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Dépense

Définitions du mot « dépense »

Trésor de la Langue Française informatisé

DÉPENSE, subst. fém.

A.− Action de dépenser.
1. Action de donner de l'argent pour acquérir ou payer quelque chose. Faire une folle dépense; engager une grande (grosse) dépense; se lancer dans les dépenses; faire de la dépense (vx). L'achat des bijoux ne devait pas être considéré tant comme une dépense que comme « un placement » (Gide, École femmes,1929, p. 1265):
1. L'ennui, pour Gilbert, était que ses compagnons possédaient presque tous quelque fortune personnelle et regardaient peu à la dépense. Arland, L'Ordre,1929, p. 422.
Se mettre en dépense. ,,Faire une dépense qui n'est pas ordinaire`` (Ac. 1835-1932).
Rem. Il n'y a pas ds la docum. d'ex. de cette loc. en ce sens, attesté cependant ds la plupart des dict. généraux.
Au fig. Prodiguer ses efforts :
2. Il haussait les épaules : elle l'assommait avec ses paradoxes. Ce n'est pas malin d'avoir de l'esprit : on n'a qu'à prendre en tout le contre-pied de ce qui est raisonnable. Mais elle avait tort, ajoutait-il, de se mettre en dépense avec lui : mieux valait se réserver pour son entrevue avec le fils Azévédo. Mauriac, Thérèse Desqueyroux,1927, p. 216.
La dépense de qqc. La dépense pour acquérir quelque chose :
3. ... bien qu'on ne puisse « se présenter partout en casquette », ils [Bouvard et Pécuchet] reculèrent devant la dépense « d'un de ces chapeaux qui se plient, et qui portent le nom du chapelier Gibus, leur inventeur ». Flaubert, Bouvard et Pécuchet,t. 1, 1880, p. 88.
2. P. méton.
a) Somme d'argent dépensée. Réduire ses dépenses; être surchargé de dépenses. La mère, pleine d'ordre, tenait les livres, une comptabilité sévère des recettes et des dépenses (Zola, Nana,1880, p. 1176):
4. Je mène une vie de religieux. J'ai un lit grand comme la main. Deux chaises de paille. Une chambre sans feu. Ma dépense en bloc est de 3 francs cinq sous par jour, tout compris. Hugo, Corresp.,1851, p. 31.
5. ... elle [Christine] rognerait encore sur les dépenses, enfin elle préférait tout à cette folie, qui les jetterait ensuite au pavé, sans pain. Zola, L'Œuvre,1886, p. 230.
Spéc., COMPTAB. Comptes de dépenses; pièce de dépense. FIN. Dépense(s) publique(s); dépenses accidentelles; dépenses d'équipement, d'exploitation, de fonctionnement :
6. − Maintenant que nous tenons registre de tous les habitants, il convient, mon fils Bulloch, de lever un impôt équitable, afin de subvenir aux dépenses publiques et à l'entretien de l'abbaye. A. France, L'Île des pingouins,1908, p. 81.
La dépense de qqc. La somme d'argent dépensée pour acquérir ou entretenir quelque chose. Le consul se reposait sur elle [Divonne] de toute la dépense de la maison, très lourde avec ses charges accrues (A. Daudet, Sapho,1884, p. 98):
7. Il [Norbert] évaluait la dépense de chaque chose, et, à mesure qu'il arrivait à un total élevé, Julien remarqua qu'il s'en montrait presque jaloux et prenait de l'humeur. Stendhal, Le Rouge et le Noir,1830, p. 282.
b) Compte où sont inscrites les sommes d'argent dépensées ou à dépenser. Porter une somme en dépense; inscrire dans la rubrique (au chapitre) des dépenses :
8. ... le gouvernement ne fait plus face à ses dépenses. Demain, les fonctionnaires ne seront plus payés, ni l'armée. Et pour l'argent emprunté, il n'y en a plus. Claudel, La Ville,1901, I, p. 442.
3. Au fig. [Avec un compl. déterminatif ou un adj. précisant ce qui est employé] Action d'employer quelque chose. Dépense d'énergie, d'esprit, d'imagination; une dépense inutile de muscles; dépense cérébrale, musculaire, nerveuse :
9. ... soit par instinct, soit par goût, il [Louis] se montrait sobre de tout mouvement qui voulait une dépense de force; ses gestes étaient rares et simples... Balzac, Louis Lambert,1832, p. 111.
10. Marthe, plus mince, les joues rosées, les yeux superbes, ardents et noirs, eut alors pendant quelques mois une beauté singulière. La face rayonnait; une dépense extraordinaire de vie sortait de tout son être, l'enveloppait d'une vibration chaude. Zola, La Conquête de Plassans,1874, p. 1102.
P. ext. Quantité de matière ou d'énergie consommée. Dépense de calories, de chaleur, en combustible :
11. ... lorsque la poudre sera employée dans les travaux des mines, il faudra dépenser une certaine quantité de force pour pratiquer des cavités, y introduire et y tasser la poudre, en approcher la mèche enflammée; mais il n'y aura d'ailleurs aucun rapport entre la dépense de force appliquée à ce travail et les effets mécaniques que la détonation produira... Cournot, Essai sur les fondements de nos connaissances,1851, p. 531.
B.− Endroit où l'on conserve les provisions (dans un établissement public, une communauté, une maison particulière) :
12. Devenue la femme de confiance d'Eugénie, Madame Cornoiller eut désormais un bonheur égal pour elle à celui de posséder un mari. Elle avait enfin une dépense à ouvrir, à fermer, des provisions à donner le matin, comme faisait son défunt maître. Balzac, Eugénie Grandet,1834, p. 226.
Rem. On rencontre ds la docum. un emploi de dépensif, utilisé comme anton. de accumulatif (cf. ce mot, ex.). Cet emploi est à distinguer de l'adj. dépensif « coûteux » attesté avec un ex. du xvies. ds Littré, Guérin 1892, puis Nouv. Lar. ill. et Lar. 20e.
Prononc. et Orth. : [depɑ ̃:s]. Ds Ac. 1694 et 1718, s.v. despense; ds Ac. 1740-1932 sous la forme moderne. Étymol. et Hist. A. 1. 1176 « action de dépenser de l'argent; somme dépensée, frais » a grant despance (Chr. de Troyes, Cliges, éd. A. Micha, 4533); 2. 1693 « emploi, utilisation d'une chose quelconque » ici en parlant du temps (La Bruy., Disc. sur Theophr. ds Littré); 3. 1851 « quantité de matière utilisée » (Cournot, Fondem. connaiss., p. 531 : Le rapport qui subsiste entre la dépense de la machine et son effet utile). B. Ca 1180 « lieu où l'on conserve les provisions » despenses... celiers (M. de France, Fables, 9, 21 ds T.-L.); fin xiies.-début xiiies. « nourriture » (Jourdain de Blaye, éd. P.-F. Dembowski, 2363). Du lat. dispensa part. passé fém. subst. de dispendere, v. dépens. B lat. médiév. « ce qui est nécessaire à l'entretien, provisions » (819 ds Nierm.), d'où « garde-manger » (ibid.). Fréq. abs. littér. : 2 141. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 4 310, b) 2 984; xxes. : a) 2 417, b) 2 373. Bbg. Straka (G.). En relisant Menaud, maître-draveur. In : [Mél. Imbs (P.)]. Trav. Ling. Litt. Strasbourg. 1973, t. 11, no1, p. 291.

Wiktionnaire

Nom commun

dépense \de.pɑ̃s\ féminin

  1. L’argent qu’on emploie à quelque chose que ce puisse être.
    • Cette femme […] avait un goût décidé pour la dissipation et l’amusement : très bornée dans ses dépenses, elle ne pouvait se procurer les plaisirs dont elle était avide, ni consentir à s’en priver. — (Marie-Jeanne Riccoboni, Histoire d’Ernestine, 1762, édition Œuvres complètes de Mme Riccoboni, tome I, Foucault, 1818)
    • La dépense moyenne par hectare pour me défendre contre l’oïdium et le mildew atteignit 106 fr., tandis que dans les années ordinaires, je puis me contenter de cinq traitements mixtes, dont les frais peuvent être réduits à 60 fr. — (Paul Coste-Floret, Les travaux du vignoble : plantations, cultures, engrais, défense contre les insectes et les maladies de la vigne, Montpellier: chez Camille Coulet & Paris : chez Masson & Cie, 1898)
    • Ces dépenses injustifiées et excessives sont communément appelées, reprenant ainsi le terme de la jurisprudence des juridictions du contentieux de la tarification, abusives. — (Jean-Pierre Hardy, Financement et tarification des établissements et services sociaux et médico-sociaux, Éditions Dunod, 5e éd., 2018, p. 101)
    • À titre de rédacteur de discours (salarié ou à la pige), rappelez-vous que les projets de vos clients, surtout ceux des politiciens, occasionnent rarement des dépenses. Classez ce mot dans les substances allergènes. Parlez plutôt d’investissements, toujours planifiés pour le développement de l'entreprise ou le bien de la collectivité. — (Gilles Trudeau, Discours gagnants – Petit guide de rédaction', Linguatech éditeur, Montréal. 2018, p. 16)
  2. (Par extension) Compte où se trouve porté ce qui a été dépensé ou déboursé.
    • La dépense se monte à tant. Passer en dépense. Porter une somme, un article en dépense. La dépense excède la recette. Livre de dépense.
  3. (Figuré) Emploi que l’on fait de son temps, de ses efforts pour obtenir quelque chose.
    • Dépense physique.
    • Une grande dépense de forces.
    • (Par extension) Une dépense de munitions, de charbon, d’essence, etc. Il a fait inutilement une grande dépense d’esprit, d’érudition.
  4. (Vieilli) Lieu où l’on reçoit et où l’on distribue les objets en nature, où se fait le paiement des gens de service et des fournisseurs, etc., dans une communauté, dans un internat scolaire.
  5. Pièce où l'on serre les provisions de bouche ; garde-manger.
    • Celui-ci, qui aimait ses aises, avait condamné toutes les fenêtres d'un côté pour les remplacer par une étroite lucarne, qui donnait sans doute sur une dépense obscure. — (Nicolas Gogol, Les âmes mortes, 1842 ; traduction de Henri Mongault -1949)

Forme de verbe

dépense \de.pɑ̃s\

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de dépenser.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de dépenser.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de dépenser.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de dépenser.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de dépenser.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

DÉPENSE. n. f.
L'argent qu'on emploie à quelque chose que ce puisse être. De folles dépenses. Inscrire ses dépenses sur son livre de comptes. Dépense réglée. Dépense de table. Sa dépense excède ses revenus. Fournir à la dépense. Ne pas regarder à la dépense. Faire de la dépense, Faire beaucoup de dépense. Se mettre en dépense, Faire une dépense qui n'est pas ordinaire. Faire la dépense, Être chargé du détail de ce qui se dépense dans un ménage, dans une maison. Il se dit, par extension, d'un Compte où se trouve porté ce qui a été dépensé, déboursé. La dépense se monte à tant. Passer en dépense. Porter une somme, un article en dépense. Chapitre de dépense. La dépense excède la recette. Livre de dépense. Il se dit figurément de l'Emploi que l'on fait de son temps, de ses efforts pour obtenir quelque chose. Dépense physique. Une grande dépense de forces. On dit, par extension, Une dépense de munitions, de charbon, d'essence, etc. Il a fait inutilement une grande dépense d'esprit, d'érudition. Il se dit en outre, dans une communauté, dans un internat scolaire, du Lieu où l'on reçoit et où l'on distribue les objets en nature, où se fait le paiement des gens de service et des fournisseurs, etc.

Littré (1872-1877)

DÉPENSE (dé-pan-s') s. f.
  • 1Argent employé à toutes choses, privées ou publiques, qu'on se procure, qu'on fait ou fait faire. Il ne faut pas que tu penses Trouver de l'éternité En ces pompeuses dépenses Qu'invente la vanité, Malherbe, II, 2. L'aumône ne se fait pas sans dépense, mais le profit surpasse la perte, Maucroix, Hom. 15, dans RICHELET. Gens de grosse dépense, La Fontaine, Berc. Cela empêche que l'on ne fasse la dépense d'une corde pour se pendre, Sévigné, 221. La grande dépense que vous faites à Aix, Sévigné, 404.

    Dépense sourde, dépense secrète et qui ne paraît pas. Cet homme se ruine en dépenses sourdes.

    Dépenses secrètes d'un gouvernement, s'est dit quelquefois comme fonds secrets.

    Faire de la dépense, dépenser de l'argent. Je n'entends pas que vous fassiez de dépense, Molière, Pourc. I, 10. Ils avaient de l'esprit et faisaient de la dépense, Hamilton, Gramm. 4. Il ne trouve plus à propos d'y faire de la dépense, Sévigné, 507. Faisant de la dépense dans Jérusalem, Massillon, Car. Riche.

    Se mettre en dépense, faire une dépense qui n'est pas ordinaire.

    Fig. Vous eûtes de la complaisance, Mais vous en deviez moins avoir, Et ne vous pas mettre en dépense, Pour ne me donner que l'espoir, Molière, Mis. I, 2.

    Mettre quelqu'un en dépense, être pour lui cause de dépenses.

    Faire la dépense, être chargé du détail des frais.

    Forcer la dépense, les dépenses, augmenter la dépense, ou l'évaluer, la compter plus grande qu'elle n'est.

    En termes de jurisprudence, dépenses nécessaires, celles qui sont faites par celui qui n'est pas propriétaire d'une chose, pour la conserver ; utiles, pour l'améliorer ; voluptuaires, de pur agrément.

  • 2Compte où se trouve relatée chaque somme déboursée. Porter en dépense. Chapitre de dépense. La dépense se monte chaque mois à tant. Nos pères comptaient en toutes choses avec eux-mêmes : leur dépense était proportionnée à leur recette, La Bruyère, VII.

    Terme de ménage. Écrire la dépense, écrire chaque jour ce qui a été dépensé dans la journée. Qu'une autre écrive la dépense… Je veux que mon maître de danse…, Béranger, Éduc.

  • 3 Fig. Emploi d'une chose quelconque. Il avait coutume de dire… que la plus forte dépense que l'on puisse faire est celle du temps, La Bruyère, Disc. sur Théophr.

    En cet emploi, dépense se dit quelquefois avec une nuance d'ironie et comme pour signifier que la dépense ne servira à rien. Il a fait une grande dépense d'érudition, d'esprit.

  • 4Dans un château, dans une maison royale, dans une communauté, lieu où l'on reçoit et où l'on distribue les objets en nature.

    Dans les maisons particulières, lieu où l'on serre les provisions et différents objets destinés à la table. Ces pommes étaient au fond d'une dépense, Rousseau, Conf. I.

    Dans les vaisseaux, lieu où l'on distribue les vivres, aujourd'hui cambuse.

  • 5 Terme d'hydraulique. Quartité de liquide fournie, dans un temps donné, par un orifice d'écoulement.

    PROVERBE

    Le gain n'en vaut pas la dépense, c'est-à-dire la chose coûte plus qu'elle ne rapporte.

HISTORIQUE

XIIIe s. Li philosophe apeloient l'estomac despense du cors ; car ausi com vous veés que de le [la] despense de l'ostel sont aministré li norrissement à ciaus [ceux] de l'ostel…, Alebrand, f° 38. Ses cors meïsmes ira avec vous en la terre d'outre mer, ou envoiera, se vos cuidiés que ce soit miels [mieux], à tous dis mil homes de sa despense [à ses frais], Villehardouin, LI. Renart l'a moult bien esgardée ; Com il la vit et si s'apense Que il en fera sa despense, Ren. 22844. Foulz est qui contre mort cuide trover deffense ; Des biaux, des fors, des sages fait la mort sa despanse ; La mors mort Absalon et Salomon et Sance [Samson], Rutebeuf, 141. Au chief du cloistre d'autre part estoient les cuisines, les panneteries, les bouteilleries et les despenses, Joinville, 206.

XIVe s. Nous posons et mettons que despense soit donacion, Oresme, Eth. 108.

XVe s. Mais quant ce vint au fait de la despence, Il restraingnit eufs, chandelle et moustarde, Et oublia pain, vin, char et finance : Tout se detruit, et par default de garde, Deschamps, Admin. de l'hôtel du prince. Ils trouvent les façons de dissimuler à ouyr les parties et les tesmoings, pour tenir la personne et destruire en despense, et attendent tousjours si nul ne se veult plaindre de celluy qui est detenu, Commines, V, 18.

XVIe s. Allez-vous-en à la despense [office] demander à desjeuner, Despériers, Contes, LXXV. Les oreilles [oreillettes] du cœur ont esté faites de telle capacité, à fin qu'elles peussent (comme une despense) recevoir le sang ou air qui durant le temps du diastole pourroit estre introduit au cœur…, Paré, II, 11. Outre lequel rapport, la vigne donne du vin de despence pour le mesnage, qu'on fait avec de l'eau sur le marc des raisins, De Serres, 145. Dans deux ou trois jours le premier trempé ou despence sera tiré de la cuve et entonné comme le vin, De Serres, 220. Selon l'entrée la despense ; sage n'est qui bien n'y pense, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 414.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

DÉPENSE, s. f. (Jurisprud.) est le chapitre d’un compte, où l’on fait mention de l’emploi qui a été fait de ce que l’on a reçu ; ce chapitre suit celui de la recette. La dépense ne doit point être alloüée qu’elle ne soit justifiée par des quittances ou autres pieces suffisantes. Voyez Compte & Recette. (A)

Dépense, (Commerce.) en termes de compte & de commerce ; c’est un des trois chapitres dont un compte est ordinairement composé. Il se met après celui de recette, & avant celui de reprise. Voyez Compte. Dictionn. de Comm. Trév. & Chamb. (G)

Dépense, (Architecture.) est une piece du département de la bouche, où l’on serre les provisions de chaque jour & les restes des viandes. On l’appelle en latin, cella penaria. Voyez les Pl. d’Architecture. (P)

Dépense, (Marine.) c’est le lieu où le maître-valet tient les vivres qu’il distribue.

Dans les navires de guerre, on place ordinairement la dépense au fond de cale, proche la cuisine, & il y a une ouverture par laquelle on donne les vivres ; mais dans les vaisseaux marchands la dépense est le plus souvent placée à a même hauteur que la cuisine. (Z)

Dépense, (Hydraulique.) La dépense des eaux est leur écoulement ou leur débit en un certain tems : on mesure cette dépense par le moyen d’une jauge percée de plusieurs trous depuis un pouce jusqu’à deux lignes circulaires.

Comme les auteurs confondent la vîtesse & la dépense des eaux jaillissantes, on peut prendre l’une pour l’autre.

Il y a deux sortes de dépense, la naturelle & l’effective.

La dépense naturelle est celle que les eaux jaillissantes feroient suivant les regles établies par les expériences, si leurs conduites & ajutages n’étoient pas sujets à des frottemens.

La dépense effective est celle que l’expérience fait connoître, laquelle est toûjours moindre que celle donnée par le calcul ; il faut toûjours compter la dépense des eaux par la sortie de l’ajutage, & jamais par la hauteur des jets.

Les dépenses des jets qui viennent d’un réservoir de même hauteur, mais dont les ajutages ont différentes sorties, sont les uns aux autres en raison doublée des diametres de leur ajutage, c’est-à-dire en raison des quarrés des diametres de ces ajutages.

Les jets d’eau venant de réservoirs de différentes hauteurs, dont les ajutages ont la même sortie, sont les uns aux autres en raison soûdoublée des mêmes hauteurs, c’est-à-dire comme les racines quarrées de leurs hauteurs. Voyez Ajutage.

C’est suivant ces principes qu’on a établi les deux formules suivantes.

On suppose dans les calculs suivans, que les réservoirs soient entretenus d’eau à la même hauteur pendant l’expérience, sans cela l’évaluation du jet & de sa dépense changeroient suivant la charge de l’eau.

Premiere formule. Calculer la dépense des jets venant d’un même reservoir. & avec différens ajutages. On demande combien de pintes d’eau par minute depensera un jet de 60 piés de haut, ayant un ajutage de 6 lignes de diametre. L’expérience nous apprend, 1°. qu’un jet dont l’ajutage a 3 lignes de diametre, venant d’un réservoir de 52 piés de haut, a dépensé par minute 28 pintes mesure de Paris : 2°. on sait par une autre regle reçue, qu’un jet pour parvenir à 60 piés de haut, doit descendre d’un réservoir de 72 piés de hauteur. Faites les deux regles de trois suivantes. Voyez Regle de trois.

Premiere regle. On commence à comparer ces deux expériences, qui vous donnent deux termes connus de même espece, qui sont 52 & 72. On prend entre ces deux nombres une moyenne proportionnelle, dont on tire la racine quarrée (consultez ces deux articles) ; cette moyenne proportionnelle sera le troisieme terme connu, & la regle de trois vous donnera le quatrieme en cette maniere : mettez au premier terme 52, au second la moyenne proportionnelle entre 52 & 72, qui est , & les 28 pintes d’eau que dépense le jet de 52 piés de haut trouvées dans l’expérience seront au 3me terme ; 52, ∷ 28, x ; multipliez les deux termes moyens l’un par l’autre, c’est-à-dire 28 par , ce qui vous donnera 1712 que vous diviserez par 52, pour avoir au quotient 33 pintes environ : ainsi un jet de 60 piés de haut, dépense par l’ouverture de trois lignes, & par minute, à peu-près 33 pintes d’eau.

Seconde regle. Comme on demande la dépense d’eau d’un jet de 6 lignes, il faut nécessairement une seconde opération. On sait que les jets provenans de même hauteur de réservoirs avec différens ajutages, sont en raison doublée des diametres des ajutages ; faites cette regle : le quarré de 3 lignes d’ajutage, qui est 9, est à 36 quarré de 6 lignes de l’ajutage demandé, comme 33 pintes de dépense par minute trouvées dans la premiere regle sont à x : on rangera ainsi les termes, 9, 36 ∷ 33, x ; multipliez les deux termes moyens 36 par 33, dont le produit 1188 divisé par 9 donnera pour quotient 132 pintes ; ainsi un jet de 60 piés de haut par 6 lignes d’ajutage dépensera par minute 132 pintes, qui vous donneront tant de muids par heure ; en multipliant 132 par 60 minutes, on aura 7920, qu’il faut diviser par 288 pintes valeur du muid, & l’on trouvera 27 muids par heure, & 660 muids en 24 heures. Cette formule est générale.

Seconde formule. Calculer la dépense des jets venant de différentes hauteurs de réservoir avec les mêmes ajutages. On veut savoir la dépense par minute d’un jet dont le réservoir est à 45 piés de haut, & dont l’ajutage a 3 lignes de diametre.

On se sert de l’expérience qu’un jet provenant d’un réservoir de 13 piés de haut, a dépensé par minute 14 pintes mesure de Paris, ayant un ajutage de 3 lignes de diametre : on compare ce nombre 13 avec celui 45, hauteur du réservoir du jet demandé ; on cherche une moyenne proportionnelle (V. Moyenne proportionnelle) entre les nombres 13 & 45, elle se trouve de que l’on peut évaluer à , & comme l’on a trois termes connus de la regle, on écrit 13, ∷ 14, x, c’est-à-dire 13 piés de hauteur de réservoir sont au nombre moyen proportionnel , comme 14 pintes sont au nombre demandé, exprimé par x ; multipliez par 14, ce qui produira 343 qu’il faut diviser par 13, ce qui donnera au quotient 26 pintes environ ; ainsi un jet venant d’un réservoir de 45 piés de haut, avec le même ajutage de 3 lignes de diametre, dépensera en une minute 26 pintes d’eau. Voyez Jet d’eau.

Cette formule est générale, pourvû que ce soit toûjours le même ajutage dans la formule. (K)

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Étymologie de « dépense »

(Date à préciser) Du latin dispensa, participe passé neutre substantivé de dispendere (« peser en distribuant », d'où « distribuer ») dont dérive dispendium (« frais, dépense »).
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Provenç. despensa, despessa ; portug. despesa, despeza ; ital. dispensa ; du supin depensum, de dependere, dépenser (voy. DÉPENDRE 3).

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Phonétique du mot « dépense »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
dépense depɑ̃s

Évolution historique de l’usage du mot « dépense »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « dépense »

  • Avant de bâtir la tour, il faut calculer la dépense. De Saint Luc / Evangile
  • Qui dépense et ne compte pas, Mange son bien et ne le goûte pas. De Proverbe français
  • J’ai foi dans le dollar. Je dépense tout ce que je gagne ! De Joan Crawford
  • La vie n'est pas ce qu'on pense, mais ce qu'on dépense. De Réjean Ducharme / Les Enfantômes
  • Le plus important n'est pas l'argent mais la manière dont on le dépense. De Moses Isegawa / Chroniques abyssiniennes
  • Il faut dépenser quand on est jeune l'argent qu'on aura quand on sera vieux. De Sacha Guitry
  • Il est plus facile de ne rien dépenser que de dépenser peu. De Jules Renard
  • L’argent que je dépense pour moi peut être une corde à mon cou ; l’argent que je dépense pour les autres peut me donner les ailes d’un ange. De Roswell Dwright Hitchcock
  • Un homme sait dépenser un million de pièces de monnaie pour marier sa fille, il ne sait pas en dépenser cent mille pour l'élever. De Kaïbara Ekikenn / La Grande Science pour les femmes
  • Plus on dépense pour diffuser, moins on dépense pour produire, et à moins de disposer d'une richesse considérable, le déséquilibre survient en défaveur de la production, c'est-à-dire du principal. De Yves Jaigu / Les dossiers de l’Audiovisuel
  • La plus coûteuse des dépenses, c'est la perte de temps. De Théophraste
  • Gagne en laboureur pour dépenser en prince. De Proverbe turc
  • Gagner apprend à dépenser. De Proverbe anglais
  • Le choc récessif du confinement méritait une réplique à la hauteur. Elle l’est. Et tant mieux. Mais attention : le flot d’argent magique nourrit ce travers français qui fait de la dépense publique, devenue émotionnelle, la solution à tout, en quantité mais pas en qualité. Gare au réveil ! L'Opinion, Du danger de la dépense émotionnelle – Politique | L'Opinion
  • “Il est probable que la baisse de nombreuses dépenses induites par le confinement et par la contraction du programme de déplacements et d’événements du président de la République, contribuera à limiter le prélèvement sur les réserves de l’Elysée”, notent l'auteure du rapport. Pour rappel, les fonds propres du Palais étaient évalués à un peu plus de 17 millions d’euros, à la fin de l’année 2018. Capital.fr, Masques, ordinateurs portables... combien l'Elysée et l'Assemblée ont dépensé pendant le confinement - Capital.fr
  • Les dépenses publiques ont atteint 45 000 € par ménages en 2018, soit 3 750 euros par mois Boursorama, Les dépenses publiques ont atteint 45 000 € par ménages en 2018, soit 3 750 euros par mois - Boursorama
  • Certaines pathologies représentent une proportion particulièrement importante des dépenses d’assurance maladie : Previssima, L’Assurance maladie formule ses propositions pour améliorer la qualité du système de santé et maîtriser les dépenses - Previssima
  • La crise du Covid-19 conduit souvent à affirmer qu'il faudrait en France davantage d'Etat. Pour accroître les dépenses publiques de santé et d'éducation ; pour relocaliser les industries stratégiques, comme les médicaments, les matériels de télécoms ; pour étendre la protection sociale des plus fragiles. Mais aujourd'hui, en France, l'Etat détruit de la croissance potentielle. La dépense publique y pèse déjà plus lourd que nulle part ailleurs (56 % du PIB). Pour de " bonnes " raisons, fruits de choix politiques assumés. Le poids extraordinaire de la retraite dans le PIB français (14 %, contre 9 % en Allemagne) est le résultat d'un choix social clairement établi pour un âge de départ à la retraite précoce. De même, l'investissement significatif dans la santé, l'éducation ou le logement se défend : à 8 %, 5 % et 2 % du PIB, la France investit à chaque fois 1 point de PIB de plus que l'Allemagne. Mais les montants engagés le sont aussi pour de mauvaises raisons. Challenges, En France, plus d’Etat, c’est toujours moins de croissance - Challenges
  • Toutes ces dépenses extravagantes ont essentiellement eu lieu avant la crise du Covid-19. Contrepoints, Dette, dépenses : la faillite sereine de la France | Contrepoints

Images d'illustration du mot « dépense »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « dépense »

Langue Traduction
Anglais spent
Espagnol gastado
Italien trascorso
Allemand verbraucht
Chinois 花费
Arabe أمضى
Portugais gasto
Russe потраченный
Japonais 費やした
Basque igaro
Corse spentu
Source : Google Translate API

Synonymes de « dépense »

Source : synonymes de dépense sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « dépense »

Dépense

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