Plonger : définition de plonger


Plonger : définition du Wiktionnaire

Verbe

plonger \plɔ̃.ʒe\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se plonger)

  1. Enfoncer quelqu’un, quelque chose dans un liquide.
    • Le Firecrest tanguait fortement contre une mer très dure, plongeant son étrave dans les lames. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Plonger une cruche dans la rivière.
    • On l’a plongé dans la piscine jusqu’au cou.
  2. (Sens propre) Enfoncer profondément.
    • Le massif dioritique de Lesterps, que la route de Bussière-Boffy recoupe transversalement sur 3 kilomètres, est en disposition synclinale : les gneiss plongent sous la diorite aussi bien à l'Ouest, près de Lesterps, que sur la bordure est. — (Maurice Chenevoy, Contribution à l'étude des schistes cristallins de la partie nord-ouest du Massif Central français, Imprimerie Nationale, 1958, p. 25)
    • Plonger un poignard dans le cœur, dans le sein de quelqu’un.
    • (Figuré) Plonger son regard dans les yeux de quelqu’un.
  3. (Figuré) Mettre dans une situation nouvelle ou un état nouveau.
    • C’est lui seul qui vous a plongé dans la misère.
    • Cet accident me plonge dans un embarras d’où j’aurai de la peine à me tirer.
    • Votre discours m’a plongé dans une cruelle perplexité.
    • Plonger quelqu’un dans la consternation.
    • Sans hésitation, Marie-Josée a plongé dans l'anxiété comme une athlète olympique. — (David Goudreault, La bête à sa mère, Stanké, 2015, p. 176.)
  4. (Figuré) Être complétement absorbé.
    • Il est plongé dans son travail.
    • Cette vue m’avait plongé dans une rêverie profonde, dans de profondes réflexions.
    • Face aux multiples enjeux, les institutions se plongent dans le dossier. — (David Larousserie, Sandrine Cabut, L’intelligence artificielle dope la médecine sur LeMonde.fr, Le Monde. Mis en ligne le 8 mai 2017, consulté le 10 mai 2017)
    • J'ai fermé la télé et j'ai plongé dans Platon. — (Biz, La chaleur des mammifères, Leméac, Montréal, 2017, p. 135)
  5. (Intransitif) S’enfoncer entièrement dans l’eau, en sorte que l’eau passe par-dessus la tête.
    • Plonger sous l’eau.
    • Apprendre à plonger.
    • Il plonge comme un canard.
    • Ceux qui pêchent les perles plongent dans la mer pour en rapporter les huîtres.
  6. (Intransitif) Avoir une direction de haut en bas.
    • Cet angle a été adopté, parce qu'on a remarqué que le vent ne souffle pas horizontalement, mais que sa direction plonge ordinairement un peu sur la surface de la terre. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 114)
    • Du haut de cette montagne, la vue plonge sur une magnifique vallée.
  7. (Intransitif) (Sport) Par analogie, se lancer tête en bas et les bras en avant.
    • Le goal a plongé pour arrêter le ballon.
  8. (Intransitif) (Figuré) Faire la révérence de cour.
  9. (Argot) Être condamné à une peine de prison
    • – Je suis toujours sage, vous le savez. Je ne tiens pas à plonger à nouveau. — (André Héléna, L’Article de la mort, Fleuve Noir, Paris, 1965)
  10. (Pronominal) S’abandonner complètement à un état ou une activité.
    • Se plonger dans la douleur, se plonger dans la débauche, etc.,
    • Il sifflota entre ses dents et se plongea dans une vague rêverie. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 207 de l’éd. de 1921)
    • Puis il se plonge dans le silence. — (Frédéric Lenoir, Socrate, Jésus, Bouddha, Fayard, « Le livre de poche », 2009, p. 154)
  11. (Pronominal) Se livrer à un travail, une recherche qui absorbe entièrement.
    • Se plonger dans la lecture de manuscrits.
    • Je me suis plongé dans l’étude de sa situation. Ce n’est pas très brillant…
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Plonger : définition du Littré (1872-1877)

PLONGER (plon-jé. Le g prend un e devant a et o : plongeant, plongeons) v. a.
  • 1Faire entrer un corps dans un liquide. Plonger une cruche dans la rivière. Elle égorge un bélier à leurs vues, Le plonge en un bain d'eaux et d'herbes inconnues…, Corneille, Médée, I, 1.
  • 2Plonger de la chandelle, lui donner plusieurs couches de suif, en la trempant dans le moule qui en est rempli.
  • 3Enfoncer dans. C'est lui [le distrait] qui entre dans une église, et, prenant l'aveugle qui est collé à la porte pour un pilier et sa tasse pour le bénitier, y plonge sa main…, La Bruyère, XI. Il [Cranmer] plongea d'abord dans les flammes la main qui avait signé l'abjuration, et n'élança son corps dans le bûcher que quand sa main fut tombée, Voltaire, Mœurs, 136. J'ai fait, jusqu'au moment qui me plonge au cercueil, Gémir l'humanité du poids de mon orgueil, Voltaire, Alz. V, 7.

    Mettre dans quelque lieu bas. Plonger dans un cachot. Une foule inhumaine Dans des gouffres profonds [les mines] nous plonge et nous enchaîne, Voltaire, Alz. II, 1.

    Faire pénétrer. Tâtant son ennemi au défaut des armes, lui plongea le poignard dans le flanc, Vaugelas, Q. C. IX, 5. Il enfonce son épée dans le cœur de cet enfant ; il la retire toute fumante et pleine de sang pour la plonger dans ses propres entrailles, Fénelon, Tél. V.

    Fig. Plonger le poignard dans le sein de quelqu'un, lui causer une vive et profonde douleur.

  • 4 Fig. Jeter, faire entrer dans quelque chose que l'on compare à un liquide. Et ce qu'ils ont osé contre leur servitude N'en a rendu le joug que plus fort et plus rude ; Qu'a fait Mardonius, qu'a fait Indibilis, Qu'y plonger plus avant leurs trônes avilis ? Corneille, Sert. II, I. Tout cela sera plongé, s'il plaît à Dieu, dans le silence ; c'est tout le mieux, Sévigné, 27 déc. 1688. Pour la plonger entièrement dans l'amour du monde, il fallait ce dernier malheur ; quoi ? la faveur de la cour, Bossuet, Anne de Gonz. Dans quel trouble nouveau cette fuite me plonge ! Racine, Iphig. II, 7. Les richesses… les avaient plongés [les Syracusains] dans la mollesse, en leur inspirant du dégoût pour toute fatigue et toute application, Rollin, Hist. anc. t. X, p. 118, dans POUGENS. Malheur à celui que quelqu'une de ces pensées, que je jette au hasard à mesure que la lecture du philosophe me les offre, ne plongera pas dans la méditation ! Diderot, Claude et Nér. II, 1.
  • 5 V. n. S'enfoncer sous l'eau. Il plongea trois fois. Et la sonde Plonge et replonge en vain dans une mer sans fond, Delavigne, Messén. III, 2.

    Descendre au fond de l'eau pour y chercher quelque objet, ou pour y travailler.

    Terme de marine. Plonger, se dit quelquefois pour caler et tanguer, en parlant d'un navire.

  • 6 Fig. Se jeter dans ou sur. Le milan, par une retraite habile, plonge dans le trou et passe à travers, Voltaire, Dial. 25. …Comme un vautour qui plonge sur sa proie, Le malheur, à ces mots, pousse en signe de joie Un long gémissement, Lamartine, Méd. I, 7.
  • 7 Par extension, s'enfoncer. L'œil plonge avec effroi sous sa profonde voûte, Delille, Én. VI.

    Fig. Là, l'homme avec son cœur revient s'entretenir, Médite le présent, plonge dans l'avenir, Delille, Jard. ch. IV. Son regard immortel, que rien ne peut tenir… Réveille le passé, plonge dans l'avenir, Lamartine, Médit. I, 30.

  • 8Avoir une direction de haut en bas. Les tribunes toutes magnifiquement remplies, où je me mis pour plonger à mon aise sur la cérémonie, Saint-Simon, 276, 226. La cime du Cramont ne domine pas sur l'Allée blanche ; elle en est séparée par des chaînes de montagnes plus basses qui empêchent que les yeux plongent jusqu'au fond de cette vallée, Saussure, Voy. Alpes, t. IV, p. 45, dans POUGENS. Nous pouvions voir les environs, les passants ; et, quoiqu'au quatrième étage, plonger dans la rue tout en mangeant, Rousseau, Confess. VIII.

    Se dit du canon dont la décharge se fait obliquement de haut en bas. Il promettait qu'une tranchée passerait en sûreté au pied d'une montagne d'où l'on était vu de la tête jusqu'aux pieds, et d'où huit pièces de canon et une grosse mousqueterie plongeaient de tous côtés, Fontenelle, Renau. Les galères s'ouvrirent le passage sous le canon ennemi, qui ne plongeait pas assez, Voltaire, Russ. II, 5.

    Terme de géologie. Lorsqu'une couche ou lit de rochers, au lieu d'être parfaitement horizontale, incline plus ou moins, on dit qu'elle plonge.

  • 9Se plonger, v. réfl. Entrer sous l'eau. Les Indiens, de temps immémorial, se plongeaient et se plongent encore dans le Gange, Voltaire, Dict. phil. Baptême. Quand on approche du nid, la mère se précipite et se plonge, et les petits tout nouvellement éclos se jettent à l'eau pour la suivre, Buffon, Ois. t. XV, p. 395.

    Fig. Se plonger dans le sang, commettre un meurtre, des meurtres. Dans le sang innocent ta main va se plonger, Racine, Esth. III, 3. Mais, sur la foi d'un songe, Dans le sang d'un enfant voulez-vous qu'on se plonge ? Racine, Athal. II, 5.

    Fig. Se plonger dans la fontaine de Jouvence, employer tous les artifices pour paraître plus jeune qu'on n'est. On se plonge soir et matin Dans la fontaine de Jouvence, La Fontaine, Fabl. VI, 21.

  • 10 Fig. S'enfoncer dans ce que l'on compare aux eaux. Balas, qui se crut au-dessus de tout, se plongea dans la débauche, et s'attira le mépris de tous ses sujets, Bossuet, Hist. I, 9. Quoi ! pour d'injustes lois que vous pouvez changer, En d'éternels chagrins vous-même vous plonger ! Racine, Bérén. IV, 5. De tous ces vains plaisirs où leur âme se plonge, Que leur restera-il ? ce qui reste d'un songe, Racine, Athal. II, 9. Il gagna le Prado, où, s'étant assis sous des arbres, il se plongea dans une profonde rêverie, Lesage, Diabl. boit. ch. 21. Mais la nature est là qui t'invite et qui t'aime ; Plonge-toi dans son sein qu'elle t'ouvre toujours, Lamartine, Méd. I, 6.

    Se plonger en des remercîments, faire d'infinis remercîments. Harlay, humble et modeste, se plonge en remercîments, Saint-Simon, 173, 51.

HISTORIQUE

XIIe s. Je vinc [vins] en la haltece de mer, e la tempestet plunjat mei, Liber psalm. p. 88. Quant veneit que li jurs ert [était] en la nuit plungiez, Th. le mart. 102. À la foiz avient ke cil cui avarisce navret [blesse], voit un altre plonchier el voragine [gouffre] de luxure, Job, p. 451.

XIIIe s. Un petitet sans plus en boivent ; Et quant la douçor aparçoivent, Volentiers si parfont iroient, Que tuit dedens se plungeroient, la Rose, 6038.

XIVe s. Les autres [flèches] sont si fichiées ou [au] cors, que les barbes i sont du tout en tout repostes [cachées] et plongiées, H. de Mondeville, f° 38, verso.

XVe s. Item, avec ce doivent estre garnis de certains hommes duitz et appris de plongier en l'eaue et à longue alaine eulx y tenir, lesquels, tandis que la bataille dure, voisent [aillent] soubz l'eaue à bonnes grosses tarieres perir [sic] la nef, si que l'eaue y entre de toutes parts, le Jouvencel, dans JAL.

XVIe s. Le sommeil, auquel les enfants sont plongez beaucoup plus que nous ne sommes, Montaigne, I, 195. Tout à un coup il se plongea en yvrongnerie et jeu de dez, tellement qu'il y passoit la plus grande et meilleure partie du temps, Amyot, Démétr. 74. Si commanda à quelques pescheurs, qu'ilz se plongeassent soudain en l'eau, Amyot, Anton. 36. Cleopatra commanda à l'un de ses serviteurs qu'il se hastast de plonger devant ceulx d'Antonius, Amyot, ib. 36.

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Plonger : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

PLONGER, v. n. (Phys.) est l’art ou l’action de descendre dans l’eau jusqu’à une profondeur considérable, & d’y rester assez long-tems.

L’art de plonger est d’une très-grande utilité, surtout pour la pêche des perles, des coraux, des éponges, &c.

On a imaginé différentes méthodes & différens instrumens pour rendre l’art de plonger plus sur & plus aisé.

Le grand point est de procurer au plongeur un air frais, sans quoi il n’est pas possible qu’il reste long-tems dans l’eau ; car il y périroit.

Ceux qui plongent dans la Méditerranée pour y pêcher des éponges, ont coutume d’avoir dans leurs bouches, lorsqu’ils sont au fond de l’eau, des éponges trempées dans l’huile. Mais si l’on considere d’un côté, la petite quantité d’air qui est renfermée dans les pores d’une éponge, & de l’autre, combien cette petite quantité d’air est comprimée par l’air qui l’environne, il n’est pas possible qu’un pareil secours fasse long-tems subsister le plongeur ; car il est démontré par l’expérience qu’une certaine quantité d’air renfermé dans une vessie, & que par le moyen d’un tuyau l’on a alternativement respiré & fait sortir des poumons, ne peut suffire à la respiration que pour très-peu de tems, parce que son élasticité est altérée en passant dans les poumons, & qu’outre cela, l’air perd ses esprits vivifians & est épuisé.

Un plongeur qui est tout nud, & qui n’a point d’éponge dans la bouche, ne peut, suivant M. Halley, rester plus de deux minutes dans l’eau sans être suffoqué ; & s’il n’a pas un long usage de son métier, il y restera beaucoup moins de tems, une demi-minute suffisant pour étouffer ceux qui ne sont point dans cette habitude. De plus, si l’endroit est profond, la pression de l’eau sur les vaisseaux du corps remplit les yeux de sang, & en occasionne ordinairement le crachement.

C’est pour cette raison que pour pouvoir rester long-tems au fond de l’eau, quelques personnes ont imaginé deux tuyaux d’une matiere flexible, pour faire circuler l’air jusqu’au fond de l’eau dans la machine où le plongeur est renfermé comme dans une armure ; par ce moyen on lui procure l’air qui lui est nécessaire, on le garantit de la pression de l’eau, & sa poitrine se dilate librement pour respirer. L’effet de cette machine, qui fait entrer avec des soufflets l’air par l’un des tuyaux, & le fait sortir par l’autre, est le même que celui des arteres & des veines.

Mais cette invention ne peut servir dans les endroits où la profondeur de l’eau est de plus de trois brasses, parce que l’eau resserre si étroitement les parties qui sont à découvert, qu’elle y empêche la circulation du sang, & elle presse si violemment sur toutes les jointures de l’armure qui ne sont faites que de cuir, que s’il s’y rencontre le moindre défaut, l’eau s’y fait un passage, remplit dans un instant toute la machine, & met la vie du plongeur dans un grand danger.

La cloche du plongeur est une machine que l’on a inventée pour remédier à tous les inconvéniens dont on vient de parler ; on fait descendre le plongeur en sûreté dans cette machine jusqu’à une profondeur raisonnable, & il peut rester plus ou moins de tems dans L’eau, suivant que la cloche est plus ou moins grande. Voyez Cloche.

Le plongeur assis sous cette cloche s’enfonce avec l’air qui y est renfermé, jusqu’à la profondeur qu’il veut ; & si la cavité du vaisseau peut contenir un tonneau d’eau, un seul homme peut rester une heure entiere à une profondeur de cinq ou six brasses, sans aucun danger.

Mais plus le plongeur s’enfonce dans l’eau, plus l’air est resserré par la pesanteur de l’eau qui le comprime ; l’inconvénient principal qui en résulte, provient de la pression qui s’exerce sur les oreilles dans lesquelles il y a des cavités dont les ouvertures sont en dehors : c’est ce qui fait que dès que la cloche commence à descendre dans l’eau, on sent une pression sur chaque oreille, qui par degrés devient plus incommode, jusqu’à ce que la force de la pression surmontant l’obstacle, & laissant entrer quelque peu d’air condensé, le plongeur se trouve alors à son aise. Si on fait descendre la cloche plus avant, l’incommodité recommence & cesse de même.

Mais le plus grand inconvénient de cette machine, c’est que l’eau y entrant resserre le volume d’air dans un si petit espace qu’il s’échauffe promptement, & n’est plus propre à la respiration, de sorte qu’il faut nécessairement remonter cette machine pour en renouveller l’air, le plongeur ne pouvant d’ailleurs rester presqu’entierement couvert d’eau.

Pour remédier à ces défauts de la cloche de plongeur, M. Halley a trouvé des moyens non-seulement de renouveller & rafraîchir l’air de tems en tems, mais encore d’empêcher que l’eau n’entre dans la cloche, à quelque profondeur qu’on la fasse descendre. Voici ce qu’il a fait.

Il fit faire une cloche de plongeur de bois qui avoit environ 60 piés cubiques dans sa concavité ; elle étoit revêtue en dehors d’une assez grande quantité de plomb, pour qu’elle pût s’enfoncer vuide dans l’eau ; & il mit au bas une plus grande quantité de plomb, pour qu’elle ne pût descendre que perpendiculairement ; au haut il y avoit un verre pour donner du jour dans l’intérieur de la cloche, avec un petit robinet pour laisser sortir l’air chaud ; & en-bas, environ une toise au-dessous de la cloche, il y avoit un plateau attaché à la cloche même par trois cordes, qu’il avoit chargées d’un poids de cent livres pour le tenir ferme.

Pour fournir l’air nécessaire à cette cloche, lorsqu’elle fut dans l’eau, il se servit de deux barrils garnis de plomb, de maniere qu’ils pouvoient descendre vuides : au fond de chacun, il y avoit un bondon pour laisser entrer l’eau, lorsqu’ils descendoient, & pour la laisser sortir, lorsqu’il les avoit retirés ; au haut de ces barrils il y avoit un autre trou auquel étoit attaché un tuyau de cuir assez long pour pendre au-dessous du bondon, étant abbaissé par un poids qu’on y attachoit ; en sorte que l’air, à mesure que l’eau entroit, étant poussé dans la partie supérieure du barril, ne pouvoit, lorsque le baril descendoit, s’échapper par le haut du tuyau, à moins que l’extrémité qui pendoit en bas ne fût relevée.

Ces barils pleins d’air étoient attachés à des cordages pour les faire monter & descendre alternativement, comme deux sceaux ; de petites cordes attachées au bord de la cloche servoient à les diriger dans leur descente, de maniere qu’ils se présentoient sous la main du plongeur qui se mettoit sur le plateau pour les recevoir, & qui relevoit les extrémités des tuyaux ; alors tout l’air renfermé dans la partie supérieure des barrils s’élançoit avec violence dans la cloche, & étoit remplacé par l’eau.

Lorsqu’on avoit ainsi vuidé un des barrils, après un signal donné, on le retiroit, & on en faisoit descendre un autre sur le champ, & par le moyen de cette alternative continuelle on renouvelloit l’air avec tant d’abondance que M. Halley fut lui-même un des cinq plongeurs qui descendirent dans l’eau jusqu’à la profondeur de 9 ou 10 brasses, & qui resterent une heure & demie sans le moindre danger, l’intérieur de la cloche ayant toujours été parfaitement sec.

Toute la précaution qu’il eut, fut de laisser descendre la cloche peu à peu & de suite jusqu’à la profondeur de 12 piés ; il la fit arrêter ensuite, prit, avant que de descendre plus avant, de l’air frais dans quatre ou cinq barrils, & fit sortir toute l’eau qui étoit entrée dans la cloche ; lorsqu’il fut arrivé à la profondeur qu’il vouloit, il laissa sortir par le robinet qui étoit au haut de la cloche, l’air chaud qui avoit été respiré, & en fit entrer du frais qu’il tira de chaque barril ; quelque petite que fût cette ouverture, l’air en sortit avec tant de violence qu’il fit bouillonner la surface de la mer.

Par ce moyen il a trouvé le secret de pouvoir faire au fond de l’eau tout ce que l’on veut, & de faire en sorte que dans un espace aussi large que toute la circonférence de la cloche, on n’eût point d’eau par-dessus les souliers. De plus, par le moyen de la petite fenêtre pratiquée avec un verre au haut de la cloche, il y entre un jour assez considérable pour que dans un tems où la mer est bien nette, & surtout lorsqu’il fait un beau soleil, on puisse lire & écrire très facilement ; lorsqu’on retiroit les barrils d’air, il envoyoit des ordres écrits avec une plume de fer sur une plaque de plomb pour demander qu’on le changeât de place. D’autres fois lorsque l’eau étoit trouble & sale, & qu’il y faisoit aussi obscur que s’il eût été nuit, il avoit la facilité de tenir dans la cloche une bougie allumée.

Le même auteur assure que par un autre moyen qu’il a inventé, il a procuré au plongeur la liberté de sortir de la cloche, & de s’en éloigner à une assez grande distance, en lui fournissant un courant d’air continuel par de petits tuyaux qui lui servent de guides pour le ramener vers la cloche. Voyez l’article Cloche.

Le célebre Corn. Drebell a trouvé un secret fort supérieur à celui dont on vient de parler, si ce qu’on en dit est vrai : il a imaginé non-seulement un vaisseau propre à être conduit à la rame sous l’eau, mais encore une liqueur que l’on peut porter dans le vaisseau, & qui supplée à l’air frais.

Ce vaisseau a été fait pour le roi Jaques I. il contenoit douze rameurs, sans les passagers. L’essai en fut fait dans la Tamise, & un de ceux qui étoient de cette navigation sous l’eau, vivoit encore, lorsque M. Boyle en a écrit la relation.

Quant à la liqueur, M. Boyle dit qu’elle a été inventée par un physicien qui avoit épousé la fille de Drebell, qu’il en faisoit usage de tems en tems, lorsque l’air du vaisseau étoit échauffé par l’haleine de ceux qui y étoient, lorsqu’il ne pouvoit plus servir à la respiration ; dans cet instant il débouchoit le vase plein de cette liqueur, & rendoit à l’air une assez grande quantité d’esprits vitaux pour qu’on pût encore le respirer un tems assez considérable. Drebell n’a jamais voulu revéler son secret qu’à une seule personne qui l’a dit à M. Boyle. Chambers.

Plonger (Hydraul.) est un terme de terrassier, qui signifie qu’il faut creuser un endroit élevé pour y pratiquer quelqu’ouvrage.

Plonger, (Hist. mod.) l’action de plonger quelqu’un dans l’eau en punition de quelque faute. Voyez Calle.

Selle à plonger, dans les anciennes coutumes d’Angleterre, voyez Cage a plonger.

Plonger, (Marine.) c’est mettre & enfoncer quelque chose dans l’eau.

Plonger, c’est s’enfoncer dans l’eau, de façon qu’on ne paroisse pas. Les bons nageurs prennent plaisir à plonger souvent.

Le canon plonge, c’est quand les décharges se font de haut en bas. Faire plonger.

Plonger de la chandelle, (Chandelier.) c’est lui donner plusieurs couches de suis en la trempant dans l’abysme, ou moule qui en est rempli.

Plonger, (Jardinage.) les Terrassiers s’en servent pour faire entendre qu’il faut creuser dans une terre.

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Étymologie de « plonger »

Étymologie de plonger - Littré

Wallon, plonki ; picard, plonker ; artois, plomard, le plongeon ; prov. plombar ; ital. piombare, tomber à plomb. Le français vient d'une forme non latine plumbicare, comme venger de vindicare. Le wallon plonki vient de plonk, plomb. Les diverses formes assurent trop l'étymologie latine de plonger pour qu'on cherche une origine celtique : kimry, plung, action de plonger ; bas-breton, plumia, pluia, plonger.

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Étymologie de plonger - Wiktionnaire

Ce verbe est issu du bas-latin plumbicare dérivé de plumbum (« plomb »).
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Phonétique du mot « plonger »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
plonger plɔ̃ʒe play_arrow

Conjugaison du verbe « plonger »

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Citations contenant le mot « plonger »

  • La réalisation de vitrines pour l’illustrer et la centaine d’objets glanés au fil des années se rapportant à ce monde féerique, ont fini par se transformer en une galerie éclectique et didactique. Le dimanche, un vide-greniers organisé dans le parc du domaine a connu une belle fréquentation d’autochtones mais aussi de vacanciers. Tous ont pu, par la même occasion, se replonger dans le monde captivant de ces contes et échanger passionnément avec l’auteure de cette exposition. ladepeche.fr, Souillac. Une expo pour plonger dans l’univers de Charles Perrault - ladepeche.fr
  • C’est le propre de celui qui crée que d’essayer de voir un tout petit peu plus loin que la surface de l’eau, d’aller plonger sa main un peu plus loin. De Simonetta Greggio / Evene.fr - Mai 2006
  • La physique, c'est comme faire l'amour. On ne peut pas simplement s'y plonger. Il faut démarrer en douceur et en commençant par le commencement. De Abha Dawesar / Babyji
  • Douane - Formalité indispensable permettant à un monsieur que vous ne connaissez pas de plonger la main dans votre linge sale en vous laissant le soin de le remettre en ordre devant cinquante personnes. De Pierre Daninos / Vacances à tous prix
  • Celui qui apprend quelque chose de moi enrichit son savoir sans réduire le mien, tout comme celui qui allume sa chandelle à la mienne se donne de la lumière sans me plonger dans l'obscurité. De Thomas Jefferson
  • L'amour est transparence, c'est la puissance de l'un qui provoque la puissance de l'autre, c'est vouloir plonger pour pouvoir ensuite s'envoler. De Sylvie Sicotte / Non, je n'ai pas dansé nue
  • Si la solitude sépare, elle tranche bien des liens qu'on ne coupe qu'à regret, mais elle permet de plonger des racines dans ce qui est essentiel. De Eugène Delacroix
  • L'épuisement physique a ce don de nous anéantir, de nous plonger dans une ivresse où se brouillent toutes les notions. De Rex Desmarchais / Le Feu intérieur
  • Les fautes, comme des fétus de paille, flottent à la surface ; qui veut chercher des perles doit plonger au fond. De John Dryden / Tout pour l'amour
  • On ne tombe amoureux que lorsqu'on a mesuré la profondeur des eaux dans lesquelles on va plonger. De Alain de Botton / Petite philosophie de l'amour
  • Il faut plonger dans une trouble ressemblance, c'est à force d'oubli que vient la connaissance. De Luc Estang / Les Quatre Eléments
  • En amour, il y a un temps pour plonger, mais il faut attendre que la piscine se remplisse si l'on ne veut pas plonger dans un bain de pieds. De Fanny Ardant / 7 à Paris - 23 Mai 1990
  • La diplomatie : l'art de plonger dans des eaux troubles sans faire de "plouf". De Eric Linklatter
  • Mesure la profondeur de l’eau avant de t’y plonger. De Proverbe arabe

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Traductions du mot « plonger »

Langue Traduction
Corse sundighjà
Basque murgiltzeko
Japonais 飛び込む
Russe погружение
Portugais mergulho
Arabe يغوص
Chinois 潜水
Allemand tauchen
Italien tuffo
Espagnol bucear
Anglais dive
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Synonymes de « plonger »

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Antonymes de « plonger »


Mots similaires