La langue française

Four

Sommaire

  • Définitions du mot four
  • Étymologie de « four »
  • Phonétique de « four »
  • Évolution historique de l’usage du mot « four »
  • Citations contenant le mot « four »
  • Images d'illustration du mot « four »
  • Traductions du mot « four »
  • Synonymes de « four »
  • Antonymes de « four »

Définitions du mot four

Trésor de la Langue Française informatisé

FOUR, subst. masc.

A.− Dans le domaine concr.Ouvrage (en maçonnerie) ou appareil doté d'un minimum d'ouvertures et conçu pour le traitement ou la transformation, sous très forte chaleur, des produits ou objets qui y sont introduits. Bouche, gueule, cul d'un four; chaleur de four; chauffer le four (à blanc). Le ciel était comme la voûte d'un four géant, chauffé au rouge clair (Zola, Débâcle,1892, p. 631).Ici le soleil ne sert pas seulement à chauffer le ciel domestique comme un four plein de sa braise (Claudel, Connaiss. Est,1907, p. 115):
1. ... la méthode catalane proprement dite exige la construction de fours et de creusets, dans lesquels le minerai et le charbon, placés par couches alternatives, se transforment et se réduisent. Verne, Île myst.,1874, p. 140.
Locutions
Il fait chaud comme dans un four. Il fait extrêmement chaud. (Dict. xixeet xxes.).
Il fait noir/on y voit clair comme dans un four; être noir comme un four (p. allus. au strict minimum d'ouvertures que comporte un four; infra B). Son oreille bien ouverte est noire comme un four (Renard, Journal,1900, p. 584).Je me rends compte qu'il fait noir comme dans un four (Cocteau, Par. terr.,1938, I, 3, p. 202).
Une bouche grande comme un four, ouvrir un grand four.
1. En partic.
Four d'incinération, crématoire*. On dut utiliser alors l'ancien four d'incinération qui se trouvait à l'est de la ville (Camus, Peste,1947, p. 1361).Peu de jours après, ils ont été jetés l'un et l'autre au four crématoire (Green, Journal,1946, p. 7):
2. Le camp était situé dans une région sablonneuse et désertique, non loin de la voie ferrée où passaient chaque nuit des trains entiers de juifs, qui roulaient vers les fours crématoires ou les champs d'extermination à la mitrailleuse. Ambrière, Gdes vac.,1946, p. 302.
Au fig., vx. Four à bachot(s). Synon. boîte à bachot.Le père Boijol, chargé de faire du collège un four à bachots et lui attirant ainsi la clientèle riche des intelligences médiocres (Estaunié, Empreinte,1896, p. 15).Complétant son maigre budget par quelques leçons, payées au rabais, dans les fours à bachots du voisinage (Bourget, Conflits int.,1925, p. 254).
2. Spécialement
a) TECHNOL. Four à bassin, à cuve, à réverbère, à arc; four électrique, rotatif, tournant; four à plâtre, à poteries, à chaux, à coke; sole du four. Le sable nous enveloppait d'une lumière tumultueuse de four à briques (Saint-Exup., Citad.,1944, p. 835).Palissy ne jetait que ses meubles dans le feu de son four à faïence (Valéry, Variété V,1944, p. 82).
En partic. Four solaire. Qui concentre les rayons du soleil de manière à constituer un foyer à température très élevée (d'apr. Lemaire Envir. 1975).
b) Dans le domaine de la confection des aliments
α) Ouvrage en maçonnerie, traditionnellement de forme voûtée, destiné à la cuisson de certains aliments (pain, pâtisserie, etc.). Cuit au four :
3. D'autres connaissent la vérité du pain. Si tu le pétris mal il n'enfle pas. Si ton four est trop chaud il brûle. S'il est trop froid la pâte englue. Saint-Exup., Citad.,1944, p. 734.
En partic.
Four à pain. Cette métairie (...) serrant contre elle le four à pain, l'étable, le puits (Mauriac, Baiser Lépreux,1922, p. 181).
Four de boulanger. Le four d'un boulanger projetait des lueurs d'incendie (Flaub., Éduc. sent.,t. 1, 1869, p. 130).
Four de commune. On cuisait le pain au four de commune (Ramuz, A. Pache,1911, p. 256).
HIST. Four banal. Où les vassaux du seigneur devaient faire cuire leur pain en payant une redevance. J'ai vu le « bon temps », comme ils disent, (...) j'ai vu le four banal, où l'on ne cuisait de la galette qu'une fois l'an (Erckm.-Chatr., Hist. paysan,t. 1, 1870, p. 17).Ils devaient cuire le pain au four banal (Faral, Vie temps st Louis,1942, p. 58).
Région. :
4. Ils se donnaient des rendez-vous tous les soirs, (...) se retrouvant (...) dans les chambres à four où flottiat une odeur de pain chaud. Moselly, Terres lorr.,1907, p. 46.
Proverbe. On ne peut être à la fois au four et au moulin. Il est impossible d'être partout en même temps. (Dict. xixeet xxes.).
P. méton.
Pièce de four (Ac.1932).Pièce de pâtisserie, cuite au four.
Petit four. Petite pièce de pâtisserie, cuite au four et servie généralement au cours d'une réception, d'un thé, ou comme dessert. Il (...) examina d'un air de satisfaction les assiettes de petits fours qui lui étaient présentées (Proust, Guermantes 1,1920, p. 231).Onctueux comme un petit four (Renard, Journal,1897, p. 392):
5. ... le pâtissier Foulon expose ses spécialités fameuses, d'admirables petits fours coniques en beurre mauve, surmontés d'une violette de sucre. Sartre, Nausée,1938, p. 63.
β) [P. anal. de fonction] Compartiment de la cuisinière ou du fourneau (ou, plus récemment, élément de cuisine autonome), qui sert à la cuisson de certains aliments grâce à la chaleur qui y règne. Cuire, sécher au four; mettre (qqc.) au four; rôti au four. De la courge gratinée mise au four dans un plat de terre (Lamart., Confid.,1849, p. 349).Elle ne répond pas, parce que le four est chaud et qu'il faut y mettre les perdrix (Renard, Journal,1904, p. 919).Faites dorer au four et servez très chaud (Hamp, Marée,1908, p. 67).Four à gaz, à micro-ondes; four électrique.
Four de campagne. Four portatif. Le dessus [de la purée de pomme de terre] a été gratiné au four de campagne (Huysmans, Là-bas,t. 2, 1891, p. 228).
B.− [Peut-être p. allus. à l'extinction des lumières liée au trop petit nombre de spectateurs, et qui rappelle l'obscurité du four]
1. [En parlant d'une pièce de théâtre] Absence de spectateurs, interprétée comme un échec, une déconsidération. Si votre Nana ne chante ni ne joue, vous aurez un four, voilà tout (Zola, Nana,1880, p. 1098).
Loc. Faire un four. Sa pièce aurait fait un four (Goncourt, Journal,1894, p. 510).Faire four (vieilli). Nous faisons four, dit Lousteau en parlant à son compatriote la langue des coulisses (Balzac, Muse départ.,1844, p. 99).Synon. faire un bide.
P. méton. Ce qui provoque l'absence de spectateurs. La pièce de Cadol est un four, à ce que m'a dit le commis de Lévy (Flaub., Corresp.,1869, p. 84).Dès le deuxième acte, il a bien fallu me rendre à l'évidence : une pièce exécrable, un four noir (Martin du G., Notes Gide,1951, p. 1369):
6. Nous n'avons eu qu'un four, une pièce de M. Becque, qui a semblé triste, mais qui a eu ensuite un très grand succès à la Comédie-Française. Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Endorm., 1889, p. 1173.
2. P. ext. [En parlant de tout spectacle ou de toute manifestation socio-culturelle ou artistique] Échec complet. Finalement, quand il s'occupe de quelque chose, on peut être certain que ce sera un four (Becque, Parisienne,1885, II, 7, p. 304):
7. Ce roman a été étranglé à sa naissance par Troppmann et Pierre Bonaparte. Il serait juste de le réhabiliter. C'est un four immérité. Georges devrait penser à le réintroduire dans le monde par quelques articles corsés. Flaub., Corresp.,1879, p. 280.
REM.
Fournille(s),(Fournille, Fournilles) subst. fém.,gén. au plur. Petits branchages ou brindilles aptes à chauffer le four. Dans les chambres, les cheminées sont rares. Parfois, on y allume, en se couchant, une flambée de fournilles (Faral, Vie temps st Louis,1942, p. 161).
Prononc. et Orth. : [fu:ʀ]. Enq. : /fuʀ/. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. 1188-91 « ouvrage de maçonnerie voûté, généralement circulaire, où l'on fait cuire le pain, la pâtisserie, etc. » (Chr. de Troyes, Perceval, éd. F. Lecoy, 1764 : Molins n'i mialt ne n'i cuist forz); 2. 1564 p. anal. four à chaulx (Thierry) (v. chaufȯur); 1801 four à reverbère (Crèvecœur, Voyage, t. 1, p. 283); 3. 1659, 19 déc. théâtre (Lagrange, Registre ds Fr. mod. t. 15, p. 201 : Zénobie (...) un four); 4. 1692 « maison où l'on tient cachés ceux qu'on enrôle » (Dancourt, la Gazette, sc. 1 ds Littré); 5. 1829 four à cristaux (Boiste); 6. 1834 « partie close d'un fourneau, d'une cuisinière où l'on peut mettre des aliments pour les faire cuire » (Balzac, E. Grandet, p. 88 : tu nous feras une tarte aux fruits et tu nous cuiras au four tout le dîner). Du lat. class. furnus « four ». Fréq. abs. littér. : 829. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 468, b) 1 452; xxes. : a) 2 219, b) 1 012. Bbg. Archit. 1972, p. 162. − Bar (F.). Four « insuccès théâtral ». Fr. Mod. 1953, t. 21, p. 207. − Mat. Louis-Philippe 1951, p. 147.

Wiktionnaire

Adjectif

four \fuʁ\

  1. Relatif aux Fours, peuple de l’ouest du Soudan.
    • «  Les hommes aux chameaux sont arrivés ici voilà dix mois et ils vont rester ici pendant longtemps, estime Abdulhaman Abdullah Issa. Ils ont conclu des accords avec des fermiers fours en leur disant  : “N’allez pas à Kass, nous sommes des frères, vous devez vivre ici.” […] » — (Alexis Masciarelli, «  Au Darfour, la terreur au quotidiens », 14 janvier 2005)
  2. Relatif au four, langues des Fours.
    • La persistance de sa curiosité (il perdra malheureusement l’essentiel de ses notes, parmi lesquelles un dictionnaire de langue four) et la force de sa volonté n’en sont que plus admirables. — (« Note de lecture », Autrepart, numéro 36, 2005, page 185)

Nom commun 1

four \fuʁ\ masculin

  1. (Cuisine) Ouvrage de maçonnerie voûté en rond, avec une seule ouverture par-devant, et dans lequel on fait cuire, grâce à la chaleur concentrée, le pain, la pâtisserie, etc.
    • […], on vient d’inaugurer un séchoir artificiel : c’est un four à chaleur modérée, où l’on dispose les poissons sur des lattes; au bout de trois jours ils sont séchés à point. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 32)
    • Le four d’un boulanger, d’un pâtissier.
    • Des raisins cuits au four.
  2. Partie d’un fourneau autour de laquelle circule la flamme du foyer et où l’on fait cuire les viandes, les pâtisseries.
  3. (Vieilli) Lieu où était le four et où se rendaient ceux qui voulaient cuire.
    • Aller au four.
    • Revenir du four.
  4. Lieux voûtés et ouverts par en haut, où l’on fait cuire la chaux, le plâtre, la brique, la tuile, etc.
    • Les minerais préparés étaient, depuis la reprise moderne des travaux jusqu'en 1817 , fondus à la mine au moyen de fours à manche ; on y coupelait aussi le plomb pour argent et l'on trouve encore un moulin pour le broyage des litharges. — (Frédéric Blanchard, « Mémoire sur la mine de Tende ou de Vallauria (Ancien comté de Nice) » dans la Revue universelle des mines, de la métallurgie, des travaux publics, des sciences et des arts, dirigée par Ch. De Cuyper, tome 57, Paris & Liège, 1869, p. 181)
    • Pour résoudre tous les problèmes d’émissions atmosphériques, le four verrier idéal serait le four électrique à voûte froide. — (James Barton & Claude Guillemet, Le verre, science et technologie, page 217, EDP Sciences, 2005)
    • Souvent non dissous lors de la fusion des matières premières, les infusibles se désintègrent sous les températures élevées des fours et génèrent des micro-inclusions préjudiciables. — (Le verre dans les déchets d'emballages ménagers, Cercle National du Recyclage, juillet 1898, page 8)
  5. Équipement industriel dans lequel on traite thermiquement des matériaux (métaux, terre à feux…) de manière à en modifier les performances (résilience, dureté…), ou les caractéristiques physico-chimiques (déformation, fusion, cuisson…).
  6. (Familier) Échec, en parlant d’une pièce de théâtre, d’un livre qui n’obtient aucun succès ; d’une entreprise qui échoue et aussi d’une personne qui ne réussit pas.
    • Il est rare de se faire des amis le soir d'un four dans une équipe théâtrale. — (Françoise Sagan, Avec mon meilleur souvenir, 1984, Folio, p. 88).
    • Elle débute dans une vieille pièce du répertoire moderne et obtient un joli four, mais elle aime son métier et ne se décourage point. — (Marie Colombier, Les Mémoires de Sarah Barnum, 1883)
  7. (Argot) Lieu de vente de drogues, habituellement situé dans une cage d’escalier et protégé à l’extérieur par des guetteurs.
    • Les équipes se relaient : le four est ouvert jusqu’à 22 heures la semaine et minuit le week-end. La drogue est cachée à proximité du four, la préparation se fait dans les appartements. — (Marie-Hélène Bacqué et Lamence Madzou, Les jeunes des banlieues sont les premières victimes du « bizness », Le Monde, 30.05.2009)
    • Y'a d’la drogue, y’a des armes, c’est le four. — (Kaaris, Four)
  8. (Héraldique) Meuble représentant l’ouvrage de maçonnerie du même nom dans les armoiries. Il est représenté de front, en pierre et généralement sous la forme d'un four à pain. À rapprocher de four à chaux.
    • De gueules à la cordelière d’or nouée en chef entourant un four d’argent maçonné de sable au foyer d’or chargé d’une flamme du champ ; au chef d’azur chargée de trois croisettes recroisetées au pied fiché d’or, qui est de la commune de Le Neufour de la Meuse → voir illustration « armoiries avec un four »

Nom commun 2

four \fuʁ\ masculin singulier

  1. Langue parlé par les Fours dans le Darfour, à l’ouest du Soudan.
    • Aujourd’hui, l’islamisation du Jebel Marra est totale, mais les langues vernaculaires, le four en particulier, restent couramment parlées, tandis que renaissent les conflits sanglants entre cultivateurs noirs de la montagne, et Zaghawa, […] — (Marc Lavergné, Le Soudan contemporain, page 48, 1989)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

FOUR. n. m.
Ouvrage de maçonnerie voûté en rond, avec une seule ouverture par-devant, et dans lequel on fait cuire, grâce à la chaleur concentrée, le pain, la pâtisserie, etc. Le four d'un boulanger, d'un pâtissier. La bouche, la gueule du four. Mettre le pain au four. Chauffer le four. Faire sécher des fruits au four. Des raisins cuits au four. Il sert aussi à désigner la Partie d'un fourneau autour de laquelle circule la flamme du foyer et où l'on fait cuire les viandes, les pâtisseries. Pièce de four, Gâteau ou autre pièce de pâtisserie qui se cuit au four. Petits fours, Sorte de pâtisserie légère qu'on sert soit à la fin d'un repas, soit au cours d'une matinée, d'une soirée, etc. Four de campagne, Espèce de four portatif, fait ordinairement de cuivre rouge. Four électrique, Appareil employé dans les laboratoires pour chauffer à haute température par un courant électrique. On le dit aussi d'un Appareil analogue utilisé pour la cuisine. Four crématoire. Voyez CRÉMATOIRE. Fam., Il y fait chaud comme dans un four, se dit d'un Lieu où il fait extrêmement chaud. Il y fait noir comme dans un four, se dit d'un Lieu très obscur. Fig. et fam., Ce n'est pas pour vous que le four chauffe, Ce n'est pas pour vous que telle chose est préparée. Il se prenait aussi pour le Lieu où était le four et où se rendaient ceux qui voulaient cuire. Aller au four. Revenir du four. Il se dit également des Lieux voûtés et ouverts par en haut, où l'on fait cuire la chaux, le plâtre, la brique, la tuile, etc. Four à chaux, à plâtre, à brique. Four de verrerie. Fam., Faire four, se dit d'une Pièce de théâtre, d'un livre qui n'obtient aucun succès; d'une Entreprise qui échoue et aussi d'une Personne qui ne réussit pas. Sa pièce fit four; elle fit un four complet. C'est un four noir. Cet auteur a plusieurs fours à son actif. Il est familier.

Littré (1872-1877)

FOUR (four) s. m.
  • 1Ouvrage de maçonnerie rond et voûté, où l'on fait cuire le pain. Chauffer le four. Chaque jour il allait visiter les fours, goûter le pain, et s'assurer de la régularité de toutes les distributions, Ségur, Hist. de Nap. v, 1.

    Four banal, four auquel les habitants d'une certaine circonscription étaient obligés d'envoyer cuire leur pain sans pouvoir le faire cuire chez eux.

    Donner le four trop chaud à du pain, à de la pâtisserie, mettre cuire le pain ou la pâtisserie dans un four trop chauffé.

    Four de campagne, four portatif.

    En un autre sens. Four de campagne, ustensile de ménage, espèce de couvercle en tôle, à double rebord, dont l'un, plus creux, emboîte le plat, et dont l'autre reçoit des charbons allumés ; ce couvercle se met sur les casseroles ou plats de cuivre pour les envelopper de chaleur comme dans un four.

    Pièce de four, gâteau et autre pièce de pâtisserie cuite au four. Du laitage, quelque pièce de four, Rousseau, Ém. II.

    Petits fours, sorte de petite pâtisserie légère pour desserts, pour soirées, etc.

    Familièrement. Il y fait chaud comme dans un four, et, absolument, c'est un véritable four, se dit d'un endroit où il fait une très grande chaleur.

    Il y fait noir comme dans un four, on y voit comme dans un four, se dit d'un lieu très obscur.

    Elle est grande comme un four, se dit d'une bouche très fendue. … En ouvrant la bouche aussi grande qu'un four, à force de bâiller, Scarron, Rom. com. I, 6.

  • 2L'endroit où est le four. Aller au four.
  • 3Lieux voûtés et ouverts par en haut, où l'on fait cuire la chaux, le plâtre, etc.

    Four à poulet, endroit clos où l'on entretient une température constante, suffisante pour faire éclore les œufs. J'ai vu les pyramides et n'en ai point été émerveillé ; j'aime mieux les fours à poulets, dont l'invention est, dit-on, aussi ancienne que les pyramides, Voltaire, Déf. de mon oncle, ch. 21.

  • 4Coffre en tôle fermé par une porte, placé au-dessus du foyer d'un poêle.
  • 5Cul de four, espèce de voûte cintrée en élévation dont le plan est ovale ou circulaire.
  • 6Fours à cristaux, cavités tapissées de cristal de roche, dans les Alpes.
  • 7Ancien terme de marine. Petit retranchement fait en arrière de la soute aux poudres, et justement dans les façons qui sont formées par les fourcats, Jal
  • 8 Terme de théâtre. Faire four, se disait des comédiens qui refusaient de jouer et renvoyaient les spectateurs quand la recette ne couvrait pas les frais.

    Aujourd'hui, se dit d'un comédien ou de tout autre qui échoue, d'un livre, d'une entreprise qui ne réussit pas.

    On dit dans le même sens : C'est un four ; on ne s'attendait pas à un four aussi complet.

  • 9Four s'est dit aussi des loges du cintre d'un théâtre, qui ont en effet la forme d'un four.

PROVERBES

Vous viendrez cuire à mon four, c'est-à-dire vous aurez besoin de moi, et je me vengerai.

Ce n'est pas pour vous que le four chauffe, c'est-à-dire la chose, l'affaire n'est pas pour vous. On dit que cette Voisine mettait dans un four tous les petits enfants dont elle faisait avorter ; et M. de Coulanges, comme vous pouvez penser, ne manque pas de dire, en parlant de la Tingry [dame soupçonnée de se faire avorter], que c'était pour elle que le four chauffait, Sévigné, 31 janv. 1680.

On ne peut pas être à la fois au four et au moulin.

REMARQUE

Four dans le sens de chute complète au théâtre : Rochefort, dans ses Souvenirs d'un vaudevilliste, à l'article THÉAULON, attribue l'origine de cette expression à ce que cet auteur comique avait voulu faire éclore des poulets dans des fours à la manière des anciens Egyptiens, et que son père, s'étant chargé de surveiller l'opération, n'avait réussi qu'à avoir des œufs durs. C'est depuis cet incident burlesque, ajoute-t-il, que les auteurs disent qu'une pièce fait four quand elle éprouve une chute complète. Cette origine n'est pas exacte, puisque l'expression dans le sens ancien est antérieure à Théaulon. Il est possible qu'elle ait été remise à la mode depuis quelques années et avec un sens nouveau, qui peut avoir été déterminé par le four de Théaulon, mais c'est ailleurs qu'il faut en chercher l'explication : les comédiens, refusant de jouer et renvoyant les spectateurs, c'est là le sens primitif, faisaient four, c'est-à-dire rendaient la salle aussi noire qu'un four.

HISTORIQUE

XIe s. Les treis enfanz tout en un forn ardent, Ch. de Rol. CCXXIV.

XIIIe s. Fours, quant il vient en pris, doit estre prisiés en le [la] maniere que nos deismes dessus des edefices ; car c'est edefices, Beaumanoir, XXVII, 21.

XIVe s. [Il] Mina moult fierement le mur anciseour [ancien], Qu'un trou y fist plus grant que la gueule d'un four, Guesclin. 20215. Le four du cors [clibanus corporis], c'est l'estomac, H. de Mondeville, f° 84.

XVe s. Et descendoit si grant chaleur du ciel, que proprement il estoit avis à ceux qui estoient en leurs armures, qu'ils fussent en un four, Froissart, III, IV, 20. Au four et au moulin oyt l'en les nouvelles, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 197. J'ai veu qu'il pleuvoit et gresloit et faisoit noir comme en ung four, que le pouvre homme venoit tout à pié, affin qu'il ne fust aperceu, Les 15 joyes du mariage, p. 124. Les fous à estas elever, Les saiges laisser en destour, Les vaillans mettre au cul du four, Faire inimisté et deraison… , Deschamps, Comment le roi aura juste maison.

XVIe s. Cet effort inutile à ce qu'il pensoit, lui donna ce qu'il n'esperoit point, assavoir les fours que les nostres faisoient pour faire sauter la contr'escarpe et le logement qui estoit dessus, D'Aubigné, Hist. I, 245. Four de reverberation… fours secrets des philosophes, œuf des philosophes, cornue…, Paré, t. III, p. 638. À faire la gueule d'un four sont trois pierres necessaires, Rabelais, IV, Prologue. La bonne femme ne sercheroyt jamais sa fille au four, si elle n'y eust esté paravant elle-mesmes, Palsgrave, p. 708. Pensez que, s'il y a rompture, vous serez [Marguerite de Valois] la premiere qui en portera la paste au four et qui en aura plus de dommage, Lett. de Louis XII, t. I, p. 195, dans LACURNE. À pauvres gens la paste gele au four, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 197.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

FOUR, s. m. en Architecture, c’est dans un fournil ou cuisine, un lieu circulaire à hauteur d’appui, voûté de brique ou de tuileau, & pavé de grands carreaux, avec une ouverture ou bouche, pour y cuire le pain ou la pâtisserie. Voyez l’article suivant.

On appelle four banal ou four seigneurial & public, celui où des vassaux sont obligés de faire cuire leur pain. (P)

* Four de Boulanger ; il se dit de tout le lieu où l’on fait cuire le pain, mais particulierement d’un ouvrage de maçonnerie composé de tuileaux ou de brique liés avec du plâtre ou de la chaux, & fermé par en-haut d’une voûte surbaissée, sous laquelle est un âtre ou aire plate où on range le pain. Le four n’a qu’une seule entrée par-devant, qu’on nomme proprement bouche de four. Voyez les fig. 1 & 2. Pl. du Boulanger. La fig. 1. représente le four par-devant, où on voit la bouche & la plaque CDFE, qui la ferme, & la hotte GH de la cheminée M, par où s’échappe la fumée du bois que l’on fait brûler dans le four, pour le chauffer au point que la chaleur puisse faire cuire le pain qu’on y met, après avoir retiré la braise avec le rable & l’écouvillon. Voyez les figures de ces deux instrumens, fig. 6 & 8. Pl. du Boulanger.

Four à Chaux, voyez l’article Chaux.

* Four de Campagne, en terme de Confiseur, est un four de cuivre rouge portatif, long, & de trois ou quatre doigts de hauteur, un peu élevé sur ses piés, pour qu’on puisse y mettre du feu dessous selon le besoin, & garni d’un couvercle rebordé pour retenir le feu qu’il faut quelquefois mettre dessus. Voyez la fig. 5. Pl. du Confiseur.

Four des grosses forges, voyez Grosses Forges.

Four de Verrerie, voyez Verrerie.

Four (le-), Géog. écueil ou grande roche toûjours découverte, sur la côte de Bretagne, vis-à-vis du bourg d’Argenton : c’est à cause de cette roche, que l’on nomme le passage du Four la route que prennent les navires entre la côte de Bretagne & les îles d’Onessant, pour éviter le grand nombre de rochers dont cette côte est bordée. Les tables des Hollandois donnent à cet écueil 11d 54′. de longit. & 48d 35′. de latit. (D. J.)

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Étymologie de « four »

Bourguign. for ; normand, foui (Orne) ; provenç. forn ; espagn. horno ; ital. forno ; du latin furnus, que les étymologistes rapprochent de formus, chaud, du grec θερμὸς, et du sanscrit gharma.

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Phonétique du mot « four »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
four fur

Évolution historique de l’usage du mot « four »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « four »

  • Un statisticien est une personne qui peut avoir la tête dans un four et les pieds pris dans la glace et dire qu’en moyenne il se sent bien. De Benjamin Dereca
  • C’est avec les salles glaciales qu’on fait les fours. De Marcel Achard
  • La critique : elle s'enrichit à nos dépens et se nourrit de petits fours. De Sacha Guitry
  • Il en va ainsi des petits fours ou des dragées au miel : l’indigestion guette la satiété. De Philippe Vandel / Le Dico des paradoxes
  • L’argent qui entre chez le mandarin est comme du charbon jeté dans le four. De Proverbe vietnamien
  • Autodafés, toujours mauvais présages. Hérauts du bûcher, du four, des fosses communes. De Geraldine Brooks / Le Livre d'Hanna, 2008
  • Un four cuit toujours trop ou pas assez. Un micro-onde fait même les deux à la fois. De Loi de Murphy
  • Notre univers s’étend comme gonfle dans le four un pudding aux raisins, dans un espace qu’il crée lui-même. De Hubert Reeves / Patience dans l’azur
  • On ne peut être à la fois au four et au moulin. De Proverbe français
  • Un vieux four est plus aisé à chauffer qu'un neuf. De Proverbe français
  • Mieux vaut charité plein la main que biens plein le four. De Proverbe français
  • Ordinairement, c’est le four qui fait la galette : au théâtre, c’est l’inverse. De Paul Véron
  • Première incursion d'AEG dans notre comparatif de fours encastrables. Le BPE642120M n'est pas le modèle plus évolué que nous ayons pu croiser, néanmoins, sur le papier, il dispose du strict minimum pour se faire une place dans nos cuisines. Et en pratique ? , Test AEG BPE642120M : un four encastrable fort bien équipé - Les Numériques
  • Le test du four encastrable AEG BPE642120M doit sortir ce dimanche. Lors de notre prise en main, nous avons pu constater que ce modèle disposait de 12 programmes de cuisson, mais deux d'entre eux ont particulièrement attisé notre curiosité. , Labo – Des modes de cuisson en trop sur le four encastrable AEG BPE642120M ? - Les Numériques
  • Chaque jour, la rédaction de "Sud Ouest" vous présente un trésor du patrimoine de la Charente-Maritime. Aujourd’hui, le four de Chaucre à Saint-Georges-d’Oléron. SudOuest.fr, Patrimoine en Charente-Maritime : découvrez le four chaucrin dans l’île d’Oléron
  • https://www.capital.fr/entreprises-marches/a-lyon-la-cite-de-la-gastronomie-a-fait-un-four-1374807 Capital.fr, À Lyon, la Cité de la gastronomie a fait un four - Capital.fr
  • Aubergine rôtie au four au thym et fromage de chèvre frais , Magazine Gastronomie et Vins | Une aubergine rôtie au four, c'est simple et frais !
  • Le groupe a communiqué ce vendredi. Parmi les six usines verrières de Verallia en France, le site charentais est largement touché avec la non-reconstruction d’un four qui arrive en fin de vie. SudOuest.fr, Cognac-Châteaubernard : Verallia annonce la fermeture d’un four et le départ d’environ 80 salariés

Images d'illustration du mot « four »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « four »

Langue Traduction
Anglais oven
Espagnol horno
Italien forno
Allemand ofen
Chinois 烤箱
Arabe فرن
Portugais forno
Russe духовой шкаф
Japonais オーブン
Basque labea
Corse fornu
Source : Google Translate API

Synonymes de « four »

Source : synonymes de four sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « four »

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