Nommer : définition de nommer


Nommer : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

NOMMER, verbe trans.

I.
A. − Attribuer un nom à quelqu'un, à quelque chose. Synon. appeler (v. ce mot II), dénommer (v. ce mot B).
1. [Correspond à nom I]
a)
α) [Sans attribut du compl. d'obj.] Qqn1nomme qqn2, qqc.2On peut défier tous les philosophes de l'univers de figurer, ou de nommer un être impossible. Car comment ce qui n'est ni ne peut être, pourroit-il être représenté ou rendu présent, par le nom ou par la figure? (Bonald,Législ. primit., t 1, 1802, p.238).Il est entrepris ici une aride et patiente tâche de découvrir, pour des objets insolites, les définitions convenables. Bref, de nommer les choses (J.-R. Bloch, Dest. du S., 1931, p.29):
1. Disons que l'être suprême possède éminemment tout ce qui est perfection, disons qu'il y a en lui quelque chose d'analogue à l'intelligence, à la liberté; mais ne disons pas qu'il est intelligent, qu'il est libre: car c'est essayer de limiter l'infini, de nommer l'ineffable. Renan,Avenir sc., 1890, p.480.
Absol. Distrait par ses vaines sciences de la seule science qui l'intéresse réellement, (...) [l'homme] a cru qu'il avait le pouvoir de créer, tandis qu'il n'a pas seulement celui de nommer (J. de Maistre, Constit. pol., 1810, p.82).
À la forme passive. Qqn2, qqc.2est nommé.Recevoir un nom. Chaque fois qu'on me parle du Sang d'un Poète, on emploie le terme «surréaliste». Il est peut-être commode, mais il est faux. À cette époque, le surréalisme n'existait pas, ou bien il existait depuis toujours et n'était pas nommé encore (Cocteau,Lettres Amér., 1949, p.40).
Au part. passé passif. La Grande Nanon, ainsi nommée à cause de sa taille haute de cinq pieds huit pouces (Balzac,E.Grandet, 1834, p.29).
β) [Avec attribut du compl. d'obj.] Qqn1nomme qqn2ou qqc.2qqc.3Cette terre (...) a été reconnue (...) par le capitaine Cook, qui l'a nommée les Nouvelles Hébrides (Voy. La Pérouse,t.1,1797,p.104).Elle nomma l'enfant Sarah, c'est-à-dire princesse, en hébreu (Louys,Aphrodite, 1896, p.14).Du beau blanc de blanc. Il nommait ainsi le vin blanc de raisin blanc (Hamp,Champagne, 1909, p.120).
Tournure indéf. On nomme qqn2ou qqc.2qqc.3Le nom de quelqu'un, de quelque chose est... Dans la clientèle élégante que nos articles de fantaisie avaient attirée, se trouvait une grande dame que l'on nommait la princesse palatine de Flibustofskoï (Reybaud,J. Paturot, 1842, p.186).Au centre de Stamboul, il est un grand quartier qu'on nomme Aboul Véfa (Farrère,Homme qui assass., 1907, p.78).
À la forme passive Qqn2, qqc.2est nommé qqc.3Recevoir le nom de, être désigné sous le nom de. Les membres occidentaux de ce groupe ont été souvent nommés Cévenols ou Auvergnats; les membres orientaux sont communément nommés Slaves (Haddon,Races hum., trad. par A. Van Gennep, 1930, p.50).
b) Emploi pronom. passif. Qqn2, qqc.2se nomme.Avoir pour nom. Synon. appeler (v. ce mot III B 2).Vous vous nommez Charles? C'est un beau nom, s'écria Eugénie (Balzac,E.Grandet, 1834, p.104).Il existe sur le Bosphore une ville qui se nomme Constantinople (Reybaud,J. Paturot, 1842, p.359).La mère battait la campagne. (...) depuis que le père s'était noyé, cela ne se nommait plus de la bêtise, cela se nommait de la folie (Queffélec,Recteur, 1944, p.183).La sève de l'hévéa se nomme latex (Chapelain,Techn. automob., 1956, p.210).
2. [Correspond à nom II]
a) [Le compl. d'obj. désigne une pers.]
α) [Avec attribut du compl. d'obj.] Nommer qqn son père, son frère, son époux, son fils; nommer qqn son cher petit, son gros, le grand maigre; nommer qqn la providence des artistes, le prophète de la science. Ô mon père! Se pourroit-il que Lusignan, que mon ami...? −Ne le nommez plus votre ami, interrompit l'archevêque, il n'est plus digne de l'être (Cottin,Mathilde, t.2, 1805, p.343).Jean-Marc Bernard, qui se plaisait à signer Jean-Marc Bernard, Dauphinois, si détaché, si libre que ses amis le nommaient Ariel (Barrès,Cahiers, t.11, 1917, p.231).Leur opinion (...) était que l'île n'existerait vraiment qu'à partir du jour où elle aurait un prêtre. Pouvait-on les nommer aujourd'hui des chrétiens, donc, des hommes? (Queffélec,Recteur, 1944, p.39).
Emploi pronom. réfl. Qqn2se nomme qqc.3Synon. appeler (v. ce mot III B 1).Les psychologues qui se nomment parfois scientifiques ne sont pas moins déconcertés [au moment où ils approchent du coeur de la vie psychique] (Mounier,Traité caract., 1946, p.10).
β) [Avec compl. prép.] Il s'efforça par artifice, de la rapetisser à ses yeux, en la nommant de surnoms mignards (Bourges,Crépusc. dieux, 1884, p.238).
b) [Le compl. d'obj. désigne une chose; avec attribut du compl. d'obj.]
α) [L'attribut est un subst.] Peut-on nommer l'existence un mystère, ou, si on la nomme ainsi, chercher à le pénétrer? (Renouvier,Essais crit. gén., 3eessai, 1864, p.46).Sa timidité prit le dessus, qu'il nommait scrupules (Montherl.,Célibataires, 1934, p.811).
[Dans le tour ce que l'on nomme qqc.] Accomplir ce que l'on nomme un chef-d'oeuvre. Pourquoi les hommes se préoccupent d'une façon si étrange de la vie future et de ce qu'ils nomment l'autre monde (P. Leroux, Humanité, 1840, p.236).Il faut avouer que ce que nous nommons entre nous le bon usage, n'est guère, hélas, qu'une conception de notre Académie (Valéry,Variété IV, 1938, p.170).Organiser le passé en fonction du présent: c'est ce qu'on pourrait nommer la fonction sociale de l'histoire (L. Febvre, Vers une autre hist., [1949] ds Combats, 1953, p.438).
β) [L'attribut est un adj.] Cette foule de circonstances que nous nommons accidentelles (J. de Maistre, Soirées St-Pétersb., t.1, 1821, p.235).Peu importe ici l'orientation des intentions qu'on nomme bonnes ou mauvaises. Car, bon ou mauvais, l'acte se poursuit dans toute sa sincérité (Blondel,Action, 1893, p.195).Les satisfactions que nous avons nommées extra-littéraires (Sarraute,Ère soupçon, 1956, p.151):
2. [De l'objet de la parapsychologie] nous avons volontairement gardé jusqu'à maintenant une notion vague et quelque peu confuse; nous nous sommes contentés de nommer les phénomènes en question extraordinaires, étranges, paranormaux, merveilleux, inexplicables par la science classique... Amadou,Parapsychol., 1954, p.30.
γ) [L'attribut est une loc.] Ce sourire de contentement que l'on nomme familièrement faire la bouche en coeur (Balzac,Lys, 1836, p.69).
B. −
1. Dire un nom, le nom de quelqu'un, de quelque chose.
a) Prononcer un nom. Celui qui a défendu la liberté, lorsque c'était un crime de la nommer (...) n'a rien de commun avec l'aristocratie (Le Moniteur, t.2, 1789, p.469).
b)
α) Désigner quelqu'un, quelque chose par son nom. Les hommes s'avançaient (...). Le jeune homme les nommait à mesure : Lampoignant, Trépart, Dixneuf, Bélisaire, Paradis, Supiat, Gilbert Cloquet (R. Bazin,Blé, 1907, p.21).On peut à la rigueur «nommer» les grandes symphonies de Beethoven (...). Il y a l'Héroïque et la Pastorale (...). Les grandes symphonies de Mozart sont sans nom (Ghéon,Prom. Mozart, 1932, p.326).Les mêmes malades qui ne peuvent pas nommer les couleurs qu'on leur présente sont également incapables de les classer selon une consigne donnée (Merleau-Ponty,Phénoménol. perception, 1945, p.204).
Emploi pronom. réfl. à sens réciproque. À chaque nouveau colis, la foule frémissait. On se nommait les objets à haute voix. «Ça, c'est la tente-abri... ça, ce sont les conserves... la pharmacie... les caisses d'armes...» (A. Daudet, Tartarin de T., 1872, p.46).
β) P. ext.
Désigner. Un homme (...) dont le cerveau, quoique embrumé comme le ciel charbonné de sa ville natale, contient une foule d'admirables choses. J'ai nommé M. Chenavard (Baudel.,Curios. esthét., 1863, p.318).
Loc. [Gén. dans des tours de présentation équivalant à c'est-à-dire] Nommer qqn, qqc. par, de son nom. La barbarie de 1815, qu'il faut nommer de son petit nom, la contre-révolution, avait peu d'haleine, s'essouffla vite, et resta court (Hugo,Misér., t.1, 1862, p.424).La douce enfant au clair visage, qui fait des jours sereins de mes jours les plus sombres, Perline puisqu'il faut la nommer par son nom (Amiel,Journal, 1866, p.289):
3. Il ne faut point chercher ici tant de finesse. Nous nommons par leur nom les choses et les gens. Quand nous disons un chou, des citrouilles, un concombre, ce n'est point de la cour ni des grands que nous parlons. Courier,Pamphlets pol., Gaz. vill., 1823, p.176.
Vieilli. Dire, énoncer. Rien n'est plaisant, selon moi, comme la physionomie d'un provincial nommant des sommes d'argent (Stendhal,Mém. touriste, t.2, 1838, p.9).Sur la plaque du secrétaire, s'amoncelaient des missives de tous pays. Le bisaïeul nommait leur origine (Adam,Enf. Aust., 1902, p.56).
En partic. Nommer le nom de qqn.Le Canosse lui donna des leçons d'hébreu (...) Marguerite prit au moins quelque idée de cette langue antique qui seule, disaient les doctes, nommait le vrai nom de Dieu (A. France,Génie lat., 1909, p.13).
c)
α) Citer le nom de quelqu'un, de quelque chose. J'ai nommé Pascal, parce qu'aux fidèles des Pensées, cette idée que nous vivons surtout dans, par et pour l'opinion d'autrui, est une des plus familières (Du Bos,Journal, 1924, p.81).Bernard n'acheva pas sa phrase; sur le point de nommer un contemporain illustre, il hésitait entre trop de noms (Gide,Faux-monn., 1925, p.1150).Il faudrait nommer tous les poètes dramatiques du passé si l'on voulait rappeler tous ceux qui, au théâtre, resteront éternellement nos contemporains (Vilar,Tradition théâtr., 1963, p.101).
À la forme passive. Le reste de l'oeuvre d'à partir des Châtiments ne vaut pas l'honneur d'être nommé (Verlaine,OEuvres compl., t.4, Mém. veuf, 1886, p.259):
4. Il y a (...), dans un des derniers volumes de Sainte-Beuve, une page exquise, où le Béranger que je conçois est admirablement décrit. J'y suis nommé en toutes lettres et cela m'a fait beaucoup rire tant c'est vrai! Flaub.,Corresp., 1864, p.153.
Au part. passé passif. Les trois personnages nommés plus haut (Lautréam.,Chants Maldoror, 1869, p.321).L'article 13 de la loi du 29 juillet 1881 sur la presse permet à toute personne nommée ou désignée clairement dans un journal d'exiger l'insertion d'une réponse dans les trois jours (Civilis. écr., 1939, p.44-10).
P. ext. Indiquer. Où comptez-vous dîner? ajouta-t-il en s'adressant aux deux amis. Ils lui nommèrent un cabaret où ils dînaient souvent (Radiguet,Bal, 1923, p.72).
β) Révéler le nom de quelqu'un. Faire allusion à qqn sans le nommer. Ses assassins mourront de ma main... Nommez-les (Dumas père, Charles VII, 1831, i, 6, p.248).Si cette femme veut vivre, il faut qu'elle nomme ses complices, il faut qu'elle désigne ces hommes à qui elle avait promis cinq millions (Ponson du Terr.,Rocambole, t.3, 1859, p.298).L'inconnue qu'il n'a jamais voulu nommer (Rolland,Beethoven, t.1, 1937, p.69):
5. Il est à remarquer d'ailleurs que certains romanciers et auteurs dramatiques −qu'on se rassure, je ne nommerai personne −qui passent à l'étranger pour être l'expression même, la personnification de Paris (...) ne sont pas parisiens pour un sou. Fargue,Piéton Paris, 1939, p.173.
d) Mettre un nom sur quelqu'un, quelque chose ; le reconnaître. Elle tremblait, soupirait d'une angoisse qu'elle ne savait nommer, et qui se nomme tentation (Colette,Naiss. jour, 1928, p.14).Le plus jeune fils du maquignon n'était pas encore assez savant dans son art vétérinaire pour nommer le mal qui (...) emporta [la jument] (Aymé,Jument, 1933, p.16).À travers cette remémoration quelque chose que je ne pouvais encore nommer commençait de naître (Jouve,Scène capit., 1935, p.260).
Emploi pronom. réfl. Il lorgnait l'assemblée, jouant à se nommer tout bas les visages d'après les épaules (Bourges,Crépusc. dieux, 1884, p.17).
2. Emploi pronom. réfl. Dire son nom, décliner son identité. Il se nomma; son nom était connu (Restif de La Bret.,M. Nicolas, 1796, p.222).Je trouve enfin le pont levis, que je passe sans contestation, et tout honteux de n'avoir pas un écuyer pour sonner du cor. Je me nomme à l'unique laquais du seigneur châtelain (Jouy,Hermite, t.4, 1813, p.254).Gaston: Nommez-vous, messieurs (...) Nommez-vous si vous tenez à la vie (Dumas père, Fille du régent, 1846, prol. 2, p.139).
II. − Désigner quelqu'un à une charge, à une fonction, à un emploi; élever quelqu'un à une dignité.
A. − À la forme active
1.
a) [Le suj. désigne une autorité] Nommer un fonctionnaire, un vicaire. Le président du GPRF [Gouvernement provisoire de la République française] (...) représente la République française, les ambassadeurs sont accrédités auprès de lui. Au point de vue intérieur, il nomme et révoque les ministres (Vedel,Dr. constit., 1949, p.287).
[Avec attribut du compl. d'obj.] J'ai décidé de nommer le général Leclerc commandant supérieur en Afrique française libre (De Gaulle,Mém. guerre, 1954, p.661).
[Dans un tour factitif] J'avais eu le malheur de faire nommer M. de Polignac ambassadeur à Londres (Chateaubr.,Mém., t.3, 1848, p.294).Méla vint à Rome et se fit nommer administrateur des biens de Néron (A. France,Pierre bl., 1905, p.141).
[Avec compl. prép.] Nommer à qqc. ou dans un lieu.Le premier ministre (...) exerce le pouvoir réglementaire et nomme aux emplois civils et militaires (Doc. hist. contemp., Constitution, 1958, p.207):
6. ... après avoir passé une journée à Doullens où son fils était sous-préfet, [il] lui dit: «Fais-toi nommer à Bayonne ou à n'importe où, et aussi loin que tu voudras, j'irai te voir... mais ici, jamais je ne reviendrai, on mange trop mal!» Goncourt,Journal, 1894, p.635.
b) [P. méton. de l'obj.] Nommer une commission. Cet armistice de trois semaines, uniquement conclu pour permettre à la France de nommer une assemblée qui déciderait de la paix, lui semblait un piège, une trahison dernière (Zola,Débâcle, 1892, p.579).
c) En partic. [Avec une procédure d'élection ou non] La Convention (...) par acclamation, nomma Napoléon général en chef de cette armée (Las Cases,Mémor. Ste-Hélène, t.1, 1823, p.341):
7. À Amiens (...), les artisans se réunissaient tous les ans pour élire les maires de chaque corporation ou bannière; les maires élus nommaient ensuite douze échevins qui en nommaient douze autres et l'échevinage présentait à son tour aux maires des bannières trois personnes parmi lesquelles ils choisissaient le maire de la commune... Durkheim,Divis. trav., 1902, p.XXIV.
d) P. ext. Déclarer. Autant vaut sur-le-champ nommer Cléon vainqueur! Le moyen que je lutte avec un épouseur? (Augier,Ciguë, 1844, p.52).
2. [Le suj. désigne un magistrat] Nommer d'office (un avocat, un expert). Désigner une personne qui ne l'a pas demandé comme avocat, comme expert dans une affaire. Synon. commettre.Je nomme d'office Ducat pour te défendre (Zola,Débâcle, 1892, p.535).
3. DR. CIVIL. [Le suj. désigne un particulier] Nommer qqn son héritier. Cet homme que j'avais nommé mon exécuteur testamentaire (Goncourt,Journal, 1887, p.723).
B. − À la forme passive. Être légalement, nouvellement, régulièrement nommé. Éric: Eh bien! Monsieur le comte?... je sèche d'impatience. Rantzau, froidement: Vous êtes nommé, vous êtes lieutenant (Scribe,Bertrand, 1833, i, 10, p.145).[Avec attribut du suj.] Être nommé directeur, préfet, procureur, rapporteur d'une commission; être nommé chevalier de la légion d'honneur. Sous prétexte d'avancement, M. Magogny fut nommé supérieur du séminaire universitaire de Lyon (Billy,Introïbo, 1939, p.42).Le capitaine de vaisseau Moret est nommé commandant du Triomphant. Le capitaine de vaisseau Ortoli est nommé chef d'état-major de la marine (De Gaulle,Mém. guerre, 1954, p.656).
Au part. passé passif. Les candidats nommés élèves de l'École normale supérieure et qui sont démissionnaires (...) sont remplacés, nombre pour nombre (Encyclop. éduc., 1960, p.383).
[Avec compl. prép. désignant]
[l'agent de la nomination] Être nommé par le gouvernement, le pouvoir central, par une assemblée, un conseil, un préfet. Ces quatre professeurs sont nommés et renouvelés tous les ans par les artistes du Conservatoire (Enseign. mus., 1, 1950, p.8).Les pouvoirs administratifs normalement dévolus aux ministres sont exercés par des directeurs de service nommés par le Chef des Français Libres (De Gaulle,Mém. guerre, 1954, p.304):
8. ... des Commissions présidées obligatoirement par le Directeur général des Arts et Lettres et composées de membres de droit ou nommés par le Ministre (membres de l'Institut, conservateurs, professeurs) fonctionnent dans le cadre de la Direction des Musées de France. Musées Fr., 1950, p.10.
[l'objet de la nomination] Être nommé à une charge, à une fonction, à un commandement. Votre ami sera nommé au poste qu'il ambitionnait (Nizan,Conspir., 1938, p.73).Les élèves (...) qui ont satisfait aux examens de sortie de l'école, et sont déclarés aptes au grade de sous-lieutenant, sont nommés à ce grade à leur incorporation (Lubrano-Lavadera,Législ. et admin. milit., 1954, p.63).Les agents sont nommés en qualité d'agents stagiaires. Ils peuvent être titularisés après un stage d'un an (Encyclop. éduc., 1960, p.329).Personnes nommées dans un emploi permanent de l'État (Encyclop. éduc., 1960, p.357).
P. anal. Ces lumières me font mal (...) et je ne reste que parce que j'ai été nommé pour la partie de whist du prince (Stendhal,Chartreuse, 1839, p.445).
[le lieu d'exercice de la fonction] Être nommé dans l'administration préfectorale. J'ai appris que je puis être d'un moment à l'autre nommé au ministère (Valéry,Corresp.[avec Gide], 1897, p.294).Le général Ambert est nommé à Versailles (Gyp,Souv. pte fille, 1928, p.81).
[les modalités de la nomination] Être nommé à l'ancienneté, au choix; être nommé à temps, à titre définitif, à vie; être nommé pour un, deux... ans, sans limite de temps; être nommé après, sans concours, par arrêté, par la voie administrative; être nommé sur proposition de qqn. Le Président est nommé en séance publique, à la majorité absolue. En cas de ballottage, après deux tours de scrutin, la majorité relative suffit (Règlement Ass. nat., 1849, p.8).Tous les jurys et comités d'examens sont nommés pour une seule session (Enseign. mus., 1, 1950, p.12).L'administrateur général de la Bibliothèque Nationale (...) est le représentant direct du ministre. Il est nommé et révoqué par décret (Encyclop. éduc., 1960, p.354):
9. Le Comité est composé de vingt membres, nommés par le Conseil après consultation de la Commission. Les membres du Comité sont nommés à titre personnel pour une durée de cinq ans. Traité euratom, 1957, p.357.
REM. 1.
Nommable, adj.Que l'on peut nommer; à qui l'on peut attribuer un nom. Emploi subst. masc. sing. à valeur de neutre. L'idée du nommable est une des plus originales créations de Lebesgue: «Un objet, écrit ce grand savant, est défini ou donné quand on a prononcé un nombre fini de mots s'appliquant à cet objet et à celui-là seulement; c'est-à-dire quand on a nommé une propriété caractéristique de l'objet» (Gds cour. pensée math., 1948, p.289).
2.
Nommeur, subst. masc.Celui qui nomme. a) [Correspond à supra I A] Les poètes sont des nommeurs de choses subtiles. Ils apportent ainsi à la vie intellectuelle un élément de précision qui leur est particulier. Exprimer, c'est analyser (Arts et litt., 1935, p.50-12).b) [Correspond à supra II] La présence d'un chef surtout moral: Mao Tse-Toung, davantage incarnation de la nation, inspirateur d'une politique, garant d'une continuité, plutôt que lecteur de dossiers et nommeur aux places (B. Fessard de Foucault,La Chine et nousin Le Monde, 6 sept. 1973, p.3 ds Quem. DDL t.7).
Prononc. et Orth.: [nɔme], (il) nomme [nɔm]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. 1. Fin xes. «donner, imposer un nom à quelqu'un» (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 169); spéc. 1549 «tenir un enfant sur les fonts baptismaux» (Est.); 2. ca 1130 «mentionner une personne en citant son nom» humes numez «cités un à un» (Lois de Guillaume, éd. J. E. Matzke, 14, p.12); 3. ca 1150 «désigner par son nom une personne ou une chose» ici pronom. «se faire connaître, décliner son nom» (Le Conte de Floire et Blancheflor, éd. J. L. Leclanche, 1297); 4. 1155 «donner un nom à quelque chose de nouvellement créé» (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 92); 5. ca 1195 «désigner quelqu'un ou quelque chose par une appellation qui le qualifie» (Ambroise, Guerre sainte, 2527); 6. fin xiies. «faire connaître quelqu'un en révélant son nom» (J. Bodel, Saxons, éd. F. Mengel et Stengel, 294). II. 1. ca 1225 «désigner par voie de nomination» (Pean Gatineau, St Martin, éd. W. Söderhjelm, 4873); cf. 1306 (Joinville, Vie st Louis, éd. N. L. Corbett, § 705); 2. 1636 «instituer en qualité de» nommer son héritier universel (Monet). III. xiiies. a jour nommey (Isopet de Lyon, éd.J.Bastin, XXXII, 14, t.2, p.134); 1559 a point nommé «exactement à l'endroit désigné» (Amyot, Crass., 46); 1580 «au moment opportun» (Montaigne, Essais, éd. Villey-Saulnier, I, XIX, p.79). Du lat. class. nōminare «nommer, désigner par un nom; citer; proposer pour une fonction»; dér. de nomen, v. nom. Fréq. abs. littér.: 6888. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 13030, b) 12169; xxes.: a) 9273, b) 6074.

Nommer : définition du Wiktionnaire

Verbe

nommer \nɔ.me\ transitif direct 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se nommer)

  1. Attribuer, imposer un nom à une personne ou une chose.
    • Christophe Colomb, on le sait, lorsqu'il aborda en Amérique, crut avoir atteint les Indes par une nouvelle route maritime et nomma en conséquence « Indiens » les premiers habitants qu'il rencontra. — (René Thévenin & Paul Coze, Mœurs et Histoire des Indiens Peaux-Rouges, Payot, 1929, 2e éd., page 13)
    • Il fut le premier qui découvrit cette île et il la nomma de son nom.
    • « Que ces choses ne soient même pas nommées parmi nous », fit une voix ironique.
      Joseph recula d’un pas et s’assit sur son lit, le cœur battant. De tout ce qu’il venait d’entendre et ne comprenait qu’à moitié, ce verset biblique l’atteignait seul, flamboyait dans sa tête. Il y avait en effet des mots qu’on ne prononçait pas, comme si l’on eût craint d’attirer la colère de Dieu.
      — (Julien Green, Moïra, 1950, réédition Le Livre de Poche, page 57)
    • Nommer une maladie est la plus sûre façon de la faire apparaître. — (Antoine Bello, Scherbius (et moi), Gallimard, page 363)
  2. Qualifier, décerner une épithète.
    • Louis XII a été nommé le Père du peuple.
    • Nommer quelqu’un son protecteur, son maître, son bienfaiteur, le reconnaître comme son protecteur, son maître, son bienfaiteur.
  3. Dire le nom d’une personne, d’une chose ; dire comment une personne, une chose s’appelle.
    • Si vous voulez, je vous nommerai mon auteur.
    • Je vous nommerai plusieurs personnes.
    • Il y a des choses qu’on ne saurait nommer par leur nom.
  4. Désigner, énumérer.
    • Dans son intervention, il a nommé les personnes responsables des fautes.
    • Nommer ses complices, les déclarer, les faire connaître.
  5. Désigner, choisir ou instituer pour une fonction ou un poste.
    • A son retour d'Espagne, le général Beurnonville épousa Mlle de Durfort. Le 5 février 1805, il fut nommé sénateur, et bientôt titulaire de la sénatorerie de Limoges. — (Biographie nouvelle des contemporains ou Dictionnaire historique et raisonné de tous les hommes qui, depuis la Révolution française, ont acquis de la célébrité, par MM. A. V. Arnault, A. Jay, E. Jouy, J. Norvins, etc. , vol. 2, Paris : à la Librairie historique, 1821, page 468)
    • On a nommé des experts, des arbitres.
  6. Élire.
    • Les magistrats de cette république étaient nommés tous les ans par le peuple.
    • À Rome, on nomma des décemvirs pour composer les lois, et des questeurs pour faire juger les crimes publics.
  7. (Pronominal) Appeler, avoir pour nom.
    • Je suis né dans un village près de Reims et je me nomme Cupidonnet. Dès mon enfance, j’aimais les jolies filles. — (Nicolas Edme Restif de La Bretonne, L’Anti-Justine, 1798)
    • Je me nomme Marie. — (1854, Gustave Chouquet, Easy Conversations in French‎, page 9)
    • Comment se nomme celle place, cette rue ?
  8. (Pronominal) Déclarer son nom.
    • Vous êtes obligé de vous nommer.

Nom commun

nommer \Prononciation ?\

  1. Numéro.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Nommer : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

NOMMER. v. tr.
Donner, imposer un nom. Nommer un enfant au baptême. Son parrain l'a nommé François, Jacques. Il fut le premier qui découvrit cette île, qui rapporta en France cette plante, et il la nomma de son nom. Ce fort fut nommé le Fort-Louis, du nom du roi. Fam., Être bien nommé, mal nommé, se dit d'une Personne dont le nom propre est un nom significatif qui lui convient ou qui ne lui convient pas.

NOMMÉ s'emploie aussi substantivement. Un nommé Pierre. Le nommé Jacques. Les nommés tels et tels. À qui est cette maison? C'est à un nommé Dubois. Cette manière de parler emporte l'idée que celui qu'on désigne ainsi est un individu sans notoriété, dont on ne connaît que le nom.

NOMMER signifie aussi Donner une qualification, décerner une épithète. Charles V a été nommé le Sage. Louis XII a été nommé le Père du peuple. Nommer quelqu'un son protecteur, son maître, son bienfaiteur, Le reconnaître comme son protecteur, son maître, son bienfaiteur.

NOMMER signifie aussi Dire le nom d'une personne, d'une chose; dire comment une personne, une chose s'appelle. Si vous voulez, je vous nommerai mon auteur. Je vous nommerai plusieurs personnes. Il y a des choses qu'on ne saurait nommer par leur nom. Comment nommez-vous cet homme? On le nomme Pierre, Jean, Jacques, etc. Nommer ses complices, Les déclarer, les faire connaître.

NOMMER signifie encore Désigner, choisir pour une fonction, un poste donné. Nommer quelqu'un à un emploi, à une charge, à une dignité. Il a été nommé à l'ambassade de Rome. On dit dans le même sens : Il a été nommé ministre des Affaires étrangères, ambassadeur en Angleterre. Il a été nommé cardinal, évêque. On l'a nommé préfet, sous-préfet. On a nommé des experts, des arbitres. Évêque nommé, Évêque qui a été nommé par le Pape ou par le gouvernement, mais qui n'a pas encore reçu ses bulles. Nommer quelqu'un son héritier, L'instituer son héritier. Nommer d'office se dit du Juge qui, d'après la loi, choisit et nomme des experts, des arbitres, des défenseurs, etc. L'une des parties n'ayant pas nommé d'expert, le tribunal en a nommé un d'office. Cet avocat a été nommé d'office pour défendre l'accusé.

NOMMER se dit aussi pour Élire. Les magistrats de cette république étaient nommés tous les ans par le peuple. À Rome, on nomma des décemvirs pour composer les lois, et des questeurs pour faire juger les crimes publics.

SE NOMMER signifie Déclarer son nom. Vous êtes obligé de vous nommer. Il signifie aussi, dans un sens passif, Être nommé, avoir pour nom. Comment se nomme-t-il? Quel est son nom? Comment vous nommez-vous? Il se nomme Pierre, Jacques, Paul. Comment se nomme celle place, cette rue?

À POINT NOMMÉ, loc. adv. Exactement au temps qu'il faut, tout à fait à propos. Il arriva à point nommé pour nous rassurer. Vous venez à point nommé pour nous départager.

Nommer : définition du Littré (1872-1877)

NOMMER (no-mé) v. a.
  • 1Distinguer par un nom une personne ou une chose. La chimie a nommé de noms systématiques toutes les substances composées. La famille des malpighiacées a été nommée d'après Malpighi, célèbre naturaliste italien. Puisse cette grandeur qui vous est destinée, Qu'on nomme si souvent du faux nom de bonheur, Ne point laisser de trouble au fond de votre cœur ! Voltaire, Zaïre, I, 1. Lorsqu'il s'agit de nommer un animal, ou, ce qui revient presque au même, de lui choisir un nom parmi tous les noms qui lui ont été donnés, Buffon, Ois. t. XII, p. 216.
  • 2Être parrain ou marraine. La jolie chose d'accoucher d'un garçon et de l'avoir fait nommer par la Provence ! Sévigné, 100. Mme la princesse nommait une des filles de M. le Duc avec le prince, Sévigné, 404. Et toi, tu aurais cent enfants que je n'en nommerais pas un, Diderot, Père de famille, V, 12.
  • 3Dire le nom d'une personne ou d'une chose. Le reste ne vaut pas l'honneur d'être nommé, Corneille, Cinna, V, 1. Nommez-moi par mon nom, puisque vous le savez, Corneille, Héracl. III, 2. Elle [Mme de Chaulnes] vous fait mille amitiés, et vous nomme à tous moments, Sévigné, 22 sept. 1687. Je veux nommer ici par honneur le sage, le docte, le pieux Lamoignon, Bossuet, le Tellier. De votre nom, Joas, je puis donc vous nommer, Racine, Athal. IV, 4. Oenone : Hippolyte ? grands dieux ! - Phèdre : C'est toi qui l'as nommé, Racine, Phèdre, I, 3. Sénèque : Comment vous nommerai-je à eux ?- Scarron : Scarron, Fontenelle, Dial. des morts anc. et mod. 2e part. 1.

    Prononcer le nom de, dire comment une personne, une chose s'appelle. Vous l'accusiez pourtant quand votre âme alarmée Craignait qu'en expirant ce fils vous eût nommée, Corneille, Rodog. V, 4. Le mot de peste, que vous nommez dans votre lettre, me fait frémir ; je la craindrais fort en Provence, Sévigné, 19 mai 1676. Une personne si sensible, si délicate, qui ne pouvait seulement entendre nommer les maux, Bossuet, Anne de Gonz. On vous nomme, et ce nom la rappelle à la vie, Racine, Bérén. IV, 7. Le ciel dans tous leurs pleurs ne m'entend point nommer, Racine, Brit. IV, 3. Un nuage enfermait le souverain du monde, Il s'ouvre et laisse voir son front éblouissant ; Un archange est nommé… l'archange obéissant… Se prosterne attentif aux ordres du Seigneur, Gilbert, Mort d'Abel, VIII. Et comment s'y prend-on, sire, pour vous faire douter de l'attachement et de l'amour de vos sujets ? le peuple vous impute-t-il ses malheurs ? vous nomme-t-il dans ses calamités ? Mirabeau, Collect. t. I, p. 312.

    Nommer ses complices, les déclarer, les faire connaître. Ah ! si vous ne voulez voir finir nos destins, Nommez d'autres vengeurs ou d'autres assassins, Corneille, Rod. IV, 1.

    Nommer un nom, le prononcer, le faire entendre, parler de la personne. Elle [Mme Scarron] n'a, m'a-t-elle dit, jamais ouï nommer votre nom en mauvaise part, Sévigné, à Bussy, 18 déc. 1673. Je vous ai déjà dit que votre nom n'a jamais été nommé sur le sujet de M. de Coetlogon, Sévigné, 8 juin 1689.

  • 4Désigner les gens par leur nom, faire des personnalités. Vous nommez les auteurs, et c'est là votre crime, Gilbert, Mon apologie.

    Absolument. Il a tort, dira l'un ; pourquoi faut-il qu'il nomme ? Attaquer Chapelain ! ah ! c'est un si bon homme ! Boileau, Sat. IX.

  • 5Qualifier. Louis XII a été nommé le Père du peuple. Ah ! que c'est un grand bien [la santé] ! et que vous le nommez précisément par son nom quand vous dites que c'est celui sans lequel tous les autres sont insensibles ! Sévigné, 15 juin 1688. Saintes filles, ses chères amies, car elle voulait bien vous nommer ainsi, Bossuet, Reine d'Anglet. Souvent il s'entretient avec la mort… et, aussi vivant par l'esprit qu'il était mourant par le corps, il semble lui demander d'où vient qu'on la nomme cruelle, Bossuet, le Tellier. Il [Zozime] nomme ses libéralités profusions, sa modération fainéantise, ses festins d'amitié des dissolutions, Fléchier, Hist. de Théodose, IV, 75. Ô mon fils, de ce nom j'ose encor vous nommer, Racine, Athal. IV, 3. Nommer un roi père du peuple, est moins faire son éloge, que l'appeler par son nom, ou faire sa définition, La Bruyère, X. Ils nommaient nécessité l'injustice et la perfidie, Montesquieu, Lett. pers. 146.

    Nommer quelqu'un son protecteur, son libérateur, son bienfaiteur, l'appeler ainsi. Vous que je dois nommer l'ange de mon bonheur, Molière, l'Ét. V, 3.

    Absolument. Il n'y a nuls vices extérieurs et nuls défauts de corps, qui ne soient aperçus par les enfants : ils les saisissent d'une première vue, et ils savent les exprimer par des mots convenables : on ne nomme point plus heureusement, La Bruyère, XI.

  • 6Désigner. La mort entre nous deux nommera le vainqueur, Delille, Én. X.

    Terme de jeux. Nommer la couleur, dire en quelle couleur on joue.

  • 7Nommer quelqu'un à un emploi, à une charge, le choisir, le désigner pour cet emploi, pour cette charge. Il fut nommé maire de sa commune. L'empereur l'a nommé ministre des affaires étrangères. Il a été nommé à l'évêché de Lodève, Sévigné, 14. Voyez comme il est bon de se tourmenter un peu pour avoir des places : il est certain que celles qui avaient été nommées pour dames d'honneur de cette princesse avaient fait leurs diligences, Sévigné, 17 janv. 1680. Un jeune abbé de la Broue, qui n'a prêché qu'une seule fois devant le roi, est nommé pour l'évêché de Mirepoix, Sévigné, 27 fév. 1679. Il [Dieu] l'appelle son serviteur, quoiqu'infidèle, à cause qu'il l'a nommé pour exécuter ses décrets, Bossuet, Reine d'Anglet. Le peuple au champ de Mars nomme ses magistrats ; César nomme les chefs sur la foi des soldats, Racine, Brit. I, 2. Je vous nommai son gendre et vous donnai sa fille, Racine, ib. IV, 2. Le roi de France nomme à tous les bénéfices consistoriaux de son royaume, c'est-à-dire aux bénéfices qui sont de fondation royale et qui étaient électifs avant le concordat, Fevret, De l'abus, I, 8, dans RICHELET.

    Nommer quelqu'un son héritier, l'instituer son héritier.

    Nommer d'office, se dit du juge qui, d'après la loi, choisit et nomme des experts, des arbitres, des défenseurs, etc.

  • 8Se nommer, v. réfl. Déclarer son nom. Vous serez obligé de vous nommer.

    Avoir pour nom. Et quand je vous demande après quel est cet homme, à peine pouvez-vous dire comme il se nomme, Molière, Mis. I, 1. Je me nomme Pécaudière, ma maison n'est qu'à deux lieues de Landernau, Sévigné, 82.

    Il se dit aussi des choses. Par toi l'humilité devint une bassesse ; La candeur se nomma grossièreté, rudesse, Boileau, Sat. XI.

HISTORIQUE

XIIe s. Nomer un terme [fixer un terme], Ronc. p. 3. Si faisons assembler nostre chevalerie, Si qu'au jour nomé soit aprestée et garnie, Sax. XXXII. Quatorze rois i ot à heure de souper, Evesques et abbés que je ne sai nommer, ib. XII.

XIIIe s. À un moine courtois qu'on nommoit Savari, Berte, 1. Et nous li nommiens, et il les faisoit envoier querre, Joinville, 199.

XIVe s. Car, voir [vraiment], je sui au roi et toute ma maisnie ; Et Bertran du Guesclin me nomme on sans celise, Guesclin. 17434.

XVe s. Et dit au clerc : escry moy ce que je te nommeray [dicterai]. Le clerc s'ordonna à escrire ; et puis le duc luy nomma mot à mot tout ainsi qu'il vouloit qu'il escrivist, Froissart, liv. IV, p. 215, dans LACURNE. Le roy nomma [adressa] une lettre audit connestable et luy mandoit ce que…, Commines, IV, 11. Cent mille francs [empruntés] cousterent en quatre mois quatorze mille francs d'interests ; mais chascuns disoient que des nommez [certaines gens] avoient part à cest argent et au profit, Commines, VII, 4.

XVIe s. La fortune guette à point nommé le dernier jour de nostre vie, Montaigne, I, 66. Avoir peur de nommer la mort, Montaigne, I, 72. Il mourut en un certain lieu qui se nomme la forest fossoyée, Amyot, Cimon, 7. Si fut Cimon es premiers ans de sa jeunesse fort mal nommé, et eut un très mauvais bruit par la ville, Amyot, ib. Il y eut un nommé Sochares natif du bourg de Decelie, qui…, Amyot, ib. 13. Ilz commencerent à descocher de loing tous ensemble de tous costez, sans viser à point nommé, Amyot, Crass. 45. Ia vefve se peut nommer, durant sa viduité, dame douairiere du lieu et seigneurie qui appartenoit à son mary, sujet au dit douaire, Coust. génér. t. I, 720.

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Nommer : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

NOMMER, v. act. (Gram.) c’est désigner une chose par un nom, ou l’appeller par le nom qui la désigne ; mais outre ces deux significations, ce verbe en a un grand nombre d’autres que nous allons indiquer par des exemples. Qui est-ce qui a nommé l’enfant sur les fonts de baptême ? Il y a des choses que nature n’a pas rougi de faire, & que la décence craint de nommer. On a nommé à une des premieres places de l’église un petit ignorant, sans jugement, sans naissance, sans dignité, sans caractere & sans mœurs. Nommez la couleur dans laquelle vous jouez, nommez l’auteur de ce discours. Qui le public nomme-t-il à la place qui vaque dans le ministere ? Un homme de bien. Et la cour ? On ne le nomme pas encore. Quand on veut exclure un rival d’une place & lui ôter le suffrage de la cour, on le fait nommer par la ville ; cette ruse à réussi plusieurs fois. Les princes ne veulent pas qu’on prévienne leur choix ; ils s’offensent qu’on ose leur indiquer un bon sujet ; ils ratifient rarement la nomination publique.

Nommer un dessein, (Terme de Tissutier-rubannier.) C’est ce qu’on appelle chez les ouvriers de la grande navette, les gaziers, les férandiniers, & autres fabriquans d’étoffes ; lire un dessein, c’est-à-dire, marquer en détail à l’ouvrier qui monte un métier, quels fils de sa chaîne doivent se lever & se baisser pour faire la façon, afin qu’il attache des ficelles à nœud-coulant aux hautes-lisses de son ouvrage. Savary. (D. J.)

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Étymologie de « nommer »

Étymologie de nommer - Littré

Berry, noumer ; wallon, loumer ; Hainaut, lomer ; provenç. nomnar ; anc. catal. nomenar ; espagn. nombrar ; portug. nomear ; ital. nominare ; du lat. nominare, dénominatif de nomen, nom.

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Étymologie de nommer - Wiktionnaire

(Xe siècle) Du latin nominare, dérivé de nomen (« nom »).
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Phonétique du mot « nommer »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
nommer nɔme play_arrow

Conjugaison du verbe « nommer »

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Citations contenant le mot « nommer »

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  • Dieu n'est que l'image de quelque chose, principe, force, idée, esprit, volonté, que nous ne pouvons concevoir ni nommer. De René Barjavel / La faim du tigre
  • Et par le pouvoir d’un mot Je recommence ma vie Je suis né pour te connaître Pour te nommer Liberté. De Paul Eluard / Liberté
  • Dieu peut tout. S’il se limitait à faire ce que nous appelons le Bien, nous ne pourrions pas le nommer Tout-Puissant. De Paulo Coelho / La cinquième montagne
  • Les statues ne font que nommer l'oubli. On n'est jamais plus mort qu'en bronze. De Alexandre Vialatte
  • Le nom est plus qu'une désignation de la personne. Il est indissolublement lié à l'être. Nommer quelqu'un, nommer un objet, c'est le connaître à fond, jusque, dans ses parties les plus secrètes. De Henri Lafrance / A l'aube du verseau
  • Il suffit de nommer la chose pour qu'apparaisse le sens sous le signe. De Léopold Sédar Senghor / Comme les lamantins vont boire à la source
  • Pour nommer les choses, il faut les avoir baptisées un jour. De Donald Alarie / Jérôme et les mots
  • Les femmes rougissent d'entendre nommer ce qu'elles ne craignent aucunement à faire. De Michel de Montaigne
  • La fonction de l’artiste consiste, autant qu’à créer des images, à les nommer. De Jean Dubuffet
  • Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde. De Albert Camus
  • L'être qu'on peut nommer n'est pas l'être suprême. De Lao-Tseu
  • Tuer. Créer une vacance sans nommer un successeur. De Ambrose Bierce / Le dictionnaire du Diable
  • - Hippolyte ? Grands Dieux !- C'est toi qui l'as nommé. Jean Racine, Phèdre, I, 3
  • Le reste ne vaut pas l'honneur d'être nommé. Pierre Corneille, Cinna, V, 1, Auguste
  • Le néant se nie s'il se nomme. Maurice Chapelan, Main courante, Grasset
  • Nommer est toujours appeler, c'est déjà ordonner. Roger Caillois, L'Homme et le sacré, Gallimard

Traductions du mot « nommer »

Langue Traduction
Corse appuntà
Basque izendatuko
Japonais 任命する
Russe назначать
Portugais nomear
Arabe يعين
Chinois
Allemand ernennen
Italien nominare
Espagnol nombrar
Anglais appoint
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Synonymes de « nommer »

Source : synonymes de nommer sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « nommer »


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