Mystère : définition de mystère


Mystère : définition du Wiktionnaire

Nom commun

mystère \mi.stɛʁ\ masculin

  1. Ce qu’une religion a de plus caché, ce qui n’est connu que des initiés.
    • Alliette est l’homme le plus heureux de la terre ; il ne parle que tarots, cartes, sortilèges, sciences égyptiennes de Thot, mystères isiaques. — (Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes)
  2. (En particulier) (Bible) (Religion chrétienne) Vérité de foi contenue dans la révélation et qui, sans contredire la raison, la dépasse.
    • On peut considérer que la raison, incapable d’établir la possibilité intrinsèque des mystères révélés, telles que la Trinité, l’Incarnation, l’Eucharistie, la création ex nihilo, peut néanmoins établir qu’ils ne sont pas contradictoires […] Les mystères, étant supra-rationnels, ne sauraient être démontrés ; mais, comme ils ne sont pas pour cela anti-rationnels, les arguments qui tendent à établir qu’ils sont absurdes n’ont aucune valeur probante […] — (Louis Rougier, Histoire d’une faillite philosophique : la Scolastique, 1925, éd. 1966)
    • Il est certain qu’ésotéristes et amateurs de mystère préféreront toujours continuer à considérer la question comme insoluble de façon technique. Car le mystère est une forme indéniable de plaisir, et qui s'autoexcite indéfiniment. — (Eric Guerrier, Pyramides: ou le principe de l'escalier, Editions L'Harmattan, 2012, page 13)
  3. (Par extension) (Figuré) Ce qu’il y a de caché, de secret, d'inconnaissable dans les phénomènes de la nature ; ce qui est inexplicable par la raison humaine.
    • Le mystère des perturbations de l’orbite de Mercure n'a finalement été élucidé qu'avec la théorie de la relativité générale proposée par Albert Einstein au début du XXème siècle. — (Barry Williams (traduit par Claude Lafleur), L’Astrologie confrontée aux progrès de l’astronomie, dans Le Québec sceptique, n°24, décembre 1992, p. 41)
    • La grande forêt des Ardennes est une des plus chargée de mystères. […]. l'hiver, lorsque la neige a cessé de tomber depuis quelques jours, lorsque l'armée des sapins noirs immobiles se détache sur le sol blanc, le voyageur solitaire doit se défendre contre un sentiment de crainte, presque d'angoisse. — (Georges Blond, L'Agonie de l'Allemagne 1944-1945, Fayard, 1952, p.130)
    • L’aporie est une espèce d’énigme, mais considérée d’un point de vue logique plutôt que magique ou spirituel. C’est un problème qu’on renonce à résoudre, au moins provisoirement, ou un mystère qu’on refuse d’adorer. — (André Comte-Sponville, Dictionnaire philosophique, Presses universitaires de France, 2001)
  4. (Figuré) Ce qu’il y a de caché, de secret dans les affaires humaines.
    • Jusqu’à cette nuit, aucune lumière accusatrice ne s’était échappée de ces deux âmes ; mais entre elles et Dieu certainement il s’élevait quelque sinistre mystère. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
    • C’est comme cela. Moi aussi j’ai mes mystères, tout maire que je suis ; mais venez, je vais vous montrer autre chose. — (Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes)
    • Ce coin perdu de Jan-Mayen n’est pas à l’abri des cancans, des mystères, des intrigues et même des complications diplomatiques. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
  5. Les soins, les précautions que l’on prend pour n’être pas entendu, pour n’être pas observé.
    • Je donnai même à ce mutisme un air d’imbécillité pour laisser Mauricette expliquer elle-même son mystère. — (Pierre Louÿs, Trois Filles de leur mère/Chapitre 1, 1926)
    • Il m’a entretenu, avec beaucoup de mystère, de tous ses chagrins. - Ils sont sortis tous deux en grand mystère.
    • (Ironique) Pourquoi faire tant de mystère pour nous dire ce que tout le monde sait ? - Faut-il faire tant de mystère pour si peu de chose ?
  6. (Religion) Composante du rosaire.
  7. (Histoire) Nom que l’on donnait, au Moyen Âge, à certaines pièces de théâtre, d’inspiration religieuse, dont le sujet était tiré des Écritures ou de la vie des saints.
    • Ce jour-là, il devait y avoir feu de joie à la Grève, plantation de mai à la chapelle de Braque et mystère au Palais de Justice. — (Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, 1831)
    • Pour la poésie dramatique en langue vulgaire, sa partie religieuse, le mystère et le miracle, se rattachait aux mystères latins antérieurs, qui eux-mêmes étaient une partie du culte, et tenaient à cet ensemble de représentations théâtrales que l’église avait empruntées originairement au paganisme. — (Jean-Jacques Ampère, La Littérature française au moyen-âge, Revue des Deux Mondes, 1839, tome 19)
    • Tour à tour commencent à défiler les pages, les rois, les anges, les saintes, qui paraissent jouer un de nos vieux mystères avec, comme décor, la cathédrale. — (Germaine Acremant, Ces dames aux chapeaux verts, Plon, 1922, collection Le Livre de Poche, page 238.)
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Mystère : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MYSTÈRE. n. m.
Ce qu'une religion a de plus caché, ce qui n'est connu que des initiés. Toutes les religions ont leurs mystères. Les mystères d'Éleusis, de Mithra, d'Isis et d'Osiris. Être initié aux mystères. Les anciens punissaient sévèrement ceux qui avaient violé, révélé les mystères. Il signifie plus particulièrement, dans la religion chrétienne, Vérité de foi contenue dans la révélation et qui, sans contredire la raison, la dépasse. Le mystère de la Trinité, de l'Incarnation. Le mystère du corps et du sang de JÉSUS-CHRIST. Les principaux mystères de la foi. Par extension, Les saints mystères, Le sacrifice de la messe. Célébrer les saints mystères. Participer aux saints mystères.

MYSTÈRE se dit, figurément et par extension, de Ce qu'il y a de caché, de secret dans les phénomènes de la nature et dans les sentiments de l'homme. Étudier, approfondir, pénétrer, révéler les mystères de la nature, les mystères du cœur humain. Il désigne figurément Ce qu'il y a de caché, de secret dans les affaires humaines. Le plus profond mystère enveloppe toute cette aventure. Il y a un mystère, du mystère là-dessous. Il se dit aussi de Certains soins, de certaines précautions que l'on prend pour n'être point entendu, pour n'être point observé. Il m'a entretenu, avec beaucoup de mystère, de tous ses chagrins. Ils sont sortis tous deux en grand mystère. Ironiquement, Pourquoi faire tant de mystère pour nous dire ce que tout le monde sait? Faut-il faire tant de mystère pour si peu de chose? Voilà bien des mystères, bien du mystère. Il n'y a pas grand mystère à cela. Faire mystère, un mystère d'une chose, La tenir secrète, la cacher avec soin. Il nous a fait mystère de sa naissance, de sa profession, de sa méthode. Il fait mystère des moindres choses. Il n'en fait pas mystère. On dit dans le même sens Mettre du mystère à quelque chose. Il est tout mystère se dit d'un Homme qui a coutume de faire le mystérieux.

MYSTÈRE est aussi le Nom que l'on donnait, au moyen âge, à certaines pièces de théâtre, d'inspiration religieuse, dont le sujet était tiré de l'Écriture ou de la vie des saints. Le mystère de la Passion. Le mystère du siège d'Orléans. La représentation d'un mystère. Le théâtre des mystères.

Mystère : définition du Littré (1872-1877)

MYSTÈRE (mi-stè-r') s. m.
  • 1 Terme d'antiquité. Culte secret dans le polythéisme, auquel on n'était admis qu'après des initiations successives. Plutarque dit qu'il n'y avait personne à Delphes ni dans ce pays qui ne fût initié aux mystères, Fontenelle, Oracles, I, 13. Sous Erechthée, l'on marque l'arrivée de Cérès en Attique après l'enlèvement de sa fille et l'établissement des mystères à Éleusis, Rollin, Hist. ancienne, Œuvr. t. II, p. 497, dans POUGENS.

    Petits mystères, mystères qui se célébraient à Agra, près d'Athènes, au mois d'anthestérion, et qui étaient de moindre importance que les grands mystères, qui se célébraient à Éleusis au mois de boédromion.

    Par extension, ce que la religion païenne avait de plus caché. À l'envi l'un et l'autre étalait sa manie, Des mystères sacrés hautement se moquait, Corneille, Poly. III, 2. Ou même s'empressant aux autels de Baal, Se fait initier à ses honteux mystères, Racine, Athal. I, 1. On menace le temple, et les divins mystères Sont bientôt profanés par des mains téméraires, Voltaire, Olymp. II, 5.

  • 2Dans la religion chrétienne, tout ce qui est proposé pour être l'objet de la foi des fidèles, et qui paraît contredire la raison humaine ou être au-dessus de cette raison. Le mystère de l'incarnation. On les tient [les chrétiens] pour sorciers dont l'enfer est le maître, Et, sur cette croyance, on punit du trépas Des mystères secrets que nous n'entendons pas, Corneille, Poly. IV, 6. Le mot de Galilée, que la foule des Juifs prononça comme par hasard, en accusant Jésus-Christ devant Pilate, donna sujet à Pilate d'envoyer Jésus-Christ à Hérode ; en quoi fut accompli le mystère qu'il devait être jugé par les Juifs et les gentils, le hasard en apparence fut la cause de l'accomplissement du mystère, Pascal, Pens. XXIV, 29, éd. HAVET. Le mystère le plus éloigné de notre connaissance, qui est celui de la transmission du péché, Pascal, ib. VIII, 1. Tant qu'on ne voudra point fonder sur une promesse certaine une autorité infaillible qui arrête la pente des esprits… la religion où il y aura le moins de mystères sera nécessairement la plus suivie, Bossuet, 6e avertissement, III, 32. Je n'ai jamais douté des mystères de notre religion, Bossuet, Louis de Bourbon. C'était [la messe] de tous les mystères celui qui lui paraissait le plus incroyable, Bossuet, Anne de Gonz. Alors il se souvint des irrévérences dont hélas ! on déshonore ce divin mystère [la messe], Bossuet, Louis de Bourbon. Les absurdités où ils [les libertins] tombent en niant la religion deviennent plus insoutenables que ses vérités dont la hauteur les étonne ; et, pour ne vouloir pas croire des mystères incompréhensibles, ils suivent, l'une après l'autre, d'incompréhensibles erreurs, Bossuet, Anne de Gonz. Ceux qui se disent que ce mystère [l'eucharistie] surpasse en sa hauteur toute la mesure du sens humain, veulent néanmoins nous assujettir à résoudre les difficultés que le sens humain nous propose, Bossuet, Euchar. I, 4. Un sang impur offert à Baal, voilà le mystère de l'impiété ; le sang d'un Dieu qui nous purifie, voilà le mystère de l'amour divin, Bourdaloue, Myst. Circoncision de J. C. t. I, p. 61. De la foi d'un chrétien les mystères terribles, Boileau, Art p. III. Tout est mystère dans la conduite du Sauveur, Massillon, Carême, Samar.

    Les saints mystères, les sacrés mystères, le sacrifice de la messe. Lorsqu'ils [les fidèles] participent aux saints mystères, Bossuet, Euchar. IV, 1. Pour assister aux sacrés mystères, Fléchier, Dauph. Vous approchez des mystères saints, mais c'est sans ferveur, Massillon, Carême, Salut.

  • 3Quelque chose qui est caché avec un certain caractère religieux. Le respect que l'on porte à l'antiquité est aujourd'hui à tel point dans les matières où il doit avoir moins de force, que l'on se fait des oracles de toutes ses pensées et des mystères même de ses absurdités, Pascal, Frag. d'un traité du vide. Nos magistrats ont bien connu ce mystère [l'effet que la pompe fait sur la foule], Pascal, Pens. III, 3. Je ne comprends pas ce grand mystère que vous faites de la providence de Dieu : je ne trouve rien au monde de si aisé à comprendre dès qu'on veut bien le regarder comme le créateur de toutes choses et le maître absolu de ses créatures et de son univers ; il fait agir nos volontés selon les fins qu'il a réglées…, Sévigné, t. X, p. 543, édit. RÉGNIER. C'est l'ordinaire de mêler du mystère dans l'origine des villes et des États pour les rendre plus célèbres, Fléchier, Hist. de Théodose, II, 37.
  • 4En général, secret. Les mystères de la politique. Mystère d'État. Les mystères de cour sont souvent si cachés, Que les plus clairvoyants y sont bien empêchés, Corneille, Nicom. III, 4. Mais d'un sujet au roi, c'est crime qu'un mystère, Corneille, Suréna, IV, 3. Quel mystère est caché dessous cette menace ? Rotrou, Bélis. IV, 10. Tout cela se conduit avec mystère, Pascal, Prov. XVII. Incapable de mystère, Pascal, Pens. XIX, 8. Saint Hilaire explique plus amplement ce mystère d'iniquité [le langage trompeur des Ariens], Bossuet, 2e instruc. pastor. § 111. Ce n'est pas en ces lieux Qu'il faut développer ce mystère à vos yeux, Racine, Brit. III, 6. Ce dessein [l'empoisonnement de Britannicus] s'est conduit avec plus de mystère, Racine, Brit. V, 5. Seigneur, de ce départ quel est donc le mystère ? Racine, Bérén. I, 4. De ses feux innocents j'ai trahi le mystère, Racine, Mithrid. IV, 4. Qui sait même, qui sait si le roi votre père Veut que de son absence on sache le mystère ? Racine, Phèdre, I, 1. Vous seule avez percé ce mystère odieux, Racine, ib. V, 1. Il sait les bruits communs, les historiettes de la ville ; il ne fait rien, il dit ou il écoute ce que les autres font ; il est nouvelliste, il sait même le secret des familles ; il entre dans de plus hauts mystères : il vous dit pourquoi celui-ci est exilé, et pourquoi on rappelle cet autre, La Bruyère, II. Le grand événement qui vous remplit d'effroi, Palmire, est un mystère entre le ciel et moi, Voltaire, Fanat. V. 2. Quel est ce vieillard téméraire Qu'on dérobe à ma vue avec tant de mystère ? Voltaire, Mérope, IV, 1. Les bruyants états de Cythère S'y tenaient sur la fin du jour : De tous les frères de l'amour, Il n'y manquait que le mystère, Desmahis, Poés. p. 116, dans POUGENS. Descends-tu pour me révéler Des mondes le divin mystère ? Lamartine, Médit. le Soir.

    Faire mystère, un mystère d'une chose, la tenir secrète, la cacher avec soin. Mais par quelle raison lui faire un mystère de votre amour ? Molière, l'Avare, II, 1. Nous ne prétendons point en faire de mystère, Molière, Psyché, I, 2. Le roi m'ordonne de vous dire de ne point faire de mystère de cette lettre s'il y a quelque utilité à parler, Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 13 mai 1697.

    Dans le même sens, mettre du mystère à quelque chose. J'exige que la chose soit secrète [la lecture d'une tragédie de Voltaire], et que vos amis aient au moins le plaisir d'y mettre du mystère, si le mystère est un plaisir, Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 23 oct. 1772. Le premier pas vers le vice est de mettre du mystère à quelque chose, Rousseau, Hél. IV, 6.

    Familièrement. Il est tout cousu de petits mystères, il est tout mystère de la tête aux pieds, il cache les choses simples, innocentes, visibles, avec autant de soin qu'il ferait les choses compliquées, coupables, mystérieuses. C'est de la tête aux pieds un homme tout mystère, Molière, Mis. II, 5.

  • 5Difficulté que l'on fait touchant quelque chose, importance que l'on y attache (assez souvent en mauvaise part). Du nom de philosophe elle fait grand mystère, Mais elle n'en est pas pour cela moins colère, Molière, Femm. sav. II, 9. Sachons ce qu'il a fait ; et, sans plus de mystère, Concluons son hymen, et finissons l'affaire, Regnard, le Joueur, I, 11. Pour être heureux faut-il tant de mystères ? Favart, Ninette, II, 19. Si vous me promettiez de garder le secret, je vous découvrirais tout le mystère, Lesage, Gil Blas, IV, 5. Électeurs, j'ai, sans nul mystère, Fait de bons dîners l'an passé, Béranger, Ventru.

    Voilà tout le mystère, il n'y a pas plus de difficulté que cela. Voilà tout le mystère de ces difficultés et de ces choix, Bossuet, Nouv. myst. 6. Ma diligence vient de ce que je me corrige, voilà tout le mystère, Marivaux, Marianne, 11e part.

    Ne pas entendre mystère à une chose, n'y pas entendre finesse, n'y voir rien que d'innocent. Et n'entendait aux façons du pasteur Mystère aucun…, La Fontaine, Jum.

  • 6Certaines précautions que l'on prend pour n'être pas observé, entendu. Ils sont sortis tous deux en grand mystère. Ils parlent jargon et mystère sur certaines femmes, La Bruyère, VII.
  • 7 Fig. Opérations secrètes de la nature, du cœur, des arts, des lettres. Les mystères du cœur humain. Les mystères de la nature. Tous les arts ont leurs mystères. Tout est mystère dans l'amour, Ses flèches, son carquois, son bandeau, son enfance, La Fontaine, Fabl. XII, 14. Nous n'avons rien à faire ici qu'à tâcher de nous rendre avantageux le développement futur des mystères de notre existence, Marivaux, dans DESFONTAINES. Juvénal admet ces prêtres efféminés dans les mystères de la toilette, Hist. des Vestales, dans DESFONTAINES. Je crois que, si j'eusse dévoilé tous les mystères de la nature, je me serais senti dans une situation moins délicieuse, Rousseau, 3e lettre à M. de Malesherbes.
  • 8Nom, au moyen âge, de certaines pièces de théâtre où l'on représentait quelqu'un des mystères de la religion. Le mystère de la passion de Notre-Seigneur. Les mystères en langue vulgaire ont commencé dès le XIIe siècle. On joua des mystères à l'entrée de Charles VI à Paris, l'an 1380, Voltaire, Mél. litt. Chang. arrivés à l'art trag.

HISTORIQUE

XIIIe s. Un jour en la chambre son pere Fist une estoile et ung mistere [ouvrage] De soie et d'or moult subtilment, Du Cange, misterium.

XIVe s. Veut que les accusez respondent par leurs bouches, sans conseil ne mystere d'aucune personne, Bouteiller, Somme rural, tit. 34, notes, p. 242, dans LACURNE.

XVe s. [Au festin des ambassadeurs de Bohême] il y eut des entremets de morisques, monmeries, et un autre mystere d'enfants sauvages saillant d'une roche fort bien feinte et representée, J. Chartier, Hist. de Charles VII, p. 296, dans LACURNE. Tous ceulx qui pour lors estoient au franc palais avoient esté comme ravis pour les hauts mysteres qu'ilz avoient veus, Perceforest, t. X, f° 2. Le dit Jazon se mit en defense fort bien et en bonne maniere, et faisoient le serpent et l'homme si bon devoir que ce sembloit aigre bataille, sans mystere, Math. de Coucy, Hist. de Charles VII, p. 671, dans LACURNE. De là s'en alla au disner, et estoit environ l'heure de douze heures, et quand le dit mystere [cérémonie] fut commencé, il estoit entre cinq et six heures du matin, Monstrelet, ch. 62, t. I, p. 97, dans LACURNE. Devant la Trinité estoit la passion, c'est à sçavoir comment nostre Seigneur fut prins, battu, mis en croix, et Judas qui s'estoit pendu, et ne parloient riens ceux qui ce faisoient, mais le monstrerent par jeu de mystere, et furent les manieres bonnes et bien jouées, et vivement compassionnées et moult piteuses, Monstrelet, t. II, p. 147. Au carrefour de la grande eglise y avoit un cerf volant bien vivement portrait, le quel portoit à son col une couronne, et s'agenouilla devant le roy par mystere, quand il passa par là pour aller à l'eglise, Berry, Chron. de 1402 à 1461, p. 447, dans LACURNE. Les dames de Romme firent coupper leurs blons cheveulx… et consentirent leur plus chier et naturel ornement estre converti en rude mystere [emploi, engin], Chartier, Quadril. invectif.

XVIe s. Y a il quelque si grand mystere en la coiffure d'une femme, que ce soit un grand crime de sortir en la rue nue teste ? Calvin, Instit. 969. Tout mystere d'amour merite estre caché, Desportes, Élégies, II, 1. La saisie cessera, et jouyra des choses acquises comme il faisoit par avant, sans autre mystere de justice, Coustum. génér. t. II, p. 552. Nous mena dans le trou du fossé pour en estre à couvert, et n'y fusmes pas plus tost que la mine joua son violent mystere contre les nostres, Brantôme, Capit franç. t. IV, p. 83, dans LACURNE.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

MYSTÈRE.
5Ajoutez :

Faire mystère de, dans le XVIIIe siècle, considérer comme mystérieux, difficile à comprendre, délicat à expliquer. Aristote, qui a fait un mystère de ce poëte [Homère], et qui l'a pris pour prototype de son art, Chapelain, dans Bibl. des ch. t. XXXI, p. 234. Du nom de philosophe elle fait grand mystère, Mais elle n'en est pas pour cela moins colère, Molière, Femmes sav. II, 9.

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Mystère : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « mystère » les plus populaires.

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Étymologie de « mystère »

Étymologie de mystère - Littré

Lat. mysterium, de μυστήριον, de μύστης, initié, μύειν, initier, de μυέω, serrer, fermer. Au sens de représentation scénique pieuse, Max Müller prétend que mystère n'a rien à faire avec μυστήριον, et qu'il représente ministerium, office ou service religieux ; mais ministerium a donné mestier, et non mystère. Cependant, qu'il y ait eu tendance à confondre ministerium et mysterium, cela est incontestable par l'historique.

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Étymologie de mystère - Wiktionnaire

(XIIe siècle) Du latin mysterium (« mystère »), lui-même du grec ancien μυστήριον, mustêrion, de μύστης, mústês (« initié »), de μυέω, muéô (« initier »), de μύω, múô (« fermer »). (XIIe siècle) mistere.
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Phonétique du mot « mystère »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
mystère miztɛr play_arrow

Citations contenant le mot « mystère »

  • Le mystère perdure ce mercredi matin à Lunel, après des coups de feu tirés mardi à 22h, au coeur de la cité de la Roquette. Sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on entend les détonations et des habitants qui crient, courant dans tous les sens pour se mettre à l’abri. , Vidéo. Mystère à Lunel : des coups de feu nocturnes tirés au coeur d'une cité | Métropolitain
  • Vous voulez jouer ? Chaque semaine, devinez l’artisan, le producteur, le commerçant, l’entrepreneur ou le lieu de culture ou de loisirs… du département qui se cache derrière la photo mystère publiée dans votre hebdomadaire Le Bonhomme Picard ou l’Observateur de Beauvais.  , Jeu-Concours « Les Mystères de l’Oise », semaine 5 : Un savoir-faire ancestral… | Le Bonhomme Picard
  • Seul Dieu peut nous introduire dans le mystère de Dieu. De Jean Daniélou / La trinité et le mystère de l'existence
  • Gardez le mystère, il vous gardera. De Salomon / Ode
  • Ne dépouillez pas la femme de son mystère. De Friedrich Nietzsche
  • La vie est mystère Perce-le.
  • La mort fut le premier mystère ; elle mit l'homme sur la voie des autres mystères. Elle éleva sa pensée du visible à l'invisible, du passager à l'éternel, de l'humain au divin. De Denis Fustel de Coulanges / La cité antique
  • Le peu de clarté qu'il y a dans le mystère qui nous entoure vient de nous-mêmes : c'est une fausse clarté. Jamais le mystère ne nous a montré de la sienne propre. De Jules Renard / Journal 1893 - 1898
  • Demain est un mystère, pour tout le monde, et ce mystère doit provoquer le rire et l’envie, pas la peur ou le refus. De Marc Levy / Et si c’était vrai...
  • Au mystère de la question "Qui est à l'origine de l'univers", les religions répondent par un mystère plus insoutenable encore : Dieu... De Romano Celli / Petites Miettes de Dieu
  • Je plains ceux pour qui il n'y a pas de mystère : ils n'ont de mystère pour personne ; et aussi peu de vie, à proportion. De André Suarès / Trois hommes
  • Le seul mystère, c'est qu'il y ait des gens pour penser au mystère. De Fernando Pessoa / Le Gardeur de troupeaux et autres poèmes
  • Toute mort est un mystère parce que toute vie est un mystère. De Jean d'Ormesson / Voyez comme on danse
  • L'homme porte le mystère de la vie qui porte le mystère du monde. De Edgar Morin
  • Le mystère divin et le mystère humain ne sont qu'un mystère ; en Dieu se garde la mystique de l'homme et dans l'homme le secret de Dieu. De Nicolas Berdiaev / Le Sens de l'acte créateur
  • Tout mystère vrai exclut de lui-même les profanes. Quiconque le comprend est de lui-même, et à bon droit, initié. Friedrich, baron von Hardenberg, dit Novalis, Foi et amour Glauben und Liebe
  • Toutes les choses ont leur mystère, et la poésie, c'est le mystère de toutes les choses. Federico García Lorca, Al habla con F. García Lorca, 1936
  • La plus belle chose que nous puissions éprouver, c'est le mystère des choses. Albert Einstein, Comment je vois le monde Mein Weltbild
  • Les eaux dérobées sont douces et savoureux le pain du mystère. , Ancien Testament, Livre des Proverbes IX, 17
  • Pourquoi compliquer de mystère ce qui n'est que la vie ? Jules Roy, La Bataille dans la rizière, Gallimard
  • Il faut être très poli avec les puissances mystérieuses. Romain Rolland, Correspondance, Lettre à Cosette Padoux, 1908 , Albin Michel
  • Il est bien vrai que les gens gagnent à être connus. Ils y gagnent en mystère. Jean Paulhan, Entretien sur des faits divers, Gallimard
  • La vie est un mystère, et non pas un délire. Alphonse de Prât de Lamartine, Nouvelles Méditations, À M. de Musset
  • Quand les mystères sont très malins, ils se cachent dans la lumière. Jean Giono, Ennemonde, Gallimard
  • Chaque fois que l'aube paraît, le mystère est là tout entier. René Daumal, Poésie noire et poésie blanche, Gallimard
  • La mort, mystère inexplicable, dont une expérience journalière paraît n'avoir pas encore convaincu les hommes […]. Benjamin Constant de Rebecque, Adolphe
  • Le mystère est une position trop favorable pour qu'un esprit bien élevé s'y maintienne. Jean Cocteau, Le Rappel à l'ordre, Stock
  • Puisque ces mystères me dépassent, feignons d'en être l'organisateur. Jean Cocteau, Les Mariés de la tour Eiffel, Gallimard
  • Tout problème profane un mystère ; à son tour, le problème est profané par sa solution. Émile Michel Cioran, Syllogismes de l'amertume, Gallimard
  • L'homme est prêt à croire à tout, pourvu qu'on le lui dise avec mystère. Qui veut être cru, doit parler bas. Malcolm de Chazal, Sens plastique, Gallimard
  • De la foi des chrétiens les mystères terribles D'ornements égayés ne sont pas susceptibles. Nicolas Boileau dit Boileau-Despréaux, L'Art poétique
  • La banalité est faite d'un mystère qui n'a pas jugé utile de se dénoncer. Maurice Blanchot, Faux Pas, Gallimard
  • Laissons ses secrets à l'amour Et ses mystères à la femme ! Joseph Autran, Les Poèmes de la mer, Michel Lévy
  • Mon âme a son secret, ma vie a son mystère. Félix Arvers, Mes heures perdues

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Traductions du mot « mystère »

Langue Traduction
Corse misteru
Basque misterio
Japonais 神秘
Russe тайна
Portugais mistério
Arabe لغز
Chinois 神秘
Allemand geheimnis
Italien mistero
Espagnol misterio
Anglais mystery
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Synonymes de « mystère »

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Antonymes de « mystère »


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