La langue française

Ministre

Définitions du mot « ministre »

Trésor de la Langue Française informatisé

MINISTRE, subst. masc.

A. − Vieilli. Celui qui est chargé de remplir une fonction, un office, d'exécuter une tâche pour le service de quelqu'un, d'accomplir le dessein d'autrui. S'il [le pouvoir] néglige de légitimer sa puissance, en l'employant à faire régner les lois naturelles ou divines des sociétés, il cesse d'être le ministre de la bonté de Dieu sur les hommes, et il n'est plus que l'instrument de sa justice (Bonald,Législ. primit., t.1, 1802, p.147).Ma visite fut un trait de lumière pour la comtesse qui voulut voir en moi le ministre des vengeances du comte (Balzac,Gobseck, 1830, p.427).Un officier accourut élevant un papier au-dessus de sa tête: Arrête! cria-t-il au bourreau. L'officier s'approcha, monta sur l'échafaud, et remit une cédule impériale aux ministres de la justice (Mérimée, Faux Démétrius, 1853, p.196):
1. ... ces mots [Chirurgie, Chirurgiens] sonnent bien différemment aux oreilles selon les heures (...). Tantôt c'est une science, un art, une profession qu'ils signifient à l'esprit. Mais tantôt c'est le pathétique le plus intense qui s'y attache. Vous êtes les ministres les plus entreprenants de la volonté de vivre. Mais aussi vous faites trembler. Valéry,Variété V, 1944, p.44.
RELIG. Prêtre d'une religion, considéré comme intermédiaire entre la divinité et les croyants et chargé de célébrer le culte divin. Ministre du culte. Dieu a établi Mahomet son ministre sur la terre; il lui a livré le monde pour soumettre par le sabre celui qui refuse de croire à sa loi (Volney,Ruines, 1791, p.167).Les prêtres sont, à proprement parler, les ministres de la Providence, interprètes tour à tour de ses volontés vis-à-vis de nous et de ses désirs auprès d'elle (J. Simon,Relig. natur., 1856, p.353).Dans chaque commune, les établissements sont placés sous le contrôle du maire, mais aussi des ministres du culte (curé, pasteur ou rabbin) (Encyclop. éduc., 1960, p.21).
RELIG. CATH. Prêtre, religieux chargé des fonctions sacerdotales, de célébrer le culte, de propager la foi, d'administrer les sacrements, de remplir une fonction à titre de serviteur du Christ et de l'Église. Ministres des autels. L'Église dont je suis le ministre (Dupanloup,Journal, 1876, p.45).Il [le curé de Lourdes] se prit à croire aveuglément en elle [Bernadette] (...). Pourquoi écarter le miracle... ? Ce n'était pas à un ministre de la religion, si prudent fût-il, qu'il appartenait de faire l'esprit fort, lorsque des populations entières s'agenouillaient (Zola,Lourdes, 1894, p.35):
2. Le ministre de Dieu, qui t'attend au confessionnal, ne te demande, lui, que quelques larmes pour laver toutes les souillures de ton âme; car il tient son pouvoir du Maître de la bonté infinie, qui, sur le Calvaire, pardonnait au larron repenti et lui ouvrait, par surcroît, le splendide chemin du Paradis et de la vie éternelle. Coppée,Bonne souffr., 1898, p.189.
SYNT. Ministre de Jésus-Christ, de l'Évangile, de la parole de Dieu; ministre de la religion; ministre de l'Église.
Absol. L'héritier d'un petit patrimoine, un ministre de campagne, un rentier tranquille peuvent calculer ce qu'ils ont (Senancour,Obermann, t.2, 1840, p.107):
3. ... je tenais les curés pour des bêtes curieuses; bien qu'ils fussent les ministres de ma confession, ils m'étaient plus étrangers que les pasteurs, à cause de leur robe et du célibat. Sartre,Mots, 1964, p.82.
RELIG. RÉFORMÉE et PROTESTANTE. Ministre (du Saint Évangile), (de la parole de Dieu). Celui qui fait le prêche et est chargé des fonctions relatives au culte. Ministre calviniste, anglican. [Le] docteur Young, ministre de l'Église anglicane, dont la fille mourut à Montpellier (Crèvecoeur,Voyage, t.2, 1801, p.281).L'un de ces hommes (...) portait l'habit noir et la chevelure ronde des ministres luthériens (Hugo,Han d'Isl., 1823, p.147):
4. Cela seulement, et les allées et venues de trois ministres protestants, reconnaissables à la longue redingote noire, au petit collet blanc (...) valait-il la peine d'avoir quitté le délicieux Paris d'été...? Bourget,Ét. angl., 1888, p.114.
B. − Homme d'État chargé d'administrer les affaires publiques. Les ministres sont toujours Sully et Colbert (Chateaubr.,Mém., t.3, 1848, p.285).V. ministériel ex. 3.
1. HIST. Sous l'Ancien Régime, délégué de l'autorité royale chargé par le roi du gouvernement du pays. Synon. principal* ministre:
5. Les inimitiés de collége sont les plus durables et les plus envenimées. Richelieu, devenu cardinal et ministre, fit brûler vif, comme sorcier, Urbain Grandier, pour lui avoir disputé une thèse dans sa licence de Sorbonne. Bern. de St-P.,Harm. nat., 1814, p.309.
2. Mod. Personnalité choisie par le chef du gouvernement pour être membre du gouvernement, administrer les affaires de l'État à la tête d'un ministère en étant responsable ou non devant le Parlement selon que le régime est parlementaire, présidentiel ou conventionnel. Ministre de l'Éducation Nationale, de la Marine, de la Guerre, des Affaires Étrangères, des Finances. V. ministère ex. 10, ministériel ex. 3:
6. Il se peut que (...) la bourgeoisie d'Italie, d'Allemagne, de Belgique, soit conduite à étendre les droits constitutionnels du peuple, à revendiquer la plénitude du suffrage universel, la vérité du régime parlementaire, la responsabilité des ministres devant le Parlement. Jaurès,Ét. soc., 1901, p.XXXII.
Rem. On dit Madame le Ministre à une femme ministre, et Monsieur le Ministre à un secrétaire d'État.
Conseil des ministres. Séance périodiquement tenue par l'ensemble des ministres se réunissant sous la présidence du chef du gouvernement sous les iiieet iveRépubliques, et du chef de l'État depuis 1958. (Ds Ac. 1935, Lar. Lang. fr.).
Ministre d'État, ministre sans portefeuille. Avant 1958, ministre sans portefeuille appelé à siéger au gouvernement en raison de sa personnalité propre ou d'un dosage politique au sein de l'exécutif, mais qui n'est pas placé à la tête d'un département ministériel et qui, sous la Restauration, l'Empire et la iiieRépublique, était plus particulièrement chargé des rapports du gouvernement avec les Chambres. Tout était pris, même la présidence de la Cour des comptes, et les ministres d'État n'étaient point encore imaginés (Reybaud,J.Paturot, 1842, p.387).Le titre de «ministre d'État» revêt un caractère honorifique; il peut s'appliquer en particulier aux ministres détenant leurs attributions de délégations du chef du gouvernement (Belorgey,Gouvern. et admin. Fr., 1967, p.86):
7. Madame de Montcalm m'avait dit de la part de son frère qu'il n'y avait plus de ministère vacant; mais que si mes deux amis voulaient entrer au conseil comme ministres d'État sans portefeuille, le Roi en serait charmé, promettant mieux pour la suite. Chateaubr.,Mém., t.3, 1848, p.43.
Premier ministre. Chef de gouvernement; sous la Constitution de 1958, celui qui, nommé par le Président de la République, est chargé de constituer le gouvernement dont il est le chef et qui à ce titre possède la direction générale des affaires de l'État. Synon. (sous les iiieet iveRépubliques) Président* du Conseil:
8. Un premier ministre n'a pas des collègues; il a des commis. Toutes les affaires importantes il les évoque, les accapare, les décide sans les ministres spéciaux, quelquefois contre les ministres spéciaux. On voudrait se révolter; on ne le peut pas: la vie du cabinet dépend de la parole, du talent, de l'influence de ce chef de file... Reybaud,J. Paturot, 1842, p.385.
P. métaph. Nanon, laquelle en sa qualité de premier ministre de Grandet prenait parfois une importance énorme aux yeux d'Eugénie et de sa mère (Balzac,E. Grandet, 1834, p.85).
Région. (Canada). Sous*-ministre.
Vice*-ministre.
C. − DR. INTERNAT. Agent diplomatique de haut rang. Vous avez assurément de belles connaissances à Athènes? − Je connais le ministre d'Angleterre (About,Roi mont., 1857, p.100).Le 5 juin, j'ai remis au ministre des États-Unis au Caire une note destinée à son gouvernement (De Gaulle,Mém. guerre, 1954, p.421).
Ministre plénipotentiaire. Agent diplomatique de rang immédiatement inférieur à celui d'ambassadeur, qui représente, muni des pleins pouvoirs, son gouvernement auprès d'un gouvernement étranger et dirige la légation dans les pays où n'existe pas d'ambassade. Alfred: (...) je suis nommé, à compter d'aujourd'hui, je crois, ministre plénipotentiaire à Bade (Dumas père, Angèle, 1834, iii, 1, p.158):
9. ... le marquis de Norpois (...) avait été ministre plénipotentiaire avant la guerre et ambassadeur au seize mai, et, malgré cela, au grand étonnement de beaucoup, chargé plusieurs fois, depuis, de représenter la France dans des missions extraordinaires... Proust,J. filles en fleurs, 1918, p.434.
Ministre résident. Agent diplomatique de rang inférieur à celui de ministre plénipotentiaire. Entre catégories d'agents, selon un classement descendant des ambassadeurs ou légats pontificaux aux ministres plénipotentiaires, puis aux ministres résidents et enfin aux chargés d'affaires (Chazelle,Diplom., 1962, 25).
REM. 1.
Ministraille, subst. fém.,péj. Ensemble des ministres. Jean-Jacques (...) croyait triompher: la «ministraille» allait faire naufrage, Voltaire aussi, qui, bien entendu, était, à ses yeux, le responsable de toutes ces misères (Guéhenno,Jean-Jacques, 1952, p.171).
2.
-ministre, 2eélém. de compos.a)
Bureau(-)ministre,(Bureau ministre, Bureau-ministre) subst. masc.Bureau de grande taille à deux séries de tiroirs latéraux. Elle commença ainsi son histoire: Ma première habitation fut sous un bureau ministre, entre les tiroirs qui descendaient jusqu'à terre (Barrès,Enn. Lois, 1893, p.140).Un grand bureau-ministre surchargé de paperasses (Courteline,Gend. sans pitié, 1899, 1, p.143).Par une fantaisie subite, elle s'étendit sur le parquet, (...). Elle voyait ainsi le dessous d'un bureau ministre, les pieds contournés de ce meuble élégant (Green,Malfaiteur, 1955, p.230).
b)
Papier(-)ministre,(Papier ministre, Papier-ministre) subst. masc.Papier de format spécial, mesurant quarante-quatre centimètres de long sur trente-trois centimètres de large, de très belle qualité. Envoyez-moi deux ou trois feuilles de papier ministre, à pétition, avec enveloppe ad hoc (Sand,Corresp., t.4, 1861, p.248).[Le sous-préfet] ouvre sur ses genoux sa grande serviette de chagrin gaufré et en tire une large feuille de papier ministre (A. Daudet, Lettres moulin, 1869, p.133).Il écrivit quelques lignes sur du papier ministre, mit sa lettre dans une enveloppe ministre et suscrivit (Verlaine, Œuvres posth., t.1, Hist. comme ça, 1896, p.359).Le papier tellière ou papier ministre est ainsi nommé parce qu'il fut fabriqué la première fois pour les bureaux de Letellier, ministre de Louis XIV, et employé pour l'impression des circulaires et autres imprimés des grands bureaux (E. Leclerc,Nouv. manuel typogr., 1932, p.550).
3.
Ministre(-),(Ministre , Ministre-) (-)ministre,(ministre, -ministre) élém. de compos.Élément entrant dans la constr. de subst. masc., l'autre élém. étant un subst. évoquant une autre fonction institutionnelle et le composé signifiant que la personne considérée est à la fois ministre et ce que l'autre élém. signifie. Député-ministre. Quels furent les derniers sénateurs ministres pendant cette sombre Ve? Pisani, Faure. Ah, ce cher Edgar! (Le Nouvel Observateur, 19 mai 1969, p.19, col.1).Les immeubles collectifs réalisés sous l'impulsion de Jean Royer, le ministre-maire de la ville (Le Point, 22 oct. 1973, p.97, col. 2).
4.
Ministre, subst. masc.,ornith. Synon. de passerine bleue (v. passerine B).Le Ministre (...) Cet oiseau, appelé Veuve bleue ou Linotte bleue, vit en Amérique du Nord (...). Le Ministre mâle a un plumage brillant, bleu clair, nuancé de vert. Le cou et la tête sont plus sombres, les ailes brunes également bordées de bleu; les pattes brun clair (Ph. de Wailly, L'Amateur des oiseaux de cage et de volière, Paris, J.-B. Baillière et fils, 1964, p.213).
Prononc. et Orth.: [ministʀ ̭]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1remoitié xiies. «celui qui accomplit une tâche au service de quelqu'un» (Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, 103, 5); 2.1174-76 «celui qui est au service du roi, en détient quelque chose» (Guernes de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, éd. E. Walberg, 2432); d'où a) 1509 «conseiller d'un souverain» (Lemaire de Belges, Légende des Vénitiens, éd. J. Stecher, t.3, p.400); 1611 ministres du Roy (Cotgr.); 1671 ministre d'État (Pomey); 1861 papier ministre (Sand, loc. cit.); b) 1683 «envoyé d'un gouvernement auprès d'un gouvernement étranger» (Bossuet, Marie-Thérèse d'Autriche, éd. J. Truchet, p.216); 1834 ministre plénipotentiaire (Dumas père, loc. cit.). 3. 1174-76 «celui qui est au service de Dieu» (Guernes de Pont-Ste-Maxence, op. cit., 5483); ca 1250 menistre «celui qui a la charge du culte divin» (Règle cistercienne, 416 ds T.-L.); spéc. dans la relig. protestante 1527 ministre de l'Évangile (Herminjard, II, p.59 d'apr. W. Richard ds Romanica Helvetica t.57, p.118); 1536 ministre (Piaget, p.288, ibid.). Empr. au lat. minister, -tri, formé d'apr. magister auquel il s'oppose, «serviteur/maître» (v. Ern.-Meillet), «serviteur, domestique», «serviteur (d'un dieu)», «instrument, agent», «intermédiaire», lat. chrét. au plur. «serviteurs de Dieu (des anges)» (début ives. ds Blaise Lat. chrét.), «serviteurs de Dieu, de la religion» (fin ives., ibid.), également att. en lat. tardif «dignitaire du palais royal» (663 ds Nierm.), «officier public» (viiie-ixes. ds St. Scoones, Les Noms de quelques officiers féodaux, p.132, note 8). Fréq. abs. littér.: 8959. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 20137, b) 8375; xxes.: a) 11266, b)9653.
DÉR.
Ministresse, subst. fém.,fam. Épouse de ministre. Il répond quelquefois aux épigrammes de son ministre, et la ministresse l'admire (Stendhal,L. Leuwen, t.2, 1836, p.303).Pas plus tard qu'il y a huit jours je mets sur Lohengrin la ministresse de l'Instruction Publique. Elle me répond: «Lohengrin? Ah! oui, la dernière revue des Folies-Bergères, il paraît que c'est tordant» (Proust,J. filles en fleurs, 1918, p.605).[ministʀ εs]. 1resattest. a) ca 1380 «servante» (Jehan des Preis, Geste de Liege, 20424 d'apr. A. Scheler, Glossaire philologique ds Mém. de l'Ac. royale des sciences, t.44, p.201), 1660 (Oudin Fr.-Esp.), b)1619 «femme d'un ministre protestant» ([F. Garasse], Le Rabelais reformé par les ministres, 205 ds Quem. DDL t.20), att. chez cet aut., puis 1782 «femme de ministre» ([B. de Guemadeuc], L'Espion dévalisé, 62-63 ds Quem. DDL t.26); de ministre, suff. -esse*.
BBG. Mack. t.1 1939, p.68. _ Quem. DDL t.1, 5 (s.v. ministresse); 11. _ Richard (W.) 1959, p.92, 111; pp.116-119; p.123, 126, 248.

Ministre, subst. masc.,ornith. Synon. de passerine bleue (v. passerine B).Le Ministre (...) Cet oiseau, appelé Veuve bleue ou Linotte bleue, vit en Amérique du Nord (...). Le Ministre mâle a un plumage brillant, bleu clair, nuancé de vert. Le cou et la tête sont plus sombres, les ailes brunes également bordées de bleu; les pattes brun clair (Ph. de Wailly, L'Amateur des oiseaux de cage et de volière, Paris, J.-B. Baillière et fils, 1964, p.213).

Wiktionnaire

Nom commun

ministre \mi.nistʁ\ masculin et féminin identiques [1]

  1. (Vieilli) Personne chargée de remplir une fonction pour le compte d’autrui.
    • Ma visite fut un trait de lumière pour la comtesse qui voulut voir en moi le ministre des vengeances du comte — (Balzac, Gobseck)
  2. (En particulier) (Religion) Membre du clergé, pasteur luthérien.
    • Je ne suis pas non plus du nombre de ceux qui jugent que, pour relever la religion aux yeux des peuples, et mettre en honneur le spiritualisme qu'elle professe, il est bon d'accorder indirectement à ses ministres une influence politique […]. Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, vol.2, 1850, p.164
    • Les farouches Vendéens, excités par la voix de leurs prêtres, par les discours des ministres du Dieu de miséricorde, égorgeaient, brûlaient vifs, enterraient vivants les républicains qui tombaient entre leurs mains. — (Alfred Barbou, Les Trois Républiques françaises, A. Duquesne, 1879)
  3. (En particulier) Agent diplomatique représentant le gouvernement auprès des gouvernements étrangers qui comportent non une ambassade, mais une légation.
    • Les auteurs du manifeste en prirent occasion d’attaquer M. Poinsett, ministre des États-Unis à Mexico, qu’ils représentèrent comme un agent habile et hypocrite, […]. — (Anonyme, Mexique.- Situation des partis, Revue des Deux Mondes, 1829, tome 1)
    • Et la pauvre femme qui travaille pour m’obtenir le cordon de commandeur de la Légion et le poste de ministre auprès du grand-duc de Bade ! — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Après le diner M. B., le ministre plénipotentiaire honoraire, me pris à part pour me consulter sur la possibilité de faire un détour pour éviter « cette Moulouya ». — (Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, p. 268)
  4. (Politique) Membre de premier rang d’un gouvernement.
    • Enguerrand de Marigny, le ministre des finances qui avait inspiré à Philippe le Bel sa politique d'altération des monnaies, fut pendu au gibet de Montfaucon. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • À la fin de 1874 seulement nous nous fixons à Paris quand mon père est devenu ministre des Travaux publics. — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires: (I) Ma jeunesse orgueilleuse. -1942)
    • Cette feuille ne craignait pas de dire ce qu'elle pensait, même aux personnages les plus hauts placés. Dans le n° 29 du 30 juin 1793, elle jugeait vertement le général Alexandre Beauharnais , qui venait d'être nommé ministre de la Guerre. — (Fernand Mitton, La Presse française, vol.2 : sous la Révolution, le Consulat, l'Empire, Paris : chez Guy Le Prat, 1945, page 172)
    • Empêcher la vie des gens et leur plaisir devrait-il être permis ? De quoi se mêle un ministre ? De quel droit, avec quelle permission ? — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Du temps qu'il était ministre, […], quel non initié eût imaginé que Ferry était le salonard écervelé que l'on découvre aujourd'hui ? — (Daniel Schneidermann, Chirac, Ferry, à l'abri des regards, dans Libération (journal) du 20 juin 2011)
    • Le ministre des Sports, qui est enceinte, n'a pu sauter en parachute comme prévu. — (Bernard Cerquiglini, Le Ministre est enceinte, Paris : Le Seuil, 2018, citant Le Monde, 16 octobre 1992)
    • La ministre de l’Écologie Delphine Batho a annoncé, lors de sa visite à l’entreprise MPO, en Mayenne, le 7 janvier, une série de mesures destinées à aider la filière photovoltaïque. — (Camille Chandès, Photovoltaïque : Le Made in Europe encouragé, dans L'Usine nouvelle, n°3313, 10 janvier 2013)
  5. Petit oiseau de la famille des Emberizidés que l'on trouve sur le continent américain, aussi appelé passerin indigo (Passerina cyanea).

Adjectif

ministre \mi.nistʁ\ masculin et féminin identiques

  1. Identique à celle utilisé par un ministre.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MINISTRE. n. m.
Celui qui exerce un ministère religieux. Les ministres de Dieu, de la parole de Dieu, de JÉSUS-CHRIST, de l'Évangile, de la religion. Les ministres des autels. Dans la religion luthérienne et calviniste, Ministre du saint Évangile ou de la parole de Dieu, ou absolument Ministre, Celui qui est chargé de tout ce qui concerne le culte. Il désignait autrefois, dans un sens général, Celui dont on se servait pour l'exécution de quelque chose. On dit encore Être le ministre des passions, des volontés, des vengeances d'autrui.

MINISTRE se dit aussi de Ceux qui sont chargés d'administrer les affaires d'un État. Il a été ministre de la Justice, de l'Intérieur, de la Guerre, de la Marine, des Finances, des Affaires étrangères. Conseil des ministres, Ensemble des ministres qui se réunissent pour délibérer sur les affaires publiques et Séance tenue par ces ministres. Convoquer le Conseil des ministres. Le chef de l'État préside le Conseil des ministres. Mesure délibérée en Conseil des ministres. Au dernier Conseil des ministres, il a été décidé... Premier ministre s'est dit autrefois du Personnage exerçant les fonctions de chef du ministère et désigne encore aujourd'hui le Président du Conseil. Ministres sans portefeuille, Ministres qui n'ont pas de département et qui ne sont appelés que pour le Conseil. Ministre d'État se dit d'un Ministre sans portefeuille, n'ayant pas de département administratif et faisant partie du Conseil des ministres. Par apposition, Bureau ministre, papier ministre.

MINISTRE se dit aussi des Agents diplomatiques représentant leur gouvernement auprès des gouvernements étrangers qui comportent non une ambassade, mais une légation. Le ministre de France à Athènes. Le ministre de Grèce à Paris. Ministre plénipotentiaire, Agent diplomatique de la seconde classe, venant après les ambassadeurs.

Littré (1872-1877)

MINISTRE (mi-ni-str') s. m.
  • 1Celui qui est chargé d'une fonction, d'un office ; celui dont on se sert pour l'exécution de quelque chose. Voici ce qu'elle écrit au ministre de ses charités, Bossuet, Anne de Gonz. Un théologien enseigné de Dieu, un prédicateur apostolique, ministre, non de la lettre, mais de l'esprit de l'Évangile, Bossuet, Bourgoing. Quels égards n'avait-elle pas pour les prêtres de Jésus-Christ, qu'elle considérait comme les ministres de la loi et les dispensateurs de son sang et de sa parole ? Fléchier, Dauphine. Ces valets, autour d'eux étendus, De leur sacré repos ministres assidus, Boileau, Lutr. IV. Des vengeances des rois ministre rigoureux, Racine, Athal. II, 5. Vous, ministre de paix, dans ces temps de colère, Racine, ib. II, 5. Hé bien ! que nous fait-elle annoncer de sinistre ? Quel sera l'ordre affreux qu'apporte un tel ministre ? Racine, ib. III, 5. Un ministre public, établi pour les hommes auprès de Dieu, qui prie par office, Massillon, Confér. Excell. du sacerdoce. Un prêtre fervent est à l'autel le ministre de toutes les grâces répandues sur le corps de l'Église, Massillon, ib. On dit que dans ce trouble on voit les Euménides… Ministres des arrêts prononcés par le sort, Marcher autour d'Oreste, en appelant la mort, Voltaire, Oreste, V, 8. Vous, ministre d'un dieu de paix et de douceur, Voltaire, Olymp. V, 3.

    Fig. Nous gémissons quand on lie nos mains, et nous portons sans peine ces fers invisibles dans lesquels nos cœurs sont enchaînés ; nous crions qu'on nous violente quand on enchaîne les ministres, les membres qui exécutent, et nous ne soupirons pas quand on captive la maîtresse même, la raison et la volonté qui commande, Bossuet, Sermons, Ambition, 1. Ministre industrieux des lois de la nature, [le jardinier] Émonde les rameaux de la séve affamés, Voltaire, Loi naturelle, 4.

    Poétiquement. Le ministre de la mort, quiconque est chargé de la donner, et parfois le bourreau. Ministres de la mort, suspendez la vengeance, Voltaire, Tancr. III, 6.

    Fig. Les ministres de la mort, ce qui cause la mort. Essuyant les dangers Des pirates, des vents, du calme et des rochers, Ministres de la mort, La Fontaine, Fabl. VII, 12. Les langueurs, les tourments, ministres de la mort, T'avaient déclaré la guerre, Voltaire, Lett. roi de Pr. déc. 1758.

  • 2Les ministres du Seigneur, les ministres saints, les ministres de Jésus-Christ, de l'Évangile, de la religion, de la parole de Dieu, les ministres des autels, les prêtres. Quoique pécheur, je ne laisse pas d'être le ministre légitime de la parole de Dieu, Bourdaloue, Dim. de la Sexagés. Dominic. t. I, p. 319. Suffira-t-il contre eux [les soldats d'Athalie] de vos ministres saints ? Racine, Athal. I, 2. Ô vous ! sur ces enfants si chers, si précieux, Ministres du Seigneur, ayez toujours les yeux, Racine, ib. II, 7. La parole dont j'ai l'honneur d'être le ministre, Massillon, Pet. carême, Drapeaux. S'il est justice que les ministres de l'autel vivent de l'autel, il est naturel qu'ils soient entretenus par la société, tout comme les magistrats et les soldats le sont, Voltaire, Dict. phil. Droit canonique.
  • 3Chez les luthériens et les calvinistes, ministre du saint Évangile, ministre de la parole de Dieu, ou, simplement, ministre, celui qui fait le prêche.

    Ouvrir la bouche comme un ministre qui dit son premier sermon.

  • 4Se dit, chez les jésuites, d'un dignitaire qui commande en l'absence du général.

    Ministre général, titre que porte le supérieur général des cordeliers.

    Grand ministre, général de l'ordre de la Trinité.

  • 5Homme public chargé des principales fonctions du gouvernement. Île éternellement mémorable par les conférences de deux grands ministres, Bossuet, Mar.-Thér. De tous les ministres, le cardinal Mazarin, plus nécessaire et plus important, fut le seul dont le crédit se soutint, Bossuet, le Tellier. Quand l'éloignement de ce grand ministre [Mazarin] eut attiré celui de ses confidents, supérieur par cet endroit au ministre même, dont il admirait d'ailleurs les profonds conseils, nous l'avons vu retiré dans sa maison…, Bossuet, ib. Arcade eut l'Orient, et Honorius l'Occident ; tous deux gouvernés par leurs ministres, ils firent servir leur puissance à des intérêts particuliers, Bossuet, Hist. I, 11. Que d'amis, que de parents naissent en une nuit au nouveau ministre ! La Bruyère, VIII. Donnez-moi des Davids et des Pharaons, amis du peuple de Dieu, et ils pourront avoir des Nathans et des Josephs pour leurs ministres, Massillon, Carême, Sur la communion. De ces trois ministres, le duc de Buckingham passait pour être le moins ministre, il brillait comme un favori et un grand seigneur, Voltaire, Mœurs, 176. Les ministres, qui seront toujours les hommes du prince, tant que la nation n'influera pas dans le gouvernement, ont tous vendu leurs concitoyens à leur maître, Raynal, Hist. phil. XIX, 2. Encore une étoile qui file ?… Mon enfant, quel éclair sinistre ! C'était l'astre d'un favori Qui se croyait un grand ministre Quand de nos maux il avait ri, Béranger, Étoiles.

    Premier ministre, ministre qui est chargé par le prince de tout le gouvernement de l'État. Louis XIII, faible, malade, nullement instruit, incapable de travail, ne pouvant se passer de premier ministre, fut obligé de choisir entre sa mère et le cardinal, Voltaire, Hist. parl. ch. L.

    Ministres d'État, ministres sans portefeuille, ministres qui n'ont pas de département, et qui ne sont appelés que pour le conseil, ou, comme dans le second empire français, pour soutenir devant les chambres les projets du gouvernement. Que dites-vous de M. de Seignelay, ministre d'État à trente-six ans ? Sévigné, 587.

  • 6Envoyé d'un gouvernement auprès d'un gouvernement étranger. Les sages ministres des cours étrangères, qui le trouvent [Louis XIV] aussi convaincant dans ses discours que redoutable par ses armes, Bossuet, Mar.-Thér. Pensez-vous abaisser les rois dans leurs ministres ? Voltaire, Brutus, V, 2.

    Ministre plénipotentiaire, celui qui a un plein pouvoir pour traiter quelque affaire importante.

    Ministre public, personne envoyée par un souverain pour le représenter près d'un nation étrangère.

  • 7Gros-bec d'Amérique.
  • 8Ministre au féminin. Si la justice est la reine des vertus morales, elle ne doit pas paraître seule ; aussi la verrez-vous dans son trône servie et environnée de trois excellentes vertus, que nous pouvons appeler ses principales ministres, la constance, la prudence et la bonté, Bossuet, Sermons, Justice, préambule. Dois-je prendre pour juge une troupe insolente, D'un fier usurpateur ministre violente ? Racine, Théb. II, 3. C'est moi [Roxane] qui, du sien [amour] ministre trop fidèle, Semble, depuis six mois, ne veiller que pour elle, Racine, Baj. IV, 4.

    On a condamné cette locution ; mais elle paraît tout à fait admissible.

HISTORIQUE

XIIIe s. La moie ame [la mienne âme], qui vers toi s'humilie, garde de la bouche d'enfer et des enfernaus ministres, Psautier, f. 29. Ainsi ont no ministre [chefs d'ordres monastiques] cest ordre devisé [ordonné], Berte, XLV. Prions pour trestous les ministres Qui ont en eglise baillie [gouvernement], Arch. des miss. scient. 2e série, t. III, p. 299.

XIVe s. Il avoient oÿ que les pasteurs ministres du forfet estoient prins, Bercheure, f° 21, recto. Nous voulons que vous et touz noz autres officiaux et menistres…, Ord. des rois de Fr. t. I, p. 347.

XVe s. Ceste maistresse estoit vieille dame, si sçavoit assez de charmes et d'enchantemens ; et, quant elle voit sa ministre [sa pupille] ainsi plaindre, si luy demande qu'elle a, Lancelot du lac, t. II, f° 30, dans LACURNE. Le manger fut aorné par les ministres [serviteurs], Perceforest, t. V, f° 70.

XVIe s. [La nuit] Des amours et des jeux la ministre fidelle, Desportes, Amours d'Hippolyte, LXXI. Que ne suis-je l'oiseau ministre de l'orage Qui tient l'œil au soleil sans flechir nullement ? Desportes, ib. XVII. Qu'il les face les ministres de ses convoitises, les executeurs de ses vengeances, La Boétie, Servitude volontaire. Les ministres [protestants] preschoient publiquement que, s'ils [les paysans] se mettoient de leur religion, ils ne payeroient aucun devoir aux gentilshommes, ny au roy aucunes tailles, que ce qui luy seroit ordonné par eux, Montluc, Mém. V.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

MINISTRE.
7Ajoutez : S'il vous arrive de passer journellement dans un bois, vous verrez peut-être chaque jour au haut d'un arbre, sur la même branche, un ministre (fringilla cyanea) mâle chantant gaiement, Journ. offic. 24 oct. 1869, p. 1384, 6e col.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

MINISTRE, (Gramm. Hist. mod.) celui qui sert Dieu, le public, ou un particulier. Voyez Serviteur.

C’est en particulier le nom que les Prétendus Réformés donnent à ceux qui tiennent parmi eux la place de prêtres.

Les Catholiques mêmes appellent aussi quelquefois les évêques ou les prêtres, les ministres de Dieu, les ministres de la parole ou de l’Evangile. On les appelle aussi pasteurs. Voyez Evêque, Prêtre, &c.

Ministres de l’autel, sont les ecclésiastiques qui servent le célébrant à la messe ; tels sont singulierement le diacre & le sous-diacre, comme le porte leur nom ; car le mot grec διάκονος signifie à la lettre, ministre. Voyez Diacre & Sous-diacre.

Ministre, (Hist. eccl.) est aussi se titre que certains religieux donnent à quelques uns de leurs supérieurs. Voyez Supérieur.

On dit dans ce sens le ministre des Mathurins, le ministre de la Merci. Parmi les Jésuites, le ministre est le second supérieur de chaque maison ; il est en effet le ministre ou l’aide du premier supérieur, qu’on nomme le recteur. C’est ce qu’on appelle dans d’autres communautés, assistant, sous-prieur, vicaire. Le général des Cordeliers s’appelle aussi ministre général. Voyez Général.

Ministre d’état, (Droit public.) est une personne distinguée que le roi admet dans sa confiance pour l’administration des affaires de son état.

Les princes souverains ne pouvant vaquer par eux-mêmes à l’expédition de toutes les affaires de leur état, ont toujours eu des ministres dont ils ont pris les conseils, & sur lesquels ils se sont reposés de certains détails dans lesquels ils ne peuvent entrer.

Sous la premiere race de nos rois, les maires du palais, qui dans leur origine ne commandoient que dans le palais de nos rois, depuis la mort de Dagobert, accrurent considérablement leur puissance ; leur emploi, qui n’étoit d’abord que pour un tems, leur fut ensuite donné à vie ; ils le rendirent héréditaire, & devinrent les ministres de nos rois : ils commandoient aussi les armées ; c’est pourquoi ils changerent dans la suite leurs qualités de maire en celle de dux Francorum, dux & princeps, subregulus.

Sous la seconde race, la dignité de maire ayant été supprimée, la fonction de ministre fut remplie par des personnes de divers états. Fulrard, grand chancelier, étoit en même tems ministre de Pepin. Eginhard, qui étoit, à ce que l’on dit, gendre de Charlemagne, étoit son ministre, & après lui Adelbard. Hilduin le fut sous Louis le débonnaire, & Robert le fort, duc & marquis de France, comte d’Anjou, bisaieul de Hugues-Capet, tige de nos rois de la troisieme race, faisoit les fonctions de ministre sous Charles le chauve.

Il y eut encore depuis d’autres personnes qui remplirent successivement la fonction de ministres, depuis le commencement du regne de Louis le begue, l’an 877 jusqu’à la fin de la seconde race, l’an 987.

Le chancelier qu’on appelloit, sous la premiere race, grand référendaire, & sous la seconde race, tantôt grand chancelier ou archi-chancelier, & quelquefois souverain chancelier ou archi-notaire, étoit toujours le ministre du roi pour l’administration de la justice, comme il l’est encore présentement.

Sous la troisieme race, le conseil d’état fut d’abord appellé le petit conseil ou l’étroit conseil, ensuite le conseil secret ou privé, & enfin le conseil d’état & privé.

L’étroit conseil étoit composé des cinq grands officiers de la couronne ; savoir, le sénéchal ou grand-maître, le connétable, le bouteiller, le chambrier & le chancelier, lesquels étoient proprement les ministres du roi. Ils signoient tous ses chartres ; il leur adjoignoit, quand il jugeoit à propos, quelques autres personnes distinguées, comme évêques, barons ou sénateurs : ce conseil étoit pour les affaires journalieres ou les plus pressantes.

Le sénéchal ou grand sénéchal de France, qui étoit le premier officier de la couronne, étoit aussi comme le premier ministre du roi ; il avoit la surintendance de sa maison, en régloit les dépenses, soit en tems de paix ou de guerre ; il avoit aussi la conduite des troupes, & cette dignité fut reconnue pour la premiere de la couronne sous Philippe I. Il étoit ordinairement grand-maître de la maison du roi, gouverneur de ses domaines & de ses finances, rendoit la justice aux sujets du roi, & étoit au dessus des autres sénéchaux, baillifs & autres juges.

L’office de grand sénéchal ayant cessé d’être rempli depuis 1191, les choses changerent alors de face ; le conseil du roi étoit composé en 1316, de six des princes du sang, des comtes de St. Paul & de Savoie, du dauphin de Vienne, des comtes de Boulogne & de Forêts, du sire de Mercour, du connétable, des sieurs de Noyers & de Sully, des sieurs d’Harcourt, de Reinel & de Trye, des deux maréchaux de France, du sieur d’Erquery, l’archevêque de Rouen, l’évêque de saint-Malo & le chancelier ; ce qui faisoit en tout vingt-quatre personnes.

En 1350 il étoit beaucoup moins nombreux, du moins suivant le registre C. de la chambre des comptes ; il n’étoit alors composé que de cinq personnes ; savoir, le chancelier, les sieurs de Trye & de Beaucou, Chevalier, Enguerrand du petit collier, & Bernard Fermant, trésorier ; chacun de ces conseillers d’état avoit 1000 livres de gages, & le roi ne faisoit rien que par leur avis.

Dans la suite le nombre de ceux qui avoient entrée au conseil varia beaucoup, il fut tantôt augmenté & tantôt diminué. Charles IX. en 1564, le réduisit à vingt personnes : nous n’entreprendrons pas de faire ici l’énumération de tous ceux qui ont rempli la fonction de ministres sous les différens regnes, & encore moins de décrire ce qu’il y a eu de remarquable dans leur ministere ; ce détail nous meneroit trop loin, & appartient à l’histoire plutôt qu’au droit public : nous nous bornerons à expliquer ce qui concerne la fonction de ministre.

Jusqu’au tems de Philippe Auguste, le chancelier faisoit lui-même toutes les expéditions du conseil avec les notaires ou secrétaires du Roi. Frere Guerin, évêque de Senlis, ministre du roi Philippe Auguste étant devenu chancelier, abandonna aux notaires du Roi toutes les expéditions du secrétariat, & depuis ce tems les notaires du Roi faisoient tous concurremment ces sortes d’expéditions.

Mais en 1309 Philippe-le-Bel ordonna qu’il y auroit près de sa personne trois clercs du secret, c’est-à-dire pour les expéditions du conseil secret, ce que l’on a depuis appellé dépêches ; ces clercs furent choisis parmi les notaires ou secrétaires de la grande chancellerie ; on les appella clercs du secret, sans doute parce qu’ils expédioient les lettres qui étoient scellées du scel du secret, qui étoit celui que portoit le chambellan.

Ces clercs du secret prirent en 1343 le titre de secrétaires des finances, & en 1547 ils furent créés en titre d’office au nombre de quatre sous le titre de secrétaires d’état qu’ils ont toujours retenu depuis.

Ces officiers, dont les fonctions sont extrèmement importantes, comme on le dira plus particulierement au mot Secrétaire d’état, participent tous nécessairement au ministere par la nature de leurs fonctions, même pour ceux qui ne seroient point honorés du titre de ministre d’état comme ils le sont la plûpart au bout d’un certain tems, c’est pourquoi nous avons cru ne pouvoir nous dispenser d’en faire ici mention en parlant de tous les ministres du Roi en général.

L’établissement des clercs du secret, dont l’emploi n’étoit pas d’abord aussi considérable qu’il le devint dans la suite, n’empêcha pas que nos rois n’eussent toujours des ministres pour les soulager dans l’administration de leur état.

Ce fut en cette qualité que Charles de Valois, fils de Philippe le Hardi, & oncle du roi Louis X. dit Hutin, eut toute l’autorité quoique le roi fût majeur. Il est encore fait mention de plusieurs autres ministres, tant depuis l’établissement des secrétaires des finances, que depuis leur érection sous le titre de secrétaires d’état.

Mais la distinction des ministres d’état d’avec les autres personnes qui ont le titre de ministre du roi, ou qui ont quelque part au ministere, n’a pû commencer que lorsque le conseil du roi fut distribué en plusieurs séances ou départemens ; ce qui arriva pour la premiere fois sous Louis XI. lequel divisa son conseil en trois départemens, un pour la guerre & les affaires d’état, un autre pour la finance, & le troisieme pour la justice. Cet arrangement subsista jusqu’en 1526 que ces trois conseils ou départemens furent réunis en un. Henri II. en forma deux, dont le conseil d’état ou des affaires étrangeres étoit le premier ; & sous Louis XIII. il y avoit cinq départemens, comme encore à présent.

On n’entend donc par ministres d’état que ceux qui ont entrée au conseil d’état ou des affaires étrangeres, & en présence desquels le secrétaire d’état qui a le département des affaires étrangeres, rend compte au roi de celles qui se présentent.

On les appelle en latin regni administer, & en françois dans leurs qualités on leur donne le titre d’excellence

Le roi a coûtume de choisir les personnes les plus distinguées & les plus expérimentées de son royaume pour remplir la fonction de ministre d’état : le nombre n’en est pas limité, mais communément il n’est que de sept ou huit personnes.

Le choix du roi imprime à ceux qui assistent au conseil d’état le titre de ministre d’état, lequel s’acquiert par le seul fait & sans commission ni patentes, c’est-à-dire par l’honneur que le roi fait à celui qu’il y appelle de l’envoyer avertir de s’y trouver, & ce titre honorable ne se perd point, quand même on cesseroit d’être appellé au conseil.

Le secrétaire d’état ayant le département des affaires étrangeres est ministre né, attendu que sa fonction l’appelle nécessairement au conseil d’état ou des affaires étrangeres : on l’appelle ordinairement le ministre des affaires étrangeres.

Les autres secrétaires d’état n’ont la qualité de ministres que quand ils sont appellés au conseil d’état ; alors le secrétaire d’état qui a le département de la guerre, prend le titre de ministre de la guerre ; celui qui a le département de la marine, prend le titre de ministre de la marine.

On donne aussi quelquefois au contrôleur général le titre de ministre des finances, mais le titre de ministre d’état ne lui appartient que lorsqu’il est appellé au conseil d’état.

Tous ceux qui sont ministres d’état, comme étant du conseil des affaires étrangeres, ont aussi entrée & séance au conseil des dépêches dans lequel il se trouve aussi quelques autres personnes qui n’ont pas le titre de ministre d’état.

Ce titre de ministre d’état ne donne dans le conseil d’état & dans celui des dépêches, d’autre rang que celui que l’on a d’ailleurs, soit par l’ancienneté aux autres séances ou départemens du conseil du roi, soit par la dignité dont on est revétu lorsqu’on y prend séance.

Les ministres ont l’honneur d’être assis en présence du roi pendant la séance du conseil d’état & de celui des dépêches, & ils opinent de même sur les affaires qui y sont rapportées.

Le roi établit quelquefois un premier ou principal ministre d’état. Cette fonction a été plusieurs fois remplie par des princes du sang & par des cardinaux.

Les ministres d’état donnent en leur hôtel des audiences où ils reçoivent les placets & mémoires qui leur sont présentés.

Les ministres ont le droit de faire contre-signer de leur nom ou du titre de leur dignité toutes les lettres qu’ils écrivent ; ce contre-seing se met sur l’enveloppe de la lettre.

Les devoirs des princes, sur-tout de ceux qui commandent à de vastes états, sont si étendus & si compliqués, que les plus grandes lumieres suffisent à peine pour entrer dans les détails de l’administration. Il est donc nécessaire qu’un monarque choisisse des hommes éclairés & vertueux, qui partagent avec lui le fardeau des affaires & qui travaillent sous ses ordres au bonheur des peuples soumis à son obéissance. Les intérêts du souverain & des sujets sont les mêmes. Vouloir les désunir, c’est jetter l’état dans la confusion. Ainsi, dans le choix de ses ministres, un prince ne doit consulter que l’avantage de l’état, & non ses vûes & ses amitiés particulieres. C’est de ce choix que dépend le bien-être de plusieurs millions d’hommes ; c’est de lui que dépend l’attachement des sujets pour le prince, & le jugement qu’en portera la postérité. Il ne suffit point qu’un roi desire le bonheur de ses peuples ; sa tendresse pour eux devient infructueuse, s’il les livre au pouvoir des ministres incapables, ou qui abusent de l’autorité. « Les ministres sont les mains des rois, les hommes jugent par eux de leur souverain ; il faut qu’un roi ait les yeux toujours ouverts sur ses ministres ; en vain rejettera-t-il sur eux ses fautes au jour où les peuples se souleveront. Il ressembleroit alors à un meurtrier qui s’excuseroit devant ses juges, en disant que ce n’est pas lui, mais son épée qui a commis le meurtre ». C’est ainsi que s’exprime Hussein, roi de Perse, dans un ouvrage qui a pour titre, la sagesse de tous les tems.

Les souverains ne sont revêtus du pouvoir que pour le bonheur de leurs sujets ; leurs ministres sont destinés à les seconder dans ces vûes salutaires. Premiers sujets de l’état, qu’ils donnent aux autres l’exemple de l’obéissance aux lois. Ils doivent les connoître, ainsi que le génie, les intérêts, les ressources de la nation qu’ils gouvernent. Médiateurs entre le prince & ses sujets, leur fonction la plus glorieuse est de porter aux piés du trône les besoins du peuple, de s’occuper des moyens d’adoucir ses maux, & de resserrer les liens qui doivent unir celui qui commande à ceux qui obéissent. L’envie de flatter les passions du monarque, la crainte de le contrister, ne doivent jamais les empêcher de lui faire entendre la vérité. Distributeurs des graces, il ne leur est permis de consulter que le mérite & les services.

Il est vrai qu’un ministre humain, juste & vertueux, risque toujours de déplaire à ces courtisans avides & mercenaires, qui ne trouvent leur intérêt que dans le désordre & l’oppression ; ils formeront des brigues, ils trameront des cabales, ils s’efforceront de faire échouer ses desseins généreux, mais il recueillera malgré eux les fruits de son zele ; il jouira d’une gloire qu’aucune disgrace ne peut obscurcir ; il obtiendra l’amour des peuples, la plus douce récompense des ames nobles & vertueuses. Les noms chéris des d’Amboise, des Sulli partageront avec ceux des rois qui les ont employés, les hommages & la tendresse de la postérité.

Malheur aux peuples dont les souverains admettent dans leurs conseils des ministres perfides, qui cherchent à établir leur puissance sur la tyrannie & la violation des lois, qui ferment l’accès du trône à la vérité lorsqu’elle est effrayante, qui étouffent les cris de l’infortune qu’ils ont causée, qui insultent avec barbarie aux miseres dont ils sont les auteurs, qui traitent de rebellion les justes plaintes des malheureux, & qui endorment leurs maîtres dans une sécurité fatale qui n’est que trop souvent l’avant-coureur de leur perte. Tels étoient les Séjan, les Pallas, les Rufin, & tant d’autres monstres fameux qui ont été les fléaux de leurs contemporains, & qui sont encore l’exécration de la postérité. Le souverain n’a qu’un intérêt, c’est le bien de l’état. Ses ministres peuvent en avoir d’autres très-opposés à cet intérêt principal : une défiance vigilante du prince est le seul rempart qu’il puisse mettre entre ses peuples & les passions des hommes qui exercent son pouvoir.

Mais la fonction de ministre d’état demande des qualités si éminentes, qu’il n’y a guére que ceux qui ont vieilli dans le ministere qui en puissent parler bien pertinemment, c’est pourquoi nous nous garderons bien de hasarder nos propres réflexions sur une matiere aussi délicate ; nous nous contenterons seulement de donner ici une courte analyse de ce que le sieur de Silhon a dit à ce sujet dans un ouvrage imprimé à Leyden en 1643, qui a pour titre, le Ministre d’état, avec le véritable usage de la politique moderne.

Ce petit ouvrage est divisé en trois livres.

Dans le premier l’auteur fait voir que le conseil du prince doit être composé de peu de personnes ; qu’un excellent ministre est une marque de la fortune d’un prince, & l’instrument de la félicité d’un état ; qu’il est essentiel par conséquent de n’admettre dans le ministere que des gens sages & vertueux, qui joignent à beaucoup de pénétration une grande expérience des affaires d’état, où l’on est quelquefois forcé de faire ce que l’on ne voudroit pas, & de choisir entre plusieurs partis celui dans lequel il se trouve le moins d’inconvéniens ; un ministre doit regler sa conduite par l’intérêt de l’état & du prince, pourvû qu’il n’offense point la justice ; il doit moins chercher à rendre sa conduite éclatante qu’à la rendre utile.

L’art de gouverner, cet art si douteux & si difficile, reçoit, selon le sieur de Sillion, un grand secours de l’étude, & la connoissance de la morale est, dit-il, une préparation nécessaire pour la politique ; ce n’est pas assez qu’un ministre soit savant, il faut aussi qu’il soit éloquent pour protéger la justice & l’innocence, & pour mieux réussir dans les négociations dont il est chargé.

Le second livre du sieur de Silhon a pour objet de prouver qu’un ministre doit être également propre pour le conseil & pour l’exécution ; qu’il doit avoir un pouvoir fort libre, particulierement à la guerre. L’auteur examine d’où procede la vertu de garder un secret, & fait sentir combien elle est nécessaire à un ministre ; que pour avoir cette égalité d’ame qui est nécessaire à un homme d’état, il est bon qu’il ait quelquefois trouvé la fortune contraire à ses desseins.

Un ministre, dit-il encore, doit avoir la science de discerner le mérite des hommes, & de les employer chacun à ce qu’ils sont propres.

Mais que de dons du corps & de l’esprit ne faut-il pas à un ministre pour bien s’acquitter d’un emploi si honorable, & en même tems si difficile ! un tempérament robuste, un travail assidu, une grande sagacité d’esprit pour saisir les objets & pour discerner facilement le vrai d’avec le faux, une heureuse mémoire pour se rappeller aisément tous les faits, de la noblesse dans toutes ses actions pour soutenir la dignité de sa place, de la douceur pour gagner les esprits de ceux avec lesquels on a à négocier, savoir user à propos de fermeté pour soutenir les intérêts du prince.

Lorsqu’il s’agit de traiter avec des étrangers, un ministre ne doit pas regler sa conduite sur leur exemple ; il doit traiter différemment avec eux, selon qu’ils sont plus ou moins puissans, plus ou moins libres, savoir prendre chaque nation selon son caractere, & sur-tout se défier des conseils des étrangers, qui doivent toujours être suspects.

Un ministre n’est pas obligé de suivre inviolablement ce qui s’est pratiqué dans un état ; il y a des changemens nécessaires, selon les circonstances, c’est ce que le ministre doit peser avec beaucoup de prudence.

Enfin, dans le troisieme livre le sieur de Silhon fait connoître combien le soin & la vigilance sont nécessaires à un ministre, & qu’il ne faut rien négliger, principalement à la guerre ; que le véritable exercice de la prudence politique consiste à savoir comparer les choses entre elles, choisir les plus grands biens, éviter les plus grands maux.

Il fait aussi, en plusieurs endroits de son ouvrage, plusieurs réflexions sur l’usage qu’un ministre doit faire des avis qui viennent de certaines puissances avec lesquelles on a des ménagemens à garder, sur les alliances qu’un ministre peut rechercher pour son maître, sur la conduite que l’on doit tenir à la guerre ; & à cette occasion il envisage les instructions que l’on peut tirer du siege de la Rochelle où commandoit le cardinal de Richelieu, l’un des plus grands ministres que la France ait eu.

Sur ce qui concerne les qualités & fonctions des ministres, on peut encore voir les différens mémoires des négociations faites, tant par les ministres de France que par les ministres étrangers, & principalement les Lettres du cardinal d’Ossat, les Mémoires de M. de Villeroy, ceux du président Janin, ceux du maréchal d’Estrades, & sur-tout les Mémoires de M. de Torcy. (A)

Ministres du Roi sont des personnes envoyées de sa part dans les cours étrangeres pour quelques négociations : tels sont les ambassadeurs ordinaires & extraordinaires, les envoyés ordinaires & extraordinaires, les ministres plénipotentiaires ; ceux qui ont simplement le titre de ministre du roi dans quelque cour ou à quelque diete, les résidens & ceux qui sont chargés des affaires du roi auprès de quelque république ; quoique ces ministres ne soient pas tous de même ordre, on les comprend cependant tous sous la dénomination générale des ministres du roi.

Les cours étrangeres ont aussi des ministres résidens près la personne du roi, de ce nombre est le nonce du pape ; les autres sont, comme les ministres du roi, des ambassadeurs ordinaires & extraordinaires, des envoyés ordinaires & extraordinaires, des ministres plénipotentiaires, des personnes chargées des affaires de quelque prince ou république ; il y a aussi un agent pour les villes anséatiques.

Le nombre des ministres du roi dans les cours étrangeres, & celui des ministres des cours étrangeres résidens près le roi, n’est pas fixe, les princes envoient ou rappellent leurs ambassadeurs & autres ministres, selon les diverses conjonctures.

Les ministres des princes dans les cours étrangeres signent au nom de leur prince les traités de paix & de guerre, d’alliance, de commerce & d’autres négociations qui se font entre les cours.

Lorsqu’on fait venir quelque expédition d’un jugement ou autre acte public, passé en pays étranger, pour s’en servir dans un autre état, on la fait légaliser par le ministre que le prince de cet état a dans les pays étranger d’où l’acte est émané, afin que foi soit ajoutée aux signatures de ceux qui ont expédié ces actes ; le ministre signe cette légalisation, & la fait contresigner par son secrétaire & sceller de son sceau. (A)

Ministres, élection des, (Hist. ecclés. mod. des Provinces-Unies.) Il est bon d’indiquer la maniere dont se font les élections des ministres de l’Evangile dans les Provinces-Unies.

Quand il manque un ministre dans une église, le consistoire s’assemble & envoie des députés au magistrat, pour lui demander la permission de remplir la place vacante. C’est ce qu’on appelle en hollandois hand-opening.

Cette permission obtenue, on fait dans une nouvelle assemblée, à la pluralité des voix, une nomination de trois personnes que l’on présente au magistrat. Quand il approuve ces trois personnes nommées, le consistoire se rassemble, & l’on choisit un des trois que l’on présente encore au magistrat, pour avoir son approbation ; c’est-là ce qu’on appelle élection. Quand les magistrats approuvent celui qui est élu, on publie son nom trois fois devant toute l’assemblée, pour savoir si l’on a quelque chose à représenter contre sa doctrine, ou contre ses mœurs ; & quand il n’y a rien, il est installé. Ajoutons qu’avant que les proclamations se fassent, la vocation doit être approuvée par le corps ecclésiastique, soit classe, soit synode.

Quelquefois les magistrats laissent aux consistoires une entiere liberté de choisir qui il leur plaît ; mais quelquefois il arrive aussi qu’ils protegent une certaine personne, sur qui ils veulent faire tomber leur choix : en ce cas ils desapprouvent les nominations jusqu’à ce que celui qu’ils souhaitent s’y trouve ; & improuvent les élections jusqu’à ce que le consistoire ait choisi ce sujet : quelquefois même ils font savoir au consistoire qu’il fera bien de jetter les yeux sur un tel ; ce qui est un équivalent à un ordre exprès.

Il y a dans les Provinces-Unies plusieurs églises ou bénéfices auxquels des particuliers nomment, comme en Angleterre ; cependant celui qui est nommé, doit être approuvé par l’assemblée. Dans ces cas de présentation ou de nomination par un seigneur particulier, celui-ci notifie son choix au consistoire, qui fait ensuite la cérémonie d’élire le même sujet ; & cette élection, avec la nomination du patron, doit être approuvée par la classe ou par le synode.

Il faut remarquer encore qu’il y a plusieurs autres variétés par rapport aux élections. Par exemple, celles qui se font par un college qualifié, ainsi qu’on le nomme, sont très-différentes des précédentes ; & cette voie est en usage dans la province de Zélande pour les églises hollandoises. Une église a besoin d’un pasteur ; elle demande à la classe dont elle releve, la permission de faire une élection aussi-bien qu’au magistrat. Munie de ces permissions, elle procede au choix de la maniere suivante : le magistrat envoie deux, trois ou quatre députés, cela varie, qui forment avec le consistoire le college qualifié : ce college fait l’élection à la pluralité des voix, & cette élection ne peut être cassée : elle n’est soumise qu’au corps ecclésiastique, dont elle doit encore avoir l’approbation. (D. J.)

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Étymologie de « ministre »

(Date à préciser) Du latin minister dérivé de minus (« inférieur ») calqué sur magister (« maître »).
(881) menestier (Séquence de sainte Eulalie).
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Lat. minister ; le mot est de même radical que l'osque ministreis, génitif correspondant à minoris ; et, par conséquent, il est fait par rapport à minus comme magister est fait par rapport à magis (voy. MAÎTRE, pour la finale ister).

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Phonétique du mot « ministre »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
ministre ministr

Citations contenant le mot « ministre »

  • Bon appétit, Messieurs ! Ô ministres intègres ! Conseillers vertueux ! Voilà votre façon De servir, serviteurs qui pillez la maison. Victor Hugo, Ruy Blas, III, 2, Ruy Blas
  • Il n'y a rien de si fâcheux que d'être le ministre d'un prince dont l'on n'est pas le favori. Jean-François Paul de Gondi, cardinal de Retz, Mémoires
  • […] Il sied encore plus mal à un ministre de dire des sottises que d'en faire. Jean-François Paul de Gondi, cardinal de Retz, Mémoires
  • Un Président doit soutenir son Premier ministre. De Lionel Jospin / Le temps de répondre
  • Où la femme règne, le diable est premier ministre. De Proverbe allemand
  • Où règne la femme, le diable est premier ministre. De Proverbe allemand
  • Il est plus facile de trouver un portefeuille sans ministre qu'un ministre sans portefeuille. De Pierre Dac / Y'a du mou dans la corde à noeuds !
  • Rien n'est comparable aux qualités d'un ministre qui arrive si ce n'est les défauts d'un ministre qui part. De Emile Banning / Réflexions morales et politiques
  • Un premier ministre responsable doit accepter d’être impopulaire. Mais un président responsable peut-il accepter d’avoir un premier ministre impopulaire ? De Georges Wolinski / Les Socialos
  • Mieux vaut essuyer une larme de pauvre que d'obtenir cent sourires de ministre ! De Proverbe chinois
  • Le ministre de la guerre a donné sa démission. La guerre est supprimée. De Jules Renard
  • L'amour n'a pas de meilleur ministre que l'occasion. De Miguel de Cervantès
  • Un ministre est toujours en équilibre entre un cliché et une indiscrétion. De Harold Macmillan
  • Il sied plus mal à un ministre de dire des sottises que d'en faire. De Cardinal de Retz / Maximes et réflexions
  • Le pragmatisme, c'est pas interdit quand vous êtes ministre ! De Xavier Bertrand / RTL - 14 Novembre 2006
  • Un ministre, ça ferme sa gueule. Si ça veut l'ouvrir, ça démissionne. De Jean-Pierre Chevènement / 2 Février 1983
  • Manuel Valls, un attardé congénital qui occupe la fonction de premier ministre De Michel Houellebecq / Il Corriere della Sera, 19 novembre 2015
  • La somme, qui équivaut à plus de 25 000 euros, vise à rembourser des dépenses liées à deux voyages humanitaires auxquels le ministre des finances et sa famille ont participé. Le Monde.fr, Canada : un ministre de Trudeau rembourse une association au cœur d’un scandale
  • Le tandem qu’elle forme avec le nouveau ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, apparaît atypique dans l’histoire de la place Beauvau. Le Monde.fr, Laïcité, lutte contre les « séparatismes »… les attributions de la ministre déléguée Marlène Schiappa se précisent
  • Accompagné des ministres du travail, de l'enseignement supérieur, et de l'éducation nationale, le Premier ministre a dévoilé à Besançon, ce jeudi 23 juillet, le plan gouvernemental en faveur de l'emploi des jeunes.  Une aide à l'embauche est prévue : 4000 euros, jusqu'à un salaire de deux Smic. France 3 Bourgogne-Franche-Comté, Plan pour l'emploi des jeunes : les aides annoncées à Besançon par le Premier ministre Jean Castex
  • Ce qui nous pousse à interpeller aujourd’hui le ministre de l’Intérieur, ce sont les évacuations massives liées à sa visite à Calais le 12 juillet. Deux jours avant sa venue, un démantèlement des campements par la force a eu lieu : des centaines de personnes ont été forcées de grimper dans des bus pour être expulsées de la ville - la plupart sont revenues depuis, par leurs propres moyens, souvent dès le lendemain ; les tentes, données par les associations, ont été détruites ; de nombreux effets personnels ont été jetés à la benne. Secours Catholique, Lettre à Gérald Darmanin : « Monsieur le ministre, vous n’aurez vu à Calais que ce que vous aurez voulu voir » | Secours Catholique
  • Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et la ministre de la cohésion territoriale Jacqueline Gourault devaient se rendre ce jeudi 23 juillet dans la préfecture de l’Aisne et à l’Espace France Services.   France 3 Hauts-de-France, Aisne : la visite du ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin est annulée
  • C’est un désaveu cinglant de la gestion de la crise sanitaire à Madagascar. Dans une lettre datée du lundi 20 juillet et adressée aux partenaires techniques et financiers du pays, le ministre de la santé, Ahmad Ahmad, réclame de toute urgence des équipements de santé supplémentaires pour lutter contre l’épidémie de nouveau coronavirus. En dépit des promesses du président Andry Rajoelina, la tisane à base d’Artemisia annua Covid-Organics distribuée par l’Etat aux habitants n’a manifestement pas suffi à freiner la propagation du virus. « Les hôpitaux sont débordés par l’afflux de formes sévères de la maladie, dont certains décèdent malheureusement faute d’accès aux soins », écrit le ministre au début de sa missive. Le Monde.fr, Coronavirus : le ministre de la santé malgache appelle à l’aide la communauté internationale
  • Lors de la séance des questions à l'Assemblée nationale ce mardi 21 juillet 2020, le député des P.-O. Louis Aliot (Rassemblement national) et nouveau maire de Perpignan a interpellé le Premier ministre Jean Castex sur l'insécurité en France, et notamment dans la préfecture catalane. Le ministre de l'Intérieur, Gérard Darmanin, s'est chargé de lui répondre.  lindependant.fr, Perpignan : Louis Aliot interpelle le Premier ministre sur "l'ensauvagement de nos rues" - lindependant.fr
  • « Tout le monde a bien réfléchi. Ce n'est pas l'année pour partir loin. Cet été, on reste en France pour soutenir notre économie », confie un membre du gouvernement. Et montrer l'exemple! « Si je prends quelques jours, ce sera en France pour profiter de notre magnifique patrimoine naturel », explique la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili. leparisien.fr, Vacances : les ministres partiront… en France ! - Le Parisien

Images d'illustration du mot « ministre »

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Traductions du mot « ministre »

Langue Traduction
Anglais minister
Espagnol ministro
Italien ministro
Allemand minister
Chinois 部长
Arabe وزير
Portugais ministro
Russe министр
Japonais 大臣
Basque ministroa
Corse ministru
Source : Google Translate API

Synonymes de « ministre »

Source : synonymes de ministre sur lebonsynonyme.fr

Ministre

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