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Aumônier

Sommaire

  • Définitions du mot aumônier
  • Étymologie de « aumônier »
  • Phonétique de « aumônier »
  • Évolution historique de l’usage du mot « aumônier »
  • Citations contenant le mot « aumônier »
  • Traductions du mot « aumônier »
  • Synonymes de « aumônier »

Définitions du mot aumônier

Trésor de la Langue Française informatisé

AUMÔNIER, ÈRE1, adj.

A.− Vx ou littér. [En parlant d'une pers., d'une collectivité, d'un caractère] Qui donne souvent et volontiers aux pauvres, aux bonnes œuvres. Être aumônier :
1. On est aumônier à Genève, mais on est méchant. On donne des écus, mais on s'entend à faire couler les larmes, à blesser, à froisser, ... Amiel, Journal intime,1866, p. 449.
P. métaph. :
2. Elle [la terre] si mendiante et toi [mer!] trop aumônière, Grâce à tes charités son triomphe est certain. J. Richepin, La Mer,1886, p. 353.
B.− Rare. [En parlant des caractéristiques d'une pers.] Qui appartient à une personne donnant souvent et volontiers aux pauvres. Avoir une nature aumônière :
3. Il faut que j'aie la mine bien aumônière pour qu'on me demande ainsi la charité dans l'état de maigreur où est ma bourse. Hugo, Notre-Dame de Paris,1882, p. 95.

AUMÔNIER, ÈRE2, subst.

I.− Subst. masc. Aumônier.
A.− RELIG. et HIST.
1. Vx. Ecclésiastique attaché à la maison d'un grand personnage, chargé de distribuer les aumônes de celui-ci et d'assurer le service religieux de sa chapelle. Aumônier d'un évêque; aumônier ordinaire du roi :
1. On a conservé même un ordre de lui [le duc de Bourgogne] à son trésorier, de donner à l'aumônier une somme suffisante, afin que tous les pauvres qui chaque jour se présentaient à la porte de son hôtel, pour manger les restes de sa table, reçussent quelque argent lorsque ces restes étaient insuffisans. Barante, Hist. des ducs de Bourgogne,t. 1, 1821-24, p. 123.
Grand aumônier de France. Prélat le plus important de la maison du roi ou de l'empereur, généralement de haute naissance, ayant de nombreux pouvoirs et privilèges.
Rem. Attesté ds tous les dict. gén. du xixeet du xxesiècle.
2. Auj. Ministre des cultes catholique, protestant ou israélite, attaché à un groupe plus ou moins important de personnes, chargé de dispenser un enseignement religieux et d'assurer le service divin ou le culte. Aumônier d'un collège, d'un hôpital, d'un régiment :
2. Une poignée de main et une tape sur l'épaule du Directeur me rendirent un peu, néanmoins, de courage, − et, une heure ou deux après cette scène, ne voilà-t-il pas que je me pris à dire à mon « sergent » de prier monsieur l'Aumônier de courir me parler. Verlaine, Mes prisons,1893, p. 400.
Aumônier du travail. Membre d'une congrégation belge qui dirige des écoles techniques et s'occupe de nombreuses œuvres sociales (cf. Lar. encyclop.).
B.− Arg. Sorte de voleur pratiquant son art chez les bijoutiers :
3. Les aumôniers [détournant un bijou, le font tomber, et un faux mendiant le ramasse en même temps que l'aumône que lui jette le détourneur.] Dict. de l'arg. ou la lang. des voleurs dévoilée,1847, p. 37.
Rem. Attesté ds la plupart des dict. gén. du xixesiècle.
II.− Rare., subst. fém. Aumônière.
A.− Femme qui fait des œuvres de charité ou qui est chargée de récolter des aumônes :
4. Hélas! Les monumens fondés par la royale aumônière ont tous péri; le peuple l'a oubliée en même temps que la foi de ses pères; ... Montalembert, Hist. de ste Élisabeth de Hongrie,1836, p. 110.
B.− HIST. RELIG. Religieuse ou chanoinesse qui avait pour tâche de distribuer les aumônes que son couvent ou son chapitre destinait aux pauvres.
PRONONC. ET ORTH. : [omonje] ou [ɔ-], fém. [-jε:ʀ]. Pour la prononc. [omɔ-], cf. infra la rem. de Gramm. Dub. transcrit uniquement [o] fermé; Pt Rob. donne les deux possibilités de prononc. (à ce sujet cf. aumône et augmenter). Passy 1914 note [oˑ] fermé mi-long à la 1resyll. et [ɔ] ouvert à la 2e; Barbeau-Rodhe 1930 transcrit également [o] fermé à la 1re(sans durée), mais admet [oˑ] fermé mi-long ou [ɔ] ouvert à la 2e. Pour l'hésitation à la 2esyll. entre [o] et [ɔ], cf. aumône. Gramm. Prononc. 1958, p. 23, écrit que ,,le dérivé aumônier reproduit toutes les prononciations du simple [c.-à-d. aumône], si ce n'est que ses deux o sont toujours brefs; mais [que] la prononciation la plus fréquente est ómònyé, avec le premier o fermé et le second ouvert``. Fér. Crit. t. 1 1787 note la 2esyll. longue (cf. Land. 1834, Gattel 1841, Nod. 1844 et Littré). À comparer avec Fér. 1768 qui signale que la 2esyll. est brève et qui écrit aumonier sans accent circonflexe. Les dict. hist. notent tous [o] fermé à la 1resyll.; celle-ci est marquée d'une durée ds Land. 1834, Nod. 1844, Fél. 1851 et Littré.
ÉTYMOL. ET HIST. A.− Adj. masc. 1155 « qui fait souvent l'aumône » (Wace, S. Nicholay, 200 ds Gdf. Compl. : Chastes esteit, almonerz); 1160 adj. fém. « id. » (Benoit, Troie, Ars. 3314, fo34c, ibid. : Saige dame et almoniere). Aux deux genres, qualifié de ,,vieilli`` dep. Ac. 1835. B.− Subst. 1. xies. « celui qui reçoit l'aumône » (Alexis, st 25b, G. Paris ds Gdf. : Danz Alexis en lodet Deu del ciel D'icez sons sers cui il est almosniers. Il fut lor sire, or est lor provendiers) 2. 1174 « ecclésiastique chargé de distribuer les aumônes des pers. auxquelles il est attaché » (G. de Pont-Ste-Maxence, Vie de st Thomas Becket, éd. E. Walberg 2226 : Apela li reis frere Franc l'aumosnier); 3. 1606 (Nicot : Aumosnier. Signifie cet officier des Princes et grands Seigneurs, seculiers ou Ecclesiastiques, lequel anciennement estoit seulement destiné à distribuer leurs aumosnes, mais depuis leur sert-il aussi de chappelain). Du lat. chrét. eleemosynarius, elemosynarius adj. « qui fait l'aumône » (Ps. Aug., Serm., 10, 4 ds TLL s.v., 351, 80); subst. vies. « celui qui fait l'aumône » (St Cesaire d'Arles, Serm., p. 341, 9 ds Blaise); « dignitaire dans une abbaye, chargé de la distribution des aumônes » (ann. 1067, Bertrand, Cart. d'Angers, I, no7, p. 16, ds Nierm) et « pauvre qui reçoit l'aumône » (Actes Phil. Ierno126, p. 329, ibid.) sur a- initial v. aumônière.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 387. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 553, b) 269; xxes. : a) 480, b) 740.
BBG. − Bach.-Dez. 1882. − Blanche 1857. − Bouillet 1859. − Esn. 1966. − Foi t. 1 1968. − Gottsch. Redens. 1930, p. 390. − Goug. Lang. pop. 1929, p. 63. − Larch. 1880. − La Rue 1954. − Lep. 1948. − Marcel 1938. − Mét. 1955. − Pissot 1803. − St-Edme t. 2 1825. − Will. 1831.

Wiktionnaire

Nom commun

aumônier \o.mo.nje\ masculin (pour une femme on dit : aumônière)

  1. (Vieilli) Ecclésiastique dont la fonction ordinaire était de distribuer les aumônes de ceux à qui il était attaché, de leur dire la messe, de faire la prière du soir et du matin, etc.
    • […] elle provoque souvent la conversion au judaïsme de membres du Clergé, tel ce Wicelinius, aumônier du duc Conrad de Metz, et qui, une fois devenu juif (vers l’an 1000), écrivit un pamphlet contre le christianisme. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
    • Richelieu avait tressailli de joie. Ce poste d’aumônier de la reine qu’il venait d’obtenir par ruse et menace, il le convoitait ardemment : c’était son entrée dans le ménage royal. — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, coll. « Le Livre populaire » no 31, 1907)
  2. (Religion) Ecclésiastique attaché à certains corps, à certains établissements, pour enseigner la religion et les diriger spirituellement.
    • Or j’eus comme voisin de lit un aumônier du genre fier et silencieux, qui s’équipait en musulman pour les tirailleurs marocains. Le croissant sur son calot était un beau sujet de plaisanterie ; […]. — (Alain, Souvenirs de guerre, p. 43, Hartmann, 1937)
    • Pendant que l’aumônier, agenouillé derrière une tombe, dit les prières suprêmes, sur Dixmude le terrible canon se met à tonner de plus en plus fort. — (Marguerite Baulu, La Bataille de l'Yser, Paris, Perrin & Cie, 1918, p.121)

Adjectif

aumônier \o.mo.nje\

  1. Qui donne souvent l’aumône aux pauvres.
    • Ce prince était fort aumônier.
    • Elle était dévote à saint François, et très aumônière, […] — (Anatole France, La Rôtisserie de la reine Pédauque, 1893)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

AUMÔNIER. n. m.
Ecclésiastique dont la fonction ordinaire était de distribuer les aumônes de ceux à qui il était attaché, de leur dire la messe, de faire la prière du soir et du matin, etc. Grand aumônier de France. Premier aumônier du roi. Aumônier ordinaire du roi. Aumônier de quartier. Aumônier du commun. Aumônier de la reine. L'aumônier d'un évêque. L'aumônier d'une princesse, d'un grand seigneur. Il se dit aujourd'hui des Ecclésiastiques attachés à certains corps, à certains établissements, pour enseigner la religion et les diriger spirituellement. L'aumônier d'un régiment, d'un hôpital, d'un collège, d'une prison. L'aumônier d'un vaisseau.

Littré (1872-1877)

AUMÔNIER (ô-mô-nié, niê-r) adj.
  • 1Qui fait souvent l'aumône. Vieux et peu usité. Helvétius était un bon et honnête homme, charitable, patient, aumônier, droit, et qui ne manquait ni d'esprit ni de sens, Saint-Simon, 221, 248.
  • 2 S. m. Terme d'argot. Se dit d'une variété de voleurs qui se sert d'un mendiant compère.

HISTORIQUE

XIIe s. Cis paradis où sont li aumosner, Ronc. p. 98.

XIIIe s. Et mout [elle] ert [était] preude femme et très bonne aumosniere, Berte, CXXX. Le roy fu si large aumosnier, que partout là où il aloit en son royaume, il fesoit donner aus poures esglises, à maladreries, à mesons Dieu, à hospitaulz…, Joinville, 293.

XVe s. Il estoit doux, courtois et debonnaire, vierge et chaste de son corps, et large aumosnier, Froissart, III, III, 96.

XVIe s. Nous venons poures à un bening aumosnier, malades au medecin, Calvin, Inst. 1141. Homme de bien, charitable, aulmosnier, Rabelais, Pant. III, 28. En succession directe, on ne peut estre heritier et legataire, aumosnier et parçonnier, Loysel, 311. Michelle de Caignonelle damoiselle grande aumosniere : les pauvres, comme on la menoit au supplice, couroient après elle crians : vous ne nous donnerez plus l'aumosne, D'Aubigné, Hist. I, 76.

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Étymologie de « aumônier »

Mot dérivé de aumône avec le suffixe -ier.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Aumône ; provenç. almornier, almoynier, almonier ; espagn. limosnero ; portug. esmolero ; ital. limosiniere.

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Phonétique du mot « aumônier »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
aumônier omonie

Évolution historique de l’usage du mot « aumônier »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « aumônier »

  • La réputation d'un homme libéral, aumônier, généreux, ne vaut pas même à l'instant où il en jouit le mieux, le plus léger plaisir des sens. De Marquis de Sade / Justine
  • Mutation. Le cardinal Barbarin a annoncé ce jeudi au micro de la radio RCF Lyon son départ pour le diocèse de Rennes comme aumônier de la maison-mère des Petites Soeurs des pauvres à Saint-Pern.  LExpress.fr, Le cardinal Barbarin va devenir aumônier pour le diocèse de Rennes - L'Express
  • Le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France a nommé le Père Bertrand Gournay, aumônier national du CCFD-Terre Solidaire, à partir du 1er septembre 2020. CCFD-Terre Solidaire, Père Bertrand Gournay, nouvel aumônier du CCFD-Terre Solidaire - CCFD-Terre Solidaire
  • Ordonné prêtre le 27 juin 1970 par Mgr Jean Mouisset, il est aumônier au lycée Carnot de Cannes de 1970 à 1977. Puis animateur du foyer au service des vocations à la maison du grand séminaire de Nice durant 10 ans. Sept ans curé à Contes et sur huit villages environnants de la vallée du Paillon. Jean-Louis Giordan est nommé curé à Barthélémy, paroisse devenue en l’an 2000, Le Bon Pasteur (six églises). Il y restera 10 ans. En 2004, il devient curé à Notre-Dame-de-l’Assomption. Durant 4 ans, jusqu’en 2010, il s’occupe aussi de l’église du Vœu. Il a été également aumônier des établissements Stanislas, Sasserno, Jeanne-de-France et fut, pendant 13 ans, le prêtre accompagnateur du catéchuménat: "J’ai aidé ce service diocésain qui est passé, par an, de 30 à 90 demandes de baptême." Le père Jean-Louis Giordan sera remplacé, le 1er septembre, par le père Franklin Parmentier, 44 ans, curé de la paroisse du Pays de Lérins, à Cannes. Ce dernier sera curé des églises Notre-Dame, du Vœu et du Vieux-Nice (toutes les églises du cœur historique niçois à l’exception de la cathédrale Sainte-Réparate). Nice-Matin, Après 50 ans dans les ordres, ce curé bien connu de Nice passe la main - Nice-Matin
  • Et maintenant... Les aumôniers de l’hôpital de Sion ont servi de relais entre les malades et les familles interdites de visites. Et ceci quelle que soit la religion du patient. En collaboration avec les équipes médicales, ils ont assuré un accompagnement indispensable. , L’aumônerie plus que jamais indispensable
  • C’est le chef de division Andrew Barr du SSID, via sa page Facebook, qui a tenu à lui rendre un hommage : «Hier nous avons reçu la triste nouvelle qu’un autre membre de notre famille au SSID nous a quitté pour un meilleur monde. L’abbé Jean-Noël Laplante s’est joint à notre service comme aumônier en 2008, et depuis a été une personne très proche et très appréciée par les membres de notre organisation.  Présent dans nos casernes à toutes les semaines, il prenait le temps de faire sa tournée pour saluer tout le monde dans la caserne et dans les bureaux administratifs, prenant le temps de s’asseoir et de parler avec ceux qui avaient quelque chose à raconter. Généreux de son temps, Jean-Noël était toujours prêt à aider, à participer dans nos diverses activités et d’être présent pour accompagner ceux qui passaient des moments plus difficiles. En plus d’être aumônier chez nous, Jean-Noël a aussi agi en tant qu’aumônier auprès de la Sûreté du Québec, à l’hôpital Sainte-Croix, à l’Établissement de Drummond et la Légion canadienne à Drummondville.  Tu vas nous manquer Jean-Noël.  Repose en paix.» L'Express, L’aumônier des pompiers est décédé - L'Express

Traductions du mot « aumônier »

Langue Traduction
Anglais chaplain
Espagnol capellán
Italien cappellano
Allemand kaplan
Chinois 牧师
Arabe قسيس
Portugais capelão
Russe капеллан
Japonais 牧師
Basque kapilau
Corse cappellano
Source : Google Translate API

Synonymes de « aumônier »

Source : synonymes de aumônier sur lebonsynonyme.fr
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