La langue française

Dam

Sommaire

  • Définitions du mot dam
  • Étymologie de « dam »
  • Phonétique de « dam »
  • Évolution historique de l’usage du mot « dam »
  • Citations contenant le mot « dam »
  • Images d'illustration du mot « dam »
  • Traductions du mot « dam »
  • Synonymes de « dam »
  • Antonymes de « dam »

Définitions du mot « dam »

Trésor de la Langue Française informatisé

DAM1, subst. masc.

[Dans des loc., précédé de la prép. à] Préjudice. Toute loi morale est bonne et utile, et nul ne peut la violer qu'à son dam (J. Simon, Devoir,1854, p. 372).Lever un malentendu qui oppose la Crète à la Grèce, au grand dam de nos deux pays (Gide, Thésée,1946, p. 1428):
1. La faute de certains rois de France, admirables par ailleurs, a été de la subir [l'Inquisition] et de la tolérer, au grand dam de leurs successeurs. L. Daudet, Les Universaux,1935, p. 55.
Rare. [Le compl. désigne une chose] Les odieux grincements d'engrenages qui accompagnent trop souvent, au grand dam des dentures, les manœuvres avec les boîtes [de vitesses] ordinaires (Tinard, Automob.,1951, p. 332).Les incantations des sorcières étaient primitivement enregistrées. Peut-être au dam de la claire intelligibilité (Serrière, T.N.P.,1959, p. 134).
Rem. Seule l'expr. au grand dam de est d'usage courant.
En partic., THÉOL. Châtiment éternel qui prive les réprouvés de la vue de Dieu. La peine du dam. Et quand Dieu ratifie cette volonté solitaire, c'est le dam (Blondel, Action,1893, p. 371):
2. Et si vous dites que vous n'imaginez pas ce que c'est que l'Enfer, J'entends cette ligature et ce dam, la nausée et ce transport en nous de désespoir et de colère, Il était temps que je l'apprenne à votre place et je puis vous rendre compte en expert. Claudel, Visages radieux,1947, p. 811.
Prononc. et Orth. : [dɑ ̃], vieilli [dan]. Les dict. et ouvrages mod. transcrivent la nasale (cf. Passy 1914, Barbeau-Rodhe 1930, Pt Rob., Pt Lar. 1968, Warn. 1968 et Lar. Lang. fr.; cf. également Fouché Prononc. 1959, p. 17). Les dict. plus anc. transcrivent [dan] comme damner (cf. Fér. 1768, Fér. Crit. t. 1 1787, Land. 1834, Gattel 1841, Nod. 1844, Besch. 1845, Littré et DG; cf. aussi la rem. ds Ac. 1798-1932, le mot étant admis ds toutes les éd. de 1694-1932). Dupré 1972 cite A. Thérive pour lequel [dan] est la prononc. correcte mais qui constate que 3/4 des gens disent [dam]. L'orth. influence donc la prononc. du mot dans lequel m est tout à fait irrég. Homon. dans, dent. Étymol. et Hist. 1. 842 « dommage, préjudice de quelqu'un » (Serments de Strasbourg ds Henry Chrestomathie, p. 2, 8); 1remoitié xes. damz cas sujet sing. (St Léger, éd. Linskill, 51); ca 1450 a nostre dam (Mistère viel Testament, éd. J. de Rothschild, 49013), dep. le xvies. (Hug.; Gdf.) a tendance à ne plus s'employer que dans l'expr. à mon (son, leur,...) dam!; 2. 1579 spéc. théol. (Foucqué, Vie de J.-C., fo117 ds Littré). Empr. au lat. class. damnum « dommage, préjudice »; au sens 2 p. réf. à damner*. Fréq. abs. littér. : 50.

DAME1, DAM2, subst. fém. et interj.

DOMAINE DE LA PERSONNE ET/OU DE L'ACTIVITÉ HUMAINE
I.− Subst. fém.
A.− Personne adulte du sexe féminin.
1. [P. oppos. à homme, pers. adulte du sexe masc.] Femme adulte mariée ou non.
a) SOCIÉTÉ CIVILE et MILIT. Femme d'un certain rang social ou accomplissant certaines tâches sous la direction ou au service de dames d'un certain rang.
α) HIST. et SOCIÉTÉ
Membre de la noblesse. Dame châtelaine, dame du château. Comme une dame et un seigneur de l'ancien temps (Zola, Rêve,1888, p. 50).Tout roulait entre gens des montagnes, loin du curé, du magister et des dames de domaine (Pourrat, Gaspard,1922, p. 226):
1. Pauvre innocente qui se croit déjà dame et châtelaine, avec des comtes et des barons, et un page pour lui porter la queue de sa robe!... Bernanos, Sous le soleil de Satan,1926, p. 71.
[Avec poss.] Notre dame la duchesse demande à parler à notre seigneur le duc (Hugo, L. Borgia,1833, 2, part. 1, 1, p. 80).
La dame de ... (suivi du nom du lieu dont elle est suzeraine). Elle, cette dame de Beaumont, cette comtesse de Beaumont (elle était comtesse) (Barb. d'Aurev., Mémor. A... B...,1864, p. 438).La dame du lieu (cf. Chateaubr., Génie,t. 2, 1803, p. 73).
HIST. [En parlant des filles du roi de France] Synon. Madame.Le roi avait au bal prétendu donner le pas à Mllede Lorraine sur des dames de France (Guéhenno, Jean-Jacques,1952, p. 280):
2. ... et le faisant lever, elle le mena à la reine sa mère. Les ambassadeurs furent charmés de la manière, de la contenance, de la grâce et de l'esprit de cette jeune fille de France : ils disaient entre eux qu'elle serait une noble et excellente dame. Barante, Hist. des ducs de Bourgogne,t. 2, 1821-24, p. 142.
[P. oppos. au sens ancien du terme demoiselle A 1] On l'appelle mademoiselle, quoiqu'elle ait été mariée. Le nom de dame était encore réservé aux femmes nobles. Et elle reste demoiselle (Michelet, Insecte,1857, p. 395).
[Noblesse du xixes. et noblesse contemporaine] Femme de haute naissance chargée de certaines fonctions auprès de la reine, des princesses royales. Dans sa maison, entourée de ses gentilshommes et de ses dames, elle [la princesse de la maison de France] fait observer l'étiquette la plus rigoureuse (A. France, Lys rouge,1894, p. 137).
Dame d'atour(s). Dame chargée de la toilette. Telle dame d'atour de Madame sœur (Staël, Consid. Révol. fr.,t. 2, 1817, p. 228).
Dame de compagnie. Le bon neveu René chambellan du prince Louis, sa femme dame de compagnie de la princesse, etc. (Sand, Hist. vie,t. 2, 1855, p. 81).
Dame d'honneur. Première dame de la suite de la souveraine et des princesses royales. Il [l'empereur] nous a nommé quelques-unes des personnes qu'on lui avait proposées pour dames d'honneur : la princesse de Vaudémont; une Mmede la Rochefoucauld (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t. 1, 1823, p. 195):
3. ... James nous conduisit chez deux de ses amis locaux, qui auraient pu être une dame d'honneur et un chambellan pauvre de la reine Victoria réduits à l'indigence. Blanche, Mes modèles,1928, p. 181.
Dame du palais. J'ai raconté à l'empereur l'anecdote de sa nomination de dame du palais (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t. 1, 1823p. 642).
P. ext. [Usage commun à la haute bourgeoisie et à la noblesse] Dame du monde. Me voyant extrêmement riche, le but de ma vie était de devenir une dame titrée (Stendhal, L. Leuwen,t. 3, 1836, p. 400).Depuis quand voit-on la suivante avoir la préséance sur la dame? (Gautier, Fracasse,1863, p. 87).Quelques ouvrages de dévotion pour dames du monde (Maurras, Avenir Intellig.,1905, p. 49).
Femme qui se comporte comme une dame de la haute société. Oh! oh! la Rate est fringuée en dame (Colette, Entrave,1913, p. 95).Dans son idée, je dois devenir une dame (Bernanos, Journal curé camp.,1936, p. 1250)Faire de quelqu'une une dame. Lui permettre d'accéder au rang de dame. Le seul voisinage de l'or paternel (...) a fait des dames de ces campagnardes (Maupassant, Mont-Oriol,1887, p. 86).Emploi adj. En cotillon de dessous, elles avaient un air très républicain, sauf de visage qui restait très dame sous la coiffure (Giono, Hussard,1951, p. 220).
P. anal.
Personne exerçant une profession d'un certain rang ou dans des maisons d'un certain rang :
4. Je sais qu'une indiscrétion a été faite alors que j'étais au front et, naturellement, par une femme, ma femme trop heureuse de soumettre au maître les plaquettes que j'avais publiées, (...) et de papoter et d'intriguer (...) avec l'amie de Rémy de Gourmont, sa vieille égérie de toujours et sa plus récente inspiratrice, Mme de C... et miss B... (...) et d'intéresser de si grandes dames de lettres au sort de son mari-soldat. Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 320.
[Suivi du nom du métier] Les plus connues de ces dames de théâtre (Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Masque, 1889, p. 1165).Ces dames les institutrices sont très aimables (Colette, Cl. école,1900, p. 42).[Suivi du nom d'une institution] Une de ses dernières affections fut pour Mademoiselle Verrières, dame de l'Opéra (Sand, Hist. vie, t. 1, 1855, p. 33).Le ministre avait cédé la place à une dame de la Comédie Française (Druon, Gdes fam.,t. 1, 1948, p. 107).
Dame de compagnie. Femme au service d'un particulier (homme ou femme) pour lui tenir compagnie et faire les honneurs de la maison. Nous ne réussissons pas à trouver une dame de compagnie pour ma pauvre maman! (Flaub., Corresp.,1872, p. 17).Elle se dépensa sans compter, tint la maison de ses parents, à Meudon puis à Paris, se fit gouvernante, infirmière, majordome, dame de compagnie, servante, sans pouvoir désarmer l'agacement muet de sa mère (Sartre, Mots,1964, p. 10).
P. ext. Dame de comptoir (vieilli). Femme chargée de la caisse et de la vente dans certains établissements. La dame de comptoir du café qu'il fréquentait (Flaub., 1reÉduc. sent.,1845, p. 185).Je prenais, sur l'offre d'une des dames du comptoir, un bonbon extrait d'un des vases de verre entre lesquels elles trônaient (Proust, Temps retr.,1922, p. 826).Dame de vestiaire, de lavabo. Préposée au vestiaire, aux toilettes. On ne répond pas, dit la dame du lavabo (Nizan, Conspir.,1938, p. 12).Elsa (...) parla très fort à la dame du vestiaire (Sagan, Bonjour tristesse,1956, p. 146).
[En parlant d'une pers. à qui l'on s'adresse sous l'appellation Madame] Cette dame. On demande au Marquis, par quel hasard cette dame, qu'il appelle madame la Duchesse, attend dans la cour sans entrer (Sénac de Meilhan, Émigré,1797, p. 1625).La dame en question est MmeAdam. D'Osmoy m'a dit qu'elle était plus puissante que tous les ministres (Flaub., Corresp.,1878, p. 84).
En partic. Femme du monde qui consacre une partie de son temps à des œuvres pieuses ou charitables. Il en est une [passion] surtout que nos dames de paroisse déguisent assez mal sous les apparences de dévotion dont elles cherchent à les couvrir (Jouy, Hermite,t. 2, 1812, p. 30).Un petit salut de protection comme en ont, à l'adresse des malheureux, les dames des bonnes œuvres (Breton, Manif. Surréal.,2eManif., 1930, p. 124).
Dame de charité. L'actrice se présenta avec la juste mesure d'aisance, avec la distinction accomplie d'une jeune dame de charité introduite chez une personne de son rang (Vogüé, Morts,1899, p. 327).
Dame patronnesse. Dame patronnesse de trois crèches et de douze œuvres recommandées par le cardinal-archevêque (A. France, Orme,1897, p. 63):
5. ... on apprit que Mme Charmet était dame de charité, dame patronnesse de plusieurs œuvres de bienfaisance, et qu'elle était chargée de distribuer aux pauvres les revenus d'une grande fortune. Ponson du Terrail, Rocambole,t. 2, 1859, p. 76.
Péj., par dérision
Femme entretenue d'apparence bourgeoise. Dame du demi-monde. L'entreteneur de la dame (Goncourt, Journal,1896, p. 964).
[P. allus. au roman de Dumas] Dame au(x) camélia(s). Vieilli. Il faudrait un rude limier pour trouver le rembucher d'une dame aux camélias (Poulot, Sublime,1872, p. 119).Croyez-vous toujours qu'il y a des dames au camélia (Aragon, Rom. inach.,1956, p. 221).
[P. allus. iron. à la dame du Lac du roman de Lancelot] Dame du lac. Arg. des gens de lettres, vieilli. Demi-mondaine qui cherche ses conquêtes au Bois de Boulogne, autour du lac :
6. En désignant, sous le nom de cocottes, les élégantes du demi-monde, nous employons une expression vieillie, car depuis la dernière exhibition de Longchamp, ces charmantes dépensières s'appellent : les dames du Lac. Avenel, Les Calicots,1866, p. 129.
Fille publique, souvent de luxe. Dame de petite vertu. Synon. prostituée.Aucune de ces « dames » [de la maison de prostitution] ne lui cherchait misère [à Élisa] (E. de Goncourt, Élisa,1877, p. 45).Méfie-toi des dames de la rue, des dames qui font un métier de leurs charmes (Duhamel, Jard. bêtes sauv.,1934, p. 45).Ces messieurs-ci vivent du travail de ces dames-là (Camus, Chute,1956, p. 1477).
Petite dame (vieilli et pop.). Compagne attitrée et entretenue. Petites dames en chambre, modestes et jouant un rôle de veuve (Zola, Pot-Bouille,1882, p. 131).J'(...) ai appris que M. Xavier Frontenac, au vu et au su de toute la ville, entretenait une petite dame (Mauriac, Myst. Frontenac,1933, p. 41).
β) HIST. et EXPR. LITTÉR.
[Emprunt à la théorie et au vocab. de l'amour courtois] Femme noble à laquelle se consacrait un chevalier. La dame de ses pensées; servir sa dame; porter le chiffre, les couleurs de sa dame. Synon. amie, maîtresse.Les accusations publiques d'inconstance, de félonie envers sa dame étaient suivies d'arrêts quelquefois sanglans (Jouy, Hermite,t. 3, 1813, p. 6).Le respect attendri du bon chevalier de la Manche pour sa dame Dulcinée (Vogüé, Morts,1899, p. 149):
7. Le gentilhomme qui accomplit un exploit pour sa dame lui paraissait diminuer par là son exploit : il était choqué par ces fadaises, et détestait l'état d'esprit qui place l'homme, l'homme fort et raisonnable, sous la suprématie de la déficience féminine. Montherlant, Les Bestiaires,1926, p. 417.
P. ext. Femme à laquelle un troubadour, un ménestrel offre ses hommages et son amour. Servir sa dame et sa patrie, C'est le devoir d'un troubadour (Nadaud, Chansons,1870, p. 342).
Mod., p. iron. ou plais. Synon. dulcinée.La dame de mes pensées était une belle personne qui habitait la même maison que nous (Toepffer, Nouv. genev.,1839, p. 478).Après avoir écrit cinq pages enflammées à la dame de son cœur (Flaub., 1reÉduc. sent.,1845, p. 67).
Usage rhét. Dame + abstraction personnifiée.Dame fortune, dame justice, dame nature. Dame convoitise en a rendu plusieurs traîtres à leurs souverains seigneurs (Barante, Hist. ducs Bourg.,t. 3, 1821-24, p. 24).Dame police n'est pas très crédule de sa nature (Vidocq, Vrais myst. Paris,t. 7, 1844, p. 18).
Var. Notre Dame la grammaire (Hugo, Cromwell,1827, p. 35).Autre dame imposante, l'Histoire (Valéry, Lettres à qq.-uns,1945, p. 79).L'espoir de la victoire et d'une nouvelle grandeur pour « notre dame la France » (De Gaulle, Mém. guerre,1954, p. 132).
b) RELIG. et SOCIÉTÉ RELIG.
α) Notre-Dame. La Vierge Marie en tant que souveraine protectrice des hommes. Dame du ciel. Leurs grandes ailes [des anges] palpitent de joie à ce glorieux couronnement qui fait Dame du paradis l'humble servante du Seigneur (Gautier, Guide Louvre,1872, p. 89).
P. méton. Église vouée à Notre-Dame. Notre-Dame de Paris. Les porches latéraux de Notre-Dame de Chartres, de la cathédrale de Bourges (Viollet-le-Duc, Archit.,1872, p. 238).
β) Souvent au plur. Religieuse ayant prononcé ses vœux perpétuels et appartenant à un monastère ou à un couvent comportant une hiérarchie de ses membres. Les dames de la Visitation, du Sacré-Cœur.
Dame de chœur. Religieuse qui a sa place dans les hautes stalles du chœur (p. oppos. à novice et à converse). Synon. professe.Les dames de chœur vivaient en patriciennes (Sand, Hist. vie,t. 4, 1855, p. 155).Les religieuses de tout âge, de tout air, de toute corpulence, les mères et les novices, les converses et les dames de chœur, les paysannes et les nobles (...) toutes gardant ce même air de restriction, de surveillance de soi et d'autrui contre l'infinie variété des périls (Malègue, Augustin,t. 1, 1933, p. 113).
c) MYTH., FOLKL. Fée. Les fées étaient des dames aussi bien que les saintes; mais des dames voluptueusement parées (A. France, Vie littér.,t. 3, 1891, p. 246).Pour ces dames-fées qui sont trop rieuses (Barrès, Cahiers,t. 10, 1914, p. 255).
La dame du Lac. Fée protectrice de Lancelot.
La dame blanche. Être surnaturel dans les anciennes croyances celtes et allemandes. C'est la dame blanche qui passe sous les voûtes (Hugo, Rhin,1842, p. 338):
8. Aussi peu qu'il soit habité des fées, chacun sent aux brouillards de son cœur sourdre les sources du celtisme. J'ai vu la dame blanche éternellement sous mes yeux, depuis ma petite enfance; ... Barrès, Mes Cahiers,t. 9, 1912, p. 295.
d) Usuel. Personne adulte du sexe féminin. Une jeune, vieille dame; une dame âgée, entre deux âges. Synon. femme.L'almanach des dames (Hugo, Corresp.,1822, p. 341).Son vieux coupé de dame dont les chevaux marchaient au pas (Morand, Londres,1933, p. 168).
SYNT. Articles, confection, vêtements pour dames; coiffeur pour dames; compartiment de dames seules, toilettes de dames; faire des ouvrages de dame.
[Dans un lang. courtois, auj. senti comme vieilli ou pop.] Être aimé des dames; plaire aux dames (Ac.1798-1932).Les graces d'un cavalier et de sa dame (Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p. 297).Et ensuite il ne trouve rien de mieux à faire que d'aller vite occuper une place laissée libre! Au lieu de la laisser à une dame! (Queneau, Exerc. style,1947, p. 14).
Pop. ou fam. [Dans la formule de salutation] Messieurs dames. Ici, ... ssieurs et dames, nous sommes à la hauteur de la galerie des rois (Martin du G., Devenir,1909, p. 41).Bsoir msieurs dames, dit Pierrot (Queneau, Pierrot,1942, p. 169).
[Avec le dém. ces] Ces monsieur dame auront froid, dit l'aubergiste (Arland, Ordre,1929, p. 315).Ces messieurs-dames exagéraient (Triolet, Prem. accroc,1945, p. 220).
Rem. Pour l'oppos. ternaire « femme mariée, femme célibataire, monsieur », voir madame.
2. [P. oppos. à demoiselle* B, personne non mariée] Femme mariée, et p. ext. femme d'un certain âge.
a) Épouse de bourgeois fortuné ou appartenant à une classe sociale supérieure. Une belle, digne, noble dame; les dames de la bourgeoisie, de la ville. Les dames de Paris vous regarderaient comme une servante (Maupass., Une Vie,1883, p. 243).Il était autre que tous ces gens-là, ces « messieurs », ces « dames », ces « riches » (Guéhenno, Jean-Jacques,1950, p. 161):
9. Une ville dont tous les habitants, même les plus pauvres, étaient des messieurs et des dames, et avaient droit à la soie noire, comme les citoyens romains à la toge. Et quelle capitale! Larbaud, A. O. Barnabooth,1913, p. 207.
[Dans des syntagmes avec adj. antéposé]
Belle dame. Il va d'ailleurs beaucoup dans le monde (...) chez les belles dames (Guéhenno, Jean-Jacques,1952, p. 281).[En appellatif] Votre serviteur, belle dame! (Balzac, Homme d'affaires,1845, p. 414).
Grande dame. Voilà un homme (...) qui aura fait rire toute une génération de grandes dames et de grisettes (Champfl., Avent. MlleMariette,1853, p. 221).Il ne songe pas que les lettres de la jeune et belle grande dame ont dû brûler les mains de sa vieille maîtresse (Guéhenno, Jean-Jacques,1950, p. 195).
Vraie dame. Il fallait aller chez une vraie dame, si l'on voulait peindre une dame (Huysmans, Art mod.,1883, p. 42):
10. Cela se raidit, cela fait la fière, cela veut se conduire comme une vraie dame, prendre des responsabilités et cela jouait à la poupée hier encore et au premier chagrin cela courait se jeter dans les jupes de sa maman. Anouilh, La Répétition,1950, IV, p. 110.
Dame de la maison, du logis (vx). Synon. de maîtresse de maison.Je vous suppose interné dans un salon bourgeois et prenant le café, après dîné, avec le maître de la maison, la dame de la maison et ses demoiselles (Baudel., Art romant.,1867, pp. 458-459).La dame du logis a des rentes sur l'État, une comptabilité irréprochable, et, si elle tient à quelque chose, c'est à la considération (Bourget, Nouv. Essais psychol.,1885, p. 33).
b) [En style noble de petit bourgeois] Épouse de petit bourgeois.
α) HIST. [En parlant de femmes du peuple, membres de certaines corporations, qui, dans certaines circonstances, pouvaient être reçues à la Cour] Capable enfin de porter sans trembler la parole au Roi au nom des Dames de la Halle, Angélique Madou recevait Gigonnet avec un profond respect (Balzac, C. Birotteau,1837, p. 347):
11. ... et l'on voyait accourir par le Pont-Vieux les dames de la halle et des lavoirs, avec des broches, des pelles, des pincettes, des battoirs et des chaudrons d'eau de Javel; ... A. France, L'Île des pingouins,1908, p. 301.
β) Usuel. Épouse. Synon. femme.
[Suivi d'un nom propre]
[Nom de famille] La dame veuve une telle (Ac.1835-1932).L'affaire du sieur Ragoulleau et de la dame Morin (Balzac, Goriot,1835, p. 192).
[Prénom] Je n'ai pas revu dame Solange (Duhamel, Maîtres,1937, p. 270).
[Avec un poss.] Vieilli, pop. ou région. M. Rastoil, sa dame et sa demoiselle, passeraient la nuit chez les Paloque (Zola, Conquête Plassans,1874, p. 1211).Voulez-vous me permettre de vous offrir... des bonbons, pour votre dame et votre demoiselle? (T. Bernard, M. Codomat,1907, I, 7, p. 158).Des consommateurs se serrent la main sans se connaître, mais il y a des années qu'ils viennent là avec leurs dames (Fargue, Piéton Paris,1939, p. 43).
[En appellatif] Fam. Synon. Madame.
[Dans des syntagmes, gén. avec le poss. ma] Vous êtes bien difficile à confesser, ma belle dame (Balzac, Gobseck,1830, p. 414).Figurez-vous, ma pauvre chère dame (Arland, Ordre,1929, p. 220).
[Suivi du prénom] Dame Jeanine, un vieux comme moi, tanné par les orages, ne se trompe pas (Zola, Ouragan,1901, I, 1, p. 458).« Pauvre, pauvre chère dame Thérèse... » (Martin du G., Thib.,Été 14, 1936, p. 198).
P. anal. et gén. p. iron. [En parlant d'animaux dont le nom est fém. ou en parlant de la femelle] Dame belette. Par le chant du rossignol, j'ai vu la dame rossignol ivre d'amour et de chanson nocturne, s'abandonner à la danse aurorale des feuilles (Giono, Eau vive,1943, p. 116).
c) [Dans le lang. d'un domestique] La patronne. En voyant son ancienne dame, la mère Archambauld se confondit en prévenances (A. Daudet, Jack,t. 2, 1876, p. 272).Adèle elle-même tapait sur l'ancienne demoiselle de sa dame (Zola, Pot-Bouille,1882, p. 269).
B.− JEUX
1. P. méton. [P. réf. à I A 1 a α] Figure représentant une dame souveraine.
a) JEU DE CARTES. Deuxième figure du jeu (après le roi, avant le valet), représentant une reine couronnée. Dame de pique, de trèfle. Synon. reine.Il a brelan de dames (Ac.1835-1878).Un jeu de cartes patriotique dans lequel aux rois, aux dames, aux valets de l'ancien régime, il substituait des Génies, des Libertés, des Égalités (A. France, Dieux ont soif,1912, p. 16).Un peu jeune pour la dame de cœur [Angèle], mais la dame de son tableau [à de Vere] n'a rien à voir avec la nourrice des jeux de cartes ordinaires (Butor, Passage Milan,1954, p. 170):
12. ... ils jouèrent au whist, le soir, au café du Commerce, mais son œil triste déshabillait la reine de trèfle ou la dame de carreau, tandis que le problème des jambes absentes dans ces figures à deux têtes embrouillait tout à fait les images écloses en sa pensée. Maupassant, Contes et nouvelles,t. 1, Bombard, 1884, p. 973.
SYNT. Avoir une tierce, une quatrième, une quinte à la dame; avoir un quatorze de dames; écarter une dame; jouer une dame.
La dame de pique. P. méton. fam. les cartes, le jeu. Aimer, courtiser, peloter la dame de pique. Aimer les cartes. Être un parfait honnête homme (...) ennemi de la dame de pique (Feuillet, Honn. d'artiste,1890, p. 65).Après la dame du comptoir assez dodue et fort appétissante, il consacrait ses loisirs à la dame de pique (France1907).
b) JEU D'ÉCHECS. Seconde pièce du jeu en valeur (après le roi), qui représente une reine couronnée et qui seule peut marcher en tous sens, à moins d'être arrêtée par une autre pièce. Dame blanche, noire. Synon. reine.Donner échec au roi et à la dame (Ac.1798-1878) :
13. ... mon fou était ici, mon cavalier là, j'ai fait échec à la dame. le docteur. − Et moi, avec la tour, je prends la dame. Dumas père, Richard Darlington,1832, I, 1, p. 23.
(Aller) à dame. Mener un pion jusqu'à la dernière rangée de cases de l'échiquier (côté adversaire) où il prend la valeur d'une dame (cf. Ac. 1798-1878).
2. JEU DE DAMES
a) Au sing. ou au plur. Pièce du jeu.
α) Chacune des pièces rondes et plates du jeu, appelé pour cette raison, jeu de dames (infra b). Dame touchée, dame jouée (Ac. 1835, 1878). Synon. pion.Pour le jeu de dames à la polonaise, celui qui se joue encore actuellement, on se sert d'un damier à cent cases et l'on emploie vingt dames ou pions (D'Allemagne, Récr. et passe-temps,1904, p. 54).
(Aller) à dame. Mener un pion jusqu'à la dernière rangée de cases du damier (côté adversaire) où il prend une valeur spéciale et est surmonté d'un pion de même couleur, signalant cette valeur (infra β) :
14. jacobus. − C'est à vous, madame. madame d'ermel. − Vous le faites exprès, hein? (...) une, deux, trois, et à dame! jacobus. − C'est inouï! ... Feuillet, Scènes et proverbes,1851, p. 258.
P. ext., au fig., pop. et vieilli. Aller, partir à dame. Tomber (parce que l'acquisition d'une dame par un joueur laisse présumer la défaite de l'autre joueur). J'y ai mis un de ces trimball'ments qu'il en a été à dame (Bruant1901, p. 106).
β) Spéc. Pion qui, étant allé à dame, a été surmonté d'un autre pion, et peut marcher en diagonale à toute distance. La dame se déplace comme le pion dans le sens des diagonales. De plus, elle a la faculté de franchir une ou plusieurs cases libres, pourvu que ce soit en ligne droite, et de reculer dans les mêmes conditions (Alleau1964).
b) P. méton., au plur. Jeu pratiqué à deux sur un damier* de 100 cases avec 20 pions blancs posés sur quatre rangées pour l'un des joueurs et 20 pions noirs pour l'autre. Les dames; dames à la polonaise; faire une partie de dames. Paisibles joueurs de dames et de dominos (Jouy, Hermite,t. 2, 1812, p. 236).Partant des points sur lesquels toute l'année ils étaient disséminés en tirailleurs ou comme des pions au jeu de dames (Proust, J. filles en fleurs,1918, p. 675).Quand il ne jouait pas à la manille, c'était au billard ou aux dames (Aragon, Beaux quart.,1936, p. 33).
Dames à la française (vx ou auj. dans les pays anglo-saxons). Jeu pratiqué sur un damier de 64 cases avec 12 pions disposés sur trois rangées pour chaque joueur (cf. D'Allemagne, loc. cit.).
P. métaph. Une partie de dames où les pions étaient des hypothèses politiques (Martin du G., Thibault,Été 14, 1936, p. 133).
P. méton. Jeu de dames. Le damier et les pièces du jeu. Les chariots (...) sont chargés de tables de jeu de trictrac, de jeux d'échecs et de dames, de sixains de cartes (Jouy, Hermite,t. 1, 1811, p. 55).Ils étaient (...) installés sur leurs talons devant un jeu de dames (Fromentin, Été Sahara,1857, p. 114).
Rem. On aurait pu envisager une deuxième entrée pour le jeu de dames, mais les interférences sont si nombreuses qu'il a été jugé plus logique de rattacher ces emplois aux autres sens du mot dame1.
3. P. anal. (de I B 2 a α) [Au trictrac et au jacquet] Chacun des disques dont on se sert pour jouer (analogues aux pions du jeu de dames, mais gén. de taille supérieure). Faire avancer les dames, placer une dame sur une flèche (Alleau1964, s.v. jacquet).Quand toutes les dames d'un joueur sont passées dans la case où étaient empilées, au début, celles de l'adversaire, elles sont retirées du jeu (Alleau1954, s.v. trictrac).
C.− [Pour désigner d'autres éléments]
1. Dame(-)d'onze(-)heures. Plante dont les fleurs sont ouvertes de onze à quinze heures environ. Synon. sc. ornithogale en ombelle.Elle [une fleur] s'appellera la Dame d'onze heures (Colette, Pays et portr.,1954, p. 255).
2. [Dans des expr. désignant une bouteille ou divers contenus]
Dame-Jeanne. Cf. ce mot.
Dame blanche (arg.). Bouteille de vin blanc. Une dame blanche! dit Gugusse au patron (...) Et du meilleur! (Larchey, Dict. hist. arg.,1878, p. 132).
Dame verte. (pop.). Absinthe. On a un peu calomnié la pauvre dame verte (Larch.Nouv. Suppl. Larg.1889, p. 78).Tombé dans la misère par suite d'un trop grand amour pour la dame verte (Larch.Nouv. Suppl. Larg.1889, p. 78).
3. ART. CULIN. Dame blanche. Dessert consistant en glace à la vanille nappée de crème au chocolat (cf. Cuisine moderne et vieilles recettes, Tournay, 1962, p. 169).
II.− Interj., fam., vieilli. [parfois sous la forme dam].
A.− [Exclamation marquant la surprise, l'assentiment du locuteur (par rapport à une chose ou à une assertion)] Mais, dame oui, dame non. Synon. parbleu, pardi.Dam, je ne sais pas, monsieur (Halévy, Mar. d'am.,1881, p. 173).Dame! (...) petit mot, tout gros de sous-entendus, d'arrière-pensées, de potins (Richepin, Césarine,1888, p. 190):
15. « Formidable! ... C'est vous qui faites la cuisine, mademoiselle? » − « Dame! » − « Mes compliments! » La fille daigna sourire. Martin du Gard, Les Thibault,L'Été 1914, 1936, p. 399.
[Exclamation renforçant une déclaration] Dis donc, Fanny, te rappelles-tu un déjeuner ici (...) c'est loin, dam! (A. Daudet, Sapho,1884, p. 28).Mais sa mort, dame! il l'a soignée, rien n'y manque (Bernanos, Journal curé camp.,1936, p. 1193):
16. − Parce que je voulais crever assez vite dame! tout simplement! et nom de Dieu! bien sûr que non que je veux point mourir! Céline, Voyage au bout de la nuit,1932, p. 395.
B.− [Interj. dont l'emploi supposant une relation log. entre ce qui précède et ce qui suit, donne à l'énoncé une valeur de concl. ou sert de charnière du discours] Dame! à force de poser au poitrinaire, on finit par se figurer qu'on l'est réellement (A. Daudet, Femmes d'artistes,1874, p. 55).
Rem. Ds la docum. on trouve 2 attestations de bé dame! : « eh bien, dame! » Bé dame, alors, c'est le plus malin des deux qui roule l'autre! (Huysmans, Sœurs Vatard, 1879, p. 126). Bé dame! Eh bien, oui (Rougé, Folkl. Touraine, 1943, s.v. dame). Bél. 1957 atteste également ,,Bédame! Bien dame!``
Prononc. et Orth. : [dam]. Ds Ac. 1694-1932. Pour l'interj., Nouv. Lar. ill. et Lar. 20econsacrent à dam une vedette de renvoi à dame. Cf. aussi ds la docum. : Ah dam! nous sommes si bêtes, nous aut' pésans! que nous finissons par entendre les bêtes (Balzac, Paysans, 1844, p. 34). Cf. également bé dame! et bédame! (supra II B rem.). Étymol. et Hist. I. A. 1. Ca 1050 dama appellation d'une femme mariée, de haut rang (Alexis, éd. Chr. Storey, 148); 2. ca 1175 « épouse » (Chr. de Troyes, Chevalier Lyon, 5701 ds T.-L.); fin xiies. lang. courtois « femme aimée » (Chastelain de Couci, Chansons, éd. A. Lerond, I, 20 et passim); ca 1200 p. ext. s'applique également à des personnes n'appartenant pas à la noblesse (Doon de la Roche, 3266 cité ds A. Grisay, G. Lavis, M. Dubois-Stasse, Les Dénominations de la femme dans les anc. textes littér. fr., 1969, p. 134); 3. ca 1220 Nostre Dame « la Vierge » (G. de Coincy, Miracles, éd. F. Kœnig, I Pr 2, 12); 4. xiiies. titre donné à une abstraction (Mariage des sept ars, version anonyme, éd. A. Långfors, 210 : damme Théologie). B. 1508 jeu (D'Amerval, Diablerie, éd. Ch.-Fréd. Ward, p. 606 : jeu d'echecz ou des dames). II. 1665 interj. (Molière, Dom Juan, III, 1). I A du lat. class. domina, domna « maîtresse de maison; épouse; amie, maîtresse; souveraine »; le développement particulier du -o- s'explique par le fréquent emploi proclitique du mot, notamment devant les noms propres. I B ext. de I A p. réf. à l'idée de reine aux échecs et aux cartes et p. allus. au fait que le pion qui a traversé tout le damier au jeu de dames, peut se déplacer d'un nombre illimité de cases diagonalement, comme la reine aux échecs. II de Notre-Dame!, en invocation à la Vierge. Fréq. abs. littér. : 12 258. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 13 534, b) 24 974; xxes. : a) 23 776, b) 12 899. Bbg. Capelovici (J.). Monsieur, madame, mademoiselle. Vie Lang. 1961, p. 602. − Deninon (P.). Dame oui! Déf. Lang. fr. 1968, no45, pp. 11-12. − Maniu (N.). À propos d'une étymol. fr. : dame. Lang. et litt. 1948, t. 4, pp. 200-207. − Pauli 1921, p. 45. − Pohl (J.). Contribution à l'hist. de qq. mots. Arch. St. n. Spr. 1969, t. 205, no5, p. 363. − Quem. 2es. t. 3 1972. − Riegler (R.). Wasserjungfer und Wiesel. Archivum romanicum. 1925, t. 9, p. 210. − Sain. Lang. par. 1920, p. 272; Sources t. 1 1972 [1925], p. 171. − Saint-Jacques (B.). Sex, dependency and language. Linguistique. Paris. 1973, t. 9, p. 95. − Tichy (O.). K Etimologiim francouzských interjekci. Casopis pro moderni filologii. 1958, t. 40, pp. 216-217.

Wiktionnaire

Nom commun 1

dam \dɑ̃\[1] [2] ou \dam\ masculin

  1. Dommage, préjudice.
    • Il faut être plus que jamais reconnaissant aux organisateurs de semblables auditions dont le prix devient à tel point astronomique, grâce aux bienveillantes taxes dont l’État les écrase, que bientôt elles disparaîtront complètement pour le plus grand dam de la musique. — (Arthur Honegger, Écrits, Champion, p. 176-177 ; la citation y est datée de 1945)
    • Il y a, dit l’obtus paysan, au mitan du lac, un îlot, non, plutôt un roc, un pic, abrupt à souhait, où tu pourras croupir tout ton saoul dans ton dam lancinant ! — (Georges Perec, La Disparition, Gallimard, Paris, 1969)
    1. Dans ce sens, il est surtout utilisé dans des locutions adverbiales.
      • C’est l’heure où les autres cafés ferment, — à leur dam et regret, car c’est précisément l’heure où ils voudraient pour ainsi dire ouvrir. — (Alfred Delvau, Les Heures parisiennes, 1865)
      • Il est plus que certain que des transactions sont intervenues entre les deux parties, au grand dam du Trésor. — (Léon Berman, Histoire des Juifs de France des origines à nos jours, 1937)
  2. (Religion) Punition consistant à être privé de la vue de Dieu ; damnation. → voir peine du dam
    • […] la mort effroyable de leur dam et de leur séparation de Dieu les rongera sans les détruire, afin qu’ils soient conservés immortels, pour ressentir toujours les peines de cette mort et de cette séparation irrémédiable. — (Louis Bail, La théologie affective ou Saint Thomas en méditation, tome V, à Paris chez Jacques Lecoffre, 1857, page 432)

Nom commun 2

dam \dam\ masculin

  1. (Canada) (Anglicisme) Barrage.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

DAM. (On prononce Dan.) n. m.
Dommage, préjudice. Il n'est guère usité que dans ces locutions adverbiales : À son dam, à votre dam, à leur dam, qui même ont vieilli. En termes de Théologie, La peine du dam, La peine des damnés, en tant qu'ils seront privés de la vue de Dieu.

Littré (1872-1877)

DAM (dan) s. m.
  • 1Dommage, préjudice. Il n'est guère usité que dans cette locution : à son dam, à votre dam, à mon dam. Serait-il bien possible ? - à mon dam tu le vois, Régnier, Dial. Ha ! pourquoi m'êtes-vous, à mon dam, si fidèles ? Régnier, Élég. 2. Toujours à nouveaux maux naissent nouvelles peines, Et ne m'ont les destins, à mon dam trop constants, Jamais après la pluie envoyé le beau temps, Régnier, Sat. X. Aimant mieux étouffer leurs mécontentements Que d'en faire à son dam des éclaircissements, Tristan, Panthée, III, 1. De l'argent dites-vous ? ah ! voilà l'enclouure ! C'est là le nœud secret de toute l'aventure ; à votre dam…, Molière, l'Ét. II, 5. Il y [au patibulaire] viendra le drôle ! il y vint à son dam, La Fontaine, Fab. XII, 23. C'est marché fait ; il est fol à son dam, La Fontaine, Magnif. Tu as perdu Cyrus qui te crut alors, mais à ton dam, Courier, II, 158.
  • 2 Terme de théologie. Peine des damnés, privation de la vue de Dieu. La peine du dam. Ce délaissement et cet abandon de Dieu est en quelque sorte la peine du dam, qu'il fallait que Jésus-Christ éprouvât pour nous tous, Bourdaloue, Myst. Pass. de J. C. p. 166.

HISTORIQUE

IXe s. Nul plaid qui cist meon fradre Karle in damno sit, Serment.

XVIe s. Ne celui don n'est don d'aucune chose, Mais plustost dam [tourment], si ce mot dire j'ose, Marot, III, 315. Ce sera l'homme bien tenant, Fust à son dam, la foy promise, Marot, IV, 252. Le bien des bons, le dam des inhumains, Fourqué, Vie de J. C. f° 117, dans RAYNOUARD. Qui vont au dam d'autrui conquerir des lauriers, De Landun, la Franciade, p. 270, dans RAYNOUARD. Faisons nous sages à leur dam, mais regrettons leur naufrage, Camus de Belley, Diversités, t. I, f° 430, dans RAYNOUARD. S'il [mon héritier] n'a assez de ce de quoy j'ay eu si plantureusement assez, à son dam, Montaigne, IV, 70.

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Étymologie de « dam »

(Nom 1) (842) Du latin damnum (« préjudice »). De damner pour le sens religieux.
(Interjection) (Date à préciser) Abréviation de « Notre-Dame ! » ou de « dame Dieu ! » (« Seigneur Dieu ! »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Provenç. dam ; espagn. daño ; portug. damno, dano ; ital. danno ; du latin damnum, dommage.

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Phonétique du mot « dam »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
dam dɑ̃

Évolution historique de l’usage du mot « dam »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « dam »

  • La garnison a beau jeu près des dames, si les dames ne sont pas comme la ville, imprenables. De Gérard de Nerval
  • Une vieille dame qui s'amuse ne se déplace pas dans l'espace comme une vieille dame que la vie pousse sans raison, ainsi qu'un joueur blasé son pion sur l'échiquier. De Noëlle Châtelet / La Femme coquelicot
  • Celui qui prend la vieille femme aime l’argent plus que la dame. De Proverbe français
  • Avec le matelas multispire, on peut dormir à côté de la dame aux camélias. De Francis Blanche
  • Dans la vie comme aux échecs, on peut bien céder une tour, mais non la dame. De Antoine de Rivarol
  • Les dames ont une fâcheuse tendance à préférer les palaces aux auberges de jeunesse. De Philippe Aubert
  • Grammaire : vieille dame qui a toujours ses règles. De Anonyme
  • Une vraie dame est celle qui ne montre jamais ses dessous de façon non délibérée. De Lilian Day

Images d'illustration du mot « dam »

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Traductions du mot « dam »

Langue Traduction
Anglais damn
Espagnol maldición
Italien dannazione
Allemand verdammt
Chinois 该死的
Arabe اللعنة
Portugais droga
Russe черт
Japonais くそー
Basque madarikatua
Corse maldittu
Source : Google Translate API

Synonymes de « dam »

Source : synonymes de dam sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « dam »

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