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Injure

Sommaire

  • Définitions du mot injure
  • Étymologie de « injure »
  • Phonétique de « injure »
  • Citations contenant le mot « injure »
  • Traductions du mot « injure »
  • Synonymes de « injure »
  • Antonymes de « injure »

Définitions du mot injure

Trésor de la Langue Française informatisé

INJURE, subst. fém.

A. − Geste, procédé, parole ou écrit adressés directement et délibérément à une personne pour l'offenser. Synon. affront, offense.Injure atroce; faire une injure à qqn; venger une injure. Injure faite à l'honneur (Ac.1798-1935).Endurer le mépris, l'injure et les vexations de toute espèce (Sieyès, Tiers-État?1789, p. 33).Il me paraît homme à n'oublier ni une injure ni un bienfait (Zola, Conquête Plassans,1874, p. 1137).Le revendicateur prend la justice faite aux autres pour une injure personnelle, il la nomme injustice quand elle favorise son ennemi (Mounier, Traité caract.,1946, p. 547).V. champ ex. 11 :
1. robert esprels : Tu lui infliges la plus sanglante injure qui se puisse infliger à une femme... courpière : Qui est? robert esprels : Qui est de lui exprimer en paroles, et de lui prouver en action, qu'on la respecte. Hermant, M. de Courpière,1907, II, 4, p. 16.
Pardon des injures. Il y a, outre la loi divine, une loi fatale qui nous prescrit le pardon des injures et l'oubli des souffrances personnelles (Sand, Hist. vie, t. 3, 1855, p. 403).
DR. Injure grave. ,,Acte, attitude ou parole d'une personne mariée constituant une offense outrageante pour son conjoint et, à ce titre, admise par la loi comme une cause de divorce`` (Cap. 1936).
SYNT. Injure blessante, cruelle, intolérable, irréparable, mortelle, odieuse; oubli, mépris, ressentiment d'une injure; mépriser, oublier, pardonner, subir, supporter une injure.
Loc. et expr.
Faire injure à Vieilli. Faire du tort à. Il les épousa [les cinquante filles] toutes la même nuit, si bien que le lendemain matin elles se trouvèrent toutes femmes bien satisfaites et instruites. Car il n'avait fait injure à aucune (France, Contes Tournebroche,1908, p. 9).
Formuler un jugement injuste envers quelqu'un. Le pire, c'est qu'il court de mauvais bruits sur M. Sarrien. Je veux croire qu'on fait injure à M. le Ministre de la Justice (Clemenceau, Vers réparation,1899, p. 253).
Faire l'injure de + verbe. [Dans un sens atténué avec le verbe au cond. ou à la forme négative] Déconsidérer, offenser. Tu ne me feras certainement pas l'injure de croire que je puis mêler quelque idée d'amour-propre personnel à des réflexions aussi générales (Hugo, Lettres fiancée,1821, p. 64).Je me demandai (...) pourquoi je ferais cette injure à la nature de faire regarder comme faux et imaginaire ce qu'elle avait créé si réel et si digne de souvenir (Vigny, Mém. inéd.,1863, p. 37):
2. Vous pensez bien, monsieur le président, dit Joseph avec rondeur, que nous ne vous faisons pas l'injure de douter un seul instant de votre bienveillance, puisqu'il s'agit d'améliorer le sort des masses laborieuses... Duhamel, Nuit St-Jean,1935, p. 23.
Vieilli. Imputer, prendre à injure. Il impute cela à injure (Ac.1798-1878).Il n'est personne non plus qui ne prît à grosse injure l'accusation de gloutonnerie (Brillat-Sav., Physiol. goût,1825, p. 311).
B. − En partic., souvent au plur. Parole offensante, qualification ressentie comme outrageante ou interjection grossière adressée à quelqu'un. Synon. invective, insulte, gros mot, quolibet.Injure grossière; de grosses injures; dire des injures à qqn. Il recommença à l'accabler d'injures atroces et dignes d'un cocher de fiacre (Stendhal, Rouge et Noir,1830, p. 434).Ils se jettent du matin au soir à la tête des hottées d'injures et de reproches (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Homme-fille, 1883, p. 614).Égrener le chapelet des injures qui ont cours dans les mauvais lieux (Coston, A.B.C. journ.,1952, p. 134).V. affront ex. 3 :
3. Alors Athénaïs vomit les plus sales injures, les invectives les plus obscènes sur les magistrats et les grenadiers, qui croyaient sentir se vider sur leurs têtes toutes les cuvettes du Palais-Royal et de la rue Fromenteau. France, Dieux ont soif,1912, p. 218.
DR. Expression outrageante, terme de mépris ou invective ne renfermant l'imputation d'aucun fait (d'apr. Réau-Rond. 1951). Seules les offenses envers le Président de la République, les diffamations et injures envers les ministres, les injures envers les témoins, les jurés peuvent être poursuivies d'office en l'absence de plainte préalable (Civilis. écr.,1939, p. 44-15).Délit d'injure publique, contravention d'injure (Réau-Rond. 1951).
SYNT. Injure obscène; avalanche, bordée, débordement d'injures; dictionnaire d'injures; cracher, échanger, hurler, jeter, lancer, proférer des injures; abreuver, écraser qqn d'injures; se dire des injures; recevoir une lettre d'injures; répondre injure pour injure.
Expressions
Vieilli et pop. Se chanter mille injures (Ac.1798-1935).
Avoir l'injure à la bouche. Ne parler à qqn que l'injure à la bouche. Il n'a plus que l'injure à la bouche et sa rage de destruction n'épargne rien (Béguin, Âme romant.,1939, p. 384).
C. − Au fig., littér. Dommage, destruction causés par les éléments, les intempéries, le temps dans sa durée. Injure de l'âge, des éléments. Il y a deux choses auxquelles il faut se faire, sous peine de trouver la vie insupportable : ce sont les injures du temps et les injustices des hommes (Chamfort, Max. et pens.,1794, p. 29).Cette sorte de marbre (...) ne résiste pas longtemps aux injures de l'air (Dusaulx, Voy. Barège, t. 1, 1796, p. 292):
4. Évêques arborant avec des airs royaux La crosse d'or massif et la mitre à joyaux, Tandis que sous l'injure et l'âpreté des nues Les ouailles sans bergers grelottent toutes nues... Leconte de Lisle, Poèmes trag.,1886, p. 94.
P. anal., plais. La tête basse, il subit tristement l'injure des gouttières (Mussetds Le Temps,1831, p. 63).
Les injures du sort. ,,Les revers, les malheurs extraordinaires et non mérités`` (Ac. 1835-1935).
Prononc. et Orth. : [ε ̃ ʒy:ʀ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1155 enjurie « injustice, violation du droit » (Wace, Brut, 5581 ds Keller, p. 191b : par cruelté e par enjurie); 2. id. injuire « tort, dommage causé par violation du droit » (Id., op. cit., 13474, ibid., p. 255a); spéc. 1559 l'injure du temps (Amyot, Péric., 27 ds Littré); 1587 l'injure de l'hiver (Lanoue, ibid.); 3. 1174-76 injurie « outrage » (G. de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, 3024 ds T.-L.); 1559 « parole outrageante » (Amyot, Péric., 8 ds Littré); spéc. dr. (Chartes de Hénaut ds Nouv. coutumier gén., éd. Bourdot de Richebourg, t. 2, p. 129b, CVII, XVIII : Action d'injure verbale ou par libel diffamatoire ...injure reelle, que l'on dit blessure et navrure). Empr. au lat.injuria, à l'époque class. « injustice; violation du droit, tort, dommage », terme de droit; cf. dans la lang. commune injuriae frigorum, oblivionis; « injure, parole blessante » à basse époque (lat. chrét.). Les formes en en- par adaptation aux formes pop., le préf. négatif in- étant encore étranger à la lang. (E. Staaff ds St. neophilol. t. 1, p. 53). Fréq. abs. littér. : 2 022. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 3 323, b) 2 953; xxes. : a) 3 548, b) 2 046. Bbg. Perret (D.). Termes d'adresse et injures. Cah. Lexicol. 1968, t. 12, pp. 3-14.

Wiktionnaire

Nom commun

injure \ɛ̃.ʒyʁ\ féminin

  1. Insulte, outrage, ou de fait, ou de parole, ou par écrit.
    • Louer les princes des vertus qu’ils n’ont pas, c’est leur dire impunément des injures. — (François de La Rochefoucauld, Maximes et Réflexions morales (320), 1664)
    • Et crescendo, la querelle s’envenime en injures, bien sûr, et non en coups, car les deux gondoliers savent pratiquer l’art de « rompre le fer » :[…]. — (Annarosa Poli, L’Italie dans la vie et dans l’œuvre de George Sand, Centre interuniversitaire de recherche sur le voyage en Italie, 1960, page 116)
    • J'aurais voulu qu'ils se missent en colère, qu'ils me dissent des injures ou qu'ils me montrassent le poing, car c'était leur impassibilité qui me rendait fou. — (Jacques Boucher de Perthes, Voyage a Constantinople par l'Italie, la Sicile et la Grèce, 1855, vol.2, chap.68, p.494)
  2. (En particulier) Parole offensante, outrageante.
    • […] les discussions avec les camarades se réglaient toujours à la manière antique, par des bordées d’injures qui précédaient le crêpage en règle des tignasses. — (Louis Pergaud, Une revanche, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Et elle me bombarde, d’une voix mauvaise, avec un accent crapuleux, d’une bordée d’injures grasses. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 159)
    • Ainsi, lorsque l’injurieur (celui qui prononce l’injure) s'adresse à un injuriaire (celui à qui s'adresse l’injurieur) à propos d'un injurié (celui dont parle l’injure) : c'est l’injure référentielle, car l’injurié dans le discours est le référent, et l’injurieur ne s'adresse pas directement à lui mais à l’injuriaire. La relation est, schématiquement de type triangulaire.
      Ou bien , lorsqu'un injurieur s'adresse à un injuriaire qui est en même temps l’injurié : c'est l’injure
      interpellative. La relation est ici duelle. — (Évelyne Larguèche, L’injure, la société, l’islam. Une anthropologie de l’injure, dans la Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, Aix-en-Provence : Édisud, 2004, n° 103-104, page 31)
  3. (Figuré) Dégradation, la ruine, la perte de certaines choses par l’effet des intempéries, de la durée, de l’âge.
    • Ces monuments, ces édifices ont éprouvé, ont ressenti l’injure du temps.
    • Cette statue est exposée aux injures de l’air, du temps.
    • L’injure de l’âge.

Verbe

injure \ˈɪn.dʒə(ɹ)\ transitif

  1. Blesser.
  2. Nuire.
  3. S’abîmer.
  4. Abîmer, détériorer.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

INJURE. n. f.
Insulte, outrage, ou de fait, ou de parole, ou par écrit. Injure sanglante, irréparable. Endurer, souffrir une injure. Oublier, pardonner les injures. Venger l'injure de quelqu'un. Laver une injure dans le sang. L'oubli, le mépris, le pardon des injures. Une injure à l'honneur, faite à l'honneur. Faire satisfaction d'une injure. Réparer l'injure qu'on a faite. Il se prend, particulièrement, pour une Parole offensante, outrageante. Dire des injures à quelqu'un. Ils en vinrent aux injures. Vomir des injures. Éclater en injures contre quelqu'un. Charger quelqu'un d'injures. Une injure grossière. Pop., Se chanter mille injures, et fam., Dire ou se dire de grosses injures. Il désigne figurément la Dégradation, la ruine, la perte de certaines choses par l'effet des intempéries, de la durée, de l'âge. Ces monuments, ces édifices ont éprouvé, ont ressenti l'injure du temps. Cette statue est exposée aux injures de l'air, du temps. L'injure de l'âge.

INJURE signifiait autrefois Injustice. On dit encore C'est lui faire injure. Vous me faites injure en me supposant de telles intentions. Les injures du sort, Les revers, les malheurs extraordinaires et non mérités.

Littré (1872-1877)

INJURE (in-ju-r') s. f.
  • 1Ce qui est contre le droit, la justice (d'après le sens étymologique), tort, dommage. S'il y a plusieurs personnes qui n'aient pas plus de droit d'être expédiées l'une que l'autre, le juge qui prendra quelque chose de l'une à condition de l'expédier la première, péchera-t-il ? non certainement, selon Layman ; car il ne fait aucune injure aux autres selon le droit naturel, Pascal, Prov. VIII. Je ménage l'une et l'autre [ma santé et ma vie] comme un bien qui est à vous, et que je ne puis altérer sans vous faire une injure, Sévigné, 27 déc. 1684.
  • 2 Fig. Effets nuisibles produits par les saisons, l'âge, le temps, etc. C'est moi qui ai commencé la mode de vous aimer et de vous trouver aimable ; une amitié si bien conditionnée ne craint pas les injures du temps, Sévigné, à Coulanges, 26 avr. 1696. Injures de toutes les saisons, chaleurs de l'été, froids de l'hiver…, Bourdaloue, Pensées, I, p. 346. J'ai souffert les injures de l'air, Fénelon, Tél. X. Aristonoüs était encore exempt des injures d'une vieillesse caduque, Fénelon, t. XIX, p. 105. Il commençait à sentir les injures de la froide vieillesse, Fénelon, Tél. X. Le reste de son arbre généalogique avait été perdu par l'injure du temps, Voltaire, Cand. 1. À sauver, s'il se peut, par mes travaux constants, Et leurs noms et les miens des injures du temps, Piron, Métrom. III, 9. Le tombeau de Jésus-Christ est maintenant exposé aux injures de l'air, Chateaubriand, Itin. part. V. Le froid devient plus ardent ; Moi j'en puis braver l'injure, Béranger, Hiver.

    Les injures du sort, les revers, les malheurs extraordinaires et non mérités.

    Poétiquement. Ce qui a subi l'injure. Baucis en égala les appuis chancelants [de la table] Du débris d'un vieux vase, autre injure des ans, La Fontaine, Ph. et Bauc.

  • 3Outrage, ou de fait, ou de parole, ou par écrit. … le jure Que par ce faux soupçon vous lui faites injure, Corneille, Rodog. I, 5. On n'est pas où l'on pense en me faisant injure, Molière, Tart. IV, 7. Lorsque l'injure a une fois éclaté, notre honneur ne va point jusqu'à vouloir cacher notre honte, mais à faire éclater notre vengeance, Molière, D. Juan, III, 4. C'était lui faire injure de l'implorer, Pascal, Prov. IV. C'est faire injure au maître d'une maison d'y entrer par la fenêtre, Pascal, ib. VI. Elle aimait à prévenir les injures par sa bonté, vive à les sentir, facile à les pardonner, Bossuet, Duch. d'Orl. Il vous est impossible, dites-vous, d'aimer sincèrement votre ennemi, et de lui pardonner de bonne foi l'injure que vous en avez reçue, Bourdaloue, 5e dim. après Pâq. Dominic. t. II, p. 186. Vous verrez tous les jours le chanoine insolent Au seul mot de hibou vous sourire en parlant ; Votre âme, à ce penser, de colère murmure ; Allez donc de ce pas en prévenir l'injure, Boileau, Lutr. III. Ses caresses n'ont point effacé cette injure, Racine, Bajaz. I, 1. … Vous en attendez quelqu'injure nouvelle, Racine, Andr. II, 1. De son temple détruit vengez sur eux l'injure, Racine, Esth. III, 4. On t'aime et tu murmures ! Souffrirai-je à la fois ta gloire et tes injures ? Racine, Iph. II, 8. Vous savez… Que je ne cherche pas à venger mes injures, Racine, Athal. II, 5. Il est difficile d'étouffer dans les commencements le sentiment des injures, La Bruyère, IV. Si l'injure faite aux vivants est plus nuisible, celle qu'on fait aux morts est plus lâche, Diderot, Claude et Nér. I, 108.

    Fig. Faire injure à, avec un nom de chose pour régime, déshonorer, flétrir cette chose. Elle s'indignerait de voir sa créature à l'éclat de son nom faire une telle injure, Corneille, Nicom. I, 2.

    Faire injure signifie aussi soupçonner injustement. À ma fidélité ne faites point d'injure, Corneille, Cid, III, 6.

  • 4Particulièrement, parole offensante, outrageuse. Vomir des injures. Charger quelqu'un d'injures. Celui qui jette une pierre contre des oiseaux les fera envoler ; ainsi qui dit des injures à son ami rompra l'amitié, Sacy, Bible, Ecclésiast. XXII, 25. Un homme sage est au-dessus de toutes les injures qu'on peut lui dire, Molière, Bourg. gent. II, 4. Les injures que vous me dites, Pascal, Prov. II. Je vous avertis, ma très chère, que vous n'aimez point à lire… je vous dis cette injure pour me venger de celle que vous m'avez faite, Sévigné, 608. Vous les verrez bientôt, féconds en impostures, Amasser contre vous des volumes d'injures, Boileau, Sat. IX. Je crains votre silence, et non pas vos injures, Racine, Andr. IV, 5. Et ton nom paraîtra, dans la race future, Aux plus cruels tyrans une cruelle injure, Racine, Brit. V, 6. Sa fureur contre vous se répand en injures, Racine, Phèd. IV, 4. Si ce n'est que cela, remettez-vous, mesdames, Je ne m'offense point des injures des femmes, Destouches, Phil. mar. II, 5. Si l'on doit laisser tomber les injures, il faut relever les faits, Voltaire, Lett. d'Argental, 5 févr. 1739. Les injures atroces n'ont jamais fait de tort qu'à ceux qui les ont dites, Voltaire, Conseil à L. Racine.

    Populairement. Se chanter mille injures, se dire toutes sortes d'injures.

  • 5À l'injure de, loc. adv. En insultant, Jovinien et ses sectateurs, qui, à l'injure du fils de Dieu, niaient la virginité de sa mère, Bossuet, Projet, Lett. de Boss. et de Leibnitz, 33.

HISTORIQUE

XIIIe s. Par les grans injures et par les grans rapines qui estoient faites en la prevosté, le menu peuple n'osoit demeurer en la terre le roy, Joinville, 296.

XIVe s. Que cette injure faicte à vous [Philippe le Bel] et à vostre pueple soit bien et souffisamment amendée, Requeste, dans Hist. litt. de la Fr. t. XXIV, p. 233. Quant à faire venjances ou punicions selon justice, il a moult grant difference se les injures sunt voluntaires ou involuntaires, Oresme, Eth. 150. Vous savez que de grant injure vient moult de foiz grant grace, Bercheure, f° 10.

XVIe s. Retablir une injure [injustice], Montaigne, I, 31. Les injures de la fortune, Montaigne, I, 83. Souffrir une injure [outrage], Montaigne, I, 119. Il fut tout un jour à l'outrager de paroles diffamatoires en plaine place, et à luy dire toutes les injures dont il se pouvoit adviser, Amyot, Péric. 8. Il y a ne sçay quoy de florissante nouveaulté qui empesche que l'injure du temps n'en empire la veue, Amyot, ib. 27. De crainte de venir aux injures et après aux mains, Lanoue, 557. Pour garantir l'armée de l'injure de l'hiver, Lanoue, 629. St Paul a repoussé les mensonges et fausses injures de ses accusateurs, Calvin, Inst. 1206. Action d'injure verbale ou par libelle diffamatoire se devra intenter en dedans l'an ; autrement, le dit an expiré, icelle action sera prescripte ; et l'injure reelle, que l'on dit blessure et navrure, danscinq ans, Nouv. coust. génér. t. II, p. 129.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

INJURE, s. f. (Jurisprud.) dans une signification étendue se prend pour tout ce qui est fait pour nuire à un tiers contre le droit & l’équité : quidquid factum injuriâ, quasi non jure factum ; c’est en ce sens aussi qu’on dit, volenti non fit injuria.

Pour que le fait soit considéré comme une injure, il ne suffit pas qu’il soit dommageable à un tiers, il faut qu’il y ait eu dessein de nuire ; c’est pourquoi les bêtes n’étant pas capables de raison, le dommage qu’elles commettent est seulement appellé en droit pauperies, c’est-à-dire dommage ou dégât, & c’est improprement que parmi nous on l’appelle délit.

Injure dans une signification plus étroite, signifie tout ce qui se fait au mépris de quelqu’un pour l’offenser, soit en sa personne, ou en celle de sa femme, de ses enfans ou domestiques, ou de ceux qui lui appartiennent, soit à titre de parenté ou autrement.

Les injures se commettent en trois manieres ; savoir, par paroles, par écrit ou par effet.

Les injures verbales se commettent, lorsqu’en présence de quelqu’un ou en son absence, on profere des paroles injurieuses contre lui, qu’on lui fait quelques reproches outrageans ; que l’on chante des chansons injurieuses pour lui, ou qu’on lui fait quelques menaces de lui faire de la peine, soit en sa personne, ou en ses biens ou en son honneur.

Les injures qui se commettent par écrit sont, lorsque l’on compose ou distribue des chansons, & autres vers & libelles diffamatoires contre quelqu’un. Ceux qui les écrivent ou qui les impriment, peuvent être poursuivis en réparation d’injure.

On peut mettre dans la même classe les peintures injurieuses, qui sont une autre maniere de divulguer les faits, & pour ainsi dire de les écrire. Pline rapporte que le peintre Clexides ayant été peu favorablement reçu de la reine Stratonice, pour se venger d’elle en partant de sa cour, y laissa un tableau dans lequel il la représentoit couchée avec un pêcheur qu’elle étoit soupçonnée d’aimer ; cette peinture étoit beaucoup plus offensante qu’un libelle qu’il avoit écrit contre la reine.

Ces peintures injurieuses sont défendues à l’égard de toutes sortes de personnes. Bouchet rapporte un arrêt qui condamna en des dommages & intérêts un serrurier, pour avoir fait peindre un tableau en dérision de quelques maîtres de son métier.

On commet des injures par effet en deux manieres ; savoir, par gestes & autres actions, sans frapper la personne & sans lui toucher ; ou bien en la frappant de soufflets, de coups de poings ou de piés, de coups de bâton ou d’épée, ou autrement. Les lois romaines veulent que l’on punisse les injures qui sont faites à un homme, en sa barbe, en ses cheveux ou en ses habits ; comme si on lui tire la barbe ou les cheveux, si on lui déchire ses habits, ou si par mépris on jette quelque chose dessus pour les gâter.

Les gestes & autres actions par lesquels on peut faire injure à quelqu’un sans le frapper ni même le toucher, sont, par exemple, si quelqu’un leve la main sur un autre comme pour lui donner un soufflet, ou s’il leve le bâton sur lui pour le frapper ; si étant près d’un tiers il lui montre un gibet ou une rouë, pour faire entendre aux assistans qu’il auroit mérité d’y être attaché ; si en dérision de quelqu’un on lui montroit des cornes, ou si on faisoit quelqu’autres gestes semblables.

Un jeune homme ayant par gageure montré son derriere à un juge de village qui tenoit l’audience, le juge en dressa procès-verbal & decréta le délinquant, lequel fut condamné à demander pardon au juge étant à genoux, l’audience tenante, & à payer une aumône considérable, applicable aux réparations de l’auditoire ; ce qui fait voir que le ministere du moindre juge est toujours respectable.

Il a aussi été défendu aux comédiens & à toutes autres personnes dans les bals, de se servir d’habits ecclésiastiques ou religieux, parce que cela tourneroit au mépris des personnes de cet état & des cérémonies de l’Eglise.

M. Le Bret en ses quest. not. rapporte qu’un homme ayant été pendu en effigie, & la potence s’étant trouvée le lendemain abattue, la partie civile, au lieu de la faire redresser comme on le lui avoit permis, la fit porter par un sergent chez un oncle du condamné, lui signifiant qu’il l’en faisoit gardien comme de biens de justice ; l’oncle s’en étant plaint, il y eut arrêt qui ordonna, que la partie iroit un jour de marché avec un sergent & l’exécuteur reprendre la potence au lieu où ils l’avoient mise en dépôt, avec défenses de récidiver, sous peine de punition corporelle.

Les injures sont légeres ou atroces, selon les circonstances qui les font réputer plus ou moins graves ; une injure devient atroce par plusieurs circonstances.

1°. Par le fait même, comme si quelqu’un a été frappé à coups de bâton ; s’il a été griévement blessé, sur quoi il faut observer que les témoins ne déposent que des coups qu’ils ont vu donner ; mais la qualité des blessures se constate par des rapports de medecins & chirurgiens.

2°. Par le lieu où l’injure a été faite, comme si c’est en un lieu public : ainsi l’injure faite ou dite dans les églises, dans les palais des princes, dans la salle de l’audience, & sur-tout si l’offensé étoit en fonction, est beaucoup plus grave, que celle qui auroit été commise dans un lieu ordinaire & privé.

3°. La qualité de la personne qui a fait l’injure, & la qualité de l’offensé, sont encore des circonstances qui aggravent plus ou moins l’injure ; comme si c’est un pere qui a été outragé par ses enfans, un maître par ses domestiques, un seigneur par son vassal, un gentilhomme par un roturier. Plus l’offensé est élevé en dignité, plus l’injure devient grave ; comme si c’est un magistrat, un duc, un prince, un ecclésiastique, un prélat, &c. Telle injure qui seroit légere pour des personnes viles, devient grave pour des personnes qualifiées.

4°. L’endroit du corps où la blessure a été faite ; comme si c’est à l’œil, ou autre partie du visage.

Les injures qui se font par écrit, sont ordinairement plus graves que celles qui se font verbalement, par la raison que, verba volant, scripta manent.

La loi divine ordonne de pardonner toutes les injures en général.

Les empereurs Théodose, Arcadius & Honorius, défendirent à leurs officiers de punir ceux qui auroient mal parlé de l’empereur ; quoniam, dit la loi, si ex levitate contemnendum, si ex insania miseratione dignissimum, si ab injuria remittendum. Ces empereurs ordonnerent seulement que le coupable leur seroit renvoyé, pour voir par eux-mêmes si le fait méritoit d’être suivi ou seulement méprisé.

Du reste les lois civiles & même canoniques permettent à celui qui est offensé, de poursuivre la réparation de l’injure ; ce qui se peut faire par la voie civile ou par la voie criminelle.

Quoiqu’on prenne la voie civile, l’action en réparation d’injure doit toujours être portée devant le juge criminel du lieu où elle a été faite.

On ne peut pas cumuler la voie civile & la voie criminelle, & le choix de la voie civile exclut la voie criminelle ; mais celui qui avoit d’abord pris la voie criminelle peut y renoncer & prendre la voie civile.

La réparation des injures particulieres, c’est-à-dire qui n’intéressent que l’offensé, ne peut être poursuivie en général que par celui qui a reçu l’injure.

Il y a cependant des cas où un tiers peut aussi poursuivre la réparation de l’injure, savoir, lorsqu’elle rejaillit sur lui. Ainsi un mari peut poursuivre la réparation de l’injure faite à sa femme, un pere de l’injure faite à son enfant ; des parens peuvent venger l’injure faite à un de leurs parens, lorsqu’elle rejaillit sur toute la famille ; des héritiers peuvent venger l’injure faite à la mémoire du défunt ; un maître celle faite à ses domestiques ; un abbé celle qui est faite à un de ses religieux ; une compagnie peut se plaindre de l’injure faite à quelqu’un du corps, lorsqu’il a été offensé dans ses fonctions.

Lorsque l’injure est telle que le public y est intéressé, le ministere public en peut aussi poursuivre la réparation, soit seul, soit concurremment avec la partie civile, s’il y en a une.

Il est même nécessaire dans toutes les actions pour réparation d’injures, lorsque l’on a pris la voie criminelle, que le ministere public y soit partie pour donner ses conclusions.

Quoiqu’on ait rendu plainte d’une injure, le juge ne doit pas permettre d’en informer, à moins que le fait ne paroisse assez grave pour mériter une instruction criminelle, soit eu égard au fait en lui-même, ou à la qualité de l’offensant & de l’offensé & autres circonstances ; & si après l’information le fait ne paroît pas aussi grave qu’on l’annonçoit, le juge ne doit pas ordonner qu’on procédera par recollement & confrontation, mais renvoyer les parties à fin civile & à l’audience.

Pour que des discours ou des écrits soient réputés injurieux, il n’est pas nécessaire qu’ils soient calomnieux, il suffit qu’ils soient diffamatoires, & les parties intéressées peuvent en rendre plainte quand même ils seroient véritables ; car il n’est jamais permis de diffammer personne. Toute la différence en ce cas est, que l’offensé ne peut pas demander une retractation, & que la peine est moins grave sur-tout si les faits étoient déjà publics : mais si l’offensant a revélé quelque turpitude qui étoit cachée, la réparation doit être proportionnée au préjudice que souffre l’offensé.

On est quelquefois obligé d’articuler des faits injurieux, lorsqu’ils viennent au soutien de quelque demande ou défense, comme quand on soutient la nullité d’un legs fait à une femme, parce qu’elle étoit la concubine du défunt. Le juge doit admettre la preuve de ces faits ; & si la personne que ces faits blesse en demande réparation comme d’une calomnie, le sort de cette demande dépend de ce qui sera prouvé par l’évenement.

L’insensé, le furieux, & l’impubere étant encore en enfance ou plus proche de l’enfance que de la puberté, ne peuvent être poursuivis en réparation d’injures, utpotè doli incapaces.

Pour ce qui est de l’ivresse, quoiqu’elle ôte l’usage de la raison, elle n’excuse point les injures dites ou faites dans le vin : non est enim culpa vini, sed culpa bibentis : l’injure dite par un homme yvre est cependant moins grave que celle qui est dite de sang-froid.

Celui qui a repoussé l’injure qui lui a été faite, & qui s’est vengé lui-même, sibi jus dixit, il ne peut plus en rendre plainte, paria enim delicta mutuâ pensatione tolluntur.

Lorsqu’il y a eu des injures dites de part & d’autre, on met ordinairement les parties hors de cour, avec défenses à elles de se méfaire ni médire.

Quand l’injure est grave, il ne suffit pas pour toute réparation de la desavouer ou de déclarer que l’on se rétracte ; il peut encore selon les circonstances, y avoir lieu à diverses peines.

Il y eut une loi chez les Romains qui fixa en argent la réparation dûe pour certaines injures, comme pour un soufflet tant, pour un coup de pié tant : mais on ne fut pas long-tems à reconnoître l’inconvénient de cette loi, & à la révoquer ; attendu qu’un jeune étourdi de Rome trouvant que l’on en étoit quitte à bon marché, prenoit plaisir à donner des soufflets aux passans ; & pour prévenir la demande en réparation, il faisoit sur le champ payer l’amende à celui qu’il avoit offensé, par un de ses esclaves qui le suivoit avec un sac d’argent destiné à cette folle dépense.

Les différentes lois qui ont été recueillies dans le code des lois antiques, n’ordonnoient aussi que des amendes pécuniaires pour la plûpart des crimes, & singulierement pour les injures de paroles qui y sont taxées selon leur qualité avec la plus grande exactitude : on y peut voir celles qui passoient alors pour offensantes.

La loi unique au code de famosis libellis, prononçoit la peine de mort non-seulement contre les auteurs des libelles diffamatoires, mais encore contre ceux qui s’en trouvoient saisis. Les capitulaires de Charlemagne prononçoient la peine de l’exil ; l’ordonnance de Moulins veut que ceux qui les ont composés, écrits, imprimés, exposés en vente, soient punis comme perturbateurs du repos public.

Un édit du mois de Décembre 1704, a déterminé la peine dûe pour chaque sorte d’injure.

Mais nonobstant cet édit & les autres antérieurs ou postérieurs, il est vrai de dire qu’en France la réparation des injures est arbitraire, de même que celle de tous les autres délits, c’est-à-dire que la peine plus ou moins rigoureuse dépend des circonstances & de ce qui est arbitré par le juge.

L’action en réparation d’injures, appellée chez les Romains actio injuriarum, étoit du nombre des actions fameuses, famosæ ; c’est-à-dire que l’action directe en cette matiere emportoit infamie contre le défendeur ou accusé, ce qui n’a pas lieu parmi nous.

Le tems pour intenter cette action est d’un an à l’égard des simples injures ; en quoi notre usage est conforme à la disposition du droit romain, suivant lequel cette action étoit annale ; mais s’il y a eu des excès réels commis, il faut vingt ans pour prescrire la peine.

Il n’y a point de garantie en fait d’injures, non plus qu’en fait d’autres délits ; c’est pourquoi un procureur qui avoit signé des écritures injurieuses à un magistrat, ne laissa pas d’être interdit, quoiqu’il rapportât un pouvoir de sa partie.

Outre le laps de tems qui éteint l’action en réparation d’injures, elle s’éteint encore.

1°. Par la mort de celui qui a fait l’injure, ou de celui à qui elle a été faire ; de sorte que l’action ne passe point aux héritiers, à-moins qu’il n’y eût une action intentée par le défunt avant l’expiration du tems qui est donné par la loi, ou que l’injure n’ait été faite à la mémoire du défunt.

2°. La réconciliation expresse ou tacite éteint aussi l’injure.

3°. La remise qui en est faite par la personne offensée ; mais quoique l’action soit éteinte à son égard, cela n’empêche pas un tiers qui y est intéressé d’agir pour ce qui le concerne, & à plus forte raison, le ministere public, avec lequel il n’y a jamais de transaction, est-il toûjours recevable à agir pour la vindicte publique, si l’injure est telle que la réparation intéresse le public. Voyez au digeste & au code le titre de injuriis, & au code celui de famosis libellis. (A)

Injure, Tort, synon. le tort trouble dans la possession des biens ou de la réputation ; il attaque la propriété. L’injure impute des défauts, des crimes, des vices, des fautes ; elle nie les bonnes qualités ; elle attaque la personne. L’homme juste ne fait pas de tort ; l’ame élevée ne se permet pas l’injure ; la grande ame pardonne le tort, & oppose à l’injure la suite de sa vie.

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Étymologie de « injure »

(1155) enjurie (« injustice, violation du droit » : par cruelté e par enjurie) ; (1559) l’injure du temps (« outrage ») ; (1559) injure (« parole outrageante ». Du latin injuria (« injustice »).
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Du latin injuriari (« causer une injustice ») → voir injury.
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Provenç. injuria, enjuria ; espagn. injuria ; ital. ingiuria ; du latin injuria, de in… 1, et jus, juris, droit.

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Phonétique du mot « injure »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
injure ɛ̃ʒyr

Citations contenant le mot « injure »

  • Une extrême justice est souvent une injure. De Jean Racine / La thébaïde
  • Mieux vaut encore subir l'injure que la commettre. De Socrate
  • Mieux vaut étouffer une injure qu'un incendie. De Héraclite d'Ephèse
  • En amour, une faveur qui n'est pas exclusive est une injure. De Jean-Jacques Rousseau
  • Une injure est plus vite oubliée qu'une insulte. De Philip Chesterfield / Lettre à son fils
  • Il est dans la tolérance un degré qui confine à l'injure. De Jean Rostand
  • Le compliment exagéré est pire qu'une injure. De Proverbe persan
  • Nul ne sait combien douce est la vengeance de celui qui a reçu l'injure. De Etienne Pasquier / Recherche de la France
  • Il est des silences, parfois, qui blessent plus sûrement qu’une injure. De Philippe Besson / Les Jours fragiles
  • Il n’y a point d’injure qu’on ne pardonne quand on s’est vengé. De Vauvenargues / Réflexions et maximes
  • Plus l’offenseur m’est cher, plus je ressens l’injure. De Jean Racine / La Thébaïde
  • Le mépris efface l'injure plus vite que la vengeance. De Thomas Fuller
  • Celui qui pense que, chez les grands personnages, les nouveaux bénéfices font oublier les vieilles injures, il s'abuse. Machiavel en italien Niccolo Machiavelli, Le Prince, VII Il Principe, VII
  • Les injures ont un grand avantage sur les raisonnements : celui d'être admises sans preuves par une multitude de lecteurs. Alessandro Manzoni, Œuvres inédites et rares, II, 482
  • L'ami qui souffre seul fait une injure à l'autre. De Jean de Rotrou / Venceslas
  • Pourquoi lave-t-on une injure alors qu'on essuie un affront ? De Alphonse Allais
  • Ne plus aimer n’est qu’un malheur, ne pas le dire est une injure. De Aurélien Scholl
  • Lisons l’Epître de Paul aux Ephésiens: «Ne laissez aucune parole blessante franchir vos lèvres, mais seulement des paroles empreintes de bonté.» Assurément, l’apôtre plaçait de grands espoirs en nous. Mais c’était méconnaître notre nature profonde, qui n’aime rien tant que l’injure, l’insulte, le blasphème, le juron. Parce que, bien souvent, le besoin de jurer naît d’une frustration et se vit comme un défoulement. Cette petite dialectique de l’explosion participe à nous rendre un peu plus vivants. Le Temps, «Mieux vaut étouffer une injure qu’un incendie» - Le Temps
  • L'affaire avait débuté le 21 mai dernier, quand Midi Libre a révélé un post tenu sur la page Facebook de l'élu quelques jours plus tôt. Le contenu de la conversation qui critiquait la députée Laëtitia Avia, " Elle écrit comme une merde dont elle a la couleur", avait alors été repris par l'ensemble des médias nationaux. L'élu, contraint de démissionner de sa charge de conseiller municipal, avait alors été placé en garde à vue et mis en examen pour injure publique en raison de l'origine, la race ou la religion, par parole écrit ou image par voie électronique. midilibre.fr, Injures de l'élu biterrois envers la députée Avia : le délibéré rendu le 13 août - midilibre.fr
  • Que serions-nous sans les sondages ? Ils nous dissèquent, nous autopsient, nous mettent à nu. Qu’ils disparaissent et le monde ne saura plus ni qui il est, ni ce qu’il doit penser. D’autant que les investigations sont de plus en plus précises. Avant-hier, une étude s’intéressait aux barbus. Hier, une autre scrutait le comportement des Français au volant. Pas terrible. Nous sommes fort nombreux (91 %) à dépasser les limitations de vitesse, à ne pas respecter les distances de sécurité (72 %) ou à quitter la route des yeux pendant au moins deux secondes (74 %). Encore l’attitude dépend-elle d’où l’on est. Ainsi les Franciliens usent volontiers de l’injure (81 %). Tout comme les Grecs. Heureusement, il y a quand même peu de chances qu’un Athénien et un Parisien se rencontrent. L'Opinion, Le goût de l’injure | Le billet de Michel Schifres | L'Opinion
  • Le parquet a requis mercredi 10.000 euros d'amende, avec possibilité d'emprisonnement en cas de non-paiement, à l'encontre d'Eric Zemmour, jugé pour injure et provocation à la haine raciale après un discours tenu en septembre à Paris lors d'une "Convention de la droite". LaLibre.be, 10.000 euros d'amende requis contre Zemmour pour injure et provocation à la haine raciale - La Libre

Traductions du mot « injure »

Langue Traduction
Anglais insult
Espagnol insulto
Italien insulto
Allemand beleidigung
Chinois 侮辱
Arabe إهانة
Portugais insulto
Russe оскорбление
Japonais 侮辱
Basque iraina
Corse insultà
Source : Google Translate API

Synonymes de « injure »

Source : synonymes de injure sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « injure »

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