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Volée

Sommaire

  • Définitions du mot volée
  • Étymologie de « volée »
  • Phonétique de « volée »
  • Images d'illustration du mot « volée »
  • Traductions du mot « volée »
  • Synonymes de « volée »
  • Antonymes de « volée »

Définitions du mot volée

Trésor de la Langue Française informatisé

VOLÉE, subst. fém.

A. − [À propos d'un oiseau, d'un insecte; corresp. à voler1I A 1]
1. Mouvement qui permet de s'élever dans l'air et de s'y mouvoir grâce à des ailes. Les pattes nerveuses [des pies] repliées sur elles-mêmes, se redressant en vain pour l'élan, refusaient de quitter le sol et d'exécuter le saut nécessaire pour prendre l'envol, car ce n'est pas immédiatement de terre que les ailes s'éploient pour la volée (Pergaud, De Goupil, 1910, p. 183).
Loc. adj. ou adv. À la volée. Synon. au vol (v. vol1A 1).Tirer un oiseau à la volée (Lar. 19e-Lar. Lang. fr.). P. anal., rare. Ainsi disposée (...), la nasse agrippe à la volée une foule de gros et de petits poissons (A. Daudet, Rois en exil, 1879, p. 151).
CHASSE. Moment du matin ou du soir où passent les canards (d'apr. Chasse 1974). Synon. passée.
HÉRALD., rare. Représentation sur un écu d'ailes en action dans l'air. Les armes actuelles de New-York portent des tonneaux de farine sur une volée de quatre ailes, en souvenir de la loi anglaise qui donna à la ville le monopole de la mouture et assura ainsi sa prospérité première (Morand, New-York, 1930, p. 15).
Prendre sa volée. S'envoler. Synon. prendre son vol (v. vol1A 1).Il faisait un de ces beaux temps tranquilles où l'on n'entend que des bruits calmes: les battements d'ailes de pigeons qui prennent leur volée, le martelage du maréchal, une cruche qui grince (Pourrat, Gaspard, 1930, p. 75).
Donner la volée à un oiseau. Lui donner la possibilité de s'envoler après l'avoir tenu captif. Mon oncle (...) donnait la volée aux oisillons qui n'avaient pas les pattes cassées (Goncourt, Journal, 1892, p. 312).
P. anal. [À propos d'un inanimé et sans mouvement réel]
MINES ET CARR. Banc de volée. ,,Banc supérieur que l'on dégage, en carrière souterraine, lorsqu'on a sapé ou dégagé le banc inférieur`` (Noël 1968).
♦ Domaine de la constr.Volée d'un arc. Ascension que l'arc semble opérer en s'incurvant (d'apr. Bach.-Dez. 1882). Synon. envol.
Ascension fictive opérée par des éléments constitutifs d'une mâture. [Dans un cont. métaph.] Nous nous sommes enfoncé dans l'âme un tas de choses dures et nous l'avons cerclée avec du fer pour qu'elle file droite dans ses voyages, que ses mâts élastiques aient une volée plus haute, et que fièrement, au soleil, elle sépare bien les flots de sa carène vernie (Flaub., Tentation, 1849, p. 384).
2. (Tout) d'une (seule) volée. De la distance qu'un oiseau ou qu'un insecte parcourt ou peut parcourir sans se poser. L'oiseau traversa la baie d'une seule volée (Quillet 1965). Synon. d'une seule traite (v. traite2B).
3. Groupe d'oiseaux qui volent ensemble; ensemble d'oiseaux de même espèce issus d'une même couvée ou nés dans la même saison. Synon. vol (v. vol1A 5).Tous ces jeunes moineaux sont de la volée du printemps (Quillet1965):
Qu'est-ce que ces petits nuages là-haut? Les uns disent que c'est comme une troupe de femmes en blanc. Les autres que ce sont des cygnes blancs Là-haut une volée de cygnes blancs! Les autres disent que c'est comme une volée de cygnes blancs Les petits nuages blancs là-haut! Claudel, Poés. div., 1952, p. 910.
En partic. Ensemble d'oiseaux de même espèce issus d'une même couvée ou nés dans la même saison. Tous ces jeunes moineaux sont de la volée du printemps (Quillet1965).Volée de mars, volée d'août. ,,Pigeons éclos en mars, en août`` (Ac. 1798-1935).
P. anal. Groupe de personnes s'élevant ensemble dans l'air. On vit remonter vers le ciel, par volées, Les filles du Destin, ouvrant avec effort Leurs ongles qui pressaient nos races désolées (Vigny, Destinées, 1863, p. 13).Rare. [À propos de poissons] Sur nos pas, comme des compagnies de bécassines dans un marais, se levaient des volées de poissons curieux du genre des monoptères (Verne, Vingt mille lieues, t. 2, 1870, p. 28).
P. métaph. Ces impressions qui s'élèvent de tous les points des étendues de pays nouvelles et s'abattent par volées sur le voyageur (M. de Guérin, Journal, 1835, p. 240).Je définis le groupe, (...) l'association naturelle et comme spontanée de jeunes esprits et de jeunes talents, non pas précisément semblables et de la même famille, mais de la même volée et du même printemps, éclos sous le même astre, et qui se sentent nés (...) pour une œuvre commune (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t. 3, 1862, p. 21).
B. − [À propos d'un inanimé]
1. Rare. Fait d'effectuer un parcours dans l'air grâce à des organes analogues à ceux d'un oiseau, mais imaginaires. Cette phase première est très importante, sur laquelle va spécialement attirer l'attention, la cloche mise en branle, parmi toutes celles apportant, sur leur volée, l'œuf des Pâques joyeuses (Canseliet, Alchim., 1941, p. 190).
2. [Corresp. à voler1I B 1] Déplacement dans l'air de certains éléments végétaux tirant profit d'organes appropriés dont ils sont pourvus. Des orties s'abaissaient et se levaient sur la marge du canal; il y avait une volée de graines ailées du bas automne et de petites bouffées de poussière blanche (Schwob, Monelle, 1894, p. 53).
3. [Corresp. à voler1I B 2] Fait d'être transporté en l'air d'un point à un autre en s'y maintenant momentanément en suspension; ensemble d'éléments naturels ainsi transportés. Des multitudes d'éclatements de shrapnells pointillent l'azur et semblent une longue volée de flocons de neige dans le beau temps (Barbusse, Feu, 1916, p. 92).
4. [Corresp. à voler1I B 4]
a) Mouvement d'un projectile lancé par une arme, une bouche à feu, et traversant l'air à grande vitesse. Cette petite volée de plomb de la Porta Pia m'a chauffé le sang. J'ai hâte de me sentir un chassepot dans les mains (Claudel, Père humil., 1920, iii, 1, p. 530).
Loc. À la volée. Avant que l'objet considéré ne touche le sol, ne frappe sa cible. L'espoir, c'était d'être abattu au coin d'une rue, en pleine course, et d'une balle à la volée (Camus, Étranger, 1942, p. 1201).
b) Décharge simultanée de plusieurs armes, de plusieurs bouches à feu; ensemble de projectiles lancés simultanément par plusieurs armes de trait; bruit provoqué par ce lancement simultané. La volée des canons tendue sur le talus vert des batteries de la côte, visait la mer (Hamp, Champagne, 1909, p. 205).P. métaph. Il me semblait entendre (...) la batterie sourde d'un tambour républicain (...) Gille entonnait, et cette musique tirait à pleines volées sur mon cœur (Vallès, J. Vingtras, Enf., 1879, p. 360).
Loc. adj. ou adv. À toute volée. (Qui est effectué) avec le maximum d'intensité. Une population qui se déterminerait à vivre dans ses caves pourrait très bien et sans grand péril supporter un mois de bombardement à toute volée (Goncourt, Journal, 1871, p. 731).
DÉFENSE. Tirer une bouche à feu à toute volée. ,,La tirer en la pointant sous un angle d'environ 40 , ou tel que la pièce porte le plus loin possible`` (Bonn.-Paris 1859).
P. anal., MINES ET CARR. Mise à feu simultanée d'un ensemble de trous de mine. Le tirage des mines était fait par volées au moyen d'amorces électriques (Chalon, Explosifs mod., 1911, p. 653).
c) Mouvement d'un objet qui, après avoir été lancé ou mis en action, n'a pas encore touché le sol ou atteint le terme de sa trajectoire; mouvement d'une arme, d'un outil qui, sans quitter la main de l'homme, est projeté dans l'air avec vivacité. Synon. vol (v. vol1B 4).On l'entendait bien [l'herbe], résistante et sifflante à cette heure sous la faux, dont la volée allait et revenait, continuellement, au bout de ses bras nus (Zola, Terre, 1887, p. 134). L'averse déchaîna les fraîcheurs glaciales de son déluge comme la volée brutale d'une poignée de cailloux, et la forêt répondit de tout le rebondissement métallique de ses feuilles (Gracq, Argol, 1938, p. 34).
P. métaph. ou au fig. [Les jeux sauvages] encombraient la messe du Confiteor à l'Épître, s'interrompaient à l'Évangile, lâchaient une nouvelle volée après le sermon pour enfants (Malègue, Augustin, t. 1, 1933, p. 67).
Loc. À la volée, à toute volée. D'un mouvement puissant et ample. L'agent l'a giflé à toute volée d'une claque épaisse et lourde, en pleine joue (Camus, Étranger, 1942, p. 1149).
Au fig. Sans réfléchir, de manière inconsidérée. Il ne sait ce qu'il dit, il parle à la volée (Ac. 1798-1935).
AGRIC., HORTIC. En jetant les semences ou les graines par poignées ou par pincées, d'un mouvement large et régulier (p. oppos. à en lignes, en poquets). On les sème, soit en sillons gland à gland (...), soit à la volée comme du blé, très largement, si l'on a pu recueillir assez de graines, si l'on ose se permettre un peu de la débauche de germes de la nature (Pesquidoux, Livre raison, 1928, p. 31).
ARTS DU FEU. Cuisson à la volée. ,,Cuisson faite en construisant un four avec les briques elles-mêmes`` (Peyroux Techn. Métiers 1985). La cuisson en plein air dite à la volée ou en tas s'applique à la préparation des briques communes (Ser, Phys. industr., 1890, p. 550).
INFORM. Enchaînement à la volée. Enchaînement réalisé sans montage au cours d'un enregistrement, à un instant précis de la lecture d'une bande magnétique, en manipulant les écarteurs de bande présents sur le dispositif de lecture (d'apr. Radio 1972).
MÉTALL. Trempe à la volée. Trempe d'une pièce de fer ou d'acier effectuée de manière isolée (d'apr. Jossier 1881).
À la grande volée (rare). Chaque fois que je m'avançais entre les tentures pour jeter un nom à la grande volée, je voyais les lustres des salons tourner en rond avec des centaines de milliers de lumières papillotantes (A. Daudet, Nabab, 1977, p. 27).
Loc. adj. ou adv. De volée. En faisant usage de rapidité et de violence dans l'exécution d'un mouvement. Il avait jeté de volée [son programme roulé en boule], avec toute sa force, en cherchant à toucher et à faire mal [au matador maladroit] (Montherl., Bestiaires, 1926, p. 386).
(Tout) d'une (seule) volée. [Appliqué à un objet se déplaçant sur lui-même et faisant penser à l'envol des oiseaux dans les airs] Il regardait en l'air filer les câbles, plus de trente mètres de ruban d'acier, qui montaient d'une volée dans le beffroi (...) pour descendre à pic dans le puits s'attacher aux cages d'extraction (Zola, Germinal, 1885, p. 1152).
d) SPORTS
α) JEU DE PAUME notamment. Prendre une balle, un coup entre bond et volée. ,,Prendre la balle dans le moment qu'elle est près de s'élever après avoir touché à terre`` (Ac. 1798-1935).
Au fig., rare. Attraper une faveur, une grâce entre bond et volée, l'obtenir tant de bond que de volée. ,,L'obtenir en saisissant une conjoncture heureuse`` (Ac. 1798-1878). Faire une chose tant de bond que de volée. ,,La faire comme on peut, de façon ou d'autre`` (Ac. 1798-1878). [P. réf. à cette loc.] Ne pas prendre la volée pour le bond. Autrefois, dès que j'étais seul, je rêvais à des Napoléonades de passions. J'ai fait mon compte. Je suis moins naïf. J'ai appris à mes dépens qu'il ne faut pas prendre la volée pour le bond (Giono, Chron., Noé, 1947, p. 140).
Loc. [Aux jeux de balle et de ballon] De volée, à la volée. Avant que la balle ne touche terre, sans qu'elle touche terre. Reprendre une balle de volée; tirer de volée. Lando reçut le ballon [de rugby] de volée en pleine course (Abellio, Pacifiques, 1946, p. 204).Reprise de volée. V. reprise1.
β) P. méton. (notamment au jeu de paume, au footb., au tennis). Coup frappé sur la balle en mouvement dans l'air. La volée et la demi-volée peuvent être très variées dans leur réalisation, elles peuvent rechercher force, précision, vitesse, avoir des trajectoires tendues, arrondies (J. Mercier, Footb., 1966, p. 47).V. passing-shot ex. de Jeux et sports.
Avoir la volée bonne, la volée sûre. Être fort adroit à prendre la balle de volée et à la placer (d'apr. Ac. 1798-1878).
γ) ATHL. Mouvement par lequel l'haltère est amené d'un seul temps au-dessus de la tête, au bout de l'un ou des deux bras tendus à la verticale. Rigoulot a battu son 55erecord mondial en réussissant 99,500 kg à la volée à droite (L'Auto, 22 févr. 1932ds Petiot 1982).
δ) GYMN. Travail de barre fixe. La grande volée (grands tours avant et arrière) prendra place dans ce travail d'ensemble. Les passages de lune en soleil ou de soleil en lune nécessitent des tours de volée très réguliers (Piard, Agrès Masculins, 1968ds Petiot 1982).
ε) TIR À L'ARC. Action de lancer des flèches à la suite l'une de l'autre, sur une trajectoire déterminée; groupe de flèches tirées ensemble. Chaque archer tire ses flèches par volées de trois (Tous les sports, 1970ds Petiot 1982).
e) Mouvement de rotation ou d'oscillation accompli par un objet autour d'un axe dont la position est fixe dans l'espace.
α) Rotation complète d'une aile de moulin à vent. À grands coups d'ailes affolées, En leurs toujours folles volées, Les moulins fous fauchent le vent (Verhaeren, Camp. halluc., 1893, p. 33).
β) TECHNOL. Vitesse maximale à laquelle tourne une machine-outil. Veut-on les grandes vitesses [dans un tour]? On débraie le harnais et on relie par un boulon le cône de poulies à la roue dentée solidaire du plateau: on tourne à la volée (Gorgeu, Machines-outils, 1928, p. 97).Marche, vitesse à la volée. ,,Marche d'un tour dont la broche, donnant le mouvement de rotation, est entraînée directement par la poulie de commande, sans passer par l'intermédiaire d'un harnais`` (Lar. encyclop.).
γ) Branle donné à une cloche; son produit par cette mise en branle; projection dans l'espace de ce son et, p. anal., d'un son émis par une autre réalité sonore. Synon. vol (v. vol1B 4).La Pèlerine, la cloche de Sainte-Anne de Sorel, s'évertuait à sonner: envoie une bordée de sons au Chenal du Moine (...), porte une volée à l'Île de Grâce, une dernière branlée au nord, puis tinte (Guèvremont, Survenant, 1945, p. 90).
Loc. À la volée, à toute volée ; plus rare, à grande, à pleine volée . Avec le maximum d'intensité sonore provoquée, dans le cas d'une cloche, par le branle le plus puissant possible. Sonner les cloches à la volée; les cloches sonnent à toute volée. Les cloches sonnaient à pleine volée, c'était la fin de l'office (Erckm.-Chatr., Ami Fritz, 1864, p. 178).De proche en proche, tous sonnaient à la fois, lorsque Gaude, le clairon de la compagnie, se décida, à toute volée des notes sonores (Zola, Débâcle, 1892, p. 8).
P. métaph. Des campanules couraient, lançant leurs cloches bleues à toute volée, jusqu'au haut de grands asphodèles, dont la tige d'or leur servait de clocher (Zola, Faute Abbé Mouret, 1875, p. 1349).
f) Série de coups rapprochés appliqués soit à un être animé avec ou sans l'aide d'un objet, soit à un objet fabriqué à l'aide d'un outil.
α) Fam. Série de coups appliqués à une personne, à un animal. Volée de coups (de bâton, de canne). Ils n'étaient pas en bas qu'ils se sentaient frappés à la tête, qu'ils chancelaient sous une volée de coups de poing (Genevoix, Raboliot, 1925, p. 271).
Volée de bois vert. Pour finir l'anecdote, je promis à ce drôle, insolent comme un noble, une volée de bois vert, châtiment approprié à un maroufle de sa sorte (Gautier, Fracasse, 1863, p. 228).Au fig. Volée de bois vert. Série de critiques acerbes et violentes adressées à une personne. Les articles de Nachette n'étaient (...) que volées de bois vert distribuées (...) aux réputations naissantes (Goncourt, Ch. Demailly, 1860, p. 237).
[Sans compl.] Administrer une volée; recevoir une volée. Pour la première fois, chez les Coupeau, on se flanqua une volée en règle, on se tapa même si dur, qu'un vieux parapluie et le balai furent cassés (Zola, Assommoir, 1877, p. 700).
Au fig. Série de qualificatifs adressés à une personne pour porter atteinte à sa dignité. Le corps de la marine s'y trouve précisément opposé [à Thionville] aux volontaires nationaux de Brest: ils se reconnaissent, et Dieu sait la volée d'épithètes et d'injures qui sont aussitôt échangées (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 952).
β) Série de coups appliqués à l'aide d'un marteau à une pièce de métal dans le but de la travailler; distance qui dans le mouvement de frappe exercé par un marteau, se trouve entre son point le plus élevé et la table de l'enclume (d'apr. Jossier 1881). Il prit sa distance, lança le marteau de haut, à grandes volées régulières. Il avait le jeu classique, correct, balancé et souple (Zola, Assommoir, 1877, p. 533).
BÂTIMENT
Série de coups appliqués à la tête d'un pieu pour l'enfoncer, suivie d'un temps de repos. (Ds Jossier 1881).
,,Hauteur à laquelle on élève le mouton d'une sonnette dans le battage des pieux`` (Chabat t. 2 1876).
,,Action simultanée de plusieurs hommes qui, rangés de front, battent un terrain pour le consolider et l'aplanir`` (Jossier 1881).
g) TECHNOL. [À propos d'un objet permettant ou transmettant un mouvement]
Partie d'un canon comprise entre les tourillons et la bouche. Les canons paragrêles sont formés d'une volée tronconique et d'une culasse dans laquelle on peut percuter des cartouches à blanc (Ballu, Mach. agric., 1933, p. 279).
Partie le plus souvent inclinée d'une grue sur laquelle est fixée la poulie recevant le câble ou la chaîne; mouvement de rotation effectué par cette partie. Synon. flèche1.Un grand fourgon-limousine (...) faisait de la marche arrière pour se mettre sous la perpendiculaire de la grue à volée fixe avant du Massilia qui pivotait en l'air, un cercueil pendant à son crochet (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 52).
[Dans un pont mobile] Partie qui se baisse ou se ferme et qui surplombe, lorsque ce pont est abaissé ou fermé. Lorsque le pont est en service, le piston est abaissé et le pont repose sur trois appuis placés l'un sous la culasse, le second sous la volée et le dernier sur l'arête du bajoyer près du pivot (Bourde, Trav. publ., 1929, p. 307).
5. TECHNOL. [Corresp. à voler1I A 3, I B 5 et I C 3; à propos d'un objet permettant ou transmettant un mouvement] Pièce de bois de traverse attachée au timon d'un carrosse, d'un chariot, d'un fourgon, etc., à laquelle on attelle les chevaux assurant la traction de ces différents véhicules. [La moissonneuse-javeleuse] est complétée par un timon avec une volée pour l'attelage à deux chevaux (Passelègue, Mach. agric., 1930, p. 216).
Chevaux de volée. Chevaux qui sont attelés en avant des brancards d'un véhicule hippomobile. Celui que je trouverai rebelle, Je lui mettrai un bon joug. Et ce ne sera pas le poulain de volée Qu'on nourrit avec de l'orge; la faim qui fait mauvais ménage avec la colère le rendra souple (Claudel, Agamemnon, 1896, p. 911).
6. [Corresp. à voler1I C 3] Partie droite ou courbe d'un escalier, comprise entre deux paliers qui se succèdent. [L. de Vinci] a bâti des donjons où quatre volées d'escaliers, indépendantes autour du même axe, séparaient les mercenaires de leurs chefs, les troupes de soldats à gages les unes des autres (Valéry, Variété [I], 1924, p. 252).
C. − [À propos d'une pers., d'un de ses attributs ou d'un être assimilé à une pers.]
1. [Corresp. à voler1I C 1]
a) Mouvement rapide du corps humain ou d'un membre, effectué sans arrêt. Ce grand corps, un peu gauche au repos, réussissait infatigablement les rétablissements les plus durs, les grandes volées (...), les ascensions lentes aux cordes lisses (Malègue, Augustin, t. 1, 1933, p. 165).
Prendre sa volée. Se lancer dans l'espace pour s'y mouvoir à l'aide de ses ailes. De temps à autre, parmi les guirlandes de fleurs (...), on aperçoit la face ailée d'un jeune séraphin de mosaïque, qui (...) semble se disposer à prendre sa volée sous les voûtes arrondies de la nef (Sand, Lélia, 1839, p. 448).
Loc. À toute volée. En faisant plein usage de l'aptitude à se déplacer dans l'air comme un oiseau. Nous avons tous frémi en contemplant la jolie Pinito del Oro ou l'extraordinaire Lothar défiant les lois de l'équilibre en se balançant à toute volée, la tête sur le trapèze (Hist. spect., 1965, p. 1534).
LUTTE GRÉCO-ROMAINE. Tour de bras à la volée. −Sur « tirade » (...), engager le bras droit ou gauche de l'adversaire par dessus l'épaule correspondante (...), s'agenouiller devant soi, genoux réunis et faire passer l'adversaire par dessus la tête (R. Vuillemin, Éduc. phys., 1941, p. 175).
b) P. métaph. ou au fig.
α) Impulsion, mouvement hardi et rapide que se donne une faculté, un sentiment; manière dont une personne conduit sa vie. Synon. élan2.Il fallut quelque temps à un hibou de mon espèce pour s'accoutumer à la cage d'un collège et régler sa volée au son d'une cloche (Chateaubr., Mém., t. 1, 1848, p. 67).[Un grand rire] faisait lever en elle toute une volée d'émoi (Guèvremont, Survenant, 1945, p. 38).
Loc., rare. À toute volée. En donnant un complet essor à une faculté intellectuelle, à un sentiment déterminé. Il jeta une nouvelle brassée de bois, dans la cheminée, et il repartit à toute volée dans ses rêves (Huysmans, À rebours, 1884, p. 93).
β) Niveau social, intellectuel ou moral auquel se situe une personne ou qui caractérise une chose. Synon. condition, envergure, position, rang, vol (v. vol1C 1).Si M. Tancogne n'avait point partie liée avec lui, est-ce qu'il garderait sur vos terres un destructeur d'une pareille volée? (Genevoix, Raboliot, 1925, p. 189).
De (la/la plus) haute volée. Elle reçoit (...) les d'Sherbatoff, les d'Forcheville, et tutti quanti, des gens de la plus haute volée, toute la noblesse de France et de Navarre (Proust, Sodome, 1922, p. 881).Convié un jour à une bénédiction nuptiale de haute volée à l'église Saint-Honoré d'Eylau, un ami à moi (...) se rendit à l'heure dite place Victor-Hugo pour présenter ses vœux aux jeunes époux (Fargue, Piéton Paris, 1939, p. 71).
Plus rare. De petite/première volée. V. fragmentier rem. 1 s.v. fragment ex. de Verlaine.
2. [Corresp. à voler1I C 3]
a) Action de se déplacer sur le sol avec une grande rapidité. Sa lampe s'éteignit.Sauve qui peut! cria-t-il. Une volée délirante suivit. On sautait les parterres (Estaunié, Empreinte, 1896, p. 105).
Prendre sa/la volée
[Le suj. désigne une pers.] Prendre un départ rapide et souvent imaginé. Au premier malheur, les amis prennent leur volée (Nouv. Lar. ill., Lar. 20e). S'affranchir d'une contrainte, d'une tutelle. Ce fut le temps où M. Robert prit sa volée. Il se croyait chef de partisans et rêvait du soulèvement de deux ou trois provinces (Pourrat, Gaspard, 1925, p. 134).
[Le suj. désigne une réalité hum.] Se donner libre cours. Les pieux discours Qui prennent la volée au déclin des beaux jours (M. de Guérin, Poés., 1839, p. 108).
Donner la volée à qqn/qqc. Accorder pleine liberté à une personne, donner libre cours à une chose. Mais soudain, lady Falkland, d'un geste de la main, donne la volée à son souci. Et je revois (...) le sourire enfantin qui n'efface pas tout à fait le pli triste de la bouche (Farrère, Homme qui assass., 1907, p. 211).
Loc. À la volée; plus rare, à la grande volée
Au passage, sur le moment. M. Degas (...) les pique [les danseuses], toutes vives, devant la rampe, les attrape à la volée pendant qu'elles bondissent ou font la révérence des deux côtés (Huysmans, Art mod., 1883, p. 134).
À grande vitesse. Il avait suffi d'une jolie ligne de corps (...) pour que de très bonne foi j'y eusse ajouté quelque ravissante épaule, quelque regard délicieux (...) ces déchiffrages rapides d'un être qu'on voit à la volée nous exposant ainsi aux mêmes erreurs que ces lectures trop rapides où (...) on met à la place du mot qui est écrit, un tout différent que nous fournit notre mémoire (Proust, J. filles en fleurs, 1918, p. 797).
DANSE, loc. adj. De volée. En se lançant d'un point de la scène à l'autre pour retomber au sol sur un pied ou sur les deux, selon les pas qu'il faut exécuter (d'apr. Reyna 1967). La variation du danseur, faite pour la vigueur masculine, comprend de grands jetés avec battements, de hauts entrechats droits, de larges entrechats de volée en diagonale (Arts et litt., 1935, p. 46-4).
b) Groupe de personnes qui sont d'un âge identique, de la même condition, qui exercent la même activité ou la même profession. Synon. essaim.Une magnifique volée de danseuses anglaises, des milliers de muscles agités et précis (Céline, Voyage, 1932, p. 438).
REM. 1.
Demi-volée, subst. fém.,sports (jeux de balle, de ballon). ,,Balle frappée dès le contact avec le sol, tout au début du rebond`` (Petiot 1982).
2.
Volleyeur, -euse, subst.,tennis. [Corresp. à supra B 4 d] Joueur, joueuse spécialiste de la volée. Le destin (...) changeait de favori [à Roland Garros] toutes les quinze minutes pour s'arrêter enfin sur une volée de Mac [Enroe] le fantastique volleyeur (Le Figaro thématique, 22 mai 1986, p. 14).
Prononc. et Orth.: [vɔle]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. « Fait de voler » A. action de voler 1. a) ca 1135 de volee « en volant » (Couronnement Louis, éd. Y. G. Lepage, réd. AB, 1079: Par le pertuis i passast de volee Uns esperviers); fin xiies. (Gui de Cambrai, Vengement Alixandre, éd. B. Edwards, 1558: faucons a volee); 1205-50 (Renart, éd. E. Martin, branche 13, 863, t. 2, p. 67: venir voit Une cornaille a la volee); b) α) ca 1202 p. ext. à la volée « comme en volant, rapidement » (ibid., branche 16, 224, t. 2, p. 161: un saut a fet a la volee); β) ca 1270 à la volée « trop rapidement et sans réfléchir, à la légère » (Adam de La Halle, Jeux partis, éd. L. Nicod, VII, 25, p. 74: Vous parlés a le volee); 2. expr. a) xiiies. [var. ms.] se mettre à la volée « prendre son essor » (Renart, branche 11, 1574, t. 3, p. 395: [l'épervier] se mist a la volee); b) α) 1erquart xiiies. prendre sa volée (Le Saint-Graal, éd. E. Hucher, t. 2, p. 389: si prend [la mère as oisiaus] sa volée); 1349 (Guillaume de Machaut, Dit de l'alérion, éd. E. Hoepffner, t. 2, p. 279, 1131: prendre haut et bas sa volée); β) déb. xives. fig. prendre sa volée (Ovide moralisé, éd. C. de Boer, II, 4209, t. 1, p. 261: Si pristrent [les docteurs de l'Église] en l'air lor volee); 1559 (Ronsard, Œuvres compl., éd. P. Laumonier, t. 9, p. 184: Pomonne a pris autre part sa volée); 1572 (Amyot, Œuvres morales, Comment il fault lire les poetes, t. 1, fo10 vo: L'ame prenant hors du corps sa volee); 1835 « s'affranchir d'une tutelle, d'une contrainte » (Ac.: il a pris la volée); c) α) 1762 fig. donner la volée à qqn « donner pleine liberté à quelqu'un » (Favart, Les Trois sultanes ou Soliman II, éd. 1809, p. 279: aux femmes du sérail je donne la volée); 1877 donner la volée à qqc. (Hugo, Légende, t. 5, p. 1141: Paul assemblait des sons, leur donnait la volée); β) 1848 donner la volée (à un oiseau) « le libérer » (Chateaubr., Mém., t. 2, p. 495); 3. 1454 volée d'acée « vol de bécasses », fig. « l'heure du vol, le crépuscule » (Arch. nat. JJ 191, pièce 35 ds Gdf. Compl.: entre volee d'acee et jour couchié); repris ds Ac. 1842: volée d'assée [...] le soir, l'instant où passent les bécasses. B. 1erquart xiiies. « distance qu'un oiseau peut parcourir en l'air sans avoir besoin de se poser » (Reclus de Molliens, Miserere, éd. A. G. van Hamel, p. 147: Ne puet faire haute volée Oisiaus ki a une ele vole); 1690 tout d'une volée (Fur.). C. Groupe d'oiseaux 1. a) [1347 sens incertain « nichée »? ([Arch. nat. JJ] 79, 13 ds Du Cange, s.v. tria: une voulée ou Trie de coulons par dessus une estable)] 1376 « bande d'oiseaux qui volent ensemble » (Modus et Ratio, éd. G. Tilander, § 127, 7: une grant volee de perdris); b) 1559 expr. (Amyot, Vies des hommes illustres, Demetrius, Paris, fo620 ro: une volee de petits oyseaux); 1857 (Sand, Beaux MM. Bois-Doré, t. 1, p. 18: une bande de bohémiens [...] se releva comme une volée de moineaux); c) 1611 « oiseaux d'une même couvée » (Cotgr.); 1680 (Rich.: de toutes les volées de pigeons, la meilleure est celle de Mars); 2. a) ca 1570 p. ext. « groupe de personnes de même âge, de même mérite, qualité, rang » (Carloix, Mémoires, I, 19 ds Littré: jeunes seigneurs [...] tous d'une volée et courants une mesme fortune); 1575 (Thevet, Cosmographie universelle, VII, 4, fo208 vo: Esope [...] estoit de la vollee du grand Anacharse); 1638 (Chapelain, Lettres, éd. Ph. Tamizey de Larroque, t. 1, p. 230: les éloquens de sa volée); b) av. 1615 spéc. en parlant d'avocats (Pasquier, Lettres, VII, 10 ds Hug.: les grands advocats de sa volée); c) 1666 expr. de la haute volée (Furetière, Roman bourgeois ds Les Romanciers du XVIIes., éd. Pléiade, p. 904: quelques gens de la plus haute vollée); 1830 de haute volée (Balzac, Ét. femme, p. 384: les gens de haute et petite volée); 1840 « de grande envergure » (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 1, p. 315: ces ambitieux de haute volée); 3. 1848 fig. en parlant d'idées, de pensées, etc. (Flaub., Corresp., p. 85: une volée de souvenirs). II. « Mouvement rapide » A. en parlant de projectiles, d'objets que l'on jette ou que l'on envoie 1. a) α) 1erquart xiiies. à la volée « dans toutes les directions » (Reclus de Molliens, Carité, éd. A. G. van Hamel, p. 85: S'ele ne gete a le volée Se ricoise [ses richesses] puer come sage); 1306 (Joinville, Vie de St Louis, éd. N. L. Corbett, p. 136: ces huit Sarrazins traioient a la volee parmi nostre ost); 1718 (Ac.: un canon tiré à toute volée peut aller jusques-là); β) 1808 agric. semer à la volée (De Guignes, Voyages à Peking, Manille et l'Île de France, t. 3, p. 332 et p. 352); b) α) 1555 « ensemble de projectiles lancés en même temps » (Du Villars, Mém., VI ds Gdf. Compl.: ayant enduré deux cens vollees); 1567 (Négociations de la France dans le Levant, éd. E. Charrière, t. 3, p. 11, note: quelques vollées d'artillerie); β) 1911 mines et carr. « ensemble des trous de mine mis à feu simultanément » (Chalon, Explosifs mod., p. 503: tirer en une seule volée un grand nombre de mines); c) 1559 « mouvement, portée d'un projectile » (Amyot, op. cit., Pompeius, fo461 vo: ilz estoient encore hors la volee du traict); 2. a) α) 1454 jeux, p. oppos. à bond « mouvement d'un objet (balle, ballon, etc.) qui a été lancé et n'a pas encore touché terre » (Pierre Chastellain, Le Temps recouvré, 762 ds Œuvres, éd. R. Deschaux, p. 69: De sault, de bont ou de volee); 1462 ici au fig. (Villon, Testament, éd. J. Rychner et A. Henry, 617-618: Or ont ces folz amans le bont Et les dames prins la vollee); 1898 tennis demi-volée (Vie au Grand Air, mai ds Petiot 1982, s.v. demi-volée); β) 1571 de volée (Vivès, Leges Ludi, trad. Lyon, ibid.: L'esteuf est renvoyé ou prins de volée ou du premier bond); 1606 (Nicot, s.v. chace: rebattre [la paulme] de volée); 1690 à la volée (Fur.: prendre la balle à la volée); b) ca 1490 expr. tant de bond que volée « d'une façon ou d'une autre » (Octovien de Saint-Gelais, Le Séjour d'honneur, éd. J. A. James, 3315: tant de bont que vollée); 1557 fut de bond ou volée (F. Julyot, 1repart., 14, 7eÉlégie ds Hug., s.v. bond); 1558 que de bond, que de vollée (B. Des Périers, Nouvelles récréations et joyeux devis, éd. K. Kasprzyk, nouv. 45, p. 187); 1618 autant de bond comme de volée (Le Tocsin des filles d'amour ds Variétés hist. et littér., t. 2, p. 265); 1690 tant de bon [sic] que de volée (Fur.); fin xvies. soit au bond, soit à la volée (Brantôme, M. de La Noue ds Œuvres compl., éd. L. Lalanne, t. 7, p. 265). B. 1. a) 1220-40 de volée « d'un mouvement rapide et violent » (Lancelot, éd. A. Micha, t. 5, p. 229: li cox (= le coup d'épée) fu granz et vint de volee); b) 1873 à toute volée (Zola, Ventre Paris, p. 877: la Normande, à toute volée, donna un soufflet à Claire); 1887 à la volée (Id., Terre, p. 449: Lise, à la volée, répondit par une gifle); c) 1880 à toute volée (Id., Nana, p. 1286: refermant la porte à toute volée); 1882 à la volée (Id., Pot-Bouille, p. 222: il referma la porte à la volée); 2. a) fin xives. à volée « d'un mouvement ample, avec force (en parlant d'une cloche qui sonne) » (Froissart, Chroniques, éd. S. Luce, t. 1, p. 195: fist sonner les cloches ou berfroi à volée); 1762 sonner à toute volée (Ac.); b) 1690 « son d'un cloche mise en branle » (Fur.); 3. a) 1680 « les volants d'un moulin à vent » (Rich., p. 86, rem.); b) 1832 « mouvement des ailes d'un moulin à vent » (Raymond: le vent les fait aller à Grande volée); 4. 1812 métall. trempe à volée (Mozin-Biber, s.v. trempe); 1872 trempe à la volée (Littré); 5. 1828 pot., mécan. (Bastenaire, Daudenart, Art fabr. faïence..., p. 476: la roue de volée est celle que le tourneur frappe en glissant avec son pied pour faire mouvoir son tour); 1928 (Gorgeu, Machines-outils, p. 97: on débraie le harnais [...] on tourne à la volée); 6. a) 1879 gymn. (E. de Goncourt, Zemganno, p. 52: ses mains, au milieu de la volée de son corps, quittant tour à tour la barre [du trapèze]); 1968 grande volée « grand tour, à la barre fixe » (Piard, Agrès Masculins ds Petiot 1982); b) 1892 athl. (L'Écho des Sports, 17 déc., ibid.: enlevant [l'haltère] « à la volée »); 1948 (Mémo-Sport, ibid.: la volée et le dévissé). III. « Série de coups » A. 1. a) av. 1660 volée de coups de bâton (Scarron, s. réf. ds Rich. 1680); 1791 absol. volée « suite de coups rapprochés; raclée » (La Légende dorée, no3, 26 févr., p. 39 ds Quem. DDL t. 32); b) 1823 au fig. « série d'invectives » (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, p. 952); 2. a) 1784 volée de bois vert (Beaumarchais, Mariage de Figaro, I, 1 ds Théâtre, éd. M. Allem, p. 268); b) 1860 fig. (Goncourt, Ch. Demailly, p. 237). B. 1765 technol. « série de coups de mouton, de marteau, etc. » (Encyclop. t. 12, p. 608a: par volée de 25 à 30 coups [de mouton sur un pilot]); 1783 (Buffon, Hist. min., Introd., t. VIII, p. 18 ds Littré: quatre volées de coups de marteau). IV. « Divers objets ou appareils » 1. 1321 « appareil de suspension de la cloche » (Marché pour la construction de l'hôpital d'Hesdin, Arch. du Pas-de-Calais, A 394 ds J. M. Richard, Mahaut Comtesse d'Artois, p. 400: une volée pour pendre un cloke); 2. 1389-92 « partie qui se ferme ou se baisse dans un pont mobile » (Comptes de Nevers, CC1, fo17 ro, Arch. de Nevers ds Gdf. Compl.: la volee du pont leveiz); 3. 1428 « pièce transversale à l'avant du train d'une voiture » (Compte d'ouvrages, 6eSomme de mises, Arch. de Tournai, ibid.: .III. vollees et les trevesieres); 1669 chevaux de volée, volée de carrosse (Widerhold Fr.-all.); 4. 1431 « partie d'un canon qui se trouve entre la bouche et les tourillons » (J. Garnier, L'Artillerie des Ducs de Bourgogne, p. 70: la volée d'icelle bombarde); 5. 1450 « barre de cabestan » (Arch. nat. JJ 184, pièce 46 ds Du Cange, s.v. volatus1et Gdf. Compl.: la volée du windas); 1701 « partie d'une grue sur laquelle est fixée la poulie qui reçoit le câble de levage » (Fur.: le gruau a plus de volée que l'engin, et la gruë plus de volée que le gruau, à cause de la plus grande longueur de leur bec); 1757 (Encyclop. t. 7, p. 971a: la volée qui est la partie mouvante du gruau); 6. 1751 mines et carr. banc de volée (Encyclop., s.v. banc); 7. 1872 archit. « partie d'un escalier comprise entre deux paliers successifs » (Littré); 1876 « partie d'un escalier qui se projette horizontalement en ligne droite » (Chabat t. 2). Part. passé fém. subst. de voler1*. Fréq. abs. littér.: 682. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 583, b) 1 309; xxes.: a) 1 519, b) 782. Bbg. Archit. 1972, p. 38, 234. − Deutschman (O.). L'Empl. de noms d'action désignant d'abord une volée de coups... R. Ling. rom. 1937, t. 13, pp. 387-420. − Quem. DDL t. 9, 10, 32.

Trésor de la Langue Française informatisé

VOLÉE, subst. fém.

A. − [À propos d'un oiseau, d'un insecte; corresp. à voler1I A 1]
1. Mouvement qui permet de s'élever dans l'air et de s'y mouvoir grâce à des ailes. Les pattes nerveuses [des pies] repliées sur elles-mêmes, se redressant en vain pour l'élan, refusaient de quitter le sol et d'exécuter le saut nécessaire pour prendre l'envol, car ce n'est pas immédiatement de terre que les ailes s'éploient pour la volée (Pergaud, De Goupil, 1910, p. 183).
Loc. adj. ou adv. À la volée. Synon. au vol (v. vol1A 1).Tirer un oiseau à la volée (Lar. 19e-Lar. Lang. fr.). P. anal., rare. Ainsi disposée (...), la nasse agrippe à la volée une foule de gros et de petits poissons (A. Daudet, Rois en exil, 1879, p. 151).
CHASSE. Moment du matin ou du soir où passent les canards (d'apr. Chasse 1974). Synon. passée.
HÉRALD., rare. Représentation sur un écu d'ailes en action dans l'air. Les armes actuelles de New-York portent des tonneaux de farine sur une volée de quatre ailes, en souvenir de la loi anglaise qui donna à la ville le monopole de la mouture et assura ainsi sa prospérité première (Morand, New-York, 1930, p. 15).
Prendre sa volée. S'envoler. Synon. prendre son vol (v. vol1A 1).Il faisait un de ces beaux temps tranquilles où l'on n'entend que des bruits calmes: les battements d'ailes de pigeons qui prennent leur volée, le martelage du maréchal, une cruche qui grince (Pourrat, Gaspard, 1930, p. 75).
Donner la volée à un oiseau. Lui donner la possibilité de s'envoler après l'avoir tenu captif. Mon oncle (...) donnait la volée aux oisillons qui n'avaient pas les pattes cassées (Goncourt, Journal, 1892, p. 312).
P. anal. [À propos d'un inanimé et sans mouvement réel]
MINES ET CARR. Banc de volée. ,,Banc supérieur que l'on dégage, en carrière souterraine, lorsqu'on a sapé ou dégagé le banc inférieur`` (Noël 1968).
♦ Domaine de la constr.Volée d'un arc. Ascension que l'arc semble opérer en s'incurvant (d'apr. Bach.-Dez. 1882). Synon. envol.
Ascension fictive opérée par des éléments constitutifs d'une mâture. [Dans un cont. métaph.] Nous nous sommes enfoncé dans l'âme un tas de choses dures et nous l'avons cerclée avec du fer pour qu'elle file droite dans ses voyages, que ses mâts élastiques aient une volée plus haute, et que fièrement, au soleil, elle sépare bien les flots de sa carène vernie (Flaub., Tentation, 1849, p. 384).
2. (Tout) d'une (seule) volée. De la distance qu'un oiseau ou qu'un insecte parcourt ou peut parcourir sans se poser. L'oiseau traversa la baie d'une seule volée (Quillet 1965). Synon. d'une seule traite (v. traite2B).
3. Groupe d'oiseaux qui volent ensemble; ensemble d'oiseaux de même espèce issus d'une même couvée ou nés dans la même saison. Synon. vol (v. vol1A 5).Tous ces jeunes moineaux sont de la volée du printemps (Quillet1965):
Qu'est-ce que ces petits nuages là-haut? Les uns disent que c'est comme une troupe de femmes en blanc. Les autres que ce sont des cygnes blancs Là-haut une volée de cygnes blancs! Les autres disent que c'est comme une volée de cygnes blancs Les petits nuages blancs là-haut! Claudel, Poés. div., 1952, p. 910.
En partic. Ensemble d'oiseaux de même espèce issus d'une même couvée ou nés dans la même saison. Tous ces jeunes moineaux sont de la volée du printemps (Quillet1965).Volée de mars, volée d'août. ,,Pigeons éclos en mars, en août`` (Ac. 1798-1935).
P. anal. Groupe de personnes s'élevant ensemble dans l'air. On vit remonter vers le ciel, par volées, Les filles du Destin, ouvrant avec effort Leurs ongles qui pressaient nos races désolées (Vigny, Destinées, 1863, p. 13).Rare. [À propos de poissons] Sur nos pas, comme des compagnies de bécassines dans un marais, se levaient des volées de poissons curieux du genre des monoptères (Verne, Vingt mille lieues, t. 2, 1870, p. 28).
P. métaph. Ces impressions qui s'élèvent de tous les points des étendues de pays nouvelles et s'abattent par volées sur le voyageur (M. de Guérin, Journal, 1835, p. 240).Je définis le groupe, (...) l'association naturelle et comme spontanée de jeunes esprits et de jeunes talents, non pas précisément semblables et de la même famille, mais de la même volée et du même printemps, éclos sous le même astre, et qui se sentent nés (...) pour une œuvre commune (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t. 3, 1862, p. 21).
B. − [À propos d'un inanimé]
1. Rare. Fait d'effectuer un parcours dans l'air grâce à des organes analogues à ceux d'un oiseau, mais imaginaires. Cette phase première est très importante, sur laquelle va spécialement attirer l'attention, la cloche mise en branle, parmi toutes celles apportant, sur leur volée, l'œuf des Pâques joyeuses (Canseliet, Alchim., 1941, p. 190).
2. [Corresp. à voler1I B 1] Déplacement dans l'air de certains éléments végétaux tirant profit d'organes appropriés dont ils sont pourvus. Des orties s'abaissaient et se levaient sur la marge du canal; il y avait une volée de graines ailées du bas automne et de petites bouffées de poussière blanche (Schwob, Monelle, 1894, p. 53).
3. [Corresp. à voler1I B 2] Fait d'être transporté en l'air d'un point à un autre en s'y maintenant momentanément en suspension; ensemble d'éléments naturels ainsi transportés. Des multitudes d'éclatements de shrapnells pointillent l'azur et semblent une longue volée de flocons de neige dans le beau temps (Barbusse, Feu, 1916, p. 92).
4. [Corresp. à voler1I B 4]
a) Mouvement d'un projectile lancé par une arme, une bouche à feu, et traversant l'air à grande vitesse. Cette petite volée de plomb de la Porta Pia m'a chauffé le sang. J'ai hâte de me sentir un chassepot dans les mains (Claudel, Père humil., 1920, iii, 1, p. 530).
Loc. À la volée. Avant que l'objet considéré ne touche le sol, ne frappe sa cible. L'espoir, c'était d'être abattu au coin d'une rue, en pleine course, et d'une balle à la volée (Camus, Étranger, 1942, p. 1201).
b) Décharge simultanée de plusieurs armes, de plusieurs bouches à feu; ensemble de projectiles lancés simultanément par plusieurs armes de trait; bruit provoqué par ce lancement simultané. La volée des canons tendue sur le talus vert des batteries de la côte, visait la mer (Hamp, Champagne, 1909, p. 205).P. métaph. Il me semblait entendre (...) la batterie sourde d'un tambour républicain (...) Gille entonnait, et cette musique tirait à pleines volées sur mon cœur (Vallès, J. Vingtras, Enf., 1879, p. 360).
Loc. adj. ou adv. À toute volée. (Qui est effectué) avec le maximum d'intensité. Une population qui se déterminerait à vivre dans ses caves pourrait très bien et sans grand péril supporter un mois de bombardement à toute volée (Goncourt, Journal, 1871, p. 731).
DÉFENSE. Tirer une bouche à feu à toute volée. ,,La tirer en la pointant sous un angle d'environ 40 , ou tel que la pièce porte le plus loin possible`` (Bonn.-Paris 1859).
P. anal., MINES ET CARR. Mise à feu simultanée d'un ensemble de trous de mine. Le tirage des mines était fait par volées au moyen d'amorces électriques (Chalon, Explosifs mod., 1911, p. 653).
c) Mouvement d'un objet qui, après avoir été lancé ou mis en action, n'a pas encore touché le sol ou atteint le terme de sa trajectoire; mouvement d'une arme, d'un outil qui, sans quitter la main de l'homme, est projeté dans l'air avec vivacité. Synon. vol (v. vol1B 4).On l'entendait bien [l'herbe], résistante et sifflante à cette heure sous la faux, dont la volée allait et revenait, continuellement, au bout de ses bras nus (Zola, Terre, 1887, p. 134). L'averse déchaîna les fraîcheurs glaciales de son déluge comme la volée brutale d'une poignée de cailloux, et la forêt répondit de tout le rebondissement métallique de ses feuilles (Gracq, Argol, 1938, p. 34).
P. métaph. ou au fig. [Les jeux sauvages] encombraient la messe du Confiteor à l'Épître, s'interrompaient à l'Évangile, lâchaient une nouvelle volée après le sermon pour enfants (Malègue, Augustin, t. 1, 1933, p. 67).
Loc. À la volée, à toute volée. D'un mouvement puissant et ample. L'agent l'a giflé à toute volée d'une claque épaisse et lourde, en pleine joue (Camus, Étranger, 1942, p. 1149).
Au fig. Sans réfléchir, de manière inconsidérée. Il ne sait ce qu'il dit, il parle à la volée (Ac. 1798-1935).
AGRIC., HORTIC. En jetant les semences ou les graines par poignées ou par pincées, d'un mouvement large et régulier (p. oppos. à en lignes, en poquets). On les sème, soit en sillons gland à gland (...), soit à la volée comme du blé, très largement, si l'on a pu recueillir assez de graines, si l'on ose se permettre un peu de la débauche de germes de la nature (Pesquidoux, Livre raison, 1928, p. 31).
ARTS DU FEU. Cuisson à la volée. ,,Cuisson faite en construisant un four avec les briques elles-mêmes`` (Peyroux Techn. Métiers 1985). La cuisson en plein air dite à la volée ou en tas s'applique à la préparation des briques communes (Ser, Phys. industr., 1890, p. 550).
INFORM. Enchaînement à la volée. Enchaînement réalisé sans montage au cours d'un enregistrement, à un instant précis de la lecture d'une bande magnétique, en manipulant les écarteurs de bande présents sur le dispositif de lecture (d'apr. Radio 1972).
MÉTALL. Trempe à la volée. Trempe d'une pièce de fer ou d'acier effectuée de manière isolée (d'apr. Jossier 1881).
À la grande volée (rare). Chaque fois que je m'avançais entre les tentures pour jeter un nom à la grande volée, je voyais les lustres des salons tourner en rond avec des centaines de milliers de lumières papillotantes (A. Daudet, Nabab, 1977, p. 27).
Loc. adj. ou adv. De volée. En faisant usage de rapidité et de violence dans l'exécution d'un mouvement. Il avait jeté de volée [son programme roulé en boule], avec toute sa force, en cherchant à toucher et à faire mal [au matador maladroit] (Montherl., Bestiaires, 1926, p. 386).
(Tout) d'une (seule) volée. [Appliqué à un objet se déplaçant sur lui-même et faisant penser à l'envol des oiseaux dans les airs] Il regardait en l'air filer les câbles, plus de trente mètres de ruban d'acier, qui montaient d'une volée dans le beffroi (...) pour descendre à pic dans le puits s'attacher aux cages d'extraction (Zola, Germinal, 1885, p. 1152).
d) SPORTS
α) JEU DE PAUME notamment. Prendre une balle, un coup entre bond et volée. ,,Prendre la balle dans le moment qu'elle est près de s'élever après avoir touché à terre`` (Ac. 1798-1935).
Au fig., rare. Attraper une faveur, une grâce entre bond et volée, l'obtenir tant de bond que de volée. ,,L'obtenir en saisissant une conjoncture heureuse`` (Ac. 1798-1878). Faire une chose tant de bond que de volée. ,,La faire comme on peut, de façon ou d'autre`` (Ac. 1798-1878). [P. réf. à cette loc.] Ne pas prendre la volée pour le bond. Autrefois, dès que j'étais seul, je rêvais à des Napoléonades de passions. J'ai fait mon compte. Je suis moins naïf. J'ai appris à mes dépens qu'il ne faut pas prendre la volée pour le bond (Giono, Chron., Noé, 1947, p. 140).
Loc. [Aux jeux de balle et de ballon] De volée, à la volée. Avant que la balle ne touche terre, sans qu'elle touche terre. Reprendre une balle de volée; tirer de volée. Lando reçut le ballon [de rugby] de volée en pleine course (Abellio, Pacifiques, 1946, p. 204).Reprise de volée. V. reprise1.
β) P. méton. (notamment au jeu de paume, au footb., au tennis). Coup frappé sur la balle en mouvement dans l'air. La volée et la demi-volée peuvent être très variées dans leur réalisation, elles peuvent rechercher force, précision, vitesse, avoir des trajectoires tendues, arrondies (J. Mercier, Footb., 1966, p. 47).V. passing-shot ex. de Jeux et sports.
Avoir la volée bonne, la volée sûre. Être fort adroit à prendre la balle de volée et à la placer (d'apr. Ac. 1798-1878).
γ) ATHL. Mouvement par lequel l'haltère est amené d'un seul temps au-dessus de la tête, au bout de l'un ou des deux bras tendus à la verticale. Rigoulot a battu son 55erecord mondial en réussissant 99,500 kg à la volée à droite (L'Auto, 22 févr. 1932ds Petiot 1982).
δ) GYMN. Travail de barre fixe. La grande volée (grands tours avant et arrière) prendra place dans ce travail d'ensemble. Les passages de lune en soleil ou de soleil en lune nécessitent des tours de volée très réguliers (Piard, Agrès Masculins, 1968ds Petiot 1982).
ε) TIR À L'ARC. Action de lancer des flèches à la suite l'une de l'autre, sur une trajectoire déterminée; groupe de flèches tirées ensemble. Chaque archer tire ses flèches par volées de trois (Tous les sports, 1970ds Petiot 1982).
e) Mouvement de rotation ou d'oscillation accompli par un objet autour d'un axe dont la position est fixe dans l'espace.
α) Rotation complète d'une aile de moulin à vent. À grands coups d'ailes affolées, En leurs toujours folles volées, Les moulins fous fauchent le vent (Verhaeren, Camp. halluc., 1893, p. 33).
β) TECHNOL. Vitesse maximale à laquelle tourne une machine-outil. Veut-on les grandes vitesses [dans un tour]? On débraie le harnais et on relie par un boulon le cône de poulies à la roue dentée solidaire du plateau: on tourne à la volée (Gorgeu, Machines-outils, 1928, p. 97).Marche, vitesse à la volée. ,,Marche d'un tour dont la broche, donnant le mouvement de rotation, est entraînée directement par la poulie de commande, sans passer par l'intermédiaire d'un harnais`` (Lar. encyclop.).
γ) Branle donné à une cloche; son produit par cette mise en branle; projection dans l'espace de ce son et, p. anal., d'un son émis par une autre réalité sonore. Synon. vol (v. vol1B 4).La Pèlerine, la cloche de Sainte-Anne de Sorel, s'évertuait à sonner: envoie une bordée de sons au Chenal du Moine (...), porte une volée à l'Île de Grâce, une dernière branlée au nord, puis tinte (Guèvremont, Survenant, 1945, p. 90).
Loc. À la volée, à toute volée ; plus rare, à grande, à pleine volée . Avec le maximum d'intensité sonore provoquée, dans le cas d'une cloche, par le branle le plus puissant possible. Sonner les cloches à la volée; les cloches sonnent à toute volée. Les cloches sonnaient à pleine volée, c'était la fin de l'office (Erckm.-Chatr., Ami Fritz, 1864, p. 178).De proche en proche, tous sonnaient à la fois, lorsque Gaude, le clairon de la compagnie, se décida, à toute volée des notes sonores (Zola, Débâcle, 1892, p. 8).
P. métaph. Des campanules couraient, lançant leurs cloches bleues à toute volée, jusqu'au haut de grands asphodèles, dont la tige d'or leur servait de clocher (Zola, Faute Abbé Mouret, 1875, p. 1349).
f) Série de coups rapprochés appliqués soit à un être animé avec ou sans l'aide d'un objet, soit à un objet fabriqué à l'aide d'un outil.
α) Fam. Série de coups appliqués à une personne, à un animal. Volée de coups (de bâton, de canne). Ils n'étaient pas en bas qu'ils se sentaient frappés à la tête, qu'ils chancelaient sous une volée de coups de poing (Genevoix, Raboliot, 1925, p. 271).
Volée de bois vert. Pour finir l'anecdote, je promis à ce drôle, insolent comme un noble, une volée de bois vert, châtiment approprié à un maroufle de sa sorte (Gautier, Fracasse, 1863, p. 228).Au fig. Volée de bois vert. Série de critiques acerbes et violentes adressées à une personne. Les articles de Nachette n'étaient (...) que volées de bois vert distribuées (...) aux réputations naissantes (Goncourt, Ch. Demailly, 1860, p. 237).
[Sans compl.] Administrer une volée; recevoir une volée. Pour la première fois, chez les Coupeau, on se flanqua une volée en règle, on se tapa même si dur, qu'un vieux parapluie et le balai furent cassés (Zola, Assommoir, 1877, p. 700).
Au fig. Série de qualificatifs adressés à une personne pour porter atteinte à sa dignité. Le corps de la marine s'y trouve précisément opposé [à Thionville] aux volontaires nationaux de Brest: ils se reconnaissent, et Dieu sait la volée d'épithètes et d'injures qui sont aussitôt échangées (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 952).
β) Série de coups appliqués à l'aide d'un marteau à une pièce de métal dans le but de la travailler; distance qui dans le mouvement de frappe exercé par un marteau, se trouve entre son point le plus élevé et la table de l'enclume (d'apr. Jossier 1881). Il prit sa distance, lança le marteau de haut, à grandes volées régulières. Il avait le jeu classique, correct, balancé et souple (Zola, Assommoir, 1877, p. 533).
BÂTIMENT
Série de coups appliqués à la tête d'un pieu pour l'enfoncer, suivie d'un temps de repos. (Ds Jossier 1881).
,,Hauteur à laquelle on élève le mouton d'une sonnette dans le battage des pieux`` (Chabat t. 2 1876).
,,Action simultanée de plusieurs hommes qui, rangés de front, battent un terrain pour le consolider et l'aplanir`` (Jossier 1881).
g) TECHNOL. [À propos d'un objet permettant ou transmettant un mouvement]
Partie d'un canon comprise entre les tourillons et la bouche. Les canons paragrêles sont formés d'une volée tronconique et d'une culasse dans laquelle on peut percuter des cartouches à blanc (Ballu, Mach. agric., 1933, p. 279).
Partie le plus souvent inclinée d'une grue sur laquelle est fixée la poulie recevant le câble ou la chaîne; mouvement de rotation effectué par cette partie. Synon. flèche1.Un grand fourgon-limousine (...) faisait de la marche arrière pour se mettre sous la perpendiculaire de la grue à volée fixe avant du Massilia qui pivotait en l'air, un cercueil pendant à son crochet (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 52).
[Dans un pont mobile] Partie qui se baisse ou se ferme et qui surplombe, lorsque ce pont est abaissé ou fermé. Lorsque le pont est en service, le piston est abaissé et le pont repose sur trois appuis placés l'un sous la culasse, le second sous la volée et le dernier sur l'arête du bajoyer près du pivot (Bourde, Trav. publ., 1929, p. 307).
5. TECHNOL. [Corresp. à voler1I A 3, I B 5 et I C 3; à propos d'un objet permettant ou transmettant un mouvement] Pièce de bois de traverse attachée au timon d'un carrosse, d'un chariot, d'un fourgon, etc., à laquelle on attelle les chevaux assurant la traction de ces différents véhicules. [La moissonneuse-javeleuse] est complétée par un timon avec une volée pour l'attelage à deux chevaux (Passelègue, Mach. agric., 1930, p. 216).
Chevaux de volée. Chevaux qui sont attelés en avant des brancards d'un véhicule hippomobile. Celui que je trouverai rebelle, Je lui mettrai un bon joug. Et ce ne sera pas le poulain de volée Qu'on nourrit avec de l'orge; la faim qui fait mauvais ménage avec la colère le rendra souple (Claudel, Agamemnon, 1896, p. 911).
6. [Corresp. à voler1I C 3] Partie droite ou courbe d'un escalier, comprise entre deux paliers qui se succèdent. [L. de Vinci] a bâti des donjons où quatre volées d'escaliers, indépendantes autour du même axe, séparaient les mercenaires de leurs chefs, les troupes de soldats à gages les unes des autres (Valéry, Variété [I], 1924, p. 252).
C. − [À propos d'une pers., d'un de ses attributs ou d'un être assimilé à une pers.]
1. [Corresp. à voler1I C 1]
a) Mouvement rapide du corps humain ou d'un membre, effectué sans arrêt. Ce grand corps, un peu gauche au repos, réussissait infatigablement les rétablissements les plus durs, les grandes volées (...), les ascensions lentes aux cordes lisses (Malègue, Augustin, t. 1, 1933, p. 165).
Prendre sa volée. Se lancer dans l'espace pour s'y mouvoir à l'aide de ses ailes. De temps à autre, parmi les guirlandes de fleurs (...), on aperçoit la face ailée d'un jeune séraphin de mosaïque, qui (...) semble se disposer à prendre sa volée sous les voûtes arrondies de la nef (Sand, Lélia, 1839, p. 448).
Loc. À toute volée. En faisant plein usage de l'aptitude à se déplacer dans l'air comme un oiseau. Nous avons tous frémi en contemplant la jolie Pinito del Oro ou l'extraordinaire Lothar défiant les lois de l'équilibre en se balançant à toute volée, la tête sur le trapèze (Hist. spect., 1965, p. 1534).
LUTTE GRÉCO-ROMAINE. Tour de bras à la volée. −Sur « tirade » (...), engager le bras droit ou gauche de l'adversaire par dessus l'épaule correspondante (...), s'agenouiller devant soi, genoux réunis et faire passer l'adversaire par dessus la tête (R. Vuillemin, Éduc. phys., 1941, p. 175).
b) P. métaph. ou au fig.
α) Impulsion, mouvement hardi et rapide que se donne une faculté, un sentiment; manière dont une personne conduit sa vie. Synon. élan2.Il fallut quelque temps à un hibou de mon espèce pour s'accoutumer à la cage d'un collège et régler sa volée au son d'une cloche (Chateaubr., Mém., t. 1, 1848, p. 67).[Un grand rire] faisait lever en elle toute une volée d'émoi (Guèvremont, Survenant, 1945, p. 38).
Loc., rare. À toute volée. En donnant un complet essor à une faculté intellectuelle, à un sentiment déterminé. Il jeta une nouvelle brassée de bois, dans la cheminée, et il repartit à toute volée dans ses rêves (Huysmans, À rebours, 1884, p. 93).
β) Niveau social, intellectuel ou moral auquel se situe une personne ou qui caractérise une chose. Synon. condition, envergure, position, rang, vol (v. vol1C 1).Si M. Tancogne n'avait point partie liée avec lui, est-ce qu'il garderait sur vos terres un destructeur d'une pareille volée? (Genevoix, Raboliot, 1925, p. 189).
De (la/la plus) haute volée. Elle reçoit (...) les d'Sherbatoff, les d'Forcheville, et tutti quanti, des gens de la plus haute volée, toute la noblesse de France et de Navarre (Proust, Sodome, 1922, p. 881).Convié un jour à une bénédiction nuptiale de haute volée à l'église Saint-Honoré d'Eylau, un ami à moi (...) se rendit à l'heure dite place Victor-Hugo pour présenter ses vœux aux jeunes époux (Fargue, Piéton Paris, 1939, p. 71).
Plus rare. De petite/première volée. V. fragmentier rem. 1 s.v. fragment ex. de Verlaine.
2. [Corresp. à voler1I C 3]
a) Action de se déplacer sur le sol avec une grande rapidité. Sa lampe s'éteignit.Sauve qui peut! cria-t-il. Une volée délirante suivit. On sautait les parterres (Estaunié, Empreinte, 1896, p. 105).
Prendre sa/la volée
[Le suj. désigne une pers.] Prendre un départ rapide et souvent imaginé. Au premier malheur, les amis prennent leur volée (Nouv. Lar. ill., Lar. 20e). S'affranchir d'une contrainte, d'une tutelle. Ce fut le temps où M. Robert prit sa volée. Il se croyait chef de partisans et rêvait du soulèvement de deux ou trois provinces (Pourrat, Gaspard, 1925, p. 134).
[Le suj. désigne une réalité hum.] Se donner libre cours. Les pieux discours Qui prennent la volée au déclin des beaux jours (M. de Guérin, Poés., 1839, p. 108).
Donner la volée à qqn/qqc. Accorder pleine liberté à une personne, donner libre cours à une chose. Mais soudain, lady Falkland, d'un geste de la main, donne la volée à son souci. Et je revois (...) le sourire enfantin qui n'efface pas tout à fait le pli triste de la bouche (Farrère, Homme qui assass., 1907, p. 211).
Loc. À la volée; plus rare, à la grande volée
Au passage, sur le moment. M. Degas (...) les pique [les danseuses], toutes vives, devant la rampe, les attrape à la volée pendant qu'elles bondissent ou font la révérence des deux côtés (Huysmans, Art mod., 1883, p. 134).
À grande vitesse. Il avait suffi d'une jolie ligne de corps (...) pour que de très bonne foi j'y eusse ajouté quelque ravissante épaule, quelque regard délicieux (...) ces déchiffrages rapides d'un être qu'on voit à la volée nous exposant ainsi aux mêmes erreurs que ces lectures trop rapides où (...) on met à la place du mot qui est écrit, un tout différent que nous fournit notre mémoire (Proust, J. filles en fleurs, 1918, p. 797).
DANSE, loc. adj. De volée. En se lançant d'un point de la scène à l'autre pour retomber au sol sur un pied ou sur les deux, selon les pas qu'il faut exécuter (d'apr. Reyna 1967). La variation du danseur, faite pour la vigueur masculine, comprend de grands jetés avec battements, de hauts entrechats droits, de larges entrechats de volée en diagonale (Arts et litt., 1935, p. 46-4).
b) Groupe de personnes qui sont d'un âge identique, de la même condition, qui exercent la même activité ou la même profession. Synon. essaim.Une magnifique volée de danseuses anglaises, des milliers de muscles agités et précis (Céline, Voyage, 1932, p. 438).
REM. 1.
Demi-volée, subst. fém.,sports (jeux de balle, de ballon). ,,Balle frappée dès le contact avec le sol, tout au début du rebond`` (Petiot 1982).
2.
Volleyeur, -euse, subst.,tennis. [Corresp. à supra B 4 d] Joueur, joueuse spécialiste de la volée. Le destin (...) changeait de favori [à Roland Garros] toutes les quinze minutes pour s'arrêter enfin sur une volée de Mac [Enroe] le fantastique volleyeur (Le Figaro thématique, 22 mai 1986, p. 14).
Prononc. et Orth.: [vɔle]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. « Fait de voler » A. action de voler 1. a) ca 1135 de volee « en volant » (Couronnement Louis, éd. Y. G. Lepage, réd. AB, 1079: Par le pertuis i passast de volee Uns esperviers); fin xiies. (Gui de Cambrai, Vengement Alixandre, éd. B. Edwards, 1558: faucons a volee); 1205-50 (Renart, éd. E. Martin, branche 13, 863, t. 2, p. 67: venir voit Une cornaille a la volee); b) α) ca 1202 p. ext. à la volée « comme en volant, rapidement » (ibid., branche 16, 224, t. 2, p. 161: un saut a fet a la volee); β) ca 1270 à la volée « trop rapidement et sans réfléchir, à la légère » (Adam de La Halle, Jeux partis, éd. L. Nicod, VII, 25, p. 74: Vous parlés a le volee); 2. expr. a) xiiies. [var. ms.] se mettre à la volée « prendre son essor » (Renart, branche 11, 1574, t. 3, p. 395: [l'épervier] se mist a la volee); b) α) 1erquart xiiies. prendre sa volée (Le Saint-Graal, éd. E. Hucher, t. 2, p. 389: si prend [la mère as oisiaus] sa volée); 1349 (Guillaume de Machaut, Dit de l'alérion, éd. E. Hoepffner, t. 2, p. 279, 1131: prendre haut et bas sa volée); β) déb. xives. fig. prendre sa volée (Ovide moralisé, éd. C. de Boer, II, 4209, t. 1, p. 261: Si pristrent [les docteurs de l'Église] en l'air lor volee); 1559 (Ronsard, Œuvres compl., éd. P. Laumonier, t. 9, p. 184: Pomonne a pris autre part sa volée); 1572 (Amyot, Œuvres morales, Comment il fault lire les poetes, t. 1, fo10 vo: L'ame prenant hors du corps sa volee); 1835 « s'affranchir d'une tutelle, d'une contrainte » (Ac.: il a pris la volée); c) α) 1762 fig. donner la volée à qqn « donner pleine liberté à quelqu'un » (Favart, Les Trois sultanes ou Soliman II, éd. 1809, p. 279: aux femmes du sérail je donne la volée); 1877 donner la volée à qqc. (Hugo, Légende, t. 5, p. 1141: Paul assemblait des sons, leur donnait la volée); β) 1848 donner la volée (à un oiseau) « le libérer » (Chateaubr., Mém., t. 2, p. 495); 3. 1454 volée d'acée « vol de bécasses », fig. « l'heure du vol, le crépuscule » (Arch. nat. JJ 191, pièce 35 ds Gdf. Compl.: entre volee d'acee et jour couchié); repris ds Ac. 1842: volée d'assée [...] le soir, l'instant où passent les bécasses. B. 1erquart xiiies. « distance qu'un oiseau peut parcourir en l'air sans avoir besoin de se poser » (Reclus de Molliens, Miserere, éd. A. G. van Hamel, p. 147: Ne puet faire haute volée Oisiaus ki a une ele vole); 1690 tout d'une volée (Fur.). C. Groupe d'oiseaux 1. a) [1347 sens incertain « nichée »? ([Arch. nat. JJ] 79, 13 ds Du Cange, s.v. tria: une voulée ou Trie de coulons par dessus une estable)] 1376 « bande d'oiseaux qui volent ensemble » (Modus et Ratio, éd. G. Tilander, § 127, 7: une grant volee de perdris); b) 1559 expr. (Amyot, Vies des hommes illustres, Demetrius, Paris, fo620 ro: une volee de petits oyseaux); 1857 (Sand, Beaux MM. Bois-Doré, t. 1, p. 18: une bande de bohémiens [...] se releva comme une volée de moineaux); c) 1611 « oiseaux d'une même couvée » (Cotgr.); 1680 (Rich.: de toutes les volées de pigeons, la meilleure est celle de Mars); 2. a) ca 1570 p. ext. « groupe de personnes de même âge, de même mérite, qualité, rang » (Carloix, Mémoires, I, 19 ds Littré: jeunes seigneurs [...] tous d'une volée et courants une mesme fortune); 1575 (Thevet, Cosmographie universelle, VII, 4, fo208 vo: Esope [...] estoit de la vollee du grand Anacharse); 1638 (Chapelain, Lettres, éd. Ph. Tamizey de Larroque, t. 1, p. 230: les éloquens de sa volée); b) av. 1615 spéc. en parlant d'avocats (Pasquier, Lettres, VII, 10 ds Hug.: les grands advocats de sa volée); c) 1666 expr. de la haute volée (Furetière, Roman bourgeois ds Les Romanciers du XVIIes., éd. Pléiade, p. 904: quelques gens de la plus haute vollée); 1830 de haute volée (Balzac, Ét. femme, p. 384: les gens de haute et petite volée); 1840 « de grande envergure » (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 1, p. 315: ces ambitieux de haute volée); 3. 1848 fig. en parlant d'idées, de pensées, etc. (Flaub., Corresp., p. 85: une volée de souvenirs). II. « Mouvement rapide » A. en parlant de projectiles, d'objets que l'on jette ou que l'on envoie 1. a) α) 1erquart xiiies. à la volée « dans toutes les directions » (Reclus de Molliens, Carité, éd. A. G. van Hamel, p. 85: S'ele ne gete a le volée Se ricoise [ses richesses] puer come sage); 1306 (Joinville, Vie de St Louis, éd. N. L. Corbett, p. 136: ces huit Sarrazins traioient a la volee parmi nostre ost); 1718 (Ac.: un canon tiré à toute volée peut aller jusques-là); β) 1808 agric. semer à la volée (De Guignes, Voyages à Peking, Manille et l'Île de France, t. 3, p. 332 et p. 352); b) α) 1555 « ensemble de projectiles lancés en même temps » (Du Villars, Mém., VI ds Gdf. Compl.: ayant enduré deux cens vollees); 1567 (Négociations de la France dans le Levant, éd. E. Charrière, t. 3, p. 11, note: quelques vollées d'artillerie); β) 1911 mines et carr. « ensemble des trous de mine mis à feu simultanément » (Chalon, Explosifs mod., p. 503: tirer en une seule volée un grand nombre de mines); c) 1559 « mouvement, portée d'un projectile » (Amyot, op. cit., Pompeius, fo461 vo: ilz estoient encore hors la volee du traict); 2. a) α) 1454 jeux, p. oppos. à bond « mouvement d'un objet (balle, ballon, etc.) qui a été lancé et n'a pas encore touché terre » (Pierre Chastellain, Le Temps recouvré, 762 ds Œuvres, éd. R. Deschaux, p. 69: De sault, de bont ou de volee); 1462 ici au fig. (Villon, Testament, éd. J. Rychner et A. Henry, 617-618: Or ont ces folz amans le bont Et les dames prins la vollee); 1898 tennis demi-volée (Vie au Grand Air, mai ds Petiot 1982, s.v. demi-volée); β) 1571 de volée (Vivès, Leges Ludi, trad. Lyon, ibid.: L'esteuf est renvoyé ou prins de volée ou du premier bond); 1606 (Nicot, s.v. chace: rebattre [la paulme] de volée); 1690 à la volée (Fur.: prendre la balle à la volée); b) ca 1490 expr. tant de bond que volée « d'une façon ou d'une autre » (Octovien de Saint-Gelais, Le Séjour d'honneur, éd. J. A. James, 3315: tant de bont que vollée); 1557 fut de bond ou volée (F. Julyot, 1repart., 14, 7eÉlégie ds Hug., s.v. bond); 1558 que de bond, que de vollée (B. Des Périers, Nouvelles récréations et joyeux devis, éd. K. Kasprzyk, nouv. 45, p. 187); 1618 autant de bond comme de volée (Le Tocsin des filles d'amour ds Variétés hist. et littér., t. 2, p. 265); 1690 tant de bon [sic] que de volée (Fur.); fin xvies. soit au bond, soit à la volée (Brantôme, M. de La Noue ds Œuvres compl., éd. L. Lalanne, t. 7, p. 265). B. 1. a) 1220-40 de volée « d'un mouvement rapide et violent » (Lancelot, éd. A. Micha, t. 5, p. 229: li cox (= le coup d'épée) fu granz et vint de volee); b) 1873 à toute volée (Zola, Ventre Paris, p. 877: la Normande, à toute volée, donna un soufflet à Claire); 1887 à la volée (Id., Terre, p. 449: Lise, à la volée, répondit par une gifle); c) 1880 à toute volée (Id., Nana, p. 1286: refermant la porte à toute volée); 1882 à la volée (Id., Pot-Bouille, p. 222: il referma la porte à la volée); 2. a) fin xives. à volée « d'un mouvement ample, avec force (en parlant d'une cloche qui sonne) » (Froissart, Chroniques, éd. S. Luce, t. 1, p. 195: fist sonner les cloches ou berfroi à volée); 1762 sonner à toute volée (Ac.); b) 1690 « son d'un cloche mise en branle » (Fur.); 3. a) 1680 « les volants d'un moulin à vent » (Rich., p. 86, rem.); b) 1832 « mouvement des ailes d'un moulin à vent » (Raymond: le vent les fait aller à Grande volée); 4. 1812 métall. trempe à volée (Mozin-Biber, s.v. trempe); 1872 trempe à la volée (Littré); 5. 1828 pot., mécan. (Bastenaire, Daudenart, Art fabr. faïence..., p. 476: la roue de volée est celle que le tourneur frappe en glissant avec son pied pour faire mouvoir son tour); 1928 (Gorgeu, Machines-outils, p. 97: on débraie le harnais [...] on tourne à la volée); 6. a) 1879 gymn. (E. de Goncourt, Zemganno, p. 52: ses mains, au milieu de la volée de son corps, quittant tour à tour la barre [du trapèze]); 1968 grande volée « grand tour, à la barre fixe » (Piard, Agrès Masculins ds Petiot 1982); b) 1892 athl. (L'Écho des Sports, 17 déc., ibid.: enlevant [l'haltère] « à la volée »); 1948 (Mémo-Sport, ibid.: la volée et le dévissé). III. « Série de coups » A. 1. a) av. 1660 volée de coups de bâton (Scarron, s. réf. ds Rich. 1680); 1791 absol. volée « suite de coups rapprochés; raclée » (La Légende dorée, no3, 26 févr., p. 39 ds Quem. DDL t. 32); b) 1823 au fig. « série d'invectives » (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, p. 952); 2. a) 1784 volée de bois vert (Beaumarchais, Mariage de Figaro, I, 1 ds Théâtre, éd. M. Allem, p. 268); b) 1860 fig. (Goncourt, Ch. Demailly, p. 237). B. 1765 technol. « série de coups de mouton, de marteau, etc. » (Encyclop. t. 12, p. 608a: par volée de 25 à 30 coups [de mouton sur un pilot]); 1783 (Buffon, Hist. min., Introd., t. VIII, p. 18 ds Littré: quatre volées de coups de marteau). IV. « Divers objets ou appareils » 1. 1321 « appareil de suspension de la cloche » (Marché pour la construction de l'hôpital d'Hesdin, Arch. du Pas-de-Calais, A 394 ds J. M. Richard, Mahaut Comtesse d'Artois, p. 400: une volée pour pendre un cloke); 2. 1389-92 « partie qui se ferme ou se baisse dans un pont mobile » (Comptes de Nevers, CC1, fo17 ro, Arch. de Nevers ds Gdf. Compl.: la volee du pont leveiz); 3. 1428 « pièce transversale à l'avant du train d'une voiture » (Compte d'ouvrages, 6eSomme de mises, Arch. de Tournai, ibid.: .III. vollees et les trevesieres); 1669 chevaux de volée, volée de carrosse (Widerhold Fr.-all.); 4. 1431 « partie d'un canon qui se trouve entre la bouche et les tourillons » (J. Garnier, L'Artillerie des Ducs de Bourgogne, p. 70: la volée d'icelle bombarde); 5. 1450 « barre de cabestan » (Arch. nat. JJ 184, pièce 46 ds Du Cange, s.v. volatus1et Gdf. Compl.: la volée du windas); 1701 « partie d'une grue sur laquelle est fixée la poulie qui reçoit le câble de levage » (Fur.: le gruau a plus de volée que l'engin, et la gruë plus de volée que le gruau, à cause de la plus grande longueur de leur bec); 1757 (Encyclop. t. 7, p. 971a: la volée qui est la partie mouvante du gruau); 6. 1751 mines et carr. banc de volée (Encyclop., s.v. banc); 7. 1872 archit. « partie d'un escalier comprise entre deux paliers successifs » (Littré); 1876 « partie d'un escalier qui se projette horizontalement en ligne droite » (Chabat t. 2). Part. passé fém. subst. de voler1*. Fréq. abs. littér.: 682. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 583, b) 1 309; xxes.: a) 1 519, b) 782. Bbg. Archit. 1972, p. 38, 234. − Deutschman (O.). L'Empl. de noms d'action désignant d'abord une volée de coups... R. Ling. rom. 1937, t. 13, pp. 387-420. − Quem. DDL t. 9, 10, 32.

Wiktionnaire

Nom commun

volée \vɔ.le\ féminin

  1. Action de voler, vol, envol, en parlant des oiseaux et de certains animaux comme les insectes.
    • On dit que les hirondelles traversent quelquefois la méditerranée tout d’une volée.
    • De la première volée. Il a pris sa volée.
    • Il y a des oiseaux qui traversent de très grandes distances d’une seule volée.
    • Et, cette fois, reprit le plus grand, ce sera pour rien qu’ils auront tous la volée. — (Jules Verne, P’tit Bonhomme, ch. 2-9, J. Hetzel et Cie, Paris, Illustrations par Léon Benett, 1891)
  2. (Nom collectif) (Par extension) Bande d’oiseaux qui volent ensemble.
    • Les volées de mouettes suivent sur les mers les colonnes de harengs qu’elles décèlent aux pêcheurs. — (François de Salignac de La Mothe-Fénelon, Démonstration de l’existence de Dieu, 1712, édition 1811)
  3. (Nom collectif) Ensemble des couvées du même mois, en parlant des pigeons,
    • La volée de mars, la volée d’août.
  4. (Nom collectif) (Figuré) (Familier) Gens qui sont de même âge, de même profession, de même condition, et surtout des jeunes gens.
    • Il sortit du collège une volée de jeunes écoliers.
    • Dans ce temps-là il y avait une volée de beaux esprits, d’excellents poètes.
  5. (Figuré) Élévation.
  6. (Figuré) Rang, qualité.
    • C’est de la haute volée.
  7. (Par métonymie) (Militaire) Partie d'une pièce d’artillerie comprise entre les tourillons et la bouche.
  8. (Par analogie) Branle des cloches.
    • Tout autour régnait une espèce de cloître ouvert, dans lequel était suspendue une cloche d’une forte dimension qu’on fait sonner en agitant le battant avec une corde, au lieu de donner la volée à l’énorme capsule de métal. — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, Charpentier, 1859)
    • Il se coucha un peu après minuit et fut éveillé de quelque lugubre rêve, aux premières heures du lundi matin, par un tintamarre de marteaux de porte, de pas précipités dans la rue, de tambour éloigné et de volée de cloches. — (Herbert George Wells, La Guerre des mondes - I - 14, 1898, Mercure de France, 1899-1900, traduction Henry-David Davray)
  9. (Par analogie) (Familier) Ensemble de coups nombreux et consécutifs.
    • Mais au cimetière une volée d’obus s'écrase sur le groupe, fend les pierres tombales, et fait surgir du sol de sèches gerbes d'ossements. — (Marguerite Baulu, La Bataille de l'Yser, Paris, Perrin & Cie, 1918, page 121)
    • Les habitants de l’île, qui ont abattu d’une volée de flèches un missionnaire américain ce mois-ci, sont le dernier peuple isolé de l’archipel indien d’Andaman. — (Allan Kaval, North Sentinel : derrière la mort d’un missionnaire, une longue histoire de résistance, Le Monde. Mis en ligne le 30 novembre 2018)
  10. (Par extension) Raclée ; coups portés à mains nues.
    • D’ailleurs qui n’a été battu ? […]. A une heure près, je savais quelles volées m’attendaient. Je ne m’y dérobais point, […]. — (Francis Carco, Maman Petitdoigt, La Revue de Paris, 1920)
  11. (En particulier) (Militaire) Décharge, en parlant de plusieurs canons qui tirent en même temps.
    • La muraille fut abattue d’une volée de canon.
    • En moins d'une heure, les canons lancent 140 volées de boulets. — (Jacques Lacoursière, Histoire populaire du Québec, volume 1, « Des origines à 1791 », 2013, page 243)
  12. (Par extension) Groupe de trous de mines mis à feu en même temps.
  13. Pièce de bois transversale fixée soit à l’avant d’une voiture, soit à l’extrémité d’un timon pour y attacher les traits des chevaux de second rang.
    • Tandis que d'un bond, le vieil homme libérait le cheval de volée / avec son poignard, les chevaux rapides d'Hector / remontaient la cohue en portant leur cocher courageux. — (« Iliade » de Pierre Judet de La Combe dans Tout Homère, d'Hélène Monsacré (dir.), Éditions Les Belles Lettres, 2019)
  14. (Vieilli) Planches en travers de la roue d’une usine, qui entrent dans l’eau.
  15. (Sport) (Tennis) Mouvement d’une balle ou d’un ballon depuis le moment où ils sont lancés jusqu’à celui où ils touchent le sol, au tennis, jeu de paume ou jeux de ballon.
    • Il gâcha la première sur une volée trop longue et perdit la deuxième sur un passing de Becker qui, heurtant la bande du filet, prit une trajectoire inattendue et passa au-dessus de la raquette de son malheureux adversaire. — (« A star is not born » dans Les Miscellanées du tennis, de David Brunat, Éditions Fetjaine, 2011)
    • Il tenta un passing-shot pour contrer Tyler qui était monté au filet, mais il était arrivé trop tard pour contrôler parfaitement son coup. La volée de Tyler fut aussi brutale qu'imparable et laissa son adversaire sur place. — (Nora Roberts, Sous un ciel d'été, traduit de l'anglais, Paris : Éditions Mosaïc, 2016)
    • J'ai tout donné. Je suis allé encore plus loin : j'ai pris son service, cogné, sorti des aces, des volées, des passing-shots, tout l'arsenal. J'ai remporté le troisième set 6-3. Le match m'appartenait ! — (Gustavo Kuerten, Guga: Un Brésilien, une passion française, en collaboration avec Luis Colombini, traduit du portugais par Natália dos Santos Ferreira, Paris : Éditions Talent sport, 2015)
  16. (Architecture) Succession de marches d’un escalier entre deux paliers.
    • La salle capitulaire gothique, […] cœur du pouvoir temporel de l’abbaye jouxte les restes de son cœur spirituel : l’ancienne église à laquelle mène une volée de marches. — (Marie Soyeux, Un détour enchanteur à l’abbaye de Saint-Maurice, Journal La Croix, 1-2 août 2015, page 14)
    • Une volée de marches plus bas, des jeunes traînent entre des immeubles, écoutant de la musique marocaine et fumant des cigarettes. — (Théa Ollivier, Dans le « quartier espagnol » de Tanger, retour à l’enfance de l’art, Le Monde. Mis en ligne le 25 juillet 2019)
    • Le château de Michel Pacha est entouré d’un jardin planté d’essences exotiques et de palmiers, avec escaliers à double volée, exèdres à degrés, kiosque-belvédère en forme de tempietto, volières, serres, nymphées, fontaines et édicules de rocaille à la marseillaise. — (Bernard Toulier, auteur de l’avant-propos de Tamaris entre Orient et Occident de Nathalie Bertrand, 2003, Actes Sud)
    • Dans le centre , il y a plusieurs volées d’escalators à double sens entre les différents niveaux dont un long tapis roulant qui permet l’accès avec un caddie. — (Annie Ernaux, « Regarde les lumières mon amour », Seuil, 2014, page 39)

Forme d’adjectif

volée \vɔ.le\

  1. Féminin singulier de volé.

Forme de verbe

volée \vɔ.le\

  1. Participe passé féminin singulier de voler.
    • La couronne que j’ai volée est sertie de joyaux.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

VOLÉE. n. f.
Action de voler, en parlant des Oiseaux et de certains animaux. Il a pris sa volée. On dit que les hirondelles traversent quelquefois la Méditerranée tout d'une volée. De la première volée. Fig. et fam., Il a pris la volée se dit d'un Jeune homme qui, de bonne heure, s'affranchit de tutelle, de surveillance. On le dit aussi de Personnes qui sont parties inopinément, sans qu'on s'y attendît. Fig. et fam., De haute volée, De haut rang, de qualité, de mérite. C'est une personne de haute volée.

VOLÉE se dit aussi d'une Bande d'oiseaux qui volent ensemble. Une volée de pigeons. Une volée d'étourneaux. Une volée de moineaux. En parlant des Pigeons, La volée de mars, la volée d'août, Les pigeons éclos en mars, en août.

VOLÉE se dit figurément et familièrement, en parlant de Gens qui sont de même âge, de même profession, de même condition, et surtout des jeunes gens. Il sortit du collège une volée de jeunes écoliers. Dans ce temps-là il y avait une volée de beaux esprits, d'excellents poètes. Il se dit encore d'un Ensemble de coups nombreux et consécutifs. Une volée de coups de bâton. Il a reçu une volée. Une volée de canon, La décharge de plusieurs canons faite en même temps. La muraille fut abattue d'une volée de canon.

VOLÉE se dit, en termes de jeu de Paume, de Tennis, de Ballon, du Mouvement d'une balle d'un ballon depuis le moment où ils sont lancés jusqu'à celui où ils touchent le sol. Prendre une balle de tennis à la volée, de volée, jouer de volée, à la volée, Renvoyer, reprendre une balle, un ballon avant qu'ils aient touché terre. Prendre une balle, un coup entre bond et volée. Voyez BOND.

VOLÉE se dit aussi d'une Pièce de bois transversale fixée soit à l'avant d'une voiture, soit à l'extrémité d'un timon pour y attacher les traits des chevaux. Un cheval de volée. En termes d'Artillerie, il se dit de la Partie de la pièce voisine de la bouche.

À LA VOLÉE, loc. adv. et fam. En l'air au passage. Je lui jetai ma bourse, il la saisit à la volée. En termes d'Agriculture, Semer à la volée, Semer en jetant les graines, les semences par poignées sur la terre préparée pour les recevoir.

À LA VOLÉE signifie figurément Très promptement, en profitant du moment favorable. Il parle si vite, qu'il faut saisir ses paroles à la volée. Il est toujours en course, il faut le prendre à la volée. Il signifie encore Inconsidérément. Il fait toutes choses à la volée. Il ne sait ce qu'il dit, il parle à la volée.

À TOUTE VOLÉE, loc. adv. En donnant toute la force possible. Sonner les cloches à toute volée.

Littré (1872-1877)

VOLÉE (vo-lée) s. f.
  • 1L'espace que parcourt un oiseau sans s'arrêter (sens propre, indiqué par la finale qui est celle d'un participe passé). On dit que les hirondelles traversent quelquefois la Méditerranée tout d'une volée. De la première volée. Il a si loin d'ici sa valeur signalée, Que l'aigle pour le suivre a forcé sa volée, Rotrou, Bélis. III, 5.

    Fig. Il [Prévost-Paradol] ne se hâta pas de suivre ses camarades dans leur volée vers les régions profanes, C. Rousset, Disc. à l'Acad. Journ. offic. 3 mai 1872, p. 2962, 3° col.

    Donner la volée à un oiseau, permettre à un oiseau captif de s'envoler.

    Fig. Aux femmes du sérail je donne la volée, Favart, Soliman II, III, 10.

    Prendre sa volée, s'envoler.

    Fig. Prendre sa volée, partir inopinément, sans annoncer son départ.

    Prendre sa volée, se dit aussi d'un jeune homme qui de bonne heure s'affranchit de tutelle et de surveillance.

  • 2 Collectivement. Troupe d'oiseaux qui volent tous ensemble. C'est alors que l'on voit, autour des lieux habités, des volées nombreuses, composées de toutes les espèces de corneilles, se tenant presque toujours à terre pendant le jour, errant pêle-mêle avec nos troupeaux et nos bergers, Buffon, Ois. t. v, p. 63.

    En parlant des pigeons, volée de mars, volée d'août, les pigeons éclos en mars, en août.

    Terme de chasse. Compagnie d'oiseaux éclos d'une même couvée.

  • 3 Fig. Gens qui sont de même âge, de même profession, de même condition ; compagnie de personnes. Au lieu de quatre amis qu'on attendait le soir, Quelquefois de fâcheux arrivent trois volées, Boileau, Épît. VI. On sait que, dans ce temps-là même, une volée de philosophes revenait du cercle polaire, sous lequel ils avaient été faire des observations dont personne ne s'était avisé jusqu'alors, Voltaire, Microm. 4. J'ai lu dans une gazette suisse que vous avez été présenté au roi danois avec une volée de philosophes, tels que les Saurin, les Diderot, les Helvetius, les Duclos, les Marmontel, et que les Ribaudier n'en étaient pas, Voltaire, Lett. à d'Alembert, 12 déc. 1768. Une volée de religieuses autrichiennes qui sont venues vous demander un asile, D'Alembert, Lett. au roi de Prusse, 13 déc. 1782.
  • 4 Fig. Rang, qualité, élévation, mérite. On est au désespoir, on n'a pas un sou, on ne trouve rien à emprunter, les fermiers ne payent point… jouissez du plaisir d'être présentement le seul homme de votre volée qui puisse se vanter d'avoir du pain, Sévigné, à Bussy, 24 avr. 1672. Le frère de Mme de Châtillon avait auprès de M. le Prince le mérite d'avoir suivi sa fortune jusqu'au bout, qu'il partageait avec fort peu de gens de sa volée, Saint-Simon, 16, 189. Je ne doutai pas que ce ne fût une dame de la première volée, Lesage, Guzm. d'Alf. II, 6. Une centaine d'êtres pensants de la première volée sont venus dans nos cantons, Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 13 août 1773. J'avais, au même village de Saint-Brice, le libraire Guérin homme d'esprit, lettré, aimable, et de la haute volée dans son état, Rousseau, Confess. x.
  • 5 Fig. Décharge de plusieurs canons faite en même temps (par comparaison à une volée d'oiseaux). Une volée de notre canon avait failli à tuer ce général [Montecuculli], et rasé le nez de son cheval, qui, s'emportant et se cabrant, fut bien près de le jeter par terre, Pellisson, Lett. hist. t. II, p. 390. Toutes les volées de canon jusques alors avaient passé fort haut par-dessus nos têtes, Pellisson, ib. t. I, p. 97. Une des premières volées du canon moscovite [à Pultawa] emporta les deux chevaux du brancard de Charles [blessé] ; il en fit atteler deux autres ; une seconde volée mit le brancard en pièces et renversa le roi, Voltaire, Charles XII, 4.

    Une volée de canon se dit aussi d'un seul coup de canon. Il eut la tête emportée d'une volée de canon.

  • 6Partie d'un canon ou d'un obusier qui est en avant des tourillons.

    Tirer à toute volée, tirer une pièce sous le plus grand angle qu'on puisse lui donner et avec la plus forte charge de guerre que comporte son calibre.

  • 7Branle des cloches. Sonner une, deux, trois volées. C'était Dieu même qui commandait à l'ange des victoires de lancer les volées qui publiaient nos triomphes, Chateaubriand, Génie, IV, I, 1. Du pieux carillon les légères volées Couraient en bondissant à travers les vallées, Lamartine, Jocelyn, I.

    Sonner à toute volée, mettre les cloches tout à fait en branle.

  • 8Mouvement d'un projectile qui, lancé, n'a pas encore touché la terre. Le canon ne pouvait incommoder les ennemis de volée, mais seulement de bonds, Saint-Simon, 12, 136.

    Au jeu de paume, de balle et de ballon. Jouer de volée, prendre de volée, à la volée, renvoyer la balle avant qu'elle ait touché à terre.

    Cet homme a la volée bonne, la volée sûre, il est adroit à prendre la balle de volée et à la placer.

    Au jeu de paume seulement, donner de volée dans la grille, dans l'ais, donner dans la grille, dans l'ais, sans que la balle touche ni à terre ni au tambour.

    Prendre une balle, prendre un coup entre bond et volée, prendre la balle dans le moment qu'elle est près de s'élever après avoir touché à terre.

    Fig. et familièrement. Obtenir une grâce, une faveur tant de bond que de volée, l'attraper entre bond et volée, l'obtenir en saisissant une conjoncture heureuse.

    Fig. Tant de bond que de volée, d'une façon quelconque, comme on peut. Soit de bond ou de volée, que nous en chaut-il, pourvu que nous prenions la ville de gloire [le paradis], comme dit ce père au même lieu ? Pascal, Prov. IX.

  • 9Mouvement des ailes du moulin à vent.
  • 10Dans le battage d'une pièce, série de coups de mouton se succédant à de courts intervalles, et suivie d'un temps de repos.

    Action de plusieurs hommes rangés de front qui battent un terrain pour l'unir.

    Fig. et familièrement. Une volée de coups de bâton, ou, simplement, une volée, un grand nombre de coups de bâton donnés de suite. On lui a donné une volée. Maillard reçut plusieurs volées de coups de bâton, Retz, III, 332.

  • 11Pièce transversale d'une voiture, à laquelle sont fixés les traits des chevaux. Volée de derrière, celle qui est fixée au devant de la voiture ; volée de devant, celle qui est au bout du timon. Un cheval de volée.

    Dans une diligence, chevaux de volée, ceux qui sont en avant.

  • 12 Terme de métallurgie. Volée d'un marteau, la distance qui se trouve entre son point le plus élevé et l'enclume. Une pièce de fer qui avait reçu quatre volées de coups de marteau et par conséquent toutes les chaudes nécessaires pour être entièrement et parfaitement forgée, Buffon, Hist. min. Introd. t. VIII, p. 18.
  • 13 Terme de construction. Volée d'un escalier, la portion comprise entre deux paliers successifs.
  • 14Dans une carrière, bancs de volée, ceux qui se détachent d'eux-mêmes ou à l'aide de coins, lorsqu'on a sapé le lit inférieur.
  • 15À la volée, loc. adv. En l'air, au passage. Je lui jetai ma bourse, il la saisit à la volée.

    Très promptement, en profitant du moment favorable. Je vous écris dans les moments de repos qu'il faut prendre à la volée, Maintenon, Lett. au duc de Noail. 7 janv. 1701. Autant que j'ai pu juger par quelques mots lâchés à la volée, Rousseau, Conf. II. C'était à qui saisirait le plus vite, et comme à la volée, le moment de placer son mot, son conte, son anecdote, Marmontel, Mém. IV.

    Inconsidérément, à la légère. Monsieur, dans ces matières-là, il faut procéder avecque circonspection, et ne rien faire, comme on dit, à la volée ; d'autant que les fautes qu'on y peut faire sont, selon notre maître Hippocrate, d'une dangereuse conséquence, Molière, Am. méd. II, 5. Quand la volonté, à la volée et sans discussion, se porte à vouloir…, Pascal, Prov. IV.

  • 16 Terme d'agriculture. Semer à la volée, semer en jetant les graines par poignées.
  • 17Trempe à la volée, trempe d'une pièce d'acier, par opposition à trempe en paquet.
  • 18À volée de bonnet, se disait quand une affaire se jugeait tout d'une voix et sans délibérer, les juges ne faisant qu'opiner du bonnet. Cinquante ou soixante voix le désavouèrent d'une volée ; et je crois qu'elles eussent été suivies de beaucoup d'autres, Retz, Mém. t. III, liv. IV, p. 209, dans POUGENS.

HISTORIQUE

XIIIe s. Tantost le faucon deslaça, Les gex lascha sanz demorée, Et il se mist à la volée, Ren. 25932. En tant com il se dementoit, Lieve sa teste et venir voit Une cornaille à la volée, ib. 22841. Sire, dist Buiemons, c'est parole gastée ; Par foi, n'i monteroie pour la tour d'or comblée ; Car jà me reveriés jus cheïr à volée, Ch. d'Ant. VI, 571. Ces huit sarrazins traioient à la volée parmi nostre ost, et blecerent plusieurs de nos gens et de nos chevaus, Joinville, 231. Ne drois ne raisons ne comande C'on doinst le sien si à volée, Baudouin de Condé, t. I, p. 21.

XIVe s. Et mainte trompe y ot à celui jour sonnée, Et maint haut instrument sonné à la volée, Guesclin. 21507. Une grant volée de pertrix, Modus, f° CXXIX. Avoir enquis aux compaignons du païs où sont les volées de perdris, Ménagier, III, 2. Et n'aura [la balance] de volée du fort au feble [denier] que deux grains, Du Cange, volatus.

XVe s. Bruit de ville et renommée qui dit tout à la volée, soit vray ou soit faulx, Gerson, Harengue au roi Charles VI, p. 19. Il n'attendit nullui, ainçois s'en vint au marché de Valenciennes, et fit sonner les cloches du beffroy à volée, Froissart, I, I, 100. Et je respons à la volée : Dame, dame, trop afolée Est ma science en plusieurs lieus, Froissart, Buiss. de Jonece. Ni de saillir à la volée Es rues pour ouir le bruit, Deschamps, Miroir de mariage, p. 10. Ce jour revint le prevost, c'est assavoir le Borgne de la Heuse, et fut remis en sa prevosté, et l'autre deposé ; et aussi ouvroit fortune à la vollée en ce royaume, qu'il n'y avoit ne gentil ne autre qui sceut quel estat estoit le meilleur, Journ. de Paris sous Charles VI et VII, p. 18. Et de ceste volée furent deffaitz [cassés] le seneschal d'Agenetz, qui avoit cent lances et la compagnie de Robinet du Quesnoy…, Bibl. des ch. 4e série, t. II, p. 569. Gentil chevalier, estendez amont le bras, d'autant que le coup viendra de haut, et tant sera il plus puissant ; levez vous sur vos estriers pour avoir plus grant vollée, Perceforest, t. IV, f° 137. Le suppliant se appuya contre la volée du windas estant sur le rivage d'icelluy kay, Du Cange, volatus. B. S'il vient hasart en ung banquet. - M. Le prendre entre bont et volée, Villon, Baillev. et Malepaie.

XVIe s. Inconsiderément et à la volée, Calvin, Inst. 777. Il inventa engeins à tirer gros traits d'une longue volée et impetuosité, Montaigne, I, 364. Tirer trois ou quatre volées d'artillerie, Lanoue, 570. Ils [les Spartiates] s'accoustumoient à ne dire jamais parole à la volée et en vain, soubs laquelle il n'y eust toujours quelque intelligence secrette, Amyot, Lyc. 43. Ilz conseillerent à Pompeius de tourner arriere et s'eslargir en haulte mer, pendant qu'ilz estoient encore hors la volée du traict, Amyot, Pomp. 109. Il disoit encore qu'il les dissiperoit et escarteroit comme une volée de petits oyseaux, Amyot, Démétr. 26. L'ame prenant hors du corps sa volée, En souspirant aux enfers est allée, Amyot, Comm. lire les poët. 7. De ceste vollée [en passant, de ce temps] se presente l'accident d'Orleans, D'Aubigné, Hist. I, 293. Jantian, Hervet et autres docteurs de ceste vollée, D'Aubigné, ib. I, 65. Perdre la volée pour le bond, Cotgrave Meschante parole jectée va partout à la volée, Cotgrave Les deux Saint André… et d'autres jeunes seigneurs ses compagnons [de Vieilleville], tous d'une volée et courants une mesme fortune, Carloix, I, 19.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

VOLÉE.
3Ajoutez :

Être le premier de sa volée, être au premier rang parmi les gens de même âge, de même condition. Il [Prévost-Paradol] en vint sans trop d'effort, au bout d'un an, à être le premier de sa volée, comme on disait autrefois, Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t. I (M. Prévost-Paradol)

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

VOLÉE, s. f. (Art milit.) c’est la partie du canon depuis les tourillons jusqu’à la bouche. Voyez Canon. (Q)

Volée de canon, (Art. militaire.) est une décharge de plusieurs pieces qu’on tire sur l’ennemi ou dans une place pour saluer quelqu’officier général. Voyez Salut. (Q)

Volée, terme de Charron ; c’est une piece de bois ronde, de la longueur de quatre piés, placée à demeure sur les erremonts, & qui sert à attacher à ses deux extrémités les paloniers. Voyez la fig. Pl. du Charron.

Volée, (Jardin.) c’est le nom qu’on donne au travail de plusieurs hommes rangés de front, qui battent une allée de jardin, sur la longueur en même tems. Ainsi on dit qu’une allée a été battue à deux, à trois, quatre, &c. volées, c’est-à-dire autant de fois dans toute son étendue. (D. J.)

Volée, (Maréchal.) se dit des chevaux qu’on met au-devant des autres, quand il y en a plusieurs rangs, pour tirer plus vîte une voiture. Ces chevaux sont plus propres à la volée, & ceux-ci au timon. Voyez Timon.

On appelle encore de ce nom plusieurs pieces de bois de traverse auxquelles on attelle les chevaux de carrosse. Il y a la volée de devant & la volée de derriere.

Volée, terme de Paumier, qui signifie le tems qu’une balle est en l’air, depuis qu’elle a été frappée par la raquette jusqu’à ce qu’elle tombe à terre. Ainsi prendre une balle à la volée, c’est la prendre en l’air avant qu’elle ait touché la terre. Les coups de volée sont plus brillans que ceux où on prend la balle au bond.

Volée, terme de Pêche ; sorte de ret propre à faire la pêche ou chasse des oiseaux de mer.

Les pêcheurs riverains du village de Marais, lieu dans le ressort de l’amirauté de Quillebeuf, qui font à la côte, pendant l’hiver, la pêche des oiseaux marins, placent pour cet effet de hautes perches où ils amarent des filets, à-peu-près établis comme ceux des passées pour prendre les bécasses ; ils les nomment volets ou volées, les mailles en ont six pouces & demi à sept pouces en quarré ; comme le filet est libre & volant, les oiseaux les plus gros & les plus petits y demeurent pris également.

Lorsque les nuits sont noires, obscures, la marée qui monte avec une grande rapidité dans cette partie de l’embouchure de la riviere, où elle forme par sa précipitation la barre que l’on nomme de quillebœuf, & où elle tombe avec le plus de violence, elle amene en même tems avec elle un grand nombre d’oiseaux de mer, & plus les froids sont grands, plus elle en amene ; ce sont ordinairement des oies, des canards & autres semblables especes qui suivent le flot, qui se retirent souvent avec le reflux, & qui se trouvent pris dans ces pêcheries. Voyez la fig. 1. Pl. XV. de Pêche.

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Étymologie de « volée »

Voler 1 ; wallon, volaie ; provenç. volada ; ital. volata.

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Dérivé de voler, par son participe passé au féminin volée.
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Phonétique du mot « volée »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
volée vɔle

Images d'illustration du mot « volée »

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Traductions du mot « volée »

Langue Traduction
Anglais stolen
Espagnol robado
Italien rubato
Allemand gestohlen
Chinois 被盗
Arabe مسروق
Portugais roubado
Russe краденых
Japonais 盗まれた
Basque lapurtutako
Corse arrubbatu
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Synonymes de « volée »

Source : synonymes de volée sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « volée »

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