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Tente

Définitions du mot « tente »

Trésor de la Langue Française informatisé

TENTE1, subst. fém.

A. −
1. Abri portatif, fait généralement d'une toile tendue sur des supports, utilisée par d'anciens peuples et des populations nomades, plus spécialement des tribus du désert, dont la forme et la matière varient selon les époques et les ethnies. Tente de cuir, d'écorce, de feutre, de poil de chameau; tente d'indien; tente des bédouins, des esquimaux, des hébreux, des nomades; tente algérienne, arabe, mongole. Ces Tartares, dont quelques-uns habitaient des tentes de peaux de brebis au pied de la grande muraille de la Chine (Chateaubr., Mém., t. 2, 1848, p. 535).On a peine à concevoir un art des peuples nomades, allant devant eux dans la steppe à l'aventure, ne se fixant jamais où ils s'arrêtent pour camper, vivant sous la tente de peau qui se roule et se transporte (Faure, Espr. formes, 1927, p. 88).
P. méton. Ensemble des peuplades vivant en campement sous les tentes et appartenant à la même tribu; grande famille. On me dit que c'est un fils de grande tente des environs de Boghar (Fromentin, Été Sahara, 1857, p. 94).Les Kirghis se divisent en trois hordes (...) et comptent environ quatre cent mille « tentes », soit deux millions d'âmes (Verne, M. Strogoff, t. 1, 1876, p. 31).
HIST. JUIVE. Tente du témoignage. ,,Le sanctuaire portatif du désert, contenant l'arche d'alliance`` (Léon 1975). RELIG. JUIVE. Fête des Tentes. Synon. de fête des tabernacles (v. tabernacle A 2).
2.
a) Logement provisoire, richement orné et destiné à abriter de grands personnages, dans le cadre d'une entrevue, d'un traité, etc. Tente d'apparat, du roi, du prince, du sultan; tente royale. Des pavillons avaient été tendus d'un côté pour le roi de France, de l'autre pour le roi d'Angleterre; au milieu était une tente pour l'entrevue (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 4, 1821-24, p. 225).
b) Abri de toile pouvant accueillir un grand nombre de personnes pour des achats, des fêtes, des repas ou des spectacles divers. Le jour de la distribution des prix (...) la tente de coutil, l'affluence des parents, l'estrade ornée de drapeaux, tout cela m'inspirait l'émotion (A. France, Livre ami, 1885, p. 141).Autour des innombrables étalages, des tentes, des boutiques volantes marquées de leurs enseignes, stationne ou circule une foule qui s'affaire ou qui flâne (Faral, Vie temps st Louis, 1942, p. 67).
Tente (de cirque). Synon. de chapiteau.Les étoiles scintillent au ciel comme le nickel des trapèzes au haut d'une tente de cirque (Morand, New-York, 1930, p. 257).Le petit cirque régional qui parcourt un coin de province avec son modeste chapiteau à un mât, jusqu'aux grandes tentes européennes ou américaines à pistes multiples et à construction compliquée, qui sont de véritables villes roulantes (Arts et litt., 1935, p. 76-16).
c) ARM. Abri de toile provisoire et portatif, qui permet aux soldats en campagne d'être momentanément hébergés au cours de leurs déplacements. Synon. guitoune (arg.), pavillon (hist.).En moins d'un quart d'heure, le camp fut levé, les tentes pliées, rattachées sur les sacs, les faisceaux défaits (...). C'étaient de graves raisons qui venaient de décider le général Douay à une retraite immédiate (Zola, Débâcle, 1892, p. 26):
... les ouvriers, les gardes de police et du camp, les capitaines, les vivandiers, reçurent chacun leur tente en bonne toile, garnie de mâts, de traverses et de piquets; les lieutenants logeaient deux à deux dans une tente. Chaque tente de seize hommes eut deux marmites, deux gamelles, deux grands bidons... Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 49.
Toile de tente. Partie d'une tente, qui entre dans l'équipement individuel du militaire et qui, jointe à plusieurs autres, constitue une tente, pour trois ou quatre hommes. Les autres veilleurs enveloppés de toiles de tente humides et coulantes, avec leurs zébrures et leurs plaquages de boue (Barbusse, Feu, 1916, p. 251).
Loc. verb.
Établir, planter sa (ses) tente(s). Établir un campement. Au fig. Établir, planter sa (ses) tente(s). S'installer d'une manière durable (dans un endroit, dans la vie). Il n'a tenu qu'à peu de choses qu'il ne fixât à Liège sa destinée et qu'il n'y plantât sa tente, au moins pour quelques années (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t. 13, 1868, p. 34).
Lever sa (ses) tente(s). Démonter un camp, quitter la place. À dater de ce jour, il ne fut plus question de traité avec les Anglais, et les tentes furent levées (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 4, 1821-24, p. 233).P. anal. Lever sa (ses) tente(s). Quitter un lieu pour un autre. Je résolus donc de lever mes tentes; je laissai mon frère et mes sœurs à Paris et m'acheminai vers la Bretagne (Chateaubr., Mém., t. 1, 1848, p. 241).
Se retirer sous sa tente (au fig.). [P. allus. à un passage de l'Iliade où Achille, irrité par Agamemnon, se retire sous sa tente et abandonne la cause des Grecs] Capituler, renoncer à un projet ou à sa poursuite. Dépité de se voir méconnu (...) il se retira définitivement sous sa tente, d'où sa femme n'essaya pas de le faire sortir (Feuillet, Paris., 1881, pp. 31-32).
d) CAMPING. Abri de toile généralement imperméable, soutenu par une armature, comprenant une ou plusieurs pièces, quelquefois un auvent et une abside, et qui permet de camper à l'endroit désiré. Nous campons près d'une rivière. Il est une heure, je voudrais bien manger, prendre un peu de lait, de café. Nous ne sommes pas au restaurant! Il fait chaud sous la tente (Barrès, Cahiers, t. 11, 1914, p. 5).Nous en avions fait le tour à pied [de la Sicile], mon précepteur et moi, poussant Vert-de-Gris devant nous, un âne qui portait notre tente et nos impedimenta de campeurs (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 135).
SYNT. Tente de camping, de randonnée; tente carrée, démontable, légère; grande, large, lourde, petite tente; auvent, mât, pieu, piquet, porte, rideau, tapis, toile de tente; camper, coucher, dormir, manger, vivre sous la tente; démonter, dresser, déployer, installer, monter, planter, plier sa tente; tente à armature, à double toit.
Tente canadienne. Tente légère à deux pans, avec ou sans abside. On observe, à la fin de ce troisième quart du XXesiècle une recrudescence de demandes pour la tente canadienne (L. Montange, Le Camping, Paris, P.U.F., 1975, p. 60).Tente familiale. Tente à armature comprenant plusieurs pièces (chambres, salle de séjour, cuisine, etc.). La tente familiale destinée au camping est, dans la quasi-totalité des cas, une tente à armature (L. Montange, Le Camping, Paris, P.U.F., 1975, p. 75).
Tente marquise. Grande tente pourvue d'une avancée formant auvent. V. marquise II C 1 ex.
Tente intérieure. Toile de tente constituant la partie intérieure d'une tente à double toit. Il existe des tentes intérieures (...) dont le tissu coton est tellement tissé « lâche » que l'imperméabilisation est totalement nulle (Au Vieux Campeur, été 1981, no1, p. 249).
3. P. anal.
a) Abri naturel ou construit en éléments naturels dont la forme évoque celle d'une tente. On leur fit une tente avec des feuillages, et tous donnèrent leurs habits pour empêcher les effets de l'humidité (Balzac, Annette, t. 4, 1824, p. 150).Ses eaux [de la Grande-Rivière] étaient cachées par des guirlandes de lianes, qui (...) mariaient leurs jets d'une rive à l'autre, et (...) formaient sur le fleuve de larges tentes de verdure (Hugo, Bug-Jargal, 1826, p. 96).
P. métaph. Sostrate Gnidien regardait les étoiles. De la tente des cieux dorant les larges toiles, Elles resplendissaient dans le nocturne azur (Hugo, Légende, t. 4, 1877, p. 515).
b) Spécialement
BOT. Tente (d'isolement). Abri de protection contre le gel établi en enveloppant les plantes dans de la toile ou un autre isolant fixé sur une armature jusqu'à leur floraison. Mise des racines de premiers choix sous les tentes d'isolement (Rouberty, Sucr., 1922, p. 26).Au pied de la plante, construisez une ossature de tente avec des piquets de bois (...) Tapissez cette ossature de fougères (Femme actuelle, 1er-7 juin 1987, p. 47, col. 3).
MÉD. Tente à oxygène. ,,Dispositif étanche constamment alimenté d'oxygène (parfois de carbogène) et à l'intérieur duquel on place un malade soumis à l'oxygénothérapie`` (Méd. Biol. t. 3 1972).
TECHN. SPATIALES. Tente à flot laminaire. ,,Enceinte mobile dans laquelle les conditions de propreté requises sont assurées par un écoulement d'air laminaire destiné à éliminer les poussières`` (Sc. Techn. spat. 1978).
4.
a) Vieilli
Toile tendue au-dessus d'une boutique, d'un café pour protéger les vitrines ou ombrager les terrasses. Parfois un vent tiède, qui soufflait de la rivière, agitait mollement la bordure des tentes en coutil suspendues à la porte des estaminets (Flaub., MmeBovary, t. 2, 1857, p. 64).Au-dessus de ce champ de foire (...) les buvettes haussaient leurs tentes de toile grise, que les coups de soleil blanchissaient (Zola, Nana, 1880, p. 1381).
Dais d'un baldaquin, rideaux disposés au-dessus d'un lit. Tente de lit. Des lés de calicot formaient tente au-dessus du lit (Adam, Enf. Aust., 1902, p. 445).
b) MAR. Tente (de nage, de protection). Toile tendue au-dessus du pont de certaines embarcations pour protéger du soleil. Le soleil tape d'aplomb sur la tente de notre pont. Le Nil est plat comme un fleuve d'acier (Flaub., Corresp., 1850, p. 168).Un canot couvert d'une tente et monté par quatre femmes descendait lentement le courant (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Femme de Paul, 1881, p. 1219).
B. − ANAT. [N. donné à un certain nombre de pièces anatomiques qui en prolongent d'autres ou s'intercalent entre deux pièces voisines] Tente de l'hypophyse, du nerf optique; tente pituitaire. La tente du bulbe olfactifc'est un petit repli (...) surplombant la gouttière olfactive (G. Gérard, Anat. hum., 1912, p. 377).
Tente du cervelet. Prolongement de la dure-mère séparant la face supérieure du cervelet des lobes occipitaux qui reposent sur elle. La tente du cervelet (...) provient de la dure-mère au devant des deux branches de la croix occipitale, et se porte vers les apophyses clinoïdes postérieures (Cuvier, Anat. comp., t. 2, 1805, p. 177).
REM. 1.
Tente-, élém. de compos.[Les mots constr. désignent] a) [un type ou un modèle de tente] α)
Tente-cercueil, subst. fém.Les tentes sont minuscules. Nous les appelons des tentes-cercueils. On y pénètre en rampant (...). Elles tiennent dans le fond d'un sac! (M. Herzog, Annapurna. Premier 8000, p. 71 ds Quem. DDL t. 27).
β)
Tente-marabout, subst. fém.Grande tente rectangulaire à deux mâts. La tente-marabout où sont installées des douches de campagne (L'Express, 19 avr. 1965ds Gilb. 1980).
b) [l'usage auquel une tente est destinée]
Tente-abri, subst. fém.,synon. (supra A 2 c, A 3 b bot. et A 4 b).Une tente-abri d'un nouveau modèle, se montant et se démontant à la minute (A. Daudet,Tartarin de T.,1872,p. 44).
2.
Tentelette, subst. fém.,rare. Petite tente. Sous des mimosas, les dromadaires couchés ruminaient à côté des tentelettes où dorment leurs chameliers (Du Camp, Nil, 1854, p. 58).
3.
Tenter, verbe trans.a) Recouvrir d'une tente (supra A 4 b). Les pêcheurs couchent presque toujours dans leurs chaloupes après les avoir tentées (J.O., 15 oct. 1869, p. 1349, col. 1 ds Lar. 19e).b) Empl. pronom., région. (Canada). Dresser sa tente, camper. Et vous remonterez par icitte? Pas sûr (...) S'il faut, on se tentera une nuit (Genevoix, Laframboise, 1942, p. 35).
Prononc. et Orth.: [tɑ ̃:t]. Homon. tante et forme de tenter. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. a) Ca 1160 « abri portatif » (Eneas, 916 ds T.-L.); fig. 1818 la tente du ciel (Maine de Biran, Journal, p. 120); b) 1831 planter sa tente « établir les fondements de quelque chose » (Lamennais ds L'Avenir, p. 133: complice du pouvoir qui avoit planté sa tente sur les derniers débris de la liberté chrétienne); c) 1846 dresser sa tente « habiter » (Balzac, Cous. Bette, p. 150); 2. fin xives. « ensemble de tapisseries d'ornement » (Chartes confisquées aux bonnes villes du pays de Liège, éd. J. Haust d'apr. FEW t. 13, p. 195b); 3. 1622 « toile tendue sur une partie d'un navire » (J. Hobier, Constr. d'une gallaire ds Jal1); 4. 1838 « banne protégeant la devanture des magasins » (Stendhal, L. Leuwen, t. 1, p. 286). B. 1805 anat. (Cuvier, loc. cit.). Du lat. pop. *tenta, part. fém. subst. de tendere « tendre », ou de *tendita, fém. d'un part. *tenditus, de tendere (cf. a. prov., ital. tenda, esp. tienda). Fréq. abs. littér.: 1 700. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 2 531, b) 3 215; xxes.: a) 2 318, b) 1 961. Bbg. Chautard Vie étrange Argot 1931, p. 553. − Hasselrot 20es. 1972, p. 8 (s.v. tentelette). − Quem. DDL t. 27 (comp.).

TENTE2, subst. fém.

A. − CHASSE. Action de tendre un filet ou des pièges ou collets pour attraper le gibier; engin(s) ainsi tendu(s). Faire des tentes. C'était une fameuse « tente » qu'il laissait derrière lui, au bois de la Sauvagère! Pas une passée, pas une touffe qui ne dissimulât son piège (Genevoix, Raboliot, 1925, p. 101).
B. − PÊCHE. Action de tendre un filet; p. méton., filet en nappe ainsi tendu ou retenue d'eau faite de menus branchages et dans laquelle on a ménagé un petit passage, conduisant à une nasse destinée à capturer les poissons. (Dict. xxes.).
Prononc.: [tɑ ̃:t]. Homon. tante et forme de tenter. Étymol. et Hist. 1. a) 1271 « action de tendre un filet pour prendre des animaux » (Charte, Moreau 196, fo132 ro, Richel. ds Gdf.); b) 1827 tentes a la basse eau « manière de tendre les filets quand la mer est basse » (Baudr. Pêches); 2. a) 1377 « filet pour prendre des oiseaux » (Gace de La Buigne, Roman des Deduis, éd. Å. Blomqvist, 9015); b) 1765 « filet que l'on tend avec des pieux pour attraper les poissons » (Encyclop. t. 16). Déverbal de tendre1*.

TENTE3, subst. fém.

CHIR., vieilli. Petit tampon cylindrique de charpie, imbibé de produits antiseptiques que l'on introduisait dans les plaies et les ulcères profonds pour combattre l'infection et aider à la cicatrisation. L'ouverture de la plaie se resserre; une petite tente, enfoncée de quelques lignes, est mollement placée dans son orifice, afin d'obtenir que la cicatrisation s'opère de dedans en dehors (Bretonneau, Inflamm. tissu muqueux, 1826, p. 322).
Prononc. et Orth.: [tɑ ̃:t]. Homon. tante et forme de tenter. Att. ds Ac. 1694-1878. Étymol. et Hist. 1170 méd. tante (Chrétien de Troyes, Erec et Enide, éd. M. Roques, 5159). Déverbal de tenter* « sonder une plaie » (ca 1175, Roman de Renart, br. 14, 14637, éd. M. Roques, p. 50).

Wiktionnaire

Nom commun 1

tente \tɑ̃t\ féminin

  1. Sorte de pavillon fait ordinairement de toile, d’étoffe tendue, dont on se sert à la guerre, à la campagne, pour se mettre à couvert.
    • À partir du mois de juin, la plage, aujourd'hui disparue, se couvrait de tentes pour la saison des bains de mer. — (Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, p. 19)
    • Sous la tente maure, une petite loge de tissus isole parfois la couche conjugale, tandis que sous la tente bédouine , une cloison de roseau circonscrit le horma (pluriel : harem), l'espace intime réservé à une épouse et à ses jeunes enfants. — (Olivier D'Hont, Techniques et savoirs des communautés rurales : approche ethnographique du développement, Karthala, 2005, chap.14, page 172)
  2. (En particulier) Abri du campeur souvent en toile imperméable et avec une armature légère.
    • On peut se procurer à Reykjavik la tente en usage chez les Islandais : elle est faite de l'étoffe du pays appelée vadmal, et se fixe sur deux montants d'un mètre de haut. Cette tente peut abriter trois personnes. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 14)
    • Les tentes de randonnée. On en distingue deux types : la tente abri extra-légère, la tente portative légère. — (Jean Loiseau, Conseils aux campeurs débutants; comment s'équiper, comment pratiquer le camping, notions élémentaires indispensables, Vigot frères, 1938, page 40)
    • Le fabricant des tentes Messager par exemple montra au Salon du Camping à Paris en 1967 son tout nouveau modèle de tente très compacte avec une chambre et un living équipés de meubles pliants adaptés, avec une décoration très élaborée : […]. — (France Poulain & ‎Élisabeth Poulain, L'esprit du camping, Éditions Cheminements, 2005, page 136)

Nom commun 2

tente \tɑ̃t\ féminin

  1. (Anatomie) Nom d’extension d’un élément anatomique dans un autre
    • Tente de l'hypophyse
    • Tente pituitaire

Forme de verbe

tente \tɑ̃t\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de tenter.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de tenter.
    • Ils ne font rien comme les autres au grand découragement de la fillette, qui tente en vain de les "débizarriser". — (Jane Sutton, Connaissez-vous ma famille ?, 1982)
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de tenter.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de tenter.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de tenter.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

TENTE. n. f.
Sorte de pavillon fait ordinairement de toile, d'étoffe tendue, dont on se sert à la guerre, à la campagne, pour se mettre à couvert. Les mâts, les cordages, les piquets, les murailles d'une tente. Camper sous la tente. La caravane ne faisait que de dresser ses tentes quand les Arabes arrivèrent. Les marchands avaient tendu leurs tentes à la foire. Fig. et fam., Se retirer sous sa tente, Se tenir à l'écart par dépit, par mauvaise humeur.

Littré (1872-1877)

TENTE (tan-t') s. f.
  • 1Pavillon de peau, de toile et autres substances dont on se sert pour se mettre à couvert. Il [Louis XIV] est venu camper dans un guéret, sous des tentes même assez petites, les grandes étant demeurées à Grave l'année dernière, Pellisson, Lett. hist. t. I, p. 276. Nous allons faire planter au bout de la grande allée, du côté du mail, une petite espèce de tente, Sévigné, 435. Elles font des tentes, dont les unes sont de peaux cirées, les autres d'écorces d'arbres, Fénelon, Tél. VIII. Chaque famille, errante dans ce beau pays, transporte ses tentes d'un lieu en un autre, Fénelon, ib. Toute l'armée des alliés dressait déjà ses tentes, Fénelon, ib. XI. Ces tentes [des soldats], pour l'ordinaire, étaient de peaux ; d'où vient cette expression fort usitée dans les auteurs : sub pellibus habitare [loger sous les peaux], Rollin, Hist. anc. t. XI, 2e part. p. 421, dans POUGENS. On lui présenta [à Charles XII], de la part du Grand Seigneur, une large tente d'écarlate brodée d'or, Voltaire, Charles XII, 7.

    Fig. Un seul jour, ô mon Dieu, passé dans votre maison sainte, s'écriaient-ils… console plus le cœur que les années entières passées dans les plaisirs et dans les tentes des pécheurs, Massillon, Carême, Resp. dans les temples. Il habitera sous des tentes de sûreté et de confiance, Massillon, Profess. relig. Serm. 2. Et qu'est-ce que la terre ? une prison flottante, Une demeure étroite, un navire, une tente, Lamartine, Harm. III, 9.

    Fig. Se retirer sous sa tente, cesser, par contrariété, de prendre part à quelque chose, par allusion à Achille, qui, irrité contre les Grecs, cessa de prendre part aux combats.

    Chez les Juifs, fête des Tentes, voyez SCÉNOPÉGIE.

  • 2 Au plur. Les tentes, le camp, les troupes. Qu'ils viennent vous chercher sous les tentes d'Achille, Racine, Iphig. v, 2. Le ciel qui m'a conduit dans les tentes du Maure, Voltaire, Tancr. III, 2.
  • 3 Fig. La guerre, à cause que c'est surtout en campagne que l'on se sert des tentes. Il étudiait la géométrie jusques dans sa tente, Fontenelle, l'Hôpital. Il [Bonaparte] fit du glaive un sceptre et du trône une tente, Tout son règne fut un combat, Hugo, Odes, I, 11.
  • 4Tente-abri, petite tente légère que les soldats peuvent dresser instantanément en réunissant ensemble plusieurs des morceaux de toile dont chacun d'eux est muni.

    Au plur. Des tentes-abris.

  • 5 Terme de marine. Toile tendue sur une partie d'un navire, ou sur ce navire dans toute son étendue, pour mettre le pont à l'abri du soleil.

    Tente de nage, toile que l'on tend au-dessus des bancs dans quelques embarcations.

  • 6 Terme de chasse. Sorte de filet que l'on tend pour prendre des bécasses et autres oiseaux de passage.
  • 7Dans quelques provinces, barrage en menues branches soutenues par des pieux que l'on fait dans une rivière, et auquel on adapte, devant un petit passage laissé exprès, la gueule d'une nasse pour prendre du poisson.
  • 8 Terme d'anatomie. Tente du cervelet, repli de la dure-mère tendu entre le cerveau et le cervelet.

HISTORIQUE

XIIIe s. Al jardin orent fait dresser la maistre tente, Berte, X. Il chevauchent tant qe il furent venu en plain là ù les enimis estoient à tendes, Marc Pol, p. 743.

XIVe s. Comme fait l'yraigne qui prend les mouches en ses rets et en ses tentes, Le Chev. de la Tour, Instr. à ses filles, f° 26, dans LACURNE.

XVIe s. Les Arabes que l'on surnomme Scenites (comme qui diroit Tenteniers), pour ce que c'est un peuple vagabond, qui n'a point d'autres maisons que des tentes qu'il porte tousjours quant et soy, Amyot, Lucull. 38. Sçavoir au vray les devis qu'il [Brutus] tenoit en sa tente à quelqu'un de ses privez amis, la veille d'une bataille, Montaigne, II, 107.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

TENTE, s. f. (Fortification.) tabernacle, pavillon ou logement portatif que l’on dresse en pleine campagne pour se mettre à l’abri des injures du tems. Voyez Tabernacle.

Ce mot est formé du latin tentorium, de tendo, je tends, parce que les tentes se font ordinairement de canevas ou de coutils, que l’on étend & que l’on soutient avec des perches, des cordes, & des chevilles ou piquets.

Les armées campent sous des tentes. La plûpart des Tartares & des Arabes, qui sont des peuples errans & vagabonds, logent toujours sous des tentes. Voyez Hordes, Nomades, &c.

Les Hébreux, dans le désert, logerent pendant quarante ans sous des tentes, ce qui leur donna occasion d’instituer la scenapegie ou fête des tabernacles. Voyez Scenapegie. Chambers.

Les tentes dont se servent les soldats sont appellées cannonieres.

Quoique l’usage des tentes soit fort ancien, & que les Romains s’en soient toujours servis, il étoit cependant presqu’entierement aboli en Europe, & ce n’est guere que depuis Louis XIV. que les cavaliers & les soldats françois ont des tentes. Avant le regne de ce glorieux monarque, les armées étant bien moins nombreuses qu’elles ne le sont devenues depuis, elles se servoient des villages pour y trouver quelque abri, & elles se trouvoient par-là séparées en plusieurs parties ou quartiers éloignés les uns des autres, ce qui étoit sujet à bien des inconvéniens. Dans les sieges ou dans les camps à demeure, les cavaliers & les soldats se faisoient des baraques de paille qu’on rangeoit avec ordre. Les princes d’Orange, qui ont beaucoup contribué au rétablissement de la discipline militaire en Europe, n’en usoient pas autrement. Leurs soldats & leurs cavaliers se baraquoient ; mais les officiers & ces princes mêmes se servoient de tentes. (Q)

Tente du Levant, (Usages des Orientaux.) les tentes du Levant sont moins embarrassantes que celles de ce pays-ci. Elles n’ont qu’un arbre au milieu qui se démonte en deux, quand on veut plier bagage, mais qui soutient, lorsque la tente est placée, un pavillon de grosse toile bien serrée, sur laquelle l’eau coule aisément ; le pavillon est arrêté dans sa circonférence avec des cordons que l’on accroche à des cheviles de fer fichées en terre ; aux deux tiers de la hauteur de ce pavillon sont attachées des cordes que l’on bande fortement par le moyen d’autres chevilles plus écartées de l’arbre que les premieres ; ces cordes rirent le haut du pavillon en dehors, & lui font faire un angle saillant en maniere de mansarde. (D. J.)

Tente d’herbage, terme de galere ; c’est une tente de gros draps de couleur de burre. Voyez Tendelet.

Tente, en Chirurgie, est un rouleau de charpie, d’une figure cylindrique, que l’on met dans les plaies & dans les ulceres.

Les tentes s’emploient pour empêcher qu’une plaie ne se ferme trop tôt. Mais plusieurs auteurs de chirurgie, & en particulier l’auteur du livre intitulé le Chirurgien de l’hôpital, donnent quantité d’exemples où l’usage des tentes, & sur-tout des tentes dures, s’est trouvé nuisible, ayant prolongé le traitement, attiré des inflammations, produit des sinus, la mortification, &c. dans les plaies & les ulceres. Voyez Bourdonnet. Pour remédier à ces inconvéniens, il propose que les linimens, &c. soient d’une consistence liquide, ou par eux-mêmes, ou en les échauffant ; & que lorsque les tentes paroissent indispensablement nécessaires, comme dans les grandes cavités, on peut aggrandir l’ouverture, & mettre au lien de tentes des bourdonnets mollets, qui n’auront pas les inconvéniens des tentes. Voyez Ulcere.

On se sert d’une tente dure, longue & grosse comme le petit doigt dans les pansemens de l’opération de la fistule à l’anus. Pour faire cette tente, on prend plusieurs brins de charpie longs de six pouces ; on les range à côté les uns des autres ; on les plie par le milieu, & on en fait un rouleau lié exactement par des circonvolutions de charpie dans l’étendue de deux pouces & demi ou environ. On étend le reste de la charpie pour en faire une tête circulaire & horisontale au corps de la tente. Nous avons parlé de la méthode de la placer sans douleur au mot Fistule a l’anus.

La Chirurgie moderne a proscrit les tentes du traitement des plaies à la suite de l’opération de la taille. Cette reforme a commencé du tems de Fabricius Hildanus. Cet habile praticien discute les raisons de ceux qui désapprouvoient les tentes, & il conclut pour leur usage. Ce point de pratique est digne de l’attention des maîtres de l’art ; & je pense qu’il y a bien des faits favorables à leur méthodique application. Les observations contraires pourroient n’en montrer que l’abus.

L’académie royale de Chirurgie à proposé, pour le prix de l’année 1734, de déterminer quels sont, selon les différens cas, les avantages & les inconvéniens de l’usage des tentes & autres dilatans. Le mémoire qui a été couronné & celui qui a concouru pour le prix, sont imprimés dans le premier tome de l’ouvrage intitulé, recueil des pieces qui ont concouru pour le prix de l’académie royale de Chirurgie. Les inconvéniens des dilatans ne sont point dissimulés ; on dit tout ce qu’il est possible d’imaginer pour les bannir de la pratique. On reconnoît cependant qu’il y a des cas qui exigent qu’on s’en serve, & ces cas sont rangés sous trois classes. La premiere renferme les cas où les dilatans sont utiles avec peu ou point d’inconvéniens. La seconde, qui semble rentrer dans la premiere, comprend les cas où l’utilité qui résulte des dilatans surpasse les inconvéniens annexés à leur usage. La troisieme classe est de ceux où les inconvéniens mêmes des dilatans deviennent nécessaires. Le détail de tous ces points de discussion meneroit trop loin ; nous avons rempli notre tâche, en indiquant les sources où l’on peut prendre les renseignemens les plus étendus sur ces objets. (Y)

Tente, en terme de Boyaudier, ce sont sept montans percés à jour dans toute leur longueur, dont trois sont plantés à un bout & trois à l’autre, chacun à la distance de deux piés & demi l’un de l’autre, & le septieme au milieu, éloigné de chaque bout d’environ neuf piés. C’est sur cette charpente que l’on étend les boyaux pour les sécher. Les sept montans sont autant de longueurs différentes. Celle qui prend au premier montant à droite, & finit à celui du milieu, s’appelle longueur simple ; a-t-elle passé sur ce dernier, pour aller gagner le premier des trois de l’autre bout, c’est une longueur double ; commence-t-elle au second à droite, & finit-elle à celui du milieu, c’est un travers simple ; de-là passe-t-elle au second de l’autre bout, c’est un trait double. Cette tente est la même chez tous les Boyaudiers, & sert de regle pour les marchands de provinces qui demandent tant de longueurs simples ou doubles, tant de travers, &c. fixent en même tems la grosseur & le prix de la marchandise qu’on leur envoie.

Tentes ou Bas-parcs à trois rangs contigus, sortes de pêcheries. Les Pêcheurs-tendeurs de basse eau de Quineville, dans le ressort de l’amirauté de la Hougue, ont des bas-parcs à trois rangs, tellement contigus & joints les uns aux autres, qu’il est absolument impossible aux poissons de monter à la côte lorsqu’ils sont dans les pêcheries ; ou si la marée est dans le tems des vives eaux, & que les poissons ayent franchi le remier rang des parcs, ils en trouvent un second, & même un troisieme, ensorte que les petits poissons ne peuvent retourner à la mer.

Ces pêcheries sont les véritables bas-parcs ou venets de l’ordonnance ; il ne faut pas appeller bas-parcs seulement ceux qui sont à la basse-eau, & haut-parcs ceux qui sont à la côte, la dénomination de bas-parcs leur convient à tous, car les haut-parcs different des bas-parcs en ce que les filets dont ils sont garnis, ont beaucoup plus de hauteur.

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Étymologie de « tente »

Tendre 2 ; provenç. tenda ; espagn. tienda ; ital. tenda

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De tendre.
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Phonétique du mot « tente »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
tente tɑ̃t

Citations contenant le mot « tente »

  • Plus on tente de s’en sortir et plus on s’essouffle, plus on manque d’air. De Maryline Desbiolles / Anchise
  • Ecartelé entre l'idéal et la réalité l'homme tente de trouver une solution à cette apparente contradiction. De Anonyme
  • Journaliste. Ecrivain qui tente de trouver sa voie dans la vérité, et qui la disperse dans une tempête de mots. De Ambrose Bierce / Le dictionnaire du Diable
  • Famille : Les harengs. Les grands marrants. La fleur. Le fer ou engin. L’oncle. La tente. Les coussins. De Pef / Dictionnaire des mots tordus
  • Chacun veut tenter sa propre expérience ; chacun la tente à ses dépens. Les leçons d'une génération ne servent jamais à la suivante. De Rex Desmarchais / L'Initiatrice
  • On commence par dire : cela est impossible pour se dispenser de le tenter, et cela devient impossible, en effet, parce qu'on ne le tente pas. De Charles Fourier
  • Quand on est arrivé, on est important ; quand on tente d’arriver, on est importun. De Jacques Sternberg / Dictionnaire des idées revues
  • Le bien obscurément fait ne tente personne. De Honoré de Balzac / Le Médecin de campagne
  • Une tente sans femme est comme un violon sans cordes. De Proverbe roumain
  • Quand on va mourir, on ne prie pas. On tente de savoir. De Didier Decoin / La Dernière Nuit
  • Le désir de la renommée tente même les esprits les plus nobles. De Saint Augustin
  • Au bout de la corde, la tente ; au bout de l'homme, la trace. De Proverbe touareg
  • Il arrive souvent de ne rien obtenir parce que l'on ne tente rien. De Jacques Deval / Afin de vivre bel et bien
  • Le temps scinde tout ce que l'homme tente de souder. De Jean-Claude Clari / Catherine de I à V
  • Un style est ce qui décourage le plagiat et tente le pastiche. De Robert Sabatier / Le Livre de la déraison souriante
  • Le pied dans l'univers inconnu du médical, le fondateur de la société Aircaptif va ainsi concevoir des produits, dont la chambre blanche, pour répondre à des problématiques actuelles ou futures. « Cette tente peut avoir des applications militaires notamment, elle peut servir d'hôpital de campagne, de salle d'opération éphémère ou de sas de tri de personnes contaminées », estime un professionnel de la sécurité civile. leparisien.fr, Yvelines : dépliable en urgence, c’est la «tente Quechua» du Covid ! - Le Parisien
  • John Snorri et Ali Sadpara avaient sorti tout le contenu de leur tente pour tout harnacher solidement. Et la tente était repliée. D’après Explorersweb, Tamara Lunger et Alex Gavan avaient fait de même. Grâce à la précieuse expérience hivernale de Sadpara ou Lunger, ces équipes pourraient avoir beaucoup moins souffert de ces jours de tempête. Altitude News, Le vent menace les expéditions au K2 : « Si la tente a disparu, nous devrons rentrer à la maison »

Traductions du mot « tente »

Langue Traduction
Anglais attempted
Espagnol intentó
Italien tentato
Allemand versucht
Chinois 企图
Arabe حاول
Portugais tentada
Russe попытался
Japonais 試みた
Basque saiatu
Corse pruvatu
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Synonymes de « tente »

Source : synonymes de tente sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « tente »

Tente

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