Merveille : définition de merveille


Merveille : définition du Wiktionnaire

Nom commun

merveille \mɛʁ.vɛj\ féminin

  1. Chose qui cause une grande admiration.
    • La moindre photographie nous apprend cent fois plus sur le Parthénon qu'un volume consacré à vanter les merveilles de ce monument. — (Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Chap.IV, La grève prolétarienne, 1908, p.195)
    • Les merveilles de la nature, de la science.
    • Une merveille de l’art.
    • Il regarde cela comme une merveille.
    • Il nous a dit des merveilles.
    • Il nous raconta des merveilles de ce pays.
    • Il fut surpris à la vue de tant de merveilles.
    • Il a payé ses dettes, c’est merveille, c’est grande merveille.
    • Ce n’est pas merveille.
    • La merveille est que… C’était merveille de l’entendre.
    • C’est une merveille qu’il soit si promptement sorti d’embarras.
    • L’emploi de l’électricité est la merveille de nos jours. Il se dit quelquefois des Personnes.
    • Cet enfant est vraiment une merveille de sagesse.
    • Pic de la Mirandole fut regardé comme la merveille de son siècle.
    • Les sept merveilles du monde, les murailles et les jardins de Babylone, les pyramides d’Égypte, le phare d’Alexandrie ; le Mausolée, tombeau qu’Artémise fit élever pour Mausole, son mari, le temple de Diane à Éphèse ; celui de Jupiter Olympien à Pise, en Élide ; le colosse de Rhodes.
    • (Par hyperbole) C’est une des sept merveilles du monde, se dit d’un superbe édifice, ou de quelque autre chose semblable, étonnante en son genre.
    • C’est la huitième merveille du monde.
    • (Familier) Ce n’est pas grande merveille, ou, par ironie, Voilà une belle merveille, se dit pour rabaisser une chose, une action que quelqu’un veut faire passer pour admirable.
    • C’est une merveille, c’est merveille de vous voir, se dit pour faire un reproche d’amitié à quelqu’un qu’on avait coutume de voir et qu’on ne voit plus que rarement.
  2. (Cuisine) Beignet du sud-ouest de la France.
    • Les merveilles ne sont pas particulières à Genève ; on en fait aussi dans la Dordogne. — (Littré)

Nom commun

merveille \Prononciation ?\ féminin

  1. Merveille.
    • tenir a merveille, s’étonner.
    • Dist li paiens : merveilles en ai grant. — (Chanson de Roland, laisse numéro XL, circa 1100.)
    • Ce est merveille que Deus le soufre tant. — (idem, CXXXII)
    • À tant [ils] saillent hors du batel,
      Et vinrent à Jehan isnel,
      Cui il voient faire mervelles.
      — (Bl. et Jeh. 4356, XIIIe siècle.)
    • Et disoient que il avoient trouvé merveilles de diverses bestes sauvages et de diverses façons. — (Jean de Joinville, 220, XIIIe siècle.)
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Merveille : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MERVEILLE. n. f.
Chose qui cause une grande admiration. Rare merveille. Les merveilles de la nature, de la science. Une merveille de l'art. Il regarde cela comme une merveille. Il nous a dit des merveilles. Il nous raconta des merveilles de ce pays. Il fut surpris à la vue de tant de merveilles. Il a payé ses dettes, c'est merveille, c'est grande merveille. Ce n'est pas merveille. La merveille est que... C'était merveille de l'entendre. C'est une merveille qu'il soit si promptement sorti d'embarras. L'emploi de l'électricité est la merveille de nos jours. Il se dit quelquefois des Personnes. Cet enfant est vraiment une merveille de sagesse. Pic de la Mirandole fut regardé comme la merveille de son siècle. Les sept merveilles du monde, Les murailles et les jardins de Babylone, ouvrages de Sémiramis; les pyramides d'Égypte; le phare d'Alexandrie; le tombeau qu'Artémise fit élever pour Mausole, son mari; le temple de Diane à Éphèse; celui de Jupiter Olympien à Pise, en Élide; et le colosse de Rhodes. Par exagération, C'est une des sept merveilles du monde, se dit d'un Superbe édifice, ou de quelque autre chose semblable, étonnante en son genre. On dit de même C'est la huitième merveille du monde. Fam., Ce n'est pas grande merveille, ou, par ironie, Voilà une belle merveille, se dit Pour rabaisser une chose, une action que quelqu'un veut faire passer pour admirable. Fam., C'est une merveille, c'est merveille de vous voir, se dit Pour faire un reproche d'amitié à quelqu'un qu'on avait coutume de voir et qu'on ne voit plus que rarement. Fam., Faire merveille, faire merveilles, faire des merveilles, Se distinguer dans quelque circonstance par un zèle, un courage, une adresse, un talent extraordinaires. Je l'ai vu faire merveilles ce jour-là. Fig., et fam., Promettre monts et merveilles. Voyez MONT.

À MERVEILLE, loc. adv. Très bien, parfaitement. Il prêche à merveille. Il peint à merveille. Il danse, il chante à merveille. Ce costume vous va à merveille. Il se dit aussi après une interrogation pour marquer un Acquiescement complet, réel ou ironique. Vous voulez qu'il en soit ainsi? À merveille!

Merveille : définition du Littré (1872-1877)

MERVEILLE (mèr-vè-ll', ll mouillées, et non mèr-vè-ye) s. f.
  • 1Chose qui cause de l'admiration. La valeur de son père, en son temps sans pareille, Tant qu'a duré sa force, a passé pour merveille, Corneille, Cid, I, 1. La plus rare merveille, Quand l'esprit la connaît, ne surprend plus l'oreille, Rotrou, St-Genest, I, 7. Mais de nous charmer les oreilles Par sa merveille des merveilles, Cela ne se peut nullement, Bertelot, Contre Malherbe, dans l'éd. de Ménage, p. 498. Il ne faut jamais dire aux gens : Ecoutez un bon mot, oyez une merveille ; Savez-vous si les écoutants En feront une estime à la vôtre pareille ? La Fontaine, Fabl. XI, 9. Paroles font en amour des merveilles, La Fontaine, Orais. De la moindre vétille il fait une merveille, Molière, Mis. II, 5. Faute de cette connaissance [de l'agrément, en poésie], on a inventé de certains termes bizarres : siècle d'or, merveille de nos jours, et on appelle ce jargon beauté poétique, Pascal, Pens. VII, 25, éd. HAVET. Quelle partie du monde habitable n'a pas ouï les victoires du prince de Condé et les merveilles de sa vie ? Bossuet, Louis de Bourbon. Élevant son esprit aux choses invisibles de Dieu par les merveilles visibles de la nature, Fléchier, Lamoign. Le public, enrichi du tribut de nos veilles, Croit qu'on doit ajouter merveilles sur merveilles, Boileau, Épître VI. Lorsque, dans les âges suivants, l'on parlera avec étonnement des victoires prodigieuses et de toutes les grandes choses qui rendront notre siècle l'admiration de tous les siècles à venir, Corneille, n'en doutons point, Corneille tiendra sa place parmi toutes ces merveilles, Racine, Rép. au disc. de récept. de Th. Corneille. Les grands et les puissants de Pologne, frappés des merveilles que la renommée répand de lui en tous lieux, Massillon, Or. fun. Conti. Je vis près d'Apollon, à son autel de pierre, Un palmier, don du ciel, merveille de la terre, Chénier, l'Aveugle. Là, près des ruches des abeilles, Arachné tisse ses merveilles, Lamartine, Harm. II, 9.

    Les sept merveilles du monde, les sept monuments les plus célèbres dans l'antiquité, à savoir les pyramides d'Égypte, les murailles et les jardins suspendus de Babylone, le temple de Diane à Éphèse, celui de Jupiter Olympien à Pise en Élide, le tombeau qu'Artémise fit élever pour Mausole, son mari, le phare d'Alexandrie, et le colosse de Rhodes. Ainsi fut achevée la ruine de ce tombeau [de Mausole], la dernière des trois merveilles dont l'Asie s'enorgueillissait ; car le temple de Diane à Éphèse et le colosse consacré au soleil à Rhodes avaient depuis longtemps disparu, Sainte-Croix, Instit. Mém. hist. et litt. anc. t. II, p. 380.

    Par exagération. C'est une des sept merveilles du monde, se dit d'un superbe édifice, ou de quelque autre chose semblable, étonnante en son genre.

    On dit de même : c'est la huitième merveille du monde.

    Familièrement. Ce n'est pas grande merveille, ou, par ironie, voilà une belle merveille, ou, elliptiquement, belle merveille, belle merveilles, se dit pour rabaisser une chose, une action que quelqu'un veut faire passer pour admirable. Belles merveilles ! assembler des voleurs, des scélérats, se faire chef de bandits, Fénelon, Dial. des morts anc. dial. 8.

    Être la merveille de, exciter l'admiration. Cette princesse est toujours la merveille de la cour, Bossuet, Lett. quiét. 497. La cour ne le retint guère, quoiqu'il en fût la merveille, Bossuet, Louis de Bourbon. Cet État sera la merveille de l'Hespérie, Fénelon, Tél. XXII. Que le corps de ville [de Paris] demande seulement permission de mettre une taxe modérée et proportionnelle sur les habitants… que les projets [d'embellissement] soient reçus au concours, que l'exécution soit au rabais, il sera facile de démontrer qu'on peut, en moins de dix ans, faire de Paris la merveille du monde, Voltaire, Pol. et lég. Embell. de Paris. Cette femme dont tout le monde parlait, et dont on ne connaissait pas le véritable nom, parut à lord Nelvil l'une des merveilles du singulier pays qu'il venait voir, Staël, Corinne, II, 1.

    C'est une merveille… c'est merveille de… que de… c'est-à-dire c'est une chose extraordinaire de… ou que de… C'est une merveille de faire cela, ou que de faire cela. C'était merveille de le voir, Merveille de l'ouïr…, La Fontaine, Fabl. VIII, 2. Vous connaissez la manœuvre des uns et des autres, que c'est une merveille, Hamilton, Gramm. 5.

    C'est merveille que, avec le subjonctif. [Il] Court à son compagnon, lui dit que c'est merveille Qu'il n'ait eu seulement que la peur pour tout mal, La Fontaine, Fabl. V, 20.

    Ce n'est pas merveille de, ce n'est pas merveille que… avec le verbe au subjonctif, ce n'est pas merveille si… c'est-à-dire il n'y a pas lieu de s'étonner. Ce n'est pas merveille qu'il ait échoué. Ce n'est pas merveille, s'il faut une force assez sensible, Descartes, Mondes, 3. Ce n'est donc pas merveille si les peuples faisaient moins de cas des nouveaux oracles que des anciens, Fontenelle, Oracl. I, 11. Puisque vous logez chez un médecin, ce n'est pas merveille que vous soyez malade, Voltaire, Lett. Thiriot, 8 oct. 1760. Pour elle, ce n'est pas merveille De troubler l'ordre de mes jours, Béranger, Print. et aut.

    Familièrement. Faire merveilles, faire des merveilles, se distinguer d'une façon extraordinaire. Si tu le fais [si le Seigneur conseille le roi], Seigneur, il fera des merveilles, Malherbe, II, 1. Ma Chimène, il est vrai qu'il a fait des merveilles, Corneille, Cid, IV, 2. Vous faites des merveilles, Molière, Bourg. gent. II, 3. Vous avez fait des merveilles d'écrire à Mme de Lavardin, Sévigné, 77. L'on dit que, dans le passage du Rhin, le chevalier de Grignan fit encore des merveilles de valeur et de prudence, Sévigné, 206. Vous savez toutes les merveilles qu'on a faites sur les Turcs [qui venaient d'être battus], Sévigné, 2 sept. 1687. Elle [votre cousine] y a fait merveilles, Sévigné, à Bussy, 15 janv. 1687. Mme la Dauphine fait merveilles, et tout le monde en est content, Maintenon, Lett. à, M. d'Aubigné, 3 oct. 1684.

    Faire des merveilles à, produire un excellent effet à ou sur. Hier, le remède de l'Anglais avait fait des merveilles, Sévigné, 413. Les eaux m'ont fait des merveilles, Sévigné, 24 sept. 1677.

    Faire des merveilles à, faire un excellent accueil à. Mme de Schomberg me fait des merveilles, et son mari à mon fils, Sévigné, 29 juill. 1676. Je fus hier avec Mme de Coulanges au Palais-Royal… Madame me fit des merveilles d'abord ; mais, quand l'abbé de Chavigny fut entré, mon étoile pâlit visiblement, Sévigné, 25 juin 1677.

    Se faire merveilles, se faire mille amitiés l'un à l'autre. Praslin et le chevalier de Montfort se firent merveilles, Saint-Simon, 13, 149.

    Faire merveille, se dit des choses qui produisent un bel effet, qui plaisent infiniment. Un ruisseau qui fait merveille dans le paysage.

    Dire des merveilles de, dire merveilles de, vanter extraordinairement. On en disait merveilles, La Fontaine, Faucon. On dit des merveilles de notre bon pape, Sévigné, 325. M. le chancelier me dit hier des merveilles de votre conduite, Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 18 déc. 1695. Dire merveilles de sa santé devant des infirmes, La Bruyère, V.

    Dire merveilles, dire des merveilles, écrire des merveilles, dire, écrire des choses charmantes. Elle [Mlle de la Vallière entrant aux Carmélites] a fait couper ses beaux cheveux… elle caquète et dit merveilles ; elle assure qu'elle est ravie d'être dans une solitude, Sévigné, avril ou mai 1674. Le roi écrivit hier ici des merveilles, Bossuet, Lett. quiét. 78.

    Crier à la merveille, exprimer vivement son admiration. [Le pacha fixant un maximum fort bas sur les comestibles] le peuple crie à la merveille, mais les marchands ferment leurs boutiques, Chateaubriand, Itin. 5e partie.

    On dit dans le même sens : crier merveille. …Un amas de vains admirateurs… prompts à crier merveille, Boileau, Art p. IV.

    Fig. Promettre monts et merveilles, promettre merveilles, faire de très grandes promesses. Elle fait amitié, leur promet des merveilles, Corneille, Médée. I, 1.

    Conter monts et merveilles, conter merveilles, conter des merveilles de, faire des récits qui excitent l'admiration pour. Qu'il conte merveilles à ceux qui l'écoutent, de l'éloquence attique, Guez de Balzac, Socrate, disc. 2. Ce fut un passe-temps de l'entendre conter Monts et merveilles de la dame, La Fontaine, Fiancée. Ils contaient des merveilles des périls de cette expédition, Hamilton, Gramm. 11.

  • 2Personne qui excite l'admiration. La voici, la belle Marie, Belle merveille d'Étrurie, Malherbe, III, 1. Je sers, je le confesse, une jeune merveille, Malherbe, V, 21. Je vous réponds que vous en ferez une petite merveille, Sévigné, 524. La princesse de Conti… est enfant au delà de ce qu'on peut imaginer, et Mme la Dauphine est une merveille d'esprit, de raison et de bonne éducation, Sévigné, 12 avr. 1680. Soutenir la dignité de merveille entre deux âges où vous m'avez élevée, Sévigné, 24 avr. 1671. Du théâtre français l'honneur et la merveille, Il [Racine] sut ressusciter Sophocle en ses écrits, Boileau, Poésies div. XIX.
  • 3Chose qui, excitant l'étonnement, paraît dépasser les forces de la nature. Par quelle merveille Mon œil peut-il sitôt démentir mon oreille ? Rotrou, Vencesl. IV, 5. Les merveilles que Dieu avait opérées en leur pays, Bossuet, Hist. II, 12. Quelle merveille de la grâce ! malgré une vocation si peu régulière, la jeune abbesse devint un modèle de vertu, Bossuet, Anne de Gonz. Une merveille absurde est pour moi sans appas, Boileau, Art p. III. On ne voit plus pour nous ses redoutables mains De merveilles sans nombre effrayer les humains, Racine, Athal. I, 1. Peuple ingrat ! quoi ! toujours les plus grandes merveilles, Sans ébranler ton cœur, frapperont tes oreilles ? Racine, ib. Et faites retentir jusques à son oreille De Joas conservé l'étonnante merveille, Racine, ib. V, 3. Tant de merveilles qu'ils [les dieux] ont faites en votre faveur, Fénelon, Tél. VII. Il chante les merveilles des dieux, Fénelon, ib. XIX. J'oublierai le monde entier pour ne plus m'occuper que des merveilles de votre grâce sur mon âme, Massillon, Carême, Lazare.
  • 4A merveille. loc. adv. Très bien, parfaitement. Et Tartufe ? - Tartufe ? il se porte à merveille, Gros et gras, le teint frais et la bouche vermeille, Molière, Tart. I, 5. Tout allait à merveille ; j'avais obtenu, presque arraché l'estime de tout le monde, Rousseau, Confess. III.

    Au XVIIe siècle on écrivait à merveilles ; c'est l'orthographe du Dictionnaire de l'Académie de 1694. Je revins chez la d'Escars admirer encore la beauté de notre linge et de nos étoffes ; tout sera à merveilles, Sévigné, 26 août 1676. Je lui procure… un bon médecin dont il se trouvera à merveilles, Sévigné, 24 sept. 1677.

    À merveille, se dit aussi ironiquement pour exprimer son mécontentement, son indignation.

  • 5 Familièrement. Pas tant que de merveille, pas beaucoup.
  • 6Merveille à fleurs jaunes, balsamine des bois.

    Se dit de plusieurs variétés de fleurs, et particulièrement de tulipes. Merveille d'Amsterdam, de Harlem.

    Merveille du Pérou, plante de cette région, dont la merveille consiste en ce qu'elle porte cinq petites fleurs, en forme de cloche, dont chacune est tout à fait différente des autres ; d'autres disent que c'est tout simplement la belle-de-nuit.

    Merveille d'hiver, espèce de poire de novembre.

  • 7S. f. pl. Merveilles, pâtisserie génevoise, rubans de pâte cuits dans le beurre. La collation fut composée d'échaudés, de merveilles, Rousseau, Hél. VI, 10.

REMARQUE

FAIRE MERVEILLE, FAIRE DES MERVEILLES. Faire merveille se dit des choses, et signifie que ces choses font très bien : Cette figure fait merveille dans ce tableau. Faire des merveilles ou faire merveilles se dit des personnes, et signifie que ces personnes ont fait des choses merveilleuses : Cet orateur a fait aujourd'hui des merveilles. Telle est la décision de Laveaux. Mais cette distinction n'est pas observée. Ainsi voici des exemples de Mme de Sévigné, où, suivant cette décision, il faudrait faire merveille : Il [le roi] courut un cerf au clair de la lune ; les lanternes firent des merveilles ; le feu d'artifice fut un peu effacé par la clarté de notre amie, Sévigné, 46. Une grande allée où le couchant fait des merveilles, Sévigné, 30 nov. 1689. En voici d'autres de Corneille et de Molière où il faudrait, suivant la même décision, faire des merveilles ou faire merveilles : Déguisant son nom et cachant sa famille, Il avait fait merveille aux guerres de Castille, Corneille, D. Sanche, V, 8. Au reste, il fait merveille en vers ainsi qu'en prose, Et pourrait, s'il voulait, vous montrer quelque chose, Molière, Fem. sav. III, 5.

HISTORIQUE

XIe s. Dist li paiens : merveilles en ai grant, Ch. de Rol. X. Ce est merveille que Deus le soufre tant [Roland], ib. CXXXII. Non est merveille se Charles ad irur [colère], ib. CCII.

XIIe s. N'est pas merveilles se m'aïr [je m'irrite] Vers amor qui m'a tant grevé, Couci, III.

XIIIe s. Quant li rois Felippes le sot, si en fu merveilles liés [joyeux], Chr. de Rains, 15. Moult grans merveille estoit leur biauté à regarder, Villehardouin, LXI. Ce n'estoit pas merveille se li cuers lui douloit, Berte, XXVIII. À tant [ils] saillent hors du batel, Et vinrent à Jehan isnel, Cui il voient faire mervelles, Bl. et Jeh. 4356. Et disoient que il avoient trouvé merveilles de diverses bestes sauvages et de diverses façons, Joinville, 220.

XVe s. Or furent ces trois chevaliers qui merveilles cuidoient faire, plus esbahis que devant, Froissart, II, III, 78. Batailles mortelles, desolations de plusieurs eglises, citez, villes et forteresses, depopulation de moult de pays, et autres merveilles piteuses à recorder, Monstrelet, Prologue. Et n'estoit point de merveilles se le roy en avoit crainte ; car son frere eust esté bien grant, se le mariage eust esté fait, Commines, III, 8. Avez-vous merveille [êtes-vous surprise], si je le demande ? Louis XI, Nouv. XIX.

XVIe s. Jouer à honnestes jeux, comme aux merveilles, aux estats, aux ventes, aux vertus, aux rencontres et autres, Yver, 524. Ils veulent persuader que leur hierarchie est tant bien ordonnée que merveilles, Calvin, Inst. 880. Homme grand, fort et beau à merveilles, Amyot, Arist. 34. Chascun luy rapporta qu'il faisoit merveille de le louer partout, Amyot, Comm. refréner la colère, 17.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

MERVEILLE. Ajoutez :
7Les merveilles ne sont pas particulières à Genève ; on en fait aussi dans la Dordogne. Les merveilles, dans le langage du pays, ce sont des gâteaux légers et sucrés, Gaz. des Trib. 7 mars 1876, p. 230, 1re col.

HISTORIQUE

XVIe s. Ajoutez : Et la merveille [sorte de plante] un nom bien avenant, J. Pelletier du Mans, la Savoye (1572), Chambéry, 1856, p. 294.

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Merveille : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

MERVEILLE, s. f. (Hist. anc. Philol.) voyez l’article Miracle. Ce que l’on appelle vulgairement les sept merveilles du monde, sont les pyramides d’Egypte, le mausolée bâti par Artemise, le temple de Diane à Ephese, les murailles de Babylone couvertes de jardins, le colosse de Rhodes, la statue de Jupiter Olympien, le phare de Ptolemée Philadelphe. Voyez Pyramide, Mausolée, Colosse &c.

Merveilles du Monde, (Hist. anc.) On en compte ordinairement sept ; savoir, les pyramides d’Egypte, les jardins & les murs de Babylone, le tombeau qu’Arthemise reine de Carie éleva au roi Mausole son époux, à Halycarnasse ; le temple de Diane à Ephese ; la statue de Jupiter Olympien, par Phidias ; le colosse de Rhodes ; le phare d’Alexandrie.

Merveilles du Dauphiné, (Hist. nat.) On a donné ce nom à quelques objets remarquables que l’on trouve en France, dans la province de Dauphiné. L’ignorance de l’Histoire naturelle & la crédulité ont fait trouver du merveilleux dans une infinité de choses qui, vûes avec des yeux non prévenus, se trouvent ou fausses ou dans l’ordre de la nature. Les merveilles du Dauphiné en fournissent une preuve. On en a compté sept à l’exemple des sept merveilles du monde.

1°. La premiere de ces merveilles est la fontaine ardente ; elle se trouve au haut d’une montagne qui est à trois lieues de Grenoble, & à une demi lieue de Vif. S. Augustin dit qu’on attribuoit à cette fontaine la propriété singuliere d’éteindre un flambeau allumé, & d’allumer un flambeau éteint ; ubi faces ardentes extinguuntur, & accenduntur extinctæ. De civitate Dei, l. XXI. c. vij. Si cette fontaine a eu autrefois cette propriété, elle l’a entierement perdue actuellement ; l’on n’y voit quant à présent qu’un petit ruisseau d’eau froide ; il est vrai que l’on assure que ce ruisseau a changé de cours, & qu’il passoit autrefois pour un endroit d’où quelquefois on voyoit sortir des flammes & de la fumée occasionnées suivant les apparences par quelque petit volcan ou feu souterrein qui échauffoit les eaux de ce ruisseau, & qui par le changement qu’il a pu causer dans le terrein, lui a fait changer de place.

2°. La tour sans venin. On a prétendu que les animaux venimeux ne pouvoient point y vivre, ce qui est contredit par l’expérience, vû qu’on y a porté des serpens & des araignées qui ne s’en sont point trouvés plus mal. Cette tour est à une lieue de Grenoble, au-dessus de Seyssins, sur le bord du Drac. Elle s’appelle pariset. Autrefois il y avoit auprès une chapelle dédiée à S. Verain, dont par corruption on a fait sans venin.

3°. La montagne inaccessible. C’est un rocher fort escarpé, qui est au sommet d’une montagne très-élevée, dans le petit district de Triéves, à environ deux lieues de la ville de Dié. On l’appelle le mont de l’aiguille. Aujourd’hui cette montagne n’est rien moins qu’inaccessible.

4°. Les cuves de Sassenage. Ce sont deux roches creusées qui se voyent dans une grotte située au-dessus du village de Sassenage, à une lieue de Grenoble. Les habitans du pays prétendent que ces deux cuves se remplissent d’eau tous les ans au 6 de Janvier ; & c’est d’après la quantité d’eau qui s’y amasse, que l’on juge si l’année sera abondante. On dit que cette fable a été entretenue par des habitans du pays qui avoient soin d’y mettre de l’eau au tems marqué. On trouve au même endroit les pierres connues sous le nom de pierres d’hirondelle ou de pierres de Sassenage. Voyez Hirondelle, (pierre d’)

5°. La manne de Briançon, que l’on détache des méleses qui se trouvent sur les montagnes du voisinage, ce qui n’est rien moins qu’une merveille.

6°. Le pré qui tremble ; c’est une île placée au milieu d’un étang, ou lac du territoire de Gap, appellé le lac Pelhotier. Il est à présumer que ce pré est formé par un amas de roseaux & de plantes mélés de terre, qui n’ont point une consistence solide. On trouve des prairies tremblantes au-dessus de tous les endroits qui renferment de la tourbe. Voyez l’art. Tourbe.

7°. La grette de Notre-Dame de la Balme ; elle ressemble à toutes les autres grottes, étant remplie de stalactites & de congélations, ou concrétions pierreuses. On dit que du tems de François I. il y avoit un abîme au fond de cette grotte, dans lequel l’eau d’une riviere se perdoit avec un bruit effrayant ; aujourd’hui ces phénomenes ont disparu.

Aux merveilles qui viennent d’être décrites, quelques auteurs en ajoutent encore d’autres ; telles sont la fontaine vineuse, qui est une source d’une eau minérale qui se trouve à Saint-Pierre d’Argenson ; elle a, dit-on, un goût vineux, & est un remede assuré contre la fievre ; ce goût aigrelet est commun à un grand nombre d’eaux minérales acidules. Le ruisseau de Barberon est encore regardé comme une merveille du Dauphiné ; par la quantité de ses eaux on juge de la fertilité de l’année. Enfin on peut mettre encore au même rang les eaux thermales de la Motte, qui sont dans le Graisivaudan, à cinq lieues de Grenoble sur le bord du Drac ; elles sont, dit-on, très-efficaces contre les paralysies & les rhumatismes. (—)

Merveille du Perou, voyez Belle-de-nuit.

Merveille, Pomme de (Botan. exot.) c’est ainsi qu’on nomme en françois le fruit du genre de plante étrangere que les Botanistes appellent momordica. Voyez Momordica.

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Merveille : définitions subjectives sur Dicopedia

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Étymologie de « merveille »

Étymologie de merveille - Littré

Bressan, moraville ; bourguig, morvaille ; Berry, marveille ; provenç. meravelha, meravilla ; espagn. maravilla ; portug. maravilha ; ital. maraviglia ; du lat. mirabilia, choses merveilleuses, pluriel neutre de mirabilis, admirable.

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Étymologie de merveille - Wiktionnaire

Du latin mirabilia (« choses admirables »).
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Étymologie de merveille - Wiktionnaire

Du latin mirabilia (« chose admirable ») devenu, en latin populaire *miribilia.
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Phonétique du mot « merveille »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
merveille mɛrvɛj play_arrow

Citations contenant le mot « merveille »

  • La construction de celle que l'on surnomme "La merveille des merveilles" est devenue, au fil de sa longue et riche histoire, un véritable symbole.  LCI, Sainte-Sophie : basilique, mosquée, musée... l'histoire mouvementée de "la merveille des merveilles" en 5 dates-clés | LCI
  • Les historiens peuvent s’inspirer d’une multitude d’auteurs classiques qui, bien plus tard, firent allusion aux jardins. Au cours du premier siècle avant J.-C., le géographe Strabon et l’historien Diodore de Sicile décrivirent les jardins comme une « merveille ». Diodore, un historien grec de Sicile, présenta les jardins de manière détaillée dans Bibliotheca historica, son œuvre monumentale en 40 tomes. Tout comme Philon, il évoqua un réseau perfectionné de « poutres » : celui-ci consistait en « une première couche de roseaux liés entre eux par une grande quantité de bitume ; puis une double couche de briques cuites jointoyées de plâtre et une troisième couche de plomb pour empêcher l’infiltration de l’humidité de la terre. » Selon Diodore, « des arbres de tous genres y étaient plantés. Des arbres majestueux qui ravissent les spectateurs », arrosés « par l’Euphrate grâce à des machines qui remontaient l’eau en abondance. » (Babylone, joyau de l’Ancien monde.) National Geographic, Les jardins suspendus de Babylone, la plus mystérieuse des sept merveilles du monde | National Geographic
  • « C’est une merveille, je le trouve archi beau », tranche Boris. Pourtant je ne suis pas forcément un Ayatollah du maillot Hechter en disant “c’est LE seul maillot historique du club”, on en a plusieurs autres qui ont marqué les supporters, mais c’est vrai que celui-là a fait les grandes heures du PSG dans les années 1980 puis 1990. » , « C’est une merveille », avec son nouveau maillot Hechter, le PSG renoue avec son passé et régale ses supporters
  • Anciens ouvrier agroalimentaire et assistante d'éducation, un jeune couple a décidé de sauter le pas et de reprendre la boulangerie de Tonquédec (Côtes-d'Armor) via l'opération SOS Villages. À peine un an après le début de leur nouvelle vie, les affaires marchent à merveille. Car les habitants les ont rapidement adoptés. Une implantation réussie aussi bien pour eux que pour leurs enfants, qui ont intégré la petite école du village. LCI, SOS Villages : un an après sa reprise, cette boulangerie marche à merveille | LCI
  • Le merveilleux est toujours beau, il n'y a même que le merveilleux qui soit beau. De André Breton / Manifeste du surréalisme
  • Nous faisons merveille quand il s'agit de construire des machines ou bien de vendre. Mais quand il s'agit seulement de parler l'un à l'autre, nous avons peur et tirons nos revolvers. De Richard Wright
  • L'art du guerrier consiste à équilibrer la terreur d'être un homme avec la merveille d'être un homme. De Carlos Castaneda / La Roue du temps
  • Je sais à merveille à quoi s'expose un homme qui ne se range ni à droite ni à gauche. On le traite d'opportuniste.
  • C’est cela l’état naturel de l’amour. C’est cela son état princier, la merveille de sa nature : attendre, attendre, attendre. De Christian Bobin / Une petite robe de fête
  • Dieu est une grande merveille. Etant tout ce qu'Il veut Il veut tout ce qu'Il est, sans mesure et sans but. De Angelus Silesius / Le Pèlerin chérubinique
  • Les économistes sont des chirurgiens qui ont un excellent scalpel et bistouri ébréché opérant à merveille sur le mort et martyrisant le vif. De Chamfort
  • C'est merveille combien peu il faut à nature pour se contenter, combien peu elle nous a laissé à désirer. De Michel de Montaigne / Essais
  • Les plus belles vies sont à mon gré celles qui se rangent au modèle commun, sans merveille. De Michel de Montaigne / Essais
  • La parole est, finalement, la convention la plus fictive créée pour l’homme, et est sa plus extraordinaire merveille. De Virgilio Ferreira
  • Je ne tiens pas la beauté pour merveille : jouet du temps, elle en est la dépouille. De Soeur Juana Inès De La Cruz / Goût des Muses
  • Le plaisir est une merveille qui m'apprend que je suis moi. De Amélie Nothomb / Métaphysique des tubes
  • C'est une merveille d'ignorer l'avenir. De Marguerite Duras / Des journées dans les arbres
  • Un rêve intact est une merveille fragile. De Edouard Estaunié / L'Infirme aux mains de lumière
  • Il est bien des merveilles en ce monde, il n'en est pas de plus grande que l'homme. Sophocle, Antigone, 332-333 (traduction Mazon)
  • La poésie, comme l'art, est inséparable de la merveille. André Pieyre de Mandiargues, L'Âge de craie, Gallimard

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Traductions du mot « merveille »

Langue Traduction
Corse maraviglia
Basque harritzekoa
Japonais ワンダー
Russe задаваться вопросом
Portugais maravilha
Arabe يتساءل
Chinois 奇迹
Allemand wunder
Italien meraviglia
Espagnol preguntarse
Anglais wonder
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Synonymes de « merveille »

Source : synonymes de merveille sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « merveille »


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