La langue française

Boulê

Définitions du mot « boulê »

Trésor de la Langue Française informatisé

BOULE, subst. fém.

I.−
A.− Objet naturel ou façonné, creux ou plein, de forme sphérique. Boule de cristal; boule de billard; jeu de boules.
SYNT. 1. Boule + prép. de (rarement à ou en) + subst. sans art., indiquant a) la matière : boule de cire, de cristal, de neige, de pain, de gomme; b) l'attache ou le fonctionnement : boule de billard, de balustre, de bâton, de stalle; c) l'origine : boule de Nancy; d) la destination : boule à thé; e) le contenu : boule d'eau chaude. 2. Boule + subst. avec art. en fonction d'appos. : la boule du monde. 3. Boule + adj. indiquant a) une qualité : boule blanche, noire, puante; b) l'origine : boule américaine; c) la fonction : boule colorante. 4. Subst. + prép. de ou à + boule indiquant le rôle joué par la boule : jeu de boules, ferrure à boules.
B.− Emplois spéc.
1. JEUX
a) Boule de neige; bataille de boules de neige.
Loc. fig. Faire (la) boule de neige. S'accroître progressivement comme une boule de neige qui augmente de volume en roulant (p. ex. pour former le corps d'un bonhomme de neige) :
1. Comparons les salaires aux bénéfices! ... (...), ce reste, il sert au bourgeois à consolider et à accroître son pouvoir! ce qu'il n'utilise pas pour son bien-être, pour son luxe, il en constitue des capitaux, qu'il investit dans d'autres affaires, et qui font boule de neige. R. Martin du Gard, Les Thibault,L'Été 1914, 1936, p. 157.
Faire la boule de neige. Avoir un effet d'accroissement :
2. ... je suis devenu plus gueux qu'en aucun temps, car, hélas, commandant, cette maison ou ces maisons ont fait la boule de neige, et ont augmenté ma dette qu'un jour ou l'autre le succès doit payer. Balzac, Correspondance,1839, p. 643.
COMM. Vente à la boule de neige. Système de vente au détail, prohibé par la loi, qui promettait à chaque client le remboursement de tout ou partie de son achat s'il réussissait à faire acheter à d'autres personnes un certain nombre d'objets identiques.
b) Jeu de la boule. Jeu de hasard très voisin de la roulette.
c) Jeu de boules. Jeu qui consiste à lancer des boules le plus près possible d'un but.
P. méton. Lieu où l'on joue aux boules.
Loc. Avoir la boule. Avoir l'avantage de jeter le premier sa boule. Tenir pied à boule. Tenir le pied à l'endroit où la boule s'est arrêtée, au fig. tenir ferme. Laisser rouler la boule, au fig. ne pas s'inquiéter.
d) Boule puante. Petite boule qui contient un liquide répandant une odeur nauséabonde. Lanceur de boules puantes dans les salons (Bloy, Journal,1892, p. 61).
2. Boule blanche, boule noire
a) [Dans certains jeux] La boule blanche fait gagner, la boule noire fait perdre.
Au fig., loc. La boule noire lui tombe toujours. Le sort lui est défavorable. Il attrape toujours la boule noire. C'est toujours sur lui que tombent les mauvais traitements.
b) Boules qui selon un système conventionnel permettaient d'exprimer un choix, une appréciation.
[Dans un scrutin] La boule blanche approuvait, la boule noire rejetait. Déposer sa boule dans l'urne.
[Dans un examen] La boule blanche donnait une appréciation favorable, la boule noire une appréciation défavorable et la boule rouge l'appréciation intermédiaire :
3. Mon fils a eu hier matin, à midi huit minutes, vingt-et-un ans comptés; il est docteur à quatre boules blanches. Maître Blazius je vous présente maître Bridaine, curé de la paroisse; c'est mon ami. Maître Blazius, saluant. A quatre boules blanches, seigneur! littérature, botanique, droit romain, droit canon. Musset, On ne badine pas avec l'amour,1834, p. 6.
3. Techn. diverses.
ARCHIT. Une boule de balustre, une boule d'amortissement. Ornement de forme sphérique ou ovoïde terminant certaines décorations :
4. ... ce que je préférais, c'était deux boules de pilastres qu'on apercevait derrière les rideaux et que je considérais comme des têtes de pantins avec lesquels il était défendu de jouer. Jacob, Le Cornet à dés,1923, p. 155.
Boule à gibecière. Heurtoir de porte cochère. Boule de stalle. Boule qui couronne le poteau de face d'une écurie. Ferrures à boules. Fiches, paumelles, pivots ornés de boules.
MINES (et CARR.). ,,Corps sphérique en fonte de 15 à 20 cm de diamètre, utilisé pour barder les blocs extraits du front de masse`` (Noël 1968).
ART CULIN. et ARTS MÉN.
a) Boule. Synon. de boulette :
5. En fait ils hésitent sur les moyens de tuer le platane du musée Galliera ou de jeter une boule empoisonnée au chien du boucher de la rue Bizet. Giraudoux, La Folle de Chaillot,1944, p. 72.
b) Boule américaine. Boule hermétiquement fermée servant à faire du bouillon concentré. Boules à légumes, à riz, à thé. Boules creuses métalliques ou en porcelaine, percées de trous, servant à faire infuser certains aliments ou certaines plantes.
c) Boule d'eau chaude. Bouillotte :
6. De plus j'étais gelé, malgré boule d'eau chaude et amoncellement de couvertures. Gide, Journal,1908, p. 261.
Boule colorante. Petite boule d'oignon brûlé, de caramel, etc., qu'on met à fondre dans le bouillon et dans certaines sauces pour les teinter.
MAR. Boule de signaux. Sphère en toile peinte servant aux signaux à grande distance. Boule horaire. Signal horaire composé d'une boule qui glisse le long d'un mât placé sur un édifice ou sur une tour.
PHARM. Boule de gomme. Bonbon à base de gomme arabique et de sucre cuit.
Boules de Nancy ou boules de Mars ou boules d'acier. Ancien remède employé contre les contusions. Eau de boule. Infusion obtenue en dissolvant ces boules dans l'alcool.
C.− [P. anal., plus ou moins approximative, de forme]
1. Littér. Boule de feu. La foudre. Boule du monde. La terre :
7. Toute la boule du monde tourne sous mes pieds avec sa charge d'arbres, de fermes, de fusils et d'étoiles. Giono, Un de Baumugnes,1929, p. 214.
2. Familier
a) La boule. La tête. Rien dans la boule, mais un cœur d'or (R. Martin du Gard, Les Thibault,La Consultation, 1928, p. 1079):
8. ... je débarquai trois semaines plus tard à New-York, la tête encore enflée et enveloppée d'un pansement qui faisait ressembler ma boule à celle mirobolante de Je Sais Tout, le précurseur de Bibendum ou du Bébé Cadum dans la famille des macrocéphales, ... Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 263.
Une boule de billard. Une tête chauve; p. méton. un homme chauve.
Au fig. Perdre la boule. Perdre la tête :
9. ... mais à présent toute notion de justice me paraît s'en aller de ce monde. On perd la boule. Flaubert, Correspondance,1879, p. 248.
b) Une personne grosse et replète :
10. La femme, une de celles appelées galantes, était célèbre par son embonpoint précoce qui lui avait valu le surnom de Boule de suif. Petite, ronde de partout, grasse à lard, avec des doigts bouffis, étranglés aux phalanges, pareils à des chapelets de courtes saucisses, avec une peau luisante et tendue, une gorge énorme qui saillait sous sa robe, elle restait cependant appétissante et courue, ... Maupassant, Contes et nouvelles,t. 2, Boule de suif, 1880, p. 122.
Rem. On dit aussi plus explicitement : une personne ronde comme une boule.
3. Emplois divers.
BOT. Boule de neige (cf. neige).
JEUX. Boules de loto. Petits cylindres en bois utilisés à ce jeu. Au fig. Yeux en boules de loto. Yeux ronds et proéminents :
11. Il [Letondu] s'était avancé vers la porte, à ce point suave, lui-même, par ses yeux en boules de loto et le grimacement contorsionné de sa bouche, que le prudent Boudin avait regagné sa loge in summa diligentia. Courteline, Messieurs-les-Ronds-de-cuir,1893, p. 101.
ARTS MÉN. Boule à repriser. Objet sphérique ou ovoïde en bois ou en ivoire destiné à tendre un morceau de tissu, un bas, une chaussette pour effectuer plus commodément une reprise.
MILIT., arg. Boule de pain. Miche de pain :
12. Il [le polytechnicien] compte les hommes comme il compterait des boules de pain ou des obus. Il est vrai que la boule de pain est à peine un être, et que l'obus n'est pas du tout un être, ... Alain, Propos,1927, p. 735.
Boule (de son). Pain de munition (Esn. 1965).
MODE :
13. Un homme à longue barbe grise, vêtu d'une redingote recousue à la ficelle, paraissait craindre le froid aux cheveux : son chapeau boule lui venait aux oreilles. Hamp, Vin de Champagne,1909, p. 215.
SP., fam. Ballon de football :
14. Qu'est-ce que tu en penses : avant de s'en aller, si on tapait un peu dans une boule? Il y en a une de libre, là-bas. Montherlant, Les Olympiques,1924, p. 303.
TECHNOL. Boule.
a) Petite enclume de chaudronnier, de ferblantier et de tôlier.
b) Masse de fer dont l'orfèvre se sert pour planer.
c) Outil d'opticien pour façonner les verres concaves.
d) Outil de fleuriste pour gaufrer les corolles et les pétales des fleurs artificielles.
D.− Au fig.
MATH. ,,Ensemble des points d'un espace dont la distance à un point de ce dernier est, au plus, égale à un nombre réel positif donné`` (Lar. encyclop.).
MÉD. Avoir une boule dans la gorge, dans l'estomac, avoir la boule de gorge. Éprouver une sensation de gêne au niveau du pharynx en raison d'une maladie ou d'une forte émotion. Une boule dans le cou l'empêchait de respirer (R. Rolland, Jean-Christophe,Le Matin, 1904, p. 146).
Boule hystérique. Symptôme subjectif, éprouvé par les hystériques au début d'une attaque, d'avoir une boule qui comprime le thorax et le cou :
15. Certaines parties pour violoncelle de Schumann l'avaient positivement laissé haletant et étranglé par l'étouffante boule de l'hystérie; ... Huysmans, À rebours,1884, p. 273.
II.− P. méton.
A.− Forme (plus ou moins) sphérique que prend un être ou une chose ou qu'on lui donne. En boule. En forme de boule. Un arbre fruitier taillé en boule, en pyramide ou en quenouille (Maeterlinck, La Vie des abeilles,1901, p. 276)
Rouler, mettre (une chose) en boule. Donner à une matière malléable la forme d'une boule (boule de papier, de mie de pain) :
16. On [les blaireaux] bat les environs, on coupe les fougères, on ramasse les herbes sèches et les chaumes épars. On roule tout cela en Boule avec ses pattes, comme de petites bottes de foin, on le traîne à son terrier. Pesquidoux, Chez nous,1921, p. 89.
GÉOL. Désagrégation en boules. Processus d'altérations des roches cristallines compactes par les agents atmosphériques, qui donne à ces rochers une forme sphérique.
[P. anal. de forme] Avoir des muscles en boule. Avoir des muscles saillants et gonflés :
17. Un gros barbu fit un pas en avant; il était nu jusqu'à la ceinture et noir, avec des muscles en boule et une chaînette d'or autour du cou. Sartre, La Mort dans l'âme,1949, p. 85.
B.− Emploi pronom. (se rouler en boule) ou attribut (être en boule etc.).
1. [En parlant d'un animal p. ex. du blaireau dans son sommeil] Se rouler en boule. Se blottir, se pelotonner dans un état de bien-être :
18. Tu as construit ta paix à force d'aveugler de ciment, comme le font les termites, toutes les échappées vers la lumière. Tu t'es roulé en boule dans ta sécurité bourgeoise, tes routines, les rites étouffants de ta vie provinciale, tu as élevé cet humble rempart contre les vents et les marées et les étoiles. Saint-Exupéry, Terre des hommes,1939, p. 148.
2. [En parlant du hérisson] Se pelotonner dans une attitude de défense.
P. ext. et au fig., fam. [En parlant d'une pers.] Se mettre, se rouler, être en boule. Adopter (avoir adopté) une attitude qui consiste à se ramasser sur soi pour se défendre ou attaquer :
19. Comment veux-tu que cette petite ait de l'épanchement pour un hérisson comme toi? Elle ne sait par où te dorloter, tu es toujours en boule. E. Augier, Le Gendre de Monsieur Poirier,1854, I, 3, p. 231.
Mettre en boule. Mettre en colère :
20. La sage-femme énorme et blousée mettait les deux drames en scène, au premier, au troisième, bondissante, transpirante, ravie et vindicative. Ma venue la mit en boule. Elle qui tenait son public en main depuis le matin, vedette. Céline, Voyage au bout de la nuit,1932, p. 372.
Loc. Avoir les nerfs en boule, avoir l'air en boule, être en boule. Être énervé, en colère :
21. Sainte-Beuve animé, avec un pli de passion au front, le visage en boule, froncé, s'avance sur lui; ... E. et J. de Goncourt, Journal,1863, p. 1272.
Prononc. : [bul]. Enq. : /bul/.
Étymol. ET HIST. − 1. Ca 1175 bole « massue » (Renart, éd. M. Roques, 7079); 2. 3equart du xiiies. [date du ms.] mie une bole « pas une bulle » c'est-à-dire « pas la moindre chose » (A. de Bernay, Alexandre, 522, 30 dans T.-L., leçon isolée du ms. H [cf. éd. B. Edwards et A. Foulet, vol. VII, p. 75, var. branche IV, 900]); 3. 1330-32 boule « objet sphérique » (Guillaume de Digulleville, 11842 dans T.-L.); 4. 1798 désigne la tête (Pièces du procès d'Orgères dans Esn.). Du lat. class. bulla « bulle d'eau; objet sphérique ».
STAT. − Fréq. abs. littér. : 1 408. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 672, b) 2 651; xxes. : a) 2 226, b) 2 654.
DÉR.
Bouleté, ée, adj.Numism. Lettres bouletées. Lettres terminées en boule (Littré, Lar. 19eSuppl., Lar. encyclop.). [bulte]. 1reattest. 1872 (Littré Additions); dér. de boule par l'intermédiaire d'un verbe *bouleter dont il représente le part. passé employé comme adj. (cf. bouletage ,,pose de boules aux cornes des bœufs`` [Lar. 19e] qui suppose également un type *bouleter), suff. -eter*.
BBG. − Au jardin des loc. fr. Vie Lang. 1963, p. 515. − Darm. Vie 1932, p. 52, 111, 164. − Dauzat Ling. fr. 1946, p. 270. − Goug. Lang. pop. 1929, p. 149. − Mat. Louis-Philippe 1951, p. 70. − Migl. 1968 [1927], p. 180. − Rommel (A.). Die Entstehung des klassischen französischen Gartens im Spiegel der Sprache. Berlin, 1954, p. 36. − Sain. Arg. 1972 [1907], p. 85, 137, 145, 264, 269, 293. − Sain. Lang. par. 1920, p. 33, 135, 221, 374. − Sain. Sources t. 2 1972 [1925], p. 120. − Schuchardt (H.). Romanische Etymologien. 2. Sitzungsberichte der philosophisch-historischen Klasse der kaiserlichen Akademie der Wissenschaften. 1899, t. 141, no3, p. 128. − Tardieu (C.). Boules, quilles, bowling ... Paris, 1960, pp. 2-15. − Tremaud (H.). Les Fr. jouent aux quilles ... Paris, 1964, pp. 54-59.

BOULÉ, subst. masc.

Étape de la cuisson du sucre :
Ils apprirent comment on clarifie le sucre, et les différentes sortes de cuites, le grand et le petit perlé, le soufflé, le boulé, le morve et le caramel. Flaubert, Bouvard et Pécuchet,t. 1, 1880, p. 55.
SYNT. Petit boulé. Quand le sirop forme des bulles qui éclatent. Synon. soufflé. Gros boulé. Quand le sirop forme des flocons neigeux. Synon. plume.
1reattest. 1866 (Lar. 19e); dér. de boule*, suff. *.

BOULER, verbe.

I.− [L'image de base est celle de la formation précipitée d'une boule]
A.− Emploi intrans. [En parlant d'un animal, en partic. d'un lapin de garenne, et p. ext. d'une pers.] Tomber en se ramassant sur soi-même comme une boule :
1. Souvent, à l'extrême bout de la zone éclairée, deux longues oreilles [de lapin] passaient, coiffant une petite forme pâle, à peine distincte... Berlaisier, Sarcelotte l'apercevaient bouler sur place, au coup de fusil, et repéraient le cadavre immobile en attendant l'instant de le ramasser au passage. Genevoix, Raboliot,1925, p. 256.
2. ... on peut aussi se laisser bouler pour ne pas se faire mal quand on tombe de trop haut; ... Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 180.
P. ext., rare. [En parlant d'une chose] :
3. ... la montagne pour toi c'est ton expérience des ronces, des pierres qui boulent et du vent sur les crêtes, ... Saint-Exupéry, Citadelle,1944, p. 672.
B.− Emploi trans.
1. Bouler un lapin, un lièvre. Le faire se ramasser comme une boule sur lui-même quand il reçoit le coup de fusil mortel :
4. Oh! les quelques lièvres de la Borderie, il en rêvait, il risquait la prison, pour en bouler un de temps à autre, d'un coup de feu. Zola, La Terre,1887, p. 325.
2. P. ext. [L'obj. désigne une pers., une chose] Faire rouler à terre d'un mouvement précipité, culbuter, renverser :
5. [L'apprenti à Colas :] − ... Tout ce que nous avons pu pour arrêter le feu, maître, nous l'avons fait... Allez donc arrêter un troupeau de gouris! Nous avons été balayés, roulés, foulés, boulés. R. Rolland, Colas Breugnon,1919, p. 203.
6. ... l'amour, ce bon gros amour, passe outre et boule l'obstacle. Colette, Mes apprentissages,1936, p. 170.
P. métaph.
a) Arg. de théâtre. [En parlant d'un acteur] Bouler son texte, ses répliques. Précipiter son débit verbal (comme si les mots culbutaient l'un sur l'autre).
b) [Sans faire réf. au théâtre] Je boulais ma prière (Sartre, Les Mots,1964, p. 94):
7. Mais moi, dit-elle (soudain volubile, boulant les mots au point d'en bégayer un peu, comme si tout à coup elle avait dévalé une pente), moi, quoi que vous ayez cru, je ne me suis jamais jetée à votre tête. Montherlant, Pitié pour les femmes,1936, p. 1141.
3. [P. anal. de forme] (Cf. boulé adj. B 2).
MODE. [Dans un chapeau] Donner une forme arrondie à la calotte ou à la passe.
ZOOL. Le pigeon boule. Il enfle son jabot.
Rem. Attesté dans la plupart des dict. généraux.
C.− Emploi pronom.
1. [Avec une idée de précipitation] Au fig., très fam. Envoyer bouler qqn. L'éconduire ou le renvoyer sans ménagement.
Rem. Le pronom réfl. est normalement omis dans la constr. infinitive.
2. [Sans idée de précipitation]
a) [En parlant d'une pers.] Se pelotonner :
8. ... le soir, elle [MmeDésableau] se boulait sur sa chaise... Huysmans, En ménage,1881, p. 67.
b) [En parlant d'une chose] Prendre une forme arrondie :
9. Tout l'horizon se hérissait d'arbres tors et coudés, des branches fourchues, hersant les bords du ciel, d'un vaste ciel pâle où se boulaient, en des cernes ardoisés, de grands nuages pénétrés de lumière diffuse, vitrifiée, blanche comme l'amiante. Châteaubriant, M. des Lourdines,1911, p. 201.
II.− Emplois spéc. [La représentation de base est celle d'une boule, obj. fabriqué, intervenant dans un processus]
SP. Bouler les cornes d'un taureau. Les rendre moins dangereuses par des boules fichées à leur extrémité (Lar. 20e, Rob., Quillet 1965).
TECHNOL. [En parlant de fleurs artificielles] Donner à l'aide d'une boule, une forme aux pétales (Lar. 19e, Lar. 20e, Quillet 1965).
Prononc. − 1. Forme phon. : [bule]. 2. Homon. : boulai(s), boulai(en)t et boulaie, boulet.
Étymol. ET HIST. − 1. a) 1390 trans. « faire rouler » (Evrart de Conty, Probl. d'Arist., B.N. 210, fo212edans Gdf.); b) av. 1555 intrans. « rouler comme une boule » (Tahureau, Sonnetz, Odes et Mignardises, S. 83 dans Hug.); 2. 1704 « (en parlant d'un pigeon) se renfler » (Trév.). Dér. de boule*; dés. -er.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 15.
DÉR.
Bouleur, euse, subst.Arg. de théâtre. Acteur ou actrice qui boule son texte (cf. bouler B 2 a). ,,Un acteur qui a hâte d'arriver au bout de son rôle, et qui se soucie peu de produire des effets pour avoir plus vite fini est un « bouleur ». L'expression a été empruntée au mouvement d'une boule lancée qui roule jusqu'à la fin de sa course, en évitant ou en contournant, tout ce qui pourrait lui causer un arrêt`` (H. Génin, Le Lang. des planches,1911, p. 19). 1reattest. av. 1867 (F. Sarcey dans Lar. 19e); dér. de bouler, suff. -eur2*.
BBG. − Sain. Arg. 1972 [1907], p. 168. − Sain. Sources t. 2 1972 [1925], p. 120, 152, 184. − Schuchardt (H.). Romanische Etymologien. 2. Sitzungsberichte der Philosophisch-historischen Klasse der kaiserlichen Akademie der Wissenschaften. 1899, t. 141, no3, p. 128.

BOULÉ, ÉE, part. passé et adj.

A.− Part. passé de bouler*.
B.− Adjectif
1. [En parlant de lapins] Qui est ramassé sur lui-même sous l'effet d'un coup de fusil mortel :
1. Sous le tir des policiers des fenêtres, deux [hommes] étaient tombés au milieu de la rue, les genoux à la poitrine, comme des lapins boulés; ... Malraux, La Condition humaine,1933, p. 248.
2. [En parlant d'un autre animal, d'une partie du corps hum. etc...] Pelotonné, recroquevillé. Ses doigts rouges boulés de rhumatismes (Pourrat, Gaspard des montagnes, À la belle bergère, 1925, p. 139):
2. ... ils prenaient faction dans c'te guérite, boulés comme un chien dans sa niche... Genevoix, Raboliot,1948, p. 157.

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

BOULE. n. f.
Corps sphérique, corps rond en tous sens. Il se dit surtout des Objets de cette forme qui sont faits par la main de l'homme. Boule de bois. Boule d'ivoire. Boule de cuivre. Boule creuse. Une boule à jouer aux quilles. Une boule de quilles. Une boule de neige. Une boule de gomme. Boule d'oignon brûlé, de caramel. Par extension et fam., Être rond comme une boule, Être gros et replet. Cet enfant est rond comme une boule. Se mettre en boule, Se ramasser, se pelotonner. Arbre taillé en boule, Arbre dont on arrondit la tête. Il se dit aussi d'un Cylindre de grès ou de métal dans lequel on met de l'eau chaude pour se réchauffer les pieds. Jeu de boules, Jeu qui consiste à faire rouler des boules le plus près possible du but (petite boule) et à en chasser celles des adversaires. Jouer à la boule. Joueur de boule. Il se dit aussi du Lieu où l'on joue à la boule. Jeu de boules couvert. Jeu de boules découvert. Il se disait particulièrement des Boules qui, suivant leur couleur blanche ou noire, étaient favorables ou défavorables dans certains jeux ou dans les examens. Il a été reçu à toutes boules blanches. Fig. et fam., Cela fait la boule de neige, se dit d'une Chose qui s'augmente progressivement. Ce groupe de mécontents fit la boule de neige et devint formidable. Par l'accumulation des intérêts, cette somme fit la boule de neige. Il se dit par analogie de Certains arbrisseaux taillés en forme de boule. Une boule de myrte. Une boule de chèvrefeuille. En termes de Botanique, Boule de neige, Espèce de viorne dont les fleurs blanches sont rassemblées en boules. Il se dit aussi, en termes d'Architecture, de Certains ornements de forme sphérique ou ovoïde. En termes de Médecine, Boule hystérique se dit de la Sensation qui précède souvent une attaque d'hystérie et qui fait croire au malade qu'une boule monte de son épigastre à son larynx.

Phonétique du mot « boulê »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
boulê bulɛ

Images d'illustration du mot « boulê »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « boulê »

Langue Traduction
Anglais ball
Espagnol pelota
Italien palla
Allemand ball
Chinois
Arabe الكرة
Portugais bola
Russe мяч
Japonais
Basque baloia
Corse ballò
Source : Google Translate API

Synonymes de « boulê »

Source : synonymes de boulê sur lebonsynonyme.fr

Boulê

Retour au sommaire ➦

Partager