La langue française

Pâté

Sommaire

Définitions du mot pâté

Trésor de la Langue Française informatisé

PÂTE, subst. fém.

A. −
1. Au sing.
a) Préparation alimentaire plus ou moins consistante et souple, à base de farine délayée, additionnée ou non de levain et d'autres ingrédients divers (beurre, oeufs, aromates) et pétrie, destinée à la cuisson pour faire du pain, des gâteaux ou divers mets salés ou sucrés. Malaxer, pétrir, travailler, laisser reposer, faire lever la pâte; aplatir, étendre la pâte au rouleau; pâte à pain, à pizza, à tarte, à beignets, à choux, à crêpes, à gaufres, à nouilles; pâte à frire; pâte brisée, feuilletée, sablée; pâte sans levain, crue, cuite, blanche, ferme, fine, homogène, légère, lourde. Céline permettait qu'il écornât discrètement la pâte de la tourte (Adam, Enf. Aust.,1902, p.7).Les tartes aux pommes (...) dont la pâte avait un goût fin de cannelle (Moselly, Terres lorr.,1907, p.42):
1. ... la farine (...) tombait dans des cuves où de larges mains d'acier la pétrissaient, et la pâte coulait dans des moules... A. France, Pierre bl.,1905, p.258.
b) Expr. et loc. fig., fam.
Une bonne pâte (d'homme, de fille...). Une personne bonne et accommodante; une personne docile. Il est trop bonne pâte; c'est une bonne pâte. Il n'est pas possible de voir une meilleure pâte de fille, une créature plus gaie, plus folle, plus ce qu'on appelle bonne enfant (Courier, Lettres Fr. et Ital.,1805, p.696).Un enfant, répète-t-il, un véritable enfant, une très bonne pâte (Bernanos, Soleil Satan,1926, p.156).
De pâte molle (péj.). Sans caractère et sans énergie, qui se laisse facilement influencer. Synon. mou.La cousine de Saint-Amand, bonne personne de pâte molle, toujours gémissante, malade, à l'entendre, treize mois sur douze (Pourrat, Gaspard,1922, p.108).Être une pâte, une cire molle. V. mou I B 2.
Mettre la main à la pâte. V. main 1resection I H 4 b.
Être comme un coq en pâte. V. coq1A 1 a γ.
2. Au plur. Pâtes (alimentaires). Petits morceaux de pâte séchée à base de semoule de blé dur, de formes diverses (et aux dénominations variées selon la forme, vendus prêts pour la cuisine). Pâtes fraîches; pâtes aux oeufs; paquet de pâtes; pâtes au gratin, en timbale; jeter des pâtes dans l'eau bouillante; pâtes boulangères, alsaciennes, italiennes, torsadées; pâtes à l'italienne; pâtes à potage; petites pâtes. Un ancien fabricant de vermicelles, de pâtes d'Italie et d'amidon, qui se laissait nommer le père Goriot (Balzac, Goriot,1835, p.15).Je suis trop fatigué pour cuisiner moi-même... Alors, je ne sors pas des conserves et des pâtes (Lenormand, Simoun,1921, 3etabl., p.18).V. lasagne ex. de T'Serstevens.
B. − [Sert à désigner des substances diverses, intermédiaires entre le solide et le liquide et des substances solides de consistance molle]
1. CONFIS., INDUSTR. ALIM.
a) Préparation comestible, à base de sucre, mélange plus ou moins mou. Pâte de fruits, de coings; pâte à la frangipane; pâte à meringues; pâte douce, onctueuse. Dans ce papier, (...) on met des loukoums aux pistaches, des pâtes d'abricots de Damas (Farrère, Homme qui assass.,1907, p.83).Le patron jouait de l'accordéon comme s'il tirait sur de la pâte à berlingot (Giono, Baumugnes,1929, p.10).Les huesos de santos, friandises en pâte d'amande qu'on vend dans toute l'Espagne, la semaine de la Toussaint (T'Serstevens, Itinér. esp.,1963, p.230).
b) Masse interne d'un fromage. Fromage à pâte fraîche, molle, ferme, dure, pressée, bleue, persillée. Le bouquet final des fromages. Tous, à cette heure, donnaient à la fois. C'était une cacophonie de souffles infects, depuis les lourdeurs molles des pâtes cuites, du gruyère et du hollande, jusqu'aux pointes alcalines de l'olivet (Zola, Ventre Paris,1873, p.832).
2.
a) Substance molle, préparation ou produit de consistance pâteuse, dans de nombreux domaines techniques, industriels et commerciaux. La brave femme était en train d'astiquer avec frénésie le loquet de cuivre de ma porte. Elle employait une pâte appelée tripoli, qu'elle étendait sur un papier, et frottait, et frottait (Benoît, Atlant.,1919, p.143).De la pâte à phosphore pour les rats (Bernanos, M. Ouine,1943, p.1437):
2. Quand il m'eut dûment étrillé, il prit sur la coiffeuse un petit pot, et se mit à m'oindre le corps d'une pâte rose. Toute fatigue parut s'envoler de mes muscles rajeunis. Benoit, op.cit.,p.174.
SYNT. Pâte dentifrice, épilatoire, pectorale, réfractaire, à polir, à récurer, de guimauve, de jujube, de réglisse, de bois, de verre; colle* de pâte.
Pâte à papier. Matière à base de vieux papiers ou chiffons, servant à la fabrication du papier. On colle sur la tuyauterie (...) une couche de pâte à papier (Haton de La Goupillière, Exploitation mines,1905, p.494).
Pâte dorée. Synon. de carton-papier (v. ce mot rem. s.v. carton-pâte).
Pâte (de porcelaine). Kaolin, argile naturelle servant à la fabrication des porcelaines. V. kaolin ex. de Pérès.Pâte tendre. Argile fragile servant à la fabrication des porcelaines ou des biscuits. Un petit service de thé complet en vieux Sèvres, pâte tendre (Balzac, Cous. Bette,1846, p.95).
Pâte à modeler. Argile colorée pour jeux de modelage, vendue en bâtons de diverses couleurs. Faire de la pâte à modeler; boîte, bonbons de pâte à modeler. Des régiments de monstres, de bêtes, de gnomes, modelés en pâte et peints à l'aquarelle (Loti, Rom. enf.,1890, p.213).
REPROGR. Pâte à polycopier. Substance gélatineuse sur laquelle on reproduit un manuscrit écrit avec une encre spéciale. Zaza lui prêta de la pâte à polycopier et de temps en temps, je collaborai; nous rédigions de sanglants pamphlets (Beauvoir, Mém. j. fille,1958, p.124).
b) P. ext., péj. [Sans déterminatif] Matière molle, collante; masse informe. Synon. bouillie, colle.Une vraie pâte, ce riz trop cuit; réduire en pâte qqc. Leur sucre changé en sirop, leur biscuit réduit à une pâte humide, leurs habits et leurs couvertures ruisselants de pluie (Verne, Enf. cap. Grant,t.3, 1868, p.87):
3. On piétinait dans une pâte gluante, dont il fallait, à chaque pas, ressortir. Le pied glissait; la main s'agrippait aux parois: elle aussi s'enfonçait dans la boue. Benjamin, Gaspard,1915, p.136.
IMPR. TYPOGR. Composition tombée en pâte. Composition dont les caractères sont brouillés ensemble. Synon. pâté (v. ce mot C 2).Un accident comme on allait mettre sous presse. Toute une forme en pâte! (Courteline, Client sér.,1897, i, p.7).
3. BEAUX-ARTS, PEINT.
a) Couleurs mêlées et travaillées sur la palette. Il s'emparait de la palette, s'amusant à voir rangés en rond dessus les petits entortillements de pâte, qu'il touchait du doigt avec respect (sachant que la couleur est chère) (Ramuz, A. Pache,1911, p.293).
b) Matière formée par les couleurs travaillées à même le tableau; p.méton., manière particulière d'un artiste de travailler et de mêler les couleurs. Pâte extraordinaire d'un peintre. Comme modelé et comme pâte, c'est incomparable; l'épaule nue vaut un Corrége (Baudel., Salon,1845, p.14):
4. ... la forme peinte est expressive par la couleur seulement, (...) cette pâte colorée doit être riche et profonde en ses dessous, afin de donner force d'objet à ce qui est fait naturellement des plus fugitives apparences. Alain, Beaux-arts,1920, p.250.
Peindre dans la pâte, en pleine pâte. Mettre une couche épaisse de couleurs sur la toile et les travailler, les fondre. Dédaigneux des chloroses de l'aquarelle, son unique procédé consistait à peindre à la gouache, en pleine pâte, en exaspérant la violence de ses reliefs de couleur par l'application d'un certain vernis (Bloy, Femme pauvre,1897, p.134).
Au fig. (Travailler) en pleine pâte. (Travailler) en profondeur, sans lésiner sur les moyens. Neuf chances contre une qu'ils parlent de la bouffe. Brunet ne s'en plaindrait pas: excellent point de départ, la bouffe; c'est simple et concret, c'est vrai: un type qui a faim, ça se travaille en pleine pâte (Sartre, Mort ds âme,1949, p.220).
4. GÉOL. Partie des roches microlithiques où apparaissent les cristaux. La nature de la pâte du silex n'était pas non plus une circonstance à dédaigner (Boucher de Perthes, Antiq. celt.,t.1, 1847, p.111).
Prononc. et Orth.: [pɑ:t]. Ac. 1694, 1718: paste; dep. 1740: pâte. Étymol. et Hist.1. 1174-78 «farine détrempée et pétrie» (Etienne de Fougères, Livre des manières, éd. Lodge, 703: pein de neire paste); spéc. 1778 pâtes d'Italie (Parmentier, Le Parfait Boulanger, p.384 ds Quem. DDL t.12); 1825 pâtes (Brillat-Sav., Physiol. goût, p.75); a) xiiies. en paste «entouré de pâte» (du poisson) (Des III Dames qui troverent l'anel au conte ds Montaiglon et Raynaud, Fabliaux, VI, 138, 56); 1672, 20 avril comme un coq en pâte «dans une situation confortable et agréable» (Mmede Sévigné, Lettres, éd. La Pléiade, I, 483); b) 1389 en parlant du travail du boulanger (Ph. de Mézières, Vieil Pelerin, 3, 300, 468 cité par G. Roques ds Z. rom. Philol. t.98, p.217: que tu mectes la main à la paste dont le pain soustiendra le jeune Moyse); d'où 1486 mettre les mains a la paste «entreprendre un travail» (Guillaume Alexis, Le Dialogue du crucifix et du Pelerin, éd. A. Piaget et E. Picot, III, 60); 2. p.anal. a) 1495 «préparation médicinale» pâte royale (R. des soc. savantes, t.III, 1878, 180 ds IGLF); b) 1520 «procédé de reproduction d'oeuvres en bas-relief» pate cuite (Inv. de Marguerite d'Autriche, no102-103 ds Gay); c) 1557 paste a papier (Secrets d'Alexis, part. 2, liv. 6, fol. 66 vo, ibid.); d) 1688 «composition d'eau et farine mêlées ensemble dont on se sert pour faire tenir les morceaux de cuir des talons» (Rich. t.2); e) 1690 «composition de matières broyées et mêlées utilisées en peinture» (Fur.); f) 1723 pâte molle «espèce de fromage» (Savary des Bruslons, Dict.univ. de commerce d'apr. FEW t.8, p.744b); g) 1803 typogr. tomber en pâte «se rompre, se mêler» (Boiste); 3. 1554 fig. bonne paste de gens «personne facile à vivre» (Bonaventure des Périers, Nouv. Récréations et Joyeux Devis, V, éd. Kr. Kasprzyk, p.32). Du lat. tardif pasta «pâte (de farine)», ives., Marcellus Empiricus, empr. au gr. τ α ̀ π α σ τ α ́ «mets constitué à partir d'un mélange de céréale et fromage» (Liddell-Scott), neutre subst. de l'adj. π α σ τ ο ́ ς «saupoudré». Fréq. abs. littér.: 758. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 702, b) 1127; xxes.: a) 1081, b) 1369.
DÉR.
Pâter, verbe intrans.,hortic. [Le suj. désigne un fruit] Avoir une consistance pâteuse, farineuse, n'être pas assez juteux. Poire qui pâte. (Dict.xixeet xxes.). [pɑte], (il) pâte [pɑ:t]. 1resattest. a) 1680 «coller ensemble des cuirs avec la colle appelée pâte» (Rich.), b) 1703 hortic. (Dict.général des termes propres à l'agriculture d'apr. FEW t.8, p.748a); de pâte, dés. -er.
BBG.Quem. DDL t.13. _ Sculpt. 1978, p.568 (s.v. pâte à modeler), p.572 (s.v. pâte cuite), p.661 (s.v. pâte gaufrée).

PÂTÉ, subst. masc.

A. −
1. Vx. Pâte feuilletée légèrement salée enveloppant un hachis de viande, de volaille, de poisson, et cuite au four avec son contenu. Synon. croûte:
1. Le Pédant (...) plaça triomphalement au milieu de la table une forteresse de pâté aux murailles blondes et dorées, qui renfermait dans ses flancs une garnison (...) de perdreaux. Gautier, Fracasse,1863, p.23.
P. anal., pop. et fam. Un gros pâté. Un enfant ou un adulte gras, potelé. Synon. patapouf (fam.).Viens ici, gros pâté! (Ac. 1935). Le père Guillaume! il n'est pas mince non plus. Oh! certainement vous êtes son frère! lui aussi est un fameux pâté! ([L'Héritier],Suppl. Mém. Vidocq,1830,p.292).
2. En partic. Pâté (en croûte). Pièce de charcuterie faite d'un hachis de viande épicée, de poisson, enveloppé dans une croûte, cuit au four et souvent consommé chaud. Moule à pâté; croûte d'un pâté; petit pâté; pâté chaud, froid; entamer un pâté; pâté de Strasbourg, de Chartres. Ils dévorèrent jusqu'aux croûtes des pâtés d'Amiens (Reybaud, J. Paturot,1842, p.331).Un petit pâté à la viande (...) qui avait gardé un peu de la chaleur du fourneau (Roy, Bonheur occas.,1945, p.193).
Vx, ART CULIN. (Pâtés) bouillants (v. bouillant).
Crier les/aux petits pâtés (vieilli). Vendre des petits pâtés dans la rue. Le Dragon prétendit l'avoir vu à Lyon, à la montée du Gourgouillon, qui criait les petits pâtés (Pourrat, Gaspard,1930, p.169).
P. anal. Crier beaucoup en accouchant. Ah! ma pauvre femme! (...). Et moi qui rigolais, il n'y a pas une heure, pendant que tu criais aux petits pâtés! (Zola, Assommoir,1877, p.468).
Loc. fig., fam.
Cela se vend, s'enlève comme des petits pâtés. Cela se vend très bien, vite et facilement. Synon. cela part comme des petits pains*. (Ds Rey-Chantr. Expr. 1979).
Prix fait comme celui des petits pâtés (vx). Prix réglé, fixe et connu de tous. C'est 2000 francs, prix fait comme un petit pâté, vous connaissez ma cuisine, manuscrit livré, argent touché (Balzac, Corresp.,1844, p.665).
3. Région. (Belgique). ,,Petit gâteau, petite pâtisserie`` (Piron Belgique 1978, p.53).
B. − Préparation de charcuterie, hachis de viandes épicées ou de poisson, cuit dans une terrine et consommé froid. Synon. terrine.Tranche de pâté; sandwich au pâté; pâté de foie gras truffé; pâté de campagne, de ménage; pâté d'alouettes, de canard, de chevreuil, de grives, de lièvre, de sanglier, de saumon; pâté en boîte. Il coucha un morceau de pâté sur une tranche de pain et mordit dedans (Beauvoir, Mandarins,1954, p.11):
2. −«Et puis, une tranche de ça!» dit-elle, avec gourmandise, en pointant son index ganté vers une terrine de vulgaire pâté de foie. «Ça», c'était pour elle; le pâté de foie était sa folie... Martin du G., Thib.,Été 14, 1936, p.112.
Chair à pâté. V. chair I B 1 syntagmes.Hacher menu comme chair à pâté. V. hacher A 1 b.
Avoir les jambes en pâté de foie. V. foie B 1 p.métaph.
P. anal. Synon. de croustade.Petits pâtés aux champignons. Sur la table d'étalage, des pâtés d'épinards et de chicorée, dans des terrines, s'arrondissaient (Zola, Ventre Paris,1873, p.619).
C. − P. anal.
1. Fam. Tache d'encre sur une feuille de papier. Synon. bavure.Un gros pâté; faire des pâtés. Sa conscience est nette comme le feuillet d'un grand livre, sans ratures et sans pâtés (Bernanos, Soleil Satan,1926, p.241):
3. ... sur la page irréprochable tombait un superbe pâté: −alors on lui tirait les oreilles, et il fondait en larmes; mais on lui défendait de pleurer, parce qu'il tachait le papier... Rolland, J.-Chr.,Aube, 1904, p.98.
2. IMPR., TYPOGR. Composition tombée en pâte, caractères mélangés et brouillés par accident ou par négligence (d'apr. Comte-Pern. 1963).
3. Pâté de maisons. Ensemble de maisons formant bloc. Boutiques situées à l'angle du pâté de maisons qui longent les galeries du vieux Louvre (Balzac, Cous. Bette,1846, p.74).Un bruit qui court dans le quartier avec persistance la rend soucieuse: des industriels auraient l'intention d'exproprier le pâté de maisons où ils habitent (Dabit, Hôtel Nord,1929, p.214).
4. JEUX. Pâté (de sable). Sable humecté et moulé à l'aide d'un seau, d'un moule. Faire des pâtés de sable; moule à pâtés. Je considérais les jeux des autres enfants. Ils faisaient, à l'aide de seaux, des rangées de jolis pâtés de sable... Soudain, à un moment que ma bonne tournait la tête, je m'élançais et piétinais tous les pâtés (Gide, Si le grain,1924, p.350).
5. BROD., vx. Ustensile de brodeur à plusieurs cases. Cannetilles, paillettes d'un pâté. Sur les métiers, trottaient le bourriquet et le pâté, les dés et les aiguilles (Zola, Rêve,1888, p.158).V. cannetille ex.
6. FORTIF., DÉFENSE, vx. Fortification ronde; ouvrage avancé dans un terrain inondé ou entouré d'eau. Le pâté de Blaye (Ac.). On a élevé une grosse tour ou pâté elliptique en pierres de taille de granit, au centre et en dedans de la digue, qu'elle soutient, et dont, à son tour, elle est recouverte (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t.2, 1823, p.255).
Prononc. et Orth.: [pɑte]. Martinet-Walter 1973 [-ɑ-], [-a-] (10/7). Ac. 1694, 1718: pasté; dep. 1740: pâté. Étymol. et Hist. I. 1. Ca 1170 «pâtisserie qui renferme des viandes et du poisson» (Chrétien de Troyes, Érec et Énide, éd. M. Roques, 5105); 2. dernier quart xives. pasté en pot «hachis de viande cuit dans un pot» (Taillevent, Viandier, éd. Pichon et Vicaire, 70); 3. 1508 hacher comme chair a petis pastez (Amerval, Diablerie, 520 ds IGLF). II. 1. 1606 «goutte d'encre sur le papier» (Crespin); 2. 1690 typogr. (Fur.); 3. 1813 «assemblage de maisons faisant un groupe compact» (Jouy, Hermite, t.3, p.35); 4. 1886 pâtés de sable (Zola, OEuvre, p.224). Dér. de pâte*; suff. *. Fréq. abs. littér.: 487. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 647, b) 1008; xxes.: a) 650, b) 587. Bbg. Quem. DDL t.1, 9, 14, 17.

Pâter, verbe intrans.,hortic. [Le suj. désigne un fruit] Avoir une consistance pâteuse, farineuse, n'être pas assez juteux. Poire qui pâte. (Dict.xixeet xxes.). [pɑte], (il) pâte [pɑ:t]. 1resattest. a) 1680 «coller ensemble des cuirs avec la colle appelée pâte» (Rich.), b) 1703 hortic. (Dict.général des termes propres à l'agriculture d'apr. FEW t.8, p.748a); de pâte, dés. -er.

Wiktionnaire

Nom commun

pâté \pɑ.te\ masculin

  1. (Vieilli) Pâtisserie qui renferme de la viande ou du poisson haché.
    • Pâté chaud.
    • Pâté en croûte.
    • Pâté en terrine
    • Pâté de saumon.
    • Ouvrir, entamer un pâté.
  2. Charcuterie de viande hachée (généralement du foie, des abats) de gras, de légumes, d’œufs, d’herbes, d’épices ainsi que d’autres ingrédients tels que des alcools comme le cognac.
    • Pâté de canard, de perdrix, de lièvre.
    • Pâté de veau, de jambon.
    • Pâté de foie gras.
  3. (Figuré) (Familier) Enfant gras et potelé.
    • Viens ici, gros pâté !
  4. Petite masse de sable comprimé que font les enfants pour s’amuser, à l’aide de petits seaux.
    • Les enfants s’amusaient dans le jardin à faire des pâtés de sable.
  5. (Figuré) (Familier) Goutte d’encre tombée sur du papier.
    • Il ne saurait écrire trois lignes sans faire un pâté.
  6. (Architecture) (Militaire) Ouvrage avancé, placé dans un terrain inondé ou entouré d’eau.
    • Le pâté de Blaye.
  7. (Urbanisme) Ensemble de maisons.
    • Ces bâtiments nommés insulae (îles) s’écroulaient de temps à autre, mais plus souvent encore ils étaient la proie des flammes qui se propageaient avec une vitesse effarante aux pâtés voisins. — (Pierre Renucci, Claude, Perrin, Paris, 2012, page 328)
    • Pâté de maisons.
    • Faire le tour du pâté.
  8. (Imprimerie) Tas de caractères mêlés et confondus sans aucun ordre, ce qui arrive quand une forme se brise par quelque accident.

Forme de verbe

pâté \pɑ.te\

  1. Participe passé masculin singulier de pâter.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PÂTÉ. n. m.
Sorte de pâtisserie qui renferme de la viande ou du poisson. Pâté chaud. Pâté froid. Petit pâté. Pâté de canard, de perdrix, de lièvre. Pâté de veau, de jambon. Pâté de foie gras. Pâté de saumon. Croûte de pâté. Ouvrir, entamer un pâté. Fig. et fam., Hacher menu comme chair à pâté, Mettre en pièces, hacher par morceaux. Fig. et fam., C'est un prix fait comme les petits pâtés, se dit en parlant d'une Chose dont le prix est réglé, fixe et connu de tout le monde. Pâté en terrine ou simplement Terrine, Viande assaisonnée d'épices, de truffes, etc., et cuite dans une terrine, où on la laisse pour la servir froide. Fig. et fam., Un gros pâté, Un enfant gras et potelé. Viens ici, gros pâté!

PÂTÉ se dit aussi d'une Petite masse de sable comprimé que font les enfants pour s'amuser, à l'aide de petits seaux. Les enfants s'amusaient dans le jardin à faire des pâtés. Il se dit aussi, figurément et familièrement, d'une Goutte d'encre tombée sur du papier. Il ne saurait écrire trois lignes sans faire un pâté.

PÂTÉ, en termes d'Architecture militaire, désigne une Sorte d'ouvrage avancé, placé dans un terrain inondé ou entouré d'eau. Le pâté de Blaye. Pâté de maisons se dit aussi, en Architecture civile, d'un Assemblage de maisons formant un groupe compact. Faire le tour d'un pâté de maisons.

PÂTÉ, en termes d'Imprimerie, se dit d'une Certaine quantité de caractères mêlés et confondus sans aucun ordre, ce qui arrive quand une forme se brise par quelque accident.

Littré (1872-1877)

PÂTÉ (pâ-té) s. m.
  • 1Sorte de pâtisserie qui renferme de la chair ou du poisson. Les pâtés de foie gras de Strasbourg. Les pâtés au gibier de Chartres. Un monstrueux pâté, Boileau, Lutrin, v. On dressa une petite table, sur laquelle on servit un gros morceau de pâté de venaison, Lesage, Guzm. d'Alf. VI, 1.

    Hacher menu comme chair à pâté, mettre en pièces, hacher par morceaux.

    Pâté en pot, hachis de viande assaisonné d'épices, de marrons, etc. et cuit dans un pot.

    Pâté en terrine, voy TERRINE.

    Pâté de veille, se disait d'un pâté que le maître donnait à ses apprentis, le jour où commençaient les veillées.

    Par plaisanterie. Pâté d'ermite, figue sèche dans laquelle on a enfermé une noix, une noisette ou une amande.

  • 2Petit pâté, sorte de petite pâtisserie renfermant un peu de viande et qu'on sert, dans les dîners, après le potage.

    C'est un prix fait comme celui des petits pâtés, c'est-à-dire c'est un prix réglé, connu de tout le monde.

    Je mangerais des petits pâtés sur ta tête, c'est-à-dire je suis beaucoup plus grand que toi.

    Elle crie les petits pâtés, se dit d'une femme qui, en travail d'enfant, crie beaucoup (autrefois les marchands criaient dans la rue leurs petits pâtés).

    Anciennement. Pâté de requête, sorte de petits pâtés chauds.

  • 3 Fig. et familièrement. Un gros pâté, un enfant gros et gras.
  • 4 Fig. Goutte d'encre tombée sur du papier. Le mot est si mal écrit, il y a un pâté, Beaumarchais, Mar. de Fig. III, 15. À un si horrible spectacle (il parle de ce pâté que je fis sur son bouquin), mon sang se gela dans mes veines…voyez-vous, monsieur ? ce pâté, c'est pour lui [Furia, bibliothécaire] la tête de Méduse, Courier, Lettre à Renouard.
  • 5 Terme d'imprimerie. Caractères mêlés et confondus par la rupture d'une forme, ou d'un paquet, ou même d'une ligne.

    Terme de gravure. Se dit des endroits noirs qui se trouvent dans les ombres par la confusion que l'eau forte fait sur les hachures serrées et croisées.

  • 6 Terme de fortification. Espèce de plate-forme, ou de terre-plein, d'une figure irrégulière, et bordée d'un parapet, qui se construit pour couvrir la porte d'une place. Un autre ouvrage revêtu en derrière appelé le pâté, le cours de l'Escaut pour fossé devant le pâté, et le même Escaut, mais plus profond et plus rapide, entre le pâté et la muraille de la ville, Pellisson, Lett. hist. t. III, p. 174, dans POUGENS.
  • 7Assemblage de maisons, ou édifice isolé, ayant une forme arrondie ou carrée, comme les pâtés.
  • 8Dans les académies de jeu, faire le pâté, arranger les cartes par tricherie pour se donner beau jeu. Il met tous les rois ensemble et il se les donne ; il a fait le pâté.
  • 9 Terme de joaillier. Assemblage de plusieurs pierres précieuses de nature et de forme différentes que l'on expose en vente.

    Chez les brocanteurs, plusieurs petites curiosités qu'on assemble pour vendre ou acheter en bloc.

  • 10Assemblage de lames de vieux fer qu'on soude et qu'on corroie ensemble.
  • 11Masse de plâtre à laquelle on donne une forme convexe, et qui sert à construire une voûte sphérique ou autres constructions curvilignes.
  • 12Pâtés de grenades, se dit de pots remplis de poudre de guerre et de grenades.
  • 13Petit ustensile de brodeur à plusieurs cases.
  • 14Espèce de came, coquille.

    PROVERBE

    Croûte de pâté vaut bien pain.

REMARQUE

On dit des petits pâtés, et non de petits pâtés, parce que l'adjectif fait corps avec le substantif.

HISTORIQUE

XIIIe s. Del sengler mengerent au poivre, Et del cerf firent bons lardez, Et des chapons firent pastez, Ren. 22780. Niules, oublées, gibelés, Et pastés de vis oiselés ; Et quant il ces pastés brisoient, Li oiselet par tot voloient, Fl. et Bl. 3187.

XIVe s. J'ai oÿ recorder et dire par maint jour, Qu'on ne peut les pastez mieux prendre en lor chalour, Qu'en l'heure proprement qu'on les sache [tire] du four, Guesclin. 20858.

XVIe s. La faute vint, que l'apprenti avoit toujours ouï dire grille, feminin, et non pas gril ; qui fut ce qui descouvrit le pasté [le pot aux roses], Despériers, Contes, XLVIII.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « pâté »

(Date à préciser) Dérivé de pâte avec le suffixe [1].
Le sens de ce mot est graduellement passé de « pâtisserie qui renferme de la viande » (on parle aujourd’hui de terrine en ce sens) à « charcuterie de viande hachée, épicée et cuite », par métonymie. Référence nécessaire
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Bourg. patai. Pasté a la forme d'un participe passif formé de paste, pâte : ce qui a été pasté, fait avec la pâte.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Phonétique du mot « pâté »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pâté pate

Images d'illustration du mot « pâté »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « pâté »

Langue Traduction
Anglais dough
Espagnol masa
Italien impasto
Allemand teig
Chinois 面团
Arabe عجينة
Portugais massa
Russe тесто
Japonais 生地
Basque pasta
Corse pasta
Source : Google Translate API

Synonymes de « pâté »

Source : synonymes de pâté sur lebonsynonyme.fr
Partager