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Marée

Définitions du mot « marée »

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MARÉE, subst. fém.

A. − Mouvement alternatif, périodique et journalier du niveau de la mer, de plus ou moins grande amplitude, dû à l'attraction de la lune ainsi qu'à celle du système solaire. Coefficient de marée. Dans les mers sans marée, les ports peuvent être des bassins naturels ou artificiels appelés darses communiquant directement avec la mer par une entrée plus ou moins large (Bourde, Trav. publ., 1929, p. 265).De chaque côté du promontoire, la marée gonfle et remonte les estuaires. À droite, la nuit commence à cacher les collines. À gauche, descend un soleil jaune soufre (Morand, New-York,1930, p. 5):
. Toutes les sources d'énergie actuellement exploitées par l'homme ont leur origine dans la chaleur solaire; d'autres qui n'en proviennent pas, en particulier l'énergie des marées et l'énergie atomique, n'ont pas encore été mises en valeur. Thaller, Houille blanche,1952, p. 7.
SYNT. Petite, forte marée; marée déferlante, grondante, houleuse, puissante; bruit, roulement d'une marée; régularité, ressac des marées; amplitude des marées; rivière, fleuve sans marée; entrer, sortir de toute marée, à marée haute, à marée basse.
Raz* de marée.
Courant de marée. Courant déterminé par le flux et le reflux. V. courant I A en partic.
P. métaph. De la coulisse (...) montait la clameur de l'offre et de la demande, ce bruit de marée de l'agio, victorieux du grondement de la ville (Zola, Argent, 1891, p. 20).Cette multiplication de concerts, cette marée envahissante de musique à tout prix, ne répondaient pas à un développement réel du goût public (Rolland, J.-Chr.,Foire, 1908, p. 700).
1. En partic.
Marée montante. Flux, flot. À marée montante, l'eau s'engouffre dans la vanne et remplit, en amont, le bassin naturel (Romanovsky, Mer, source én.,1950, p. 83).
Marée descendante. Reflux, jusant. Le Duncan devait partir dans la nuit du 24 au 25 août, à la marée descendante de trois heures du matin (Verne, Enf. cap. Grant,t. 1, 1868, p. 43).
Marée haute. Fin du flux. La masse volumineuse des fondations de ce pâté (...) a été (...) élevée à la hauteur de six pieds au-dessus du niveau des plus hautes marées (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t. 2, 1823, p. 255).
Marée basse. Fin du reflux. L'anse vers laquelle nous dirigeâmes la route de nos chaloupes, était grande et commode; les canots et les chaloupes y restaient à flot, à la marée basse (Voy. La Pérouse,t. 3, 1797, p. 187).
Grande marée. Marée de très forte amplitude se produisant lorsque la lune et le soleil sont en syzygie. Synon. marée de vive-eau*.Il le savait que c'était elle, la lune de cuivre, qui, dans son plein, avait produit cette grande marée et causé la tempête qui, maintenant, détruisait la flotte des Romains (A. France, Clio,1900, p. 63).
Marée de morte-eau. ,,Marée de quadrature ou petite marée`` (Lar. encyclop.).
2. Loc. fig.
Contre vents et marées. En dépit de tous les obstacles, malgré toutes les difficultés. Mais je crois que, si même je t'avais surpris cent fois en flagrant délit de me mentir, je continuerais à te faire confiance. La confiance dans la nuit. La confiance cramponnée, contre vents et marées (Montherl., Demain, 1949, ii, 1, p.721).Au sing., plus rarement. Il ne suffit pas d'être courageux, tenace, désintéressé et de marcher droit contre vent et marée sur son but, il faut avoir bien choisi son but (Barrès, Cahiers,t.11, 1917, p.226).
Malgré vents et marées. Le «pharamineux hurluberlu» (...) montrant là combien il était digne aussi d'avoir été surnommé l'inflexible, s'entêta, malgré vents et marées, à ne plier ni rompre (Cladel, Ompdrailles,1879, p. 291).Au sing. plus rarement. Chaque membre de cette société fortuite contemple le ciel, s'en va (...) parce qu'il voit des citoyens marchant malgré vent et marée (Balzac, Ferragus,1833, p. 40).
À travers (les) vents et (les) marées (rare). Constatons que les territoires que, dans les quatre parties du monde, nous avons associés à nos destinées, sont à travers vents et marées, restés fidèles à notre cause (De Gaulle, Mém. guerre,1959, p. 596).
Avoir vent et marée (vieilli). ,,Avoir toutes choses favorables pour réussir ses desseins`` (Ac. 1835-1935).
Loc. proverbiale., vx. La marée n'attend personne. ,,Il faut profiter de l'occasion`` (Lar. 19e).
3. P. anal. Marée noire. Nappe d'hydrocarbures provenant d'un pétrolier, à la suite d'un accident ou d'un dégazage, dérivant à la surface de la mer avec l'apparence d'une boue noire, et qui vient s'échouer sur les côtes en envahissant et polluant les plages et les ports. Conséquences de la marée noire. Le naufrage de l'Amoco-Cadiz le 16 mars a provoqué le déversement dans la mer de 230 000 tonnes de pétrole brut, la plus importante marée noire qui se soit produite à ce jour dans le monde (Le Monde, 26 avr. 1978ds Gilb. Mots contemp. 1980).
Au fig. Phénomène difficile à endiguer et à enrayer. Marée noire de la pornographie. Le disco, marée noire qui envahit toute la musique de variété (Le Point, 10 avr. 1978ds Gilb. Mots contemp. 1980).
4. P. méton. Produit de la pêche d'une marée à l'autre, fournissant du poisson de mer frais et des crustacés destinés à la consommation du jour (par opposition au poisson qu'on fume et qu'on sale). Commerce de la marée; vente en gros de la marée; marchand de marée (v. mareyeur). La marée a manqué aujourd'hui (DG). Le château de l'Œuf y fleure [à Naples] le coquillage, les femmes, la marée et les bouquets de fraisiers offerts par les ruffians (Lorrain, Heures Corse, 1905, p. 40).Dans les espaces libres, des mareyeurs roulaient des tonneaux pleins de marée ou traînaient de lourds paniers qui marquaient leur route à grande eau (Hamp, Marée, 1908, p.20).Serge et Catherine, ça peut aller ensemble comme gargotier et marée pas fraîche (H. Bazin, Lève-toi, 1952, p.222).
Odeur de marée. Odeur particulière, plutôt désagréable, du poisson entassé, même frais. En tirant d'une boîte soigneusement fermée par un pas de vis, une pelote de ficelle ou un tout petit morceau de câble qu'on est allé exprès chercher dans l'une de ces grandes corderies dont les vastes magasins et les sous-sols soufflent des odeurs de marée et de port (Huysmans, À rebours, 1884, p. 30).Il trébucha contre les paniers d'huîtres qui répandaient dans le passage un amer relent de marée (Martin du G., Thib., Consult., 1928, p.1127).
Train de marée. Train express reliant un port de pêche à un grand centre de consommation (qu'est la capitale ou toute autre grande ville de l'intérieur) afin de l'approvisionner en poisson frais. Le train de marée arrivait au quai amenant les voyageurs de Paris (Maupass., Pierre et Jean, 1888, p. 437).
Loc. proverbiale pop. Arriver comme marée en carême. ,,Arriver à propos comme le poisson en temps de jeûne`` (France 1907).
B. − P. anal. Flot irrésistible que forme une masse de personnes qui se déplacent, déferlant comme le flot de la marée. (Gigantesque) marée humaine; marée de foules humaines, d'hommes, de soldats. Le marié (...) me semble troublé malgré son aisance, seul homme perdu au milieu de cette marée féminine (Loti, Désench., 1906, p.79).
P. méton., [en parlant de choses, de faits difficiles à distinguer: aspirations de l'homme, choix politiques, idées, paroles, sentiments] Cette marée de misère et de toute-puissance qui déferle des Oliviers a fini par l'envelopper lui, Augustin (Malègue, Augustin, t. 1, 1933, p.122).Et ils [les Français qui ne voulaient être que Français] résistent avec nous contre la marée aveugle et imbécile des bobards radiophoniques et des inepties chuchotées (M. Déatds L'Œuvre17 janv. 1941).
SYNT. Marée démocratique, marxiste, mystique; marée du positivisme, du totalitarisme; marée d'adoration, de désir; marée d'enthousiasme, de haine; marée d'insultes, d'invocations; marée de prières, de rancoeurs, de revendications; marée de sanglots, de vivats; marée de slogans.
Prononc. et Orth.: [maʀe]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1260 poisson de mer ... de deus marées ici au sens de «de deux pêches» (E. Boileau, Métiers, éd. G. B. Depping, p. 270); 2. fin xiiies. «poissons frais» (Sone de Nansai, 8319 ds T.-L.); 3. 1306 «foule» (G. Guiart, Royaux lignages ds Chroniques françaises, éd. J. A. Buchon, t. 7, 7077); 4. a) 1306 «mouvement alternatif de la mer» (Id., ibid., éd. Wailly et Deslisle, 18489); 1671 spéc. la marée est haute (Pomey); 1680 la marée est basse (Rich.); 1773 marée montante, descendante (Bourdé de Villehuet, Manuel des marins, t. 2, p. 85); b) 1967 marée noire (Le Monde, 13 avr.); c) 1676 fig. contre vent et marée (Mmede Sévigné, Lettres, éd. M. Monmerqué, t. 4, p. 408). Dér. de la forme atone du rad. de mer*; suff. -ée*; 4 b serait un calque de l'angl. black tide d'apr. Gilb. Mots contemp. 1980. Fréq. abs. littér.: 1 097. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1 111, b) 2 310; xxes.: a) 1 399, b) 1 637. Bbg. Juneau (M.). R. Ling. rom. 1973, t. 37, p. 481.

Wiktionnaire

Nom commun

marée \ma.ʁe\ féminin

  1. Mouvement d’ondulation de la surface de la mer, provoquant une baisse et une hausse de son niveau sur un rythme journalier ou semi-journalier selon les régions du globe.
    • C'est à Granville que j’ai fait connaissance avec l'Océan, c’est là que pour la première fois j’ai su ce qu'est une marée. […]. Lorsque je vis disparaître peu à peu cette belle plage que je venais de parcourir et les vagues se briser en écume contre ces rochers naguère si éloignés d'elles; lorsque ces navires de commerce, ces bateaux pêcheurs, ces canots, quelques instans auparavant couchés sur un lit de fange noirâtre, se redressèrent successivement pour flotter,bientôt en pleine eau, ce spectacle me remua profondément. — (Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau, L’Archipel de Chausey, souvenirs d’un Naturaliste, Revue des Deux Mondes, tome 30, 1842)
  2. Séquence de pêche liée à la marée.
    • Rô, qui faisait de la chair des pauvres gens qu’elle surprenait chaque jour, de coutumières ripailles, n’était pas seulement une redoutable ennemie, mais, douée par surcroît d’une subtile intelligence et d’une perversion inexplicable, elle savait tendre aux riverains de la côte, pièges et trébuchets, afin qu’y tombassent les imprudents égarés loin du bourg, les indigentes glaneuses de coquilles revenant de la marée, le bissac rempli de palourdes, sourdons, crabes, pétoncles et autres menues proies que leur dispensait à son reflux l’éternelle nourricière des besogneux pour qui le pain est toujours amer. — (Henri Mériot, Les Belles Légendes de Saintonge, La Découvrance éditions, page 72)
  3. (Par métonymie) Arrivage de poisson de mer qui n’est pas salé.
    • […] ; mais, grâce à eux, la «marée ne manqua jamais», et le lagon ou la rivière leur livraient journellement de magnifiques échantillons de la famille des salmonées. — (Jules Verne, Le Pays des fourrures, J. Hetzel et Cie, Paris, 1873)
  4. (Par analogie) Affluence plus ou moins importante de quelque chose ; flots, eaux, vagues, humains, animaux, etc.
    • Marées océanes, marée humaine, etc.

Forme de verbe

marée \ma.ʁe\

  1. Participe passé féminin singulier de marer.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MARÉE. n. f.
Le flux et le reflux; le mouvement périodique des eaux de la mer, par lequel ces eaux s'élèvent et s'abaissent, généralement deux fois le jour, et, alternativement, couvrent et abandonnent le rivage. Marée haute. Marée basse. Marée pleine. On ne peut entrer dans ce port qu'à marée haute. Les marées sont l'effet de l'attraction exercée sur les eaux par le soleil et surtout par la lune. Les marées sont hautes aux équinoxes. La marée monte, descend. Il est venu, il s'en est retourné avec la marée. Prendre la marée, Prendre le temps où la marée est favorable pour entrer dans un port ou pour en sortir. Fig., Avoir vent et marée, Avoir toutes choses favorables pour réussir dans ses projets. On dit surtout : Aller contre vent et marée, contre vents et marées, Poursuivre obstinément ses projets, malgré toutes les difficultés qui s'y opposent.

MARÉE se dit aussi du Poisson de mer qui n'est pas salé. Marée fraîche. Marchande de marée. Train de marée. Prov. et pop., Arriver comme marée en carême. Voyez CARÊME.

Littré (1872-1877)

MARÉE (ma-rée) s. f.
  • 1Mouvement des eaux de la mer qui, périodiquement et deux fois dans les vingt-quatre heures, s'enflent, montent et se répandent sur les rivages, pour se retirer ensuite et reprendre leur niveau moyen. Marée montante. Marée descendante. Chaque marée est d'environ douze heures, six heures pour monter et six pour descendre. La marée retarde chaque fois de trois quarts d'heure. L'heure de la marée. Dès l'antiquité, on avait remarqué que la marée est liée au mouvement de la lune ; mais ce n'est que depuis Newton que l'on sait qu'elle dépend de la gravitation universelle et qu'on a pu en faire la théorie. Les vents et la marée secondèrent son impatience, Hamilton, Gram. 11. Mon père était exactement averti, toutes les marées, de ce qui se passait à Bordeaux, Saint-Simon, 9, 110. La profondeur et la figure des côtes, les vents et les courants altèrent tellement la hauteur des marées, qu'il n'y a peut-être pas deux endroits sur la terre où elle soit exactement la même, D'Alembert, Introd. précess. équin. Œuvres, t. XIV, p. 56, dans POUGENS. Plus une mer est vaste, plus les phénomènes des marées doivent être sensibles, dans une masse fluide, les impressions que reçoit chaque molécule se communiquant à la masse entière ; c'est par là que l'action du soleil, qui est insensible sur une molécule isolée, produit sur l'océan des effets remarquables, Laplace, Exp. IV, 11. Les marées sont l'effet de l'attraction exercée par le soleil, et surtout par la lune, à cause de sa proximité, sur les eaux dont la mobilité leur permet d'obéir à cette force en s'élevant dans certaines parties, ce qui leur fait abandonner les rivages, qu'elles recouvrent ensuite, lorsque la terre, par sa rotation continuelle, présente d'autres parties à l'action des corps célestes, Legoarant Ô flots, que vous savez de lugubres histoires !… Vous vous les racontez en montant les marées, Et c'est ce qui vous fait ces voix désespérées, Que vous avez le soir quand vous venez vers nous ! Hugo, Rayons et ombres, Oceano nox.

    Grande marée, marée considérable qui arrive à l'époque des syzygies.

    À mi-marée, environ trois heures avant la pleine ou la basse mer.

    Prendre la marée, prendre le temps où la marée est favorable, pour entrer dans un port ou pour en sortir.

    La marée monte, le flot arrive.

    Fig. La marée monte, c'est-à-dire la colère, la mauvaise humeur éclate. Le compliment fut d'abord fraîchement reçu ; incontinent après la marée monta, et voilà la duchesse du Maine aux reproches, Saint-Simon, 258, 214.

    Avoir vent et marée ; aller contre vent et marée, voy. VENT.

  • 2Poisson de mer qui n'est pas salé. La marée arrive cependant de tous côtés ; on cherche Vatel pour la distribuer ; on va à sa chambre, on heurte, on enfonce la porte, on le trouve noyé dans son sang, Sévigné, 47. Toi, voluptueux Parisien, qui n'as jamais fait d'autre grand voyage que celui de Dieppe pour y manger de la marée fraîche, Voltaire, Dict. phil. Patrie.

    Odeur de marée, odeur assez désagréable qu'a le poisson en masse, même frais.

    Populairement. Arriver comme marée en carême, arriver à propos (voy. cependant MARS et CARÊME).

    Terme d'ancienne législation. Chambre de la marée, juridiction qui connaissait des affaires civiles et criminelles relatives au commerce du poisson.

  • 3Marée se dit populairement d'un liquide répandu ou qui coule. La cuve est percée et laisse échapper une marée de lessive. Le chien a pissé une grande marée contre la porte.

HISTORIQUE

XIIIe s. Quiconques ameine poisson de mer à Paris de deus marées, il pert le poisson toutes les fois qu'il en seroit repris, Liv. des mét. 270.

XIVe s. Ainsi Sainte-Severe fu prise et conquestée ; De blefs et de bon vin y ot grande marée [abondance], Guesclin. 20393.

XVe s. Et vinrent de cette marée la premiere nuit gesir devant Gravesainde ; l'endemain et la tierce marée ils nagerent tant par mer qu'ils virent Flandre, Froissart, I, I, 68. Si ils [les pêcheurs] se guerroyoient, on n'auroit point de marée, ni nul n'oseroit aller pescher, si il n'estoit conduit et gardé de gens d'armes, Froissart, II, III, 45. Recepte des caves deues au roy, c'est assavoir que chascun pescheur doivent au seigneur en saison de caresme une marée, Du Cange, maretinium.

XVIe s. Pour aller à Anver querir la charge de deux chevaulx de marée, Carloix, VI, 11. Et ayant fait voile avec vent et marée, fort à gré, nous vinsmes surgir en moins de dix heures à Douvres, Carloix, VIII, 30. Ainsi se forgea cette infinie marée d'hommes qui s'escoula en Italie sous Brennus et aultres, Montaigne, III, 98.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

MARÉE. Ajoutez :
4 Terme de pêche. Au jour se fait le travail inverse, et les lignes [dites palangres] sont relevées en commençant par le bout du large ; cette double opération s'appelle une marée, Rev. des Deux-Mondes, 1er nov. 1874, p. 116.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

MARÉE, (Phys.) s. f. se dit de deux mouvemens périodiques des eaux de la mer, par lesquels la mer se leve & s’abaisse alternativement deux fois par jour, en coulant de l’équateur vers les poles, & refluant des poles vers l’équateur. On appelle aussi ce mouvement flux & reflux de la mer. Voyez Flux & Reflux, Mer, Océan, &c.

Quand le mouvement de l’eau est contraire au vent, on dit que la marée porte au vent. Quand on a le cours de l’eau & le vent favorables, on dit qu’on a vent & marée. Quand le cours de l’eau est rapide, on l’appelle forte marée. On dit attendre les marées dans un parage ou dans un port, quand on mouille l’ancre ; ou qu’on entre dans un port pendant que la marée est contraire, pour remettre à la voile avec la marée suivante & favorable. On dit refouler la marée, quand on suit le cours de la marée, ou qu’on fait un trajet à la faveur de la marée. On appelle la marée, marée & demie, quand elle dure trois heures de plus au largue, qu’elle ne fait aux bords de la mer : Et quand on dit de plus, cela ne signifie point que la marée dure autant d’heures de plus ; mais que si par exemple, la marée est haute aux bords de la mer à midi, elle ne sera haute au largue qu’à trois heures.

Quand la lune entre dans son premier & dans son troisieme quartier, c’est-à-dire, quand on a nouvelle & pleine lune, les marées sont hautes & fortes, & on les appelle grandes marées. Et quand la lune est dans son second & dans son dernier quartier, les marées sont basses & lentes, on les appelle mortes-marées, &c. Chambers.

Nous avons donne au mot Flux & Reflux les principaux phénomenes des marées, & nous avons tâché d’en expliquer la cause.

Nous avons promis au même article flux & reflux, d’ajouter ici quelques détails sur les marées ; & nous allons satisfaire à cette promesse.

On demande pourquoi il n’y a point de marées sensibles dans la mer Caspienne ni dans la Méditerranée.

On trouve par le calcul, que l’action du soleil & de la lune pour soulever les eaux, est d’autant moindre que la mer a moins d’étendue ; & ainsi comme dans le vaste & profond Océan, ces deux actions ne tendent à élever les eaux que d’environ 8 à 10 piés, il s’ensuit que dans la mer Caspienne qui n’est qu’un grand lac, l’élevation des eaux doit être insensible.

Il en est de même de la Méditerranée dont la commun cation avec l’Océan est presqu’entierement coupée au détroit de Gibraltar.

On peut voir dans la piece de M. Daniel Bernoulli, sur le flux & reflux de la mer, l’explication d’un grand nombre d’autres phénomenes des marées. On trouvera aussi dans cette même piece des tables pour la hauteur & pour l’heure des marées de chaque jour : & ces tables répondent assez bien aux observations, sauf les différences que la situation des côtes & les autres circonstances particulieres y peuvent apporter.

Les alternatives du flux & reflux de six heures en six heures, font que les côtes sont battues sans cesse par les vagues qui en enlevent de petites parties qu’elles emportent & qu’elles déposent au fond, de même les vagues portent sur les côtes différentes productions, comme des coquilles, des sables qui s’accumulant peu-à-peu, produisent des éminences.

Dans la principale des îles Orcades où les rochers sont coupé à pic, 200 piés au-dessus de la mer, la marée se leve quelquefois jusqu’à cette hauteur, lorsque le vent est fort. Dans ces violentes agitations la mer rejette quelquefois sur les côtes des matieres qu’elle apporte de fort loin, & qu’on ne trouve jamais qu’après les grandes tempêtes. On en peut voir le détail dans l’Hist. nat. générale & particuliere, tome I. page 438.

La mer, par son mouvement général d’orient en occident, doit porter sur les côtes de l’Amérique les productions de nos côtes ; & ce ne peut être que par des mouvemens fort irréguliers, & probablement par des vents, qu’elle porte sur nos côtes les productions des Indes & de l’Amérique. On a vû souvent dans les hautes mers, à une très grande distance des côtes, des plages entieres couvertes de pierres-ponces qui venoient probablement des volcans des îles & de la terre-ferme, voyez Volcan & Pierre-ponce, & qui paroissent avoir été emportées au milieu de la mer par de courans. Ce fut un indice de cette nature qui fit soupçonner la communication de la mer des Indes avec notre Océan, avant qu’on l’eût découverte. (O)

Marées, (Marine.) Les Marins nomment ainsi le tems que la mer emploie à monter & à descendre, c’est-à-dire, le flux & le reflux qui est une espece d’inondation de la part de la mer deux fois le jour.

Les eaux montent environ pendant six heures ; ce mouvement qui est quelquefois assez rapide, & par lequel la mer vient couvrir les plages, se nomme le flux ou le flot. Les eaux, lorsqu’elles sont parvenues à leur plus grande hauteur, restent à peine un demi quart-d’heure dans cet état. La mer est alors pleine ou elle est étale. Elle commence ensuite à descendre, & elle le fait pendant six heures qui forment le tems du reflux, de l’ébe, ou de jusan. La mer en se retirant, parvient à son plus bas terme qu’on nomme bassé-mer, & elle remonte presque aussi-tôt.

Chaque mouvement de la mer n’est pas précisément de six heures : elle met ordinairement un peu plus à venir & un peu plus à s’en retourner. Ces deux mouvemens contraires sont même considérablement inégaux dans certains ports : mais les deux ensemble sont toujours plus de douze heures ; ce qui est cause que la pleine mer où chaque marée ne se fait pas à la même heure tant le soir que le matin, elle arrive environ 24 minutes plus tard. Et d’un jour à l’autre, il se trouve environ 48 minutes de retardement ; c’est-à-dire, que s’il est pleine mer aujourd’hui dans un port à 9 heures du matin, il n’y sera pleine mer ce soir qu’à 9 heures 24 minutes, & demain à neuf heures quarante-huit minutes du matin, & le soir à 10 heures 12 minutes. C’est aussi la même chose à l’égard des basses-mers, elles retardent également d’un jour à l’autre de 48 minutes, & du matin au soir de 24 minutes.

Ce retardement étant connu, on peut, si l’on a été attentif à l’instant de la marée un certain jour, prévoir à quelle heure il sera pleine mer dans le même port un autre jour, & faire ses dispositions à-propos pour sortir du port ou y entrer ce jour-là. Chaque jour les marées retardent de 48 minutes ; ainsi en 5 jours, elles doivent retarder de 4 heures, ce qui donne la facilité de trouver leur retardement à proportion pour tout autre nombre de jours. Elles doivent retarder de 8 heures en 10 jours, & de 12 heures en 15 jours. Or il suit de-là que les marées reviennent exactement aux mêmes heures dans les quinze jours ; mais que celles qui se faisoient le matin, se font le soir, & celles qui arrivoient le soir, se font le matin : à la fin de quinze autres jours elles reprennent leur premier ordre.

Les marées sont plus fortes de quinze jours en quinze jours, c’est ce qui arrive à toutes les nouvelles & pleines lunes. On donne le nom de grandes eaux à ces plus fortes marées : on les nomme aussi malines ou reverdies. Dans les quadratures, c’est-à-dire aux premier & dernier quartiers, la mer monte moins, & elle descend aussi moins, c’est ce qu’on nomme les mortes eaux. Et la différence de hauteur entre les mortes eaux & les malines, va quelquefois à la moitié : ce que l’on doit savoir pour entrer ou sortir d’un port. En général, les marées du matin & du soir ne sont pas également fortes ; mais ce qu’il y a de très-remarquable, c’est que l’ordre de ces marées change au bout de six mois ; c’est-à-dire, que si ce sont les marées du matin qui sont actuellement les plus fortes, comme cela ne manque pas d’arriver ; en hiver, en six mois ou un peu plus, elles seront les plus foibles. Ce sont effectivement les marées du soir qui sont les plus fortes en été. Mais au-bout de six mois, les plus fortes marées deviennent les plus foibles, & les plus foibles deviennent les plus fortes.

Au surplus, les malines n’arrivent pas précisément les jours des nouvelles & pleines lunes, mais un jour & demi ou deux jours après. Les plus petites marées ou les mortes-eaux ne concourent pas non-plus exactement avec les quadratures ; elles tombent un jour & demi plus tard. Après qu’elles ont été fort grandes un ou deux jours après la nouvelle ou la pleine lune, elles vont en diminuant jusqu’à un jour & demi après la quadrature, & elles augmentent ensuite jusqu’à la pleine ou nouvelle lune suivante.

On a vû ci-devant que les marées retardoient chaque jour de 48 minutes, & qu’elles ne revenoient aux mêmes heures que de 15 jours en 15 jours. Il est pleine mer sur toute une étendue de côte à la même heure. Mais selon que les ports sont plus ou moins retirés dans les terres, ou que leur ouverture est plus ou moins étroite, la mer emploie plus ou moins de tems pour s’y rendre, & il y est pleine mer plus tôt ou plus tard. Chaque port a donc son heure particuliere ; outre que cette heure est différente chaque jour, il a été naturel de considérer plus particulierement les marées des nouvelles & pleines lunes, & d’y rapporter toutes les autres. On nomme établissement cette heure à laquelle il est pleine mer, lorsque la lune est vis-à-vis du soleil, ou qu’elle se trouve à l’opposite. Par exemple, à Brest, l’établissement des marées est à 3 heures 30 minutes ; au lieu qu’au Havre-de-grace, il est à 9 heures, parce qu’il est pleine mer à ces heures-là les jours de nouvelle & pleine lune.

Il est bon de remarquer que les pilotes sont assez dans l’usage d’exprimer l’établissement des ports, par les rumbs de vent de la boussolle. Ils se servent du nord & du sud pour indiquer 12 heures ; ils indiquent 6 heures par l’est & l’ouest, 3 heures par le sud-est & nord-ouest, & ainsi des autres. Cet usage qui s’est introduit dans plusieurs livres, n’est propre qu’à induire en erreur les personnes peu instruites, en leur faisant croire que ces prétendus rumbs de vent qui désignent l’établissement des marées, ont rapport à la direction des rivieres, ou aux régions du monde, vers lesquelles les entrées des ports sont exposées. Il n’est pleine mer plus tard à Nantes qu’au bas de la Loire, que parce que cette ville est considérablement éloignée de la côte, & qu’il faut du tems au flux pour y faire sentir son effet.

Tout ce qu’on vient de dire sur les marées, est tiré du nouveau traité de Navigation, publié par M. Bouguer en 1753, auquel on peut avoir recours pour de plus grands détails. On ajoute ici une table de quelques côtes & ports de l’Europe, où l’heure de la pleine mer est marquée, les jours de la nouvelle lune & de la pleine, & à la suite une table du retardement des marées.

Tables des côtes & ports de l’Europe où l’heure de la pleine mer arrive le jour de la nouvelle & pleine lune.
France.
A Saint-Jean de Luz, à Bayonne, à 3 h. 30′.
A la côte de Guyenne & Gascogne, 3 0.
Côtes de Saintonge & d’Aunis
A Royan, à Brouage, à la Rochelle, à l’embouchure de la Charente, 3 45.
A l’île de Ré & dans les pertuis bretons & d’Antioche, 3.
Côtes de Poitou.
Dans toute la côte de Poitou, 3.
A Olonne, 3 15.
A l’Ile-Dieu, 3.
Côtes de Bretagne.
A l’embouchure de la Loire, 3 15.
A Pembœuf, 5 15.
A Morbian, Port-Louis, Concarnaux, & toute la côte du sud de Bretagne, 3.
A Vannes, à Auray, 3 45.
A la Roche-Bernard, 4 30.
A Belleisle, 1 30.
A Pennemarck, Audierne, 2 15.
A la rade de Brest, 3 15.
A la rade de Bertaume, 3.
Entre Ouessant & la terre-ferme, & dans le passage de l’Iroise, 3 45.
Au Conquet, 2 15.
A Abbreverak, 3 30.
A l’ile de Bas, 5 13.
A Saint Pol de Léon & à l’embouchure de la riviere de Morlaix, 4.
Aux sept îles, 5.
A Saint-Malo & Cancale, 6.
Côtes de Normandie.
A Grandville, 6 45.
A l’anse de Vauville, 6 30.
A Cherbourg, 7 30.
A la Hougue, 8 15.
A Honfleur, à l’embouchure de la Seine, au Havre de Grace, 9.
A Fécamp, à S. Valery en Caux, 9 45.
A Dieppe & à Tréport, 10 30.
Côtes de Picardie.
Dans toute la côte depuis Treport jusqu’à Ambleteuse, 11.
A Calais, 11 30.
Dans le pas de Calais, 3 45.
A Dunkerque, Nieuport & Ostende, 12.
En Flandres.
Dans le canal entre l’Angleterre & la Flandres, 3.
En Hollande.
A l’Ecluse & à Flessingue, 2 30.
Dans les îles de Zélande, 1.
Dans le Texel, 7 30.
Hors le Texel à la côte, 6.
A Amsterdam, à Roterdam & à Dor drecht, 3.
En Angleterre.
Aux Sorlingues & à la pointe occidentale d’Angleterre, 4 30.
A l’entrée de la Manche, 3.
A Montboy, 5.
Aux côtes près le cap Lezard, 7.
A Falmouth, 5 30.
A Faure, à Plimouth & à Darmouth, 5 45.
A la côte, près le cap Goustard, 7
A Torbay & à Exmouth, 5 15.
A Portland & à Weymouth, 8 30.
Le long de la côte, depuis Portland jusqu’à l’île de Wight, 9.
Dans la rade de Sainte-Hélene, 10 30.
A Portsmouth & Hampton, 11.
Dans toute la côte, depuis l’île de Wigth jusqu’à Douvres, 11 30.
A Douvres, 12.
Dans la rade des Dunes, 11.
A Douvres, 12.
Dans la rade des Dunes, 11.
A l’embouchure de la Tamise, 12.
Depuis la Tamise jusqu’à Yarmouth, le long de la côte, 10.
En Irlande.
Dans toute la côte de l’ouest, 4.
Aux îles Blaques, 3.
A Dingle, 3 30.
Dans la baie de Bantry, 4 30.
A Baltimont, à Rosse, & à Kingsale, 5 15.
A Kork, 5 15.
A Waterfort & le long de la côte, 6 30.
A Wiclo, 7 30.
A Dublin, 9.
A la côte du nord d’Irlande, 6 30.
En Espagne.
A Cadix & par toute la côte voisine, 1 30.
En Portugal.
A Lagos, 3.
A Setuval, 4 15.
Dans le port de Lisbonne, 3 30.
Dans toute la côte depuis Lisbonne jusqu’au cap Finistere, 3.

Il est inutile d’étendre cette table ; ce qu’on vient de voir suffit pour l’intelligence de ce que nous avons dit ci-devant sur l’établissement des marées dans un port. Il ne nous reste plus que la table du retardement des marées, qu’on va donner.

Table du retardement des marées.
Anticipation Retard
H. M. H. M.
Jours
avant la
nouvelle
lune.
Jours
avant la
quadra-
ture.
7 7
6 5 22 6 0 54
4 42 1 11
5 4 4 5 1 28
3 34 1 46
4 2 58 4 2 3
2 29 2 21
3 2 4 3 2 40
2 1/2 1 39 3 1
2 1 17 2 3 21
0 57 3 44
1 0 37 1 4 9
0 18 4 37
New moon with face.svg Full moon with face.svg 0
Retard
0 Last quarter moon with face.svg First quarter moon with face.svg 5 6
Jours
depuis la
nouvelle
& pleine
lune.
0 17 Jours
après la
quadra-
ture.
5 39
1 0 36 1 6 19
0 54 6 58
2 1 11 2 7 37
1 28 8 14
3 1 46 3 8 47
2 3 9 17
4 2 21 4 9 4
2 40 10 9
5 3 1 5 10 21
3 21 10 53
6 3 4 6 11 13
7 7

Cette table sert aussi pour trouver l’établissement d’un port, lorsqu’on y aura observé l’heure de la marée.

Un certain jour la table marquera la quantité du retardement de l’anticipation pour le jour de l’observation, & elle la donnera toujours par rapport à l’heure de l’établissement ; ainsi il n’y aura qu’à ôter le retardement, ou ajouter l’anticipation à l’heure qu’on aura observée, & on aura l’heure de la pleine mer pour le jour de la nouvelle & pleine lune.

On observe, par exemple, la pleine mer à 10 heures 20 minutes dans un certain port un demi jour avant la nouvelle lune.

On consulte la petite table qui apprend qu’un demi jour donne 18 minutes d’anticipation, ou que la pleine mer doit arriver 18 m. plutôt à cause du demi jour, on aura donc 10 h. 38 m. pour l’établissement.

Supposons, pour second exemple, que deux jours & un quart avant une des quadratures, on observe qu’il est pleine mer dans un port à 5 heures 40 minutes, on trouvera dans la table 3 heures 11 minutes pour le retardement ; d’où il s’en suivra que la mer aura été pleine le jour de la nouvelle ou pleine lune à 2 h. 29 m., & ce sera l’établissement requis.

Marées qui portent au vent, sont des marées qui vont contre le vent.

Marées & contremarées, ce sont des marées qui se rencontrent en venant chacuns d’un côté, & qui forment souvent des courans rapides & dangereux, qu’on appelle des ras.

Marées qui soutiennent, expression qui signifie qu’un vaisseau faisant route au plus près du vent, & ayant le courant de la marée favorable, se trouve soutenu par la marée contre les lames que pousse le vent ; ensorte que le vaisseau va plus facilement où il veut aller. Article de M. Belin.

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Étymologie de « marée »

Marée tient à une forme barbare mareare, mariare, naviguer, qu'on trouve dans du Cange, et qui vient de mare, la mer.

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De mer, du latin mare (« mer »).
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Phonétique du mot « marée »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
marée mare

Citations contenant le mot « marée »

  • Les siècles devant eux poussent, désespérées, Les révolutions, monstrueuses marées, Océans faits des pleurs de tout le genre humain. De Victor Hugo / Les Contemplations
  • Le temps et la marée n'attendent personne. De Proverbe anglais
  • Etre amoureux, c'est avoir la cervelle à marée basse. De Pierre Perret
  • Sur la plage, à marée basse tout ce qu’on ramasse bouge. De Kaga No Chiyo
  • Le mouvement des marées et le mouvement des capitaux sont les deux mamelles du mouvement perpétuel. De Pierre Dac
  • Le flux et le reflux me font marée. De Raymond Devos / Le Flux et le reflux
  • Mon aquarelle, peinte à l'eau de mer, fut sensible aux attractions lunaires, et sujette aux marées. De Alphonse Allais / A se tordre
  • Le temps, la marée et les examens n’attendent pas. De Mary Lawson / L’Autre Côté du pont
  • Je suis comme un océan transformé en lac et qui aurait la nostalgie de ses marées, de ses vagues et de ses tempêtes. De Geneviève Dormann / Fleur de péché, 1990
  • L'homme écrit sur le sable. Moi ça me convient bien ainsi ; l'effacement ne me contrarie pas ; à marée descendante, je recommence. De Jean Dubuffet / Prospectus aux amateurs de tout genre
  • Quand la marée monte, il n'est plus important de savoir à qui appartient le château de sable. De José Artur / Parlons de moi, y'a que ça qui m'intéresse
  • La ségrégation existe dans nos villes, dans nos états, dans l’Union, produisant une marée montante de mécontentement qui menace la sécurité du pays. De John Fitzgerald Kennedy / 11 juin 1963
  • On devrait pouvoir se laisser bercer, abandonné comme une algue devant la marée, mais on est toujours emmené au large. De André Brink / Un instant dans le vent, 1985
  • Le chômage est comme une marée noire qui recouvre l'herbe verte, là où elle a poussé. De Françoise Giroud / Chienne d’année
  • L'actualité. Ne rien choisir, tout prendre. S'étonner de tout. Insatiable curiosité, inlassable marée dont la vague laisse sur la grève les traces de faits, de noms, d'événements, trop vite effacés par la vague suivante. De Michel Field / Les Dossiers de l’Audiovisuel
  • Les pompiers des Côtes-d’Armor ont tenu à effectuer, ce mardi 21 juillet, un petit rappel en règle. Dans leur viseur ? L’imprudence des vacanciers qui se rendent sur les îles costarmoricaines accessibles à pied à marée basse, comme l’île Milliau, à Trébeurden, ou les Ébihens, à Saint-Jacut-de-la-Mer. Le Telegramme, Îles accessibles à marée basse : appel à la prudence des pompiers costarmoricains - Bretagne - Le Télégramme
  • Les pompiers et la SNSM ont été mobilisés dimanche après-midi pour secourir deux personnes bloquées par la marée sur un îlot dans le nord Finistère. France Bleu, Deux personnes encore piégées par la marée en Bretagne
  • Dimanche 19 juillet, à 17 h 55, à la suite d'un isolement par la marée dans le havre de Regnéville-sur-Mer, une personne a été sauvée de la noyade par un plaisancier. lamanchelibre.fr, Manche. Isolée par la marée, une personne sauvée de la noyade par un plaisancier
  • Une marée géante de plastique piégeant des tortues... Entre le 11 et le 12 juillet 2020, environ 50 tonnes de déchets se sont échouées sur plusieurs kilomètres de cette plage, comptant parmi les plus grandes au monde. Emballages, bouteilles, déchets électroniques, filets de pêche... De nombreux déchets ont été ramenés à terre par les courants, emportant avec eux de nombreux animaux, retrouvés morts ou blessés. Parmi eux, plusieurs tortues caouannes, une espèce classée comme vulnérable.   Franceinfo, VIDEO. Au Bangladesh, une marée géante de plastique piège des tortues
  • Invitation est faite à découvrir les secrets de l’estran à marée basse jeudi 23 juillet, entre coquillages, crustacés, algues et mille et un habitants discrets des rochers et du sable. Il ne s’agit pas de pêche à pied ou de repérer les bons coins pour les coques ou les palourdes mais bien d’une approche commentée d’un monde méconnu du grand nombre. Le rendez-vous est fixé à 13 h 30 à l’îlot Sainte-Anne et il est recommandé de se chausser de bottes et d’un coup-vent selon la brise. L’inscription préalable est nécessaire au 02 98 67 51 54. Le Telegramme, Les secrets de la marée basse - Saint-Pol-de-Léon - Le Télégramme

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Traductions du mot « marée »

Langue Traduction
Anglais tide
Espagnol marea
Italien marea
Allemand tide
Chinois 浪潮
Arabe المد
Portugais maré
Russe волна
Japonais
Basque tide
Corse marea
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Synonymes de « marée »

Source : synonymes de marée sur lebonsynonyme.fr

Marée

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