La langue française

Noix

Sommaire

  • Définitions du mot noix
  • Étymologie de « noix »
  • Phonétique de « noix »
  • Citations contenant le mot « noix »
  • Images d'illustration du mot « noix »
  • Traductions du mot « noix »
  • Synonymes de « noix »

Définitions du mot noix

Trésor de la Langue Française informatisé

NOIX, subst. fém.

A. − BOTANIQUE
1. Fruit du noyer constitué extérieurement d'une écale verte ou brou, intérieurement d'un endocarpe lignifié ou coque renfermant une graine oléagineuse et comestible formée de quatre quartiers séparés par le zeste, que l'on utilise notamment comme dessert ou en cuisine, pâtisserie, confiserie. Noix fraîche, sèche; coquille de noix; cerner, casser, écaler une noix; abattre, chabler, gauler, locher des noix; noix de Grenoble. On abattait les noix avec des gaules, et l'odeur d'iodure de sodium se dégageait des cosses que les enfants foulaient à terre (Gide, Journal, 1894, p.51).La maison portait un auvent et, sous le petit galetas, des planches où mettre sécher les noix et les prunes (Pourrat, Gaspard, 1931, p.101).
P. méton. La graine que l'on consomme. Cerneau, eau, huile, vin de noix; gâteau, pain de noix.
Brou* de noix.
Noix verte. Noix dont la coque non encore ligneuse ne se sépare pas du brou. (Dict. xixeet xxes.). Noix écalée. Noix dont la coque, arrivée à maturité, est séparée du brou (Dict. xixeet xxes.). Cuisse de noix. Chacun des quatre quartiers séparés par le zeste (Dict. xixeet xxes.).
P. anal. [Avec un compl. déterminatif] Quantité de matière équivalente à la grosseur d'une noix. Une noix de beurre. Avant le café, (...) tu t'enfournes une noix de confiture en pleine bouche et alors, t'as à mâcher pour un bon temps (Giono, Gd troupeau, 1931, p.59).
2. P. anal.
a) Fruit de divers arbres à enveloppe ligneuse.
Noix d'arec*. Noix de cajou* (ou d'acajou*). Noix de coco. V. coco1A.Noix de cola, kola*. Noix muscade*. Noix pacane*. Noix vomique*.
b) Noix de galle. V. galle1.
B. − Spécialement
1. ARMEMENT
a) [Dans une arbalète à trait] Partie mobile et munie d'un cran située sur l'arbrier et permettant d'y arrêter la corde tendue (d'apr. Duchartre 1973).
b) [Dans une arme à feu à platine] Pièce mobile autour d'un axe portant deux crans dont l'un retient le chien au repos et l'autre à l'armé (d'apr. Leloir 1961). Venture tira de sa poche l'un de ses pistolets, appuya son doigt sur la détente de manière à étouffer le bruit de la noix et l'arma lentement (Ponson du Terr., Rocambole, t.5, 1859, p.270).Le mécanisme de détente [du fusil Martini... Henry] est composé de la noix et de la détente-gâchette (Ledieu, Cadiat, Nouv. matér. nav., 1890, p.329).
2. BOUCHERIE
a) Morceau très apprécié qui, dans la viande de boucherie ou le gibier, se trouve situé dans la cuisse, les lombes ou l'épaule. Noix de veau; noix pâtissière; sous-noix; noix de cerf; noix de boeuf; noix de jambon. Boeuf (...) la pièce d'aloyau, la noix, la sous-noix, la culotte (...) voilà les morceaux choisis pour faire des relevés ou pièces de boeuf (Viard, Cuisin. roy., 1831, p.69).Noix de veau. La noix se trouve dans la chair du cuissot coupée en long (Audot, Cuisin. campagne et ville, 1896, p.204).
Gîte* à la noix.
b) Noix de côtelette. Partie centrale de la côtelette, maigre et charnue. Je suis si bien portante. J'ai mangé toute une noix de côtelette après mon oeuf, j'ai bu un verre d'Asti (Colette, Cl.ménage, 1902, p.248).
3. MAR. Partie renflée qui sert de support au capelage du mât. (Dict. xixeet xxes.).
4. MENUIS. ,,Gorge en demi-cercle dans le battant d'une croisée ou d'un châssis recevant la languette`` (Barb.-Cad. 1963). Ce qui caractérise la croisée c'est la disposition adoptée pour éviter le passage de l'air extérieur à l'intérieur au moyen des noix (Robinot, Vérif., métré et prat. trav. bât., t.2, 1928, p.85).
5. TECHNOL. Roue dentelée qui dans un moulin sert à broyer. Moulin à noix à volant, (....) employé notamment à la pulvérisation de charbons, gommes-laques, etc. (Catal. instrum. lab. [Prolabo],1932,p.37).
C. − Populaire
1. [En parlant d'une pers.]
a) Imbécile:
1. J'sais pas c'que j'deviens, reprenait Gaspard (et il avait l'air de remuer de vieilles rancunes), mais faudra pus qu'les députés m'bourrent el crâne, ni qu'ils m'prennent pour une noix! Benjamin, Gaspard, 1915, p.104.
Emploi adj. Je leur demande [à des jeunes gens] sérieusement s'ils ne veulent pas aussi que je brosse les gentils petits coussins écossais. Ils sont tellement noix qu'ils me prennent au mot. Et je suis tellement noix que je m'exécute (Giono, Gds chemins, 1951, p.187).
b) Vieille noix
Péj. Vieil(le) imbécile. Mon père, comme tout l'agaçait, elle lui portait sur les nerfs, la vieille noix aussi avec ses mimiques (Céline, Mort à crédit, 1936, p.127).Et cette vieille noix de Du Thillot qui me répétait en pleurnichant: «Fourdillat est incorruptible!» Imbécile! (Duhamel, Passion J. Pasquier, 1945, p.135).
Appellation affectueuse. Paulo se tourne vers Pierre: −Tu m'as fait peur, vieille noix... J'ai bien cru qu'ils t'avaient eu (Sartre, Jeux sont faits, 1947, p.104):
2. ... il tire l'essence d'un fût en amorçant un tuyau de caoutchouc avec la bouche (...). Il n'a pas l'air dégoûté de cette rasade (...) je lui dis: «À ta santé, ma vieille noix!» Nous irons camper dans un coin quelconque de cette région boisée... T'Serstevens, Itinér. esp., 1963, p.250.
2. Loc. à valeur adj. À la noix, à la noix de coco. Dénué de valeur, d'intérêt. C'est pas à nous qu'il faut faire des boniments à la noix de coco (Proust, Guermantes 1, 1920, p.139).Elle en avait assez de la mouise (...) et de l'hercule à la noix. Des folies! (Arnoux, Paris, 1939, p.217).
D. − Au plur., arg. Fesses. Au comptoir, perchées sur des tabourets, deux nanas se laissaient pincer les noix par des corniauds en goguette (Le Breton, Rififi, 1953, p.34).
REM. 1.
Nucifère, adj.V. -fère.
2.
Nucivore, adj.V. -vore.
Prononc. et Orth.: [nwɑ], [-a]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. 1. 1155 «fruit du noyer» (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 13594). 1536 cuisse de noix «un des quartiers de la noix dépouillée de sa coquille» (C. Stephanus, Seminarum ds Roll. Flore t.4, p.48); 1520 joüer aux noix (G. Michel, Trad. Suetone, II, 85, vods Hug.); 1845 marcher comme sur des noix (Besch.); 2. ca 1179 «nom donné aux fruits qui ont quelque ressemblance avec la noix» noiz de coudre (Renart, éd. M. Roques, Br. I, 119); xiiies. nois vomike (Régime du Corps de Maître Aldebrandin de Sienne, 55, 21 ds T.-L.); 1610 noix de cocos (v. coco1); 3.1901 à la noix «sans valeur» (Bruant, p.220); 4. 1915 «personne stupide» (Benjamin, loc. cit.); 1916 vieille noix (Barbusse, Feu, p.116); id. face de noix (Id., ibid., p.34); 5. 1931 «petite quantité» (Giono, loc. cit.). II. P. anal. 1. technol. a) ca 1195 «roue avec encoche qui, dans une arbalète, retenait la corde tendue» (Ambroise, Guerre sainte, 3721 ds T.-L.); b) 1690 «partie du ressort (des anciennes armes à feu) courbé en demi-cercle» (Fur.); c) 1752 «petite poulie d'un rouet à travers laquelle on fait passer l'axe du fuseau» (Trév.); d) 1812 menuis. (Mozin-Biber); e) 1840 «clef d'un robinet» (Ac. Compl. 1842); f) 1908 «charbon» (Ratel, Prépar. mécan. minerais, p.535); 2. a) 1690 «partie du gigot de mouton» (Fur.); b) 1762 «petite glande qui se trouve dans une épaule de veau» (Ac.); c) 1861 noix de côtelette (Carnet, Le Cuisinier modèle, Paris, Lefèvre, p.162). Du lat. nux «tout fruit à écale et à amande», «noix», «noyer». Fréq. abs. littér.: 456. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 528, b) 595; xxes.: a) 735, b) 727. Bbg. Arv. 1963, pp.179-187.

Wiktionnaire

Nom commun

noix \nwɑ\ féminin, singulier et pluriel identiques

  1. (Botanique) Fruit charnu produit par le noyer (Juglans). C’est une drupe composée d’une écale non consommable, le brou (mésocarpe) et d’un noyau qui, une fois lignifié, en constitue la coque (endocarpe).
    • Un jour de ce mois d’octobre donc, nous étions tous occupés à ramasser les noix. Pour nous empêcher d’en manger, mon père nous faisait chanter en même temps. Dans un chœur, il et facile de déceler les chanteurs qui ont la bouche pleine. La mélodie qu’il préférait pour accompagner ce travail était Venise et Bretagne. — (Jean L’Hôte, La Communale, Seuil, 1957, réédition J’ai Lu, page 22)
    • Il n'y avait plus qu'a faucher le blé noir, arracher les pommes de terre et gauler noix et châtaignes ; de ceci les gamins se chargeaient le jeudi et le dimanche, pour se distraire. — (Henri Bachelin, Le Village, Marivole Éditions, 2013, chap. 3)
    1. (Par analogie) (Anatomie) (Argot) (Au pluriel) Testicules.
      • Alors, si vous êtes plus à l’aise avec les notions concrètes, je peux vous proposer mon pied dans les noix — (Alexandre Astier, Kaamelott, Livre V, épisode Le dernier jour)
  2. (Par métonymie) (Cuisine) Graine oléagineuse comestible contenue dans la coque.
  3. (Par analogie) (Par extension) Fruit de diverses espèces d’arbres à enveloppe ligneuse.
    • Et le Progrès vint, qui l’obligea à mettre dans son étalage des artichauts et des aubergines de France, des pommes étrangères, […] des bananes, des noix aux formes insolites, des « grappes fruits » et des mangues… — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 8 de l’éd. de 1921)
    • La noix verte du cocotier donne une eau rafraîchissante, […] ; de l'amande râpée on extraie par compression un lait crémeux qui entre dans la préparation des aliments ; […]. — (Alain Gerbault, À la poursuite du Soleil ; t.1, de New-York à Tahiti, 1929)
  4. (Métrologie) (Familier) Une quantité de la taille d’une noix.
    • Une noix de beurre.
  5. (Boucherie) Morceau de viande de bon goût situé dans la cuisse, les lombes ou l’épaule.
    • Le temps venu, le maître de chai juge de la fin de l’affinage en palpant le jambon. Noix et sous-noix doivent être sèches mais pas trop. Enfoncée avec le pouce, la graisse doit revenir en place. A l’aide d’une petite tige en résine, il pique aussi différentes parties de la pièce pour retrouver les parfums d’un jambon mûri à point.— (Stéphane Davet, Le « pata negra », ce petit miracle gustatif, Le Monde, 12 mars 2020)
    1. (En particulier) La partie glanduleuse qui se trouve dans l’épaule de veau, près de la jointure des deux os.
      • La noix de veau est un morceau délicat.
    2. (En particulier) La pelote graisseuse qui se trouve dans les muscles lombaires du bœuf.
      • Gîte à la noix.
    3. (En particulier) La partie glanduleuse qui se trouve au milieu d’un morceau de viande.
      • Noix de gigot, de côtelette, etc.
  6. (Mécanique) Partie du ressort d’une arbalète où la corde est arrêtée quand elle est tendue.
  7. (Désuet) Partie du ressort d’un fusil, d’un pistolet, etc., garnie de deux crans, dont l’un sert pour le repos et l’autre pour la détente, et qui s’engrènent dans la mâchoire de la gâchette.
  8. (Mécanique) Roue dentée qui fait partie d’un moulin à café, à poivre, etc., et qui sert à broyer la graine.
    • La noix de ce moulin est usée.
    • La noix n de la broche, au lieu d’être calée directement sur celle-ci, est posée sur une buselure d qui sert de guide à la broche. À l’intérieur de cette buselure est fixée une petite cale o […]. — (D. de Prat, Nouveau manuel complet de filature ; 1re partie : Fibres animales & minérales, Encyclopédie Roret, 1914)
  9. (Mécanique) Partie sphérique convexe (« boule ») d’une rotule, s’insérant dans la chape.
  10. (Chimie) Système composé d’une partie centrale et de deux vis servant à maintenir la pince sur le support, utilisé par exemple en distillation.
  11. (Familier) Personne stupide, niaise. Souvent dans l'exclamation : « Mais quelle noix ! ».
  12. (Mécanique) Pièce cylindrique fendue servant à l’entraînement d’un cardan.
    • Noix de cardan.
  13. (Mécanique) Écrou entraîné en translation pas une vis sans fin.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

NOIX. n. f.
Sorte de fruit à coque dure et ligneuse, couverte d'une écale verte appelée Brou. Noix verte, nouvelle, huileuse. Un sac, un cent de noix. Abattre, écaler, casser, cerner des noix. Écale, coquille de noix. Le zeste d'une noix. De l'huile de noix. Il en a pris gros comme une noix. Noix confite. Brou de noix. Voyez BROU.

NOIX se dit, par analogie, d'Autres fruits qui ont quelque ressemblance avec la noix. Noix muscade. Noix de coco. Noix vomique. Noix d'arec. Noix de kola. Noix de galle, ou Galle, Excroissance produite sur le chêne par la piqûre de certains insectes. La noix de galle sert à teindre en noir et à faire de l'encre.

NOIX se dit encore de la Partie glanduleuse qui se trouve dans l'épaule de veau, près de la jointure des deux os. La noix de veau est un morceau délicat. Il se dit aussi de la Pelote graisseuse qui se trouve dans les muscles lombaires du bœuf. Gîte à la noix, Partie musculaire qui contient la noix de bœuf. Noix de gigot, de côtelette, etc., Partie glanduleuse qui se trouve au milieu d'un gigot, d'une côtelette, etc.

NOIX désigne encore, en termes d'Arts, la Partie du ressort d'une arbalète où la corde est arrêtée quand elle est tendue. Il désignait, dans les anciennes armes à percussion, la Partie du ressort d'un fusil, d'un pistolet, etc., garnie de deux crans, dont l'un sert pour le repos et l'autre pour la détente, et qui s'engrènent dans la mâchoire de la gâchette. Il se dit aussi de la Roue dentée qui fait partie d'un moulin à café, à poivre, etc., et qui sert à broyer la graine. La noix de ce moulin est usée.

Littré (1872-1877)

NOIX (noî ; l'x se lie : une noî-z encore verte) s. f.
  • 1Sorte de fruit ayant une coque dure et ligneuse, couverte d'une écale verte. Noix verte. Une cuisse de noix. Huile de noix.

    Fig. Le goût de la noix, l'amorce qui sert à persuader, à attraper quelqu'un.

    Noix de mésange, variété de la noix ordinaire dont la coque est très fragile.

    Noix confites, noix vertes cuites et accommodées avec du sucre.

    Fig. Puis les baisers, et puis la noix confite, La Fontaine, Orais.

  • 2 Terme de botanique. Enveloppe ligneuse, testacée ou osseuse, d'une ou de plusieurs graines, revêtues outre cela de leur tégument propre.
  • 3Il se dit aussi d'autres fruits qui ont quelques ressemblances avec la noix.

    Noix d'Amérique, nom vulgaire, en France, des graines du bertholletia excelsa (myrtacées), Humb. et Bonpl.

    Noix d'arec, la graine de l'aréquier.

    Noix du Bengale, le mirobolan citrin.

    Noix du Congo, nom commercial des graines du bassia Parkii, DC., famille des sapotées, ou d'une espèce très voisine.

    Noix d'eau, fruit de la macre flottante.

    Noix de girofle, ou noix de Ravensara, et quatre épices, noms vulgaires donnés aux fruits de l'agathophylle aromatique (laurinées), dit Ravensara.

    Noix d'Inde, ou noix de coco, le fruit du cocotier ; l'endroit de l'Europe où se travaillent mieux ces sortes de fruits aussi bien que l'ivoire, est à Dieppe, Pomet, Hist. des drogues, dans DE LABORDE, Émaux, p. 406.

    Noix muscade, nom donné au noyau contenu dans le fruit du muscadier aromatique (myristicées).

    Noix de palmier ou de palme, nom commercial de l'eloeis guineensis, L., ou d'une espèce très voisine.

    Noix du Soudan, un des noms donnés aux graines de la sterculie acuminée, appelées aussi noix de Cola ou noix de Kola et noix de Gourou.

    Noix vomique, fruit du vomiquier.

  • 4Noix de galle, voy. GALLE 1.

    Noix de frêne, espèce de bolet.

  • 5Noix, nom donné par les bouchers et les cuisiniers aux ganglions lymphatiques axillaires du veau, lesquels sont voisins de l'articulation scapulo-humérale, et sont attenants au morceau appelé épaule.

    Noix d'un gigot, morceau constitué par les ganglions lymphatiques poplités, situés dans le creux du jarret.

    Ce creux du jarret est appelé gîte à la noix, ou mieux gîte de la noix, quand il appartient au bœuf.

    Noix de cerf, morceau levé de l'épaule.

  • 6Noix, nœud ou partie centrale d'un œilleton d'artichaut.
  • 7 Terme de relieur. Noix, nom donné aux bosses que, par maladresse, le batteur laisse sur les cahiers en battant le volume.
  • 8Noix du genou, désignation populaire de la rotule.
  • 9La partie du ressort d'une arbalète, où la corde est arrêtée quand elle est tendue. Une clef… Qui tire à sa cordelle une noix d'arbalète, Régnier, Sat. X.
  • 10 Pièce de la platine, soit d'un fusil, soit d'un pistolet, où le marteau (autrefois le chien) est fixé, et sur laquelle agit le grand ressort ; elle a deux crans, l'un dit du repos, l'autre du bandé, Legoarant
  • 11Roue dentelée qui fait partie d'un moulin à café, à poivre, etc. et qui sert à broyer la graine.

    Sorte de roue de cuivre fixée au bout d'un parapluie pour retenir les baleines.

    Axe de la roue du potier.

    Clef d'un robinet.

    Petite poulie à travers laquelle passe l'axe d'un dévidoir ou d'un fuseau.

  • 12 Terme de construction. Rainure dont le fond est arrondi en demi-cercle ; languette qui entre dans cette rainure.

    Fermeture à noix, celle dans laquelle les battants opposés d'une porte ou d'une croisée s'assemblent par le genre de rainure appelé noix.

  • 13 Terme de marine. Partie d'un mât de hune ou de perroquet, qui est plus forte que le mât lui-même et qu'on laisse en renfort, au-dessous du capelage, pour soutenir les barres.

    On donne aussi quelquefois ce nom à la partie d'un cabestan qui reçoit les barres ou leviers.

  • 14Noix de mer, le pétoncle velu.

PROVERBE

Vous avez rangé tout cela comme des noix sur un bâton, se dit d'un plan, d'une combinaison inexécutable.

HISTORIQUE

XIIe s. Onques d'els [il] n'ot treü tribut] vaillissant une nois, Sax. XVIII.

XIIIe s. Il respondent à une vouiz [voix] Que tout ce ne vaut une nouiz, Saint Graal, V. 1929. Il ont moult grant quantité de nois d'Inde [cocos] moult grosses, qui sont bonnes à mangier fresches, Marc Pol, p. 574. Quiconques est huiliers à Paris, il puet [peut] faire huile de olives, de amandes, de nois, de chenevis et de pavoz, Liv. des mét. 159.

XVe s. Une noix d'Inde sur un pié d'argent, prisie VI lib. De Laborde, Émaux, p. 406.

XVIe s. L'astragale tourne entre les chevilles et la susdite cavité, comme une noix dedans l'arbalete, Paré, V, 36. Quelquesfois la fracture est faite en noix : c'est en plusieurs petites pieces separées l'une de l'autre, Paré, XIII, 1. Nulle noix sans coque, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 80. Qui a des noix il en casse ; qui n'en a, il s'en passe, Leroux de Lincy, ib. p. 380. Il [Coligny] prit si grand goust à ceste noix [le changement de la France], qu'il ne s'en degousta jamais, Brantôme, Cap. franç. t. III, p. 158, dans LACURNE.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

NOIX. Ajoutez :
15Noix de gaïac, voy. TONCA.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

NOIX, s. f. sorte de fruit qui a une écale fort dure, dans laquelle est enfermée une amande plus tendre, & mangeable. Voyez Gland, Amande, &c.

Il y a diverses sortes de noix ; savoir, des noisettes, des avelines, des chataignes, des noix de noyer, &c. Voyez Avelines, &c.

Noix, (Diete & Matiere méd.) voyez Noyer.

Noix d’acajou, (Botan. exot.) fruit, ou plutôt noyau taillé en rein, de la grosseur d’un œuf, couvert d’une écorce grise ou brune, épaisse d’environ une ligne, composée de deux membranes & d’une substance entre deux, qui est comme un diploé fongueux, contenant dans ses cellules un suc mielleux, roussâtre, âcre, mordicant, brûlant. L’amande qui est sous l’écorce est blanche, douce, & revêtue d’une petite peau jaune, qu’il faut ôter.

L’arbre qui porte la noix acajou vient en Amérique, au Brésil & aux Indes orientales. Il s’éleve plus ou moins haut, selon la différence du climat & du terroir ; car dans le Brésil, il égale la hauteur des hêtres, & est beaucoup moins grand dans le Malabar & dans les îles d’Amérique. Le pere Plumier en donne la description suivante.

C’est un arbre qui est presque de la grandeur de notre pommier, fort branchu, garni de beaucoup de feuilles, couvert d’une écorce ridée & cendrée. Ses feuilles sont arrondies, longues d’environ cinq pouces, larges de trois, attachées à une queue courte, lisses, fermes comme du parchemin ; d’un verd gai en-dessus & en-dessous, ayant une côte & des nervures paralleles.

Au sommet des rameaux naissent plusieurs pédicules chargés de petites fleurs disposées en maniere de parasol, dont le calice est découpé en cinq quartiers droits, pointus, en partie rougeâtres, & en partie verdâtres, rabatus en-dehors, & plus longs que le calice ; il porte dix étamines déliées, de la longueur des pétales, garnies de petits sommets ; elles entourent le pistil dont l’embryon est arrondi : le stile est grêle, recourbé, de la longueur des pétales, & le stigmate qui le termine est pointu.

Le fruit est charnu, pyriforme, de la grosseur d’un œuf, couvert d’une écorce mince, lisse, luisante, tantôt pourpre, tantôt jaune, & tantôt colorée de l’une & l’autre couleur. Sa substance intérieure est blanche, pleine d’un suc doux, mais un peu acerbe. Ce fruit tient à un pédicule long d’un pouce, & porte à son sommet un noyau en forme d’un rein, long d’environ un pouce & demi, lisse en dehors & d’un verd obscur & cendré. L’écorce de ce noyau est épaisse, & comme à deux lames, entre lesquelles est un diploé contenant un suc ou une huile très-caustique, d’un jaune foncé. L’amande que renferme ce noyau est blanche, couverte d’une peau mince & blanchâtre. Elle a un goût qui approche beaucoup de celui de la pistache. Ce fruit a une odeur forte ; & il est tellement acerbe, que s’il n’étoit adouci par l’abondance du suc qui en sort quand on le mâche, à peine pourroit-on le manger.

L’arbre acajou répand par occasion, ou même naturellement, beaucoup de gomme roussâtre, transparente, solide, qui se fond dans l’eau comme la gomme arabique. On exprime des fruits un suc qui, par la fermentation, devient vineux, & capable d’enivrer. On en fait du vinaigre, & on en tire un esprit ardent fort vif. Les Indiens aiment beaucoup les amandes, & expriment des écorces une huile qu’ils emploient pour teindre le linge d’une couleur noirâtre presque ineffaçable. (D. J.)

Noix d’areque, l’areque est une espece de palmier qui croît dans les Indes orientales, & qui s’éleve beaucoup. Cet arbre porte des fruits ovales & gros comme des noix. L’écorce de ces fruits devient jaune & molle en mûrissant, & couvre un noyau de la grosseur d’une aveline, gris au-dehors & marbré blanc & de rouge au-dedans comme une muscade. Ce noyau n’est pas régulierement ovale, il est applati & un peu concave à l’endroit qui répond au pédicule du fruit. Ce fruit, lorsqu’il n’est pas encore mûr, enivre ceux qui en mangent ; il devient astringent en mûrissant. Les Indiens lui donnent le nom de chosoal. Ils le font sécher au soleil, & ensuite ils le mêlent avec du betel, des huîtres brûlées, du lycuim, du camphre, du bois d’aloës & de l’ambre gris, pour faire des trochisques, qu’ils mâchent pour faire couler plus abondamment la salive. Ces mêmes Indiens font épaissir le suc des fruits de l’areque, & alors ils le nomment caché.

Noix ben, (Botan. exot.) vous trouverez au mot Ben la description complette de ce fruit, de l’huile qu’on en tire, & de son usage.

La noix ben croît en Espagne, en Arabie, en Ethiopie & dans les Indes. Elle a été connue des Grecs, des Romains & des Arabes, comme il paroît par les écrits de Théophraste, de Dioscoride, de Pline & de Mesué. Ils l’ont nommé βάλανος, μυρεψικὴ, μυροβάλανος, glans ægyptia, & glans unguentaria.

L’huile qu’on en tire par expression, oleum balanicum, ne rancit presque jamais, & n’a ni goût, ni odeur ; elle est très-utile aux parfumeurs pour prendre l’odeur des fleurs, & en faire des essences agréables. Les dames s’en servent aussi pour adoucir la peau ; & on la mêle avec du vinaigre & du nitre pour guérir les petits boutons, & calmer les démangeaisons. Horace appelle cette huile balanus.

Pressa tuis balanus capillis
Jamdudum apud me est.


« J’ai aussi, dit-il à Mécénas, de l’essence de ben, que j’ai fait tirer exprès pour parfumer vos cheveux ». Les parfumeurs romains savoient très-bien exprimer de cette noix une sorte d’huile qui faisoit un parfum exquis ; mais la plus estimée, au rapport de Pline, venoit de Pétra, aujourd’hui Grac, ville d’Arabie. Mécénas étoit l’homme du monde qui aimoit le plus le parfum, & qui y faisoit le plus de dépense : c’est sur ce soin qu’il avoit de se parfumer, qu’est fondé le bon mot d’Auguste, qui pour dépeindre le caractere du style de son favori, l’appelloit μυροτρίχεις, ajusté comme ses cheveux. (D. J.)

Noix de cyprès, (Mat. méd.) Voyez Cyprès.

Noix de Galle, (Hist. nat. des végét.) en latin galla, en grec κουρίδες ; ce sont des excroissances contre nature qui se forment sur divers chênes en divers pays, à l’occasion de la piquure de quelques insectes.

Nous tirons divers services des insectes sans aucune reconnoissance. Comme plusieurs d’eux trouvent la vie & le couvert sur de certaines plantes, c’est au soin qu’ils prennent d’y loger leurs petits, que nous devons l’invention ou la matiere des plus belles couleurs que l’on emploie, soit dans la Peinture, soit dans la Teinture, telles que sont, par exemple, le vermillon & l’écarlate. Nous devons en particulier le plus beau noir de nos étoffes de soie & de laine aux noix de galle, pur ouvrage des moucherons.

On a tort de les appeller noix, puisque ce sont des excroissances contre nature. Il est vrai qu’elles ont une sorte de noyau, & qu’on les recueille sur un arbre : mais elles n’ont qu’une fausse apparence de noix ou de fruit, sans être ni l’un ni l’autre. Il n’y a presque point de plante qui ne soit de même piquée par un insecte, & qui ne produise de ces prétendues noix de toute couleur & de toute grandeur. Il y a des arbres dont les feuilles en sont entierement parsemées ; mais on ne leur a point donné de nom, parce qu’on n’en fait point d’usage, & peut-être en tirera-t-on dans la suite de celles qui croissent sur le plane, sur le peuplier, sur le saule, sur le bouis, sur le lierre, &c. Les secrets des arts ne sont point épuisés.

Les noix de galle, puisque l’usage leur a donné ce nom impropre, viennent sur des chaînes ou sur des arbres qui portent du gland, mais non pas sur toutes les especes de chêne, ni dans tous les pays. Le chêne qui porte les galles s’appelle robre ou rouvre ; en latin, par les botanistes, robur. J. B. I. ij. 76. Raii, hist. II. 1386. Quercus gallam exiguæ nucis magnitudine ferens, C. B. P. 420. Tourn. inst. 583.

Il croît dans le Levant, dans la Pannonie, dans l’Istrie, en Italie, en Provence, en Gascogne, &c.

Cet arbre est plus bas que le chêne ordinaire, mais fort gros & souvent tortu ; son bois est fort dur, ses feuilles sont découpées à ondes assez profondes, couvertes d’un duvet délicat ; ses fleurs sont des chatons, & ses fruits des glands plus petits que ceux du chêne commun. Ses feuilles, fruit, écorce, sont astringens, résolutifs, & ont les mêmes vertus que ceux du chêne ordinaire ; mais le rouvre ne fournit pas des galles dans tous les pays ; par exemple, il n’en porte point en Angleterre ; la raison qu’en dit Ray est excellente, c’est que l’on ne voit point dans les îles britanniques les insectes qui donnent naissance aux noix de galle, & qu’il est constant que c’est à leur piquure que ces sortes d’excroissances contre nature doivent leur origine. Voici comme elles se forment suivant les observations de Malpighi qui le premier a développé ce méchanisme de végétation.

Certains petits insectes, & sur-tout certaines mouches piquent les bourgeons, les feuilles & les rejettons les plus tendres des rouvres ; ils en déchirent les vaisseaux les plus minces, & en font sortir une humeur qui se forme d’abord en une coque ou vessie, & puis se remplit & se durcit. En effet, le cœur du bouton étant entamé par la tariere de l’insecte, le cours du suc nourricier est interrompu. La seve détournée de son chemin s’extravase, s’enfle & se dilate à l’aide des bulles d’air qui entrent par les pores de l’écorce, & qui roulent dans les vaisseaux avec la seve. Cette vessie se seche en dehors, & l’air extérieur la durcit quelque peu en forme de croute ou de noyau. Cette boule se nourrit, végete & grossit avec le tems, comme le reste de l’arbre. On conçoit bien que le suc coulant de la plaie que la mouche a faite, il abonde ici avec plus d’abondance, parce que la résistance est diminuée, ensorte que les vaisseaux se distendent de plus en plus par l’humeur qui s’y répand.

Ces vessies sont destinées à être comme la matrice qui doit recevoir les œufs que pondent ces insectes, les conserver, les échauffer, les faire éclorre & les nourrir. Toutes ces vérités se justifient à l’œil & à l’examen. Quand on ouvre les noix de galle mûres & récentes, on trouve à leur centre des vermisseaux, ou plutôt des nymphes qui se développent insensiblement & se changent en mouches qui sont quelquefois d’un genre différent.

Peu de tems après qu’elles sont formées, elles se cherchent une issue en rongeant la substance de la noix de galle, & enfin elles font un trou rond à la superficie, par lequel elles sortent & s’envolent. Si les noix de galle ne sont pas percées, on y trouve le vermisseau ou la mouche : mais si elles sont ouvertes, on les trouve vuides ou remplies d’autres animaux qui sont entrés par hasard dans les trous, & se sont cachés dans ces petites tanieres ; on y trouve, par exemple, quelquefois une petite araignée qui profite du domicile vuide : elle y tend des filets proportionnés à la grandeur de la place, & y attrape les pucerons sans expérience qui y viennent chercher aventure.

On distingue deux sortes de noix de galle dans les boutiques, savoir celles d’orient, que l’on appelle noix de galle d’Alep ou Alepines, & celle de notre pays.

Les noix de galle d’Alep sont arrondies, de la grosseur d’une aveline ou d’une petite noix, anguleuses, plus ou moins raboteuses, pesantes, de couleur blanchâtre, verdâtre ou noirâtre, compactes & résineuses en-dedans, d’un goût astringent & acerbe : celles de notre pays sont rondes, rougeâtres ou rousses, polies à leur superficie, légeres, faciles à rompre, d’une substance plus raréfiée, spongieuses & quelquefois creuses. Elles sont moins bonnes pour la teinture que celles du levant. Elles n’étoient pas inconnues aux anciens. Les premieres s’appelloient ὀμφακίτες, & les autres ὀνοκίτες, comme si l’on disoit noix de galle des ânes.

Nous venons de voir que les noix de galle different par leur figure, par leur couleur & par leur surface polie ou raboteuse. Il est vraissemblable que ces différences dépendent principalement de la variété des especes d’insectes qui piquent les chênes. Comme les insectes d’un pays ne sont pas tous pareils à ceux d’un autre pays, quoique peu éloigné, il arrive par cette raison que sur la même espece de chêne, on voit croître en Italie des galles fermes, grosses & solides, pendant qu’en France elles sont molles, petites, &, à proprement parler, des fausses galles.

Les meilleures galles nous viennent de Tripoli, & sur-tout d’Alep & de Mozul sur le Tibre. On en recueille dans le Levant une si grande quantité, qu’on en tire de Smyrne seule plus de dix mille quintaux par an. La noix de galle des Turcs, qu’ils nomment bazgendge. est rougeâtre, de la grosseur d’une noisette, & est employée dans leur écarlate : ce fruit est fort cher en Europe.

Les noix de galle servent dans les arts. Je sai bien que, comme elles sont fort astringentes, quelques médecins les recommandent intérieurement dans les dissenteries, les flux de ventre & les hémorrhagies ; mais outre que ces maladies demandent des remedes extremement variés, suivant leur nature & leurs causes, & que dans plusieurs cas les noix de galle seroient plutôt nuisibles que salutaires, il faut encore convenir que, dans les cas où elles seroient utiles, on a des remedes beaucoup plus énergiques à mettre en usage.

M. Reneaume, membre de l’académie des Sciences, a cru avoir découvert dans les noix de galle un second spécifique pour les fievres intermittentes ; mais la vertu fébrifuge qu’il leur attribuoit, n’a point été confirmée par l’expérience, & la théorie de la fievre de ce médecin, sur laquelle il fondoit son remede, étoit pitoyable.

On emploie les noix de galle extérieurement pour resserrer & répercuter, pour affermir & fortifier les parties qui sont trop relâchées. On s’en sert dans des injections & dans des fomentations astringentes pour guérir la chûte de la matrice, & celle de l’anus qui vient du relâchement du sphincter. Elles entrent aussi dans quelques emplâtres & onguens astringens, comme dans l’emplâtre pour les hernies, appellée communément emplâtre contre les ruptures, de Charas.

Elles servent encore en Chimie à éprouver la nature des eaux minérales : elles donnent à la solution du vitriol la couleur noire, ou plutôt celle de violette foncée ; savoir, lorsque le sel alkali des noix de galle se joint au sel acide vitriolique, & en fait séparer les parties métalliques ; alors ces particules ne vont pas au fond de la liqueur, mais elles s’unissent avec les particules sulphureuses des noix de galle, lesquelles nagent dans le fluide & soutiennent les particules métalliques. Par cette raison l’infusion ou la décoction de ces noix sert aux Chimistes & aux Physiciens pour l’examen des eaux minérales ; car si elles contiennent un sel vitriolique, ou un peu de fer ou de cuivre, cette infusion ou cette décoction donne à ces eaux la couleur noire, violete, pourpre ou tirant sur le pourpre, selon qu’elles contiennent plus ou moins de sel métallique.

Cependant le principal usage des noix de galle est réservé pour les arts, pour les teintures du grand & sur-tout du petit teint, pour les corroyeurs & autres ouvriers en cuir, enfin pour faire de l’encre. Les Teinturiers emploient les galles étrangeres, dites galles à l’épine pour teindre en noir, & les galles de France, qu’ils nomment cassenolles, pour former en soie le noir écru. (D. J.)

Noix de galle, (Chimie & Matiere médicale.) noix de galle d’Alep, & noix de galle de notre pays.

Ces deux especes de noix de galle sont fort analogues quant à leur composition intérieure ou chimique ; mais les premieres sont meilleures, tant pour les usages chimiques que pour ceux de la médecine & ceux des arts.

La noix de galle possede éminemment le goût acerbe, austere, stiptique, propre aux écorces des bois & à celles de quelques fruits, par exemple de la grenade. On a coutume d’attribuer cette saveur à un sel vitriolique ou alumineux, & à un principe terreux très surabondant & presque nud. La propriété que possede la noix de galle de précipiter les sels métalliques, principalement observée dans ses effets sur le vitriol de Mars, indique assez bien ce principe terreux ; mais & la démonstration chimique de la nature de la noix de galle & la théorie des phénomenes qu’elle présente, lorsqu’on l’applique aux différentes dissolutions de fer, manquent également à la Chimie jusqu’à présent. L’observation nue des faits a seulement appris que la poudre ou la décoction filtrée de noix de galle étant mêlée en petite quantité à une liqueur qui contient la moindre parcelle de fer, dans quelque état que ce soit, y manifeste ce métal sous la forme d’un précipité plus ou moins divisé, plus ou moins rare, selon qu’il est plus ou moins abondant, & de différentes couleurs proportionnelles à ses différens degrés de tenuité & d’abondance, dans l’ordre suivant : le précipité à peine sensible est d’une couleur de rose tendre, il devient par nuances paillé, vineux, gros-rouge, violet, bleu foncé, & enfin noir, c’est-à-dire bleu très-foncé. Voyez Noir. Cette derniere nuance est celle de l’encre, qui n’est autre chose qu’une forte dissolution de vitriol martial précipité par la noix de galle, & dans laquelle le précipité est constamment suspendu par une matiere gommeuse dont cette liqueur est en même tems chargée. Voyez Encre & Vitriol.

Quant aux vertus médicamenteuses de la noix de galle, nous avons à en dire exactement la même chose que des noix de cyprès. Voyez Cyprès, mat. méd. M. Reneaume, médecin de Paris, a donné sur leurs vertus fébrifuges un mémoire à l’académie royale des Sciences, an. 1711. (b)

Noix d’Inde, nux Indica, (Médecine.) est le fruit d’un arbre qui croît dans les Indes, & qu’on appelle cocotier. Voyez Cacao & Chocolat.

Noix de Madagascar, (Botan. exot.) noix grosse comme une noix de galle, ronde, légere, de couleur de châtaigne, ayant l’odeur & le goût du girofle, mais beaucoup plus foible, & contenant quelques pepins ou semences : on nous l’apporte de Madagascar ; c’est le fruit d’un arbre appellé dans le pays ravendsara. (D. J.)

Noix métel, (Médecine.) voyez Pomme épineuse.

Noix muscade, (Botan. exot.) voyez Muscade.

Noix vomique, (Botan. exot.) amande ou fruit de différente grosseur, que nous recevons des Indes orientales. Il est mal nommé noix vomique, car il n’excite point le vomissement ; mais il tue les hommes, les quadrupedes & les oiseaux, après leur avoir causé de terribles angoisses.

On nous envoie le plus communément sous le nom de noix vomique une amande orbiculaire, applatie, large d’environ un pouce, épaisse de deux ou trois lignes, d’une substance dure comme la corne, de couleur grise, un peu lanugineuse en dehors ; ayant une espece de nombril qui occupe le centre, mais plus applati d’un côté que de l’autre.

Les Grecs n’ont point connu notre noix vomique, & il n’est pas certain que ce soit la noix métel des Arabes. Ceux des modernes qui ont pris la noix vomique orientale pour une racine, ou pour un champignon, se sont également trompés : c’est l’amande ou le fruit d’un certain arbre, qui s’appelle nux vomica major, ou caniram. H. Malab. tom. I. Malus Malabarica, fructu corticoso, amaricante, semine plano, compresso. D. Syen, Raii hist. 1661. Solanum arborescens indicum, maximum, foliis œnopliæ, sive nanenæ majoribus, fructu rotundo, duro, rubro, semine orbiculari, compresso, maximo, &c.

Cet arbre est également grand & gros, fort branchu, couvert d’une écorce cendrée, noirâtre ou rougeâtre & amere. Ses feuilles naissent opposées sur les nœuds des branches ; elles sont ovales, très-larges dans leur milieu, terminées en pointe mousse, verdoyantes, d’une saveur amere, ayant trois nervures un peu saillantes en-dessus & en-dessous. Ses fleurs naissent par bouquets sur les rameaux aux aisselles des feuilles : elles sont composées d’un pétale d’une seule piece en forme d’entonnoir, divisé profondément en cinq parties ; les étamines sont au nombre de cinq, garnies de longs sommets & d’un seul pistil plus long que le pétale.

Les fleurs étant passées, leurs embryons deviennent des fruits ronds, lisses, verds d’abord, ensuite d’une couleur jaune dorée, contenant dans leur maturité une substance blanche & mucilagineuse, sous une écorce un peu épaisse, cassante, & d’une saveur fort amere. Ils n’ont qu’une loge ; chaque fruit contient quinze semences arrondies & applaties ; l’écorce extérieure de ces fruits est avant leur maturité de couleur argentine, tirant sur le brun ; lorsqu’ils sont murs, cette écorce est velue, verdâtre, mince, & fort amere. Cet arbre croît dans le Malabar, & sur la côte de Coromandel.

Les noix vomiques font mourir par une vertu spécifique & vénéneuse tous les quadrupedes, les corbeaux, les corneilles, les cailles, & la plûpart des oiseaux. Presque tous les médecins reconnoissent qu’il n’en faudroit pas deux drachmes pour tuer un homme des plus robustes. Il est certain qu’une très-petite quantité suffit pour bouleverser l’estomac & exciter des mouvemens convulsifs. Le poison de cette noix paroît attaquer principalement les nerfs : car c’est de là que vient l’anxiété, la roideur, le frisson, le tremblement, les convulsions & la respiration déréglée. Voyez à ce sujet les observations de Gesner, de Bauhin, & sur-tout d’Antoine de Heyde.

On connoît une autre espece de noix vomique entierement semblable à la précédente, dont l’arbre s’appelle modira caniram, H. Malab. t. VIII. Solanum arborescens indicum, foliis napecæ majoribus, magis mucronatis ; fructu rotundo, duro, spadiceo, nigrescente ; semine orbiculari, compresso, maximo, Breyn 2. prodr.

Quoique l’on prétende que cette seconde noix vomique & le bois de couleuvre se tirent du même arbre ; Herman assûre au contraire que cette noix vient d’un autre arbre, mais c’est un point qui nous importe fort peu.

Il y a une troisieme espece de noix vomique, plus petite que les précédentes, & que l’on trouve très-rarement dans les boutiques. A peine égale-t-elle la troisieme partie de la noix vomique ordinaire : au reste, elle lui ressemble par la figure, la couleur, le goût & la consistence ; le bois de l’arbre qui produit cette espece de noix vomique s’appelle bois de couleuvre ; mais c’est plutôt une racine ligneuse qui renferme sous une écorce de couleur de fer, & marquée de taches grises, une substance solide, pesante, d’un goût âcre & amer, sans aucune odeur. On nous l’apporte des îles de Solor & de Timor. On distingue ce bois de celui des arbres dont nous venons de parler, en ce qu’il est plus dur & plus dense. L’arbre qui fournit la petite noix vomique s’appelle nux vomica minor, moluccana ; il ne differe de l’arbre caniram que par la moindre grandeur de ses feuilles, de ses fruits & de ses graines. (D. J.)

Noix, s. f. (Géom. prat.) partie d’un instrument de Géométrie pratique, tel qu’un graphometre, un niveau, &c. C’est une boule de métal ou de bois qui a un col long, sur lequel on fixe l’instrument. Cette boule est enchassée dans une boîte où elle est mobile en tout sens, pour pouvoir mettre l’instrument dans une situation verticale, parallele à l’horison, oblique, de façon qu’on puisse l’arrêter dans toutes ces situations, & la fixer sans qu’elle puisse branler ; ce qui se fait par le moyen d’une vis qui serre la boîte dans laquelle la noix est renfermée. (D. J.)

Noix, (Marine.) où passe la manuelle du gouvernail. Voyez Moulinet.

Noix, terme d’Arquebusier ; c’est un petit morceau de fer plat sur ses deux faces, de la largeur de dix à douze lignes, & épais de six, qui est arrondi par-derriere, & garni de deux crans, dont l’un sert pour le repos, & l’autre pour la tente, & s’engrenent dans la machoire de la gachette, qui est immédiatement posée derriere cette noix. Le devant est creusé en-dedans en forme de machoire, & est pour recevoir la machoire du grand ressort à sens contraire. Les deux faces plates sont traversées d’un pivot qui est rond & menu, & qui se passe dans le trou qui est au milieu de la bride. L’autre bout du pivot est plus gros & est rond, de l’épaisseur de deux à trois lignes, & le reste est quarré. Ce pivot entre dans un trou qui est rond, du calibre du pivot, & qui est pratiqué au corps de platine, de façon que l’épaisseur du pivot rond se place dans ce trou, & soutient la noix qui tourne en bascule, selon le besoin ; le reste, qui est quarré, sort en-dehors, & sert pour placer le chien. Ce pivot est percé d’un trou en écrou, dans lequel on place le clou de chien, & qui l’assujettit de façon qu’il ne peut pas sortir.

Noix, (Bas au mét.) Voyez l’aticle Bas au métier.

Noix, terme de Potier de terre ; les Potiers de terre appellent la noix de la roue sur laquelle ils tournent les ouvrages de poterie, l’arbre ou pivot qui lui sert comme d’essieu ; & cela, parce que la tête de cet arbre est presque ronde, & en forme de noix, à la réserve qu’elle est applatie par en haut, pour y placer le morceau de terre glaise qu’on veut travailler. (D. J.)

Noix, (Soirie.) petite poulie cavée, arrêtée fixe sur le bout des broches des rouets.

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Étymologie de « noix »

Du latin nux, nucis (« noix »).
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Bourg. noei ; Berry, noue ; picard, nos ; wallon, lémoscade, némoscade, noix muscade ; provenç. notz ; catal. nou ; espagn. nuez ; portug. noz ; ital. noce ; du lat. nucem. L'anglo-saxon hnut ; anc. haut allem. hnuz font penser qu'ici, comme dans nosco, natus, le latin a perdu une initiale gutturale ; ce serait donc gnucem. Le latin et les formes germaniques rapprocheraient ce nom de nodus, gnodus ; et ce rapprochement s'applique bien à tous les fruits à coque ligneuse.

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Phonétique du mot « noix »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
noix nwa

Citations contenant le mot « noix »

  • Il faut casser la noix Pour en avoir la chair. De Proverbe français
  • Un ami non éprouvé est comme une noix non cassée. De Proverbe russe
  • Une huître, c’est un poisson fait comme une noix. De Jean-Charles / La Foire aux cancres
  • S'il y a des noix L'hiver sera froid. De Dicton français
  • Nous sommes comme les noix, Nous devons être brisés pour être découverts. De Khalil Gibran
  • Quand tu donnes une noix à quelqu’un, donne-lui aussi de quoi la casser. De Proverbe géorgien
  • Pour lutter contre le mal de mer, sucez une noix de muscade (sans l'avaler, c'est toxique). Si vous n'avez pas de noix de muscade, allez-y en bicyclette. De Pierre Desproges / L’almanach
  • En ce qui concerne les problèmes sentimentaux, les hommes ont un cerveau de la taille d’une noix. De Dave Barry
  • Vouloir donner de l’éducation à un homme indigne, c’est prétendre placer des noix sur une coupole. De Proverbe persan
  • Toutes ces croyances à la noix et ces armes démodées, ça ne vaut pas un bon pistolaser au côté!
  • Il n’est rien de si amer qu’une noix verte, et toutefois à force de sucre on en fait une confiture fort délicate. De E. de Belley / Palombe ou La femme honorable
  • Lire la fin d'un roman policier avant d'y arriver, c'est comme manger un biscuit fourré à la noix de coco en allant tout de suite à la noix de coco. Après il ne reste plus qu'à jeter le biscuit. De Stephen King / La Ligne verte
  • Les noix ont fort bon goût, mais il faut les ouvrir. Souvenez-vous que, dans la vie, Sans un peu de travail on n'a point de plaisir. De Jean-Pierre Florian / La Guenon, le singe et la noix
  • Je tiendrai dans une coquille de noix ; je m'y croirais au large et le roi d'un empire sans limites... si je n'avais pas de mauvais rêves. De William Shakespeare / Hamlet
  • 1938. Plus précisément le 17 juin 1938. C’est la date de promulgation du décret-loi qui confère l’Appellation d’origine contrôlée (AOC) à la noix de Grenoble. , Culture - Loisirs | 1938, la consécration pour la noix de Grenoble
  • Des images dont on ne sort pas indemne : Peta Asia diffuse un plaidoyer pour les singes esclavagisés en Thaïlande dans le secteur de la cueillette de la noix de coco. Enlevés de leur milieu naturel, maintenus enchaînés et isolés de leurs congénères, exploités et maltraités au point d’en devenir fous, ces individus sont condamnés à récolter le précieux fruit destiné à l’exportation dans le monde entier pour des usages comme le lait, les yaourts, l’huile ou tout autre produit à base de noix de coco. Une vidéo dérangeante qui fait réfléchir sur le sort de ces animaux exploités. L'Obs, Des singes exploités pour des noix de coco : « Beaucoup deviennent fous »
  • Puis vers 9 h 30, le ministre de l’Agriculture a rendez-vous à la station expérimentale nucicole à Creysse. Pour Serge Gay qui intervient en mission d’appui sur cette station de la noix : « Cette visite ministérielle est une opportunité pour présenter l’engagement de cette filière de la noix, qui malgré la concurrence du Chili et des Etats-Unis et les répercussions sur le marché économique, parvient à maintenir cette culture traditionnelle presque patrimoniale tout en se tournant vers l’avenir grâce à la recherche sur les nouvelles variétés et la génétique, en lien avec l’INRA. » ladepeche.fr, La station de la noix attend le ministre de l'Agriculture à Creysse, demain matin - ladepeche.fr
  • La noix de Grenoble est un fruit sec d’automne qui se consomme toute l’année, soit frais (environ 15 jours après récolte), soit sec. , Magazine Gastronomie et Vins | La noix de Grenoble AOP : elle en a sous la coque
  • Comment imaginer la vie dans le futur ? Dans la voix de nos animateurs radio, découvrez l’un des textes sélectionnés lors du concours d’écriture de France Bleu Loire Océan 2020 sur le thème de l’écologie : «Une noix électrique». France Bleu, «Une noix électrique» : des usines électriques de noix en Dordogne ?
  • Le 17 juin 2019 le ministre de l'agriculture Didier Guillaume, le président d'Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez et le département de l'Isère avaient rendu des visites pleines de promesses à des agriculteurs sinistrés dans les noyeraies de l'Isère et de la Drôme. Le 15 juin une tempête accompagnée de grêle avait traversé la vallée de l'Isère en aval de Grenoble d'ouest en est et provoqué d'importants dégâts dans la zone phare de la noix AOC. Un an après les premiers bilans ont été tirés et les premières indemnisations sont arrivées. France Bleu, La noix de Grenoble, un an après la tempête

Images d'illustration du mot « noix »

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Traductions du mot « noix »

Langue Traduction
Anglais nuts
Espagnol nueces
Italien noccioline
Allemand nüsse
Chinois 坚果
Arabe المكسرات
Portugais nozes
Russe орешки
Japonais ナッツ
Basque fruitu lehorrak
Corse noci
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Synonymes de « noix »

Source : synonymes de noix sur lebonsynonyme.fr
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