La langue française

Poisson

Définitions du mot « poisson »

Trésor de la Langue Française informatisé

POISSON1, subst. masc.

A. − [En tant qu'espèce et/ou individu de cette espèce]
1. Animal aquatique vertébré à peau non cornée, à température variable et à respiration généralement branchiale, pourvu de nageoires et possédant généralement une vessie natatoire, présentant souvent un corps fusiforme et couvert d'écailles, qui se reproduit selon le mode ovipare ou vivipare.
Rem. Poisson a longtemps désigné tous les animaux aquatiques (y compris p.ex. les cétacés et les grenouilles). De nos jours, les zoologistes utilisent ce mot, qui n'a pas de valeur classificatoire, à des fins essentiellement pratiques. ,,Si le terme Poisson n'a plus aux yeux du zoologiste une précision suffisante, il présente cependant une valeur pratique indiscutable et permet de réunir des espèces animales voisines par leur aspect général et leur mode de vie et à ce titre il doit être conservé dans l'usage courant`` (Zool., t.3, 1972, p.1026 [Encyclop. de la Pléiade]).
Au sing. à valeur coll. Tous les matins, le poisson arrive du lac pour aller au pied du torrent se nourrir des nombreux débris que la chute entraîne (Crèvecoeur, Voyage, t.2, 1801, p.101).L'air sent le poisson frais pêché, les saletés qui pourrissent (Mille, Barnavaux, 1908, p.46).Ils n'eurent d'autre ressource que de filer droit sur Sein −heureusement, le poisson mordait −(Queffélec, Recteur, 1944, p.107).
Au sing. ou au plur. La pêche était bonne. Les larges poissons à ventre blanc gisaient à côté de lui, secoués par des spasmes de mort (Maupass., Contes et nouv., t.1, En mer, 1883, p.97).Les poissons de la Loire montaient baiser à la surface de l'eau la lumière du jour (Boylesve, Leçon d'amour, 1902, p.196):
1. Tous les poissons ne mordent pas de même. Ceux-ci, jeunes et inexpérimentés, ou plus voraces (...) engloutissent tout de suite proie et fer; ceux-là, poissons d'âge, circonspects, portant cicatrices, mesurent leur touche, changent d'appât, cherchent à découvrir la pointe. Pesquidoux, Chez nous, 1923, p.237.
SYNT. Poisson à mâchoires; poisson cartilagineux, écailleux, osseux; poisson abyssal, littoral, pélagique; poisson carnassier, électrique, marin, migrateur; poissons fossiles; poisson de mer, de rivière, de roche, de vase, d'eau douce; banc de poissons; attraper, écailler, pêcher, prendre des poissons; ferrer un poisson.
2. P. méton., au sing. Cet animal (mort) en tant que substance et en particulier en tant qu'aliment. Le fin poisson n'est pas pour leurs dents; ils mangent du congre, du carrelet (Hamp, Marée, 1908, p.14).On sait à quel point le poisson entre aujourd'hui comme nourriture principale dans l'alimentation japonaise (Vidal de La Bl., Princ. géogr. hum., 1921, p.67).−Prenez donc de nos quenelles de poisson à la niçoise... C'est une spécialité du chef. Ces messieurs les ont-ils déjà goûtées? (Romains, Hommes bonne vol., 1938, p.152).
SYNT. Poisson bouilli, farci, grillé, poché, au bleu, en matelote; poisson meunière, salé, séché, pané; couteau, couvert, service à poisson; étal de poisson(s); halle au(x) poisson(s), marchande de poisson(s); restaurant de poisson(s); friture, soupe, terrine de poisson(s); l'odeur du poisson; aimer le poisson; préparer, écailler, vider le poisson.
3. En partic.
a) [Désignant des groupes ou des espèces particulières]
Poisson-chat. V. chat1III A 1 b.
Poisson-clown. ,,Poisson marin vivant en symbiose avec les grandes anémones urticantes`` (Animaux 1981). Il en est de même pour les Amphiprions ou Poissons-Clowns, renommés pour la beauté de leurs coloris (Zool., t.3,1972, ,p.1184 [Encyclop. de la Pléiade]).
Poisson-coffre. Poisson dont les écailles sont des plaques osseuses hexagonales formant une sorte de cuirasse d'où émergent les yeux, la bouche, les nageoires et la queue (d'apr. Animaux 1981). Les Tétraodontiformes aux formes curieuses et aux téguments souvent recouverts de tubercules, de piquants ou de plaques renferment les Poissons-Globe (Tetraodon, Diodon), les Poissons-Coffre (Ostracion) et les Poissons-Lune (Mola) (Zool., t.3,1972, ,p.1042 [Encyclop. de la Pléiade]).
Poisson-couronne (vx). Hareng. (Dict. xixes.).
Poisson-épée. Espadon. C'est une merluche de choix, (...) préférable au saumon, au thon, au poisson-épée (Gautier, Fracasse, 1863, p.62).
Poisson-globe. Poisson dont les écailles sont des plaques osseuses formant un globe. V. supra Zool., t.3, 1972, p.1042.
Poisson-lune. Synon. de môle3.
Poisson rouge. Poisson (cyprin doré) qu'on garde dans les aquariums, les bassins à des fins décoratives. Il s'amusait à regarder les poissons rouges nager dans le bassin (Flaub., 1reÉduc. sent., 1845, p.135).Les murs se rehaussaient qui entouraient des jardinets de plus en plus petits, (...) un bassin, un jet d'eau imbécile, des poissons rouges (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p.98).
Poisson-scie. V. scie.
Poisson-pilote. V. pilote I C.
Poisson-plat. Variété de poissons à corps aplati dont les yeux sont situés sur la face supérieure. (Dict.xixeet xxes.). V. Zool., op. cit., p.1044.
Poisson volant. Poisson s'élevant dans les airs grâce à ses nageoires pectorales dont l'un des principaux types est l'exocet ou hirondelle de mer. L'aronde est un poisson volant (Ac.1835-1935).Les poissons volants ne viennent plus effleurer dans leur vol rapide les crêtes des vagues écumeuses (Dumont d'Urville, Voy. Pôle Sud, t.8, 1845, p.73).Au milieu des plumes de poulet et des peaux de banane sur la mer qui crache des poissons volants! (Claudel, Part. midi, 1949, i, p.1099).
b) Empl. vieillis ou hist.
Poisson-femme (vx). Lamantin. (Dict. xixes.).
Poisson-fleur (vx). Actinie, méduse (Dict. xixes.).
Poisson à lard (vx). Cétacés, veaux de mer (Dict. xixes.). Il convient de relever une expression purement maritime: celle de «poisson à lard». On appelle ainsi les poissons dont la chair peut être fondue (baleines, phoques, morses...) (Le Clère1960).
Poisson royal. Poisson (dauphin, esturgeon ou saumon) qui devenait propriété du roi lorsqu'il s'échouait sur les rivages. (Ds Littré, dict.xxes.). Dans la coutume de Normandie étaient «poissons royaux»: le dauphin, l'esturgeon, le saumon, le turbot et quelques autres. Seul le dauphin entrait à la fois dans la catégorie de poissons à lard et de poisson royal (Le Clère1960).
c) Dans le domaine de l'alim.
Poisson blanc. Variété de poissons dont la chair est réputée pour avoir peu de goût. On pêche, dans les rivières de Gand, un poisson blanc fort délicat (Chateaubr., Mém., t.2, 1848, p.575).
Poisson à bâton. ,,Morue séchée`` (Ac. Gastr. 1962). Synon. stockfish.
d) PÊCHE. Poisson-mort. Poisson blanc mort utilisé comme appât pour la pêche au brochet, à l'anguille, au sandre (d'apr. Pollet 1970, Schreiner 1975). Anton. vif.
e) Colle de poisson. V. colle A.
f) Poisson d'avril*. Il ressemblait à un estimable bourgeois qui met solennellement au feu sa bûche de Noël, tire les Rois, invente des poissons d'avril (Balzac, C. Birotteau, 1837, p.111).
4. P. métaph. [En parlant de pers., en tant qu'on peut les saisir, les attraper] Synon. de gibier.Ne s'agit-il pas d'extraire, par des opérations purement intellectuelles, l'or enfoui dans les cachettes de province, de l'en extraire sans douleurs! Le poisson départemental ne souffre ni le harpon, ni les flambeaux, et ne se prend qu'à la nasse, à la seine, aux engins les plus doux (Balzac, Gaudissart, 1834, p.7).
En partic. Gros poisson. Personnage important. Anton. menu fretin*. (Dict.xxes.):
2. En ce moment, de gros poissons effarés, sortis de la vase, s'ébattent encore à la surface [au Maroc]. N'attendons pas qu'ils aient regagné leur retraite profonde et qu'ils aient recommencé à faire cette belle politique qui leur fait de si belles finances, pour poser à leur sujet une question: que signifient certains propos du pacha de Marrakech? Mauriac, Bloc-Notes, 1958, p.204.
5. Au fig., loc. et expr.
a) Expressions
La sauce vaut mieux que le poisson, la sauce fait manger/fait passer le poisson. [Se dit de qqc. de peu agréable que les circonstances font passer] P. plaisant. Le style excessivement personnel et maniéré de M. Marcel Coulon n'offre peut-être par les qualités indispensables de l'exposé critique, mais il s'agit ici d'un poisson qui fait passer la sauce (A. Thériveds Le Temps, 11 août 1938).
Les gros poissons mangent les petits. ,,Les puissants oppriment les faibles`` (Ac. 1798-1935).
Petit poisson deviendra grand (p.allus. littér. à La Fontaine, Fables, V, 3). Telle ou telle chose, tel ou tel individu connaîtra son plein développement, prendra de l'importance.
b) Loc. pop., fam.
Avaler la mer et les poissons. V. avaler1C 1.
Engueuler (qqn) comme du poisson pourri, traiter (qqn) de poisson pourri. Prendre quelqu'un à partie de façon violente et grossière. Ô juges, mes petits pères, Vous êtes par trop sévères Pour cette jeune houri, De la mère Angot filleule, Encor qu'elle vous engueule Comme du poisson pourri! (Ponchon, Muse cabaret, 1920, p.265).Admettons que nous descendions tous les trois, car, s'il s'agit de plomber le gorille j'en suis, et je paie ma place, qu'est-ce qu'on va faire? Leur dire qu'ils sont du poisson pourri? Ils vont rigoler (Giono, Bonheur fou, 1957, p.298).
Être muet comme un poisson. Ne rien dire. Synon. être muet comme une carpe*.Il était muet comme un poisson, si ce n'est quand il avait rêvé, car sa manie était de raconter ses rêves (Feuillet, Sibylle, 1863, p.8).Maître Adam: Votre femme est muette?... Léonard: Comme un poisson (A. France, Com. femme muette, 1912, i, 1, p.437).
P. antiphr. Être éloquent comme un poisson. Votre successeur au ministère, le comte de Bramberg, doit prononcer son discours d'entrée devant la chambre des barons. Or, le brave comte est éloquent comme un poisson (Coppée, Théâtre, Homme et fort., t.3, 1875, p.96).
(N'être) ni chair* ni poisson.
(Être (heureux)) comme un poisson dans l'eau. Être très à son aise dans quelque chose. J'étais là comme le poisson dans l'eau, et l'argent roulait dans la maison (Sénac de Meilhan, Émigré, 1797, p.1904).La médisance, la calomnie, les insinuations, le mensonge, il y a des bougres qui vivent là-dedans comme le poisson dans l'eau. C'est leur élément naturel (Duhamel, Combat ombres, 1939, p.230).
Faire une queue de poisson (à qqn). Rabattre brusquement son véhicule devant quelqu'un qu'on vient de dépasser. Ils vous ont fait une véritable queue de poisson! Ils auraient voulu vous flanquer dans le lac qu'ils ne s'y seraient pas pris autrement (Hergé, Les Aventures de Tintin, L'Affaire Tournesol, Tournai, Casterman, 1966, p.21).
Finir, se terminer en queue de poisson. Tourner court, avoir une fin abrupte et décevante par rapport à ce qui précède. J'aime certes mieux couper court que de finir en queue de poisson (Gide, Journal, 1915, p.524).Ça m'irritait de penser que Robert et Henri s'étaient brouillés à propos d'une histoire qui finissait en queue de poisson (Beauvoir, Mandarins, 1954, p.404).
Noyer* le poisson.
S'en soucier, s'en ficher, s'en foutre comme un poisson d'une pomme. Se moquer de quelque chose, n'avoir cure de quelque chose (d'apr. Virmaitre, Dict. arg. fin-de-s., 1894, p.272).
Changer l'eau du poisson. Uriner (d'apr. Rigaud, Dict. jargon paris., 1878, p.77).
B. − P. anal.
1. ASTRONOMIE
a) Les Poissons. Constellation fixe du zodiaque. (Dict.xixeet xxes.).
b) Poisson austral. Constellation de l'hémisphère austral située sous l'urne du Verseau (d'apr. Bouillet 1859, Muller 1980).
c) Poisson volant. Petite constellation de l'hémisphère austral composée de six étoiles (d'apr. Bouillet 1859, Muller 1980).
2. ASTROL. Les Poissons. Dernier signe zodiacal, commençant le 21 février et se terminant le 20 mars. (Dict. xixeet xxes.).
P. méton. Personne native du signe des Poissons. Elle sera une grande faiblesse chez le «Poissons» faible, chez lequel Neptune sera plus fort que Jupiter (CurcioAstrol.1980).
3. HÉRALD. Dénomination s'appliquant à toutes représentations du poisson dont on ne peut désigner l'espèce (d'apr. Littré).
4. ICONOGR. RELIG., HIST. Symbole du Christ chez les premiers chrétiens (d'apr. Marcel 1938; Foll. 1966). Dans la symbolique chrétienne, se dit-il, le poisson est une des formes figurées du Christ (Huysmans, Là-bas, t.2, 1891, p.75).
5. [Extraction pétrolière] Objet, outil coincé dans un puits de forage de façon accidentelle (d'apr. Ayache 1981; Barbier Pétrole 1980).
6. PÊCHE. Poisson artificiel. Leurre, en forme de poisson, qui peut être fait de diverses parties articulées, utilisé pour pêcher les poissons carnivores (d'apr. Pollet 1970, Schreiner 1976). Synon. devon.Poisson d'étain.
7. ENTOMOL. Poisson d'argent. Synon. lépisme.
C. − Arg., vx. Souteneur, proxénète (d'apr. Vidocq, Voleurs, t.2, 1836, p.329; Delvau 1883). Synon. poisse.
REM. 1.
Poiscaille, subst. fém.,arg. et pop. Poisson. Un aquarium où y avait des drôles de poiscailles, chinetoques qu'èm a expliqué (...). −En fait de poiscailles chinetoques (Simonin, J. Bazin, Voilà taxi!1935, pp.142-143).Au bout [de la rue Chaptal], les attendait le meublé discret, avec ses hublots, ses poiscailles argentés (Le Breton, Rififi, 1953, p.83).
2.
Poissonnaille, subst. fém.,fam. [À un sens coll.] Menu poisson, fretin. On ne nous a servi que de la poissonnaille (Ac.1798-1935).
3.
Poissonnet, subst. masc.,hapax. Petit poisson. Le banc de poissonnets ne se dérangeait même pas, continuait de flâner en surface, à une épaisseur de vitre (Genevoix, Avent. en nous, 1952, p.37).
4.
Poissonner, verbe intrans.,hapax, pop. Attraper du poisson. El'Bounhoumme qui vous parlait là en balançant d'un pied su'l'aut' comme un héron en train ed' poissonner, ça n'était rien d'autre equ' ce tir'lupin d'Andoche (Martin du G., Gonfle, 1928, III, 3, p.1233).
Prononc. et Orth.: [pwasɔ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist.1. Zool. a) ca 980 pescion (Jonas, éd. G. de Poerck, 36); fin xes.peison (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 441); ca 1160 poisson (Moniage Guillaume, éd. W. Cloetta, I, 720); b) ca 1245 poisons roiaus «poissons dignes de la table du roi» (Henri d'Andeli, Bataille des VII arts, 40, éd. A. Héron, p.44); 1265 blanch pisson (hapax) «blanchaille, fretin» (doc. ds Du Cange, s.v. anwilla); 1701 poisson blanc (Nouv. maison rustique t.1, p.260); 1690 poisson-volant (Fur.); 1762 poisson-coffre (Valm.); 1764 poisson-rouge, poison d'or (ibid.); c) 1466 poisson d'avril «entremetteur, intermédiaire, jeune garçon chargé de porter les lettres d'amour de son maître» (Pierre Michault, Doctrinal du temps présent, éd. T. Walton, X, 399); 1507-08 poisson d'apvril «id.» (Eloy d'Amerval, Livre de la Deablerie, éd. Ch. Fr. Ward, 176); 1509 poisson d'apvril «maquereau» (Resurrection de Jenin Landore ds Anc. Théâtre fr., éd. Viollet-le-Duc, t.2, p.31; ici jeu de mots fondé sur les deux sens qu'avait maquereau); 1827 poisson «souteneur» (d'apr. Chautard Vie étrange Argot, p.140); 1691 poisson d'avril «tromperie, mystification traditionnelle du 1eravril» (J. de La Brune, La Vie de Charles V, duc de Lorraine, p.13); 1718 donner un poisson d'avril à qqn «obliger quelqu'un à faire quelque démarche inutile pour avoir lieu de se moquer de lui»(Ac.); 1740 donner un poisson d'avril à qqn «faire accroire à quelqu'un le premier jour d'avril une fausse nouvelle, ou l'obliger à faire quelque démarche inutile pour avoir lieu de se moquer de lui» (ibid.); 2. collectivement 1155 peissun (Wace, Brut, 5923 ds T.-L.); 3. loc. fig. a) 1476 les grans poissons mengüent les petis (Jean Molinet, Faictz et Dictz, éd. N. Dupire, t.1, p.72, 216); 1611 les gros poissons mangent les petis (Cotgr.); b) 1560 n'estre ne chair ne poisson (Calvin, Institution de la religion chrétienne, éd. J.-D. Benoît, II, 3, t.2, p.70); c) 1611 muet comme un poisson (Cotgr.); d) 1640 heureux comme le poisson dans l'eau (Oudin Curiositez); 1679 estre comme un poisson dans l'eau (Rich.); e) 1640 ne savoir à quelle sauce manger ce poisson (Oudin Curiositez); 1640 la sauce vaut mieux que le poisson (ibid.); 1694 la sauce fait manger le poisson (Ac.); 1903 la sauce fait passer le poisson (Nouv. Lar. ill.); f) 1688 il avalerait la mer et les poissons (Miège); g) 1833 finir en queue de poisson (Balzac, Ferragus, p.14); 1926 queue de poisson (en parlant d'un cycliste) (d'apr. Esn.); h) 1920 engueuler qqn comme du poisson pourri (Bauche); 4. a) 1679 astron. les poissons (Rich.); 1691 poisson austral, poisson volant (Ozanam); b) 1869 iconogr. «symbole du Christ dans l'art chrétien primitif» (Littré); c) 1903 poisson artificiel (servant d'appât) (Nouv. Lar. ill.). Dér. très anc. de peis/pois att. en a. fr. par les comp. graspeis «baleine» (ca 1140, Geffrei Gaimar, Hist. des Anglais, éd. A. Bell, 444), proprement «gras poisson» et porpais «marsouin» (1036 [original perdu de 1170; copie du xvies.], doc. ds Fagniez t.1, p.57). Peis/pois est issu du lat. piscis «poisson» et au plur. Pisces «les Poissons (signe du zodiaque)». À la différence des autres lang. rom. qui ont toutes le simple (roum. pe,ste, ital. pesce, esp. pez, port. peixe), le fr. a développé le dér. poisson, sans doute pour éviter la confusion entre les homon. peis «poisson» et peis «plante dont certaines variétés potagères sont cultivées pour leurs graines» (lat. pisum). 1 c Avril est la saison privilégiée de la pêche au maquereau et le déb. du printemps est propice aux amours illégitimes. Le rapport entre poisson d'avril «maquereau» et poisson d'avril «farce faite le premier avril» reste difficile à expliquer. 3 b, l'ambiguïté entre chair (viande) et poisson a été entretenue par la classification adoptée par l'Église pour les aliments considérés comme maigres; 3 d cf. ca 1274 «Je ne suis pas si aise com li poissons qui noe» (Adenet le Roi, Berte, éd. A. Henry, 859); 3 g trad. du Desinit in piscem d'Horace, p.allus. aux sirènes dont la tête est belle mais dont le corps se termine «en poisson». Queue de poisson (en parlant d'un véhicule) p.compar. avec le mouvement ondoyant du coup de queue d'un poisson; 3 h sans doute p.allus. aux injures des harengères, des poissardes, v. Rey-Chantr. Expr.; 4 b le mot gr. ι ̓ χ θ υ ́ ς «poisson» corresp. aux init. de Ι η σ ο υ ̃ ς Χ ρ ι σ τ ο ς θ ε ο υ ̃ υ ι ̔ ο ́ ς σ ω τ η ́ ρ, «Jésus-Christ, de Dieu Fils, Sauveur». Fréq. abs. littér.: 3414 (poisson-lune: 13). Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 7001, b) 4342; xxes.: a) 4276, b) 3645. Bbg. Quem. DDL t.9.

POISSON2, subst. masc.

A. − Ancienne mesure de liquide valant la moitié du demi-sétier, c'est-à-dire le quart de la chopine (d'apr. Havard 1890).
B. − Pop. Petit verre de liqueur (d'apr. Larchey, Excentr. lang., 1862, p.253). Il fit venir un poisson d'eau-de-vie, et le but d'un seul trait (Raban, Marco Saint-Hilaire, Mém. forçat, t.2, 1828-29, p.158).
Prononc. et Orth.: [pwasɔ ̃]. Ac. 1694: posson ou poisson; 1718, 1740: poisson ou posson; dep. 1762: poisson. Étymol. et Hist. 1679 «quart de setier» (Rich.). Altér., peut-être sous l'infl. de boisson*, de l'a. fr. poçon «pot» (xiiies. [date des mss], Marie de France, Fables, éd. K. Warnke, LXXII, 38, var. des mss T et Q), m. fr. posson «mesure pour liquides, quart de setier» (1564, Ch. Estienne, L'Agric. et maison rustique, 31a; cf. a. prov. pochon «id.», xive-xves. ds Levy (E.) Prov.), dimin. de pot*.

Trésor de la Langue Française informatisé

POISSON1, subst. masc.

A. − [En tant qu'espèce et/ou individu de cette espèce]
1. Animal aquatique vertébré à peau non cornée, à température variable et à respiration généralement branchiale, pourvu de nageoires et possédant généralement une vessie natatoire, présentant souvent un corps fusiforme et couvert d'écailles, qui se reproduit selon le mode ovipare ou vivipare.
Rem. Poisson a longtemps désigné tous les animaux aquatiques (y compris p.ex. les cétacés et les grenouilles). De nos jours, les zoologistes utilisent ce mot, qui n'a pas de valeur classificatoire, à des fins essentiellement pratiques. ,,Si le terme Poisson n'a plus aux yeux du zoologiste une précision suffisante, il présente cependant une valeur pratique indiscutable et permet de réunir des espèces animales voisines par leur aspect général et leur mode de vie et à ce titre il doit être conservé dans l'usage courant`` (Zool., t.3, 1972, p.1026 [Encyclop. de la Pléiade]).
Au sing. à valeur coll. Tous les matins, le poisson arrive du lac pour aller au pied du torrent se nourrir des nombreux débris que la chute entraîne (Crèvecoeur, Voyage, t.2, 1801, p.101).L'air sent le poisson frais pêché, les saletés qui pourrissent (Mille, Barnavaux, 1908, p.46).Ils n'eurent d'autre ressource que de filer droit sur Sein −heureusement, le poisson mordait −(Queffélec, Recteur, 1944, p.107).
Au sing. ou au plur. La pêche était bonne. Les larges poissons à ventre blanc gisaient à côté de lui, secoués par des spasmes de mort (Maupass., Contes et nouv., t.1, En mer, 1883, p.97).Les poissons de la Loire montaient baiser à la surface de l'eau la lumière du jour (Boylesve, Leçon d'amour, 1902, p.196):
1. Tous les poissons ne mordent pas de même. Ceux-ci, jeunes et inexpérimentés, ou plus voraces (...) engloutissent tout de suite proie et fer; ceux-là, poissons d'âge, circonspects, portant cicatrices, mesurent leur touche, changent d'appât, cherchent à découvrir la pointe. Pesquidoux, Chez nous, 1923, p.237.
SYNT. Poisson à mâchoires; poisson cartilagineux, écailleux, osseux; poisson abyssal, littoral, pélagique; poisson carnassier, électrique, marin, migrateur; poissons fossiles; poisson de mer, de rivière, de roche, de vase, d'eau douce; banc de poissons; attraper, écailler, pêcher, prendre des poissons; ferrer un poisson.
2. P. méton., au sing. Cet animal (mort) en tant que substance et en particulier en tant qu'aliment. Le fin poisson n'est pas pour leurs dents; ils mangent du congre, du carrelet (Hamp, Marée, 1908, p.14).On sait à quel point le poisson entre aujourd'hui comme nourriture principale dans l'alimentation japonaise (Vidal de La Bl., Princ. géogr. hum., 1921, p.67).−Prenez donc de nos quenelles de poisson à la niçoise... C'est une spécialité du chef. Ces messieurs les ont-ils déjà goûtées? (Romains, Hommes bonne vol., 1938, p.152).
SYNT. Poisson bouilli, farci, grillé, poché, au bleu, en matelote; poisson meunière, salé, séché, pané; couteau, couvert, service à poisson; étal de poisson(s); halle au(x) poisson(s), marchande de poisson(s); restaurant de poisson(s); friture, soupe, terrine de poisson(s); l'odeur du poisson; aimer le poisson; préparer, écailler, vider le poisson.
3. En partic.
a) [Désignant des groupes ou des espèces particulières]
Poisson-chat. V. chat1III A 1 b.
Poisson-clown. ,,Poisson marin vivant en symbiose avec les grandes anémones urticantes`` (Animaux 1981). Il en est de même pour les Amphiprions ou Poissons-Clowns, renommés pour la beauté de leurs coloris (Zool., t.3,1972, ,p.1184 [Encyclop. de la Pléiade]).
Poisson-coffre. Poisson dont les écailles sont des plaques osseuses hexagonales formant une sorte de cuirasse d'où émergent les yeux, la bouche, les nageoires et la queue (d'apr. Animaux 1981). Les Tétraodontiformes aux formes curieuses et aux téguments souvent recouverts de tubercules, de piquants ou de plaques renferment les Poissons-Globe (Tetraodon, Diodon), les Poissons-Coffre (Ostracion) et les Poissons-Lune (Mola) (Zool., t.3,1972, ,p.1042 [Encyclop. de la Pléiade]).
Poisson-couronne (vx). Hareng. (Dict. xixes.).
Poisson-épée. Espadon. C'est une merluche de choix, (...) préférable au saumon, au thon, au poisson-épée (Gautier, Fracasse, 1863, p.62).
Poisson-globe. Poisson dont les écailles sont des plaques osseuses formant un globe. V. supra Zool., t.3, 1972, p.1042.
Poisson-lune. Synon. de môle3.
Poisson rouge. Poisson (cyprin doré) qu'on garde dans les aquariums, les bassins à des fins décoratives. Il s'amusait à regarder les poissons rouges nager dans le bassin (Flaub., 1reÉduc. sent., 1845, p.135).Les murs se rehaussaient qui entouraient des jardinets de plus en plus petits, (...) un bassin, un jet d'eau imbécile, des poissons rouges (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p.98).
Poisson-scie. V. scie.
Poisson-pilote. V. pilote I C.
Poisson-plat. Variété de poissons à corps aplati dont les yeux sont situés sur la face supérieure. (Dict.xixeet xxes.). V. Zool., op. cit., p.1044.
Poisson volant. Poisson s'élevant dans les airs grâce à ses nageoires pectorales dont l'un des principaux types est l'exocet ou hirondelle de mer. L'aronde est un poisson volant (Ac.1835-1935).Les poissons volants ne viennent plus effleurer dans leur vol rapide les crêtes des vagues écumeuses (Dumont d'Urville, Voy. Pôle Sud, t.8, 1845, p.73).Au milieu des plumes de poulet et des peaux de banane sur la mer qui crache des poissons volants! (Claudel, Part. midi, 1949, i, p.1099).
b) Empl. vieillis ou hist.
Poisson-femme (vx). Lamantin. (Dict. xixes.).
Poisson-fleur (vx). Actinie, méduse (Dict. xixes.).
Poisson à lard (vx). Cétacés, veaux de mer (Dict. xixes.). Il convient de relever une expression purement maritime: celle de «poisson à lard». On appelle ainsi les poissons dont la chair peut être fondue (baleines, phoques, morses...) (Le Clère1960).
Poisson royal. Poisson (dauphin, esturgeon ou saumon) qui devenait propriété du roi lorsqu'il s'échouait sur les rivages. (Ds Littré, dict.xxes.). Dans la coutume de Normandie étaient «poissons royaux»: le dauphin, l'esturgeon, le saumon, le turbot et quelques autres. Seul le dauphin entrait à la fois dans la catégorie de poissons à lard et de poisson royal (Le Clère1960).
c) Dans le domaine de l'alim.
Poisson blanc. Variété de poissons dont la chair est réputée pour avoir peu de goût. On pêche, dans les rivières de Gand, un poisson blanc fort délicat (Chateaubr., Mém., t.2, 1848, p.575).
Poisson à bâton. ,,Morue séchée`` (Ac. Gastr. 1962). Synon. stockfish.
d) PÊCHE. Poisson-mort. Poisson blanc mort utilisé comme appât pour la pêche au brochet, à l'anguille, au sandre (d'apr. Pollet 1970, Schreiner 1975). Anton. vif.
e) Colle de poisson. V. colle A.
f) Poisson d'avril*. Il ressemblait à un estimable bourgeois qui met solennellement au feu sa bûche de Noël, tire les Rois, invente des poissons d'avril (Balzac, C. Birotteau, 1837, p.111).
4. P. métaph. [En parlant de pers., en tant qu'on peut les saisir, les attraper] Synon. de gibier.Ne s'agit-il pas d'extraire, par des opérations purement intellectuelles, l'or enfoui dans les cachettes de province, de l'en extraire sans douleurs! Le poisson départemental ne souffre ni le harpon, ni les flambeaux, et ne se prend qu'à la nasse, à la seine, aux engins les plus doux (Balzac, Gaudissart, 1834, p.7).
En partic. Gros poisson. Personnage important. Anton. menu fretin*. (Dict.xxes.):
2. En ce moment, de gros poissons effarés, sortis de la vase, s'ébattent encore à la surface [au Maroc]. N'attendons pas qu'ils aient regagné leur retraite profonde et qu'ils aient recommencé à faire cette belle politique qui leur fait de si belles finances, pour poser à leur sujet une question: que signifient certains propos du pacha de Marrakech? Mauriac, Bloc-Notes, 1958, p.204.
5. Au fig., loc. et expr.
a) Expressions
La sauce vaut mieux que le poisson, la sauce fait manger/fait passer le poisson. [Se dit de qqc. de peu agréable que les circonstances font passer] P. plaisant. Le style excessivement personnel et maniéré de M. Marcel Coulon n'offre peut-être par les qualités indispensables de l'exposé critique, mais il s'agit ici d'un poisson qui fait passer la sauce (A. Thériveds Le Temps, 11 août 1938).
Les gros poissons mangent les petits. ,,Les puissants oppriment les faibles`` (Ac. 1798-1935).
Petit poisson deviendra grand (p.allus. littér. à La Fontaine, Fables, V, 3). Telle ou telle chose, tel ou tel individu connaîtra son plein développement, prendra de l'importance.
b) Loc. pop., fam.
Avaler la mer et les poissons. V. avaler1C 1.
Engueuler (qqn) comme du poisson pourri, traiter (qqn) de poisson pourri. Prendre quelqu'un à partie de façon violente et grossière. Ô juges, mes petits pères, Vous êtes par trop sévères Pour cette jeune houri, De la mère Angot filleule, Encor qu'elle vous engueule Comme du poisson pourri! (Ponchon, Muse cabaret, 1920, p.265).Admettons que nous descendions tous les trois, car, s'il s'agit de plomber le gorille j'en suis, et je paie ma place, qu'est-ce qu'on va faire? Leur dire qu'ils sont du poisson pourri? Ils vont rigoler (Giono, Bonheur fou, 1957, p.298).
Être muet comme un poisson. Ne rien dire. Synon. être muet comme une carpe*.Il était muet comme un poisson, si ce n'est quand il avait rêvé, car sa manie était de raconter ses rêves (Feuillet, Sibylle, 1863, p.8).Maître Adam: Votre femme est muette?... Léonard: Comme un poisson (A. France, Com. femme muette, 1912, i, 1, p.437).
P. antiphr. Être éloquent comme un poisson. Votre successeur au ministère, le comte de Bramberg, doit prononcer son discours d'entrée devant la chambre des barons. Or, le brave comte est éloquent comme un poisson (Coppée, Théâtre, Homme et fort., t.3, 1875, p.96).
(N'être) ni chair* ni poisson.
(Être (heureux)) comme un poisson dans l'eau. Être très à son aise dans quelque chose. J'étais là comme le poisson dans l'eau, et l'argent roulait dans la maison (Sénac de Meilhan, Émigré, 1797, p.1904).La médisance, la calomnie, les insinuations, le mensonge, il y a des bougres qui vivent là-dedans comme le poisson dans l'eau. C'est leur élément naturel (Duhamel, Combat ombres, 1939, p.230).
Faire une queue de poisson (à qqn). Rabattre brusquement son véhicule devant quelqu'un qu'on vient de dépasser. Ils vous ont fait une véritable queue de poisson! Ils auraient voulu vous flanquer dans le lac qu'ils ne s'y seraient pas pris autrement (Hergé, Les Aventures de Tintin, L'Affaire Tournesol, Tournai, Casterman, 1966, p.21).
Finir, se terminer en queue de poisson. Tourner court, avoir une fin abrupte et décevante par rapport à ce qui précède. J'aime certes mieux couper court que de finir en queue de poisson (Gide, Journal, 1915, p.524).Ça m'irritait de penser que Robert et Henri s'étaient brouillés à propos d'une histoire qui finissait en queue de poisson (Beauvoir, Mandarins, 1954, p.404).
Noyer* le poisson.
S'en soucier, s'en ficher, s'en foutre comme un poisson d'une pomme. Se moquer de quelque chose, n'avoir cure de quelque chose (d'apr. Virmaitre, Dict. arg. fin-de-s., 1894, p.272).
Changer l'eau du poisson. Uriner (d'apr. Rigaud, Dict. jargon paris., 1878, p.77).
B. − P. anal.
1. ASTRONOMIE
a) Les Poissons. Constellation fixe du zodiaque. (Dict.xixeet xxes.).
b) Poisson austral. Constellation de l'hémisphère austral située sous l'urne du Verseau (d'apr. Bouillet 1859, Muller 1980).
c) Poisson volant. Petite constellation de l'hémisphère austral composée de six étoiles (d'apr. Bouillet 1859, Muller 1980).
2. ASTROL. Les Poissons. Dernier signe zodiacal, commençant le 21 février et se terminant le 20 mars. (Dict. xixeet xxes.).
P. méton. Personne native du signe des Poissons. Elle sera une grande faiblesse chez le «Poissons» faible, chez lequel Neptune sera plus fort que Jupiter (CurcioAstrol.1980).
3. HÉRALD. Dénomination s'appliquant à toutes représentations du poisson dont on ne peut désigner l'espèce (d'apr. Littré).
4. ICONOGR. RELIG., HIST. Symbole du Christ chez les premiers chrétiens (d'apr. Marcel 1938; Foll. 1966). Dans la symbolique chrétienne, se dit-il, le poisson est une des formes figurées du Christ (Huysmans, Là-bas, t.2, 1891, p.75).
5. [Extraction pétrolière] Objet, outil coincé dans un puits de forage de façon accidentelle (d'apr. Ayache 1981; Barbier Pétrole 1980).
6. PÊCHE. Poisson artificiel. Leurre, en forme de poisson, qui peut être fait de diverses parties articulées, utilisé pour pêcher les poissons carnivores (d'apr. Pollet 1970, Schreiner 1976). Synon. devon.Poisson d'étain.
7. ENTOMOL. Poisson d'argent. Synon. lépisme.
C. − Arg., vx. Souteneur, proxénète (d'apr. Vidocq, Voleurs, t.2, 1836, p.329; Delvau 1883). Synon. poisse.
REM. 1.
Poiscaille, subst. fém.,arg. et pop. Poisson. Un aquarium où y avait des drôles de poiscailles, chinetoques qu'èm a expliqué (...). −En fait de poiscailles chinetoques (Simonin, J. Bazin, Voilà taxi!1935, pp.142-143).Au bout [de la rue Chaptal], les attendait le meublé discret, avec ses hublots, ses poiscailles argentés (Le Breton, Rififi, 1953, p.83).
2.
Poissonnaille, subst. fém.,fam. [À un sens coll.] Menu poisson, fretin. On ne nous a servi que de la poissonnaille (Ac.1798-1935).
3.
Poissonnet, subst. masc.,hapax. Petit poisson. Le banc de poissonnets ne se dérangeait même pas, continuait de flâner en surface, à une épaisseur de vitre (Genevoix, Avent. en nous, 1952, p.37).
4.
Poissonner, verbe intrans.,hapax, pop. Attraper du poisson. El'Bounhoumme qui vous parlait là en balançant d'un pied su'l'aut' comme un héron en train ed' poissonner, ça n'était rien d'autre equ' ce tir'lupin d'Andoche (Martin du G., Gonfle, 1928, III, 3, p.1233).
Prononc. et Orth.: [pwasɔ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist.1. Zool. a) ca 980 pescion (Jonas, éd. G. de Poerck, 36); fin xes.peison (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 441); ca 1160 poisson (Moniage Guillaume, éd. W. Cloetta, I, 720); b) ca 1245 poisons roiaus «poissons dignes de la table du roi» (Henri d'Andeli, Bataille des VII arts, 40, éd. A. Héron, p.44); 1265 blanch pisson (hapax) «blanchaille, fretin» (doc. ds Du Cange, s.v. anwilla); 1701 poisson blanc (Nouv. maison rustique t.1, p.260); 1690 poisson-volant (Fur.); 1762 poisson-coffre (Valm.); 1764 poisson-rouge, poison d'or (ibid.); c) 1466 poisson d'avril «entremetteur, intermédiaire, jeune garçon chargé de porter les lettres d'amour de son maître» (Pierre Michault, Doctrinal du temps présent, éd. T. Walton, X, 399); 1507-08 poisson d'apvril «id.» (Eloy d'Amerval, Livre de la Deablerie, éd. Ch. Fr. Ward, 176); 1509 poisson d'apvril «maquereau» (Resurrection de Jenin Landore ds Anc. Théâtre fr., éd. Viollet-le-Duc, t.2, p.31; ici jeu de mots fondé sur les deux sens qu'avait maquereau); 1827 poisson «souteneur» (d'apr. Chautard Vie étrange Argot, p.140); 1691 poisson d'avril «tromperie, mystification traditionnelle du 1eravril» (J. de La Brune, La Vie de Charles V, duc de Lorraine, p.13); 1718 donner un poisson d'avril à qqn «obliger quelqu'un à faire quelque démarche inutile pour avoir lieu de se moquer de lui»(Ac.); 1740 donner un poisson d'avril à qqn «faire accroire à quelqu'un le premier jour d'avril une fausse nouvelle, ou l'obliger à faire quelque démarche inutile pour avoir lieu de se moquer de lui» (ibid.); 2. collectivement 1155 peissun (Wace, Brut, 5923 ds T.-L.); 3. loc. fig. a) 1476 les grans poissons mengüent les petis (Jean Molinet, Faictz et Dictz, éd. N. Dupire, t.1, p.72, 216); 1611 les gros poissons mangent les petis (Cotgr.); b) 1560 n'estre ne chair ne poisson (Calvin, Institution de la religion chrétienne, éd. J.-D. Benoît, II, 3, t.2, p.70); c) 1611 muet comme un poisson (Cotgr.); d) 1640 heureux comme le poisson dans l'eau (Oudin Curiositez); 1679 estre comme un poisson dans l'eau (Rich.); e) 1640 ne savoir à quelle sauce manger ce poisson (Oudin Curiositez); 1640 la sauce vaut mieux que le poisson (ibid.); 1694 la sauce fait manger le poisson (Ac.); 1903 la sauce fait passer le poisson (Nouv. Lar. ill.); f) 1688 il avalerait la mer et les poissons (Miège); g) 1833 finir en queue de poisson (Balzac, Ferragus, p.14); 1926 queue de poisson (en parlant d'un cycliste) (d'apr. Esn.); h) 1920 engueuler qqn comme du poisson pourri (Bauche); 4. a) 1679 astron. les poissons (Rich.); 1691 poisson austral, poisson volant (Ozanam); b) 1869 iconogr. «symbole du Christ dans l'art chrétien primitif» (Littré); c) 1903 poisson artificiel (servant d'appât) (Nouv. Lar. ill.). Dér. très anc. de peis/pois att. en a. fr. par les comp. graspeis «baleine» (ca 1140, Geffrei Gaimar, Hist. des Anglais, éd. A. Bell, 444), proprement «gras poisson» et porpais «marsouin» (1036 [original perdu de 1170; copie du xvies.], doc. ds Fagniez t.1, p.57). Peis/pois est issu du lat. piscis «poisson» et au plur. Pisces «les Poissons (signe du zodiaque)». À la différence des autres lang. rom. qui ont toutes le simple (roum. pe,ste, ital. pesce, esp. pez, port. peixe), le fr. a développé le dér. poisson, sans doute pour éviter la confusion entre les homon. peis «poisson» et peis «plante dont certaines variétés potagères sont cultivées pour leurs graines» (lat. pisum). 1 c Avril est la saison privilégiée de la pêche au maquereau et le déb. du printemps est propice aux amours illégitimes. Le rapport entre poisson d'avril «maquereau» et poisson d'avril «farce faite le premier avril» reste difficile à expliquer. 3 b, l'ambiguïté entre chair (viande) et poisson a été entretenue par la classification adoptée par l'Église pour les aliments considérés comme maigres; 3 d cf. ca 1274 «Je ne suis pas si aise com li poissons qui noe» (Adenet le Roi, Berte, éd. A. Henry, 859); 3 g trad. du Desinit in piscem d'Horace, p.allus. aux sirènes dont la tête est belle mais dont le corps se termine «en poisson». Queue de poisson (en parlant d'un véhicule) p.compar. avec le mouvement ondoyant du coup de queue d'un poisson; 3 h sans doute p.allus. aux injures des harengères, des poissardes, v. Rey-Chantr. Expr.; 4 b le mot gr. ι ̓ χ θ υ ́ ς «poisson» corresp. aux init. de Ι η σ ο υ ̃ ς Χ ρ ι σ τ ο ς θ ε ο υ ̃ υ ι ̔ ο ́ ς σ ω τ η ́ ρ, «Jésus-Christ, de Dieu Fils, Sauveur». Fréq. abs. littér.: 3414 (poisson-lune: 13). Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 7001, b) 4342; xxes.: a) 4276, b) 3645. Bbg. Quem. DDL t.9.

POISSON2, subst. masc.

A. − Ancienne mesure de liquide valant la moitié du demi-sétier, c'est-à-dire le quart de la chopine (d'apr. Havard 1890).
B. − Pop. Petit verre de liqueur (d'apr. Larchey, Excentr. lang., 1862, p.253). Il fit venir un poisson d'eau-de-vie, et le but d'un seul trait (Raban, Marco Saint-Hilaire, Mém. forçat, t.2, 1828-29, p.158).
Prononc. et Orth.: [pwasɔ ̃]. Ac. 1694: posson ou poisson; 1718, 1740: poisson ou posson; dep. 1762: poisson. Étymol. et Hist. 1679 «quart de setier» (Rich.). Altér., peut-être sous l'infl. de boisson*, de l'a. fr. poçon «pot» (xiiies. [date des mss], Marie de France, Fables, éd. K. Warnke, LXXII, 38, var. des mss T et Q), m. fr. posson «mesure pour liquides, quart de setier» (1564, Ch. Estienne, L'Agric. et maison rustique, 31a; cf. a. prov. pochon «id.», xive-xves. ds Levy (E.) Prov.), dimin. de pot*.

Wiktionnaire

Nom commun 1

poisson \pwa.sɔ̃\ masculin

  1. (Zoologie) Animal possédant un squelette, généralement ovipare (mais parfois ovovivipare ou vivipare), vivant dans l’eau, et respirant généralement par des branchies (bien que certaines espèces aient des systèmes de respiration aérienne complémentaire, comme les poumons des dipneustes ou le labyrinthe des anabantidés).
    • C'est chez la veuve Thorsdal que j'appris à savourer les délices de la cuisine islandaise. Le dîner se composait invariablement de poisson bouilli. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 45)
    • Par contraste, le côté du lagon était étrangement calme, une eau merveilleusement tranquille, à peine ridée par les alizés, où passaient des poissons aux couleurs éblouissantes. — (Alain Gerbault, À la poursuite du Soleil; t.1, de New-York à Tahiti, 1929)
    • […] deux ouvriers recouvrent les poissons d’une pelletée de sel avant de les précipiter dans une fosse de conservation. — (Jacky Durand, La nuit où le hareng sort, dans Libération (journal) du 29 novembre 2010, p.30-31)
  2. (Yoga) Posture du yoga où le corps repose sur les fesses et le sommet de la tête, le tronc étant relevé.
  3. (Héraldique) Meuble représentant un animal marin dont l’espèce n’est pas clairement identifiable dans les armoiries. Il est représenté en fasce, la tête à dextre, la gueule fermée. Toutefois certains poissons ont des dispositions différentes. Voir baleine, bar, chabot et dauphin.
    • D’azur au poisson d’argent posé en fasce, accompagné de deux fleurs de lys d’or, l’une en chef et l’autre en pointe, et adextré d’une autre fleur de lys du même mouvant du flanc, qui est de Poissy → voir illustration « armoiries avec un poisson »
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

POISSON. n. m.
Animal vertébré à sang rouge et froid, qui naît et vit dans l'eau. Poisson de mer. Poisson d'eau douce. Poisson d'étang. Poisson de rivière. Prendre du poisson. Pêcher du poisson. Arête, ouïes de poisson. Écailles de poisson. Œufs de poisson. Huile de poisson. Colle de poisson. Frai de poisson. Poisson frais, Poisson salé. Poisson mariné. Poisson sec. Poisson frit. Poisson grillé. Poisson volant, Espèce de poisson de mer qui, au moyen de ses grandes nageoires, s'élève et se soutient quelque temps hors de l'eau. L'aronde est un poisson volant. Par exagération et pop., Il avalerait la mer et les poissons, se dit d'un Homme qui a une grande soif. Fig. et fam., Être comme un poisson dans l'eau, Se trouver bien, être à son aise dans quelque lieu. Être comme le poisson hors de l'eau, Être hors du lieu où l'on voudrait être. Fig. et fam., Être muet, rester muet comme un poisson, se dit d'un Homme qui demeure interdit et qui ne répond pas aux questions qu'on lui pose. Fig. et fam., On ne sait s'il est chair ou poisson, ou Il n'est ni chair ni poisson, se dit d'un Homme sans caractère déterminé, et particulièrement de Celui qui évite de se compromettre en se déclarant pour l'un ou pour l'autre parti. Il se dit aussi des Choses peu définies. Une doctrine qui n'est ni chair ni poisson. Prov. et fig., Les gros poissons mangent les petits, Les puissants oppriment les faibles. Prov. et fig., La sauce fait passer le poisson, se dit en parlant d'un Mets qui n'est pas bon par lui-même mais qui est bien apprêté. Il se dit, figurément et familièrement, en parlant d'une Chose par elle-même indifférente sinon fâcheuse, mais que les circonstances font passer. Prov. et fig., La sauce vaut mieux que le poisson, se dit aussi d'un Mauvais mets bien apprêté. Il se dit, figurément et familièrement, dans les cas où l'accessoire vaut mieux que le principal. Poisson d'avril se dit d'Attrapes de divers genres qui sont de tradition le 1er avril. Faire un poisson d'avril à quelqu'un. En termes d'Astronomie, Les Poissons, Constellation du zodiaque fixe. Il se dit aussi d'Un des signes du zodiaque mobile, que le soleil semble parcourir du 21 février au 20 mars et qui correspondait autrefois à cette constellation. Poisson austral, Constellation de l'hémisphère austral, située sous l'urne du Verseau. Poisson volant, Constellation de l'hémisphère austral, qui n'est point visible dans nos climats.

Littré (1872-1877)

POISSON (poi-son) s. m.
  • 1Animal vertébré qui naît et vit dans l'eau. Hier, vendredi, il nous donna à dîner en poisson ; ainsi nous vîmes ce que la terre et la mer savaient faire ; c'est ici le pays des festins, Sévigné, 569. Les voyages ne me coûtaient rien : savez-vous celui que je fis pour une certaine sorte de poisson dont je mangeais à Minturne dans la Campanie ? on me dit que ce poisson-là était bien plus gros en Afrique ; aussitôt j'équipe un vaisseau, et fais voile en Afrique, Fontenelle, Dial. 3e, Morts anc. mod. Les deux pèlerines… furent bien surprises de trouver un petit repas en poisson, quoique ce fût un jour gras, Fontenelle, Lett. gal. 36. Le pingouin, le manchot, oiseaux demi-poissons, Buffon, Ois. t. XVI, p. 255. Vraisemblablement les poissons sont de tous les animaux ceux à qui il a été donné de vivre le plus longtemps : on a vu des carpes de cent cinquante ans, Bonnet, Contempl. nat. XII, 27. On sait que les vrais poissons, les poissons à ouïes, ne s'accouplent pas, Bonnet, ib. XII, 27.

    Poissons fossiles, poissons qu'on trouve dans les anciennes couches terrestres. Il est démontré par l'inspection attentive de ces monuments authentiques de la nature, savoir les coquilles dans les marbres, les poissons dans les ardoises, et les végétaux dans les mines de charbon, que tous ces êtres organisés ont existé longtemps avant les animaux terrestres, Buffon, 4e époq. nat. Œuv. t. XII, p. 230.

    Être muet, rester muet comme un poisson, rester interdit, et aussi garder un silence absolu.

    Fig. Être comme le poisson dans l'eau, être à son aise en quelque lieu. Encore un peu de patience, me disait-il ; je vous placerai dans quelque maison où vous serez comme le poisson dans l'eau, Lesage, Estev. Gonz. 9.

    Être comme le poisson hors de l'eau, être hors du lieu où l'on voudrait être.

    Il avalerait la mer et les poissons, se dit d'un homme qui a grande soif, et aussi d'un homme qui mange beaucoup.

    Familièrement. Cet homme est moitié chair, moitié poisson, on ne sait s'il est chair ou poisson, il n'est ni chair ni poisson, on a peine à dire de quelles mœurs, de quel naturel il est, ce qu'il aime, ce qu'il hait, ce qu'il veut, ce qu'il ne veut pas.

  • 2Poisson blanc, dénomination qui n'a nul rapport à la couleur de la peau, mais qui sert à désigner des espèces dont la chair pâle a peu de goût. Le gardon est un poisson blanc.

    Poisson de nuit, harengs apportés le jour même où ils ont été pris, quand le bateau est petit et peu éloigné du port ; on les estime beaucoup.

  • 3Poisson de roche, le bar.

    Poisson aigle, la raie-aigle.

    Poisson juif, traduction française des mots pesce jouziou dont on se sert à Marseille pour désigner la zygène tudès ou zygène marteau, à cause de sa ressemblance avec l'ornement de tête que les juifs portaient autrefois en Provence (on l'appelle vulgairement le marteau), Legoarant

    Poisson rouge, cyprin doré ou dorade de la Chine.

    Poisson volant, nom donné à tous les exocets et à des espèces de plusieurs autres genres. Du fond des eaux je vois s'élancer dans l'air le poisson volant, dont les nageoires ressemblent aux ailes de la chauve-souris, Bonnet, Contempl. nat. III, 26.

  • 4Dans le langage scientifique, le poisson est un animal qui respire par des branchies ; et les cétacés, qui ont des poumons, ne sont pas des poissons ; mais on donne abusivement le nom de poisson à certains cétacés.

    Poisson anthropomorphe, le lamantin et le dugong.

    Poisson bœuf, le lamantin des mers d'Amérique.

    Poissons souffleurs, les cétacés.

  • 5Le poisson, symbole dont la primitive Église se servait pour désigner le Christ, à cause que, des cinq mots grecs Ἰησοῦς Χριστὸς Θεοῦ Υἱὸς Σωτὴρ, si l'on réunit les premières lettres, on a ἰχτὺς, qui signifie poisson ; cet acrostiche paraît avoir été tiré, par quelque chrétien, des livres sibyllins.
  • 6Poisson fleur, les méduses et les actinies.
  • 7Poisson d'avril, maquereau.

    Populairement. Un poisson d'avril, attrape qui consiste à faire courir quelqu'un sous de faux prétextes le premier jour d'avril. Premier d'avril, et ce n'est pas un poisson d'avril, Voltaire, Lett. d'Argental, 1er avril 1767.

  • 8Poisson royal, se disait autrefois des dauphins, esturgeons et saumons, parce que, quand ils échouaient sur le rivage, ils appartenaient au roi seul. Déclarons les dauphins, esturgeons, saumons et truites, être poissons royaux, et en cette qualité nous appartenir, quand ils sont trouvés échoués, Ordonn. août 1681.

    Les baleines, marsouins, veaux de mer, thons et souffleurs, appelés poissons à lard, étaient au contraire partagés comme épaves.

  • 9 Terme de blason. On nomme poisson dans l'art héraldique, celui dont on ne peut désigner l'espèce.
  • 10 S. m. pl. Les Poissons (avec une majuscule), l'un des signes du zodiaque mobile, celui qui, par suite de la révolution annuelle de la terre, semble parcouru du 20 février au 20 mars à peu près par le soleil.

    Nom d'une constellation du zodiaque fixe.

    Le Poisson austral (avec une majuscule), constellation de l'hémisphère méridional située sous l'urne du Verseau.

    Le Poisson volant (avec une majuscule), autre constellation de l'hémisphère méridional, qui n'est pas visible dans nos climats.

PROVERBES

Les gros poissons mangent les petits, c'est-à-dire les puissants oppriment les faibles ; et aussi les sentiments les plus forts font taire les plus faibles. Il faudrait plus d'un cœur pour aimer tant de choses à la fois ; pour moi je m'aperçois tous les jours que les gros poissons mangent les petits, Sévigné, 232. Voilà une lettre infinie… tous mes autres commerces languissent, par la raison que les gros poissons mangent les petits, Sévigné, à Mme de Grignan, 3 juill. 1675.

La sauce vaut mieux que le poisson, c'est-à-dire l'accessoire vaut mieux que le principal.

La sauce fait manger le poisson, se dit de quelque chose de peu agréable que les circonstances accessoires font passer.

Il ne sait à quelle sauce manger ce poisson, se dit de celui qui a de la peine à digérer quelque affront, quelque injure, qui ne sait comment prendre un discours qu'on lui tient.

Jeune chair et vieux poisson, la chair des jeunes bêtes et celle des vieux poissons sont les meilleures. Vous faites bien mentir le proverbe qui dit : jeune chair et vieux poisson, Voiture, Lett. 143.

HISTORIQUE

Xe s. Cel pescion, Fragm. de Valenc. p. 467.

XIIe s. Present [il] leur envoia vin froit et bon poisson, Sax. XXII.

XIIIe s. Je ne sui pas si aise com le poisson qui noe [nage], Berte, XXXIII. Atant ez-vos grant aleüre Marcheanz qui poisson menoient, Et qui devers la mer venoient, Ren. 773. Blanc poisson qu'on prend as buirons et as nasses, Du Cange, anwilla. Et si ne soit hom si hardis ki piscon venge [vende] à detail, ki le raport salé…, Tailliar, Recueil, p. 405. Peisson sont sanz nombre, Latini, Trés. p. 182.

XVe s. On dit qu'eschaudez yaue [eau] craint ; Poissons batu fuit le fillé, Deschamps, Poésies mss. f° 221. Maquereau, c'est poisson d'april, Ancien théâtre françois, t. II, p. 31. À ce respons, s'aucuns le me demande, Entre deux eaues comme le poisson noue [nage], Orléans, Ball. 105.

XVIe s. Telle resverie, dis-je, qui n'est ne chair ne poisson, est exclue, Calvin, Instit. 219. Si se pensa que le lendemain estoit jour de poisson [maigre], Despériers, Contes, XXXVI. Au poisson à nager ne monstre, Leroux de Lincy, Prov. t. I, p. 193. De petite riviere grand poisson n'espere, Leroux de Lincy, ib. Si les mois ne sont errez [s'ils n'ont pas d'r], le poisson ne mangerez, Leroux de Lincy, ib. Pour empescher que le poisson ne face mal, et aussi à fin qu'il soit meilleur et plus sain, il le faut faire bouillir et accoustrer avec du vin, si nous croyons ce proverbe qui dit que le poisson, depuis qu'il a perdu l'eau, ne la doit plus sentir, Bouchet, Serées, l. I, p. 218, dans LACURNE. Se faire marchand de poisson la veille de pasques, Cotgrave L'hoste et le poisson, passé trois jours, puent, Cotgrave La Riviere, qui avoit un laquais et un petit poisson d'avril qui lui tenoit le bureau et espioit les allées et venues de son voisin, Noel du Fail, Contes d'Eutr. ch. II, f° 18, dans POUGENS.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. POISSON. Ajoutez :
11Poisson-lune, dit aussi môle (voy. MÔLE au Supplément), de la famille des plectognathes. Le nom de poisson-lune lui vient de ce qu'on le prendrait de loin pour l'image de la lune réfléchie dans le miroir des eaux, le Temps, 24 août 1876, 3e page, 2e col.

Le poisson à pierre, sorte de poisson. Le leuciscus pygmeus ou poisson à pierre qu'on trouve en abondance dans toutes les rivières des États-Unis, Journ. offic. 26 oct. 1875, p. 8861, 1re col.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

POISSON, s. m. (Hist. nat. Icthiologie.) animal qui manque de piés, mais qui a des nageoires. Les poissons ont des ouies ou des poûmons ; ils restent ordinairement dans l’eau, & y nagent par le moyen de leurs nageoires seules, ou en s’aidant aussi du mouvement des inflexions de leur corps. Il y a des poissons qui sortent quelquefois de l’eau pour se mettre à terre ; d’autres s’élevent en l’air, & volent en agitant leurs nageoires pectorales comme des aîles.

Les nageoires sont des membranes saillantes à l’extérieur du corps des poissons, & soutenues par des rayons durs ou cartilagineux. Les poissons different les uns des autres par le nombre, la situation, la figure, & les proportions de leurs nageoires ; car il y a des poissons qui n’en ont qu’une, y compris la queue ; & d’autre en ont deux, trois, quatre. cinq, six, sept, huit, neuf, ou dix, & même un plus grand nombre. Les nageoires sont placées de chaque côté du corps sur le dos & sous le ventre de la plupart des poissons ; il s’en trouve qui n’en ont que sur le dos ou seulement sous le ventre ; celles du dos & du ventre sont placées plus en-avant & plus en-arriere sur différens poissons. Les nageoires sont triangulaires, rondes, parallélogrammes, ou d’autres figures : elles sont plus ou moins grandes, relativement à la grandeur du poisson.

Le plan de la queue est vertical dans la plûpart des poissons, & horisontal dans quelques-uns ; il s’en trouve qui n’ont point de queue ; l’extrémité de cette partie est ronde ou en ligne droite, ou pointue, ou concave ; la queue est fourchue dans certains poissons, & faite en forme de faulx dans d’autres.

La tête des poisons est comprimée sur les côtés, applatie par le dessus & par le dessous, ou à peu-près cylindrique ; elle est lisse ou hérissée de piquans, plus étroite, plus large, ou à-peu-prés aussi large que le milieu du corps.

La plûpart des poissons ont la bouche placée au bout de la tête, & quelques-uns sur la face inférieure ; la direction de l’ouverture de la bouche est transversale dans la plûpart des poissons, & oblique dans d’autres ; la figure de cette ouverture est plus ou moins longue, à proportion de la largeur de la tête.

Le bec des poissons a différentes formes ; il est applati en-dessus & en-dessous, en quelque façon triangulaire, conique, ou terminé en pointe longue & a-peu-près cylindrique.

Les dents des poissons de différentes especes, sont placées ou seulement dans la gorge qui est dans ces animaux l’entrée de l’estomac ; ou seulement dans les mâchoires ; ou dans les mâchoires & sur la langue ; ou dans les mâchoires, sur la langue & sous le palais ; ou dans les mâchoires sur la langue, sous le palais, & dans la gorge seulement ; ou enfin dans les mâchoires sous le palais & dans la gorge. Il y a aussi de grandes différences dans la forme des dents des poissons ; elles sont pointues dans la plûpart : dans d’autres poissons, les dents ont le bout obtus & même terminé par une face plate ; il y en a qui sont coniques ou applaties sur les côtés, ou droites ou courbes, ou convexes seulement d’un côté, ou lisses, ou dentelées sur les côtés : les dents sont de grandeur égale ou inégale dans le même poisson.

Il y a peu de poissons qui aient de vraies levres.

Il se trouve de chaque côté un ou deux orifices de narines dans la plûpart des poissons, & il y en a qui n’ont point de narines. La figure de l’ouverture des narines est ronde, ovale, ou oblongue ; elles sont placées à égale distance du bec & de l’œil, ou plus près de l’une ou de l’autre de ces parties.

Dans la plûpart des poissons les yeux sont applatis ; il y en a aussi de convexes comme ceux des quadrupedes ; il s’en trouve d’arrondis & d’oblongs : dans le plus grand nombre des poissons les yeux sont situés sur les côtés de la tête, & dans d’autres sur la partie supérieure ; ils sont placés sort près ou fort loin l’un de l’autre ; ils paroissent plus ou moins grands, à proportion de la grandeur du corps ; les yeux sont à découvert, ou couverts en partie ou en entier par la peau de la tête : les poissons n’ont point d’autres paupieres, excepté les cétacées qui sont aussi les seuls qui aient un cou.

Il y a des différences dans la forme du dos ; consideré dans sa longueur il est droit, ou convexe & bossu ; consideré dans sa largeur, il est plat, convexe, ou aigu. Les côtés du corps ont aussi des différences dans leur largeur & leur convexité relativement aux autres parties du corps ; la poitrine & le ventre sont plats, convexes ou aigus ; dans quelques poissons le ventre est aigu entre les nageoires ventrales & l’anus ; tandis que le reste du ventre & la poitrine sont plats.

L’anus se trouve placé plus prés de la queue, ou plus près de la tête & sous le ventre, dans presque tous les poissons.

Les poissons ovipares n’ont point de parties extérieures de la génération ; mais le mâle a des vésicules séminales au-dedans du corps, & la femelle un ovaire. Parmi les poissons vivipares, tels que les cétacées & la plûpart des cartilagineux, le mâle a au-dehors une verge, & la femelle une vulve comme les quadrupedes.

Les écailles sont des corps plats demi-transparens, de substance analogue à celle de la corne & des ongles ; elles se trouvent sur le corps des poissons, des serpens, & des lézards, cependant il y a des poissons qui n’en ont point, & d’autres n’en ont que peu. Elles sont séparées les unes des autres, ou placées les unes sur les autres, &c. Elles sont arrondies ou ovales, ou de figure irréguliere, & de différentes grandeurs : il y en a de molles & de lisses, de dures & rudes qui ont de petits piquans.

Il y a le long des côtés du corps de la plûpart des poissons une ligne formée par une suite de points ou de petites ouvertures, ou par une conformation particuliere de quelques écailles : certains poissons ont deux de ces lignes de chaque côté : elles se trouvent dans différens poissons situées près du dos ou du ventre, ou au milieu des côtés du corps : elles sont droites ou courbes, unies ou rudes.

Les barbillons sont des pendans charnus qui ressemblent à des vers, & qui tiennent à la mâchoire inférieure ou à quelqu’autre partie de la bouche ; il y en a qui sont creux près de leur racine ; mais ils n’ont point d’orifice à leur extrémité, & on n’en peut faire sortir aucune humeur. La plûpart des poissons n’ont point de barbillons ; il ne s’en trouve qu’un dans quelques poissons, & d’autres en ont plusieurs : ces barbillons tiennent à la mâchoire du dessous aux angles de la bouche ou aux deux mâchoires. Ils sont petits & plus courts que la tête, ou plus longs.

Outre les piquans qui sont sur la tête de certains poissons & les osselets pointus des nageoires, il y a sur le corps de plusieurs poissons des tubercules & des piquans, comme dans les raies, l’esturgeon, &c.

Il n’y a que les poissons cetacées qui aient des conduits auditifs ; on ne voit rien de pareil dans les autres poissons, excepté dans la raie & dans la lamproie, & on doute beaucoup qu’ils entendent, puisqu’ils sont privés, tout au-moins en apparence, des organes de l’ouie. Cependant M. Klein a donné la figure & le dénombrement de certains petits osselets qui se trouvent dans le crâne de plusieurs especes de poissons, & qu’il conjecture pouvoir constituer l’organe de l’ouie ; d’ailleurs il y a des faits qui pourroient faire croire que les poissons entendent. Lorsque les pêcheurs veulent les surprendre, ils gardent le silence & agissent sans bruit ; Pline, Rondelet, Boyle, &c. rapportent que des poissons domestiques s’assembloient au bruit d’une cloche ou de quelqu’autre instrument, lorsqu’on vouloit leur donner à manger ; Pline ajoute que les poissons que l’on gardoit à Baies, aujourd’hui Pouzole, dans les viviers de Domitien, accouroient lorsqu’on les appelloit par leur nom ; on sait que les grands bruits, surtout celui du tonnerre, effraient les poissons. Mais cela ne prouve pas qu’ils entendent ; le trémoussement de l’eau peut les avertir de certains bruits ; une vue subtile, ou quelqu’autre sensation peut suppléer à l’ouie dans certain cas ; enfin il y aura toujours à douter si les poissons entendent véritablement jusqu’à ce que l’on ait découvert en eux quelqu’organe auditif qui ressemble au nôtre. L’eau ne mettroit aucun obstacle à la sensation de cet organe. Recueil de l’acad. royale des Sciences, année 1743. Mémoire sur l’ouie des poissons & sur la transmission des sons dans l’eau par M. l’abbé Nollet. Voyez les mém. présentés à la même académie, tom. II. mém. sur l’organe de l’ouie des reptiles, & de quelques poissons, &c. par M. Geoffroy, docteur en médecine.

Tous les poissons, excepté les lamproies & les cetacées, ont des ouies ; ce sont des organes que l’on croit tenir lieu de poumons ; ils se trouvent de chaque côté de la gorge, & ils communiquent au-dehors par un, par cinq ou par sept ouvertures de chaque cété. Voyez Ouies.

Les poissons cetacées ont une langue dont ils se servent, comme les quadrupedes ; mais celle des autres poissons est fort différente : elle est immobile & adhérente à la partie inférieure de la bouche ; aussi elle ne contribue pas aux inflexions de la voix, les poissons n’en ayant point. Cette langue ne paroît guere plus propre à gouter les alimens qu’à les charier dans la bouche, puisqu’elle est non-seulement immobile, mais aussi cartilagineuse. Elle peut faciliter la déglutition par l’élevation qu’elle forme dans la bouche ; lorsqu’elle est hérissée de piquans, elle peut aussi retenir les alimens dans la bouche, principalement la proie vivante que le poisson a saisie.

Il n’y a qu’un ventricule & qu’une oreillette dans le cœur des poissons qui ont des ouies.

La plûpart des poissons épineux ont une vessie remplie d’air placée dans l’intérieur du corps ; cette vessie communique à l’estomac ou à l’orifice de l’estomac par un conduit que l’on appelle pneumatique, parce qu’il sert de passage à l’air. Plus il y a d’air dans la vessie, plus le poisson a de facilité à s’élever au-dessus de l’eau ; moins il y a d’air, plus le poisson descend vers le fond de l’eau. On sait que ceux qui n’ont plus cette vessie, ne peuvent pas s’élever dans l’eau ; & l’on a éprouvé, que lorsqu’elle a été percée dans un poisson qui en est pourvu ; il ne peut plus quitter le fond de l’eau. Cette vessie a différentes formes, différentes grandeurs, &c. dans diverses especes de poissons.

La plûpart des visceres des poissons correspondent à ceux des animaux quadrupedes ; mais ils ont, surtout dans la tête & dans les muscles du corps, un très-grand nombre d’os & d’osselets qui manquent aux quadrupedes ; par exemple, on en a compté quatre-vingt dans la tête de la perche ; on ne sait que trop que la chair de plusieurs especes de poissons est traversée par un grand nombre de petits os, que l’on appelle des arêtes, & qui ne se trouvent dans aucun des autres animaux.

Les poissons se nourrissent de plantes, d’insectes aquatiques, de grenouilles, de couleuvres, & même de poissons, &c. on croit qu’il y en a qui vivent très-longtems.

Il y a plusieurs méthodes sur la nomenclature des poissons. Oppien, Rondelet, Aldrovande, Jonston, Charleton ont établi la division méthodique des poissons sur la différence de lieux où ils se trouvent. Aristote les a divisés en cetacées, cartilagineux, & épineux ; Wolton a suivi à-peu-prés la même méthode ; Willughby & Rai ont ajouté pour les poissons épineux d’autres caracteres tirés des nageoires.

Artedi, dans son ichthyologie, distingue les poissons par la situation de leur queue, qui est verticale dans la plûpart, & horisontale dans les autres ; l’auteur a donné à ceux-ci le nom de plagiuri, ce sont les cetacées.

Parmi ceux dont la queue est verticale, les rayons des nageoires sont osseux ou cartilagineux. Les poissons qui ont ces rayons osseux sont nommés chondropterygii.

Les poissons dont les rayons des nageoires sont osseux ont aussi des os dans les ouies ou n’y en ont point : ceux qui n’ont point d’os dans les ouies sont désignés par le nom branchiostegi.

Les nageoires des poissons qui ont des os dans les ouies sont piquantes ou non-piquantes : les poissons à nageoires piquantes portent le nom d’acanthopterygii.

Enfin ceux dont les nageoires ne sont pas piquantes ont le nom de malacopterygii. Voyez Petri Artedi ichthyologia.

M. Linnæus qui avoit adopté la méthode d’Artedi pour les poissons, en a donné une nouvelle dans la dixieme édition du systema naturæ. Il exclud les cetacées du nombre des poissons, & les range avec les quadrupedes. Suivant la nouvelle méthode de M. Linnæus, les poissons ont l’ouverture des ouies garnie ou dépourvue d’opercules & de nageoires ; ceux dont l’ouverture des ouies est dépourvue d’opercules ou de nageoires sont appellés branchiostegi.

Parmi les poissons dans lesquels ces opercules & ces nageoires se trouvent à l’ouverture des ouies, les uns n’ont point de nageoires ventrales, l’auteur les désigne par le nom d’apodes ; d’autres ont les nageoires ventrales situées au-devant des nageoires pectorales, ils sont appellés jugulaires ; d’autres ont les nageoires ventrales situées au-dessous des pectorales, ils sont nommés thoracici ; d’autres enfin ont les nageoires ventrales situées derriere les pectorales, ils sont appellés abdominales.

Poisson armé, Porc-épic de mer, orbis echinatus, muricatus. Ce poisson se pêche dans l’Océan septentrional ; on lui a donné le nom de poisson armé, parce qu’il a le corps couvert de piquans longs & durs, semblables à des pointes de fer. Il n’a point d’autres nageoires que celle de la queue. Le corps est plus rond & plus grand que celui du suetolt. Rondelet, hist. nat. des poissons, prem. part. l. XV. c. iij. Voyez Poisson.

Poisson d’Avril, voyez Maquereau.

Poisson-bœuf, (Ichthiol.) je dessinai d’après nature à S. Paul d’Omagnas, dit M. de la Condamine, le plus grand des poissons connus d’eau douce, à qui les Espagnols & les Portugais ont donné le nom de pexe, poisson-bœuf, qu’il ne faut pas confondre avec le phoca ou veau-marin. Celui dont il est question, paît l’herbe des bords de la riviere ; sa chair & sa graisse ont assez de rapport à celles du veau. La femelle a des mamelles qui lui servent à alaiter ses petits.

Le P. d’Acunna rend la ressemblance avec le bœuf encore plus complette, en attribuant à ce poisson des cornes dont la nature ne l’a pas pourvu. Il n’est pas amphibie, à proprement parler, puisqu’il ne sort jamais de l’eau entierement & n’en peut sortir, n’ayant que deux nageoires assez près de la tête, plates & rondes, en forme de rame, de 15 à 16 pouces de long, lesquelles lui tiennent lieu de bras & de piés, sans en avoir la figure, comme Laet le suppose faussement, en citant Clusius. Il ne fait qu’avancer sa tête hors de l’eau pour atteindre l’herbe sur le rivage.

Celui que vit M. de la Condamine étoit femelle ; sa longueur étoit de sept piés & demi de roi, & sa plus grande largeur de deux piés. Il y en a de plus grands. Les yeux de cet animal n’ont aucune proportion avec la grandeur de son corps, ils sont ronds, & n’ont que trois lignes de diametre ; l’ouverture de ses oreilles est encore plus petite, & ne paroît qu’un trou d’épingle.

Quelques-uns ont cru ce poisson particulier à la riviere des Amazones, mais il n’est pas moins commun dans l’Orinoque. Il se trouve aussi, quoique moins fréquemment dans l’Oyapor, & dans plusieurs autres rivieres des environs de Cayenne, de la côte de la Guyane & des Antilles. C’est le même qu’on nommoit autrefois manati, & qu’on nomme aujourd’hui lamentin dans les îles Françoises d’Amérique, l’espece de la riviere des Amazones est peut-être un peu différente. Il ne se rencontre pas en haute-mer ; il est même rare d’en voir près des embouchures des fleuves, mais on le trouve à plus de mille lieues de la mer, dans le Guallaga, le Pastuca, &c. Il n’est arrêté dans l’Amazone que par le Pongo, au-dessus duquel on n’en trouve plus. Mém. de l’acad. an. 1743. (D. J.)

Poisson juif, voyez Maquereau.

Poisson rond, flascopsaro, orbis (Pl. XIII. fig. 8.) ce poisson se pêche dans la haute-mer, on en trouve aussi aux bouches du Nil ; il a le corps rond comme une boule ; la peau n’est pas couverte d’écailles ; elle est dure & hérissée de petits tubercules pointus. Ce poisson n’a que quatre dents ; elles sont larges ; l’ouverture de la bouche est petite ; il y a deux nageoires près des ouies, & deux autres près de l’extrémité de la queue, l’une sur la face supérieure, & l’autre en-dessous. On ne mange pas ce poisson. Rondelet, hist. nat. des poissons, prem. part. l. XV. ch. j. Voyez Poisson.

Poisson volant, Hirondelle, Arondelle, Ratepenade, Rondole, hirundo, poisson de mer dont la tête est dure & presqu’entierement osseuse ; elle a par-derriere deux aiguillons dirigés du côté de la queue. Les yeux sont grands, ronds & rougeâtres. Tout le corps est couvert d’écailles roides & dures comme des os. La tête & la queue sont quarrés, & le corps est rond. Le ventre a une couleur blanche, le dos est d’un noir mêlé de rougeâtre. La couleur de ces poissons varie ; on trouve des individus de cette espece qui sont presqu’entierement rouges ; cependant, pour l’ordinaire, ils ont beaucoup plus de noir que de rouge. Les nageoires des ouies sont très-longues & fort larges ; elles s’étendent presque jusqu’à la queue ; elles ont une couleur noirâtre parsemée de taches en forme d’étoiles de différentes couleurs. Les deux nageoires du dos ont aussi de pareilles taches. Il y a près des ouies deux barbillons cartilagineux, le dedans de la bouche est rouge. On distingue plusieurs sortes de poissons volans ; celui-ci a les plus grandes aîles, aussi il vole le plus long-tems ; il ne s’éleve pas beaucoup au-dessus de l’eau, & il se soutient en l’air jusqu’à ce que ses aîles soient desséchées. Sa chair est dure, seche & nourrissante, mais difficile à digerer. Rondelet, hist. nat. des poissons, prem. part. l. X. c.j. Voyez Poisson.

Poissons, écailles des, (Science microscop.) les écailles ou couvertures extérieures des poissons sont d’une beauté & d’une régularité surprenante, & elles présentent dans les différentes especes de poissons une variété infinie de figures & d’arrangement. Quelques-unes sont un peu longues, quelques-unes rondes, d’autres triangulaires, d’autres quarrées, & d’autres de toutes les figures que l’on peut imaginer ; quelques-unes encore sont armées de pointes acérées comme celles de la perche, de la sole, &c. d’autres ont le tranchant fort uni, comme celles du merlus, de la carpe, de la tanche, &c.

Il y a également une grande variété dans un même poisson ; car les écailles tirées du ventre, du dos, des côtés, de la tête & des autres parties du corps sont fort différentes ; & certainement, quant à la variété, beauté, régularité & ordre de leur arrangement, les écailles des poissons ont beaucoup de ressemblance avec les plumes qui sont sur le corps & sur les aîles des teignes & des papillons.

On ne croit pas que ces écailles tombent toutes les années, ni qu’elles soient les mêmes pendant toute la vie du poisson ; mais il se fait tous les ans une addition d’une nouvelle écaille, qui vient au-dessous de la précédente, & s’étend de tous côtés au-delà du tranchant de celle-là, à-proportion de l’accroissement du poisson, à-peu-prés de la même maniere que le bois des arbres s’élargit annuellement, par l’addition d’un nouveau cercle auprès de l’écorce ; & comme on peut connoître l’âge d’un arbre par le nombre des anneaux dont le tronc est composé, ainsi dans les poissons, le nombre des plaques qui composent leurs écailles, nous marque l’âge. Il est également probable, que comme il y a un tems de l’année où les arbres cessent de croître ou d’avoir une addition nouvelle à leur masse, la même chose doit arriver aux écailles des poissons ; & qu’enfin dans un autre tems de l’année, il se fait une nouvelle addition ou accroisement. Les plumes des oiseaux & les poils des animaux terrestres, nous font voir quelque chose de semblable.

M. Leenwenhock tira plusieurs écailles d’une carpe extraordinairement grosse ; elle avoit 42 pouces & demi de long & 33 & un quart de large au milieu, mesure de Rhynlande ; les écailles étoient aussi épaisses qu’une rixdale : il les fit macérer dans l’eau chaude pour pouvoir les couper plus aisément, & il en coupa une obliquement, en commençant par la très-petite écaille, qui avoit été formée la premiere, & qui étoit près du centre ; il découvrit clairement avec son microscope quarante petites lames ou écailles, collées les unes sur les autres, d’où il conclut que le poisson étoit âgé de 40 ans.

On croit communément que l’anguille n’a point d’écailles ; mais si on la nettoie bien, & qu’on lui ôte toute la boue, on verra au microscope, que sa peau est toute couverte de très-petites écailles, rangées avec beaucoup d’ordre, & fort joliment ; il semble donc qu’on a droit de penser qu’il y a peu de poissons qui soient sans écailles, excepté ceux à coquilles.

La maniere de préparer les écailles, est de les tirer proprement avec une paire de pinces, de les bien laver, & de les placer sur un papier uni ; entre les feuilles d’un livre, pour les applatir en les séchant, & empêcher qu’elles ne se rident ; il faut ensuite les mettre entre vos talcs dans les glissoirs, & les garder pour l’observation ; mais le serpent, la vipere, les lézards, &c. présentent une nouvelle variété d’écailles différente de celles des poissons, quoique les Physiciens n’aient pas encore daigné les examiner. (D. J.)

Poissons, les, (Astronom.) constellation qui est le douzieme signe du zodiaque. Voyez Signe & Constellation.

Les poissons ont, dans le catalogue de Ptolomée, trente-huit étoiles, trente-trois dans celui de Ticho, & dans le catalogue britanique. (O)

Poisson volant, en Astronomie, c’est une petite constellation de l’hémisphere méridionale, inconnue aux anciens, & qui n’est pas visible dans nos contrées septentrionales. Voyez Constellation. (O)

Poisson austral, (Astronomie.) constellation de l’hémisphere méridional ; on ne peut la voir à notre latitude. Voyez Constellation.

Poisson de mer, (Commerce.) on en fait un grand commerce, & on tire de plusieurs diverses marchandises & drogues.

Les poissons salés, comme saumon, morue, hareng, sardine, anchois, maquereau, &c. composent le commerce de salines.

Le poisson mariné est du poisson de mer frais, roti sur le gril, ensuite frit dans de l’huile d’olive, & mis dans des barrils, avec une sauce composée de nouvelle huile d’olive, d’un peu de vinaigre, du sel, du poivre & des feuilles de laurier ; les meilleurs poissons marinés sont le thon & l’esturgeon.

Les poissons secs sont des poissons qui ont été salés & dessechés, soit par l’ardeur du soleil, soit par le feu ; tels sont la morue que l’on nomme merluche, le stockfish, le harang sor, & la sardine sorette.

Les poissons que l’on appelle en France poissons royaux, sont les dauphins, les esturgeons, les saumons, & les truites ; on les nomme royaux parce qu’ils appartiennent au roi quand ils se trouvent échoués sur les bords de la mer.

Les poissons à lard sont les baleines, les marsouins, les thons, les souffleurs, les veaux de mer, & autres poissons gras ; lorsqu’il s’en rencontre d’échoués sur les greves de la mer, ils sont partagés comme épaves, ainsi que les autres effets echoués. (D. J.)

Poisson de somme, (Commer. de poisson.) dans ce commerce on appelle poisson de somme, le poisson qu’on assomme, & qu’après avoir empaillé, & mis dans un panier d’osier, on transporte sur des chevaux ou sur des fourgons & charettes.

Poisson, huile de, (Comm.) l’huile de poisson, n’est autre chose que de la graisse ou du lard de poisson fondu, ou que l’on a tiré du poisson, soit en le pressant, soit par le feu ; & c’est de la baleine dont on en tire le plus. (D. J.)

Poisson, (Critiq. sacrée.) Moïse met les poissons au nombre des reptiles ; l’Histoire naturelle n’étoit pas encore cultivée chez les Juifs dans le tems du regne de ce législateur. Comme il y a des poissons qui ont des écailles sans nageoires, & d’autres qui n’ont ni nageoires ni écailles, Moise fonda sur cette différence sa distinction des poissons purs & immondes. Il mit ceux qui n’ont ni nageoires ni écailles au rang des poissons impurs, & défendit d’en manger, ne permettant l’usage que des poissons qui ont des nageoires & des écailles.

L’Ecriture désigne quelquefois figurément les hommes sous le nom de poissons ; les poissons de vos rivieres tiendront à vos écailles, dit Ezéchiel xxix. 4. c’est-a-dire la perte de vos sujets sera inséparable de la vôtre.

La porte des poissons, Sophon. j. 2. étoit une porte de Jérusalem, ainsi nommée parce que c’étoit par-là qu’on apportoit le poisson dans la ville.

Poissons, (Mythol.) la mythologie envisage ce signe du zodiaque d’une autre maniere que l’Astronomie ; ce n’est point une constellation composée d’un grand nombre d’étoiles ; ce n’est point ce signe du zodiaque, lorsque le soleil y entre dans le mois de Février, mais c’est Vénus & Cupidon qui se jetterent dans l’Euphrate, & se métamorphoserent en poissons, pour se dérober à la fureur du frere d’Osiris. (D. J.)

Poissons, les, (Littérature.) plusieurs de ces animaux furent l’objet d’un culte superstitieux, chez les Egyptiens, chez les Syriens, & dans quelques contrées de la Lydie. En certaines villes d’Egypte, les uns plaçoient sur leurs autels des tortues, & d’autres des monstres marins auxquels ils offroient de l’encens.

Poisson, (Blason.) on le distingue diversement en blason. Les dauphins sont toujours courbés, les bars ou barbeaux adosses, les chabots péris en pal. Quand ils sont en fasce, on les représente nageant, & on n’exprime point leur assiete, mais seulement lorsqu’ils sont en pal ou en bande.

Poisson, s. m. (Mesure de liqueur.) c’est l’une des petites mesures pour les liqueurs ; elle ne contient que la moitié d’un demi-septier, ou le quart d’une chopine, ou la huitieme partie d’une pinte, mesure de Paris. Le poisson est de six pouces cubiques ; on lui donne encore les noms de posson ou de roquille.

Poisson se dit aussi d’une liqueur mesurée ; un poisson de vin, un poisson d’eau-de-vie, &c. Savary.

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Étymologie de « poisson »

(Nom commun 1) (Xe siècle) Du moyen français poisson, de l’ancien français poisson, pescion (Fragment de Valenciennes), peison (Passion du Christ), augmentatif dérivé de peis, pois (« poisson »), du latin piscem, accusatif de piscis (« poisson »). Le mot latin est de même racine indo-européenne que l’anglais fish et l’irlandais iasc.
(Nom commun 2) (1693) Altération de posson (même sens), peut-être sous l’influence de boisson, lui-même de l’ancien français posson (« pot »).
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Wallon, pehon ; picaid, pichon, pisson ; Artois, posson ; provenç. peisso ; it. pescione. Les formes française, provençale et italienne supposent une dérivation du latin piscis, poisson, lequel a donné directement le provenç. peis, le catal. pex, l'espagn. pez, le portug. peixe, l'ital. pesce. Piscis a pour congénères l'all. Fisch, goth. fiska, le kymri pysg, gaél. iasg.

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Phonétique du mot « poisson »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
poisson pwasɔ̃

Citations contenant le mot « poisson »

  • Petit poisson deviendra grand, Pourvu que Dieu lui prête vie. Jean de La Fontaine, Fables, le Petit Poisson et le Pêcheur
  • Comment mêler le péché et la rédemption à la vie et à la mort d'un poisson aveugle des grands fonds marins ? Armand Salacrou, Certitudes et incertitudes, Gallimard
  • S'il n'y a pas de viande, il faut se contenter de poisson salé ! Zénobios, Corpus paraemiographorum graecorum, I, 84
  • Nous attendons l'invasion promise de longue date. Les poissons aussi. sir Winston Leonard Spencer Churchill,
  • L'eau peut agir sans poisson, Mais le poisson ne peut agir sans eau. LaoziLao-tseu, Tao-tö-king, XXXIV
  • Un pêcheur amorce sa ligne avec le ver qui s'est nourri d'un roi, puis mange le poisson qui s'est nourri du ver. William Shakespeare, Hamlet, IV, 3, Hamlet
  • Petit poisson deviendra grand. De Jean de La Fontaine / Le Petit Poisson et le pêcheur
  • Je suis un poisson ascendant mayonnaise. De Ettore Scola
  • La sauce vaut mieux que le poisson. De Proverbe français
  • Il n’y a pas de poisson sans arête. De Proverbe français
  • L'amour est un poisson d'avril. De Joseph-Guillaume Barthe / Le Poisson d'avril
  • La bouillabaisse, c'est du poisson avec du soleil. De Alfred Capus
  • Une femme sans homme est comme un poisson sans bicyclette. De Irina Dunn / Mai 1968
  • Une huître, c’est un poisson fait comme une noix. De Jean-Charles / La Foire aux cancres
  • Gouverner un grand pays revient à cuire un petit poisson. De Lao-Tseu / Tao Te King
  • Une maison sans chat est un aquarium sans poisson. De Jean-Louis Hue / Le Chat dans tous ses états
  • Souviens-toi qu’un poisson mort peut flotter en suivant le courant, mais seul un poisson vivant peut nager en le remontant. De W.C. Fields
  • Un peuple qui mange le poisson cru, c'est un peuple de requins. De Delfeil de Ton
  • Le poisson voit l'appât et non l'hameçon. De Proverbe chinois
  • Des personnes ont été mordues par un mystérieux poisson sur une plage de la Côte d'Azur et même dans l'Aude, à Leucate. Le responsable n'a pas été formellement identifié. midilibre.fr, Quel est ce mystérieux poisson mordeur qui sévit en Méditerranée ? - midilibre.fr
  • Vient ensuite la préparation : les poissons sont éviscérés, nettoyés, séchés et frits à l'huile. « La dimension artisanale de nos produits tient au fait que la sardine requiert un travail manuel, réalisé par les 60 employés ». , Gonidec, la conserverie de poissons locale et responsable | Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation
  • C’est une première. Aucun rapport mondial ne s’était intéressé de manière aussi complète au statut des poissons migrateurs. Quinze organisations, dont la World Fish Migration Foundation, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), WWF et la Société zoologique de Londres (ZSL), se sont regroupées pour alerter sur les impacts négatifs qu’ont les activités anthropiques sur ces populations. Dans un rapport conjoint, publié mardi 28 juillet, elles font le constat d’un fort déclin du nombre de poissons migrateurs dans le monde, ces espèces qui évoluent des eaux douces aux eaux salées et vice-versa, ou seulement en eau douce d’un bout à l’autre d’un cours d’eau. Le Monde.fr, La population de poissons migrateurs dans le monde s’est effondrée depuis 1970
  • Quel est alors ce mystérieux poisson ? Journal L'Union, Quel est ce poisson qui s’attaque aux jambes des baigneurs sur une plage de la Côte d’Azur?
  • Maurice Renoma a un poisson. Un poisson rouge du nom de Cristobal. Ensembles, ils ont fait le tour du monde. De leurs voyages, ils ont ramené de nombreuses photos, aujourd'hui exposées à l'Appart Renoma. Du 24 septembre au 24 décembre 2020, venez découvrir les aventures de Maurice et Cristobal à travers l'exposition Mythologies du poisson rouge. , Mythologies du poisson rouge, l'exposition d'inauguration de l'Appart Renoma - Sortiraparis.com
  • HaliOtika dévoile les secrets de l’industrie de la pêche au port du Guilvinec (29). En visite libre, les apprentis-marins embarquent à bord du Bara Breizh, un chalutier hauturier qui a été entièrement reconstitué de la cuisine à la cale à poissons afin d’illustrer le quotidien des marins. L’exposition « De la mer à l’assiette » revient sur le parcours du poisson, depuis la criée jusqu’à l’assiette. À 14 h 30 ou 14 h 45, le départ est lancé pour une visite guidée du centre de découverte et de la criée. L’aide des familles, armées d’un matériel d’enquête, est aussi bienvenue pour retrouver le trésor dérobé par Barbe-Blanche. Le Telegramme, Envie de bouger demain ? Nos cinq propositions - Bretagne - Le Télégramme
  • Ils sont installés en bordure du lac, en face de la base nautique, quand leur ligne s'agite brusquement. "Nous pêchons depuis plus de dix ans, on s'est bien rendu compte que ça ne ressemblait pas à une prise classique", raconte Thibaut. La ligne tient mais sortir le poisson ne leur semble pas possible. www.lamontagne.fr, Un silure de 2 mètres pêché au lac d'Aydat (Puy-de-Dôme) - Clermont-Ferrand (63000)
  • Côté équilibre glucide/lipide/protide on rappelle que la valeur idéale se situe (en pourcentage) autour de 50/15/35. Le plat lyophilisé MX3 poisson provençale et riz offre un ratio de 61/11/14. Un score maigre en protéines, comme bon nombre de plats lyophilisés mais aussi très riches en glucides. Il y a donc malheureusement trop peu de lipides et, plus grave, les acides gras saturés atteignent 54,54% des graisses totales. On gagnera donc à consommer des fruits secs pour équilibrer la diète en protéines et graisses de grande qualité. Le plat apporte 609 kcal, soit 3,58 kcal par gramme transporté. C’est un ratio calories/gramme acceptable mais loin d’atteindre les meilleures performances du marché. Qu’est-ce que signifie cet indice calorie/gramme ? En divisant la valeur calorique du sachet par son poids, il indique combien de calories vous avez par gramme transporté; une bonne façon d’optimiser le poids de son sac à dos. Pour en savoir plus sur les plats lyophilisés, relisez nos 10 conseils pour choisir ses plats lyophilisés. I-Trekkings, Test du plat lyophilisé MX3 poisson provençale et riz
  • La Maison pêche et nature et la Fédération de pêche des Côtes-d’Armor proposent un programme de découverte de la pêche à l’échelle départementale. À Plédran, quatre dates sont proposées pour pêcher son premier poisson à l’étang de l’espace Horizon. La première séance a eu lieu ce mardi 28 juillet, avec Anthony Maudet, animateur pêche. Les autres séances auront lieu les mardis 4, 11 et 18 août, de 14 h à 16 h 30. L’inscription est indispensable à l’avance en téléphonant au 02 96 50 60 04. L’ensemble des programmes est disponible sur : www.maisonpechenature.com Le Telegramme, Des séances d’initiation pour pêcher son premier poisson à Horizon - Plédran - Le Télégramme

Images d'illustration du mot « poisson »

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Traductions du mot « poisson »

Langue Traduction
Anglais fish
Espagnol pez
Italien pesce
Allemand fisch
Chinois
Arabe سمك
Portugais peixe
Russe рыбы
Japonais
Basque arrain
Corse u pesciu
Source : Google Translate API

Synonymes de « poisson »

Source : synonymes de poisson sur lebonsynonyme.fr

Poisson

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