La langue française

Après

Définitions du mot « après »

Trésor de la Langue Française informatisé

APRÈS, prép.

I.− Morphème situant le procès en postériorité par rapport à une date ou une action données.
A.− Après en emploi prépositionnel.
1. Après + subst. appartenant au vocabulaire du temps.
a) Le compl. exprime le repère temporel. Après cinq heures, après Pâques :
1. Lorsque, après le xiiiesiècle, la littérature du Midi fut tombée en pleine décadence, la nôtre continua de cheminer dans la voie où elle était engagée. Sainte-Beuve, Tableau hist. et crit. de la poésie fr. et du théâtre fr. au XVIes.,1828, p. 7.
2. Après l'été pluvieux, l'automne rayonnait. Dans les vergers, les fruits pullulaient sur les branches. R. Rolland, Jean-Christophe,L'Adolescent, 1905, p. 319.
Sans art. devant les subst. désignant les heures canoniales :
3. Mais tu partirais le dimanche après vêpres à six heures, tu serais à Rouen à onze, et tu nous quitterais avec grand regret le samedi dans l'après-midi. Flaubert, Correspondance,1832, p. 4.
4. Et ce soir, après none, je viendrais vous saigner moi-même. Montherlant, Port-Royal,1954, p. 994.
Rem. Cf. aussi après prime, − matines, − complies, − laudes.
b) Le compl. exprime un espace de temps au terme duquel a lieu le procès. Après un moment de réflexion, après des années de silence :
5. ... mais il aimera l'hypothèse qui le fait commencer comme un corps individuel au milieu de la durée des êtres; se consolider, s'animer, fleurir, se refroidir après une vaste durée; et enfin mort, inanimé, se livrer aux forces étrangères pour être dissous par elles, et servir à la formation des mondes nouveaux. Senancour, Rêveries,1799, p. 215.
Après longtemps. Après une longue période :
6. Qu'une femme du monde de la plus haute intelligence, de la plus grande bonté, se fasse actrice, déploie dans ce métier nouveau pour elle de grands talents, n'y rencontre que des succès, on s'étonnera, si on se trouve auprès d'elle après longtemps, d'entendre non son langage à elle, mais celui des comédiennes, leur rosserie spéciale envers les camarades, ce qu'ajoutent à l'être humain, quand ils ont passé sur lui, « trente ans de théâtre ». Proust, Le Temps retrouvé,1922, p. 1003.
2. Après + subst. d'action, subst. à valeur verbale.Après le départ, après son refus :
7. Et après une longue discussion, il fut décidé qu'on irait déjeuner à la campagne. Maupassant, Contes et nouvelles,t. 1, À cheval, 1883, p. 398.
8. (Cela) se passait au port de commerce, le matin du second jour, après sa fuite de chez lui. Loti, Mon frère Yves,1883, p. 313.
SYNT. Après un déjeuner rapide, − plusieurs essais, − la découverte de, − la mort de, − une dernière tentative, − une explication, − cet effort, − sa conduite de ce soir, − la moisson, − la pluie, etc.; après la guerre, − le repas, − un long silence, − l'orage, − une étape difficile, − ce cauchemar, − quelques paroles, − ce lent martyre, − ma première blessure, − tant de détours, − quelques tours, etc.
Sans prédéterminant :
9. − Il faut reconnaître que Monsieur Keller a bien du talent − dit maman après échange de quelques banales politesses. Gide, Geneviève,1936, p. 1380.
10. J'oubliais de dire que la récompense est décernée chaque mois, après vérification des bons d'entrées; ... Camus, Caligula,1944, p. 48.
SYNT. Après accord avec, − analyse, − communication de, − comparaison de, − consultation, − délibération du, − déduction de, − dessication, − échange de, − enquête, − épuisement de, − examen, − entente avec, − lecture de, − réflexion, − mûre réflexion, − remise de, − vérification, etc.
Vieilli. Après + subst. + part. passé épithète :
11. Tous les animaux nouveau-nés ont besoin de leur mère pendant plus ou moins de temps, et nous ne voyons pas que leur société subsiste après le besoin passé. Laclos, De l'Éducation des femmes,1803, p. 451.
12. Ce n'est pas la mort du vieux bouc que je regrette! Quand je l'ai vu saigner dans sa baignoire, j'ai chanté de joie, j'ai dansé. Et aujourd'hui encore, après quinze ans passés, je n'y songe pas sans un tressaillement de plaisir. Sartre, Les Mouches,1943, p. 37.
SYNT. Après son fermage payé (Say, Traité d'écon. pol., 1832, p. 413); après ses illusions perdues (Flaubert, Correspondance, 1839, p. 45); après le soleil couché (Barrès, Le Voyage de Sparte, 1906, p. 5); après fortune faite (Proust, Le Temps retrouvé, 1922, p. 845).
Rem. Grev. 1961, § 779 indique que cette tournure était beaucoup plus fréq. au xviies. qu'auj. et qu'elle s'est développée sous l'influence des tournures lat. du type Post Romam conditam.
Après ça, après cela, après quoi. Les pron. se réfèrent aux faits énoncés dans la phrase précédente ou même antérieurement :
13. Et qu'on ne me parle pas, après cela, du travail, je veux dire de la valeur morale du travail. A. Breton, Nadja,1928, p. 54.
14. « Après quoi, la tempête apaisée, je me mis en marche. Je marchai cinq jours et quatre nuits. » Saint-Exupéry, Terre des hommes,1939, p. 162.
3. Locutions :
Après coup, loc. adv. Après ce fait, cet événement, par la suite :
15. Je me suis reproché après coup ma sotte timidité, et j'ai eu le regret de n'avoir pas fait mon devoir. Maine de Biran, Journal,1814, p. 27.
Tours du type minute après minute, ligne après ligne, l'un après l'autre, exprimant la succession, l'itération :
16. C'était la maison où elle l'avait attendu, nuit après nuit, au retour des Communes, la maison toujours éclairée qu'il voyait briller de loin dans le brouillard quand il rentrait après une dure séance. Maurois, La Vie de Disraëli,1927, p. 251.
17. On tirait en aveugles, pièce après pièce, coup par coup... Abellio, Heureux les pacifiques,1946, p. 23.
4. Après + inf. comp.[Le suj. de l'inf. est le même que celui de la principale] :
18. Quand le valet de chambre se fut retiré après avoir attisé le feu, la comtesse se tourna vers moi d'un air indéfinissable et me dit : ... Balzac, La Peau de chagrin,1831, p. 126.
19. Bernard et André avaient eu la joyeuse surprise de se retrouver à la caserne, après s'être perdus de vue pendant des années. R. Martin du Gard, Devenir,1909, p. 10.
20. Face à notre diplomatie qui, après avoir dormi si longtemps, rêvait tout éveillée... Maurras, Kiel et Tanger,1914, p. 101.
21. La lumière d'un lampadaire le frappa en plein visage, puis tout de suite après avoir traversé la chaussée, il fut de nouveau enveloppé dans la demi-obscurité de la rue Beaudoin qui se fait plus sombre et plus lamentable à mesure qu'elle approche du canal de Lachine. G. Roy, Bonheur d'occasion,1945, p. 255.
Except. le suj. de l'inf. n'est pas le même que celui de la principale(cf. Sandf, t. 3 1965, § 319) :
22. ... après nous être séparés d'elle, elle avoit chargé les puissances... Saint-Martin, L'Homme de désir,1790, p. 306.
23. Après avoir quitté cette ville [= après que nous eûmes ou qu'ils eurent quitté...], la pluie cessa et le vent tourna au nord. H. Malot, Sans famille,éd. Vehl et Klasing, 1878, p. 110 (Sandf. t. 3 1965, § 319).
24. Après avoir pris leurs dispositions, elle monta dans le train de Paris. Cherau, Maison du quai,p. 112 (Sandf. t. 3 1965, § 319).
Except. après est suivi de l'inf. :
25. En hiver, quand il neige, au coin du feu qu'on aime, Pour nous, après causer, la volupté suprême, Ce serait de nous lire un roman tour à tour : ... Sainte-Beuve, Poésies,Après une lecture d'Adolphe, 1829, p. 113.
26. Le cauchemar a parfois un trait comique : Daniel de Foë raconte qu'un joueur de cornemuse endormi sur le pavé, après boire, est ramassé pour mort, chargé sur un chariot de cadavres; il se réveille, s'assied sur le tas immonde et se remet à jouer. Morand, Londres,1933, p. 24.
Rem. Dans après déjeuner, − dîner, − souper, − goûter, déjeuner, dîner, souper, goûter sont en fait des subst. sans prédéterminant.
Après + subst. ou pron. avec ell. de l'inf. composé :
27. Après le fromage, la bonne venait de servir des confitures et des poires. [Après avoir servi le fromage...] Zola, Au Bonheur des dames,1883, p. 575.
28. Après le sable, Mermoz affronta la montagne. [Après avoir affronté le sable...] Saint-Exupéry, Terre des hommes,1939, p. 155.
29. Le premier jour, après son café, il avait commandé un verre de calvados. [Après avoir commandé (ou pris) son café...] G. Simenon, Les Vacances de Maigret,1948, p. 18.
De même, après + terme désignant une pers. :
30. Si Eichendorff, créateur, après Tieck et Brentano, du romantisme d'atmosphère, échappe à tous les déchirements intérieurs qui définissent les autres romantiques, Heinrich von Kleist, lui, porte au fond de sa nature et exprime dans son œuvre des conflits... Béguin, L'Âme romantique et le rêve,1939, p. 317.
Rem. Cf. aussi l'expr. après moi, quand je serai mort. ,,Mais après moi vous ne manquerez de rien.`` (Maupassant, Contes et nouvelles, t. 1, L'Héritage, 1884, p. 484).
B.− Après que, loc. conj.
Suivi de l'ind. :
31. ... par conséquent nous ne nous les [nos actions] rapportons point à nous-mêmes, ni pendant que nous les faisons, ni après que nous les avons faites; ... Cousin, Hist. de la philos. du XVIIIes.,2, 1829, p. 499.
32. Ce soir-là, après qu'ils eurent mangé leurs pommes de terre et terminé leur chétif dîner, les trois frères demeurèrent réunis. Barrès, La Colline inspirée,1913, p. 267.
33. Après que j'avais fait mes gammes, mes arpèges, un peu de solfège, et ressassé quelque morceau des bonnes traditions du pianiste, je cédais la place à ma mère qui s'installait à côté de Mllede Gœcklin. Gide, Si le grain ne meurt,1924, p. 357.
34. Mais un tel mouvement ne me semble possible que dans longtemps, après que la guerre aura causé au monde bien plus de maux qu'elle n'a fait encore. Benda, La Trahison des clercs,1927, p. 237.
Suivi du subj. :
35. Telle avait été en tout ceci l'innocence du professeur que beaucoup de Coustous, dont aucun n'avait voulu assister au mariage, affectèrent de répondre à son salut après qu'il eût trahi. Mauriac, Génitrix,1923, p. 333.
36. Si elle n'osait pas dire quelle place il occupait dans son cœur, ses lettres me le laissèrent apprendre après qu'il l'eût quittée à jamais, et aussi certain éclat de larmes, au lendemain de l'enterrement de mon père. Colette, La Naissance du jour,1928, p. 16.
37. Le lendemain matin, tandis qu'Yves buvait son chocolat dans son lit, après que son grand-père fût venu l'embrasser (...) on parla d'abord de Napoléon, ce qui était entre la grand-mère et le petit-fils un sujet suivi de conversations, de controverses, de méditations et de perplexités en commun. Drieu La Rochelle, Rêveuse bourgeoisie,1939, p. 118.
38. Après que tu m'aies abandonnée, j'ai d'abord fui le couvent pour la montagne. Camus, La Dévotion à la croix,adapté de Calderon de la Barca, 1953, p. 578.
Rem. Pourquoi le développement du subj. avec après que dep. le début du xxes.? M. Stéfanini, en 1953, ds Remarques sur la syntaxe d'après que en fr. mod. estimait que chez les sujets qui emploient tantôt l'ind., tantôt le subj. avec après que, le subj. ,,exprime un procès dont la réalité ne peut faire aucun doute, dont la réalisation est garantie par après que, mais il permet de le considérer dans le temps in fieri, qui est en train de se faire pour aboutir au temps in esse, où se déroule (s'est déroulé ou se déroulera) le procès principal.`` (p. 79). ,,En se faisant suivre du subjonctif, après que conserve, dans toute la mesure du possible, sa symétrie avec avant que qui, grâce au discordantiel pouvait déjà établir entre deux faits un lieu non seulement temporel, mais idéel.`` (p. 83). En 1955, ds Nouvelles remarques sur la syntaxe d'après que, il s'efforce d'expliquer pourquoi un vaste public a manifesté un tel empressement à adopter la nouvelle tournure. Avant que et après que ,,ne datent pas avec précision le procès exprimé par la principale (...) mais le situent simplement comme antérieur ou postérieur à un autre procès qui ne coïncide pas avec lui. Dans les deux cas, on établit entre les deux faits un rapport de consécution (...); avant que diffère, retarde l'arrivée, après que ne la fait pas attendre. Mais la chronologie de raison reste la même : les deux locutions placent identiquement deux événements à la suite l'un de l'autre.`` (pp. 125-126). ,,On a dégagé des deux locutions cet élément commun qu'elles établissent une chronologie de raison, qu'elles mettent « en suite » deux procès, et qu'elles le font en situant dans l'en deçà d'un événement le fait à dater, qu'elles semblent donc comporter une sorte de jugement critique sur le juste moment de survenance du procès. (...) [La langue] néglige les raisons puissantes qui justifient l'emploi de l'indicatif avec après que, pour ne retenir que la nuance de critique implicite qu'elle contient (...).`` (p. 136).
La langue réalise ainsi une tendance à la symétrie entre deux constr. de sens opposé, dont l'oppos. semble suffisamment marquée par les loc. conjonctives.
Pour M. Wilmet, ds Après que suivi du subj., 1969, après que ,,oblige l'usager du fr. mod. à saisir l'événement subordonné par sa séquelle verbale. Comme les tiroirs composés de l'indicatif ne suffisent plus à marquer l'aspect extensif, l'habitude s'installe de recourir au mode subjonctif, − où les formes simples et les formes composées constituent toujours des couples aspectuels véritables −, en sacrifiant ainsi l'expression du temps (au demeurant assurée par la conjonction) à celle de l'aspect (...) Le mode subjonctif, presque insensible à la notion de temps, fournit (...) une solution unique joignant la simplicité à l'efficacité.`` pp. 37-38.
C.− Après en emploi adverbial :
39. Le sourd baissa la tête, puis il vint se mettre à genoux devant la porte de l'Égyptienne. − Monseigneur, dit-il d'une voix grave et résignée, vous ferez après ce qu'il vous plaira : mais tuez-moi d'abord. Hugo, Notre-Dame de Paris,1832, p. 439.
40. Il me semble, parfois, qu'une idée m'est apportée par un ange, et, bientôt après, je crois entendre l'éclat de rire du démon. Bloy, Journal,1900, p. 186.
41. Un quart d'heure après, la cloche sonna pour le premier déjeuner. Gide, Isabelle,1911, p. 610.
42. Beaucoup d'Indous, après, ont perdu leur travail et sont plus ou moins morts de faim, forcément. Malraux, Les Conquérants,1928, p. 35.
43. Un immense éclair bleu l'aveugla, dans une espèce de craquement sec. Crispé, arqué, silhouette convulsée et effrayante, Thaunier avait fait un bond terrible, se jetait en arrière, les bras fléchis, la face au ciel, les mains crochues comme des griffes. Il retomba lourdement. L'instant d'après, très loin, montaient des cris et des coups de feu... Van der Meersch, Invasion 14,1935, p. 58.
44. Toute la journée après, il marmonnait à part lui : « Et les cinquante centimes? Où ai-je donc fourré les cinquante centimes? ». Aragon, Les Beaux quartiers,1936, p. 31.
45. D'un pas pressé, les uns à cause de leur angoisse, les autres à cause de leur spectacle ou de leur rendez-vous à peine secret, les visiteurs sortirent, les femmes d'abord, en assurant leurs épingles à chapeau, les hommes après, par ordre d'âge. Puis la porte retomba, puis le silence. Druon, Les Grandes familles,t. 1, 1948, p. 19.
Vx, inus. ou région. Par après (au lieu de l'adv. empl. seul) :
46. Il fut (...) un temps où je ne m'abandonnais que de trop bon cœur à des rêves de gloire et de dévouement dont l'avare réalité m'a si bien appris, par après, à ne faire que peu d'état; un temps... temps lointain, perdu, à jamais envolé! Milosz, L'Amoureuse initiation,1910, p. 7.
47. Un moment, elle eut l'idée de s'excuser par un mot de lettre, et de prier son cousin Gaspard, dont les parents étaient aubergistes au même lieu de Saint-Amand, de lui ramener la Pauline. Mais elle n'osa... Elle devait s'en repentir plus de quatre fois, par après. Pourrat, Gaspard des montagnes,Le Château des sept portes, 1922, p. 21.
Rem. Selon Grev. 1964, § 929 (hist.), ,,l'expression est restée courante en Belgique``; en après a totalement disparu de l'usage moderne.
Après empl. substantivement :
48. ... j'ai essayé ardemment d'imaginer un après quelconque, un lendemain quelque part ailleurs, ... Loti, Le Roman d'un enfant,1890, p. 23.
49. Il faudrait, en un mot, suivre la grande voie si profondément creusée par Zola, mais il serait nécessaire aussi de tracer en l'air un chemin parallèle, une autre route, d'atteindre les en deçà et les après, de faire, en un mot, un naturalisme spiritualiste; ce serait autrement fier, autrement complet, autrement fort! Huysmans, Là-bas,t. 1, 1891, p. 11.
50. Si nous avons, dans les pages qui précèdent, déjà rencontré le temps sur le chemin qui nous menait à la subjectivité, c'est d'abord parce que toutes nos expériences, en tant qu'elles sont nôtres, se disposent selon l'avant et l'après, parce que la temporalité, en langage kantien, est la forme du sens intime, et qu'elle est le caractère le plus général des « faits psychiques ». Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception,1945, p. 469.
II.− Transpositions spatiales et logiques de la notion de postériorité temporelle.
A.− Transposition spatio-temporelle. Après indique non seulement le point de repère, mais aussi le fait qu'on est passé devant ce repère.Après l'église, on rencontre un hôtel du XVIIesiècle :
51. Qu'est-ce qu'il y a après le bord du glacier, hein? Plus rien, c'est le trou. Ramuz, Derborence,1934, p. 15.
52. Après la place, j'avais le choix entre deux rues également attirantes. J'ai pris celle de droite, qu'illustrent deux épiceries exubérantes, l'une en face de l'autre. Romains, Les Hommes de bonne volonté,La Douceur de la vie, 1939, p. 42.
En liaison avec des verbes exprimant une position : venir, (se) placer, (se) situer, (se) ranger, (se) mettre, etc.
En liaison avec des verbes ou des loc. verbales évoquant un mouvement vers un but qui se dérobe :
53. Tout ce qui tient aux trois ou quatre cents familles les plus distinguées soupire après l'établissement d'une chambre haute, à l'exemple de celle d'Angleterre; leur orgueil se nourrit de l'espérance de n'être plus confondues dans la foule des gentilshommes. Sieyès, Qu'est-ce que le Tiers-état?1789, p. 59.
54. Ces moments ont passé, et notre merveilleuse science, avec eux, s'est évanouie. Nous courons après nos souvenirs mêmes comme après des ombres. Guéhenno, Journal d'un homme de quarante ans,1934, p. 14.
55. Voilà, juste à ce moment-là, qu'il arrive une tuile... Les gendarmes cherchent après Gorloge... Toute la maison est en émoi... C'était pour qu'il parte immédiatement faire ses vingt-huit jours... Céline, Mort à crédit,1936, p. 207.
B.− Transposition logique. Après exprime l'infériorité de rang.Je me suis classé deuxième après Jean :
56. Mon domestique, qui s'appelait Larive, avait été très attaché à mon père; c'était peut-être, après mon père lui-même, le meilleur homme que j'aie jamais connu. Musset, La Confession d'un enfant du siècle,1836, p. 160.
57. Quant à la vieille MmeKeller, qui se décida la première à quitter ce monde, je ne me souviens d'elle que comme de la créature la plus ratatinée qu'il m'ait été donné de voir, après ma grand'mère. Gide, Si le grain ne meurt,1924, p. 495.
C.− Locutions
1. D'après, loc. prép.
a) Exprimant la norme, le modèle auquel on se conforme :
58. Nous supportons l'adversité, non d'après tel ou tel principe, mais selon notre éducation, nos goûts, notre caractère, et surtout notre génie. Chateaubriand, Essai sur les Révolutions,t. 2, 1797, p. 164.
59. Cette dernière [Mmede Noailles] et moi nous étions occupés à peindre d'après nature, tandis que les dames de Bellegarde près d'un piano chantaient avec Garat et un autre. Delécluze, Journal,1826, p. 338.
b) Exprimant l'indice. À en juger par :
60. Joseph salua le tambour-major et il comprit que ce héros, d'après sa manière de répondre, n'était même pas du pays voisin. Jouve, La Scène capitale,1935, p. 13.
2. Après tout, loc. adv.Sert à introduire une affirmation considérée comme décisive malgré tout ce qui précède. Tout bien considéré, quoi qu'il en soit :
61. − Pour qui me prenez-vous donc? Il appartiendrait à madame de décider : l'un de nous partirait et ce serait peut-être moi. J'ai déjà fait mon sacrifice. Après tout, que suis-je ici de plus que vous? Je suis le précepteur de Bertrand comme vous êtes l'institutrice d'Emmanuele. Mauriac, Asmodée,1938, I, 3, p. 24.
3. Et après? et puis après? interj.Interjection marquant le défi. = et alors? et ensuite?
62. − Eh bien, oui, c'est moi, s'écriait-il. Et après? D'abord, je ne veux pas qu'on me regarde. Regarde ailleurs! Et puis, va te coucher. Au trot! Van der Meersch, L'Empreinte du dieu,1936, p. 48.
63. Ça saigne. Et puis après? Qu'est-ce qu'il y a de changé? Sartre, La Nausée,1938, p. 131.
III.− Arch. ou pop. Après exprime une relation exclusivement spatiale (= à, sur, contre).
A.− Après + subst. de l'inanimé :
64. On arrivait la blouse et le pantalon toujours un peu mouillés, mais on était sous des saules épais, dans une petite île escarpée, verte comme une émeraude, sur un beau gazon tout semé de vergiß-mein-nicht et de grandes cloches blanches doucement odorantes qui s'entortillaient après les joncs. Karr, Sous les tilleuls,1832, p. 195.
65. Comme ça, les hommes ne viendraient pas se pendre après ses jupes. Zola, Nana,1880, p. 1287.
66. La figure animée, il [Poil de Carotte] bavarde, il chante pour lui seul et il saute après les branches. Renard, Poil de Carotte,1894, p. 72.
67. Je travaille de mon mieux (ce qui n'est pas beaucoup dire), m'acharnant après un livre que je me suis promis de finir mais que j'eusse dû finir il y a deux ans; ... Gide, Correspondance[avec Valéry], 1901, p. 389.
Adverbialement :
68. madame mairet. − Et sa robe, est-elle tout-à-fait garnie? sophie. − Pas encore; mais je vais me mettre après, aussitôt que j'aurai terminé sa collerette. T. Leclercq, Le Mariage manqué ou On attrape plus de mouches avec du miel qu'avec du vinaigre,1835, 1, p. 54.
B.− Après + subst. désignant une pers. :
69. Et Lise s'irritait de n'être point la maîtresse, tourmentée maintenant d'une jalousie particulière, prête encore à le laisser culbuter sa cadette, histoire d'en finir, tout en enrageant de le voir s'échauffer après cette garce, dont elle avait pris en exécration la jeunesse, la petite gorge dure, la peau blanche des bras, sous les manches retroussées. Zola, La Terre,1887, p. 362.
70. Puis il a passé une oie; elle criait après le garçon. Le petit criait après ceux qui étaient devant. Ça semblait tous des fous. Giono, Le Grand troupeau,1931, p. 65.
Avec un nom d'action :
71. Nana ne se montra pas surprise, ennuyée seulement de la rage de Muffat après elle. Zola, Nana,1880, p. 1258.
Après = derrière :
72. tersky. (...) Si Gustave à Lutzen a reçu le trépas, Rassemblant après lui ses valeureux soldats, Bannier, digne héritier de son puissant génie, À son roi qui n'est plus soumet la Germanie. Constant, Wallstein,1809, I, 1, p. 4.
73. Relu Les Confessions de Saint Augustin. La frénésie des sens, il semble l'avoir vaincue d'un coup, après sa conversion. Il parle admirablement de cette chaîne terrible qu'il traînait après lui avec délices. Green, Journal,1943, p. 7.
PRONONC. ET ORTH. − 1. Forme phon. : [apʀ ε]. Pour Fouché Prononc. 1959, p. 462, on ne fait pas la liaison lorsque deux mots ne sont pas séparés par un silence entre les adv. ailleurs, alors, après, auparavant, etc. et un mot suivant : je verrai après|un de ses amis. Fouché (ibid., p. 477) écrit qu'on fait la liaison ,,entre les prépositions après, chez, depuis, dès [etc.] ou les locutions prépositives d'après, de chez et un mot suivant : (...) Aprèselle (...) D'aprèsune légende.`` 2. Homon. : apprêt. 3. Hist. : [ε:] ouvert long ds Fér. 1768, Fér. Crit. t. 1 1787, Nod. 1844, Fél. 1851 et Littré. Littré précise que [s] se lie (cf. aussi Fér. Crit. t. 1 1787, Land. 1834, Gattel 1841, Besch. 1845 et Fél. 1851). Fér. Crit. t. 1 1787 rappelle que ,,Richelet écrit aprés avec é accent aigu.`` Fér. ajoute : ,,mauvaise orthographe qui nduit à une mauvaise prononciation``.
ÉTYMOL. ET HIST. I.− Morphème indiquant un rapport de postériorité dans le temps. A.− Adverbe, xes. emploi abs. « ensuite » (St Léger, 9 ds Gdf. Compl. : Apres ditrai vos dels aanz); fin xives. [précédé d'une indication chronol.] (Froissart, Chroniques, liv. I, part. II c. 81 ds Dict. hist. Ac. fr. t. 3, p. 549 : Si détint la ville et le châtel tout l'hiver et l'été après qui fut l'an cinquante neuf). B.− Préposition, 1130-60 le régime est un subst. (Couronnement Louis, éd. Jonckbloet 170, ds T.-L. : Apres ma mort); 1170 id. (Rois, éd. Le Roux de Lincy, 80, ibid. : l'endemain après les kalendes); ca 1175 le régime est un dém. (Chr. de Troyes, Chevalier lion, éd. W. Foerster, 2302, ibid. : Et après ce le roi pria Que...); ca 1175 le régime est un inf. (Id., ibid., 8, ibid. : Après mangier); ca 1200 loc. l'un après l'autre (Chanson des Saxons, III ds Littré : Et la guerre dura tante mainte saison, Li uns rois après l'autre la reprist en son nom); fin xives. [le régime est accompagné d'un part. passé] (Froissart, Chroniques, liv. I, part. I, c. 60 ds Dict. hist. Ac. fr. t. 3, p. 543 : Après cette paix faite, il retourna en France); 1580-92 [constr. avec un inf. passé] (Montaigne, I, 19 ds Littré : Aprez l'avoir ouï); 1671 [à la circonstance de temps s'ajoute une intention d'oppos.] (Racine, Bérénice, III, 3 ds Dict. hist. Ac. fr. t. 3, p. 543 : Après tant de serments Titus m'abandonner!). Locutions prépositionnelles, 1641 après tout « tout bien considéré » (Corneille, Cinna, I, 2, ibid., p. 551 : Il est tard, après tout, de m'en vouloir dédire); 1668 après quoi (La Fontaine, Fables, III, 5, ibid., p. 544 : A l'aide de cette machine De ce lieu-ci je sortirai; Après quoi je t'en tirerai); 1690 après coup (Fur.). C.− Locution conjonctive : après que, 1200-06 [constr. avec l'indic.] (R. de Clary, Constantinople, éd. Hopf 52 ds T.-L. : or avint, après que li Franchois eurent sifaitement ouvré, que...); début xiiies. [précédé d'une indication chronol.] (Villehardouin, II ds Littré : En l'an après que cis preudoms ot commencié à parler de Dieu). II.− Morphème indiquant un rapport de postériorité dans l'espace, la situation. A.− Préposition [xes. anc. empres « près de [sans mouvement] » (Passion, 421, Diez ds Gdf., s.v. empres : Empres lo vidren celles duaes) forme qui subsiste jusqu'au XVIes. Brantôme, ibid.] 1. ca 1100 [constr. avec un verbe d'action] (Roland, 2980 ds Gdf. Compl. : Veiz Baligant qui apres tei chevalchet); 1170 après « près de » (Rois, 79 ds T.-L. : serras apres la pierre [sedebis juxta lapidem]), seulement au moy. âge; 2. fin xiies. [constr. avec un pronom réfl.] (Aymeri de Narbonne, éd. L. Demaison, 2030, ibid. : Les portes ferment après eus maintenant); xves. courir après qqn au fig. « poursuivre de ses ardeurs, importuner qqn » (Charles d'Orléans, Chansons, 57 ds Littré : Tous jours fuyez, et après vous je cours); 1580-92 id. « rechercher avidement » (Montaigne, I, 191, ibid. : Courir aprez un beau mot); 3. p. ext. rapport de postériorité dans le rang 1160-75 (Flore et Blancheflor, éd. I. Bekker 2362, ds T.-L. : La plus bele estoit de la tour De toutes après Blanceflor); 1539 (Estienne, Dict. fr.-lat. : Apres Dieu les hommes peuvent fort aider aux hommes); 1687 [le régime est un inanimé] (La Bruyère, Caractères ds Dict. hist. Ac. fr. t. 3, p. 544 : Après le merite personnel... ce sont les éminentes dignités et les grands titres dont les hommes tirent plus de distinction). Locution prépositionnelle : d'après. 1670 d'après « suivant la norme, le modèle de » (Racine, Préface de Britannicus, ibid., p. 548 : J'avois copié mes personnages d'après le plus grand peintre de l'antiquité, je veux dire d'après Tacite) [après est attesté dans ce sens au xvies. (Montaigne, II, 282 ds Littré : Quand les peintres nous tirent, aprez le naturel, un subject...) et au xviies. (1644, Corneille, La suite du menteur, II, 6 ds Dict. hist. Ac. fr. t. 3, p. 548 : O le charmant portrait! l'adorable peinture! Elle est faite à plaire. − Après le naturel)]. B.− Adverbe ca 1170 après « par derrière » (Chr. de Troyes Chevalier lion, 935 ds T.-L. : Et mes sire Yvains folemant Hurte grant alëure après); 2etiers xiiies. « tout près » (Chastoiement, éd. Labouderie, XIV, 17, ibid. : Un riches hom après maneit). Locutions adverbiales xiies. poi après « un peu plus loin » (Lois G. Le Conquerant, 5 ds Gdf. Compl. : E cil viengne poi après); fin xives. ci-asprè dr. diplomatique « plus bas dans le texte » (Froissart, Chroniques, liv. I, Irepart., c. 137 ds Dict. hist. Ac. fr., t. 3, p. 551 : La parole du chevalier ne fut ouïe ni crue bien à point, dont il leur mésavint, si comme vous orrez ci-après). Empr. au b. lat. adpressum « près de, proche de (domaine spatial, avec idée d'oppression) », lui-même composé de ad « à » et pressum, part. passé employé adverbialement « comprimé, serré » (près*); adpressum est attesté au ives. dans le domaine méd. où il est empl. comme synon. de prope (Chiron, Mulomedicina, chap. 7 ds Ed. Wölfflin, Archiv für lateinische Lexikographie und Grammatik, t. 10, p. 420, v. aussi p. 422). Le sens du b. lat. explique que l'on trouve après au sens de « proche de » aux xiieet xiiies. (cf. attest. du Livre des Rois et du Chastoiement d'un père, supra, hist. II). Adpressum supplante en gallo-roman l'adv. class. post en s'étendant dès l'orig. au domaine temporel (Gamillscheg, Historische französische Syntax, Tübingen, 1957, pp. 300-303; Zeitlin, Z. rom. Philol., t. 6, 1882, pp. 264-65).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 69 730. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 109 554, b) 102 160; xxes. : a) 96 846, b) 90 085.
BBG. − Ac. Can.-Fr. 1968. − Alciatore (J. C.). La Valeur de la loc. prépositive d'après dans deux romans de Stendhal. Mod. Lang. Notes. 1956, t. 71, pp. 437-439. − Appuhn (H.-J.). Der Konjunktiv nach après que. Neueren (Die) Sprachen. 1964, t. 13, pp. 26-33. − Baudr. Chasses 1834. − Bél. 1957. − Canada 1930. − Cohen 1946, p. 57, 60. − Consultation (La) permanente de l'O.V.F. Vie Lang. 1965, p. 60. − Darm. 1877, p. 130. − Dem. 1802. − Dul. 1968. − Gandillac (M.). A propos de l'emploi du subj. dans une sub. commençant par après que. Déf. Lang. fr. 1961, no10, p. 22. − Glättli (H.). A propos du mode régi par après que. Réponse à M. Wunderli. Vox rom. 1970, t. 29, no2, pp. 264-272. − Glättli (H.). Encore des observations sur après que suivi du subj. Réponse à M. Wunderli. Vox rom. 1970, t. 29, no2, pp. 279-282. − Goug. Lang. pop. 1929, p. 122. − Le Bidois (R.). Au secours du bon lang. Un solécisme récent : après qu'il soit parti. Vie Lang. 1953, pp. 395-399. − Le Roux 1752. − Martin (E.). Si l'on peut dire : demander après quelqu'un. Courrier (Le) de Vaugelas. 1876, t. 7, p. 52. − Moignet (G.). La Place en système de que « comparatif ». In : [Mél. Harmer (L. C.)]. London-Toronto-Wellington-Sydney, 1970, pp. 103-114. − Pierreh. 1926. − Pierreh. Suppl. 1926. − Remig. 1963. − Rigaud (A.). Après qu'il soit... Vie Lang. 1970, no215, pp. 112-113. − Sandry-Carr. Courses 1963. − Stefanini (J.). Rem. sur la synt. d'après que en fr. mod. Annales de la Fac. des lettres d'Aix. 1953-55, t. 27/28, pp. 65-87 [Cr. Bourciez (J.). R. Lang. rom. 1955, t. 72, p. 133]. − Stefanini (J.). Nouv. rem. sur la syntaxe d'après que. Annales de la Fac. des Lettres d'Aix. 1955, t. 29, pp. 108-137 [Cr. Bourciez (J.). R. Lang. rom. 1955, t. 72, p. 394]. − Date (Une). Vie Lang. 1964, p. 682. − Wilmet (M.). Après que et le subj. R. Belge Philol. Hist. 1968, t. 46, no4, p. 1351. − Wilmet (M.). Après que suivi du subj. Linguistique. Paris. 1969, no2, pp. 27-39. − Wunderli (P.). Fortschritte des Konjunktivs im modern-französischen Adverbialsatz. Z. fr. Spr. Lit. 1970, t. 80, no2, pp. 154-182. − Wunderli (P.). Der Konjunktiv nach après que. Kritische Bilanz und Versuch einer Synthese. Vox rom. 1970, t. 29, no2, pp. 230-263.

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

APRÈS. Préposition
qui marque un rapport de postériorité ou dans le temps ou dans l'espace; ou qui indique que, soit les personnes, soit les choses se suivent ou occupent un rang inférieur à d'autres. Après le déluge. Après la vocation d'Abraham. Après la naissance de JÉSUS-CHRIST, ou simplement, Après JÉSUS-CHRIST. Tibère fut empereur après Auguste, Trajan le fut après Nerva. Après la promenade. Venez me parler après la leçon, après la séance. Après cela, je lui dis telle chose. Il est arrivé après l'heure indiquée. Dans les cours de justice, les conseillers sont après les présidents. Après l'or et le platine, l'argent est le plus cher des métaux. Les richesses ne sont désirables qu'après l'honneur et la santé. Après ce vestibule est un magnifique salon. Après le parterre est un boulingrin, et après le boulingrin une grande pièce d'eau. Après cela signifie aussi Puisque telle chose a eu lieu, a été faite, ou existe. Après cela, on doit s'attendre à tout. Doit-on, après cela, s'étonner que... Après quoi, Après cela, ensuite. Nous allons déjeuner, après quoi nous nous mettrons en route.

APRÈS QUE, loc. conj. Après que vous aurez parlé, il parlera. Après que vous avez eu parlé, il s'est retiré. Après que vous eûtes parlé, il se retira. Lorsque les deux verbes de la phrase ont le même sujet, on peut employer, au lieu de Après que, Après suivi de l'infinitif passé. Après qu'il eut chanté, ou Après avoir chanté, il nous récita une fable. On dit exceptionnellement avec l'infinitif présent Après boire, au lieu de Après avoir bu. Après déjeuner, après dîner, après souper se disent pour Après le déjeuner, après le dîner, après le souper. J'irai chez vous après dîner.

APRÈS indique aussi la Poursuite, la recherche de quelqu'un ou de quelque chose. Il s'emploie en ce sens au propre et au figuré. On courut inutilement après le voleur. Les chiens courent après le lièvre. Il court après les honneurs, les emplois. Ce mauvais débiteur vous fera longtemps courir après votre argent. Il soupire après cette succession. Être après quelque chose, être après à faire quelque chose, Y travailler actuellement. J'ai trouve que mon avocat était après mon affaire. Il est après à bâtir sa maison. Je suis après à écrire. Il vieillit. Être après quelqu'un, S'en occuper beaucoup ou Le fatiguer. Cette mère est toujours après ses enfants. Cette maîtresse de maison est toujours après ses domestiques. On dit de même Se mettre après quelqu'un, Le chagriner, le maltraiter. Ils se mirent tous après lui. Crier après quelqu'un, Gronder quelqu'un, le quereller. N'avoir qu'un cri après quelqu'un, se dit lorsque Plusieurs personnes en désirent, en attendent une autre avec beaucoup d'impatience. On a longtemps attendu après lui, se dit en parlant de Quelqu'un qui s'est fait attendre longtemps. On n'attend plus qu'après cela pour partir, pour terminer, etc., se dit en parlant d'une Chose sans laquelle on ne peut partir ou achever ce qu'on se propose, etc. Attendre, languir après quelque chose, Désirer vivement une chose qui tarde à venir et dont on a besoin. Dans le sens contraire, N'attendre pas après quelque chose, Pouvoir s'en passer facilement. Je n'attends pas après cette somme.

D'APRÈS, loc. prép., exprime un Rapport de conformité avec quelqu'un ou quelque chose. Ce tableau est gravé d'après Raphaël, d'après Poussin. Ce portrait est fait d'après nature. Tout est peint d'après nature dans ce tableau, dans ce poème. Parler d'après quelqu'un. Raisonner d'après ses préventions. Il signifie aussi En conséquence de. D'après ces considérations, ces motifs, je pense que... D'après cela, je n'ai plus qu'à me retirer.

APRÈS s'emploie adverbialement par ellipse. Vous irez devant, et lui après. Nous en parlerons après. Partez et revenez après. Il n'arriva que longtemps après. Les uns attendent les emplois, les autres courent après. Vous occupez-vous de mon affaire? Je suis après. Le jour d'après, la semaine d'après, le mois d'après, l'année d'après, etc., Le jour, la semaine, le mois, l'année qui a suivi, etc., ou qui suivra immédiatement le jour, la semaine, etc., dont on vient de parler. On dit de même, en termes de Jeu, Le coup d'après, comme dans ces phrases : Il l'a fait pic, repic et capot le coup d'après. Je céderai la place le coup d'après.

CI-APRÈS, loc. adv. Plus loin.

APRÈS est aussi quelquefois une Manière de questionner ou d'engager ceux qui suspendent leur récit à le continuer. Il vous a dit qu'il me connaissait : après? Vous arrivâtes malade : après? En ce sens, il est synonyme d'ENSUITE. Quelquefois il se prend dans le sens de Qu'en résultera-t-il? Quand vous aurez frappé votre ennemi, vous serez vengé; et après?

APRÈS TOUT, loc. adv. Cependant, tout bien considéré, en dernier résultat. Après tout, il n'est guère possible qu'une demande si juste soit refusée. Vous avez beau avoir du talent; après tout, il faut de la modestie. Après tout, quel mal y a-t-il à dire cela?

APRÈS COUP, loc. adv. Trop tard, et après qu'une chose est faite, est arrivée. Vous voulez produire des pièces quand votre procès est jugé; c'est venir après coup.

Littré (1872-1877)

APRÈS (a-prê. L's se lie : après un an, dites : aprê-z un an) prépos. et adv.
  • 1Préposit. Marquant la postériorité, c'est-à-dire qu'une chose en a suivi ou en suivra une autre dans l'espace ou dans le temps. Marcher après quelqu'un. Après le départ. Six mois après la prise de Moscou. Le repos après le travail. Après le coucher du soleil. Ils furent massacrés les uns après les autres. Ceux qui viendront après nous. Tout auteur qui voudra vivre encore après lui [lui-même], Doit s'acquérir votre suffrage, La Fontaine, Fab. VII, Dédic.

    Après cela, les choses étant ainsi, c'est-à-dire, puisqu'il en est ainsi. Doit-on, après cela, s'étonner que, véritablement, il y avait bien quelque peine à les développer ; où l'un trouvait un sens moral, l'autre en trouvait un physique ; mais, après cela, ils convenaient que vous aviez tout su, Fontenelle, Homère, Ésope.

    Après quoi, loc. adv. Après cela, ensuite. Réfléchissez, après quoi vous agirez.

    Après tout, loc. adv. Tout bien considéré, quoi qu'il en soit. Après tout, la nature a des beautés nocturnes, Bernardin de Saint-Pierre, Ch. ind. La reine, après tout… Sachant ce que je puis, me pousse trop à bout, Corneille, Nicom. II, 3. Pensez-vous qu'après tout ses mânes en rougissent ? Racine, Andr. III, 8. Que m'importe, après tout, que Néron, plus fidèle, D'une longue vertu laisse un jour le modèle ? Racine, Brit. I, 1.

    Après coup, loc. adv. Après qu'une chose est faite, trop tard.

  • 2Marquant l'ordre, le rang, c'est-à-dire qu'une personne ou une chose n'a que le second rang. Le premier après le roi. Le plus savant après Varron. Immédiatement après ceux-là.

    Après Dieu, locution par laquelle on réserve l'intervention divine. Après Dieu, c'est à vous que je dois la vie.

  • 3Marquant le lieu, c'est-à-dire signifiant plus loin, derrière. Le fleuve qui était après notre camp. Les esclaves qui marchaient après lui. Fuir sans regarder après soi. Les maux que la guerre traîne après soi. Il tient après son char un vain peuple occupé…, Racine, Mithr. III, 1. Et les portes d'airain, se fermant après moi, M'ont vomi loin du temple et m'ont poussé vers toi, Corneille, Œd. V, 2. Ils attirent tout après eux, Massillon, Circ. C'est alors qu'il eût tout attiré après lui, Massillon, Incarn.

    Familièrement. Après lui, il faut tirer l'échelle, c'est-à-dire il est l'homme par excellence, on ne peut faire mieux que lui.

  • 4Marquant la tendance, vers, contre. Soupirer après quelque chose. Mes chiens aboient après moi. S'emporter après quelqu'un. Être après une affaire, après sa toilette. être toujours après quelqu'un, le fatiguer. Faire attendre après soi. J'attends après vos ordres. Je suis dans l'angoisse : j'attends après le médecin, après des nouvelles. Ce n'était qu'un cri après lui. J'allais comme un limier après la venaison, Régnier, Épît. II. Qu'on se mette après lui, Racine, Plaid. II, 14. Le bon berger va après sa brebis perdue, Bossuet, Conv. 1. De crainte qu'après moi vous n'eussiez envoyé, Corneille, Cinna, V, 3. Ils étaient une douzaine de possédés après mes chausses, Molière, Pourc. II, 4. Attaché dessus vous comme un joueur de boule Après le mouvement de la sienne qui roule, Molière, l'Étour. IV, 5. Plusieurs médecins ont déjà épuisé leur science après elle, Molière, Méd. m. lui, I, 5. Que Marinette est sotte après son gros René, Molière, le Dépit, IV, 4. Chacun se trompe ici-bas : On voit courir après l'ombre, La Fontaine, Fab. VI, 17. Qui ne court après la fortune ? La Fontaine, ib. VII, 12. Or, sans plus m'amuser après le contenu, Régnier, Sat. X. Courir après les fumées, Pascal, dans COUS.

    Elliptiquement, dans le même sens. Il a couru après d'une course précipitée, Bossuet, Bonté, I.

    Après à, suivi d'un infinitif, être occupé à. Je suis après à conclure avec Mme Guyon, Bossuet, Lett. quiét. 34. Je suis après à m'équiper, Molière, Fourb. II, 8.

    Après, expression interrogative dont on se sert pour engager à continuer. Ce n'est pas là tout ce que vous avez à dire… après ?… eh bien ! après ?

  • 5D'après, en conséquence de, conformément à. D'après le testament. D'après l'avis du conseil. D'après son extrême bonté, je suis convaincu… D'après votre ordre. Peindre d'après nature. Tableau d'après Raphaël. Je ne peins le monde que d'après votre cœur, Massillon, Bonh.

    D'après, loc. adv. qui se met après un nom de temps, et signifie d'ensuite. Ils s'enfuirent l'instant d'après. Dix magistrats absolus, qu'on créa l'année d'après sous le nom de décemvirs, rédigèrent les lois des XII Tables, Bossuet, Hist. I, 8. L'année d'après, toute l'Idumée reçut la loi de Moïse avec la circoncision, Bossuet, ib. I, 9.

    Corneille l'a employé, à tort, avec le sens d'ordre, de succession. Et si Léon devait l'empire à votre appui, Lui qui vous y ferait le premier d'après lui, Corneille, Pulch. IV, 4.

  • 6Après, adv. Cinquante ans après. Peu de temps après. Peu après. Bientôt après. Longtemps après. Et après, je ne l'ai plus revu. Il le plaça le premier, et me mit immédiatement après. Les raisons me viennent après ; mais d'abord la chose m'agrée, Pascal, Pens. div. 1. M'informant après de la doctrine, Pascal, Prov. 1. Après, je contemple les divers emplois…, Bossuet, Serm. Quinq. 2. Je t'enrichis après des dépouilles d'Antoine, Corneille, Cinna, v, 1. Et nous verrons après par nouveaux sacrifices, Si les dieux voudront être à nos vœux plus propices, Corneille, Rodog. V, 5. Quatre mots seulement, Après ne me réponds qu'avecque cette épée, Corneille, Cid, III, 4. Et n'employons après que nous à notre mort, Corneille, Hor. IV, 7. Tel on déteste avant, que l'on adore après, Voltaire, Catil. I, 1. Pour me traiter après de faible, de jaloux, Molière, D. Garc. I, 5. Votre rival après sera bien étonné, Molière, l'Étour. II, 7. Et d'abord après, les Allemands à qui on avait offert des présents s'en indignèrent, Montesquieu, Rom. 28.
  • 7Ci-après, loc. adv. Un peu plus loin, dans la suite du discours. Vous verrez ci-après.
  • 8Après que, loc. conj. qui veut l'indicatif ; après, avec le parfait de l'infinitif. Après que je fus venu. Onze jours après vous avoir quitté. Alexandre, après avoir ôté son anneau, le remit à Perdiccas. Après qu'entre les morts on ne le put trouver, Corneille, Poly. I, 4. Après avoir deux fois essayé la menace…, Corneille, ib. V, 3.

    Après se met aussi devant le présent de l'infinitif. Après boire, il n'est plus capable de rien. Après lire, ce que j'aime le mieux, c'est… Après souper, Sévigné, 582.

  • 9Proverbes. Après la pluie, le beau temps, c'est-à-dire souvent la joie succède à la tristesse.

    Après la panse vient la danse, c'est-à-dire après la bonne chère les divertissements.

  • 10Locutions vieillies. Par après. Les en ôter, afin d'y en remettre par après d'autres meilleurs, Descartes, Arith. J'ai peur… Que j'aie peine aussi d'en sortir par après, Molière, l'Étour. III, 5.

    Puis après. Les soldats, puis après, en amis de la paix, Régnier, Sat. VI.

    En après. L'ange en après lui fait un long sermon, La Fontaine, Fér.

REMARQUE

1. Des grammairiens ont contesté qu'on pût dire : il m'a couru après ; voulant qu'on dît : il a couru après moi. Mais d'une part on emploie après adverbialement ou absolument ; et de l'autre on dit : Il lui a couru sus. Rien donc n'empêche de dire : Il m'a couru après ; mais cela est du style familier.

2. Peut-on dire : Demander après quelqu'un, pour. S'informer où il est, désirer qu'il vienne ? Des grammairiens condamnent cette locution : mais elle est certainement usitée ; et d'ailleurs elle est ancienne et se trouve dans Froissard.

3. On admet : Il est après sa toilette ; et l'on condamne : La clef est après la porte. Ces deux locutions pourtant sont, à part le sens figuré, identiques grammaticalement, et toutes deux fondées sur ce que après, étymologiquement, est à près, touchant à, tenant à.

4. Quelquefois on entend dire : Il est après s'habiller. C'est une faute. Il faut : Il est après à s'habiller. Voy. n° 4 les exemples de Bossuet et de Molière. Cette locution, qui a vieilli et pour laquelle on dit maintenant de préférence il est à s'habiller, s'explique ainsi : il est après y est pris absolument, comme il est à même, et, quand nos pères voulurent le joindre à un infinitif, ils le joignirent par la préposition à.

5. Après qu'il eut fini, se disait autrefois, après ce qu'il eut fini. Grammaticalement, la langue ne pouvait donner tout d'abord à après un régime aussi compliqué qu'est celui-ci ; et que, étant une conjonction, ne se prêtait pas à servir de complément à une préposition. Aussi la vieille langue a-t-elle surmonté la difficulté en disant après ce que, qui s'explique par après ce, à savoir que ; et la nouvelle langue dès lors a pu faire l'ellipse de ce et dire après que.

HISTORIQUE

XIe s. E [que] cil vienge pois après, Lois de Guill. 5. Del dei après le polcier, ib. 13. Après ice i est Naymes venus, Ch. de Rol. XVI. Veiz [voici] Baligant qui après tei [à ta poursuite] chevauche, ib. CCXI.

XIIe s. Si compeignon après lui vont siguant, Ronciv. p. 38. Après ma mort en ert France doutée, ib. p. 49. Et en après [il occit] Gerart de Roussillon, ib. p. 88. Et la guerre dura tante mainte saison, Li uns rois après l'autre la reprist en son nom, Sax. III. Après parla dus Bueves li proz et li cortois, ib. XXXIII.

XIIIe s. En l'an après que cis preudoms ot commencié à parler de Dieu, Villehardouin, II. Après vinrent li Wandre, une gent maleïe, Berte, II. Après la mi aoust, ib. X. Droit après ce que Berte fu de Paris partie, ib. LX. Après le roy mon pere si fort li cuers me tire, ib. LXXXVIII. Faites aler après [à sa poursuite], jà s'en sera fuïe, ib. X. Après Dieu [je] sui par eus de la mort garantie, ib. CXXVIII. Après demain, se il s'en tient, Fetes le à force amener, Ren. 9917. Après se sont mis en chemin Nobles avant et Ysengrin, Et puis en après dant Renart, Qui moult par est plains de mal art, ib. 5707. Après ce que le roy fut couronné, Joinville, 201.

XIVe s. Après ce qu'il out oré [prié] par grant devocion, Girart. de Ross. V. 4389. Le roy descendi après mangier ou prael [au pré] desouz la chapelle, Joinville, 195.

XVe s. Je, Jean Froissard, commence à parler, après la relation de monseigneur Jean le Bel, Froissart, I, I, 1. Si pria tantost le duc de Normandie son cousin, et en après tous les comtes et les princes et les barons qui là estoient, Froissart, I, I, 154. Lors demanda-t-il après le roi d'Allemagne son fils et dit : Où est messire Charles mon fils ? Froissart, I, I, 288. Quand ce vint après diner, Froissart, II, II, 215. Tous jours fuyez, et après vous je cours, Orléans, Chans. 57. Après cette doulereuse journée et que toutes les parties furent retraites, Fenin, 1415. Chascun de nous la congnoist tard [l'esperance en Dieu], et après ce que nous en avons eu besoing, Commines, I, 16. Que plusieurs fois je avoye veu armé de toutes pieces après son maistre, car telle est l'usance des prelaz d'Allemagne, Commines, II, 7. Après, tous les hommes d'armes monterent à cheval, Commines, I, 3.

XVIe s. Quelque jour Pantagruel se pourmenoyt aprez soupper avecques ses compaignons, Rabelais, Pant. II, c. Et, aprez que ilz se feurent saluez, lui demanda, Rabelais, ib. Les ennemys, aprez soy estre reveillez, Rabelais, ib. II, 28. Aussi bien n'eust il par aprez rien presté, Rabelais, ib. III, 3. Le patient demande tout expres L'eau defendue, et est tousjours après, Saint-Gelais, 200. Ils produisent en après le tesmoignage de l'Ecclesiastique, Calvin, Instit. 452. Le monde est après pour me troubler, Calvin, ib. 594. Aprez beaucoup de difficultez, Montaigne, I, 4. L'ame se relaschant aprez aux larmes, Montaigne, I, 8. Aprez qu'on l'eut desarmé, Montaigne, I, 8. Aprez l'avoir ouï, Montaigne, I, 19. S'opiniastrer aprez quelque science, Montaigne, I, 154. Courir aprez un beau mot, Montaigne, I, 191. Ils les perçoient de traits et les pendoient aprez, Montaigne, I, 240. Un homme qui se laisse aler aprez son appetit naturel, Montaigne, II, 212. Toutes les cognoissances qu'il a, et qu'il peult acquerir par aprez, Montaigne, II, 243. Quand les peintres nous tirent, aprez le naturel, un subject…, Montaigne, II, 282. Il possedoit toute l'Egypte et estoit aprez à conquerir Cypre, Montaigne, III, 103. Il leur commanda de luy ordir une piece de toile ; ces filles estoient tout le jour après, Amyot, Rom. 3. À l'après, les monstres generales furent factes, Carloix, V, 32. Pensez à cette ingratitude que, Dieu vous ayant toujours couru après pour vous sauver, vous avez toujours fuy devant luy pour vous perdre, S. Fr. de Sales, Vie dév. t. I, p. 465, Desrez, 1836.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

APRÈS, préposition qui marque postériorité de tems, ou de lieu, ou d’ordre.

Après les fureurs de la guerre,
Goûtons les douceurs de la paix.

Après, se dit aussi adverbialement ; partez, nous irons après, c’est-à-dire, ensuite.

Après, est aussi une préposition inséparable qui entre dans la composition de certains mots, tels que après-demain, après-diné, l’après-dînée, après-midi, après-soupé, l’après-soupée.

C’est sous cette vûe de préposition inséparable qui forme un sens avec un autre mot, que l’on doit regarder ce mot dans ces façons de parler ; ce portrait est fait d’après nature ; comme on dit en peinture & en sculpture, dessiner d’après l’antique ; modeler d’après l’antique ; ce portrait est fait d’après nature ; ce tableau est fait d’après Raphaël, &c. c’est-à-dire, que Raphaël avoit fait l’original auparavant. (F)

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Étymologie de « après »

À et près ; bourguig. aipré ; Berry, auprès ; provenç. apres ; ital. appresso. L'ancien français a dit aussi emprès.

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(Date à préciser) Du bas latin adpressum (« près de »).
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Phonétique du mot « après »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
après aprɛ

Évolution historique de l’usage du mot « après »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « après »

  • Le bonheur revient toujours après la peine. Après avoir fait son nid au bout du coeur. De Lauréanne Harvey / L'amour... assassin
  • Quiconque court après la grandeur voit la grandeur le fuir ; quiconque fuit la grandeur, voit la grandeur courir après lui. De Le Talmud / Pesakhim
  • Le secret pour gagner : une action après l'autre, une balle après l'autre, un match après l'autre, une saison après l'autre. De Luis Fernandez
  • Tout le monde court après sa jeunesse. A douze ans, on court après un cerf-volant. Puis, on court après son âme d'enfant. De Francis Blanche
  • Ce qui est moral est ce que vous trouvez bon après et ce qui est immoral est ce que vous trouvez mauvais après... De Ernest Hemingway / La mort dans l'après-midi
  • Une femme est comme votre ombre, courez après, elle vous fuit ; fuyez-la, elle vous court après ! De Alfred de Musset
  • Mieux vaut devenir riche après avoir été pauvre, que de devenir pauvre après avoir été riche. De Proverbe chinois
  • On jugerait bien plus sûrement un homme d’après ce qu’il rêve que d’après ce qu’il pense. De Victor Hugo / Les Misérables
  • Mesure tes forces d'après tes aspirations et non tes aspirations d'après tes forces. De Adam Mickiewicz / Chant des Philarètes
  • L'amour, c'est le soleil après la pluie, et la luxure, c'est l'orage après le soleil. De William Shakespeare / Vénus et Adonis
  • Aimez-vous mieux avant, pendant ou après ? J'aime mieux avant parce que après c'est pendant. De Maurice Barrès
  • Y'a des gens qui sont nés pour avoir la misère après eux comme la chair après les os. De Yves Beauchemin / Le matou
  • L'hymen vient après l'amour, comme la fumée après la flamme. De Chamfort / Maximes et pensées, caractères et anecdotes
  • Ne courez jamais après un autobus, ni après une fille ; il en viendra d'autres. De Proverbe italien
  • Bien malin celui qui peut prédire l’évolution post-confinement de l’économie dans le bassin rémois. Plus d’un mois après le début du déconfinement, les acteurs économiques évitent les conjectures. « C’est contrasté », analyse prudemment Philippe Wittwer, directeur général de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de la Marne. Journal L'Union abonné, Après le confinement, des entreprises continuent de recruter à Reims
  • Ce vendredi, c'est l'OM qui reprend l'entraînement. Et à l'OM, dans le monde d'après, on ne laisse rien au hasard : on cherche un head of business et un head of football sur LinkedIn depuis un mois maintenant, et tant pis si l'intitulé du poste est un peu ronflant. L'Équipe, Le monde d'après - Humeur - L'Équipe
  • Coronavirus : Une classe de CP mise en quatorzaine après un cas avéré dans une école de Montpellier France Bleu, Après le confinement, le boom des réservations en gîtes et maisons d'hôtes
  • Surtout, c’est un coup marketing majeur pour Gap, qui peine depuis plusieurs années à rester pertinent dans le paysage du prêt-à-porter, en pleine mutation. Début 2019, le groupe avait annoncé la fermeture d’environ 230 magasins après avoir enregistré une baisse de 5 % de son chiffre d’affaires en 2018. Le groupe a un peu redressé la tête en 2019, mais le chiffre d’affaires de la seule marque Gap a lui affiché un repli, de 10 %. , Gap: L’action s’enflamme en bourse après un partenariat avec Kanye West
  • Le lycée André Malraux à Remiremont n'ouvrira pas ses portes aux élèves ce lundi 29 juin, après un nouveau cas de Covid-19. France Bleu, A Remiremont, le lycée Malraux suspend les cours après un nouveau cas de Covid-19

Images d'illustration du mot « après »

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Traductions du mot « après »

Langue Traduction
Anglais after
Espagnol después
Italien dopo
Allemand nach dem
Chinois
Arabe بعد
Portugais depois de
Russe после
Japonais
Basque ondoren
Corse dopu
Source : Google Translate API

Synonymes de « après »

Source : synonymes de après sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « après »

Après

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