La langue française

Pétard

Définitions du mot « pétard »

Trésor de la Langue Française informatisé

PÉTARD, subst. masc.

A. −
1. Charge d'explosif placée dans une enveloppe, utilisée pour détruire, pour creuser. Pétard de mélinite. À la faveur d'une nuit obscure, 200 Cosaques allèrent attacher un pétard à la porte du fort (Mérimée, Hist. règne Pierre le Gdds Journal des Savants, 1867, p.677).Pour le fonçage d'un puits rond (...) on commence par creuser, avec une couronne de pétards (...) un fossé circulaire (Haton de La Goupillière, Exploitation mines,1905, p.416).Certains de nos hommes, la nuit venue, se glissaient à quatre pattes pour jeter des pétards dans les tranchées boches (Romains, Hommes bonne vol.,1938, p.203).V. chevrotine ex. de Céline.
2. CH. DE FER. Dispositif détonant placé sur un rail, dont l'éclatement prévient le mécanicien qu'il doit arrêter immédiatement sa locomotive. Pétard de chemin de fer. Sur les lignes à double voie, on augmente la sécurité donnée par les signaux fixes en munissant ceux-ci de pétards détonants, qui se placent sur le rail lorsque le signal est fermé (Bricka, Cours ch. de fer,t.1, 1894, p.445):
1. ... son unique défaut était là, dans un entêtement à ne pas s'arrêter, désobéissant aux signaux, croyant toujours qu'il aurait le temps de dompter la Lison: aussi, parfois, allait-il trop loin, écrasait les pétards (...), ce qui lui avait valu deux fois des mises à pied de huit jours. Zola, Bête hum.,1890, p.143.
3. Petit rouleau de papier ou de carton contenant une composition détonante que l'on fait exploser pour s'amuser. Pétards du 14 juillet; allumer, lancer, tirer un pétard. Un enfant qui souffle ingénument sur la mèche mal allumée d'un pétard et se le fait éclater dans les yeux (Hugo, N.-D. Paris,1832, p.262).Au dehors, les cloches sonnaient les vêpres, les pétards éclataient sur la place, les fifres passaient et repassaient (A. Daudet, Lettres moulin,1869, p.157).
4. Au fig., fam. Nouvelle sensationnelle, déclaration dont on attend un grand retentissement. Synon. bombe (v. ce mot C 1).Lancer* un pétard. Une (...) formidable explosion de pétards subversifs, destinés à mystifier le bonhomme (Theuriet, Mariage Gérard,1875, p.63).De divers côtés lui parvenaient [à la Reine] des nouvelles du déplorable effet produit par ce pétard [le manifeste de Brunswick] (L. Daudet, Lys sangl.,1938, p.189).V. chose1ex.6.
Pétard mouillé. ,,Une révélation, une action qui devrait être spectaculaire, sensationnelle, mais qui n'a pas d'effet`` (Rey-Chantr. Expr. 1979).
B. − Fam. ou pop. Tapage, scandale. Il va y avoir du pétard. Elle fait un pétard du diable. J'ai eu une scène terrible hier (H. Bataille, Maman Colibri,1904, i, 2, p.4).Faut qu'il m'nourrisse, ou sans ça j'fais du pétard! (Benjamin, Gaspard,1915, p.135).Ce fut d'abord des trépignements, des sifflets, des cris, des bravos ironiques... bref, un pétard infernal (Galipeaux, Souv.,1931, p.185).
Loc. En pétard. En colère. Être, se mettre en pétard. On aurait compris (...) qu'ils ne soient pas heureux, contents, qu'ils partent en pétard (Céline, Mort à crédit,1936, p.531).
C. − Arg. et pop. Pistolet, revolver. Synon. arg. calibre, feu, flingue, pétoire.Il prenait son pétard en mains, il faisait tourner le barillet (Céline, Mort à crédit,1936p.89).V. flic ex. de Sartre.
Rare. Fusil. En entendant ces coups de fusil (...), j'ai bien reconnu son pétard: un gros douze anglais très court, chargé de poudre M. (Bernanos, Mouchette,1937, p.1287).
D. − Pop. Arrière-train, fessier. Pétard plantureux; avoir un gros pétard. Elle avait pas vingt piges la môme et des petits nénés insolents... et la taille de guêpe... et un pétard comme je les aime, tendu, musclé, bien fendu (Céline, Mort à crédit,1936p.255).Un homme ne parle pas debout (...) comme lorsqu'il a le pétard calé dans un fauteuil (Arnoux, Zulma,1960, p.316):
2. Elle agirait prudemment en mettant sa fessée sous verre, si elle ne voulait pas en recevoir une seconde. Et ça ne serait pas long, elle pouvait apprêter son pétard. Zola, Assommoir,1877, p.652.
E. − Fam. ou pop. [Empl. comme juron] Est-ce beau! Nom d'un pétard, est-ce beau! (Flaub., Corresp.,1859, p.330).Son éternel regret était de ne pas avoir un fils, dont il aurait fait un officier comme lui, pétard de Dieu! (Richepin, MmeAndré,1879, p.263).Un coup de bagne pour vingt-cinq ans ça nous dresserait à tous le cul! Sacredieu pétard! Ah! il nous aimait pas la tante! (Céline, Mort à crédit,1936p.637).
REM. 1.
Pétasson, subst. masc.,pop., synon. (supra D).Des lourdes maritornes, avec des ventres, des pétassons et des nichons (Cendrars, Homme foudr.,1945, p.310).
2.
Pétaga, subst. masc.,arg. ,,Bagarre`` (G. Arnaud, Schtilibem 41, Paris, Julliard, 1953, p.68).
Prononc. et Orth.: [peta:ʀ]. Ac. 1694-1798: petard; dep. 1835: pé-. Étymol. et Hist. 1. 1495 «explosif pour faire sauter un obstacle» (Archiv. Bretagne, 2, 132 ds Fonds Barbier); 2. a) 1584 «petite pièce d'artifice qui éclate avec bruit» (E. Du Monin, L'Uranologie, 17b ds Fr. mod. t.6, p.173); b) 1874 «artifice posé sur un rail de chemin de fer comme signal» (Lar. 19e); c) 1875 fig. «nouvelle sensationnelle» (Theuriet, loc. cit.); 1835 lancer un pétard (Ac.); 3. 1690 «petit canon» (Fur.); 1847 «revolver ou pistolet» (Dict. arg., p.221); 4. a) 1830 «colère» (ds Esn.); 1926 être en pétard (ibid.); b) 1867 «bruit, tapage» (Delvau, p.365); c) 1850 «danger» (ds Esn.); d) 1872 faire du pétard «faire un éclat» (Larch., p.194); 5. 1847 «postérieur» (Dict. arg., p.152). Dér. de pet1* (au sens 5, plutôt dér. de péter*); suff. -ard* (cf. a. prov. petart, 1496 ds FEW t.8, p.136a). Fréq. abs. littér.: 202. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 129, b) 341; xxes.: a) 296, b) 387.
DÉR. 1.
Pétarder, verbea) Empl. trans. Faire sauter avec un pétard (supra A 1). Pétarder une porte (Ac.). b) Empl. intrans., vieilli, fam. ou pop. Faire du tapage, du scandale. On n'entendait que le trombone de Clou, pétardant et étouffant le jeu grêle du petit violon (Zola, Terre,1887, p.231).Il avait (...) le tort d'enlever subrepticement les pancartes individuelles (...) et de s'en aller ensuite pétarder par les chambres, braillant que tous ces gaillards-là avaient perdu leurs pancartes (Courteline, Gaîtés esc.,Pipe, 1891, I, p.244). [petaʀde], (il) pétarde [petaʀd]. Ac. 1694-1798: pe-; dep. 1835: pé-. 1resattest. ca 1590 «faire sauter avec un pétard» (Montaigne, Essais, éd. P. Villey et V. L. Saulnier, I, 324), d'abord att. chez les écrivains originaires du domaine d'Oc (cf. Sarlat, av. 1623 ds Gdf. Compl.), 1883 «faire du tapage» (Larch. Suppl., p.118); de pétard, dés. -er.
2.
Pétardier, -ière, subst. masc. et adj.,vieilli. a) Subst. masc. Artificier qui prépare, qui pose des pétards (supra A 1). Habile pétardier. Hardi pétardier (Ac.1835, 1878).b) Adj. et subst. (Personne) qui fait, qui a l'habitude de faire du tapage, du scandale. En v'là des pétardiers! Ils sont deux et ils font du foin comme trente-six (Courteline, Train 8 h 47,1888, 2epart., 8, p.191).J'ai ici une clientèle de vieux messieurs (...) pourvu qu'on soit discrète et pas pétardière, c'est comme cela qu'on se les attache (O. Méténierds Bruant 1901, p.77). [petaʀdje], fém. [-jε:ʀ]. Ac. 1718-1798: pe-; 1835 et 1878: pé-. 1resattest. a) 1611 «artificier» (Cotgr.), b) 1883 adj. «tapageur» (Larch. Suppl., p.118); de pétard, suff. -ier*.
BBG.Chautard Vie étrange Argot 1931, p.253. _Quem. DDL t.17. _Sain. Argot 1972 [1907], p.128.

pétard (sur péter),-

Wiktionnaire

Nom commun 1

pétard \pe.taʁ\ masculin

  1. Petit fourneau chargé d’explosif, qu’on fait éclater pour briser une porte, ébranler une muraille, faire une excavation dans un terrain très dur, chevrotine.
    • L’idée que Machiavel nous donne des villes impériales d’Allemagne est toute différente de ce qu’elles sont à présent ; un pétard suffirait, et au défaut de cela un mandement de l’Empereur, pour le rendre maître de la ville. — (Frédéric II et Voltaire, L’Anti-Machiavel, 1739 (édition de 1947))
    • Leurs armures étaient peintes en noir ; ils portaient des échelles noires et des lanternes sourdes, des haches pour couper les chaînes des ponts, et des pétards pour faire sauter les portes. — (Julie de Quérangal, Philippe de Morvelle, Revue des deux Mondes, t. 2, 4, 1833)
    1. (Chemin de fer) Petite boîte détonante que l’on place sur un rail comme signal et qui, écrasée par une locomotive, attire par le bruit de la détonation l’attention du mécanicien.
      • Poser des pétards sur la voie.
    2. Pièce d’artifice faite avec de la poudre et du papier roulé et serré.
      • Tantôt il attache un pétard à un poil de ma barbe, tantôt il me décoche de son arbalète un trait de feu dans mon manteau. — (Aloysius Bertrand, Gaspard de la nuit, 1842)
      • Au douar, l’on avait tiré quelques coups de fusil, fait partir beaucoup de pétards, fait courir les faméliques chevaux. — (Isabelle Eberhardt, Yasmina, 1902)
  2. Nouvelle à sensation lancée à dessein de faire scandale, bombe.
    • De divers côtés lui parvenaient [à la Reine] des nouvelles du déplorable effet produit par ce pétard [le manifeste de Brunswick] […] — (Léon Daudet, Les Lys sanglants, Flammarion, 1938, p. 189)
    • Lancer un pétard.
    • Pétard mouillé : Révélation, nouvelle qui devrait être spectaculaire, sensationnelle, mais qui n’a pas d’effet.
  3. (Taille de pierre) Outil pneumatique permettant de façonner la pierre en propulsant la broche ou le ciseau à son encontre à cadence élevée.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  4. (Argot) Revolver, pétoire, flingue.
    • Il prenait son pétard en mains, il faisait tourner le barillet. — (Louis-Ferdinand Céline [Louis Ferdinand Destouches], Mort à crédit, Denoël, Paris, 1936, p. 89)
  5. (Argot) Fesses, arrière-train, fessier. Note : Au Canada, on dit plutôt péteux dans ce sens.
    • Elle avait pas vingt piges la môme et des petits nénés insolents… et la taille de guêpe… et un pétard comme je les aime, tendu, musclé, bien fendu. — (Louis-Ferdinand Céline [Louis Ferdinand Destouches], Mort à crédit, Denoël, Paris, 1936, p. 255)
  6. (Populaire) Homme ou femme très attirant, bombe sexuelle (pour une femme), étalon (pour un homme).
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  7. (Populaire) Tapage, scandale.
    • Le roi et la reine entrèrent. J’étais couvert d’une sueur froide tant je craignais un pétard de mes deux compagnons. — (Touchatout, Mémoires d’un préfet de police, 1885)
  8. Nuance de couleur vive, éclatante, « pétante » (rose pétard, jaune pétard, etc.).
    • Les couleurs pétard, vert pomme, rouge cassis, bleu pailleté, orange effet marbré, sont de sortie. — (Stéphanie Maurice, La passion du tuning, Seuil, 2015, coll. Raconter la vie, p. 64)

Nom commun 2

pétard \pe.taʁ\ masculin

  1. (Argot) Cigarette contenant du cannabis ou ses dérivés.
    • Mon père est mort, j’ai hérité, j’ai eu vingt et un ans, je suis allé au casino et j’ai perdu quelques millions, j’aurais préféré le piano, mais au lieu de ça, j’ai appris à rouler des pétards parfaits, et à me faire mes propres fix, avec Julie. — (Lolita Pille, Bubble gum, Bernard Grasset, Paris, 2004, ISBN 2-246-64411-9, ch. VI, p. 110)
    • Si tu crois que tu vas gagner en endurance à rien branler chez toi, à boire des binches et fumer des pétards devant la console avec tes potes, va falloir y réfléchir à 2 fois ! — (Geogeo2, dans le forum « Gagner en endurance en restant chez soi », le 25 août 2009, sur le site Skipass (www.skipass.com))
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Littré (1872-1877)

PÉTARD (pé-tar ; le d ne se prononce pas et ne se lie pas ; au pluriel, l's ne se lie pas : des pé-tar enflammés ; cependant quelques-uns la lient : des pétar-z enflammés) s. m.
  • 1 Terme d'artillerie. Boîte en bois ou en métal, remplie de poudre, employée pour faire sauter les portes, les barrières, etc.

    Fig. Mairan disait que cet ouvrage était un pétard que j'avais mis sous la porte de l'Académie pour la faire sauter si on me la fermait, Marmontel, Mém. VII.

  • 2 Terme d'artificier. Pièce d'artifice composée d'un cylindre en carton rempli de poudre tassée.

    Les pétards qu'on vend aux enfants sont faits de papiers mis bout à bout et collés avec de la poudre fulminante, qui s'enflamme au frottement quand on les tire en sens inverse.

HISTORIQUE

XVIe s. Voici les premieres nouvelles de ces petars (1580), qui ont tant fait parler d'eux, et qui n'avoient encores esté essaiez sinon en un meschant chasteau de Rouargue, qui n'a pu nous donner son nom, D'Aubigné, Hist. II, 349.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

PÉTARD, s. m. en terme de Guerre, est une sorte de canon de métal, qui ressemble un peu à un chapeau haut de forme, ou plus exactement à un cone tronqué. Il sert à rompre les portes, les barricades ou barrieres, les ponts-levis, & tous les autres ouvrages que l’on a dessein de surprendre.

On peut considérer le pétard, comme une piece d’artillerie fort courte, étroite par la culasse, & large par l’ouverture. Elle est faite de rosette mêlée avec un peu de cuivre. On en fait aussi de plomb & d’étain mêlés ensemble. Il est ordinairement long de sept pouces & large de cinq à sa bouche, pesant quarante à cinquante livres.

Sa charge est de cinq à six livres de poudre : on ne le charge qu’a trois doigts de la bouche, le reste se remplit d’étoupe, & on l’arrête avec un tampon de bois. On couvre la bouche d’une toile que l’on serre bien fort avec une corde ; on le recouvre d’un madrier ou d’une planche de bois, dans laquelle on a pratiqué une cavité pour recevoir la bouche du pétard, & on l’attache en bas avec des cordes, ainsi qu’il est exprimé dans nos Planches.

Il est d’usage dans les attaques clandestines ; il sert à rompre les portes, les ponts, les barrieres, &c. auxquelles on l’attache ; ce qui se fait par le moyen d’une planche de bois. On s’en sert aussi dans les contremines pour briser les galeries ennemies, & pour en éventer les mines.

Au lieu de poudre à canon pour charger cette arme, quelques-uns se servent de la composition suivante ; savoir sept livres de poudre à canon, une once de mercure sublimé, huit onces de camphre ; ou bien six livres de poudre à canon, une demi-once de verre broyé, & trois quarts de camphre. On fait aussi quelquefois des pétards de bois entourés de cerceaux de fer.

On attribue l’invention des pétards aux huguenots françois en 1579, dont le plus signale exploit sut la surprise de la ville de Cahors, ainsi que nous l’apprend d’Aubigné. Chambers.

Pour se servir du pétard on fait en sorte d’approcher de la porte qu’on veut rompre sans être découvert des sentinelles de la ville ; & avec un tirefond, ou quelqu’autre instrument semblable, on attache le madrier auquel le pétard est joint à la porte qu’il s’agit de briser ; ce qui étant fait, on met le feu à la fusée du pétard, laquelle étant remplie d’une composition lente, donne le tems au pétardier, ou à celui qui a attaché le pétard, de se retirer. La fusée ayant mis le feu à la poudre dont le pétard est chargé, cette poudre en s’enflammant presse le madrier contre la porte avec un tel effort, qu’il la brise, ou qu’il y fait une ouverture.

Le métier de pétardier est extrèmement dangereux. Peu d’officiers reviennent de cette sorte d’expédition ; car ou des défenses qui sont sur la porte, ou de celles qui sont à droite ou à gauche, si ceux qui sont dans la ville s’apperçoivent de cette manœuvre, ils choisissent le pétardier, & ils ne le manquent presque jamais.

Les Artificiers appellent aussi pétard une espece de boîte de fer de dix pouces de haut, de sept pouces de diametre par en-haut & de dix pouces par en-bas, du poids de 40 à 60 livres, dont on se sert pour enfoncer les herses & les portes des villes assiégées, ou des ouvrages où l’on veut entrer. Le madrier sur lequel on le place, & où il est attaché avec des liens de fer, est de 2 piés par sa plus grande largeur, & de 18 pouces par les côtés ; l’épaisseur est d’un madrier ordinaire. Au-dessous du madrier sont des bandes de fer passées en croix avec un crochet qui sert à attacher le pétard.

Il n’y a pas d’autre secret pour l’appliquer que de s’approcher, à l’entrée de la nuit, avec un détachement, le plus près de la place qu’on peut ; de descendre dans le fossé lorsqu’il est sec, ou de trouver quelqu’autre moyen quand il est plein d’eau, ce qui n’est pas à la vérité si facile. Peu d’officiers reviennent de ces sortes d’expéditions, & il faut être muni d’une très-forte résolution pour prendre une commission pareille à celle-là.

Lorsqu’on veut charger un pétard qui aura 15 pouces de hauteur, & 6 à 7 pouces de calibre par l’ame, il faut commencer par le bien nettoyer par-dedans, & le chauffer, de maniere néanmoins que la main puisse en souffrir la chaleur.

Prendre de la plus fine poudre & de la meilleure que l’on puisse trouver, jetter dessus un peu d’esprit de vin, la présenter au soleil, ou la mettre dans un poêle ; & quand elle sera bien seche, la mettre dans le pétard de la maniere suivante :

On passera dans la lumiere un dégorgeoir que l’on y fera entrer de deux pouces, ensuite l’on y jettera environ deux pouces & demi de haut de la poudre ci-dessus. Voyez Dégorgeoir.

On aura ensuite un morceau de bois du calibre du pétard bien uni par les deux bouts & bien arrondi par les côtés, qu’on fera entrer dans le pétard, & avec un maillet de bois l’on frappera sur cette espece de refouloir sept ou huit coups pour presser la poudre, observant néanmoins de ne l’écraser que le moins qu’il se pourra ; l’on prendra ensuite du sublimé, l’on en semera une pincée sur ce lit de poudre, puis l’on y remettra encore de la poudre la hauteur de deux pouces & demi, on la refoulera de même ; on aura dans une phiole grosse comme le pouce, du mercure qui sera couvert d’un simple parchemin, auquel on fera sept ou huit petits trous avec une épingle, & l’on sécouera trois ou quatre fois pour en faire sortir du mercure.

L’on fera un autre lit de poudre comme le premier, & l’on y mettra du sublime, comme on a fait d’abord ; ensuite un autre lit de poudre, & encore du mercure, comme ci-devant ; ce qui fait en tout quatre lits ; le cinquieme sera comme le premier.

Vous le couvrirez de deux doubles de papier coupés en rond du diametre du pétard, que vous mettrez dessus son ouverture : vous mettrez des étoupes par-dessus à la hauteur d’un pouce, & avec le morceau de bois, dont on a parlé, l’on enfoncera le tout à force.

On fera un mastic composé d’une livre de brique ou de tuile bien cuite, que l’on pulvérisera & tamisera, & d’une demi-livre de poix-résine ou colofane.

Vous ferez tout fondre ensemble, & remuerez avec un bâton, en sorte que le tout soit bien délayé, & vous verserez ce mélange tout chaud sur les étoupes.

Vous aurez une plaque de fer de l’épaisseur de 4 ou 5 lignes du calibre du pétard, à laquelle il y aura trois pointes qui déborderont du côté du madrier, afin qu’elles puissent entrer dedans ; vous appliquerez ce fer sur le mastic, dont le surplus débordera par le poids du fer.

Il faut que ce fer soit au niveau du pétard, & le poser ensuite sur votre madrier, qui sera entaillé de quatre à cinq lignes pour loger le pétard, observant de faire trois trous pour recevoir les trois pointes de la plaque de fer que vous avez appliquée sur le cul du pétard.

Vous remplirez ensuite l’encastrement de ce mastic mis bien chaud, & renverserez dans le moment votre pétard dessus ; & comme il doit y avoir quatre tenons ou tirans de fer passés dans les anses pour arrêter le pétard sur le madrier, il faudra faire entrer une vis dans chacun, & la serrer bien ferme pendant que le mastic sera chaud, afin de boucher tout le jour qui pourroit se trouver dans l’encastrement.

Il est bon de remarquer encore que la lumiere du pétard se met quelquefois au haut, & quelquefois à un pouce & demi au-dessous ; mais de quelque maniere qu’elle soit située, il faut toujours un porte-feu fait de fer du diametre de la lumiere, & de trois pouces de longueur, qu’on enfonce dedans avec un maillet de bois.

Avant que de le placer, il faut avec un dégorgeoir de fer, dégorger un peu la composition du dedans du pétard, & y faire entrer ensuite un peu de nouvelle composition, afin de donner mieux le feu, & avec un peu plus de lenteur.

Cette composition doit être d’un huitieme de poudre, d’un quatrieme de salpêtre, & d’un deuxieme de soufre ; c’est-à-dire que pour huit onces de poudre, il faut quatre onces de salpêtre & deux de soufre. On pulvérise ces trois matieres séparément ; & après les avoir mêlées, on en charge le porte-feu, qu’on couvre avec du parchemin ou du linge goudronné pour le garantir de l’injure de l’air.

Pétard, (terme d’Artificiers.) on peut mettre au nombre des garnitures ces petits pétards que font les enfans dans les rues avec du papier & un peu de poudre, qu’on appelle aussi péterolles.

On plie une feuille de gros papier sur sa longueur par plis de 9 à 10 lignes d’intervalle en trois plis successifs, qu’on ouvre ensuite pour former une espece de canal dans lequel on couche un lit de poudre de peu d’épaisseur, étendue bien également, on l’y enveloppe en plusieurs doubles en continuant de plier le reste de la feuille, ce qui forme un paquet long & plat qu’on replie ensuite en travers de l’intervalle d’environ un pouce & demi, par plis alternatifs en zigzag, en façon de Z d’un côté & d’autre, frappant sur les bords de chacun avec un marteau dans la largeur de 2 à 3 lignes, pour écraser un peu la poudre qui s’y trouve, afin que le passage du feu y étant moins ouvert s’y communique successivement, & non pas tout-d’un-coup, comme il arriveroit sans cette précaution. Le paquet ainsi réduit à cette petite longueur, doit être serré par le milieu avec plusieurs tours de ficelle ; & pour y mettre le feu, on fait un trou à côté de la ligature qui pénetre jusqu’à la poudre grenée, dans lequel on introduit un peu de poudre écrasée dans l’eau pour lui servir d’amorce. Il n’est personne qui n’ait vu l’effet de cet artifice, qui est tombé, pour ainsi dire, en mépris, tant il est commun, mais qui a son mérite lorsqu’on en joint ensemble une certaine quantité pour faire une escopeterie successive assez amusante.

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Étymologie de « pétard »

(Interjection, Nom commun 1) (Siècle à préciser) Dérivé de péter avec le suffixe -ard.
(Nom commun 2) (Siècle à préciser) Peut-être de pétun, mot désuet signifiant « tabac » ou le même que le précédent depuis le sens de « petit rouleau de papier ou de carton contenant une composition détonante » → voir bang (« pipe pour fumer du cannabis ») ou les sens festifs de s’exploser.
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Phonétique du mot « pétard »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pétard petar

Citations contenant le mot « pétard »

  • Une famille, c'est un nid de frelons en pétard. De Madeleine Chapsal / L'indivision
  • Avant toute chose, vérifiez auprès de la mairie que l'usage de feux d'artifice, de fusées ou de pétards n'est pas interdit dans votre secteur géographique. Des mesures municipales ou préfectorales ont pu en effet être prises pour éviter les attroupements, les risques d'accidents, d'incendies ou de trouble à l'ordre public. La vente même des produits peut être limitée, voire proscrite, via des arrêtés. , Magazine Lifestyle | Pétards et feux d'artifice dans son jardin : ce qu'il faut savoir
  • L'acquisition et la détention de gros pétards et de feux d'artifice tirés par mortiers seront interdites du 4 juillet au 15 juillet à Paris et dans les trois départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne). De tels objets sont régulièrement utilisés pour viser les forces de l'ordre. leparisien.fr, 14 juillet : restrictions sur les pétards et les feux d’artifice en région parisienne - Le Parisien
  • Lundi soir, vers 21 heures, sur la place du village de Miribel-les Échelles (Isère), six jeunes de 16-18 ans environ, s'amusent à tirer des pétards. Le maire, Williams Dufour, 51 ans, nouvellement élu, intervient alors, avec deux de ses adjoints. Ils étaient en réunion tout près de là. France Bleu, Isère : le maire de Miribel-les Échelles agressé par six jeunes qui tiraient des pétards
  • Leur nom est « Cobra 8 ». Ils sont gros comme une bombe d'insecticide ou comme un bâton de dynamite. Ce sont des pétards et ils sont formellement interdits. leparisien.fr, Coulommiers : inquiétante prolifération de pétards gros comme des bâtons de dynamite - Le Parisien
  • Qui dit Fête nationale, dit feux d’artifices et parfois, pétards. Mais cette année, en Moselle, Meurthe-et-Moselle et dans les Vosges, il faudra faire sans ces derniers engins pyrotechniques. , Utilisation de pétards et artifices : que pourrez-vous faire en Lorraine pour le 14 juillet ? | Lorraine Actu
  • Tous les étés, des groupes de jeunes se réunissent sous le « hall », une sorte de marché couvert situé devant la mairie. Depuis le début du déconfinement, ils s’amusent avec ce qu’on appelle des pétards mais, en réalité, c’est bien plus imposant. , Pétards dans les quartiers de Caen : le ras-le-bol des habitants | Liberté Caen
  • En France, la vente des pétards de catégorie F1, F2, F3 est interdite aux personnes de moins de 18 ans. La première catégorie (F1) est même interdite aux de moins de 12 ans, et la catégorie F4 est réservée aux personnes qui ont des connaissances particulières en matière de pyrotechnie. Pourtant, ces produits sont accessibles en quelques clics sur les sites marchands, y compris les fameux mortiers. Ces fusées sur socle sont sensées être posées sur le sol et tournées vers le ciel. Mais elles sont parfois utilisées autrement, le socle appuyé sur le torse, par exemple, et tirées à l’horizontale. Le syndicat de la pyrotechnie de spectacle et de divertissement décrit la dangerosité des mortiers d’artifice : « ils projettent des éléments à très haute température qui peuvent blesser ou brûler. Sans parler du choc si une personne est atteinte directement par le projectile qui peut atteindre une vitesse de 80 à 100 km/h et avoir une portée de 150 mètres ». Expressions, Mortiers, pétards : le maire demande l'interdiction de la vente en ligne - Expressions
  • Brûlures, plaies profondes, amputations… Les pétards du 14-Juillet peuvent entraîner de graves séquelles en cas de mauvaise manipulation. Des dommages que les médecins comparent parfois à « des blessures de guerre ». Chirurgien spécialiste de la main à la clinique de L’Union (Haute-Garonne), près de Toulouse, le Dr Colin De Cheveigné prévient : , 14-Juillet. Toulouse : un chirurgien met en garde face aux ravages des pétards sur les mains | Actu Toulouse

Traductions du mot « pétard »

Langue Traduction
Anglais petard
Espagnol petardo
Italien petardo
Allemand petarde
Chinois 花火
Arabe بيتارد
Portugais petardo
Russe петарда
Japonais 爆竹
Basque petard
Corse petarda
Source : Google Translate API

Synonymes de « pétard »

Source : synonymes de pétard sur lebonsynonyme.fr

Pétard

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