La langue française

Blasé

Sommaire

  • Définitions du mot blasé
  • Étymologie de « blasé »
  • Phonétique de « blasé »
  • Citations contenant le mot « blasé »
  • Traductions du mot « blasé »

Définitions du mot blasé

Trésor de la Langue Française informatisé

BLASÉ, ÉE, part. passé et adj.

I.− Part. passé de blaser*.
II.− Adjectif
A.− [En parlant des sens] Émoussé par l'excès des plaisirs ou de ce qui les procure. Je ne sais rien de plus flatteur pour une femme que de réveiller un palais blasé (Balzac, Les Employés,1837, p. 198):
1. ... le goût de l'effet l'emporte sur le sens spirituel chez des êtres falots toujours à la poursuite d'un piment pour leur sens incertain ou blasé; ... Mounier, Traité du caractère,1946, p. 488.
B.− [En parlant d'une pers., de son âme, etc.] Qui est dégoûté, revenu de tout; qui conçoit une indifférence totale vis à vis de ce qui doit émouvoir, convaincre :
2. La présence de tous les soirs d'une jolie danseuse donne de l'attention forcée aux âmes blasées ou privées d'imagination qui garnissent le balcon de l'Opéra. Stendhal, De l'Amour,1822, p. 46.
3. S'il était encore assez jeune pour se livrer à un élan d'heureuse admiration, il avait un égoïsme trop large, une indifférence trop railleuse, il éprouvait déjà trop de lassitude réelle, pour ne pas se déclarer écœuré, blasé, fini. Zola, La Curée,1872, p. 328.
Emploi subst. Un blasé; jouer au blasé; faire le blasé :
4. ... ils [Jean et Fanny] se torturaient jusque dans leurs caresses... lui, s'épuisant à vouloir procurer à cette blasée d'amour une commotion qu'elle ignorât encore... A. Daudet, Sapho,1884, p. 186.
5. Pour un blasé comme M. de Bièvre, une réunion où on ne peut pas tout se permettre est un maigre régal!... Gyp, Pas jalouse!1893, p. 225.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 286. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 473, b) 460; xxes. : a) 445, b) 297.
BBG. − Dauzat Ling. fr. 1946, p. 302. − Sain. Arg. 1972 [1907], p. 244. − Sain. Sources t. 1 1972 [1925], p. 383.

Wiktionnaire

Adjectif

blasé \blɑ.ze\

  1. Indifférent ; qui ne trouve plus d’intérêt à ce qu’il découvre ou qui n’a jamais trouvé d’intérêt.
    • Il a le palais blasé.
    • Un malentendu existe entre lui et les simples mortels. […]. Son ironie naturelle les gène et les déconcerte. Il est ennuyé, blasé ; […]. — (Anatole Claveau, Le Tout-Paris, dans Sermons laïques, Paris : Paul Ollendorff, 1898, 3e éd., page 31)
    • Une nouvelle mariée, à qui on avait appris qu’une jeune femme ne doit pas avoir l’air blasé, souriait de plaisir, et cherchait des yeux la maîtresse de maison pour lui témoigner par son regard sa reconnaissance d’avoir « pensé à elle » pour un pareil régal. — (Marcel Proust, Un amour de Swann, 1913, réédition Le Livre de Poche, page 192)
    • […] il faudrait qu’une impulsion suprahumaine vînt redonner à ces races blasées l’appétit de vivre, la foi en l’avenir. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Je suis un vieux fœtus blasé. Ma vie m’aura servi de leçon. Je ne recommencerai jamais plus. — (San Antonio, Réflexions définitives sur l’au-delà, S-A 9, Fleuve noir, 2000)

Nom commun

blasé \blɑ.ze\ masculin (pour une femme on dit : blasée)

  1. Personne indifférente à la vie, qui ne prend plus de plaisir à découvrir.
    • Bon, je fais un peu le blasé, il y a des attractions drôlement amusantes, dommage qu’elles ne durent pas longtemps.

Forme de verbe

blasé \blɑ.ze\

  1. Participe passé masculin singulier du verbe blaser.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

BLASÉ (blâ-zé, zée) part. passé.
  • Un homme blasé. Un estomac blasé. Vous ne ramènerez pas au vin de Bourgogne des gens blasés qui s'enivrent de mauvaise eau-de-vie, Voltaire, Lettr. Touraille, 5 juill. 1774.

    Blasé par les voluptés. Je frémis lorsque j'entends un de ces citoyens, blasé sur les plaisirs, se dire : je m'ennuie…, Diderot, Ess. sur Claude, liv. II. Ainsi la pointe de la douleur est émoussée, non que le cœur soit blasé, non que l'âme soit aride…, Staël, Corinne, liv. II, ch. 4. Enfin, ivre, énervé, ne sachant plus que faire, Sans haine, sans amour, et toujours, ô misère ! Avant la fin du jour blasé du lendemain, Hugo, Crépuscule, 13.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

BLASÉ. Les Blasés, titre d'une comédie de Forcalquier, 1740.

REMARQUE

Il paraîtrait, d'après la comédie de Forcalquier, que blasé commence seulement alors à être adopté avec la signification d'une maladie morale, DE LOMÉNIE, sur Mme de Rochefort, dans Rev. des Deux-Mondes, 1er févr. 1869, p. 689.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « blasé »

(Date à préciser) Composé de blaser.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « blasé »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
blasé blase

Citations contenant le mot « blasé »

  • Les émotions, on n'en est jamais blasé. De Hélène Ségara / Téléstar - 2001
  • Dans notre monde blasé, seule l’innocence fait vendre. De Frédéric Beigbeder / Au secours pardon
  • L'homo sapiens postmoderne fait face à un dilemme de taille : être blasé ou s'étonner constamment. De Jean Dion / Le Devoir - 17 janvier 1999
  • L'homme a beau être blasé, guéri de tous les enthousiasmes, revenu de tous les emportements, il reste en lui un fonds éternel de jeunesse. L'amour est une aventure qui garde son attirance. De Harry Bernard / Dolorès
  • Une vieille dame qui s'amuse ne se déplace pas dans l'espace comme une vieille dame que la vie pousse sans raison, ainsi qu'un joueur blasé son pion sur l'échiquier. De Noëlle Châtelet / La Femme coquelicot
  • Les gens qui se disent blasés n'ont jamais rien éprouvé : la sensibilité ne s'use pas. De Jules Renard / Journal 1893 - 1898
  • Un auteur, homme de goût est, parmi ce public blasé, ce qu’une jeune femme est au milieu d’un cercle de vieux libertins. De Chamfort / Maximes et pensées
  • Le saxophone parle la langue des bas-fonds, l’argot blasé et mélancolique du demi-jour – sale et sexy et suant et dur. C’est la langue des orphelins, des bâtards et des putains. De Eleanor Catton / La répétition
  • C’est, comme le résume cet internaute, l’opportunité, pour des Français, de se coucher avant minuit sans “passer pour un blasé des fêtes”. Le Huffington Post, Le couvre-feu du Nouvel An annoncé par Jean Castex ne fait pas que des malheureux | Le Huffington Post LIFE

Traductions du mot « blasé »

Langue Traduction
Anglais jaded
Espagnol hastiado
Italien stanco
Allemand abgestumpft
Chinois 疲倦的
Arabe منهك
Portugais cansado
Russe измученный
Japonais 疲れ切った
Basque jade
Corse giada
Source : Google Translate API
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