La langue française

Repousse

Sommaire

  • Définitions du mot repousse
  • Étymologie de « repousse »
  • Phonétique de « repousse »
  • Citations contenant le mot « repousse »
  • Images d'illustration du mot « repousse »
  • Traductions du mot « repousse »
  • Synonymes de « repousse »
  • Antonymes de « repousse »

Définitions du mot « repousse »

Trésor de la Langue Française informatisé

REPOUSSER1, verbe

I. − Empl. trans.
A. − Qqn repousse qqn
1. Pousser en arrière, faire reculer une personne, un groupe. Repousser qqn d'un geste, de la main, des deux mains, à bras tendus, à coups de pied; repousser qqn doucement, brutalement, rudement, violemment, vivement, avec énergie, avec dédain, avec dégoût, avec force, avec horreur, avec indignation, avec violence; repousser en arrière. Ils le virent passer un peu plus tard, le long des Tuileries, vers le métro Concorde, où ils avaient été repoussés quand on avait dégagé la voie du landau présidentiel escorté de cuirassiers (Aragon,Beaux quart., 1936, p. 261).
En partic. Faire reculer avec force. Synon. refouler.Repousser l'ennemi, les ennemis, l'étranger, les assaillants. L'ennemi les reçoit avec intrépidité. Trois fois ils viennent se briser contre le vaste corps qui les repousse (Chateaubr.,Martyrs, t. 1, 1810, p. 289).Battu, repoussé plusieurs fois dans une guerre, et presque désespéré, il était au fond de sa tente (Michelet,Insecte, 1857, p. 389).[P. méton. du compl. d'obj.] Repousser l'assaut. L'attaque sur Pozzuelo-Aravaca est repoussée, m'général. Heinrich note sur la carte les nouvelles positions (Malraux,Espoir, 1937, p. 784).
Loc. verb., au fig., vx. Être repoussé à la barricade. Après avoir fait des tentatives pour obtenir quelque chose, être refusé ouvertement (d'apr. Ac. 1798, 1835). Être repoussé avec perte. Essuyer un grave échec (d'apr. Ac. 1835-1935).
2. Au fig. Refuser d'accueillir; faire mauvais accueil à. Synon. écarter, rembarrer (fam.), envoyer* paître (fam.), bouler (pop.), éconduire; envoyer au diable (v. diable1).Tu es assez grand, assez raisonnable pour t'apercevoir que ton père me repousse, ne veut pas de mes soins, et cela n'est pas naturel, car tu sais combien je l'aime (Balzac,Gobseck, 1830, p. 432):
1. La veille au soir, en montant l'escalier, comme Henry, qui marchait le dernier, avait voulu lui prendre la main par derrière pour la baiser, ne l'avait-elle pas brutalement repoussé, repoussé tout à fait? Flaub.,1reÉduc. sent., 1845, p. 81.
B. − Qqn repousse qqc.
1. [Le compl. d'obj. désigne un inanimé concr.] Pousser en sens contraire; écarter loin de soi. Synon. reculer.Repousser la table, son assiette, son verre, ses couvertures, un tiroir; repousser les volets, le verrou; repousser la porte (derrière soi); repousser qqc. de la main, des deux mains, brusquement; repousser qqc. en arrière; repousser qqc. contre qqc. Une chaise, qu'il avait sans doute repoussée du pied, était renversée à côté de lui (Baudel.,Poèmes prose, 1867, p. 149).Fauteuils et canapé ont été repoussés vers le fond (Aymé,Cléramb., 1950, i, p. 9).V. libérer B 2 ex. de Vailland.
2. Au fig.
a) [Le compl. d'obj. désigne un inanimé concr. ou abstr.] Refuser d'accepter. Synon. décliner, récuser, refouler, rejeter; anton. agréer, acquiescer à.Repousser une demande, une invitation, une offre, une proposition, des avances. Elle avoit constamment repoussé toute nourriture (Chateaubr.,Natchez, 1826, p. 499).Anna (...) ne parlait pas, (...) ne mangeait pas (...). Avec des prévenances timides et touchantes, il essaya de s'occuper d'elle; elle repoussa ses attentions, âprement (Rolland,J.-Chr., Buisson ard., 1911, p. 1386).
Loc., vx. Repousser une injure. S'opposer vivement à une injure. Repousser l'injure par l'injure (Ac. 1798-1878). Quelquefois il savoit repousser une injure grossière par une raillerie piquante (Chateaubr.,Essai Révol., t. 2, 1797, p. 147).Repousser la force par la force (vx). Employer la force pour se défendre, répondre à la violence par la violence. Le roi, tout en se déterminant à rester, pouvait encore prendre le parti de se mettre à la tête des gardes du corps, et de repousser la force par la force (Staël,Consid. Révol. fr., t. 1, 1817, p. 267).
b) Chasser de son esprit. Synon. écarter, rejeter.Repousser une idée noire, une mauvaise pensée, une tentation. J'eus faim. Mon premier mouvement, instantané, fut de repousser cette envie de manger (Malègue,Augustin, t. 2, 1933, p. 263):
2. Une idée bien lâche, qu'il avait déjà repoussée plusieurs fois, se présenta avec une vivacité à laquelle il ne put résister: « Si je campais là le ministère, et retournais à Nancy et au régiment? (...) » Stendhal, L. Leuwen, t. 2, 1835, p. 257.
3. Remettre à plus tard. Synon. ajourner, différer, renvoyer, reporter.Repousser un rendez-vous, une réunion. La pensée du partage nécessaire entre les deux sœurs (...), il le repoussait à une époque tellement lointaine, qu'il espérait trouver d'ici là une façon de s'y soustraire (Zola,Terre, 1887, p. 199).Un plan est donné par avance. Il est (...) représentable, avant le détail de sa réalisation. L'exécution complète en peut être repoussée dans un avenir lointain, reculée même indéfiniment (Bergson,Évol. créatr., 1907, p. 104).
Rem. Empl. critiqué. ,,Se dit parfois, inutilement d'ailleurs, et non sans équivoque, pour « remettre à plus tard »`` (Hanse Nouv. 1983).
4. Spécialement
a) IMPR., TYPOGR. Imprimer à la main un signe, une lettre qui manque sur une feuille tirée. Repousser un point qui manque à la fin d'une phrase (Littré).
b) MÉTALL., ORFÈVR. Travailler à froid une feuille de métal ou du cuir pour faire ressortir une image ou un ornement en relief. Au moyen de traçoirs qui repoussent les reliefs en les précisant (...) le ciseleur transforme le bronze informe sorti de la fonte en une œuvre d'art à laquelle il imprime fortement sa personnalité (Viaux,Meuble Fr., 1962, p. 26).
Empl. part. passé adj. V. repoussé.
C. − Qqc./qqn repousse qqn.Littér. [Le suj. désigne une pers. ou une chose] Inspirer de l'aversion, de la répulsion à quelqu'un. Synon. dégoûter, déplaire, rebuter; anton. attirer, plaire.Ce lieu nous attirait et nous repoussait à la fois comme un lieu où l'amour avait été révélé, et comme un lieu où il avait été profané aussi (Lamart.,Raphaël, 1849, p. 221).Quelle mauvaise figure il a! dit Alban, à la fois attiré et repoussé par cet être. Il a l'air d'un de ces chats pelés, chassieux, qu'on voit rôder, rejetés de partout, et dont la mine seule dénonce un paria (Montherl.,Bestiaires, 1926, p. 491).
II. − Empl. intrans.
A. − [Le suj. désigne un ressort ou une arme à feu portative] Exercer une pression qui éloigne; produire un effet de recul. Ce ressort repousse trop, ne repousse pas assez. Ce fusil repousse (Ac.).
B. − BEAUX-ARTS, DESSIN, PEINT. [Le suj. désigne une teinte, un ton] Obscurcir des teintes claires qui sont superposées à un ton foncé. Les tons [des toiles de Poussin], posés d'ordinaire sur une impression rouge qui a repoussé, ont pris un aspect triste et rembruni (Gautier,Guide Louvre, 1872, p. 172).Ne jamais peindre clair sur foncé (...) le foncé repousse, c'est-à-dire obscurcit ou « mange » les teintes claires qui lui sont superposées (Arts et litt., 1935, p. 30-4).
C. − Loc. verb., pop., arg. Repousser (du goulot). Sentir mauvais de la bouche, avoir mauvaise haleine. V. goulot A ex. de Magnane.
Prononc. et Orth.: [ʀ əpuse], (il) repousse [-pus]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1375 « pousser quelqu'un en arrière, faire reculer » (J. Cuvelier, B. du Guesclin, éd. E. Charrière, 20229); 2. 1553 repousser qqn « lui faire un mauvais accueil » (Bible Gérard, Eccl., 13, 25); 3. 1558 verbe intrans. « pousser en arrière » (Bonaventure des Périers, Nouvelles recreations, éd. K. Kasprzyk, p. 232); 4. 1579 « pousser une chose en arrière » (Garnier, La Troade, éd. W. Foerster, II, p. 125); 5. 1770 « inspirer de l'aversion » (Raynal, Hist. phil., XI, 11 ds Littré); 6. 1847 « sentir mauvais » (Dict. arg., p. 231); 1866 repousser du tiroir « id. » (Delvau, p. 339); 1878 repousser du goulot « id. » (Rigaud, Dict. jargon paris., p. 178); 7. 1887 « remettre à plus tard » (Zola, loc. cit.). B. 1. 1835 « imprimer à la main sur une feuille tirée » (Ac.); 2. 1840 (Fournet, Sur la sondabilité des métaux et sur le damassé d'or et d'argent ds Ann. chim. et phys., t. 75, p. 437: j'obtins une barre parfaitement tenace, ductile et homogène, que je laminai, et dont je fis fabriquer, par la méthode du repoussé, un vase dont le poli mit en évidence la parfaite homogénéité); 3. 1875 « réaliser une pièce métallique par une opération de repoussage » (Lar. 19e, s.v. repoussoir). C. 1. 1870 « se dit d'une couleur sur un tableau, qui avec le temps, domine celles qui l'environnent » (Littré); 1933 « se dit d'une partie d'un tableau qui reparaît sous les retouches » (Moreau-Vauthier, Peint., p. 148). Dér. de pousser*; préf. re-*.
DÉR. 1
Repoussage, subst. masc.[Corresp. à supra I B 5 b] Métall. ,,Façonnage d'un métal en feuille sur un mandrin ayant la forme désirée`` (Poignon 1967). Repoussage au tour. Survient maintenant l'opération du repoussage, nécessitant surtout l'usage de la (...) barre de fer ou d'acier recourbée ou coudée qui, frappée avec vigueur, repousse l'intérieur de la pièce de métal (Grandjean,Orfèvr. XIXes., 1962, p. 40).[ʀ əpusa:ʒ]. 1reattest. 1866 techn. grav. (M. Lalanne, Grav. eau-forte, p. 53); de repousser1, suff. -age*.
2.
Repoussement, subst. masc.a) Vx [Corresp. à supra II A; en parlant d'un ressort, d'une arme à feu portative] Fait de produire un effet de recul; p. méton., recul ainsi produit. Cette contusion a été causée par le repoussement de son fusil (Ac.).b) Vieilli, littér. α) [Corresp. à supra I A 1] Action de repousser quelqu'un. La deuxième fois, revêtus du nom de Romains, ils arrêtèrent, ils repoussèrent, ils refoulèrent l'Orient punique (...). C'est cet antique repoussement (...) que vous poursuivez aux héroïsmes des guerres mauritaniennes (Péguy,V.-M., comte Hugo, 1910, p. 832).[Corresp. à supra I A 2] Action de rejeter quelqu'un; p. méton., résultat de cette action. Ou la sympathie nous attire vers lui, ou l'antipathie nous en écarte; ou nous nous associons à son existence, ou elle devient pour nous un sujet d'effroi, de repoussement, de haine et de colère (Cabanis,Rapp. phys. et mor., t. 2, 1808, p. 335).Je deviens un objet d'indifférence, ou même de repoussement et d'ennui (Maine de Biran,Journal, 1816, p. 108). β) Action de repousser quelque chose, d'écarter de soi. À mon désir fou de la posséder (...) elle opposait une résistance incompréhensible, un doux, mais entêté repoussement de mes baisers (Goncourt,Journal, 1889, p. 1012).Action de rejeter, de ne pas accepter. Le repoussement par moments d'idées religieuses avec les terreurs d'un enfer de feu et de soufre (Goncourt,Journal, 1862, p. 1120). [ʀ əpusmɑ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1718. 1resattest. 1538 « action de repousser » (Est.), 1673 « choc que produit sur le tireur le recul d'une arme à feu » (doc. ds Guiffrey, Inv. mobilier Louis XIV, II, 63); de repousser1, suff. -ment1; cf. en 1436 repulsement « action de repousser » (Mandem. de Henri VI, ds Chron. du M. S. Michel, II, 91, A.t. ds Gdf. Compl.), dér. de repulser (1486, ibid.), suff. -ment1, repulser est un empr. au lat. repulsare « repousser ».
3.
Repousseur, subst. masc.a) Orfèvr., métall. Ouvrier qualifié qui pratique le repoussage ou le repoussé. Repousseur au tour en orfèvrerie; repousseur au tour; repousseur sur cuir; repousseur sur métaux (Mét. 1955). Aujourd'hui l'émailleur doit donner le dessin de la forme qu'il désire à un repousseur de métaux qui emploie des mandrins en bois sur lesquels il façonne au tour le métal qui lui a été confié (A. Meyer,Art émail Limoges, 1895, p. 2).b) Néol., pétrochim. ,,Produit chimique qui s'oppose à l'expansion d'une nappe de pétrole en rassemblant les hydrocarbures`` (Termes nouv. Sc. Techn. 1983). Les repousseurs, à l'opposé des dispersants, sont présentés comme des produits merveilleux: versés à la périphérie d'une nappe, ils créent un véritable barrage chimique à l'expansion du pétrole et, progressivement, le rassemblent et le regroupent (Sc. et Avenir, mai 1978, n o375, p. 48). [ʀ əpusœ:ʀ]. 1resattest. 1611 repoulseur « celui qui repousse » (Cotgr.), 1870 « ouvrier capable d'exécuter le repoussage sur métaux » (Littré); de repousser1, suff. -eur2*.
COMP. Repousse-peaux, subst. masc. Petit instrument de manucure, à l'extrémité en forme de spatule, servant à repousser les petites peaux autour des ongles. Synon. repoussoir (v. ce mot A 4). Mireille, rêvant (...), laissa un instant en suspens la main dodue de MmePontet-Massène. Puis elle reprit son repousse-peaux (P. Daninos, Un certain Monsieur Blot, 1960, p. 211 ds Rob. Suppl. 1970). [ʀ əpuspo]. Plur. des repousse-peaux. V. garde-. 1reattest. 1960 id. Formé de repousse, forme de repousser1*, et du plur. de peau*.
BBG. Quem. DDL t. 14; 15 (s.v. repoussage).

REPOUSSÉ, -ÉE, part. passé, adj. et subst. masc.

I. − Part. passé de repousser1*.
II. − Adjectif
A. − COMM., vx. Laines repoussées. ,,Jeunes laines maigres et élancées qui poussent sous la vieille avant qu'elle soit tondue`` (Littré).
B. − ORFÈVR. [En parlant d'une feuille de métal ou de cuir] Travaillé à froid pour faire ressortir une image ou un ornement. Argent, fer repoussé. Le salon de gauche (...) une pièce quadrangulaire (...) avec du papier en faux cuir repoussé marron à fleurs d'or (Aragon,Beaux quart., 1936, p. 395).La grosse horloge à balancier de cuivre repoussé à figure de Gorgone (Vailland,Drôle de jeu, 1945, p. 131).
[En parlant d'un ornement] Effectué suivant ce procédé. Relier ainsi une énorme quantité de Bibles qui auraient porté le nom de Frédéric-Thomas Graindorge, au bas, en lettres repoussées (Taine,Notes Paris, 1867, p. 297).
III. − Subst. masc., ORFÈVR.
A. − Art, technique du travail des métaux et du cuir par martelage ou par pression du dedans pour obtenir une image en relief (d'apr. Vogüé-Neufville 1971). Travail au repoussé. C'est [le retable de Henri II] un bas-relief d'or; il est exécuté au repoussé, c'est-à-dire que les lames d'or ont été travaillées au marteau sur des moules, puis retouchées au burin (Mérimée,Ét. arts Moy.-Âge, 1870, p. 344).En 1887 (...) cet orfèvre commence à fabriquer (...) d'importants services de table et des couverts, où brille particulièrement l'art du « repoussé » (Grandjean,Orfèvr. XIXes., 1962, p. 89).
B. − P. méton.
1. ,,Feuille de métal travaillée au marteau. On dit ainsi: des pièces de repoussé du Moyen Âge`` (Vogüé-Neufville 1971).
2. Pièce en relief exécutée selon ce procédé. P. métaph. Le corps, écrivait Carrière (...) « c'est avant tout un repoussé, martelé à grands coups frappés du dedans, par les instincts individuels et l'énergie spirituelle personnelle » (Mounier,Traité caract., 1946, p. 208).
Prononc.: [ʀ əpuse]. Fréq. abs. littér.: 1 079. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 2 282, b) 1 595; xxes.: a) 1 201, b) 1 063.

REPOUSSER2, verbe

A. − Empl. intrans.
[Le suj. désigne un végétal] Pousser, croître de nouveau, notamment après une coupe. Les feuilles repoussent aux arbres; mais pour nous, où est le mois de mai qui nous rende les belles fleurs enlevées et les parfums mâles de notre jeunesse? (Flaub., Corresp., 1846, p. 208).Le marchand de lacets.: L'herbe du Cours La Reine s'est mise en une minute à repousser: c'est la mort d'Attila! (Giraudoux, Folle, 1944, II, p. 180).
[Le suj. désigne certains organes, des éléments du système pileux (cheveux, barbe, poils), des dents, des ongles, des cornes (anat. animale)] Se laisser repousser les cheveux, la barbe. Une patte repoussée et coupée ne repoussera plus (Cl. Bernard, Notes, 1860, p. 60).
B. − Empl. trans. Faire naître, produire de nouveau. [Marchal à Tainchebraye] Tu ne retrouveras pas ton nez, bien sûr, mais ça s'arrangera mieux que tu ne le penses; tu repousses des chairs comme un homard ses pinces (La Varende, Nez-de-cuir, 1936, p. 28).
Prononc. et Orth. V. repousser1. Étymol. et Hist. 1600 (O. de Serres, Théâtre d'agric., p. 580). V. repousser1.
DÉR.
Repousse, subst. fém.a) Action de repousser, de croître de nouveau; p. méton., résultat de cette action. α) [En parlant d'un végétal] Les pâturages sont divisés en six parts utilisées successivement par périodes de cinq jours, ce qui permet et la repousse de l'herbe et la répartition de la fumure (Wolkowitsch, Élév., 1966, p. 124).P. méton. ,,Nouvelle pousse d'un végétal (arbre, rameau, herbe des prés, légumes, etc.), après une première coupe`` (Fén. 1970). Les amitiés d'enfance (...) plantes venues aux terrains jeunes, fleuries mais fortes en racines, pleines de vie et de repousses (A. Daudet, Nabab, 1877, p. 11). β) [En parlant des cheveux] Qu'une lotion, chimiquement établie après de longues recherches, provoque la repousse des cheveux n'a en soi rien d'illogique. Le client s'y attend (Huyghe, Dialog. avec visible, 1955, p. 46).b) mégiss. ,,Dépôt d'apparence blanchâtre ou résineuse qui se forme à la surface du cuir, au cours du stockage ou à l'usage`` (Rama Maroq. 1975). Repousses blanches, grasses, minérales; repousses salines, cristallines; repousses résinoïdes (Rama Maroq. 1975). En corroierie, où il faut éviter le phénomène de « repousse » dû à la formation de boutons de suif sur la fleur du cuir, il est nécessaire de se cantonner strictement dans les savons contenant le moins possible d'acides gras saturés constituant des suifs (Gobilliard, Tannage et corroyage des cuirs et peaux, 1955, p. 66). [ʀ əpus]. 1resattest. 1873 « seconde pousse d'un végétal » (E. Bocher, Rapport à l'Assemblée nat. sur les haras et les remontes, n o1910, p. 9, note), 1877 « seconde pousse de cheveux » (Littré Suppl.); déverbal de repousser2*.
BBG.Darm. 1877, p. 52 (s.v. repousse).
STAT.Repousser1 et 2. Fréq. abs. littér.: 3 164. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 5 860, b) 4 207; xxes.: a) 4 141, b) 3 709.

Repousse, subst. fém.a) Action de repousser, de croître de nouveau; p. méton., résultat de cette action. α) [En parlant d'un végétal] Les pâturages sont divisés en six parts utilisées successivement par périodes de cinq jours, ce qui permet et la repousse de l'herbe et la répartition de la fumure (Wolkowitsch, Élév., 1966, p. 124).P. méton. ,,Nouvelle pousse d'un végétal (arbre, rameau, herbe des prés, légumes, etc.), après une première coupe`` (Fén. 1970). Les amitiés d'enfance (...) plantes venues aux terrains jeunes, fleuries mais fortes en racines, pleines de vie et de repousses (A. Daudet, Nabab, 1877, p. 11). β) [En parlant des cheveux] Qu'une lotion, chimiquement établie après de longues recherches, provoque la repousse des cheveux n'a en soi rien d'illogique. Le client s'y attend (Huyghe, Dialog. avec visible, 1955, p. 46).b) mégiss. ,,Dépôt d'apparence blanchâtre ou résineuse qui se forme à la surface du cuir, au cours du stockage ou à l'usage`` (Rama Maroq. 1975). Repousses blanches, grasses, minérales; repousses salines, cristallines; repousses résinoïdes (Rama Maroq. 1975). En corroierie, où il faut éviter le phénomène de « repousse » dû à la formation de boutons de suif sur la fleur du cuir, il est nécessaire de se cantonner strictement dans les savons contenant le moins possible d'acides gras saturés constituant des suifs (Gobilliard, Tannage et corroyage des cuirs et peaux, 1955, p. 66). [ʀ əpus]. 1resattest. 1873 « seconde pousse d'un végétal » (E. Bocher, Rapport à l'Assemblée nat. sur les haras et les remontes, n o1910, p. 9, note), 1877 « seconde pousse de cheveux » (Littré Suppl.); déverbal de repousser2*.

Wiktionnaire

Nom commun

repousse \Prononciation ?\ féminin

  1. Action de repousser, de croître de nouveau.
    • Les pâturages sont divisés en six parts utilisées successivement par périodes de cinq jours, ce qui permet et la repousse de l'herbe et la répartition de la fumure. — (Wolkowitsch, Élév., 1966, page 124)
    • Qu'une lotion, chimiquement établie après de longues recherches, provoque la repousse des cheveux n'a en soi rien d'illogique. Le client s'y attend. — (Huyghe, Dialog. avec visible, 1955, page 46)
  2. Nouvelle pousse d'un végétal.
    • Les amitiés d’enfance (...) plantes venues aux terrains jeunes, fleuries mais fortes en racines, pleines de vie et de repousses. — (A. Daudet, Nabab, 1877, page 11)
  3. Dépôt d'apparence blanchâtre ou résineuse qui se forme à la surface du cuir.
    • Repousses blanches, grasses, minérales ; repousses salines, cristallines ; repousses résinoïdes.
    • En corroierie, où il faut éviter le phénomène de « repousse » dû à la formation de boutons de suif sur la fleur du cuir, il est nécessaire de se cantonner strictement dans les savons contenant le moins possible d'acides gras saturés constituant des suifs. — (Gobilliard, Tannage et corroyage des cuirs et peaux, 1955, page 66)

Forme de verbe

repousse \ʁə.pus\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de repousser.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de repousser.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de repousser.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de repousser.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de repousser.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

REPOUSSER. v. tr.
Pousser de nouveau. Pousser et repousser un objet. Il est rare en ce sens. Il signifie surtout Pousser en arrière, rejeter; faire reculer quelqu'un, écarter de soi quelque chose. Il le repoussa de la main. Il voulut entrer, on le repoussa. Repousser les ennemis. Repousser les efforts de l'ennemi. Repousser une attaque, un assaut. Fig., Il a été repoussé avec perte, Il a reçu un grand échec, il a échoué complètement. Repousser la force par la force, Employer la force pour se défendre contre celui qui attaque. Fig., Repousser la calomnie, La réfuter hautement. Fig., Repousser une tentation, une mauvais pensée, La rejeter de son esprit. Fig., Repousser une demande, une proposition, etc., L'écarter, la rejeter. Il a repoussé avec horreur cette offre injurieuse. En termes de Physique, Un corps chargé d'électricité négative repousse au-delà de la verticale un corps chargé de la même électricité. Les électricités de même nom se repoussent.

REPOUSSER s'emploie aussi comme verbe intransitif. Ce ressort repousse trop, ne repousse pas assez, Il a trop ou trop peu de force. Ce fusil repousse, La crosse donne rudememt contre l'épaule de celui qui tire. Fig. et fam., Il a une figure qui repousse, des manières qui repoussent, Il a une figure, des manières qui inspirent de l'éloignement, de l'aversion, qui causent de la répugnance.

REPOUSSER, intransitif, signifie encore Pousser de nouveau. Il faut couper cet arbre, il repoussera du pied. Étêtez cet arbre, il repoussera bientôt. Ces ormes repoussent déjà. On lui a rasé la tête, afin que ses cheveux repoussent mieux. On dit transitivement, dans un sens analogue : Cet arbre, cette plante, etc., a repoussé de plus belles branches, de nouvelles feuilles, etc. Le Participe passé REPOUSSÉ s'emploie adjectivement. Cuir repoussé, cuivre, métal repoussé, Cuir, cuivre, métal que l'on a décoré d'ornements en le travaillant à l'envers, au marteau ou avec des instrument spéciaux. Il s'emploie aussi substantivement. Travail de repoussé, Œuvre en relief exécutée à coups de marteau dans une plaque de métal.

Littré (1872-1877)

REPOUSSE (re-pou-s') s. f.
  • 1Action de pousser de nouveau, en parlant d'un végétal. Il [le cheval] tond l'herbe de trop près, ce qui nuit à la repousse du gazon, Bocher, Rapport à l'Assemblée nationale, n° 1910, p. 9, note.
  • 2Il se dit aussi des cheveux. La repousse des cheveux.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « repousse »

(Siècle à préciser) Déverbal sans suffixe de repousser.
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Phonétique du mot « repousse »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
repousse rǝpus

Citations contenant le mot « repousse »

  • L'Anglais respecte la loi et repousse ou méprise l'autorité. Le Français, au contraire, respecte l'autorité et méprise la loi. De Chamfort / Maximes et pensées, caractères et anecdotes
  • Le printemps c’est quand la neige fond et qu’elle repousse en gazon. De Paroles d’enfant
  • Ce n'est pas Dieu que je repousse, mais la création. De Fiodor Dostoïevski / Les Frères Karamazov
  • Il n'y a pas de pire aveugle que celui qui repousse la lumière. De Arsène Goyette / La Fille aînée
  • Une femme repousse parfois ce qui la charme le plus. De William Shakespeare / Les deux gentilshommes de Vérone
  • La vanité repousse la bienveillance, la modestie l'attire. De Madame de Maintenon / Mémoire et lettres de Madame de Maintenon
  • Je sens que lorsque je n’écris pas, une main inflexible me repousse hors de la vie. De Franz Kafka / Lettre à Felice Bauer
  • Si vous l’arrosez et que ça meurt, c’est une plante. Si vous l’arrachez et que ça repousse, c’est une mauvaise herbe.
  • Lorsque l'on tarde pour la cueillette, les fruits pourrissent. Mais quand on repousse les problèmes, ils ne cessent de croître. De Paulo Coelho / La cinquième montagne
  • Faites la fête avec tout votre corps, avec tout votre être. Et tant pis si vous y laissez quelques plumes. Ça repousse ! De Sophie Chauveau / Débandade
  • C’est vrai que la vie est rarement un roman en 18 tomes ; toutes les bonnes choses ont une fin, on ne repousse pas l’ultimatum. De Grand Corps Malade / Midi 20
  • L'homme est aussi lié à une société dont il subit la marque, dont il accepte ou refuse les structures, dont il partage ou repousse les sentiments et les actes collectifs. De Georges Pompidou / Poésie et politique - 28 Avril 1969
  • Les favoris, les hommes en place mettent quelquefois de l’intérêt à s’attacher des hommes de mérite, mais ils en exigent un avilissement préliminaire qui repousse loin d’eux tous ceux qui ont quelque pudeur. De Chamfort / Maximes et pensées
  • Les machines reproductrices que l'ordre a fabriquées et répandues partout, ce ne sont pas les gouvernants, les armées, les polices, les institutions, les lois : ce sont nos propres cervelles. Décapitez l'ordre et gardez vos têtes: l'ordre repousse. De Tony Duvert / Abécédaire malveillant
  • Le difficile est de repousser ce qui vous empêche d'être vous-même - sans repousser en même temps ce qui vous contraint à l'être. De Paul Valéry / Mauvaises pensées et autres
  • GRANDE-BRETAGNE - L’Angleterre n’est pas encore prête. Le gouvernement britannique a décidé de repousser d’au moins deux semaines la prochaine phase du déconfinement, prévue samedi avec la réouverture de certains lieux publics, en raison d’une hausse des cas de nouveau coronavirus, a annoncé ce vendredi 31 juillet le Premier ministre Boris Johnson. Le HuffPost, Face au coronavirus, l'Angleterre repousse l'assouplissement de son déconfinement | Le HuffPost
  • Est-on sur le point de trouver un remède miracle capable de faire repousser les cheveux ? Alors qu’en France, on estime à 10 millions d’hommes et à 2 millions de femmes souffrant d’alopécie, c’est-à-dire d’une chute partielle ou totale des cheveux et/ou des poils, un nouvel espoir de stimulation du follicule pileux, et donc de repousse des cheveux, nous vient des États-Unis. www.pourquoidocteur.fr, Un traitement prometteur pour la repousse des cheveux

Images d'illustration du mot « repousse »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « repousse »

Langue Traduction
Anglais push back
Espagnol hacer retroceder
Italien respingere
Allemand zurückschieben
Chinois 推回
Arabe إدفع إلى الخلف
Portugais retrocesso
Russe отталкивать
Japonais 押し戻す
Basque atzera egin
Corse spinta daretu
Source : Google Translate API

Synonymes de « repousse »

Source : synonymes de repousse sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « repousse »

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