La langue française

Oignon

Définitions du mot « oignon »

Trésor de la Langue Française informatisé

OIGNON, subst. masc.

A. −
1. BOT. Plante potagère de la famille des Liliacées, dont la racine bulbeuse, constituée de nombreuses couches enveloppées les unes dans les autres, est couverte d'une ou de plusieurs fines pellicules de couleur blanche, jaune ou rouge. Semer, repiquer des oignons; rangée d'oignons; botte d'oignons (frais); chapelet, corde d'oignons (secs), La maraude, le pillage des champs d'oignons en promenade (Zola, L'OEuvre,1886, p.36).Les choux ivres agitent leurs oreilles d'âne et les oignons montés se cognent entre eux, cassent leurs boules gonflées de graines (Renard, Poil Carotte,1894, p.271).
Petits oignons. Oignons plantés très serrés de façon à limiter le développement du bulbe. (Dict. xixeet xxes.).
Pelure d'oignon. Pellicule très fine qui enveloppe l'oignon:
1. «Sido» n'avait point sa pareille pour feuilleter, en les comptant, les pelures micacées des oignons. −Une... deux... trois robes! Trois robes sur l'oignon! Elle laissait choir lunettes ou binocle sur ses genoux, ajoutait pensivement: −C'est signe de grand hiver. Colette, Sido, 1929, p.38.
P. anal. Étoffe très mince. Mon satin est un satin fort, et celui-ci une pelure d'ognon (Leclercq, Prov. dram.,Mariage manqué, 1835, 5, p.79).
Papier très fin. En Allemagne, comme en Russie, on écrit les dépêches militaires sur du papier très fin, genre pelure d'oignon (Ledieu, Cadiat, Nouv. matér. nav.,1899, p.469).
(Couleur) pelure d'oignon. Rose violacé. Violon (...) vernis rose pelure d'oignon (Catal. Thibouville-Lamy,1932).
Vin pelure d'oignon et, p. ell., du/de la pelure d'oignon. Variété de vin rosé dont la couleur est rose violacé. Quand la femme de Félicien (...) eut débouché une bouteille de vin, pas de la pelure d'oignon, elle n'en avait plus, mais un malicieux petit vin du Roussillon (Cendrars, Bourlinguer,1948, p.277).
Flûte à l'oignon. V. flûte1A 1.
2. Locutions
a) Être couvert, vêtu comme un oignon. Porter plusieurs vêtements superposés. (Dict. xixeet xxes.).
b) [En parlant de pers. ou de choses] En rang d'oignons. Sur une seule ligne, à la file. Se mettre, se placer en rang d'oignons. Vis-à-vis ce chantier de pierres, s'étendaient, en rang d'oignons, des masures lézardées (Huysmans, Marthe,1876, p.89).En rang d'oignons, le sourire prêt, les maillots chair, les costumes multicolores, la troupe éclectique (...) n'était encore rien à côté de ce que vous alliez voir à l'intérieur (Aragon, Beaux quart.,1936, p.162).
c) Pop. et fam.
S'occuper, se mêler de ses oignons. S'occuper, se mêler de ce qui vous regarde. Occupe-toi de tes oignons. −Hé l'homme, je t'ai déjà dit de t'occuper de tes oignons, me répondit le Grec en me tournant le dos (Cendrars, Bourlinguer,1948, p.216):
2. −Tu connais du monde à Marseille? −Non. −Alors, mêle-toi de tes oignons, je te l'ai déjà dit. −Bien, patron. Mais on n'a pas idée de faire de la contrebande sur ces côtes, dans un pays déjà trop riche en vin. Cendrars, Bourlinguer,1948p.173.
Ce n'est pas mes/tes/ses oignons. Cela ne me/te/le regarde pas. Il ne reste plus que les gardes. Eux, tout ça, cela leur est égal; c'est pas leurs oignons. Ils continuent à jouer aux cartes (Anouilh, Antig.,1946, p.212).C'est mes oignons. Cela ne regarde, ne concerne que moi. Tu feras un riche pion!... Pour le rapport, laisse tomber, hein! (...) c'est mes oignons, comprends-tu? (Vercel, Cap. Conan,1934, p.56).
d) Pop. Y' a de l'oignon. Il y a des raisons obscures, des événements suspects, qui laissent entrevoir des difficultés, qui donnent des raisons de pleurer:
3. Lorsque le drapeau rouge fut arboré sur le Champ de Mars en 1789, Dazincourt fut dénoncé comme mauvais patriote pour avoir dit à mademoiselle Devienne en riant qu'il y avait de l'oignon. Larch.Nouv. Suppl.1889, p.168.
B. −
1. P. méton. Le bulbe de cette plante, d'odeur et de saveur fortes, utilisé dans l'alimentation. Malgré la propreté, une odeur d'oignon cuit, enfermée depuis la veille, empoisonnait l'air chaud (Zola, Germinal,1885, p.1149).La beauté du pot-au-feu. Carotte, navet, oignon, clou de girofle planté comme un clou dans l'oignon, ail, laurier, poireau dans sa ficelle, feuille de céleri (Renard, Journal,1905, p.953):
4. ... cette fête saine et violente faisait plaisir à voir, donnait envie de boire aussi au ventre de ces grosses futailles et de manger du pain ferme avec du beurre et un oignon cru. Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Ma femme, 1882, p.669.
SYNT. Émincer, hacher, faire revenir des oignons; tête d'oignon; oignons cuits sous la cendre; soupe, tarte à l'oignon; petits oignons au vinaigre, en saumure, confits; pleurer en épluchant des oignons.
Oignon brûlé. Oignon desséché au four et utilisé pour colorer les sauces, le pot-au-feu. L'odeur de poireaux bouillis, d'oignon brûlé et de fumée de charbon qui régnait dans la loge de Madame Morin (A. France, Pt Pierre,1918, p.120).
2. Locutions
a) Pop. et fam. [En parlant d'une action, d'une entreprise] Aux petits oignons. (Préparé et exécuté) avec un soin particulier (dans un sens favorable ou non). Un travail fait aux petits oignons. Voilà alors que ma sacrée gouine saute aux yeux de sa bourgeoise, et qu'elle la graffigne, et qu'elle la déplume, oh! mais aux petits oignons! Il a fallu que le charcutier la lui retirât des pattes (Zola, Assommoir,1877, p.547).
Accommoder, assaisonner, soigner qqn aux petits oignons. Le traiter d'une façon exceptionnelle (dans un sens favorable ou non). Qu'il vienne! je l'accommoderai aux petits oignons (Guérin1892).
b) Pleurer sans oignons, sans avoir épluché d'oignons. Avoir de bonnes raisons de pleurer. Dans cette maison, toutes les fois que vous aurez mal sans vous être coupé le doigt ou cogné le coude −toutes les fois que vous pleurerez sans avoir épluché d'oignons −cela sera une peine à dormir debout (Anouilh, Sauv.,1938, ii, p.193).
c) [P. allus. au fait que les israélites, ayant quitté l'Égypte, regrettèrent ce pays pendant la traversée du désert] Regretter ses oignons d'Égypte. Regretter son ancien état:
5. ... la porte s'ouvrit et (...) le vieux rabbin entra: −Hé! c'est toi, David, s'écria-t-il; (...) tâche d'expliquer à Katel ce qu'il faut entendre par «l'idéal». David, à ces mots fronça le sourcil. −Tu veux te moquer de moi? fit-il. −Non, c'est très sérieux, dis à Katel pourquoi vous regrettiez tous les carottes et les oignons d'Égypte... Erckm.-Chatr., Ami Fritz,1864, p.86.
C. − P. anal.
1. Racine ou parties bulbeuse de certaines plantes. Synon. bulbe.Oignon de lis, de tulipe. Si vous saviez que de soins me coûte cette jacinthe! Si vous me voyiez placer l'oignon juste à un demi-pied en terre, mettre dessous de la terre maigre pour l'empêcher de pourrir, et de la terre grasse dessus pour lui donner de la nourriture! (Karr, Sous tilleuls,1832, p.9).
2. Spécialement
a) Arg. Anus. Je croque en plein dans son nichon! Elle grogne (...). Une main, je lui passe dans l'oignon, je la laboure exprès... J'enfonce... Je m'écrabouille dans la lumière et la bidoche... Je jouis comme une bourrique (Céline, Mort à crédit,1936, p.326).
Rem. ,,On dit aussi oignon brûlé`` (France 1907).
b) HORLOG. Montre de poche de forme rebondie. Il regarda l'heure à un oignon attaché à un ruban noir (Gide, Isabelle,1911, p.614).Tenant toujours un petit verre d'une main, il cherche de l'autre sa montre dans la poche de son gilet et en sort un magnifique oignon dont on entend distinctement le tic tac: −Ah! ah! la montre est revenue de chez l'horloger! (G. Leroux, Roul. tsar,1912, p.119).
c) MÉD. Callosité qui se forme au niveau des articulations du pied, en particulier à la naissance du gros orteil. Prenez-y garde, gens affectés d'oignons, M. le docteur annonce que le prix de leur extirpation coûtera le double de celui qu'il demande pour la guérison des cors et durillons (Balzac, OEuvres div.,t. 1, 1826, p.181).Panisse (...) se tient le pied gauche à deux mains et tire sur son soulier en faisant des grimaces (...): La pointe me presse sur mon oignon. Je crois que je ferais mieux de les quitter (Pagnol, Marius,1931, ii, 2, p.111).
d) MÉD. VÉTÉR. Tumeur dure et douloureuse de la sole du cheval. (Dict. xixeet xxes.).
REM.
Ognonnée, subst. fém.Synon. de oignonade (infra dér.1).Il montrait une profonde écuelle où fumait son odorante ognonnée de chaque matin (Richepin, Cadet,1890, p.20).
Prononc. et Orth.: [ɔ ɳ ɔ ̃]. Ac. 1718-1762: oignon; 1798: ognon; 1835, 1878: oignon, ognon; 1935: oignon. Velléités de prononc. orth., [wa-], à l'image de poigne, etc., ou de suppression de i, ognon, à l'image de rogne, etc. Martinet-Walter 1973 [-ɳ-], [-nj-] (8/9). Étymol. et Hist. 1. a) Bot. ca 1190 unniun (Gl. a. fr. ds T.-L.); mil. xiiies. oinun (Gloss. Glasgow, 156b, ibid.); ca 1265 oingnun (Voc. plantes, ms. Harley, 978, 139b, ibid.); 1690 flûte à l'oignon (Fur.); 1694 flûte d'oignon (Corneille); b) loc. 1551 vestu comme un oignon (anonyme, Response de la dame au jeune fils de Paris, 50 ds OEuvres de Cl. Marot, éd. G.Guiffrey, t. 3, p.679); 1595 [date d'éd.] il y a de l'oignon «il y a quelque mauvaise affaire là-dessous» (La Taille, Singeries de la Ligue, p.25); 1802 (Henrion, Les Amours de la halle, 31 ds Quem. DDL t. 15); 1611 se mettre en rang d'oignon «s'agréger à une compagnie où l'on n'a pas sa place» (Cotgr.); 1690 (Fur.: on dit qu'un homme se met en rang d'oignons, quand il se place en un rang où il y a des gens de plus grande condition que luy); 1654 en rang d'oignons «rangées sur une même ligne (personnes)» (Scarron, Virgile travesti, livre 5 ds OEuvres, éd. 1786, t. 4, p.310); 1855 aux petits oignons (Al. Arnault et L. Judicis, Les Cosaques ds Rigaud, Dict. arg. mod., 1881); 1901 c'est pas mon oignon (Bruant, s.v. affaire); 1922 c'est pas tes oignons (Tharaud, Randonnée Samba Diouf, p.119); 1948 occupe-toi/mêle-toi de tes oignons (Cendrars, Bourlinguer, p.173 et p.216); 2. a) 1538 «racine bulbeuse de certaines plantes» (Est.); b) 1611 oignon du pied «éminence du gros orteil» (Cotgr.); 1701 oignon «callosité douloureuse qui vient aux pieds» (Fur.); c) 1834 «montre» (chans. pop. ds Esn.); d) 1883 oignon brûlé «anus» (G. Macé, ibid.); 1890 oignon «id.» (d'apr. Esn.). Du lat. unionem, acc. de unio «sorte d'oignon qui n'a pas de caïeux» (Columelle) mais surtout att. à l'époque impériale dans le sens métaph. de «grosse perle», terme dial. en face du terme cour. caepa (d'où l'a. fr. cive* et l'a. prov. ceba, cf. encore ciboule) et qu'on rattache à unus «un» parce qu'à la différence de l'ail, il a un tubercule unique. Fréq. abs. littér.: 425. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 393, b)801; xxes.: a) 728, b) 604.
DÉR. 1.
Oignonnade, subst. fém.,art culin. ,,Préparation où domine l'oignon`` (Ac. Gastr. 1962). [ɔ ɳ ɔnad]. 1reattest. 1552 oignonnade (Rabelais, Quart Livre, éd. R. Marichal, chap. LIX, p.240); de oignon, suff. -ade*.
2.
Oignonet, subst. masc.a) Petit oignon. (Dict. xixeet xxes.). b) P. anal. (de forme). Poire précoce (d'apr. Fén. 1970). [ɔ ɳ ɔnε]. Ac. 1762, 1835, 1878: oi-; Ac. 1798: o-. 1reattest. 1377 (Gace de La Buigne, Roman des Deduis, 3467 ds T.-L.); dimin. de oignon, suff. -et*.
3.
Oignonière, subst. fém.Terre où sont cultivés des oignons. (Dict. xixeet xxes.). [ɔ ɳ ɔnjε:ʀ]. Ac. 1762, et dep. 1835: oi-; Ac. 1798: o-. 1reattest. 1546 (Est., s.v. cepina); dér. de oignon, suff. -ière*.
BBG.Chautard Vie étrange Arg. 1931, p.214 (s.v. ognon). _ Quem. DDL t. 3, 7, 15, 19. _ Sain. Arg. 1972 [1907] p.95.

Wiktionnaire

Nom commun

oignon \ɔ.ɲɔ̃\ masculin (orthographe traditionnelle)

  1. (Botanique) Plante à bulbe comestible, de la famille des liliacées (classification classique) ou des amaryllidacées (classification phylogénétique).
    • La culture intensive de l’oignon, pratiquée sur les rives du Mayo Binder, contribue pour beaucoup à l’originalité du canton de Binder dans la zone soudanienne. — (Géraud Magrin, Le Sud du Tchad en mutation : des champs de coton aux sirènes de l’or noir, Éditions Quae, 2001, p. 145)
    • Au regard des résultats, il nous semble que le nombre d’écotypes d’oignon répertorié ne correspond pas à la réalité. Les mêmes variétés d'une même origine peuvent être cultivées dans différents pays et porter des appellations différentes. Ces variétés le plus souvent sont appelées à tort de nouvelles populations d’oignon. — (Science et technique : Série Sciences naturelles, vol. 22, Centre national de la recherche scientifique et technologique, 1995, p. 31)
    • Lorsque l’oignon monte en graine à la seconde année , il pousse une tige nue , droite , haute de trois ou quarre pieds , renflée vers son milieu , portant à son sommet une tige de la grosseur du poing , composée de fleurs en lis […] — (Pierre-Joseph Buc’hoz, Dictionnaire universel des plantes, arbres et arbustes de la France, vol. 2, Lacombe, Paris, 1770, p. 435)
  2. (Cuisine) Bulbe de cette plante, utilisé comme légume ou condiment.
    • L’oignon est, en effet regardé par les gens de la campagne comme un préservatif contre la brûlure. — (Jacques-Albin-Simon Collin de Plancy, Dictionnaire infernal, 1818, page 359)
    • Piquez votre foie de veau de gros lard assaisonné ; foncez une braisière de bardes de lard ; mettez-y le foie avec des carottes, un bouquet garni, des oignons […] — (Alexandre Dumas, Grand Dictionnaire de cuisine, Alphonse Lemerre, Paris, 1873, p. 565)
  3. Bulbe de plante.
    • On plante les tulipes depuis la mi-Octobre jusqu’à la fin de Novembre. Examinez bien vos oignons avant de planter ; ôtez ceux qui sont malades […] — (Louis Liger, La Nouvelle Maison rustique, ou Économie générale de tous les biens de campagne, vol. 2, Samson, Paris, 1775, 10e édition revue & augmentée par Henricus Bernier, p. 303)
    • Le suc d’oignons de lis étoit tenace, gluant ; il fallut pour en avoir un peu, le ramasser avec un couteau : il étoit couleur de café au lait […] — (Jean-Étienne Guettard, Mémoires sur différentes parties des sciences et arts, tome 2, Laurent Prault, Paris, 1770, page L)
    • L’observateur rapporte qu’une paysanne ayant vendu des oignons de perce-neige en guise de ciboulette, toutes les personnes qui en mangèrent furent surprises de vomissement, qui n’eurent aucunes suites fâcheuses. — (Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts et des Métiers, vol. 12, Samuel Faulche, Neufchâtel, 1765, p. 326)
  4. Callosité douloureuse qui vient aux pieds.
    • Le seul moyen de se garantir d’oignons, & même de toute incommodité aux pieds, c’est d’être absolument en garde contre les chaussures trop courtes […] — (Nicolas Laurent Laforest, L’Art de soigner les pieds : contenant un traité sur les cors, verrues, durillons, oignons, engelures, les accidens des ongles & leur difformité, chez l’auteur & Maison de M. Bourdet / Blaizot, Paris / Versailles, 1781, p. 77)
  5. (Argot) Anus.
    • Les feuilles éparses autour des crottes m’incitèrent à croire qu’il avait même pris le soin de se torcher l’oignon. — (Jean Delou, Le Safari sanglant, Éditions du Scorpion, 1961, p. 99)
    • L’Alsacien renvoya plaignants et accusé dos à dos, se contentant de noter que Lemoine ne disait pas que des conneries, bien qu’il eût tendance ces derniers temps à péter un peu plus haut qu’il avait l’oignon. — (Antoine Bello, Mateo, collection Blanche, 2013, p. 155)
  6. (Populaire) (Vieilli) Montre de poche, montre à gousset.
    • Trique tira un oignon de sa poche, le consulta, répondit : — Eh! mais… il devrait être ici. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
    • Il essaya de tirer sa montre, son gousset était déjà plein de terre, son père avait gagné cet oignon au Tir fédéral de 1887. — (Catherine Colomb, Les Esprits de la Terre, 1953)
    • Il sortit la montre gousset que lui avait donnée Emmanuel, son père, un vieil oignon en métal brun auquel il tenait beaucoup. — (Edmond Reboul, Le Déserteur Triomphant, L’Harmattan, 2010)
  7. (Populaire) (Au pluriel) Ce qui concerne ou regarde quelqu’un en personne.
    • Que les Popov continuent à chier sur des poutres verglacées et à se torcher le cul avec une poignée de graviers, c’est leurs oignons. Mais moi, j’en ai marre! — (Sven Hassel, Les Forcenés de l’Enfer, 1971, traduction française Presses de la Cité, Paris, 1981)
    • Pourquoi diable poses-tu toutes ces questions ? C’est pas tes oignons, ce qu’on fait et avec qui on le fait. — (Glen Cook, Garrett, détective privé, vol. 4 : Chagrins de ferraille, chap. 4, L’Atalante, 2007)
    • Les oignons de l’Église, ça devait être, sans doute, pour le général, les sacristies sentant le moisi, les nonciatures, les pastorales d’ensemble, et tout notre bazar extérieur. Manque de pot, l’immense chantier de l’Église est partout ailleurs. — (Guy Gilbert, La rue est mon église, Stock, 1980)
  8. Couleur rose violacée que présente la pellicule de l’oignon.
    • Du vin pelure d’oignon.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

OIGNON. (L'I ne se prononce pas.) n. m.
Plante potagère qui a une racine bulbeuse de forme ronde, communément un peu aplatie, de saveur et d'odeur fortes, composée de plusieurs tuniques ou pellicules qui se recouvrent les unes les autres. Botte d'oignons. Oignon blanc. Oignon rouge. Soupe à l'oignon. Chapelet d'oignons, Une grande quantité d'oignons attachés ensemble. Pelure d'oignon, Une des enveloppes de l'oignon. Il se dit figurément d'une Étoffe, d'un papier très mince. Il se dit aussi de la Couleur rose violacée que présente la pellicule de l'oignon. Du vin pelure d'oignon. Fam., Être couvert comme un oignon, Être très chaudement vêtu. Par analogie, en termes de Botanique, il se dit du Bulbe de certaines plantes, dont la base produit des racines fibreuses. Dans cette acception, on l'écrit souvent OGNON. Ognon de jacinthe, de tulipe.

OIGNON se dit aussi d'une Certaine callosité douloureuse qui vient aux pieds. Avoir des oignons. Il se dit également d'une Grosseur de la sole du cheval, qui se manifeste plus souvent en dedans qu'en dehors et qui ne vient presque jamais aux pieds de derrière.

OIGNON se dit encore d'une Montre ancienne, très bombée.

EN RANG D'OIGNONS, loc. adverbiale et familière dont on se sert en parlant de Plusieurs personnes ou de plusieurs choses qui sont rangées sur une même ligne.

Littré (1872-1877)

OIGNON (o-gnon ; l'i ne se prononce pas ; quelques-uns écrivent ognon) s. m.
  • 1Plante potagère à racine bulbeuse, de saveur et d'odeur très fortes, allium cepa, L., liliacées. Faire cuire des oignons. Manger des oignons. Cet homme [Alberoni], en 1707, n'avait été connu que sur le pied d'un uomo faceto e piacevole, qui faisait des soupes à l'oignon excellentes, Voltaire, Mél. hist. ex. du test. d'Alberoni.

    Oignon d'Espagne, d'hiver, allium fistulosum, L. Oignon rocambole, allium scorodoprasum, L.

    Une tête d'oignon, un oignon seul.

    Botte d'oignons, botte formée généralement d'oignons verts, dans laquelle les oignons sont liés ensemble par le milieu de la tige, de telle sorte que les têtes sont toutes, ou à peu près, dans un plan horizontal.

    Chapelet d'oignons, assemblage d'oignons lequel, constitué par des oignons secs, a une forme pyramidale contenant, sur une longueur de 40 à 50 centimètres, plusieurs rangées horizontales dont les plus élevées offrent les petits oignons ; leur grosseur va en augmentant jusqu'à la base où sont les plus gros, Legoarant

    On dit dans le même sens : corde d'oignons.

    Petits oignons, oignons qu'on sème très serrés pour qu'ils ne viennent que petits, et qu'on emploie dans certaines sauces, pour les cornichons, etc.

    Fig. et ironiquement. Aux petits oignons, d'une façon aigre, peu plaisante. Je vous arrangerai cela aux petits oignons.

    Pelure d'oignon, une des enveloppes de l'oignon, se dit fig. d'une étoffe très mince. Je vous ai donné du satin fort, et celui-ci est une pelure d'oignon, Théod. Leclercq, Proverbes, t. I, p. 88, dans POUGENS.

    Les oignons font pleurer pendant qu'on les épluche ; et l'on dit fig. et populairement, pleurer sans oignon, avoir de justes raisons de larmes. Ceux à qui tout porte guignon, La font larmoyer sans oignon, Scarron, Virg. I.

    Fig. Regretter les oignons d'Égypte, regretter son ancien état ; locution prise des Israélites qui, errant dans le désert après leur sortie d'Égypte, regrettèrent plus d'une fois le pays qu'ils avaient quitté.

    Être vêtu comme un oignon, avoir plusieurs vêtements les uns sur les autres, parce que l'oignon a plusieurs peaux qui l'enveloppent.

    Populairement. Il y a de l'oignon, il y a quelque mauvaise affaire là-dessous, il y a du bruit, des difficultés, quelque intrigue ; métaphore tirée de ce que les vapeurs de l'oignon piquent les yeux.

  • 2Partie de la racine de quelques plantes, d'une forme renflée, et dont la base produit des racines fibreuses ; ou, plutôt, en botanique, tige souterraine, rhizome raccourci, à feuilles charnues, soit tuniqué comme dans l'allium cepa, soit écailleux comme dans le lis. Des oignons de jacinthe. Des oignons de tulipe. Des oignons de lis. Il trouva que la maladie était causée par une plante parasite qui s'attache à l'origine du safran, se nourrit aux dépens de sa substance, et, s'étendant sous terre d'un oignon à l'autre, infecte tout l'espace où on lui permet de se répandre, Condorcet, Duhamel. Croiriez-vous qu'il existe des gens assez extravagants pour donner deux ou trois cents louis d'un oignon en fleur ? Genlis, Veillées du chât. t. I, p. 423, dans POUGENS.
  • 3Flûte d'oignon, ou flûte à l'oignon, synonyme de mirliton.
  • 4Callosité douloureuse qui vient aux pieds.

    Terme de vétérinaire. Tumeurs dures et douloureuses qui viennent au voisinage des articulations du pied du cheval, particulièrement de celles du métatarse, et qui consistent en un gonflement des os eux-mêmes.

  • 5En rang d'oignon, loc. adv. Sur une même ligne. Après que maints bons compagnons Se furent mis en rang d'oignons, Scarron, Virg. V. M. de Saint-Brieux dans son diocèse, est transporté à Poitiers qu'il souhaitait ; d'autres en rang d'oignon tous les jours à la messe du roi, n'ont rien, Sévigné, 400. J'oubliais Mme de Vendôme, qui parut aussi chez le roi en rang d'oignon, mais qui ne fut point visitée, Saint-Simon, 296, 54.

    Se mettre en rang d'oignon, prendre place dans une réunion où l'on n'est pas invité, dans une assemblée à laquelle on n'a pas le droit d'assister.

    On fait venir l'expression proverbiale, être assis en rang d'oignon, d'Artus de la Fontaine Solaro, baron d'Oignon, qui, faisant l'office de grand maître des cérémonies aux états de Blois, assignait les places et les rangs des seigneurs et des députés. Mais M. Leroux de Lincy dit : Ne vient-il pas tout simplement de la manière dont les gens de la campagne assemblent les oignons avec des liens de paille, en plaçant les plus gros les premiers, et ensuite les autres ? Prov. t. II, p. 58.

  • 6 Populairement. Une montre, un peu épaisse, à l'ancienne mode, à cause que les anciennes montres avaient une épaisseur qui permettait de les assimiler à un oignon.
  • 7 Populairement. Il a de l'oignon, il a de l'argent.
  • 8Oignon de loup, variété de courge.

    Oignon musqué, le muscari odorant.

  • 9Oignon blanc, grande espèce d'hélice, coquille.

    PROVERBE

    Marchand d'oignons se connaît en ciboules, c'est-à-dire on est difficilement trompé sur les choses de son métier.

HISTORIQUE

XIIIe s. Et toute autre maniere de fruit crut en regne de France, aus, oignons et toute autre maniere d'aigrun, Liv. des mét. 32. Oingnon qui vienent par Marne, ib. 334.

XIVe s. Laiens a Espaignolz que je n'aime un ongnon, Qui rendre ne nous veulent la tour ne le donjon, Guesclin. 17186.

XVe s. Par notre Dame ! on m'a bien baillé de l'oignon, et si ne m'en doutois guere ! si en ai esté plus aisé à decevoir, Louis XI, Nouv. XXXIII.

XVIe s. Seulement par racine s'edifie le lys, icelle estant en bulbes et oignons, De Serres, 575. Tant facent ilz bonne mine, si il y a de l'oignon, Palsgrave, p. 595. Se mettre en rang d'oignon et ne valoir une eschalote, Cotgrave À pain et oignon, trompette ne clairon, Cotgrave Si tu te trouves sans chapon, sois content de pain et d'oignon, Cotgrave

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

OIGNON. - HIST.

XVIe s. Ajoutez : Je conclus ou que les heretiques ont des autres evangiles et epistres que ceux qui sont en nostre missel, ou qu'il y a voirement de l'oignon et quelque pot aux roses que l'on tient couvert et caché, Œuvres de Ph. Marnix de Sainte-Aldegonde, Bruxelles, 1859, t. IV, p. 40.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

OIGNON, s. m. cepa, (Hist. nat. Bot.) genre de plante à fleur liliacée composée de six pétales ; le pistil occupe le milieu de cette fleur, & devient dans la suite un fruit arrondi & divisé en trois loges, qui renferme des semences arrondies. Ajoutez aux caracteres de ce genre que les fleurs sont réunies en un bouquet sphérique, & que les feuilles & les tiges sont fistuleuses. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

Outre les treize especes d’oignons que compte Tournefort, il s’y trouve encore d’autres variétés en couleur, en grosseur, en forme, que produit l’art de la culture. L’espece la plus commune dans nos jardins est l’oignon blanc ou rouge : cepa vulgaris, floribus & tunicis candidis, vel purpurascentibus. C. B. P. 71. I. R. H. 382.

Sa racine est bulbeuse, composée de plusieurs tuniques charnues intérieurement & membraneuses à l’extérieur ; elle est tantôt rouge, tantôt blanche ; quelquefois orbiculaire, quelquefois oblongue d’autrefois applatie, garnie à sa partie inférieure de fibres blanches, remplies d’un suc subtil & très-âcre qui fait pleurer. Ses feuilles sont longues d’un pié, fistuleuses, cylindriques, pointues, d’une saveur âcre. Sa tige est unie, droite, haute de deux ou trois coudées, renflée vers le milieu, portant à son sommet une tête de la grosseur du poing, composée de fleurs-de-lis, dont chacune a six pétales, six étamines & un pistil : ce pistil se change ensuite en un fruit arrondi, partagé en trois loges remplies de graines arrondies, anguleuses, noires. L’oignon differe de toutes les racines bulbeuses, en ce que sa racine n’en donne point d’autres. On le cultive sans cesse dans les jardins pour la cuisine.

L’oignon blanc d’Espagne, ou l’oignon doux, cepa africana, maxima, bulbà lignariâ, dulci, H. R. P. est encore une espece d’oignon qu’on cultive dans les jardins ; il est remarquable en ce que ses bulbes sont extrèmement grosses & très-douces. L’oignon blanc est apéritif, incisif & résolutif. On l’applique extérieurement pour faire mûrir les abscès.

L’échalote, cepa ascalonica, sive fissilis, I. R. H. 382, est une espece d’oignon. Sa racine est un assemblage de plusieurs bulbes unies ensemble, un peu plus grosses qu’une aveline, & portée sur un paquet de racines fibreuses ; elle a une vive saveur d’oignon, cependant agréable. Elle pousse des feuilles menues, fistuleuses, cylindriques, lisses, qui ont le même goût. On seme l’échalote dans les potagers, pour assaisonner les alimens.

La ciboule, cepa fissilis, I. R. H. 382. est une quatrieme espece d’oignon, qui ressemble par son extérieur à l’échalote, si ce n’est que toutes ses parties sont plus grandes. Il sort plusieurs bulbes grêles & alongées d’un seul paquet de racines chevelues, comme dans l’échalote, dont elles different par leur acrimonie. On la cultive dans les potagers. Elle a les mêmes qualités que l’oignon blanc & l’échalote. Son analyse nous apprend qu’elle contient un sel ammoniacal & un esprit subtil. (D. J.)

Oignon, (Jardin.) quoiqu’il y ait différentes especes d’oignons dans les jardins des curieux botanistes, les jardiniers n’en cultivent que deux ou trois especes ; savoir, l’oignon d’Espagne, cepa vulgaris floribus & tunicis candidis vel purpurascentibus, C. B. & l’oignon de Strasbourg. Celui d’Espagne a la racine grosse & douce ; l’oignon de Strasbourg est plus amer, & se garde plus long-tems : l’un & l’autre n’ont aucune différence dans leur culture ; mais il faut observer que leurs variétés ne sont pas durables : car si vous semez des graines de l’oignon d’Espagne, vous aurez un mélange d’oignon rouge parmi. L’oignon de Strasbourg ne conserve pas mieux sa nature ; car il s’applatit insensiblement. La même chose arrive aux oignons de Portugal dans nos climats ; au bout d’un ou deux ans ils dégénerent au point, qu’on ne reconnoît plus leur origine.

L’oignon quel qu’il soit vient de graine, & veut une terre neuve. Cette graine se jette à plein champ un peu à claire voie ; puis on la couvre de terre avec le rateau. On ôte avec soin toutes les mauvaises herbes ; on éclaircit aussi les oignons, afin que ceux qui restent viennent plus beaux ; & lorsqu’ils ont acquis une belle grosseur, on en foule les montans ; quand leurs tiges sont fanées. on tire l’oignon de terre en coupant l’extrémité de la tige ; on les fait sécher dans un terrein bien sec, observant de les tourner chaque jour, pour les empêcher de pousser de nouvelles racines, ce qu’ils ne manqueroient pas de faire sur-tout dans un tems humide ; on finit par ôter toute la terre qui les entoure, & on met ensemble dans un grenier de la maison tous ceux qui sont bien sains, sans les trop presser les uns contre les autres. Plus on les garantit de l’air, & plus on les conserve.

Il est inutile d’entrer dans de plus grands détails sur une plante si commune ; cependant elle a mérité l’attention de Miller ; & ses préceptes sont bien supérieurs à ceux de nos auteurs qui se sont attachés à indiquer la culture de cette plante potagere. (D. J.)

Oignon, (Chim. Diet. & Mat. médic.) l’oignon rouge & l’oignon blanc ; le principe vif & très-volatil qui nage dans le suc aqueux de l’oignon, & qui se répand au loin dès qu’on vient à le couper ou le piquer, & cela sans le secours du moindre feu artificiel ; la nature de ce principe, dis-je, n’a pas encore été déterminée par les chimistes. Il est certain seulement que ce n’est point de l’alkali volatil, & que Boerhaave & quelques chimistes plus modernes se sont trompés en le croyant du même genre que l’alkali spontané des plantes cruciferes de Tournefort. Il est manifeste encore que ce principe est beaucoup plus mobile que l’alkali volatil qui se trouve dans ces dernieres plantes dans l’état le plus concentré.

La racine ou le bulbe de l’oignon porte par excellence le nom de toute la plante. C’est dans cette partie que réside principalement le principe dont nous venons de parler : elle est encore la seule qui soit employée comme aliment & comme remede.

L’oignon est d’autant plus doux, c’est-à-dire dépourvu de ce principe actif & volatil, qu’il croît dans des pays plus chauds. L’oignon cultivé en Languedoc ou en Provence differe si fort à cet égard de la même espece cultivée aux environs de Paris, que le piquant de ces derniers est un objet absolument nouveau pour les habitans des premieres provinces. Un paysan languedocien qui a mangé fort communément dans son pays un ou deux gros oignons cruds, ne sauroit manger sans répugnance ou sans effort une seule feuille de ceux de Paris. La même différence s’observe dans la même proportion entre les oignons de Languedoc & ceux d’Espagne, de l’île Minorque, &c. On peut couper ces derniers extrèmement près du nez & des yeux, sans qu’ils picotent ces organes d’une façon incommode. J’ai observé encore que la qualité malfaisante de l’oignon crud, dont nous allons parler dans un instant, étoit aussi directement proportionnelle à l’abondance & à la vivacité de ce principe ; en sorte que l’oignon qui en est presque absolument privé, n’est plus qu’un aliment plein d’une eau douce, d’un goût agréable, relevé par un parfum léger ; & que les oignons d’Egypte étant vraissemblablement dans ce degré extrème de perfection, il n’est pas étonnant que les Juifs qui abandonnerent ce pays, en aient tant regretté cette précieuse production.

Cette mauvaise qualité de l’oignon crud de notre pays, dont nous parlions tout-à-l’heure, est de causer l’assoupissement & le vertige aux personnes qui ne sont pas accoutumées à cet aliment, de ne subir qu’une digestion longue & pénible, & enfin de causer des vents & des rapports fort dégoûtans. Les paysans sur tout dans les pays chauds, & pendant les plus grandes chaleurs de l’été, mangent beaucoup d’oignons cruds, qu’ils assaisonnent avec beaucoup plus de sel qu’aucun autre aliment que je connoisse. Cette nourriture convient aux organes de ces hommes robustes, & aide à les soutenir dans leurs travaux pénibles ; elle les défend utilement sur-tout contre le relâchement qu’opéreroit sur leur corps la chaleur du climat & de la saison. Voyez Climat, Médecine.

Par les raisons du contraire, un pareil aliment est inutile, & peut même être nuisible aux tempéramens plus délicats, & sur-tout à ceux qui ont les nerfs sensibles, & qui sont facilement échauffés.

L’oignon cuit sous la cendre, soit à l’eau, soit dans les potages, ou avec le jus des viandes, qui a été absolument dépouillé dans cette opération, de son principe volatil, & dont le suc a peut-être reçu d’ailleurs une élaboration utile ; l’oignon cuit, dis-je, est au contraire un aliment très-sain qui se digere facilement, qui peut même, si l’on veut, être regardé comme adoucissant, pectoral, &c.

Quant aux usages médicinaux de l’oignon, le suc récent de l’oignon crud est compté parmi les diurétiques les plus puissans. L’infusion de l’oignon dans le vin blanc est aussi recommandée pour la même vertu. Il est fort singulier que Chomel, qui vante ce remede, exige, comme une circonstance essentielle, qu’il soit pris les trois derniers jours de la lune, & que Geoffroi rapporte cette prétention sans la réfuter.

La qualité anti-pestilentielle attribuée à l’oignon par le peuple, & par quelques médecins, n’est rien moins que démontrée.

L’oignon crud est encore vanté pour faire revenir les cheveux ; autre qualité peu éprouvée. On applique aussi extérieurement l’oignon crud & pilé sur la tête, pour en calmer les douleurs opiniâtres, sur les œdemes, qu’il guérit quelquefois en excitant les urines, & sur le ventre dans l’ascite & la leucophlegmatie, qu’il dissipe par la même voie : ce sont encore-là des vertus célébrées dans les livres, & trop peu confirmées par l’expérience.

L’oignon cuit & réduit en forme de cataplasme, est un très-bon émollient & résolutif. Cette derniere propriété est prouvée par une expérience journaliere.

L’échalote & la ciboule sont fort analogues à l’oignon. La premiere de ces racines l’est cependant encore davantage à l’ail. Voyez Ail. Ce que nous avons dit de l’oignon crud convient presque absolument à la derniere. (b)

Oignon marin, (Mat. médic.) Voyez Scille.

Oignon musqué, (Botan.) genre de plante, connu des Botanistes sous le nom de muscari. Voyez Muscari, Botan.

Oignon, terme de Chirurgie vulgaire, est une dureté qui vient au pié à la base du gros orteil : c’est une espece de cors. Lorsque sa racine est simplement dans la peau, il n’est que cutané : quelquefois ses racines vont jusqu’aux ligamens & au périoste.

Ces oignons sont quelquefois fort douloureux, s’enflamment & suppurent. J’ai vû un amas de synovie sous l’enveloppe calleuse d’un oignon : le malade a guéri par l’usage de l’esprit de térébenthine introduit dans la plaie.

Les oignons sont en général plus incommodes que dangereux : on les diminue en les coupant, après avoir fait tremper le pié dans le bain tiede ; il ne faut pas aller trop au vif de crainte d’accident ; par une longue macération réitérée, on parvient à les détacher sans se servir d’instrument tranchant.

Le meilleur topique est le galbanum ou la gomme ammoniaque amollie dans le vinaigre & appliqués en forme d’emplâtre. Voyez ce que nous avons dit au mot Cor. (Y)

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « oignon »

Provenç. uignon, ignon ; du lat. unionem, sorte d'oignon, grosse perle, chose unique, unité, de unus, un.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

(1190) Du latin populaire ūniōnem, accusatif de ūnio (chez Columelle : « sorte d’oignon qui n’a pas de caïeux »). On rattache unio à unus (« un ») parce qu’à la différence de l’ail, il a un bulbe unique. En Gaule du Nord, unionem a supplanté le latin classique caepa, conservé partout ailleurs (occitan, et catalan : ceba, espagnol : cebolla, italien cipolla, portugais cebola, roumain ceapă) ; voir ciboule, ciboulette, qui sont d’origine provençale.
En ancien français, le graphème ‹ ign › notait le n palatal (\ɲ\) : besoigne (« besogne »), estraigne (« étrange »), montaigne (« montagne »), etc. avant d’être simplifié en ‹ gn ›. Nous gardons trace de l’ancienne notation dans seigneur et oignon. Les rectifications orthographiques de 1990 recommandent d’écrire ognon sur le modèle de agneau ou rogne.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « oignon »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
oignon ɔɲɔ̃

Citations contenant le mot « oignon »

  • Une rose ne saurait naître d'un oignon. De Théognis de Mégare
  • Le meilleur ail ne remplace pas l’oignon. De Proverbe haoussa
  • Ne sous-estimez jamais la capacité lacrymogène d'un oignon. De Loi de Murphy
  • La vie est un oignon qu'on épluche en pleurant. De André Masson
  • Entre l'oignon et sa pelure on ne tire qu'une mauvaise odeur. De Proverbe arabe
  • Ail le soir, oignon le matin Est le malheur du médecin. De Proverbe auvergnat
  • Quand on plante un oignon sous un saule, on n’obtient pas forcément un saule pleureur. De François Cavanna / Le Saviez-vous ?
  • Prenez n'importe quel livre de philosophie et lisez-le, un oignon frais à la main, vous verrez la différence. De Clément Lépidis / Mille Miller
  • Un oignon suffit à faire pleurer les gens, mais on n'a pas encore inventé le légume qui les ferait rire. De Will Rogers
  • Un pédicure est un spécialiste qui s'occupe des oignons des autres. De Jean Cazalet
  • Est-ce que la vérité n'a pas dix-sept enveloppes comme les oignons ? De Paul Claudel
  • Qui cultive les oignons n’en sent pas l’odeur. De Proverbe allemand
  • Quand on épluche des oignons, il faut en même temps penser à quelqu’un qu’on aime bien et qui est mort, sans quoi ce sont des larmes perdues. De François Cavanna / Le saviez-vous ?
  • Vous avez planté il y a quelques mois de l’ail, de l’échalote et des oignons, et leur feuillage jaunit, signe qu’il est temps de les sortir de terre. Voici comment les récolter et les conserver. La Croix, Ail, oignon, échalote… Comment les récolter et les conserver
  • Les oignons ? On les adore dans nos recettes, mais on apprécie beaucoup moins de les éplucher. Yeux qui piquent, brûlent, voire pleurent… Ils ne sont pas toujours nos amis quand il s’agit de les déshabiller. Mais un internaute a trouvé la parade pour peler la peau d’un oignon en deux temps, trois mouvements, et sans se transformer en fontaine de Trevi. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que sa méthode est plutôt originale. , Cette astuce inattendue, mais très efficace, pour éplucher un oignon en une fraction de seconde
  • La Confrérie de l’oignon doux a tenu son assemblée générale annuelle le vendredi 19 juin, soit la veille du solstice d’été. midilibre.fr, La Confrérie de l’oignon doux marque le passage à l’été - midilibre.fr
  • Vous aurez donc besoin d'un t-shirt blanc, des élastiques à légumes, plusieurs pelures d'oignon, un chaudron et de l'eau. C'est aussi simple que ça. Ton petit look, Comment réaliser un vêtement tie-dye avec des pelures d'oignon | Ton petit look

Images d'illustration du mot « oignon »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « oignon »

Langue Traduction
Anglais onion
Espagnol cebolla
Italien cipolla
Allemand zwiebel
Chinois 洋葱
Arabe بصلة
Portugais cebola
Russe лук
Japonais 玉ねぎ
Basque tipula
Corse cipolla
Source : Google Translate API

Synonymes de « oignon »

Source : synonymes de oignon sur lebonsynonyme.fr

Oignon

Retour au sommaire ➦

Partager