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Marquer

Définitions du mot « marquer »

Trésor de la Langue Française informatisé

MARQUER, verbe

I. − Emploi trans. [Correspond à marque1]
A. − [Le résultat du processus est vu comme signe explicite et voulu, à la différence de la section B où le résultat du processus est vu comme trace, empreinte, simple indice éventuellement révélateur. Mais la frontière entre A et B peut être incertaine]
1. Rendre reconnaissable qqc.2/qqn2(parmi un ou plusieurs autres analogues, au moyen d'un signe, d'une marque matérielle, dans le but de l'identifier, le retrouver, le classer).
a) Qqn1marque qqc.2/qqn2à, avec, de, par qqc.3(signe/instrument).Si j'avais à sauver une seule maison dans cette ville de réprouvés, il n'y en a qu'une que je marquerais de blanc (Fromentin,Dominique, 1863, p. 184).Elle piqua contre les murs (...) ces cartons jaunis (...). Elle avait marqué de traits les dates mémorables de son histoire (Maupass.,Une Vie, 1883, p.257).Quand madame de la Sablière lut les Épîtres, elle s'arrêta, dans la cinquième, à ces vers: Que, l'astrolabe en main (...) Elle marqua de l'ongle cet endroit du livre (A. France,Vie littér., 1892, p.328).
Qqn1marque sur qqc.2/qqn2qqc.3(signe).C'était écrit sur un papier imprimé (...) sur lequel on avait marqué les cachets de ton régiment (Loti,Spahi, 1881, p. 267).
Au passif. À Madrid, les lettres adressées poste restante sont marquées chacune d'un numéro (Gautier,Tra los montes, 1843, p. 102).
[Avec ell. du compl. introduit par une prép.] Elle comptait, de son côté, en profiter [des séances de pose] pour ourler et marquer le trousseau de leur futur ménage (Bourget,Monique, 1902, p. 120).
Emploi pronom. Qqc.2se marque en/de qqc.3Le linge se marque en rouge (Lar. 19e).
Qqc.3marque qqc.2Non, monsieur! Votre âme brûlait du feu qui distingue les plus valeureux de ma noblesse, comme l'ordre du Saint-Esprit marque la poitrine des meilleurs serviteurs du roi (Boylesve,Leçon d'amour, 1902, p. 261):
1. L'imitation du regard de Napoléon était un léger ridicule que se permettaient alors quelques parvenus qui n'ont même pas été le billon de leur empereur. Ce regard tomba sur Birotteau (...), séide du pouvoir, élément d'élection monarchique, comme un plomb de douanier qui marque une marchandise. Balzac,C. Birotteau, 1837, p. 268.
Au passif. C'est par les mots familiers que le style mord et pénètre dans le lecteur. C'est par eux que les grandes pensées ont cours et sont présumées de bon aloi, comme l'or et l'argent marqués d'une empreinte connue (Joubert,Pensées, t. 2, 1824, p. 74).
Emploi pronom., au fig. Qqn1se marque de qqc.3Il sort de ce Collège Romain où sa génération a été formée, il y a bu ce génie des Jésuites (...). S'il a compris le danger de se marquer d'une livrée impopulaire et gênante, voulant être libre, il n'en est pas moins Jésuite (Zola,Rome, 1896, p. 290).
b) En partic.
α) [Qqc.3est un repère ou un ensemble de repères topographiques identifiant un lieu, un itinéraire]
Qqc.3marque qqc.2
Synon. de indiquer, signaler:
2. Près de Petersburg, une pierre marque l'endroit où une petite troupe de 125 personnes ont tenu en échec les premiers détachements de l'armée de Grant, et (...) ont permis aux soldats du Sud d'arriver à temps pour sauver la ville. Green,Journal, 1933, p. 177.
Synon. de délimiter.Nous parvenons (...) sur la hauteur que marque, comme un signal, un blessé effarant (Barbusse,Feu, 1916, p. 300).
Au fig.
Qqn1marque qqc.2de qqc.3Je pars résolûment, sans cacher ma trace, sans la marquer non plus de petits cailloux (Colette,Cl. s'en va, 1903, p. 317).Loc. Marquer d'une pierre blanche/d'un caillou blanc (une unité de temps). La tenir, et chercher à s'en souvenir, comme (d')une période faste où s'est produit un événement heureux. Certes le Dieu m'est ami, qui voulut Ramener sous mon toit ta tête désirée, (...) Marquons d'un caillou blanc ce jour à mon foyer (A. France,Poés., Noces, 1876, p. 170).Marquer (qqc.) d'une croix. Le signaler au moyen d'une croix. Au fig.:
3. ... ajoutez cette épouvantable proscription (...) qui (...) pour tendance, pour opinion, pour dissidence honnête avec ce gouvernement, pour une parole d'homme libre dite même avant le 2 décembre, prend, saisit, appréhende, (...) marque d'une croix sinistre toutes les têtes depuis les plus hautes jusqu'aux plus obscures. Hugo,Nap. le Pt, 1852, p. 115.
Qqn1marque qqc.2/qqn2.Synon. de prévoir, régir d'avance (un destin).Avant même que je vinsse au monde, il [mon père] avait soigneusement marqué toutes les étapes de ma vie, avec la plus géométrique des sollicitudes (Bloy,Désesp., 1886, p. 12).
Loc. [P. réf. à une plaque commémorative] Marquer sa place (dans un domaine, une discipline). Se faire un nom:
4. C'est un si beau sceptre que celui de la critique dramatique. Depuis Geoffroy, qui peut passer pour l'inventeur du genre, que d'esprits souples et exercés, ingénieux, pleins de verve, y ont marqué leur place, fait ou continué leur réputation! Reybaud,J. Paturot, 1842, p. 71.
Dans l'espace. [Qqc.3est une forme mettant en relief une autre forme matérielle] Qqc.3marque qqc.2Synon. de dessiner, rehausser.Une mince ligne rose commença à marquer les cimes (...). C'était le matin qui s'annonçait (A. Daudet,Tartarin Alpes, 1885, p. 190).
COUT. Il était grand, le visage glabre, les cheveux grisonnants, mais son habit légèrement cintré marquait une taille mince (Chardonne,Dest. sent., i, 1934, p. 42).
P. anal., dans le temps (v. aussi infra A 6)
[Qqc.3est un moment, un événement ou un énoncé datant ou repérant un changement dans un processus] Synon. de signaler.L'admirable plainte mélodieuse (...) ne doit rien perdre de son énergie expressive (...). L'espressivo marque le moment où, après la montée de sa supplication hoquetante, elle sent avec douleur l'inutilité de ses demandes, et se replie (Rolland,Beethoven, t. 1, 1937, p. 264).
Loc. Marquer le début/la fin de qqc.2 Cette date du 18 mars marque la fin des opérations de l'hiver 1914-1915 en Champagne. Ce jour-là, la flotte franco-britannique (...) essayait vainement de forcer le passage (Joffre,Mém., t. 2, 1931, p. 61).Les messes de la nouvelle foi devront se célébrer dans le sang. (...) pour que 1789 marque le début du règne de «l'humanité sainte» (...) il faut que disparaisse d'abord le souverain déchu. Le meurtre du roi-prêtre va sanctionner le nouvel âge (Camus,Homme rév., 1951, p. 149).
Marquer une date (capitale, décisive). L'évolution de la France vers la guerre crève les yeux! Et, dans cette évolution (...) l'élection d'un Poincaré à la présidence de la République marque une date décisive! (Martin du G.,Thib., Été 14, 1936, p. 134).La putréfaction ne crée pas la vie, affirme Francesco Redi, et il le démontre; et cette démonstration marque une date capitale dans l'évolution des idées biologiques (J. Rostand,Genèse vie, 1943, p.22).
Marquer un tournant dans qqc.2 L'arrêt de la Cour de Cassation marque un tournant décisif dans l'affaire Dreyfus. Quand l'immortel pamphlet de Zola eut mis la justice en chemin, ce fut pendant une année un des plus furieux combats de l'histoire (Clemenceau,Vers réparation, 1899, p. 549).
Marquer un progrès dans/de qqc.2 La plénitude de satisfaction que m'a apportée hier Alastor marque un progrès de mon intimité avec Shelley (Du Bos,Journal, 1922, p. 82).
[Qqc.3est un événement, une manifestation destiné(e) à magnifier un autre événement] Synon. de célébrer.Oh! quel coeur si mal fait n'a tressailli au bruit des cloches de son lieu natal, de ces cloches qui frémirent de joie sur son berceau (...) qui marquèrent le premier battement de son coeur (Chateaubr.,Génie, 1802, p. 420).Il semble qu'on cherchât, par un redoublement de respects extérieurs (...) à marquer fortement la haute dignité de l'hôte qu'on recevait (Renan,Vie Jésus, 1863, p.385).Saurai-je en trouver un [langage] pour marquer le mérite De l'affreuse action que ton âme médite? (Moréas,Iphigénie, 1900, p.125).
β) [Qqc.3est une impression en creux faite dans la chair de qqn2pour l'identifier] Marquer au fer rouge. Soumettre à la peine infamante de la marque. On ne marque plus aucun condamné (Littré). Plus d'un porte envie au criminel que l'on marque ou que l'on guillotine, car il usurpe une part immense de l'attention publique (Karr,Sous tilleuls, 1832, p. 194).
Au passif. À Rome, les esclaves fugitifs étaient souvent marqués au fer chaud (Lavedan1964).
Emploi pronom. passif. V. infra B 1 b b ex. de Stendhal.
P. anal. ou au fig.
[Le suj. est un événement; connotation malveillante] Qqc.1marque qqc.2(partie du corps) de qqc.3La seule ressemblance que je leur trouve [à Max Jacob et Apollinaire] est cette blessure en forme d'étoile dont la guerre de 14 sacra le chef d'Apollinaire et cette étoile jaune dont la guerre de 40 marqua la poitrine de Max Jacob (Cocteau, Poés. crit. I,1959, p. 120).
[Le suj. est Dieu, un demiurge, un homme] Qqn1marque qqn2à/de qqc.3(cf. infra B 2 a).La création tout entière appartient au poëte (...) sa plume est (...) un fer rouge (...) honte et malheur à ceux qui méritent qu'il les marque! (Dumas père, Napoléon, 1831, préf., p. 8).Napoléon qui avait couru sus les rois, les avait saisis et marqués pour jamais à l'épaule de son N ineffaçable! (Chateaubr.,Mém., t. 2, 1848, p. 564).Dieu n'est pas si injuste que de nous marquer pour un mauvais sort dans le ventre de nos mères (Sand,Pte Fad., 1849, p. 313).
c) Spécialement
BÂT. ,,Tracer des lignes sur la pierre ou sur le bois pour diriger la coupe de l'ouvrier (...). Faire sur les bois les marques ou signes conventionnels nécessaires à leur établissement`` (Chabat 1881).
BIOL. ,,Introduire un indicateur dans une molécule, un élément, un corps composé, une phase ou un système`` (Méd. Biol. t. 2 1971).
BOUCH. ,,Appliquer sur les carcasses des animaux de boucherie la marque de l'inspection vétérinaire`` (Lar. encyclop.).
COMMERCE
À l'actif. Les orfèvres portaient au bureau leurs ouvrages à marquer. D'autre part, ceux qui ne tenaient pas boutique ne pouvait se servir de leur poinçon; ils devaient le remettre aux maîtres de leur corps pour marquer leurs ouvrages (Lar. comm.1930).
Emploi pronom. passif. Les produits périssables peuvent ne pas être marqués mais sont soumis à l'obligation de l'écriteau et de l'affichage (Clém.Alim.1978).
Au passif:
5. ... on désigne sous le nom de marque, des caractères appliqués sur toutes sortes de marchandises, soit pour indiquer leur lieu de provenance, soit pour attester leur qualité, soit pour faire connaître qu'elles ont été vérifiées et qu'elles ont acquitté des droits prescrits, ou qu'elles sont conformes à certains types et qu'elles remplissent certaines conditions requises. Autrefois, il n'était presque pas de marchandises qui ne fussent marquées de la sorte. Havard1889.
ÉLEV., au passif. Les porcs et les moutons marqués de noir et de bleu avaient de l'aise dans leurs compartiments à claire-voie (Arnoux,Chiffre, 1926, p. 121).V. ferrade ex. de Lamartine.
MÉTALL., emploi pronom. Les objets de bijouterie se marquent avec diverses espèces de poinçons (Quillet1965).
MINES. Le contremaître, en carrière, marque les blocs à mesure qu'ils sont extraits; il les enregistre. L'appareilleur marque en carrière les blocs qu'il a choisis; il marque, au chantier de taille, les morceaux conformément au numérotage du calepin de pose (Noël1968).
SYLV. ,,Apposer une marque au pied ou sur le tronc d'un arbre à l'aide d'un marteau forestier ou d'une griffe, soit en vue de l'abattre (...) soit en vue de le réserver (...). Procéder à toutes appositions de marque sur des bois abattus en signe de reconnaissance du propriétaire`` (Agric. 1977). V. gemmer ex. de Pesquidoux, Chez nous, 1921, p.119.
2. [Le suj. est animé] Exprimer, faire connaître sa pensée, ses sentiments à quelqu'un. Synon. manifester, témoigner, montrer.Marquer son accord, son assentiment, sa joie, de l'hostilité, de la reconnaissance (à qqn). La pitié qu'elle me marque m'humilie comme le plus superbe témoignage de mépris qu'une femme puisse donner à un ancien amant (Sand,Jacques, 1834, p.254).Dieu me marque un éloignement dont je sens l'effet sans m'en expliquer la cause (A. France,Thaïs, 1890, p. 262).Elle en marque de l'indignation [une jument], pointa, s'enleva et fut du même train jusqu'à la Place Jeanne (Toulet,J. fille verte, 1918, p. 104).
P. méton. [Sens proche de «se caractériser par» v. infra B 2 f] MlleReceveur dont le visage marqua un véritable délire sensuel (Drieu La Roch.,Rêv. bourg., 1937, p. 174).Sa voix marquait, en prononçant ces derniers mots, un obscur mépris (Vercors,Silence mer, 1942, p. 70).
Loc. Marquer les distances. Un seul point sur lequel Guermantes et Courvoisier se rencontraient était dans l'art, infiniment varié d'ailleurs, de marquer les distances (Proust,Guermantes 2, 1921, p. 443).
3. [Le suj. est un instrument de mesure, une table, donnant une grandeur, une information chiffrée ou non] Synon. de indiquer.Le chronomètre, l'horloge, la montre marque l'heure; le thermomètre marque la température; le calendrier marque la date. Un inventeur qui a trouvé un baromètre très agréable, dont l'aiguille marque le beau temps, même quand il fait mauvais (Renard,Journal, 1906, p. 1040).
P. méton. L'océan goutte à goutte en sa clepsydre pleure; Tout Sahara, tombant grain à grain, marque l'heure Dans son effrayant sablier (Hugo,Légende, t. 5, 1877, p. 897).
4. [Le suj. est animé] Écrire quelque chose (sur/dans quelque chose) pour soi ou pour autrui.
a) [Pour soi] Synon. noter, inscrire.Marquer une adresse, un numéro de téléphone, ses dépenses (sur/dans un agenda, son carnet, son calepin). Le professeur distribua quatre heures de colle, mais oublia de les marquer (Aymé,Uranus, 1948, p.210).
Vieilli. Marquer que.Je marque que Taine n'avait pas assez de goût pour ce pays-ci (Barrès,Cahiers, t. 2, 1900, p.172):
6. Il faut donc que tout adjectif fasse sentir son rapport de concordance avec un nom exprimé ou sous-entendu: et il ne saurait jamais indiquer trop clairement à quel nom précisément il se rapporte. Il est donc utile qu'il marque les nombres, les genres, et les cas, si les substantifs les marquent. Destutt de Tr.,Idéol. 2, 1803, p. 187.
b) [Pour autrui; le support est une lettre, un livre, un ouvrage ou tout autre canal]
α) Dans le domaine épistolaire.Synon. de écrire, dire.Ils ne disent pas «écrire» [les paysans], mais «marquer». «Je lui ai marqué ça sur ma lettre». C'est bien plus exact (Renard,Journal, 1905, p. 990).
β) Dans le domaine des écrits/des paroles publiés.Synon. de exprimer, dire.Nous touchons ici à la véritable définition de l'art, et nous avons besoin d'une clarté complète: il faut donc insister et marquer avec précision ce que c'est qu'un caractère essentiel (Taine,Philos. art, t. 1, 1865, p. 33).Si l'idéal, comme Gide le marque en maints passages, est dans la transparence du monde entier, dans la clarté du regard, cette opacité précisément devient presque l'unique chose avec laquelle on ne puisse pactiser (Du Bos,Journal, 1924, p. 200).
Emploi pronom., vieilli. Synon. de se dire, s'imaginer, être prédit.L'époque de son retour ne saurait se marquer exactement (Besch.1845-46).
c) Région. (Canada). Inscrire au débit du compte d'un client. Allez-vous payer cet achat tout de suite? Non. Marquez-le donc (Bél.1957).P. ell. (de l'obj.):
7. Il revenait ensuite au comptoir de droite pour envelopper le paquet, passait du côté gauche pour le ficeler. Si c'était pour marquer, il se mettait à la recherche du crayon. M. Trudel,Vézine, Montréal, Fides, 1946, p. 189 ds Rogers 1977, p. 162.
5. LING. Distinguer le fonctionnement en discours, une valeur linguistique (morpho-sémantique) à l'aide d'un affixe. Je reste un peu gêné par «jean-foutre», dont je ne sais comment marquer le pluriel; cherche en vain dans Littré ce fort beau vilain mot, dont je voudrais connaître l'origine (Gide,Ainsi soit-il, 1951, p. 1195).
6. Dans le domaine des jeux et des sports
a) Qqn marque qqc.Inscrire, enregistrer (les points qu'on gagne durant une partie/un match). Rocambole refit ses cartes en disant: − Allons! maman, faites donc attention à votre jeu, je marque quarante d'atout (Ponson du Terr.,Rocambole, t.1, 1859, p. 559).
Au fig. Aussi les journaux anglais (...) sont-ils ici dans le même cas que dans l'affaire de Cracovie: ils marquent les points de la partie et ne jouent pas (Balzac, Œuvres div., t. 3, 1836, p.56).
Locutions
Marquer un/des point(s) (au fig.). Obtenir un/plusieurs avantages sur quelqu'un (un adversaire) (au cours d'un débat, d'une discussion, dans un différend). Dans l'attrayante évolution que subit le roman, ce fils du siècle, Son Excellence... marque encore un point, formidable (Mallarmé,Corresp., 1876, p. 107).Les hétérogénistes crient victoire. Pasteur s'est trompé, l'air suffit à faire naître la vie. La cause de la génération spontanée marque un nouveau point, et décisif, puisqu'elle peut, désormais, exciper de l'expérience même que lui opposait l'adversaire (J. Rostand,Genèse vie, 1943, p. 137).
BOXE. Marquer le coup. Montrer qu'on a été durement touché.
Au fig. Montrer qu'on a été blessé, vexé; manifester l'importance (d'un événement) par un comportement. C'était un gros homme rubicond qui mettait des lorgnons, le dimanche, pour marquer le coup (Sartre,Sursis, 1945, p. 157).
P. méton., dans les jeux de ballon.Marquer un but, un essai, un panier. Gagner un point (en plaçant le ballon à un endroit déterminé par les règles du jeu). Mais il aura fallu attendre 235 minutes exactement pour voir la Pologne marquer son premier but en Coupe du monde (Dernières nouvelles d'Alsace, 23 juin 1982, no145, sports i).
Absol. Il a réussi à marquer. En fin de première mi-temps les Écossais eurent encore deux occasions de marquer mais le score en restait là (Dernières nouvelles d'Alsace, 23 juin 1982, no145, sports i).
Au fig. Au royaume des aveugles, les borgnes marquent les essais et les transforment (Arnoux,Solde, 1958, p. 44).
b) Qqn marque qqn (dans certains jeux d'équipe).Exercer sur un joueur adverse une étroite surveillance afin de le neutraliser dans ses actions offensives. Marquer un joueur. Elle était crampon comme un arrière qui vous «marque» au foot, qu'on retrouve tout le temps devant soi (Montherl.,Lépreuses, 1939, p. 1516).
7. Dans le domaine de la durée (v. aussi supra I A 1 b).Rendre repérable qqc.2(un rythme, une cadence, un moment, un son) au moyen de qqc.3(mouvement du corps, main, pied, variation de voix, outil ad hoc).
a) Qqn1/qqc.1marque qqc.2(avec/de/par qqc.3).Synon. de scander, rythmer.Quand le coeur est malade, il faut bien que tout le reste s'en ressente, puisque c'est lui qui marque notre existence (Kock,Ficheclaque, 1867, p. 138).De la main, il marque la cadence, et détache les hémistiches (Martin du G.,Devenir, 1909, p. 63).Il tâcha de se mettre sur son séant, afin qu'on le vît bien de tout l'orchestre, marquant la mesure, avec ses grands bras (Rolland,J.-Chr., Nouv. journée, 1912, p.1590).
Au passif. Le grelet commença à sautiller avec tant d'orgueil et de prestesse, que jamais bourrée ne fut mieux marquée ni mieux enlevée (Sand,Pte Fad., 1849, p. 130).Puis la voix s'arrête et l'on n'entend plus que la cadence marquée par les auditeurs, avec le plat de la main (T'Serstevens,Itinér. esp., 1933, p. 168).
Locutions
Marquer le pas
Conserver la cadence du pas sans avancer. Au milieu d'eux [des hommes] marque le pas une femme, le fusil sur l'épaule. Derrière, suivent deux voitures pleines de fusils (Goncourt,Journal, 1871, p. 786):
8. Nul militaire ne marque si martialement le pas, ne se saoule plus belliqueusement des sonneries et des fanfares que celui qui n'ira jamais à la guerre... Arnoux,Double chance, 1958, p. 188.
Au fig. ,,Cesser de progresser, s'arrêter dans un processus, une évolution`` (Rey-Chantr. Expr. 1979).
Scander (un pas de danse). Il ne s'en tirait pas trop bien; mais la Madelon, qui lui témoignait beaucoup d'égards, le prenait par la main, en vis-à-vis, pour l'aider à marquer le pas (Sand,Pte Fad., 1849, p. 107).
Marquer ses mots (en s'aidant de gestes). Scander. À moins, ajouta-t-elle, en marquant un peu ses mots: à moins qu'Alexandre ne ramène les dames de Charité (Toulet,J. fille verte, 1918, p. 18).Deed se tut et Marcelle sembla parler avec une force désespérée, une attitude raidie, marquant ses mots d'un poing fermé, frappant le vide (Chardonne,Dest. sent., i, 1934, p.206).
Marquer l'accent. Faire ressortir, souligner l'accent (que porte un mot, une syllabe). Et, marquant avec force l'accent tonique, il déchiffra le texte latin (A. France,Orme, 1897, p. 40).
Marquer un temps. Faire une pause. Il attendit pendant un moment, comme un acteur qui marque un temps (Balzac,Cous. Bette, 1846, p. 14).
Marquer un recul. Faire quelques pas en arrière. Derrière Hélène, Suzanne distingue les silhouettes de deux hommes. Suzanne marque un léger recul (Sartre,Engrenage, 1948, p. 82).
Marquer un arrêt*.
Marquer l'arrêt, le stop. S'arrêter (pour un véhicule automobile). Le stop qui comporte à la fois un triangle et un cercle, cumule deux choses: Danger et obligation de marquer l'arrêt: interdiction absolue de passer sans s'arrêter totalement (Codoroute, Lyon, Millard, s.d., p. 14).
b) Qqc.3marque qqc.2Il la trouvait [la rime] (...) bonne seulement à satisfaire des oreilles incultes en marquant pesamment la cadence (A. France,Vie fleur, 1922, p. 450).Un jeune homme se leva, erra nonchalamment à travers les pièces et par la porte ouverte du salon on entendit un air de danse au gramophone. Les pieds soudain agités se mirent à marquer le rythme (Chardonne,Dest. sent., iii, 1936, p. 167).
B. − [Le résultat du processus est vu comme une empreinte, une trace, qui n'est qu'éventuellement et secondairement révélatrice]
1. [La trace laissée est concrète, immédiatement perceptible: creux, tache]
a) [Qqc.2désigne un objet matériel] Qqn1/qqc.1marque qqc.3dans/sur qqc.2Laisser la trace, l'empreinte matérielle de qqc.3dans/sur qqc.2; laisser qqc.3(une trace, une empreinte matérielle) sur/dans qqc.2 Marquer ses pas sur le sable, dans la neige. Jeanne les touchait [ces choses poudreuses], les retournait, marquant ses doigts dans la poussière accumulée (Maupass.,Une Vie, 1883, p. 233).
P. métaph. Apparaître comme. On rencontrait quelque négrillon bien noir, qui dormait le ventre au soleil; tout nu (...) et marquait une tache foncée au milieu de toute cette uniformité de lumière (Loti,Spahi, 1881, p. 286).
Qqc.3marque qqc.2Chaque projectile a sa façon de marquer un rempart, et tous avaient laissé à ce donjon leur balafre (Hugo,Quatre-vingt-treize, 1874, p. 74).
Emploi pronom. Qqc.2se marque de qqc.3Elle demeurait sous la pluie (...). Sa robe ruisselante se marquait, aux épaules et aux bras de larges taches noires (Zola,Joie de vivre, 1884, p. 910).
b) En partic. [Qqc.2désigne le visage, une partie du corps de qqn2; la trace laissée est une blessure, une brûlure, une mâchure, une déformation]
α) Qqn1marque qqc.3sur qqn2/qqc.2Laisser des traces sur qqn2ou sur une partie de son corps; laisser sur quelqu'un ou sur une partie de son corps la trace de qqc.3 Une [femme], les quatre fers en l'air, couverte de sang, avec un X sur la figure qu'on venait de lui marquer en deux coups de couteau (Mérimée,Carmen,1847, p. 32).Faut-il le gifler? Marquer sur ses deux joues mes doigts encore humides d'une eau carminée? (Colette,Vagab., 1910, p. 25).
P. métaph. Qqn1marque qqn2(une femme en la possédant).Et, maître, si je t'ai toujours aimé, du plus loin de ma jeunesse, c'est, je crois bien, la nuit terrible, que tu m'as marquée et faite tienne (Zola,Dr Pascal, 1893, p. 336).
Qqc.3marque qqn2.Pourquoi meurtrir ainsi ces épaules de soie, Et cette peau d'enfant que le fer marque et broie (Lamart.,Chute, 1838, p. 838).
Emploi pronom. réfl. Qqn1se marque (avec qqc.3).Se marquer les bras avec des tatouages (Lar. 19e):
9. ... la femme qui aime se marque toujours elle-même. Venez, messieurs, entrez et marquez, marquez la duchesse de Langeais. Elle est à jamais à Monsieur de Montriveau. Entrez vite, et tous, mon front brûle plus que votre fer. Balzac,Langeais, 1834, p. 303.
β) [Qqc.1désigne un événement, une destinée, l'âge, une émotion...] Qqc.1marque qqc.2/qqn2(au visage).Soixante ans t'ont marqué au front d'un signe de dégoût (Chênedollé,Journal, 1833, p. 169).La corruption ne t'a pas marquée au visage comme ta soeur maudite des boulevards de Paris (Bourget,Ét. angl., 1888, p. 327).
Au passif. Cette expression (...) lui faisait paraître ce beau visage encore plus beau, marqué de tous les dévouements, de tous les sacrifices (A. Daudet,Rois en exil, 1879, p. 214).
Emploi pronom.
Qqc.1se marque (chez qqn2) (par telle trace).On demeure convaincu que ce qui est vu est la chose même, comme si la sensation n'était rien et l'objet tout. Inconséquence constante qui se marque aux plus menus détails de la vie (Blondel,Action, 1893, p. 46).
Absol. M. de La Rue, au moment de retourner en France, lui dit [au duc de Reichstadt] un autre jour tout naturellement qu'il était prêt à prendre ses ordres pour Paris. Mais ici la méfiance, déjà propre à cette jeune nature, se marqua à l'instant; sa physionomie se ferma (Sainte-Beuve,Caus. lundi, t. 6, 1851-62, p. 56).
Qqc.2se marque.Synon. de s'accentuer, se creuser.Ses traits s'étaient marqués, ils avaient plus d'esprit et moins de jeunesse (Stendhal,Chartreuse, 1839, p. 406).
P. méton. Sa ressemblance avec son père se marquait davantage, tandis qu'il gardait dans ses yeux d'un bleu gris le regard de sa mère (Bourget,Tapin, Enf. morte, 1928, p. 72).
2. Au fig. [La trace laissée est plutôt abstraite: influence sur les idées, les souvenirs, les façons d'être et de penser]
a) [Qqn1est une pers. ou un attribut de la pers.]
α) Qqn1marque qqn2/qqc.2à/avec/de qqc.3Quand une forme nouvelle doit s'affirmer, il se produit un homme à la main puissante, qui met en lois les tâtonnements de ses devanciers, qui ramasse et marque à son empreinte toutes les idées flottantes de son époque. C'est ce rôle-là que Victor Hugo a joué (Zola,Doc. littér., Hugo, 1881, p. 44).Des hommes et des sociétés se sont succédé là; des conquérants ont marqué ce pays avec leur civilisation de sous-officiers (Camus,Noces, 1938, p. 39).
[Avec ell. de qqc.3] On n'en finit jamais avec la famille, c'est comme la petite vérole, ça vous prend quand on est gosse et ça vous marque pour la vie (Sartre,Âge de raison, 1945, p. 11).Il me confesse, en s'excusant beaucoup, que l'auteur français qui l'a le plus marqué est Charles Maurras (Mauriac,Bloc-notes, 1958, p.41).
Loc. Marquer qqn2à sa griffe. [Sens proche de supra A 1 b b] Quelques approches un peu vives, une heure ou deux de pressant flirtage, assez pour marquer la femme à sa griffe sans l'humilier (A. Daudet,Immortel, 1888, p. 129).
β) Qqn1marque dans/sur qqc.2qqc.3(son influence).Sa personnalité [de Louis Le Nain] y marque [dans ce tableau] une si forte empreinte qu'elle semble exclure toute hypothèse de collaboration, de l'archaïque et minutieux Antoine aussi bien que de l'élégant Mathieu (Jamot,Les Le Nain, 1929, p.55).
b) Qqc.1marque qqn2/qqc.2à/de qqc.3(une empreinte).De là l'originalité échappe aux gens de métier ce retour de moyens prétendus savants (...) qui, par la répétition de banalités convenues, déparent certains chefs-d'oeuvre et les marquent promptement d'un cachet de décrépitude (Delacroix,Journal, 1854, p.156).
[Avec ell. de qqc.3] Ce crime d'Adam, nous en sommes tous marqués, parce que nous l'avons tous commis en Adam (Green,Journal, 1956, p. 238).
Loc., au passif. Être marqué au coin de. V. coin1B.
c) Qqc.3marque qqc.2(comportement de qqn2).On le voyait tressaillir [le visage de Lise], se fermer (...). Cette attention un peu sombre accentuait ses traits et suffisait, malgré le petit nombre de ses cheveux gris, à bien marquer son âge (Lacretelle,Hts ponts, t. 3, 1935, p. 10).
d) Qqc.1marque qqc.3(une trace).Synon. de laisser.Le meurtre d'un esprit ne marque guère de traces et nulle traînée rouge n'indique la route de son agonie (Arnoux,Paris, 1939, p. 135).
e) Qqc.3marque qqc.1Être une marque caractéristique, révélatrice (de l'influence) de. Synon. trahir, révéler, traduire, manifester.Cette maxime ou devise [«miracle n'est pas oeuvre»] marque un refus, une volonté opiniâtre, et même une certaine étroitesse rationaliste, je le reconnais (Duhamel,Notaire Havre, 1933, p. 24).Le vêtement surtout (et le ton qu'il entraîne) marque les époques. On portait encore un costume de visite [du temps de Boni de Castellane] et on avait un tour d'esprit un peu mordant et anecdotique, tout à fait extérieur, et qui était un esprit de visite (Chardonne,Femmes, 1961, p. 17):
10. Ce qui est incroyable, et marque bien le doigt de Dieu, c'est que, dans l'étroit chemin taillé dans le roc, et qui passe encore contre le mur du couvent des Capucins, Jules et sa maîtresse, déguisés en moines, rencontrèrent le seigneur de Campireali et son fils Fabio, (...) suivis de quatre domestiques bien armés, et précédés d'un page portant une torche allumée... Stendhal,Abbesse Castro, 1839, p. 169.
f) Emploi pronom.
Qqc.2se marque par qqc.3Synon. de se caractériser (supra c).Son expression [de Volney], exempte de toute phrase et sobre de couleur, se marque par une singulière propriété et une rigueur parfaite (Sainte-Beuve,Caus. lundi, t. 7, 1851-62, p.395).
Qqc.1se marque dans/par qqc.2Synon. de se manifester.Toujours au bout de quelques siècles, ce désaccord [entre les facultés des peuples latins et le train courant du monde] se marque dans leur civilisation (Taine,Philos. art, t. 1, 1865, p.235):
11. Il me semble qu'une espèce de gravité, un «poids d'expérience» se marque dans ses regards, dans sa démarche, − et cela lui vient des sentiments et notions produits en elle par ce retour à Valbois, à sa vie de Valbois «autrefois»... Larbaud,Journal, 1934, p. 305.
II. − Emploi intrans. [Correspond à marque1ii] Laisser une marque tangible, une trace, une impression durable.
A. − [Le suj. désigne un inanimé concr.] Qqc. marque.Un composteur qui marque; un tampon qui ne marque plus; une étoffe sur laquelle les doigts marquent. Il a un visage sensible et impénétrable, où tout marque, mais en ombres et en clairs seulement (Colette,Entrave, 1913, p. 72).Je les traçais à la mine de plomb, en mouillant excessivement mon crayon pour le faire marquer (A. France,Pt Pierre, 1918, p. 36).Il se méfiait des terres meubles où le pied marque, (...) recherchait aussi les routes dures, où l'on file raide à l'occasion et dont l'empierrement de silex ne garde point d'empreintes durables (Genevoix,Raboliot, 1925, p. 54).
Au fig. Laisser un souvenir durable. Sans doute la collaboration a fourni des ouvrages de valeur, (...) mais combien a-t-elle produit d'oeuvres vraiment fortes, longuement conçues, de celles qui marquent dans une littérature? (A. Daudet,Crit. dram., 1897, p. 179).
P. méton. Un de ceux qui, plus tard, marquèrent le plus, fut Pigal (Baudel.,Curios. esthét., 1857, p. 184).
Spécialement
[À propos d'un cadran solaire] ,,Ce cadran solaire marque encore, ne marque plus`` (Ac. 1835-1935). ,,Le soleil y donne encore, n'y donne plus`` (Ac. 1835-1935).
SPORTS (boxe). Coup qui marque. Coup qui porte. P. anal. [À propos d'une blessure] Une de ces blessures d'enfance qui marquent toute la vie sur l'épiderme tendre (A. Daudet,Rois en exil, 1879, p. 54).Au fig. Coup qui marque. Coup (événement) qui a un effet important.
P. anal. Avoir de l'effet:
12. La flamme montait contenue dans un songe (...). Je ne luttais pas contre moi-même, ni contre personne. Simplement, un monde intérieur ne communiquait pas avec le dehors. Le mur qui séparait ces deux univers n'était pas un vestige de l'éducation de mes ancêtres (ils m'ont plutôt légué leurs feux), et celle que j'ai reçue a marqué bien plus tard. Chardonne,Attach., 1943, p. 43.
[À propos d'une date] Le printemps de 1902 marqua douloureusement dans ma vie (...). Ce fut un drame intérieur en trois actes et en trois ans (Jammes,Mém., t. 3, 1923, p. 148).
[Dans un cont. métaph.] :
13. Nous marchons dans le temps Et nos corps éclatants Ont des pas ineffables Qui marquent dans les fables... Valéry,Charmes, 1922, p.118.
Loc. fig.
Marquer mal/bien (fam., vieilli). Être de mauvais goût, de bon ton. Le vicomte avait eu beau affirmer à madame d'Émeryllon que la botte de fleurs posée sur le rebord de la loge «marquait très mal», elle n'avait rien voulu savoir (Gyp,Mar. civil, 1892, p.160).Le maître de l'établissement, officier d'Académie (...) et, ce qui à cette époque marquait bien, capitaine dans la garde nationale (Verlaine, Œuvres compl., t. 5, Confess., 1895, p.43).
Marquer trop. Être trop visible, trop remarquable. Cela marquerait trop. ,,Cela serait trop remarqué. Cela décèlerait trop l'intention qu'il faut cacher`` (Ac. 1835-1935).
B. − [Le suj. désigne un animé; correspond à marquantII] Qqn marque.Compter, avoir de l'importance (en raison de l'éminence, de la position sociale, hiérarchique). Eh bien, vous êtes belle, vous êtes persuasive, vous êtes un être privilégié; peut-être marquerez-vous dans la vie de don Juan (Sand,Lélia, 1839, p.515).Mrs Maitland (...) n'eut plus, une fois veuve, qu'une seule idée (...) s'en aller. Où? En Europe, lieu vague et fascinateur, où elle s'imaginait devoir marquer par son esprit et sa beauté (Bourget,Cosmopolis, 1893, p.207).Ayant épousé mademoiselle Thérèse Montessuy, dont la dot vint soutenir sa fortune politique, il marqua discrètement parmi ces quatre ou cinq bourgeois titrés et riches (A. France,Lys rouge, 1894, p.43).
En partic. Marquer mal/bien. Avoir un aspect qui fait mauvaise, bonne impression. Comment était-il? (...) Avait-il l'air heureux (...)? − Oh! répondit le matelot, il marquait bien encore, malgré ses cheveux gris (Loti,Ramuntcho, 1897, p.109).C'est alors seulement, étendant les jambes, que je remarquai que mes souliers étaient déchirés et sales et que je me rendis compte combien je marquais mal. Mais tout m'était égal. J'avais une furieuse envie de roupiller (Cendrars,Bourlinguer, 1948, p.76).
Spéc. Ce cheval marque encore. Les creux de ses dents paraissent encore et indiquent qu'il n'a pas plus de 8 ans. (Dict. xixeet xxes.).
Prononc. et Orth.: [mɑ ʀke], (il) marque [maʀk]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. A. Verbe trans. 1. a) 1456 «rendre reconnaissable une chose au moyen d'une marque» (Arch. Nord B. 1686 fol. 69, v. ex. s.v. marque1); b) α) 1530 «remarquer, apercevoir quelque chose» (Palsgr. d'apr. FEW t. 16, p.552b); β) 1892 «empêcher [un adversaire] d'agir» (Les Sports athlétiques, no101, 5 mars, 15a ds Bäcker 1975, p.269); 2. a) 1531 «faire ou laisser une marque visible sur une chose» (Est., s.v. imprimo: en pressant ou foullant marquer quelque chose et former); b) 1669 «signaler par des traces» (Racine, Britannicus, IV, 2: il a marqué son passage par des ruines); 3. a) α) 1531 «inscrire, noter» (Est., s.v. consignare: marquer en lettres, escrire ou signifier par lettres); β) 1549 marquer ung bon jour «chose qu'on doit noter comme digne de mémoire» (Est.); 1557 marquer un jour de craye blanche (O. de Magny, Souspirs, éd. Courbet, p.87); b) α) 1690 marquer son jeu, les points «noter, enregistrer les points obtenus au cours d'une partie» (Fur.); 1900 marquer absol. «réussir un but» (L'Auto-vélo, 22 oct. ds Petiot); 1876 fig. marquer un point (Mallarmé, Corresp., p.107); β) marquer le coup 1866 arg. «trinquer» (Delvau, p.244); 1919 «souligner l'importance que l'on attache à quelque chose par une manifestation quelconque» (Dorgelès, Croix de bois, p.302); 4. a) 1580 «signaler au moyen de marques, de repères» (Palissy, Discours admirables de la nature des eaux et fontaines, éd. P.-A. Cap., p.338: [il] marqua l'endroit où il avoit mis ladite terre); b) 1756 «fournir une indication (en parlant d'un instrument de mesure)» (Voltaire, Essay sur l'histoire générale et sur les moeurs, CXLVIII ds Rob., s.v. gnomon); 5. a) 1669 «souligner, accentuer, rendre plus apparent» (Boileau, Art poétique, Chant I, éd. F. Escal, p.161); b) α) 1741 mus. «accentuer, ponctuer» (Corette, Méthode de violoncelle, p.6); β) 1812 marquer le pas (Mozin-Biber); c) 1762 marquer la taille (Rousseau, Émile ds Œuvres, éd. B. Gagnebin, t. 4, p.705). B. 1. a) 1553 «fixer, déterminer un lieu, une époque, où une chose se fera» (La Bible, impr. J. Gérard, 4, Esdr. 6, 20 d'apr. FEW t. 16, p.552b); b) 1607 «indiquer, spécifier par oral, ou par écrit» (H. d'Urfé, L'Astrée, fol. 17 vo); 2. a) 1646 «faire connaître, extérioriser un sentiment, une pensée» (Retz, Mémoires ds Œuvres, éd. A. Feillet, t.1, p.274); b) av. 1662 «faire connaître, montrer, révéler... par quelque signe» (Pascal, Pensées ds Œuvres, éd. L. Lafuma, 1963, § 392, p.548); 3. a) 1663 «représenter, dépeindre» (Molière, Bourgeois gentilhomme, III, 9); b) 1670 «exprimer, rendre» (Id., Impromptu de Versailles, I). II. Verbe intrans. 1. a) 1640 ne plus marquer «commencer à vieillir» (Oudin Curiositez, p.333); b) 1694 marquer bien (Ac.); 2. a) 1690 [éd.] «faire une impression assez forte pour laisser un souvenir durable» (La Bruyère, Les Caractères ds Œuvres, éd. G. Servois, t. 3/1, p.26); b) 1787 «id. (en parlant de choses)» (Fér. Crit. t. 2, p.614 [avec cit. d'aut.]: catalogue des Livres qui marquent le plus [qui sont les plus remarquables]); 3. 1694 «fournir une indication (en parlant d'un instrument de mesure)» (Ac.); 4. 1762 «faire une marque, laisser une trace» (Rousseau, Émile, p.630). III. Part. passé 1. a) α) 1538 marqué comme d'un fer chaud (Est., s.v. compunctus); β) 1690 être marqué sur le livre rouge «être noté pour quelque faute» (Fur.); b) 1640 enfant marqué (Oudin Curiositez, p.333); 2. a) α) 1636 «qui est inscrit, noté» (Corneille, Epitre de l'Illusion, éd. Ch. Marty-Laveaux, t. 2, p.431); β) 1679 au fig. «gravé» (Mme de Sévigné, Lettre du 27 sept. ds Corresp., éd. R. Duchêne, t. 2, p.688); b) 1661 «qui est fortement accentué» (Molière, Don Garcie, I, 1); 3. 1961 ling. marqué/non-marqué (Vachek). IV. Part. prés. 1. 1721 carte marquante (Trév.); 2. 1762 «qui marque, qui se fait remarquer (d'une personne, d'une chose)» (Ac.); 3. 1959 ling. subst. (Tesn., p.36). Var. de l'anc. verbe agn., norm. puis pic. merchier «faire une marque (sur un objet) pour le distinguer d'un autre» (1121-34, Philippe de Thaon, Bestiaire, 1994 ds T.-L.; encore en usage jusqu'au xvies., cf. FEW t. 16, p.550b); dér. du subst. merc (v. marque). La forme avec a est prob. due à l'infl. de marcher* au sens de «fouler aux pieds, presser» ou peut-être aussi à l'infl. de l'ital. marcare «marquer» (xiiies. ds Batt.), dér. de marca «marque» qui remonte au germ. *marka «id.»; cf. all. Marke «id.» et dont le prototype est à la base du verbe germ. *markôn. Comme terme de sports marquer est empr. à l'angl. to mark (le sens de «empêcher (un adversaire) d'agir» est déjà att. en 1887, en angl.; v. NED). Fréq. abs. littér.: 3 817. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 3996, b) 3746; xxes.: a) 5378, b) 7576.
DÉR.
Marquoir, subst. masc.,technol. Instrument, outil servant à marquer. a) Vieilli. Règle à l'usage des tailleurs et couturières. (Dict. xixeet xxes.). b) Modèle servant à marquer le linge (exécuté sur un canevas) (Dict. xixeet xxes.). [maʀkwa:ʀ]. 1resattest. a) 1771 «outil des tailleurs» (Encyclop., t. 30, Tailleur d'habits, pl. 3, 8), b) 1832 «modèle alphabétique pour marquer le linge» (Raymond); de marquer, suff. -oir*.
COMP. Marque-mal, subst. masc. a) Rare. Personne qui fait mauvaise impression. Quelque marque-mal se disant proche parent de la mamma venait me demander un secours (Larbaud, Barnabooth, 1913, p.211). b) Typogr. Le marque-mal, en typographie, est le manouvrier qui, par manque de capacités spécialisées ou à cause de sa mauvaise touche, reçoit les feuilles de la machine (Chautard 1937). [maʀkəmal]. Plur. inv. 1resattest. a) 1874 typogr. (d'apr. Esn.), b) 1881 «individu contrefait» (Fustier, Suppl. dict. Delvau); substantivation de la loc. marquer mal «se faire remarquer sous de mauvais rapports» (Larch. 1872), de marquer et de mal*, déjà mal marqué «mauvais, méchant, vicieux, qui fait mauvaise impression» en 1611 (Cotgr.).

Wiktionnaire

Verbe

marquer \maʁ.ke\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Distinguer une chose d’une autre au moyen d’une marque.
    • Avant d'exploiter une coupe, on a dû marquer les arbres que l'on veut réserver, tant dans le taillis que dans la futaie ; cette marque se fait ordinairement au pied de l'arbre à l'aide d'un marteau. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 161)
    • Comme à Rome, un milliaire d’or marquait à Lyon le centre des quatre principales voies de la Gaule : […]. — (Auguste Bleton, Petite histoire populaire de Lyon, Lyon : chez Ch. Palud, 1885, p.30)
    • Marquer des serviettes, des draps, des moutons, des chevaux.
  2. (Histoire) (Spécialement) Imprimer, avec un fer chaud, un signe flétrissant sur l’épaule de l’homme qui est condamné à cette peine.
  3. Faire une marque, une impression sur quelque partie du corps, par contusion, blessure, brûlure, etc.
    • Il a reçu un coup de pierre qui lui a marqué le front, qui l’a marqué au front.
    • Être marqué de petite vérole, Avoir sur le corps et principalement au visage des marques de petite vérole.
  4. (Intransitif) Qui a tendance à garder une trace, une empreinte des contacts reçus.
    • C'est un bois très agréable et facile à travailler. Seul défaut peut-être, c'est un bois fragile, tendre, qui marque au moindre coup. — (Le red cedar, Maison en Bois Massif, 4 novembre 2012 → lire en ligne)
  5. (Généralement) Dénoter, indiquer ou signaler en laissant des traces.
    • La commune de La Chapelle-Heulin se situe au cœur du vignoble nantais, au sud-est du département de la Loire-Atlantique. Son territoire, d'une superficie de 1347 hectares, est fortement marqué par les activités viticoles qui en occupent environ la moitié. — (‎Petit Futé Loire-Atlantique 2015, p.180)
    • Le torrent a marqué son passage par un grand dégât.
    • (Figuré) Le commencement de son règne fut marqué par des proscriptions. — De grands malheurs ont marqué la fin de sa vie.
    • Il a marqué sa place parmi les grands écrivains. — Sa taille, sa bonne mine marquent bien ce qu’il est.
  6. Indiquer ; montrer.
    • Son œil s'attarde pourtant sur la jauge d’essence. Impitoyable, l’aiguille marque zéro. Par quel miracle, le réservoir où Mr. Smith a versé de ses mains, au moment du départ, soixante-dix litres de supercarburant, a-t-il pu se vider subitement ? — (Serge Dalens, La tache de vin, Éditions Fleurus, 2012, p 189)
  7. Mettre une marque pour se souvenir ou faire souvenir.
    • Marquer dans un livre l’endroit où l’on a cessé de lire.
    • Je lui ai marqué ce passage au crayon.
    • Marquer les points qu’on gagne à divers jeux.
  8. (Par extension) (Jeux) Avoir sur l'adversaire l’avantage d’un nombre quelconque de points, d’après le calcul des points obtenus de part et d’autre dans les deux coups qui font le pari.
    • Le camp qui réussi treize levées marque, en plus des tricks que lui valent ces levées, 40 points pour ce grand chelem dans la colonne des honneurs. — (Frans Gerver, Le guide Marabout de Tous les Jeux de Cartes, Verviers : Gérard & C°, 1966, page 101)
    • (Absolument) Il a presque toujours marqué dans cette partie.
  9. (Vieilli) Mander, indiquer, faire connaître, soit oralement, soit par écrit.
    • Marquer à quelqu’un ce qu’il doit faire.
    • Je lui ai marqué expressément qu’il eût à faire telle chose.
    • Ce que vous m’avez marqué dans votre lettre, par votre lettre, m’a fait grand plaisir.
    • Marquer à quelqu’un sa reconnaissance, son amitié, sa tendresse, son estime, son affection, son respect, son attention, sa bonne volonté.
    • Marquer du respect, de l’estime, de l’amitié pour quelqu’un.
    • Je lui ai marqué mon mécontentement, mon indignation.
  10. (Québec) Inscrire, écrire.
  11. (Figuré)
    • Ouvrage marqué au bon coin, Ouvrage bien fait.
    • Avoir les traits marqués, Avoir les traits du visage prononcés.
  12. (Sport) Établir ou améliorer un score.
    • Marquer un but.


marquer intransitif

  1. Indiquer l'heure en parlant d'un cadran solaire.
    • Ce cadran solaire marque encore, ne marque plus.
  2. (Familier) être remarqué.
    • Chez les métallurgistes, les grèves politiques l’emportent sur les grèves économiques pendant toute l'année 1905, encore qu'au début cette prédominance ait été beaucoup moins marquée qu'à la fin de l'année. — (Lénine, Rapport sur la Révolution de 1905, traduit du russe d'après le n° 18 de la Pravda du 22 janvier 1925, Moscou : Éditions du Progrès, 1966, p. 35)
    • Cela marquerait trop,
  3. (Familier) Indiquer l’intention qu’il faudrait cacher.
  4. (Vieilli) Se faire remarquer
    • Cet homme ne marque point.
  5. Attirer l’attention.
    • On ne trouve rien qui marque dans cet ouvrage.
  6. Faire une impression bonne, mais surtout mauvaise.
    • Marquer mal
    • Marquer bien.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MARQUER. v. tr.
Distinguer une chose d'une autre au moyen d'une marque. Marquer des arbres. Marquer des serviettes, des draps. Marquer des moutons, des chevaux. Il signifiait particulièrement Imprimer, avec un fer chaud, un signe flétrissant sur l'épaule de l'homme qui est condamné à cette peine. Il signifie aussi Faire une marque, une impression sur quelque partie du corps, par contusion, blessure, brûlure, etc. Il a reçu un coup de pierre qui lui a marqué le front, qui l'a marqué au front. Être marqué de petite vérole, Avoir sur le corps et principalement au visage des marques de petite vérole. Il signifie encore, d'une façon générale, Dénoter, indiquer, signaler en laissant des traces. Le torrent a marqué son passage par un grand dégât. Fig., Le commencement de son règne fut marqué par des proscriptions. De grands malheurs ont marqué la fin de sa vie. Il a marqué sa place parmi les grands écrivains. Dieu avait marqué le jour de leur chute. Sa taille, sa bonne mine marquent bien ce qu'il est. Il signifie aussi Mettre une marque pour se souvenir ou faire souvenir. Marquer dans un livre l'endroit où l'on a cessé de lire. Je lui ai marqué ce passage au crayon. Marquer les points qu'on gagne à divers jeux. Marquer quelqu'un au piquet, au trictrac, etc., Avoir sur lui l'avantage d'un nombre quelconque de points, d'après le calcul des points obtenus de part et d'autre dans les deux coups qui font le pari. Je vous marque de dix points. On dit aussi absolument Marquer. Il a presque toujours marqué dans cette partie. Il signifie encore Mander, indiquer, faire connaître, soit oralement, soit par écrit. Marquer à quelqu'un ce qu'il doit faire. Je lui ai marqué expressément qu'il eût à faire telle chose. Ce que vous m'avez marqué dans votre lettre, par votre lettre, m'a fait grand plaisir. En ce sens il vieillit. On dit encore, dans le même sens : Marquer à quelqu'un sa reconnaissance, son amitié, sa tendresse, son estime, son affection, son respect, son attention, sa bonne volonté. Marquer du respect, de l'estime, de l'amitié pour quelqu'un. Je lui ai marqué mon mécontentement, mon indignation. Fig., Ouvrage marqué au bon coin, Ouvrage bien fait. Avoir les traits marqués, Avoir les traits du visage prononcés.

MARQUER s'emploie intransitivement dans les acceptions suivantes. Ainsi on dit : Ce cadran solaire marque encore, ne marque plus, Le soleil y donne encore, n'y donne plus. Fam., Cela marquerait trop, Cela serait trop remarqué; et, dans un autre sens, Cela décèlerait trop l'intention qu'il faut cacher. Cet homme ne marque point, Il ne se fait pas remarquer. On ne trouve rien qui marque dans cet ouvrage, Rien n'y attire particulièrement l'attention. Marquer mal, Avoir un aspect qui fait mauvaise impression. On dit aussi, mais plus rarement, Marquer bien. Le participe passé

MARQUÉ, ÉE, s'emploie adjectivement pour signifier Qui frappe la vue, l'attention, qui se fait remarquer. Avoir pour quelqu'un des attentions marquées. Avoir un goût marqué pour une personne, pour la poésie, pour la musique, pour la raillerie. Il y a là une intention marquée de vous froisser.

Littré (1872-1877)

MARQUER (mar-ké), je marquais, nous marquions, vous marquiez ; que je marque, que nous marquions, que vous marquiez v. a.
  • 1Distinguer, faire connaître par une marque. Marquer de la vaisselle, des serviettes. Marquer des moutons, des chevaux. On ne marque pas ses enfants sur leur corps ; on n'y marque que les esclaves, comme une espèce d'animaux nés pour servir, Bossuet, Elévat. sur myst. VIII, 9.

    Absolument. La petite fille était délicate et vaine ; elle n'entendait point que son linge servît à ses sœurs, on le marquait, on ne voulut plus le marquer ; il fallut apprendre à marquer elle-même, Rousseau, Ém. V.

    Fig. Dieu, déployant sur lui sa vengeance sévère, Marqua ce roi mourant du sceau de sa colère, Voltaire, Henr. III.

    Fig. et familièrement. Marquer quelqu'un à l'encre rouge, conserver un mauvais souvenir de quelqu'un et des projets de vengeance contre lui.

  • 2Marquer des arbres, y imprimer l'empreinte du martelage. On est dans l'usage de marquer avec un gros marteau, portant empreinte des armes du roi ou des seigneurs particuliers, tous les arbres que l'on veut réserver, Buffon, Hist. nat. Introd. part. expér. Œuvres, t. VIII, p. 429.

    Terme de menuiserie. Tirer des lignes sur une planche pour que l'ouvrier la coupe suivant le trait.

    Terme de marine. Marquer une ligne de sonde ou de loch, y fixer à des distances convenables des bouts de toron portant des nœuds.

    Terme militaire. Marquer le camp, le logement, les portes, indiquer la place où il faut asseoir le camp, les logements qu'on doit occuper, les portes utiles à garder.

  • 3Faire subir la peine de la marque. On ne marque plus aucun condamné.
  • 4Faire une impression sur quelque partie du corps, par contusion, blessure, brûlure, etc. Il a reçu un coup de pierre qui lui a marqué le front.
  • 5Laisser des traces, des vestiges. Le torrent a marqué son passage par un grand dégât.

    Fig. Le commencement de son règne fut marqué par des proscriptions. J'ai senti douloureusement le 24 de ce mois [anniversaire du jour de la séparation de la mère et de la fille] ; je l'ai marqué, ma très chère, par un souvenir trop tendre, Sévigné, 28 mai 1676. Que ces deux principaux moments de la grâce ont été bien marqués par les merveilles que Dieu a faites pour le salut éternel de Henriette d'Angleterre ! Bossuet, Duch d'Orl. Silanus, qu'il [Claude] aimait, s'en vit abandonné, Et marqua de son sang ce jour infortuné, Racine, Brit. IV, 2. Ta fureur [à toi Néron]… D'un sang toujours nouveau marquera tous tes jours, Racine, ib. V, 6. Vous qui depuis cinq ans insultez à mes larmes, Qui marquez sans pitié mes jours par mes alarmes, Voltaire, Mariane, IV, 4. Au sein de cette prospérité passagère se préparait de loin la catastrophe qui devait en marquer la fin, Rousseau, Confess. X. Mille morts marqueront cette affreuse journée, Lemercier, Agamemn. IV, 6.

  • 6Mettre une marque pour se souvenir. Marquer dans un livre l'endroit où l'on a cessé de lire. Voyez les lignes que j'ai marquées avec du crayon, Pascal, Prov. IV.
  • 7Marquer son jeu, marquer les points qu'on gagne.

    Absolument. Je marque, j'ai gagné.

    Marquer quelqu'un au piquet à écrire, au trictrac, gagner un des coups partiels dont l'ensemble forme la partie.

  • 8Marquer la taille, se dit du vêtement qui dessine la taille et la fait voir. Leurs femmes ignoraient l'usage de ces corps de baleine par lesquels les nôtres contrefont leur taille plutôt qu'elles ne la marquent, Rousseau, Ém. V.

    Terme de manége. Marquer le coin, approcher le cheval du coin du manége, et le forcer à garder le mur.

  • 9Remarquer. Nous y avons tellement accoutumé nos spectateurs [à la liaison des scènes], qu'ils ne sauraient plus voir une scène détachée sans la marquer pour un défaut, Corneille, 3e disc. Il tourne à l'entour du troupeau, Marque entre cent moutons le plus gras, le plus beau, La Fontaine, Fabl. II, 16. Mais des heureux regards de mon astre étonnant Marquez bien cet effet…, Boileau, Ép. X.
  • 10Noter, inscrire. J'ai marqué cela dans mon agenda. On recommanda au médecin de marquer ce malade parmi ceux qu'il devait visiter. Tout ceci fut écrit dans les histoires et marqué dans les annales par ordre du roi, Sacy, Bible, Esther, XXIII, 23. Son antiquité [d'une famille], qui est telle que nos chroniques n'en marquent point l'origine, Bossuet, Gornay.
  • 11Faire connaître par quelque chose comparé à une marque. Le magistrat des lois emprunta le secours [à Athènes], Et, rendant par édit les poëtes plus sages, Défendit de marquer les noms et les visages [dans la comédie], Boileau, Art p. III. …Toujours évanouie, Madame, elle ne marque aucun signe de vie, Racine, Baj. IV, 5.

    Il se dit aussi des choses qui font connaître comme par une marque. J'écrirai ici mes pensées sans ordre, et non pas peut-être dans une confusion sans dessein ; c'est le véritable ordre et qui marquera toujours mon objet par le désordre même, Pascal, Pensées, V, 1, éd. LAHURE, 1860. Cette prédiction de la ruine du temple réprouvé me marque qu'il ne doit être laissé aucune passion du vieil homme, Pascal, Lett. à Mlle Roannez, 9. La nature ne m'offre rien qui ne soit matière de doute et d'inquiétude ; si je n'y voyais rien qui marquât une divinité…, Pascal, Pensées, XIV, 2, éd. HAVET. Non-seulement ils [les ennemis] ont promptement levé le siége, mais on leur a pris beaucoup de poudre, de canon ; et tout ce qui marque une fuite, Sévigné, 2 sept. 1676. Les pères de Saint-Vannes l'ont convaincu [Dupin] d'avoir supprimé, dans un passage d'Optat, ce qui y marquait l'autorité de la chaire de saint Pierre, Bossuet, Hist. conciles, I, 4. La nature féconde en bizarres portraits Dans chaque âme est marquée à de différents traits, Boileau, Art p. III. …Ne vous piquez point d'une folle vitesse ; Un style si rapide et qui court en rimant, Marque moins trop d'esprit que peu de jugement, Boileau, ib. I. Quels présages affreux nous marquent son courroux [du ciel] ? Racine, Iphig. I, 2. Les jalousies qui marquent un esprit borné, Fénelon, Tél. XXII. Dans presque tous les genres, des ouvrages du meilleur ton et du meilleur esprit, voilà ce qui marquera notre siècle ; et je n'en ai pas dit assez, Marmontel, Ess. sur le goût, Œuv. t. IV, p. 429, dans POUGENS.

  • 12Indiquer. Au vestibule obscur il marque une autre place, Boileau, Art p. IV. Je lui marque le cœur où sa main doit frapper ! Racine, Mithr. IV, 1. Il vous marque la place où vous serez vainqueurs, Voltaire, Poëme de Fontenoy.

    Noter. L'horloge marque midi, deux heures. Le thermomètre marque 25 degrés.

    Marquer la mesure, le pas, indiquer par des mouvements de la main, du pied, la cadence de la musique, de la marche.

  • 13Fixer, déterminer, assigner, prédestiner. Cet hymen différé ne rompt point une loi Qui, sans marquer de temps, lui destine ta foi, Corneille, Cid, V, 8. C'est peut-être la décision de la destinée de Mlle de Grignan que ce voyage ; c'est par suite de cet arrangement que la Providence l'a marqué, Sévigné, 12 mai 1680. Je n'entreprends pas, chrétiens, de vous dire la destinée des hérésies de ces derniers siècles, ni de marquer le terme fatal dans lequel Dieu a résolu de borner leur cours, Bossuet, Reine d'Anglet. Peut-être assez d'honneurs environnaient ma vie, Pour ne pas souhaiter qu'elle me fût ravie, Ni qu'en me l'arrachant, un sévère destin Si près de ma naissance en eût marqué la fin, Racine, Iph. IV, 4.
  • 14Mander, informer, faire connaître, soit de bouche, soit par écrit. Viendra-t-il ? - Oui, monsieur, où vous lui marquerez, Th. Corneille, Baron d'Albikrac, I, 10. Je voulais lui en marquer mon inquiétude, Sévigné, 40. Je vais par la Bourgogne… je vous écrirai d'où je pourrai ; je ne puis marquer aucun jour, Sévigné, 11 juill. 1672. Lorsqu'il [le roi] y fit lire [à la cour] la dernière lettre que lui écrivit ce grand homme, et qu'on y vit, dans les trois temps que marquait le prince…, Bossuet, Louis de Bourbon. Lorsqu'on vint à l'endroit du remerciement où le prince marquait qu'il mourait content…, Bossuet, ib. Sur ce que tu me marques, je n'aurai point un moment de repos que je ne sois auprès de toi, Rousseau, Hél. I, 7. Je lui marquai que je ne voudrais pas…, Rousseau, Conf. II. Marquez-moi votre adresse, et je vous répondrai, Collin D'Harleville, Optimiste, IV, 14. Je t'ai marqué, dans une lettre que Guérin te remettra, comme on m'a reçu, Courier, Lett. I, 125.

    On dit aussi en ce sens : marquer un mot, pour mander un mot. Je n'ai que le temps de vous marquer ce mot pour vous rassurer sur mon compte, Rousseau, Lett. à du Peyrou, 5 nov. 1765.

  • 15Témoigner, donner des marques. Marquer à quelqu'un son estime, son affection, sa reconnaissance. Je lui ai marqué mon mécontentement. Il [le roi] marquait pour la santé de ce prince [Condé] une inquiétude qu'il n'avait pas pour la sienne, Bossuet, Louis de Bourbon. Elle lui marque une fidélité héroïque, Bourdaloue, Car. III, 144.
  • 16Décrire. Vos réflexions sont tristes et justes sur la déroute de la maison de Créquy ; Canaples reste seul des trois frères, après toutes ses tribulations et tous ses maux, que vous marquez si bien, Sévigné, 25 avril 1687.
  • 17Signaler. Mme la comtesse de Soissons est partie cette nuit pour Liége… la Voisin [empoisonneuse] l'a extrêmement marquée, Sévigné, 24 janv. 1680.
  • 18Ne faire qu'indiquer quelque chose, sans l'effectuer complément. Dites à Montgobert qu'on ne tape point les cheveux [dans une coiffure], et qu'on ne tourne point les boucles à la rigueur… on marque quelques boucles, Sévigné, 15 avr. 1671. Les bals de Saint-Germain sont d'une tristesse mortelle… le roi n'a cette complaisance que pour marquer le carnaval, sans aucun plaisir, Sévigné, 29 janv. 1674.

    À l'escrime, marquer un coup, l'indiquer par feinte et sans le porter effectivement.

  • 19 V. n. Être empreint d'une marque qui fait reconnaître.

    Ce cheval marque encore, les creux de ses dents paraissent encore et indiquent qu'il n'a pas plus de huit ans.

    Terme de chasse. Se dit du mâle de la perdrix grise, lorsqu'il a la crête couleur de feu et le dessous de l'estomac d'un gris roux. Les perdrix rouges marquent lorsqu'elles ont aux jambes un tubercule qu'on nomme ergot.

    Cette nouvelle allée commence à marquer, les arbres commencent à y grandir.

    Ce cadran solaire marque encore, ne marque plus, le soleil y donne encore, n'y donne plus.

    On dit vulgairement qu'une femme enceinte marque, lorsqu'il s'échappe quelques mucosités sanguinolentes, ce que l'on regarde comme l'annonce d'un accouchement prochain.

    On dit aussi qu'un accès de fièvre, d'épilepsie, ne fait que marquer, quand il s'annonce par quelques sensations morbides qui n'ont pas d'autre suite. M. le duc du Maine avait eu trois accès de fièvre tierce qui m'avaient donné beaucoup d'inquiétude ; il a eu cette nuit le quatrième, qui n'a marqué qu'un moment, Maintenon, Lett. à l'abbé Gobelin, 12 mai 1675.

    Terme de marine. On dit que la brise marque ou commence à marquer, lorsque, pendant un temps calme, on aperçoit de loin que la surface de la mer commence à se rider.

    La mer est dite marquer lorsque, après le flot, elle laisse en descendant une trace d'humidité ou de petits dépôts.

  • 20Laisser trace, impression. S'ils [les vieillards] repassent sur tout le cours de leurs années… ils confondent leurs différents âges, ils n'y voient rien qui marque assez pour mesurer le temps qu'ils ont vécu, La Bruyère, XI. La substance est durcie, et les nouvelles empreintes ne marquent plus, Rousseau, Ém. IV.

    Terme d'escrime. Se dit d'un coup donné en plein dans le corps. Voilà un coup qui marque. Cette botte est bien marquée.

    Fig. Être marquant, distingué par quelque chose de notable. Va, mon fils, garde ta candeur ; Et que ton étoile ne marque Par l'éclat ni par la grandeur, Béranger, Étoiles qui filent.

    Familièrement. Cela marquerait trop, cela serait trop remarqué, et, dans un autre sens, cela décèlerait trop l'intention qu'il faut cacher.

    Cet homme ne marque point, c'est-à-dire il ne se fait pas remarquer.

    Il n'y a dans ce livre rien qui marque, c'est-à-dire ce livre ne renferme rien qui soit saillant, qui attire l'attention.

  • 21Se marquer, v. réfl. Être marqué. En sorte que du petit corps [la glande pinéale] où elle [l'âme] est enfermée, elle tient à tout et voit tout l'univers se venir, pour ainsi dire, marquer sur ce corps, comme le cours du soleil se marque sur un cadran, Bossuet, Conn. III, 8. [Molière] Qui sais à quel coin se marquent les bons vers, Boileau, Sat. II.

    Donner signe, marque de soi-même. Comme nous changeons deux fois d'état… il a plu à la divine bonté de se marquer elle-même au commencement de ces deux états [de la grâce] par une impression illustre et particulière, Bossuet, Duch. d'Orl.

SYNONYME

MARQUER, INDIQUER. Marquer, c'est faire une marque ; indiquer, c'est donner un indice. Marquer est donc plus expressif, plus fort que indiquer. Cette action marque un bon naturel ; elle prouve, en qualité de marque, que le naturel est bon. Cette action indique un bon naturel, elle fait penser, en qualité d'indice, que le naturel est bon.

HISTORIQUE

XIIe s. Puis l'en laissout aller, mais primes le merkeit ; Tierce feiz i fu pris, pas ne s'en castiheit [châtiait, corrigeait], Th. le mart. 31.

XIVe s. Lesquelz habitans n'ayant voulu tenir et payer le dit accord, le prestre s'en retourna aux Anglois, et fit par iceulx Anglois marquer, piller et prendre prisonniers les bonnes gens et habitans de la dite parroisse, Du Cange, marcha.

XVIe s. Quand il seroit ainsi merché, Il sera aisé à cognoistre, Marot, II, 47. Il se contente de rabattre les coups, sans le marquer [toucher], Bèze, Vie de Calvin, p. 81. Nous appellons marcher ou marquer, toutes et quantes fois que par un signal, affiche, reconnaissance ou autrement, nous assignons certains buts, limites et separations entre les personnes, Pasquier, Recherches, liv. VIII, p. 736, dans LACURNE.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

MARQUER. Ajoutez :
22Marquer les aiguilles, percer, à l'aide d'un poinçon sur lequel on frappe, les aiguilles palmées.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

MARQUER, v. act. (Gramm.) c’est imprimer un signe, une marque. Voyez l’article Marque.

Marquer, (Comm.) signifie appliquer ou mettre une marque artificielle à une chose pour la reconnoître. Les marchands marquent leurs ballots de marchandises, leurs bois, leurs bestiaux, leurs étoffes, &c. Voyez Marque.

Marquer signifie aussi faire une marque, une empreinte par autorité publique : ainsi l’on dit, marquer la monnoie, marquer la vaisselle d’or ou d’argent au poinçon de la ville. On marque l’étain fin par-dessous, & l’étain commun par-dessus l’ouvrage.

Les commis des aides vont marquer les vins dans les caves & celliers pour la sûreté des droits du roi. Les manufacturiers & ouvriers doivent faire marquer leurs étoffes d’or, d’argent, de soie, de laine, &c. dans les bureaux, halles & autres lieux où les maîtres, jurés, gardes ou ergards des corps & communautés en doivent faire la visite. Dans ce dernier sens, on dit plomber & ferrer les étoffes, ce qui signifie la même chose que marquer. Dictionnaire du commerce.

Marquer, en terme de Boutonnier, c’est imprimer la marque des quatre pointes au milieu du moule, pour y faire les quatre trous destinés à recevoir la corde à boyau. Voyez les Pl.

Marquer, (Coutelier.) Voyez l’article Marque.

Marquer, (Maréchal.) se dit d’un cheval dont on connoît encore l’âge aux dents ; on dit ce cheval marque encore. Marquer un cheval, c’est lui appliquer la marque sur quelque partie du corps. Voyez Marque.

Marquer ou Tracer, (Menuisier.) c’est chez les Menuisiers, Charpentiers, ou autres artistes semblables, tirer des lignes sur une planche ou une piece de bois, pour que le compagnon la coupe suivant ce qu’elle est tracée. On dit tracer sur une planche les irrégularités d’un mur. Cela se fait facilement en présentant la rive d’une planche de bout contre le mur, ou la piece dont vous voulez avoir le courbe ou le défaut ; de sorte qu’elle forme un angle avec la dite face ; puis vous prenez un compas ouvert, suivant la plus grande distance qui se trouve entre la rive de votre planche & la face dont vous voulez avoir l’irrégularité ; ensuite, commençant par le haut, il faut porter une des pointes contre la face irréguliere ; & l’autre pointe sur votre planche : la pointe qui porte sur la planche tracera, la conduisant en descendant la pointe contre le mur irrégulier, l’irrégularité de votre piece ou muraille, & par ce moyen vos pieces se joindront parfaitement.

Marquer, terme de paumier, c’est compter le jeu des joueurs, soit au billard ou à la paume. Le jeu se marque à la paume en faisant sur le carreau une raie de droite à gauche avec de la craie : on en fait une autre perpendiculaire à la premiere ; & des deux côtés de celle-ci, on marque autant de barres que les joueurs ont de jeu.

Au billard, les points de chaque joueur se marquent sur une espece de palette de bois percée de deux rangées de trous de 16 trous chacune.

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Étymologie de « marquer »

(Date à préciser) Dénominalisation de marque Référence nécessaire.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Marque ; provenç. marcar, marquar ; espagn. et portug. marcar ; ital. marcare.

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Phonétique du mot « marquer »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
marquer marke

Citations contenant le mot « marquer »

  • Le succès des armes, jamais, ne suffit à marquer la justice d’une cause. De Abbé Pierre / Faim et Soif, septembre 1955
  • La véritable politesse consiste à marquer de la bienveillance aux hommes ; elle se montre sans peine quand on en a. De Jean-Jacques Rousseau / Emile ou de l’éducation
  • Je pense que lorsqu’une satire est réellement bonne, elle va faire mal et marquer les esprits. De Tignous / une interview à « Celui-là, il va tuer » », Sociétés & Représentations en 2000
  • Faire l'amour est la seule activité sportive où l'on préfère s'entraîner que marquer un but. De Anonyme
  • Si vous réussissez enfin à marquer après avoir dominé pendant les 3/4 du jeu, l'adversaire égalisera dans les arrêts de jeu. De Christophe Courtois
  • Ecrire, c’est produire le texte. Lire, c’est le recevoir d’autrui sans y marquer sa place, sans le refaire. De Laure Adler / Les Femmes qui lisent sont dangereuses
  • Vendredi, je fais un appel aux imams pour participer à une prière solennelle, pour marquer notre compassion et participer à la douleur des familles. De Dalil Boubakeur / Point-presse à la mosquée de Paris, 16 novembre 2015
  • Si la poésie n'a pas bouleversé notre vie, c'est qu'elle ne nous est rien. Apaisante ou traumatisante, elle doit marquer de son signe ; autrement, nous n'en avons connu que l'imposture. De Andrée Chedid / Terre et poésie
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Traductions du mot « marquer »

Langue Traduction
Anglais to mark
Espagnol marcar
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Allemand markieren
Chinois 标记
Arabe لتحديد
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Japonais マークする
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Synonymes de « marquer »

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Antonymes de « marquer »

Marquer

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