terres en sainfoin, en luzerne, &c. J’ai vû même des noyers vigoureux & dans leur force dépérir en trois années, après qu’on eût mis du sainfoin dans le terrein où ils étoient : ce qui ayant déterminé le propriétaire à détruire cette herbe, ils reprirent vigueur dans pareil espace de tems.

Il n’est qu’un seul moyen de multiplier le noyer : c’est d’en semer les noix. Sur quoi je dois observer que si on se propose d’élever des noyers uniquement pour tirer parti de leur bois, il faut semer les noix en place ; c’est la seule façon d’avoir de beaux arbres, & d’en accélerer l’accroissement : car en les transplantant, on détruit le pivot, ce qui empêche l’arbre de s’élever. Si l’on veut au contraire élever des noyers pour en avoir du fruit, il faut les transplanter plusieurs fois : on a par ce moyen de plus belles noix, plus promptement, & en plus grande quantité. On peut semer les noix en automne, ou au printems. Leur maturité s’annonce lorsqu’elles commencent à tomber de l’arbre : il faut alors les faire abattre, & préférer celles qui ont la coquille blanche & tendre. Si l’on veut les semer en automne, il faudra, après en avoir ôté le brou, les laisser suer & rendre dans le grenier l’humidité superflue jusqu’à la fin d’Octobre ou au commencement de Novembre. Mais si l’on prend le parti d’attendre le printems, il sera à-propos de les conserver avec leur brou dans du sable jusqu’à la fin de Février, ou jusqu’à ce que la saison permette de travailler à la terre. Si on différoit un mois de plus, le germe des noix étant trop formé, seroit sujet ou à être rompu, ou à se dessécher. Si d’un autre côté on ne les mettoit pas dans le sable pendant l’hiver, il en manqueroit au-moins la moitié : il faut dans ce dernier cas les faire tremper pendant deux ou trois jours, & rejetter celles qui surnagent. Pour semer des noix, il faut peu de recherche sur la qualité du terrein, il suffira qu’il soit en culture. On les plante de deux ou trois pouces de profondeur avec un piquet à 8 ou 10 pouces de distance en rangées éloignées de 2 piés les unes des autres. Au bout de 2 ans, ou de trois au plus, il faut transplanter les jeunes plantes, afin de supprimer leur pivot, leur faire jetter des racines latérales & faciliter la reprise lorsqu’il sera question de les transplanter à demeure ; car on a souvent vû des noyers de six ou sept ans qu’on n’avoit pas déplacés, qui n’avoient absolument que le pivot, de façon qu’aucuns de ceux-là ne reprenoient. Il faut donc les transplanter à deux ou trois ans, sans rien retrancher du sommet, dans un autre endroit de la pepiniere à un pié & demi de distance en rangées éloignées de deux piés & demi ou trois piés. Au bout de trois ou quatre ans, lorsqu’ils auront sept à huit piés de hauteur, ils seront en état d’être transplantés à demeure. L’automne est toujours le tems le plus convenable pour cette opération ; on doit, en les arrachant, bien ménager leur racine, les accourcir fort peu, ne retrancher que les branches latérales, & sur-tout conserver le sommet de l’arbre. Il faudra les soigner pendant trois années, après quoi ils iront bien d’eux-mêmes. Mais il est très-certain que la transplantation leur cause beaucoup de retard : car une noix semée & cultivée surpassera au bout de quelques années un noyer de dix ans que l’on aura transplanté dans le même tems. Cet arbre commence à donner quelque fruit au bout de sept ans de semence, & il est à sa perfection lorsqu’il est âgé d’environ 60 ans.

Quelques gens prétendent qu’on peut greffer les noyers les uns sur les autres ; ils conviennent en même tems qu’on ne peut se servir pour cela que de la greffe en sifflet, & il paroît sur le propre allégué que le succès en est assez incertain. Voyez ce que conseille M. Cabanis, qui a fait quelques expériences à ce sujet au Journal de Verdun, Mars, Juillet & Septembre 1739.

Le noyer, loin d’être sujet aux attaques des insectes, a au contraire la vertu de les chasser. On a prétendu que son ombre étoit nuisible aux hommes & aux végétaux : quant aux premiers, on attribue à l’ombre le mal de tête que l’odeur forte des feuilles peut causer aux gens foibles & délicats : à l’égard des végétaux, le noyer leur nuit moins par son ombre que par le dégouttement de ses feuilles. Elles empreignent toute l’eau qui les touche d’un suc huileux mêlé d’amertume, qui est fort contraire à la végétation. Le noyer d’ailleurs par la force de ses rameaux & la vigueur de son accroissement ne souffre pas d’autres arbres dans un voisinage immédiat. Il s’étend si considérablement en tout sens qu’on ne peut guere mettre ces arbres plus proche de 30 ou 40 piés les uns des autres. Lorsqu’on les met dans des terres labourables, leurs racines ne font aucun obstacle à la charrue. On prétend que les cendres sont le seul engrais qui convienne au noyer. Si l’on fait une incision à cet arbre au printems, il en sort une liqueur abondante qui peut servir de boisson.

On tire du noyer quantité de service ; tout le monde sait que les noix sont bonnes à manger, & qu’elles valent mieux en cerneaux que lorsqu’elles sont dessechées. Il est vrai que dans ce dernier état elles sont dures, huileuses, mal-saines, & de difficile digestion : on en tire une huile qui sert à quantité d’usages. Plus les noix sont vieilles, plus elles rendent d’huile ; mais c’est aux dépens de la qualité qui est meilleure, lorsque l’on tire l’huile aussitôt que les noix sont bien seches. Les Teinturiers se servent de la racine, de l’écorce, de la feuille & du brou des noix pour teintre les étoffes en fauve, en caffé & en couleur de noisette. Ils emploient à cette fin la racine avant que l’arbre soit en seve, l’écorce lorsque la seve entre en mouvement, les feuilles lorsque les noix sont à demi-formées, & le brou dans le tems des cerneaux. On confit les noix, on en fait un ratafia de santé, on les grille au sucre. Enfin la poudre des chatons, la décoction des feuilles & l’huile sont de quelqu’usage en médecine.

Le bois du noyer est brun, veiné, solide, liant, assez plein & facile à travailler. Le bois des arbres qui sont venus sur des côteaux & dans des terres médiocres est plus veiné & plus chargé de la couleur brune que ceux qui ont pris leur croissance dans le pays plat & dans les bonnes terres, & les jeunes arbres sont bien moins veinés & colorés que les vieux. Il faut qu’ils aient un pié & demi, & jusqu’à deux piés de diametre pour être perfectionnés à cet égard. Les arbres plus jeunes ont plus d’aubier, & cet aubier est trop sujet à la vermoulure ; au-lieu que le cœur de l’arbre, loin d’avoir ce défaut, est de très-longue durée, mais on peut prévenir la vermoulure, & rendre l’aubier d’aussi bon service que le cœur, en faisant tremper le bois dans de l’huile de noix bouillante. Ce bois lorsqu’il est dans sa perfection est le plus beau des bois de l’Europe. Il étoit fort prisé, & on en faisoit les plus beaux meubles avant la découverte de l’Amérique, d’où on a tiré des bois infiniment plus précieux. Ce bois n’est sujet ni à se gerser, ni à se tourmenter ; c’est le plus convenable de tous les bois de l’Europe pour faire des meubles, & c’est aussi le plus cher lorsqu’il est bien veiné ; aussi est-il très-recherché, ainsi que les racines, par les Menuisiers, les Ebénistes, les Armuriers, les Sculpteurs, les Carrossiers, les Luthiers, les Tourneurs, les Boisseliers, les Relieurs, les Maroquiniers, &c. enfin il peut servir au chauffage lorsqu’il est bien sec, il fait un feu doux, mais point de charbons.

Il y a plusieurs sortes de noyers, entre lesquels il faut principalement distinguer les noyers d’Europe de ceux d’Amérique. Ceux-ci sont très-différens des premiers, & ont entr’eux encore plus de différence. Les productions de cette derniere partie du monde sont d’une variété infinie, qui l’emporte pour la beauté, l’agrément & la singularité. Il est vrai que les fruits ne sont pas là généralement de si bonne qualité que les nôtres. On n’étoit guere plus avancé pour les fruits en Europe du tems des Romains ; les especes de fruits que l’on connoissoit alors étoient en petit nombre & de médiocre qualité. Il y a donc lieu de présumer que quand on aura semé les graines d’Amérique dans différens terreins & pendant autant de tems, on obtiendra des fruits tout aussi variés & d’aussi bonne qualité.

Noyers d’Europe. 1. Le noyer ordinaire, c’est l’espece qui se trouve le plus communément.

2. Le noyer à gros fruit ou la grosse noix a les feuilles plus grandes que les autres noyers, sa noix est beaucoup plus grosse, son accroissement est plus prompt, & il fait un plus grand arbre ; mais son bois n’est pas si veiné, ni si coloré, & sa noix n’est bonne qu’on cerneaux & à confire : elle est si mollasse qu’elle se ride & diminue de moitié en se dessechant, ce qui en altere aussi la qualité.

3. Le noyer à fruit tendre, cette espece est la meilleure pour la qualité de la noix ; sa coquille est blanche, & elle se casse très-aisément ; c’est celle qu’il faut semer par préférence.

4. Le noyer à fruit dur ou la noix féroce ; cette noix est petite & si dure qu’on a peine à la casser, & encore plus à en retirer l’amande ; elle n’est propre qu’à faire de l’huile. Mais le bois de cette espece de noyer est d’excellente qualité ; il est plus dur, plus fort, plus veiné, & plus beau que le bois de toutes les autres sortes de noyers.

5. Le noyer à feuilles dentelées ; cette espece ne s’éleve qu’à une médiocre hauteur, sa feuille est plus petite que celle du noyer commun, & sa noix plus longue.

6. Le noyer de la S. Jean ; cette espece est ainsi nommée, parce qu’elle ne commence à pousser des feuilles qu’au commencement du mois de Juin, & que sa verdure n’est complette qu’à la S. Jean. Cette singularité ne fait pas le seul mérite de ce noyer, c’est une espece précieuse. Dans plusieurs provinces du royaume, en Bourgogne sur-tout, les autres noyers qui commencent à pousser dès le commencement de Mai sont sujettes à être endommagés par les gelées de printems qui perdent en même tems le fruit, au lieu que le noyer de la S. Jean ne commençant à pousser que quand la saison est assûrée, n’est jamais sujet à cet inconvénient. Cet avantage devroit bien engager à multiplier cet arbre, dont la noix qui est très-bonne mûrit presque aussitôt que les autres.

Il y a encore le noyer à petit fruit, le noyer à feuilles découpées, le noyer à grappes, & le noyer qui donne du fruit deux fois l’an. Ce sont des especes si rares qu’on ne les voit nulle part, & qu’on ne les trouve que dans les nomenclatures de Botanique.

Noyers d’Amérique. 1. Le noyer noir de Virginie à fruit long, cet arbre se trouve aussi dans le Canada & sur toutes les côtes maritimes de l’Amérique septentrionale. Il fait de lui-même une tige droite, & s’éleve à une grande hauteur ; son écorce est un peu brune & fort unie, ses racines sont noires, abondantes & garnies de chevelu ; elles font rarement le pivot : sa feuille, dans les jeunes arbres, a souvent deux piés de longueur, elle est composée de différentes quantités de follioles qui sont quelquefois jusqu’au nombre de vingt un, & communément de treize ; celles du milieu de la côte sont les plus longues, & celles de l’extrémité les plus petites ; elles sont d’un verd tendre, un peu jaunâtre, & en tout d’une belle apparence ; leur odeur n’est ni forte, ni désagréable ; elles commencent à pousser quinze jours plutôt que celles du noyer ordinaire. Les noix paroissent aussi plutôt, elles sont bonnes à manger en cerneaux des les premiers jours de Juillet, & leur chûte sur la fin d’Août annonce leur maturité : elles ont communément deux pouces & demi de longueur, avec leur brou, sur quatre pouces de circonférence. Ce brou, lorsqu’il est frais, a une assez forte odeur de térébenthine ; & au lieu d’être lisse en-dessus, il est vélouté & poissé de façon à tenir aux doigts. La coquille de cette noix est sans césure, profondement sillonnée, & si dure, qu’il faut un marteau pour la casser : en frappant sur la pointe de la noix, on vient mieux à bout de conserver l’amande ; mais il faut de l’adresse pour la tirer, parce que le zeste qui la sépare est aussi ligneux que la coquille. Cette amande est seulement divisée en deux parties jusqu’au milieu, ensorte qu’en son entier elle ne représente que la moitié de nos noix. Ce noyer est plus robuste que ceux d’Europe, & rarement les gelées de printems lui causent du dommage, mais il est plus tardif à donner du fruit, & il en rapporte beaucoup moins. Il lui faut une terre franche & grasse ; il se plaît dans le fond des vallées, & dans les lieux un peu humide ; mais il craint les lieux secs & élevés, & il dépérit bientôt dans les terreins sablonneux, ou trop superficiels. Il y quitte ses feuilles de bonne heure ; & quand la saison est seche, elles commencent à tomber dès le mois de Septembre. On le multiplie comme nos noyers, & sans qu’il soit besoin de précaution pour le disposer à la transplantation : il y réussit, on ne peut plus aisément, parce qu’il est toujours bien fourni de racines, & qu’il fait rarement un pivot. Souvent il arrive que les noix ne levent que la deuxieme ou troisieme année, à cause de la dureté de leur coquille. Il ne faut aucune culture à cet arbre : il est plus sauvage, plus agreste que les noyers ordinaires, & il y a lieu de présumer qu’il réussiroit dans les bois, parce qu’il est naturellement disposé a s’élever. M. Lepage, dans sa relation sur la Louisianne, fait mention qu’il avoit dans sa concession un bois de haute futaye de ces arbres d’environ 150 arpens.

Les noix de Virginie sont très-bonnes à manger en cerneaux, elles sont moëlleuses, moins cassantes, d’un goût plus fin, & de plus facile digestion que les noix ordinaires : elles sont si bien enveloppées de leur coquille, qu’elles se conservent dans leur fraîcheur jusqu’à la fin de l’hiver. Cette noix est qualifiée noire, parce que le brou qui est d’une substance un peu seche & résineuse s’applique à la coquille à la faveur des sillons, & se noircit en se flétrissant : d’autres prétendent que c’est à cause de la couleur noirâtre du bois. Suivant le rapport des voyageurs, sur-tout de M. Lepage que j’ai déja cité, cette noix rend beaucoup d’huile, & les naturels de la Louisianne en font du pain.

Le bois de ce noyer est noirâtre, veiné, très poreux & cassant ; il a cependant du soutien, & il est de très-longue durée dans la terre & dans l’eau : il paroît très-propre à la Menuiserie & aux ouvrages des Ebenistes & des Tourneurs.

Il y a déja en Bourgogne beaucoup de ces arbres qui commencent à rapporter du fruit, & il y a lieu de croire qu’il y sera bientôt répandu.

2. Le noyer noir de Virginie à fruit rond. La forme de la noix fait la seule différence qu’il y ait entre cet arbre & le précédent. Je n’ai qu’un seul plan de ce noyer qui n’a pas encore donné de fruit, quoiqu’il soit âgé de plus de 20 ans. Selon M. Miller, cet arbre en rapporte beaucoup en Angleterre.

3. Le noyer blanc de Virginie ou l’hickery est un petit arbre qui ne s’éleve en France qu’à 12 ou 15 piés. Il fait une tige droite fort mince, & jette peu de branches latérales, ensorte que sa tête est fort petite. Quand on touche les boutons de cet arbre pendant l’hiver, ils rendent un odeur douce, aromatique & fort agréable : son écorce est brute & d’un gris terne : sa racine est peu garnie de fibres & pivote : sa feuille ressemble à celle des noyers d’Europe, mais elle est dentelée d’un verd plus clair & jaunâtre ; elle n’a presque point d’odeur : son fruit est de la grosseur & de la forme d’une petite châtaigne. Il est couvert d’un brou, lisse, brun, mince & sec, la coquille de la noix est blanche, lisse & assez tendre. L’amande est très-blanche, d’un goût approchant de celui de la faine, mais un peu trop âpre pour être bonne à manger. Cet arbre est très robuste, il craint plus le chaud que le froid, il ne lui faut qu’un terrein médiocre, pourvû qu’il y ait de la profondeur : il se plaît sur les lieux élevés, & sur-tout dans les côteaux exposés au levant & au nord : il se soutient néanmoins en pays plat dans une terre franche, mais son accroissement en est considérablement retardé : il réussit très-difficilement à la transplantation, à moins qu’on n’ait eû la précaution de lui couper de bonne heure le pivot. J’ai plusieurs plants de ce noyer qui, quoiqu’âgés de 18 ans, n’ont que 9 à 10 piés de haut sur environ 3 pouces de circonférence, ils n’ont point encore donné de fruit. Le bois de cet arbre est blanc, compacte, assez dur & fort liant.

On trouve quantité de variétés de cet arbre dans l’Amérique septentrionale. J’ai vu de sept sortes de noix de cette espece de noyer, fort différentes les unes des autres, il y en a de douces, d’ameres & d’âpres ; à coquille plus ou moins dure, plus ou moins épaisse ; tantôt lisse, tantôt angleuse. On trouve dans Catesbi la description de quelques-uns de ces arbres, mais ces descriptions ne sont pas assez détaillées pour en donner une idée bien distincte. Quoiqu’il y ait déja beaucoup de ces arbres en Angleterre, ils sont encore extrèmement rares en France.

4. Le noyer de la Louisianne ou le pacanier est un arbre de moyenne grandeur, qui vient assez communément dans les climats tempérés de l’Amérique septentrionale : il fait une tige droite, & il étend beaucoup sa tête ; ses racines sont fort longues, peu garnies de chevelu, & il ne paroît pas qu’elles fassent de pivot : son écorce, à 12 ou 15 ans, se gerse, & devient rude & inégale ; elle est d’une couleur cendrée & obscure : sa feuille a communément un pié & jusqu’à un pié & demi de longueur ; elle est ordinairement composée de quinze follioles : mais quand l’arbre est dans sa premiere force & qu’il pousse vigoureusement, il donne quelquefois des feuilles qui ont jusqu’à trois piés de longueur, & qui sont composées de vingt-un follioles. Cette feuille est du caractere de celle du noyer noir de Virginie, elle a de même ses folioles du milieu plus longs & plus larges, & celle qui termine est la plus petite de toutes. Quoi qu’en dise M. Linnæus qui, dans ses especes, a mis cet arbre au rang des noyers blancs d’Amérique, dont les feuilles sont d’un arrangement tout différent, la feuille du pacanier est lisse, dentelée, sans odeur & d’une belle verdure, quoique foncée. Cet arbre au premier coup-d’œil a l’apparence d’un frêne. La noix que les naturels du pays nomment pacane, a la figure d’une olive, elle est longue, très-lisse & pointue à son extrémité. Les pacanes ont un pouce & demi ou deux pouces de longueur sur deux de circonférence. Je n’ai pas vû leur brou, parce qu’on les envoie toujours écalées, ce qui fait présumer que le brou s’en sépare aisément. La coquille de cette noix est si tendre, qu’on la casse aisément entre les doigts ; elle est d’une couleur de noisette. L’amande est de la même forme que celle des noyers d’Europe, si ce n’est qu’elle est fort alongée, moins huileuse & d’un goût délicat, plus fin que nos noix, & fort approchant de celui des noisettes : on en fait en Amérique des pralines excellentes.

Cet arbre, quoique robuste & bien venant dans ce climat (à Montbard en Bourgogne), ne paroît guere disposé à donner du fruit. J’en ai un plant qui est âgé de 23 ans, qui a 15 piés de haut sur 4 pouces de diametre, cependant il n’en a point encore porté, ni même des chatons. Ses feuilles ne paroissent qu’au commencement de Mai, & elles ne tombent qu’après les premieres gelées. Les follioles qui composent la feuille de ce noyer sont plus étroites, plus longues & plus rassemblées que celles du noyer noir. Le pacanier réussit aisément à la transplantation dans sa jeunesse, mais il me paroît qu’il reprend très-difficilement lorsqu’il est formé ; ceux qui ont été transplantés dans leur force n’ont pas repris. Je me suis assûré aussi qu’il faut à cet arbre une bonne terre franche, un peu humide, à mi-côte & exposée au midi. On ne peut multiplier cet arbre qu’en semant ses noix, dont la plûpart ne levent que la seconde année. Art. de M. Daubenton, subdélégué.

Noyer (Pharmac. Mat. méd. & Diéte.) On emploie en Médecine, ses feuilles, ses fleurs ou chatons & ses fruits, soit verts, soit mûrs ; son écorce intérieure desséchée est fort émétique ; ses chatons le sont encore, mais beaucoup moins. Mais ces deux parties du noyer ne sont point usitées, quoiqu’on pût vraissemblablement en faire quelque usage pour les gens de la campagne.

Des auteurs assurent encore que le suc de la racine purge violemment, & d’autres, que le suc de ces mêmes parties ouvertes par la terebration excite puissamment les urines. Ce sont là encore des remedes peu éprouvés.

Les feuilles de noyer sont recommandées contre la goutte, appliquées en forme de cataplasme sur la partie malade. C’est encore ici un remede dont la vertu n’est pas constatée par l’observation. M. Donsen-Bray a proposé dans les Mémoires de l’académie royale des Sciences, année 1741, de bouchonner les chevaux avec une éponge trempée dans la décoction des feuilles de noyer ou des écales de noix, ou bien avec le marc de cette décoction, pour les préserver de la piquure des mouches.

Les fruits du noyer, ou les noix ordinaires vertes n’ont d’autre emploi médicinal que d’être un des ingrédiens de l’eau appellée l’eau des trois noix. L’écorce ou écale dont elles sont recouvertes, annonce cependant par sa saveur austere & vitriolique une vertu puissamment styptique, dont on pourroit tirer parti dans l’occasion.

Les noix mûres contiennent une semence ou amande, qui est un aliment fort usité, & qui n’est point mal-sain, lorsqu’on mange ce fruit frais ou en cerneaux, assaisonné avec une bonne quantité de sel & de poivre. La noix seche que l’on mange avec la peau dont elle est recouverte, irrite le palais & le gosier, jusqu’à causer des aphthes aux personnes délicates & qui n’y sont point accoutumées. Elle échauffe, & excite la soif & la toux ; on prévient ces mauvais effets, en la faisant tremper dans de l’eau, & en la dépouillant de sa peau qui s’en sépare alors fort aisément. La noix est encore très sujette à rancir en vieillissant. On reconnoît cet état à une couleur jaunâtre, à un aspect huileux & à un goût très-âcre. Cet état ne se corrige point, & une pareille noix doit être absolument rejettée. En général, quoique la noix fournisse un aliment assez savoureux & appétissant, sur-tout mangée avec du pain, selon le commun proverbe, on peut assurer cependant que c’est là une mauvaise nourriture.

Les noix fournissent une quantité considérable d’huile par expression, qui n’a que les qualités communes de cette espece d’huile, voyez Huile. Les noix vertes confites lâchent doucement le ventre, prises à la quantité de deux ou trois, s’il faut en croire Ray qui assure l’avoir expérimenté sur lui-même.

Eau des trois noix. Prenez des chatons ou fleurs de noyer, tant que vous voudrez ; faites-les infuser dans suffisante quantité d’eau commune, ou d’eau de trois noix de l’année précédente distillée ; prenez ensuite, dans la saison, des noix vertes encore tendres ; pilez les ; faites les macérer pendant 24 heures dans votre premiere eau distillée, & faites une seconde distillation ; enfin, prenez dans la saison convenable, des noix presque mûres ; pilez-les, & faites-les macérer pendant 24 heures dans le produit de votre seconde distillation ; distillez pour la troisieme fois : l’eau que vous obtiendrez, est l’eau des trois noix.

M. Baron prétend dans ses notes sur Lemery, qu’au lieu de cohober l’eau distillée des fleurs de noyer sur les noix vertes & sur les noix bonnes à confire, il vaudroit mieux n’employer que les fleurs de noyer, les employer en plus grande quantité, & ne les distiller qu’une fois. Cette remarque est sans doute judicieuse, & principalement en ce qu’elle porte sur la réforme de l’usage puérile de faire cette eau en trois termes, en trois saisons, & qu’elle détruit l’opinion trop favorable que les Pharmacologistes se sont successivement transmise sur les principes volatils des noix vertes & des noix bonnes à confire. Je ne voudrois pas prononcer cependant que ces noix ne contiennent absolument aucun principe mobile. J’écris ceci au milieu de l’hiver, je ne saurois vérifier ce fait : mais il me semble que les noix, dans ces deux états, sont aromatiques, & même très aromatiques. Secondement, pour avoir une eau de noix aussi chargée qu’il fût possible, j’aimerois mieux conseiller de la cohober deux ou plusieurs fois sur de nouvelles fleurs, que de ne demander qu’une seule distillation.

Cette eau est fort recommandée contre ce qu’on appelle la malignité dans les maladies aiguës ; elle est regardée comme un excellent anti-hystérique, comme un bon stomachique, comme un excellent carminatif, & sur tout comme poussant très-efficacement par les sueurs & par les urines, & devenant par là une sorte de spécifique dans l’hydropisie. Geoffroi rapporte que la femme d’un apoticaire de Paris fut guéri de cette maladie, par cette seule eau dont elle prenoit six onces de quatre en quatre heures, après avoir tenté inutilement plusieurs autres remedes.

Le rob ou extrait de noix, connu dans les anciennes pharmacopées, sous le nom de dianucum, & qui est fort peu en usage aujourd’hui, peut se retirer par l’évaporation du résidu de la distillation des noix bonnes à confire, c’est-à-dire de la troisieme distillation exécutée pour la préparation de l’eau des trois noix selon l’ancienne méthode. On peut aussi faire à dessein une forte décoction de noix, & en retirer un rob ou extrait selon l’art.

Noyer, racine de, (Teinture.) Cette racine n’est bonne en teinture que dans l’hiver, parce que la seve de l’arbre s’y trouve comme retirée. L’écorce, lorsque l’arbre est en seve ; la feuille, quand les noix ne sont pas encore bien formées ; & la coque de la noix, lorsque les noix sont encore dans leur coque verte, & qu’on les a ouvertes pour en tirer le cerneau, sont alors bonnes pour la Teinture. Pour conserver long-tems la teinture de ces différens ingrédiens que fournit le noyer, il faut les mettre dans une cuve bien remplie d’eau, & ne les en tirer que pour les employer. (D. J.)

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Noyer : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « noyer » les plus populaires.

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Étymologie de « noyer »

Étymologie de noyer - Littré

Berry, nogier, nougier, nouère ; prov. noguier, nogier ; cat. noguer ; d'une forme fictive, nucarius, dérivée du latin nux, noix.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de noyer - Wiktionnaire

(Nom commun) (Vers 1150) noier ; du latin nucalis (« de noix ») devenu *nucarius, de nux (« noix »).
(Verbe) (1100) neier ; du latin necare (« tuer ») qui a pris le sens spécialisé de « tuer par immersion ». Le sens de « recouvrir d’eau » apparaît en 1500 ; celui de « faire absorber dans un ensemble vaste ou confus » au XVIIe siècle. La forme pronominale apparaît en 1774.
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Phonétique du mot « noyer »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
noyer nwaje play_arrow

Conjugaison du verbe « noyer »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe noyer

Citations contenant le mot « noyer »

  • Tout le monde s’y est mis pour éviter de faire venir une entreprise : agents, élus et même quelques jeunes du village. Le vieux noyer mort à l’entrée du terrain du Pâquis qui menaçait de tomber a été abattu et débité mercredi après-midi. Fixé à l’une des branches se trouvait encore un vieux luminaire qui servait à éclairer l’ancien jeu de boules le long de la rue de la Citadelle. , Politique | Le noyer mort a été abattu
  • Un octogénaire manque de se noyer à Antibes-les-Pins Nice-Matin, Un octogénaire manque de se noyer à Antibes-les-Pins - Nice-Matin
  • Si je devais me suicider un jour, je me pendrais à un noyer, ce serait mon dernier jeu de mot. De Philippe Geluck / Le Chat
  • Au lieu d’essayer de noyer leurs soucis, certaines gens les ramènent à la surface et leur apprennent à nager. De Anonyme
  • Angoisse métaphysique : ou l’apaiser avec un Dieu, ou la noyer dans le plaisir, ou la guérir par des pilules. De Edmond Rostand / Carnets
  • Mes chagrins, j'ai voulu les noyer dans le vin : ma peine avait changé en larmes le breuvage. De Tibulle
  • L'homme dont le destin est de se noyer se noiera dans un verre d'eau. De Proverbe juif
  • On a beau noyer sa raison dans le vin, on n’y noie pas le sujet de ses peines. De Proverbe chinois
  • Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage. De Molière / Les Femmes savantes
  • La loi médiatique consiste à tempérer, à cacher, à noyer, à effacer l’information. De Michel-Antoine Burnier et Patrick Rambaud / Le journalisme sans peine
  • Si tu veux te noyer, à quoi bon te torturer à chercher une eau peu profonde. De Proverbe bulgare
  • Il faut bien aviser à ne pas se noyer en voulant secourir ceux qui se noient. De Baltasar Gracian y Morales / L'homme de cour
  • Se noyer est une mort affreuse car on meurt à petit feu. De Jean-Charles / La Foire aux cancres
  • Combien faut-il de larmes pour noyer un chagrin d'amour ? De Anonyme
  • N'essayez pas de noyer vos chagrins : ils savent nager. De Albert Willemetz
  • Boire c’est un moyen de se noyer. De Martin Page / Evene.fr - Septembre 2005
  • Qui doit se noyer ne mourra pas écrasé. De Proverbe grec moderne
  • Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage, Et service d'autrui n'est pas un héritage. Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, Les Femmes savantes, II, 5, Martine

Images d'illustration du mot « noyer »

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Traductions du mot « noyer »

Langue Traduction
Corse a moscà
Basque intxaur
Japonais くるみ
Russe грецкий орех
Portugais noz
Arabe جوز
Chinois 核桃
Allemand nussbaum
Italien noce
Espagnol ahogar
Anglais walnut
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Synonymes de « noyer »

Source : synonymes de noyer sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « noyer »


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