Abuser : définition de abuser


Abuser : définition du Wiktionnaire

Verbe 1

abuser \a.by.ze\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : s’abuser)

  1. Tromper.
    • Vieillir est sot, ne nous laissons pas abuser par les belles maximes des songe-creux bibliques. — (Paul Fort, Le livre des visions : Vivre en Dieu, éd. 1941, page 13)
    • Je comptais sur votre amitié, je vois que je me suis cruellement abusé.
    • Sganarelle — Mon maître est un fourbe, il n’a dessein que de vous abuser, et en a bien abusé d’autres. — (Molière, Don Juan, acte II, scène IV)
    • Eh bien, continua Coconnas gravement, ce grand homme ne me paraît pas s’être abusé quand […] il regarde la vertu comme une plante balsamique d’un impérissable parfum et d’une efficacité souveraine pour la guérison des blessures. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre V)
    • Madame Latournelle, qui conduisait elle-même à l’église et qui en ramenait Modeste, fut chargée de dire à la mère qu’elle s’abusait sur sa fille. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)

Verbe 2

abuser \a.by.ze\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Familier) Exagérer.
    • Je veux bien l’aider mais là, il abuse.
  2. (Droit) Se prendre pour quelqu’un.
  3. Mal user d’une chose, la détruire.
    • On a abusé des prophéties de deux manières : premièrement en publiant de fausses prophéties ; secondement, en interprétant les vraies à la légère, c’est-à-dire avec, une idée préconçue. — (Le Grand Coup, avec sa date probable, c’est-à-dire le grand châtiment du monde et le triomphe universel de l’Église, probablement le 19-20 septembre 1896, par un prêtre du diocèse de Moulins, Vichy : à l’imprimerie de P. Vexenat, 1894)
    • La propriété consiste dans le droit d’user et d’abuser.
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Abuser : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ABUSER. v. tr.
Tromper. Il vous promet cela, il vous abuse. Abuser les esprits faibles. Vous m'avez abusé par de fausses promesses. Sa passion l'abuse. On s'abuse souvent soi-même. Je comptais sur votre amitié, je vois que je me suis cruellement abusé.

ABUSER DE signifie User mal, autrement qu'on ne doit d'une chose. Il a abusé de votre bonté. Il abuse des grâces que Dieu lui fait. Si vous lui accordez cette liberté, il n'en abusera pas. Il abuse de son temps, de son crédit, de son autorité, de sa santé. On abuse des meilleures choses. Vous abusez de ma patience. C'est abuser de la permission. Ce poète abuse de sa facilité. On dit aussi Abuser de quelqu'un, User avec excès de sa complaisance, de sa bonté. Abuser d'une fille, En jouir sans l'avoir épousée. C'est une fille dont il a longtemps abusé.

ABUSER, en termes de Droit, se prend pour Mal user d'une chose, la détruire. La propriété consiste dans le droit d'user et d'abuser.

Abuser : définition du Littré (1872-1877)

ABUSER (a-bu-zé) v. n.
  • 1User mal, se prévaloir de. Ayant abusé de leurs talents. Abuser de l'ignorance de quelqu'un. Abuser cruellement de la victoire. Pour seconder les criminelles intentions d'un ami, lequel abusait de votre crédulité, Bourdaloue, Pensées, t. II, p. 261. Vous croyez qu'abusant de mon autorité Je prétends attenter à votre liberté, Racine, Mithr. I, 2. J'abuse, cher ami, de ton trop d'amitié, Racine, Andr. III, 1. Avez-vous prétendu que muet et tranquille, Ce héros qu'armera l'amour et la raison, Vous laisse pour ce meurtre abuser de son nom ? Racine, Iph. I, 1. Et nos seuls ennemis, altérant sa bonté, Abusaient contre nous de sa facilité, Racine, Brit. V, 3. La perfide abusant de ma faiblesse extrême…, Racine, Phèd. V, 7. Et que de mon bonheur vous avez abusé Jusqu'à plus attenter que je n'aurais osé, Corneille, M. de Pompée, III, 2. Prince, vous abusez trop tôt de ma bonté, Corneille, Nic. II, 3. Je vous remets ce droit dont j'allais abuser, Voltaire, Orphel. V, 6. Vous ne voudrez jamais, abusant de mon âge…, Voltaire, Brut. II, 4. Il abuse en ces lieux de son pouvoir fatal, Voltaire, Sém. II, 1. Ils ont tous abusé de leur nouveau pouvoir, Voltaire, Alz. II, 2. Depuis qu'aux cieux l'amour est retenu, De son beau nom vous abusez encore, Malfilâtre, Narc. I.
  • 2 Absolument. Usez, n'abusez pas. L'homme est disposé à abuser.
  • 3Abuser de quelqu'un, ne pas se comporter avec lui comme il conviendrait. J'abuse de vous en vous entretenant si longuement de mes propres affaires. Abuser d'un domestique, le faire trop travailler. On dit dans le même sens abuser d'un cheval. Vous abusez d'une infinité de personnes en leur faisant accroire que les points sur lesquels vous essayez d'exciter un si grand orage sont essentiels à la foi, Pascal, Prov. 17.
  • 4Abuser d'une fille, la posséder. Pour venger sa fille dont Roderic abusait, Bossuet, Hist. I, 11. Nous flétrissons du nom d'incestueux le frère qui abuse de sa sœur, Voltaire, Métaph. 9. Alexandre VI était accusé d'abuser de sa propre fille Lucrèce, Voltaire, Mœurs, 110.

    Abuser, v. n., se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

    ABUSER, v. a.

  • 5Tromper. Abuser quelqu'un d'un vain espoir. Nous nous laissons abuser par les opinions du vulgaire. Ils sont grossièrement abusés, Pascal, Prov. 11. La flamme de vos yeux… Ne se lasse donc point… d'abuser les vœux dont elle est désirée, Malherbe, IV, 3. Car, sans le revenu, l'étude nous abuse, Régnier, Sat. III. Dites s'il me détrompe ou m'abuse en effet, Corneille, Héracl. II, 6. Notre profond silence abusant leurs esprits, Ils n'osent plus douter de nous avoir surpris, Corneille, Cid, IV, 3. Sors du trône et te laisse abuser comme moi, Corneille, Héracl. I, 2. Moi, j'aurais l'âme assez méchante pour abuser une personne comme vous ! Molière, D. J. II, 2. Je vous abuserais si j'osais vous promettre Qu'entre vos mains, seigneur, il voulût le remettre, Racine, Andr. I, 1. Je crains, je crains qu'un songe ne m'abuse, Racine, Phèd. II, 2. C'est pleurer trop longtemps une mort qui t'abuse, Racine, Esth. I, 1. Est-ce ainsi qu'on m'abuse et qu'on croit me jouer ! Voltaire, Orphel. III, 3. Une image trompeuse ne vient-elle pas abuser mes yeux ? Fénelon, Tél. IV. Je reconnus, mais trop tard, les chimères qui m'avaient abusé, Rousseau, Hél. IIIe part. Liv. 18.
  • 6Abuser une fille, la séduire. Une fille abusée était punie avec le séducteur, Rousseau, Ém. V.

    S'ABUSER, v. réfl. Se faire illusion. En cela, je me suis abusé. À moins que je ne m'abuse. Voulant nous affranchir, Brute s'est abusé, Corneille, Cinna, II, 2. Mais tu t'abuseras, Molière, l'Étourdi, I, 10. Vois si je m'abuse, Racine, Baj. III, 3. Mais moi-même… me serais-je abusée ? Racine, Baj. III, 6. Penses-tu que je sois moins épouse que mère ? Tu t'abuses, cruel…, Voltaire, Orphel. IV, 6. En conseiller d'État, de discours je m'abuse, Régnier, Élég. II.

REMARQUE

Pascal a dit : Il n'est pas possible de s'abuser à prendre un homme pour un ressuscité. Cet emploi, qui peut très bien être accepté, est un archaïsme. Voyez-en un exemple plus bas dans un texte de Lanoue.

HISTORIQUE

XIVe s. Comme Phalaris qui tenoit une enfant et avoit concupiscence de abuser en par delettation de luxure inconveniente, Oresme, Eth. 104.

XVe s. … Me faites, vous et raison, Aucune declaration ; Ou de votre fait suis abus, Pour ce que dit avez dessus, La Fontaine, 675. Povre homme, tu t'abuses bien ; Par ce chemin ne feras rien, Si tu ne marches d'autre pas, Nat. à l'Alch. 31. Las ! ne suis le premier de France Qui sotement s'est abusé, Orléans, Rond. 34. Ausquels fut dit pour le dict seigneur, qu'ils s'abusoient et que le dict seigneur aimeroit mieux mourir que d'estre contre le roi, J. de Troyes, 1475. Et avec telles mensonges se abusent bien aucuneffois les maistres, Commines, II, 2. On abusoit le roi quand on lui conseilloit entreprendre ceste guerre, Commines, III, 2.

XVIe s. Ils sçavent l'arithmetique si parfaitement que jamais ne s'abusent à conter, Lanoue, 183. Cet enfant nous abuse, car les estables ne sont jamais on hault de la maison, Rabelais, Garg. I, 12. Laissons les abuser de leur loisir, Montaigne, I, 187. Il me venoit compassion du pauvre peuple abusé de ces folies, Montaigne, I, 200. On ne peult abuser que des choses qui sont bonnes, Montaigne, II, 60. Elle n'y trouva les efforts repondants à sa taille, beauté et jeunesse par où elle avoit été prinse et abusée, Montaigne, III, 371. Il usa d'une ruse par la quelle il abusa l'une et l'autre partie pour le bien de la chose publique, Amyot, Solon, 21. Solon pour vrai est un fol abusé, Qui de son gré lui-même a refusé Un si grand heur que lui offroient les dieux, Amyot, ib. 22. Stesimbrotus s'abuse grandement pour n'avoir pas bien pris garde à la suitte des temps, Amyot, Thém. 3. Son filz abusoit un peu trop de l'affection que lui portoit sa mere, et de lui aussi semblablement par le moyen d'elle, Amyot, Thém. 36. Abusant la jeunesse de vaine espérance, Amyot, Fab. 51. Les Lacedemoniens abuserent d'Alcibiades plus tost qu'ils n'en userent, Amyot, Alc. et Cor. 4. Il abusa de son eloquence à calomnier et faussement charger et accuser ceux qui valoient mieux que lui, Amyot, Pélop. 44. Celui qui ne vise à la voie Par où il va, faut et s'abuse, Marot, III, 59.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ABUSER. V. n. Ajoutez :

5Il se dit aussi des actes contre nature. Cet homme, condamné pour attentat aux mœurs, avait abusé d'un enfant confié à ses soins.
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Abuser : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « abuser » les plus populaires.

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Étymologie de « abuser »

Étymologie de abuser - Littré

Abus ; provenç. et espagn. abusar ; ital. abusare.

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Étymologie de abuser - Wiktionnaire

(XIVe siècle) Dénominal de abus.
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Phonétique du mot « abuser »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
abuser abyze play_arrow

Conjugaison du verbe « abuser »

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Évolution historique de l’usage du mot « abuser »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « abuser »

  • Parce qu'il ne faut abuser ...de rien! Le Figaro.fr, Plats préparés: pourquoi il ne faut pas en abuser
  • Une problématique qui ne date pas d’hier, mais qui revient au devant de la scène: "Il est nécessaire d’en reparler aujourd’hui car, à force d’abuser des antibiotiques, des bactéries émergentes hautement résistantes (BHRe) aux antibiotiques sont apparues en 2007", ajoute-t-elle. midilibre.fr, Mende : "À force d’abuser des antibiotiques, des bactéries hautement résistantes sont apparues" - midilibre.fr
  • Une femme se faisait passer pour un adolescent en Angleterre afin de piéger et d’abuser de jeunes filles en ligne. , Elle se grime en adolescent pour mieux abuser de jeunes filles
  • Omniprésent depuis le printemps afin de limiter les risques de propagation du coronavirus, le gel hydroalcoolique est utilisé à bon escient, mais attention de ne pas en abuser, ni même de s’exposer au soleil une fois qu’il est appliqué. Quels en sont les risques ? Éléments de réponses.   Marie France, magazine féminin, Gel hydroalcoolique : pourquoi ne faut-il pas en abuser ni s’exposer au soleil ?
  • C'est un terrible avantage d'être laid. Il ne faudrait cependant pas en abuser. De Abbé Maury / A propos de Mirabeau
  • Il y a deux choses qui sont sans limites : la féminité et les moyens d'en abuser. De Luc Besson / Nikita
  • On peut, on doit abuser de la confiance d'une femme, mais jamais de sa méfiance... C’est dangereux. De Maurice Donnay / Georgette Lemeunier
  • C'est un terrible avantage de n'avoir rien fait, mais il ne faut pas en abuser. De Antoine de Rivarol / L’Esprit de Rivarol
  • Seuls ceux qui vous respectent vous aiment. Les autres ne veulent qu'abuser de vous. De Denise Bombardier / Une enfance à l'eau bénite
  • La mémoire, comme le coeur, se laisse abuser, et souvent pas celui-ci comme de juste. De Claire Martin / Doux-amer
  • Etre en bonne santé, c'est pouvoir abuser de sa santé impunément. De Michel Tournier / Le Miroir des idées
  • Le pouvoir doit se définir par la possibilité d’en abuser. De André Malraux / La Voie royale
  • C'est très joli d'être innocent ; il ne faut pas en abuser. De Marcel Pagnol
  • Le péché, c'est comme la vertu ; il ne faut pas en abuser. De Anonyme
  • Aimer, c'est permettre d'abuser. De Pierre Reverdy / En vrac
  • On ne peut abuser que de choses qui sont bonnes. De Michel de Montaigne / Essais
  • Plus le pouvoir est dispersé, moins on peut en abuser. De Michel Hervé
  • Il faut toujours abuser de sa liberté. De Paul Eluard / Lettres à Gala

Traductions du mot « abuser »

Langue Traduction
Portugais abusar
Allemand mißbrauchen
Italien abusare
Espagnol engañar
Anglais abuse
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Synonymes de « abuser »

Source : synonymes de abuser sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « abuser »


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