Farce : définition de farce


Farce : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

FARCE1, subst. fém.

ART CULIN. Mélange de viandes diverses et/ou d'autres ingrédients (tels que herbes, champignons, marrons hachés) épicé et généralement lié par une sauce, des œufs, de la panade, dont on garnit une viande, une volaille, un pâté, un poisson, un légume avant de le faire cuire. Farce au gras, au maigre; lit de farce. Ce fond de pâté enduit de farce (Gautier, Fracasse,1863, p. 157).Des farces de chair à saucisse (Bourges, Crépusc. dieux,1884, p. 113):
Vous prenez la chair et vous en faites une farce en la hachant avec de la moelle de bœuf cuite à la vapeur, un peu de lard râpé, poivre, sel, fines herbes, et la quantité de bonnes truffes suffisante pour remplir la capacité intérieure du faisan. Brillat-Sav., Physiol. goût,1825, p. 347.
Prononc. et Orth. : [faʀs]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Début xives. (Bataille de Karesme et de Charnage, éd. G. Lozinski, Bibl. Éc. des Htes Études, fasc. 262, p. 19, var. ms. E, vers 448-453). Du b. lat. farsus, part. passé de farcire (farcir*; cf. TLL s.v., 279, 81), pour farsitus, d'où est issu l'a. fr. fars « farci » (dep. ca 1200, Aliscans, éd. E. Wienbeck, W. Hartnacke et P. Rasch, 4621) et dont farce représente le fém. substantivé (FEW t. 13, p. 415a).

FARCE2, subst. fém.

A.− LITT. (THÉÂTRE)
1. HIST. LITTÉR. [Moy. Âge] Petit intermède comique joué sur le parvis des églises au cours de la représentation d'un mystère. Le peuple pieux du Moyen Âge, sur le parvis même de l'église, jouait les farces et les soties (Proust, Prisonn.,1922, p. 127):
1. ... les jours de spectacle, on avançait dans les églises l'heure des vêpres pour permettre aux fidèles, et sans doute aussi au clergé, de se rendre à temps au théâtre. (...). Les confrères, pour accroître encore la vogue dont ils jouissaient, ne tardèrent pas à joindre aux tragédies d'église quelques farces plus capables d'égayer l'assemblée. Sainte-Beuve, Tabl. poésie fr.,1828, p. 176.
2. Pièce de théâtre d'inspiration bouffonne mettant en scène des personnages souvent grotesques et présentant généralement un comique de mots, de gestes ou de situation(s). Jouer une farce; farce italienne. Un théâtre où l'on jouait des parodies, des farces classiques et des comédies de Gozzi (Sand, Hist. vie,t. 4, 1855, p. 198):
2. Le Bourgeois Gentilhomme est une des seules grosses farces de Molière qui se hausse jusqu'au type, où la victime, à distance, échappe au rire cruel de la cour et nous montre un brave homme, soucieux de quitter l'ombre dédaignée par le soleil de Versailles. Cocteau, Foyer artistes,1947, p. 181.
En partic., MUS. Opéra bouffe en un acte qui connut une certaine vogue en Italie (cf. Rougnon 1935).
P. méton. [Avec l'art. déf.] Genre théâtral dont relève une pièce de ce type. Je veux ne rien omettre de la résurrection annuelle de Paris par le drame, la comédie, la farce et la féerie (Mallarmé, Dern. mode,1874, p. 752).
3. Loc. fig.
a) Tirez le rideau, la farce est jouée. C'est une affaire réglée, il est inutile de s'y attarder. Nous allons fermer l'appartement, la farce est jouée, et vous remettrez la clef à M. le maire (Balzac, Cous. Bette,1846, p. 268).
b) Être le dindon de la farce (fam.). Cf. dindon I B 1 a.Tu n'entends pas être le dindon de la farce, peut-être? Reste donc chez toi, grande bête (Zola, Ventre Paris,1873, p. 759).
c) En voir la farce (pop. et rare). Être satisfait, comblé par un vœu, par un désir qui se réalise. Vous ne savez pas ce que c'est que le grand jeu? dit solennellement MmeFontaine. − Non, je ne suis pas n'assez riche pour n'en avoir jamais vu la farce (Balzac, Cous. Pons,1847, p. 126).
Rem. Encore ds Rob. Suppl. 1970 avec un ex. de M. Pagnol.
B.− P. ext., lang. cour.
1. Plaisanterie bouffonne, voire grossière, que l'on dit ou fait pour divertir les autres mais, plus souvent, pour s'amuser à leurs dépens.
a) [L'accent est spéc. mis sur les paroles] Dire, conter, débiter des farces. Synon. blagues.Maître Nicole (...) était un excellent homme, qui débitait d'assez bonnes farces au dessert (Flaub., 1erÉduc. sent.,1845, p. 176).
b) [L'accent est spéc. mis sur un acte] Bonne (souvent par antiphrase), mauvaise farce; faire, jouer une (des) farce(s); une farce d'écolier, d'étudiant. Synon. bon (mauvais) tour, niche (fam.), canular (fam.).Gustave évoquait des farces d'écolier, des tours joués au père Gros (Estaunié, Ascension M. Baslèvre,1919, p. 117).Le cancre végétatif (...) machinateur de chahuts et de farces (Arnoux, Solde,1958, p. 64):
3. On ne fait plus chez nous la vraie farce, la bonne farce, la farce joyeuse, saine et simple de nos pères. Et, pourtant, quoi de plus amusant et de plus drôle que la farce? Quoi de plus amusant que de mystifier des âmes crédules, que de bafouer des niais, de duper les plus malins, de faire tomber les plus retors en des pièges inoffensifs et comiques? Maupass., Contes et nouv.,t. 2, Farce, 1883, p. 1278.
En partic.
Goût, disposition naturelle à plaisanter, à jouer des tours. Le goût du merveilleux n'a d'égal que le goût de la farce (Barrès, Colline insp.,1913, p. 143).[Avec ell. de l'art.] Un certain esprit de farce et de taquinerie (Claudel, Pain dur,1918, I, 1, p. 419).
Souvent au plur. Petit objet truqué que l'on offre à quelqu'un pour le duper et s'amuser de sa méprise. Boutiques de farces et attrapes. Synon. attrape (cf. ce mot ex. 3).Boîte contenant 15 farces amusantes (Catal. jouets [Louvre], 1936) :
4. Lorsqu'on avait eu un enfant ensemble, inutile, n'est-ce pas? d'y mettre des façons, pour se fourrer sous la couverture. C'était comme les farces, le poil à gratter, le lit déboulonné, les joujoux qui aboient quand on les presse, tout ça, avec eux, n'aurait guère été que de la moutarde après dîner. Zola, Terre,1887, p. 194.
c) Loc. (vieilli). Faire ses farces. S'amuser, mener une vie libre et dissolue. Ah! Ah! petit... tu fais déjà tes farces, libertin! (Adam, Enf. Aust.,1902, p. 332):
5. − Oui, la maman s'est saignée, dit Vautrin. Vous pourrez maintenant faire vos farces, aller dans le monde, y pêcher des dots, et danser avec des comtesses qui ont des fleurs de pêcher sur la tête. Balzac, Goriot,1835, p. 113.
P. euphém. Faire des infidélités à son conjoint. Cela veut dire que votre femme fait ses farces tout comme les autres (Kock, Cocu,1831, p. 214).
2. Emploi adj., fam. vieilli
a) Emploi apposé. Qui a le goût de la farce; qui exprime ou contient de la drôlerie, du comique. Synon. drôle, cocasse, farceur.Ouvrage profondément farce (Flaub., Corresp.,1853, p. 259).Mère Plutarque! (...) autre nom farce (Hugo, Misér.,t. 2, 1862, p. 115).Auteur farce et rigolo de syntaxe et de dictionnaire (L. Daudet, Temps Judas,1920, p. 150).
Rem. Peut parfois rester inv. après un nom au plur., lorsque le subst. empl. adj. est encore senti comme expr. ell. Confusément disait l'Elster, l'Estramadoure, (...) Devant quatre ou cinq gars attentifs et narquois S'exclamant et riant très fort aux endroits farce (Verlaine, Œuvres compl., t. 1, Jadis, 1884, p. 339).
b) Emploi attribut. Letondu apparaissait prodigieusement farce et cocasse (Courteline, Ronds-de-cuir,1893, 3etabl., II, p. 106):
6. C'était un grand gaillard, à cou énorme. Il riait, il jouissait des morceaux de peau que les deux femmes montraient. La petite blonde était grasse comme une caille. Ça serait farce, si sa chemise se fendait. Zola, Assommoir,1877, p. 399.
C'est rien farce. Je t'avoue que si je ne t'avais pas connu je serais peut-être encore en train de traîner sur les routes, « marcher la route » comme ils disent, nos gens, non, c'est rien farce, tu me vois, caporal, marchant derrière une roulotte, avec les femmes, les mômes, les chevaux maquignonnés (Cendrars, Homme foudr.,1945, p. 367).
Rem. 1. On rencontre ds la docum. un emploi adj. substantivé. − Hein! les sacrés pochards! ils sont d'un farce! (Id., ibid., p. 506). 2. Rheims 1969 atteste avec un ex. de Renée Massip l'adj. farcesque. Qui tient de la farce : Le rire prohibé que suscitait l'esprit farcesque (La Main paternelle, Paris, Gallimard, 1961, p. 84). Flaubert (Corresp., 1878, p. 112) reprend à son compte la célèbre phrase de Montaigne : Nos vacations sont farcesques.
Prononc. et Orth. Cf. farce1. Étymol. et Hist. 1. [xiiies. lat. médiév. farsa « paraphrase, commentaire ou représentation en langue vulgaire illustrant les écritures au cours des cérémonies religieuses » (Reg. visitat. Ordon. archiep. Rotomag. ab. ann. 1248 ad 1269 ex Cod. reg. 1245 fol. 216 vods Du Cange, s.v.)]; ca 1370 « conte plaisant, petite histoire illustrant un propos » (J. Lefèvre, Lamentations Matheolus, éd. Van Hamel, II, 574); 1448 « petite pièce de théâtre comique » (Archives du Nord, B 19445, fol. 80 ds IGLF); 2. 1330 « mauvais tour, plaisanterie » (St Alexis, ms. B. N. fr. 244, éd. Ch. E. Stebbins, vers 634); 3. 1801 adj. (A. Prévost, Cadet Roussel d'apr. Dagneaud ds Quem. DDL t. 3). Emploi partic. de farce1pour désigner les intermèdes introduits dans la liturgie comme de la farce dans un mets, dans une viande, et qui, émancipés de la liturgie, seront à l'origine du théâtre médiéval; puis le terme aurait désigné un intermède comique dans un spectacle, notamment au cours des mystères (Dauzat 1973; Bl.-W.5; FEW t. 3, p. 415b; cf. aussi farcir étymol. 2). Pour le sens 2, cf. aussi l'a. fr. farser « plaisanter, se moquer (de) » attesté dès le xiiies. (Chevalier aux deux épées, 11190 ds T.-L.).
STAT. − Farce1 et 2. Fréq. abs. littér. : 995. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 777, b) 2 302; xxes. : a) 2 339, b) 927.
BBG. − Cannings (B.). Towards a definition of farce as a literary « genre ». Mod. Lang. R. 1961, t. 56, pp. 558-560. − Quem. DDL t. 3, 5.

Farce : définition du Wiktionnaire

Nom commun 1

farce \faʁs\ féminin

  1. (Cuisine) Hachis d’ingrédients épicés que l’on introduit dans le ventre vidé de ses entrailles de l’animal destiné à être cuit entier, ou dans un organe creux d’un animal, dans les pâtés, etc.
    • Bourrer une dinde de farce et de marrons.
    • En effet, beaucoup d'entre nous l'avons remarqué, le meilleur dans l'escargot à la bourguignonne, c'est sa merveilleuse farce aillée. — (site francevegetalienne.fr)

Adjectif

farce \faʁs\ masculin et féminin identiques

  1. Qui est drôle, comique, qui inspire le rire, la moquerie.
    • C’étaient de grosses dames aux toilettes farces, de ces bourgeoises de banlieue qui remplacent la distinction dont elles manquent par une dignité intempestive. — (Guy de Maupassant , En famille, dans La maison Tellier, 1891, collection Le Livre de Poche, pages 125-126.)

Nom commun 2

farce \faʁs\ féminin

  1. Pièce de théâtre bouffonne.
    • PHILISTION , de Magnésie, poëte mimique , ou composeur de farces , vivoit à Rome peu après Horace. — (Louis Moréri, Le grand dictionnaire historique, ou le mélange curieux de l'Histoire sacrée & profane, édition revue et refondue par ‎Étienne François Drouet &‎ Claude Pierre Goujet, Paris : Les Libraires associés, 1759, vol.8, p.291)
    • Le drame bouffon, la farce, appartiennent plus en propre au Moyen Âge, mais encore ici il y a un certain rapport de filiation entre les acteurs des tréteaux du moyen âge et les derniers histrions de l’Antiquité. — (Jean-Jacques Ampère, Vue générale de la littérature française au moyen âge, Revue des Deux Mondes, vol. 7, Adolphe Wahlen et Cie, Bruxelles, 1839)
    • Ces conflits-ci, les sujets préférés de la farce, se posent en général d’un point de vue entièrement masculin, où la femme n’entre que comme élément gêneur. — (Konrad Schoell, La farce du quinzième siècle, 1992)
  2. Comique bas et grossier qui est propre aux farces.
    • Entre la poire et le fromage Bianchon arriva, par d’habiles préparations, à parler de la messe, en la qualifiant de momerie et de farce. — (Honoré de Balzac, La Messe de l’athée,)
    • Cet auteur comique tombe souvent dans la farce.
  3. Blague, action qui a quelque chose de plaisant, de bouffon ou de ridicule.
    • Le Pacha ne put retenir son sourire devant ces farces enfantines. Il reprit son expression la plus sévère pour admonester les deux femmes. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
  4. (Par extension) Tour plaisant joué à quelqu’un.
    • Il aime à faire des farces aux gens.
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Farce : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

FARCE. n. f.
T. de Cuisine. Hachis de viandes assaisonnées d'épices et de fines herbes, qu'on met dans le corps de quelque animal, dans quelque autre viande, dans des œufs, ou dans de la pâte. Bourrer une dinde de farce et de marrons. Farce de poisson.

Farce : définition du Littré (1872-1877)

FARCE (far-s') s. f.
  • 1 Terme de cuisine. Viandes hachées et épicées, qu'on introduit dans les volailles ou dans le gibier mis à la broche, dans les pâtés, etc.
  • 2Hachis fait d'herbes cuites. Farce d'épinards.

    Par extension. Farce d'oseille, bien que l'oseille ne se hache pas.

HISTORIQUE

XIIIe s. Si que la crouste en est faussée, Et la farce s'en est volée, Barbazan, Fabliaux, t. IV, p. 95.

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Farce : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

FARCE, s. f. (Belles-Lettres.) espece de comique grossier où toutes les regles de la bienséance, de la vraissemblance, & du bon sens, sont également violées. L’absurde & l’obscene sont à la farce ce que le ridicule est à la comédie.

Or on demande s’il est bon que ce genre de spectacle ait dans un état bien policé des théatres réguliers & décens. Ceux qui protegent la farce en donnent pour raison, que, puisqu’on y va, on s’y amuse, que tout le monde n’est pas en état de goûter le bon comique, & qu’il faut laisser au public le choix de ses amusemens.

Que l’on s’amuse au spectacle de la farce, c’est un fait qu’on ne peut nier. Le peuple romain desertoit le théatre de Térence pour courir aux bateleurs ; & de nos jours Mérope & le Méchant dans leur nouveauté ont à peine attiré la multitude pendant deux mois, tandis que la farce la plus monstrueuse a soûtenu son spectacle pendant deux saisons entieres.

Il est donc certain que la partie du public, dont le goût est invariablement décidé pour le vrai, l’utile, & le beau, n’a fait dans tous les tems que le très-petit nombre, & que la foule se décide pour l’extravagant & l’absurde. Ainsi, loin de disputer à la farce les succès donc elle joüit, nous ajoûterons que dès qu’on aime ce spectacle, on n’aime plus que celui-là, & qu’il seroit aussi surprenant qu’un homme qui fait ses délices journalieres de ces grossieres absurdités, fût vivement touché des beautés du Misantrope & d’Athalie, qu’il le seroit de voir un homme nourri dans la débauche se plaire à la société d’une femme vertueuse.

On va, dit-on, se délasser à la farce ; un spectacle raisonnable applique & fatigue l’esprit ; la farce amuse, fait rire, & n’occupe point. Nous avoüons qu’il est des esprits, qu’une chaîne réguliere d’idées & de sentimens doit fatiguer. L’esprit a son libertinage & son desordre où il est plus à son aise ; & le plaisir machinal & grossier qu’il y prend sans réflexion, émousse en lui le goût de l’honnête & de l’utile ; on perd l’habitude de refléchir comme celle de marcher, & l’ame s’engourdit & s’énerve comme le corps, dans une oisive indolence. La farce n’exerce, ni le goût ni la raison : de-là vient qu’elle plaît à des ames paresseuses ; & c’est pour cela même que ce spectacle est pernicieux. S’il n’avoit rien d’attrayant, il ne seroit que mauvais.

Mais qu’importe, dit-on encore, que le public ait raison de s’amuser ? Ne suffit-il pas qu’il s’amuse ? C’est ainsi que tranchent sur tout ceux qui n’ont refléchi sur rien. C’est comme si on disoit : Qu’importe la qualité des alimens dont on nourrit un enfant, pourvû qu’il mange avec plaisir ? Le public comprend trois classes ; le bas peuple, dont le goût & l’esprit ne sont point cultivés, & n’ont pas besoin de l’être ; le monde honnête & poli, qui joint à la décence des mœurs une intelligence épurée & un sentiment délicat des bonnes choses ; l’état mitoyen, plus étendu qu’on ne pense, qui tâche de s’approcher par vanité de la classe des honnêtes gens, mais qui est entraîné vers le bas peuple par une pente naturelle. Il ne s’agit donc plus que de savoir de quel côté il est le plus avantageux de décider cette classe moyenne & mixte. Sous les tyrans & parmi les esclaves la question n’est pas douteuse ; il est de la politique de rapprocher l’homme des bêtes, puisque leur condition doit être la même, & qu’elle exige également une patiente stupidité. Mais dans une constitution de choses fondée sur la justice & la raison, pourquoi craindre d’étendre les lumieres, & d’ennoblir les sentimens d’une multitude de citoyens, dont la profession même exige le plus souvent des vûes nobles, un sentiment délicat & un esprit cultivé ? On n’a donc nul intérêt politique à entretenir dans cette classe du public l’amour dépravé des mauvaises choses.

La farce est le spectacle de la grossiere populace ; & c’est un plaisir qu’il faut lui laisser, mais dans la forme qui lui convient, c’est-à-dire avec des treteaux pour théatres, & pour salles des carrefours ; par-là il se trouve à la bienséance des seuls spectateurs qu’il convienne d’y attirer. Lui donner des salles décentes & une forme réguliere, l’orner de musique, de danses, de décorations agréables, c’est dorer les bords de la coupe où le public va boire le poison du mauvais goût. Article de M. Marmontel.

Farce, en Cuisine, est une espece de garniture ou mêlange de différentes viandes hachées bien menues, assaisonnées d’épices & de fines herbes.

Farce, se dit encore, parmi les Cuisiniers, d’un mets fait avec plusieurs sortes d’herbes, comme oseille, laitue, porée, &c. hachées ensemble, & brouillées avec des œufs ; avant de la servir, outre ceux qu’on y a brouillés, on y met encore des quartiers d’œufs durs, tant pour orner le plat de farce, que pour adoucir la trop grande aigreur des herbes.

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Étymologie de « farce »

Étymologie de farce - Littré

Lat. farsus, farci, part. passé de farcire, farcir.

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Étymologie de farce - Wiktionnaire

(Nom 1) (XIIIe siècle)[1] Du latin farsa, participe passé féminin substantivé de farcire qui donne farcir, farci ; ce participe passé faisait fars au masculin en ancien français.
(Nom 2) Sens particulier de farce, « parce que c'était, ou, comme la farce de la cuisine, quelque chose de mélangé et d'agréable, c'est-à-dire une espèce de revue de sujets divers, ou une pièce farcie[2]. »
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Phonétique du mot « farce »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
farce fars play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « farce »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « farce »

  • L’OTAN, de son côté, continue d’être une farce. L’aventure Sarkozy-Cameron, atlantistes purs et durs, ont fait voler le pays en éclat. Sur ses cendres, la Turquie, pilier de la pax americana, se retrouve en roue libre afin de servir ses intérêts. Tous les moyens sont bons. Sans se soucier d’un autre membre de l’OTAN qu’est la Grèce, la Turquie peut maintenant manipuler les flux de migrants, qu’elle n’a certes pas demandés, et étendre son influence sur l’ensemble de la mer Méditerranée. Un mélange de nationalisme ottoman et d’islamisme pseudo-démocratique. Car à entendre les musulmans, les défenseurs d’Haftar soutiennent la dictature contre la démocratie. Les gros contre les petits. Combattre el-Sarraj, c’est abattre la volonté du peuple. Outre que l’argent vient généralement de pays du Golfe, peu scrupuleux en termes d’alliance lorsqu’il s’agit de défendre leurs puits de pétrole, les Frères musulmans et nombre de musulmans rejouent la complainte d’un islam protecteur des faibles et émanation populaire. Ils se victimisent comme du temps du FIS, dont on a vu l’œuvre en Algérie. Ils conspuent ces traîtres qui ont abattu Morsi en Egypte, à l’excellent bilan économique quand le pays était en récession et que la minorité chrétienne se voyait partir à la messe surveillée par des hommes armés. El-Sarraj est un satrape que son parlement a de plus constamment mis en minorité. Marianne, Otan réduit à une farce, Turquie en roue libre, Russie attentiste : la Libye peut-elle s'en sortir ? | Marianne
  • je n’avais pas d’à priori sur la formule e car une course reste une course, même en caisse à savon. Mais honnêtement, c’était déjà une farce avec leur histoire de fan boost et les premières saisonS avec leur changement de voiture en plein grand prix. Leblogauto.com, La saison de Formule E tourne à la farce ! - Leblogauto.com
  • Près de 78% des électeurs russes ont approuvé officiellement les amendements à la constitution du pays qui vont permettre à Vladimir Poutine de rester au pouvoir jusqu'en 2036. C'est la Commission électorale russe qui l'a annoncé ce jeudi après le décompte de tous les bulletins. Selon cette même commission, aucun cas de fraude n'est à signaler. Mais l'opposition, Alexei Navalny, parle d'une farce : "Ce vote est une contrefaçon, mais c'est surtout une déclaration publique de ce qui se passe dans le pays : Vladimir Poutine, avec un groupe de ses amis et collègues corrompus, a pris illégalement le pouvoir et veut rester le dirigeant à vie de la Russie". euronews, Référendum russe : "triomphe" ou "farce", c'est selon... | Euronews
  • Car la coûteuse farce du Remdesivir continue : le prix du traitement de 5 jours a été fixé à 2.340$ “prix public” (mais il pourrait dépasser 3.000$ pour les particuliers disposant d’une assurance santé aux Etats-Unis). La Bourse au Quotidien, Wall Street toujours dopé par la farce à répétition des remèdes miracles
  • Pourquoi farces ? Parce que l’intérieur de ces petits farcis renferme une surprise ! En plus de la surprise, la farce est parfumée aux olives vertes. France Bleu, Farces ou farcis aux olives
  • Le talent est comme un robinet. Quand il est ouvert, on peut écrire. L'inspiration est une farce que les poètes ont inventée pour se donner de l'importance. De Jean Anouilh
  • Voir les choses en farce est le seul moyen de ne pas les voir en noir. Rions pour ne pas pleurer. De Gustave Flaubert / Louise Colet - 22 Juillet 1852
  • Le progrès social est devenu une farce : les hommes travaillent moins, se reposent davantage... mais ils sont sévèrement embrigadés dans la pensée unique. De Jean Dutourd / Dutouriana
  • La vie est peut-être un mensonge, une farce qui a mal tourné parce qu'on l'a prise au sérieux. De Robert Elie / La Fin des songes
  • L'homme... un être libre ? Libre de quoi ? D'obtempérer aux caprices d'un morne destin ? Quelle farce ! De Jean Pellerin / Un soir d'hiver
  • L’anniversaire de naissance n’est, en somme, que la commémoration de la farce sinistre que nous ont faite nos parents en nous mettant au monde. De Alexandra David-Néel
  • Souvent la farce que constitue la réalité ne peut être rendue sur scène que par la tragédie. De Stanislaw Jerzy Lec / Nouvelles pensées échevelées
  • C'est ainsi, que périra le monde : dans la joie générale des gens spirituels qui croiront à une farce. De Sören Kierkegaard / Ou bien... Ou bien
  • Une farce doit finir au moment où elle réussit le mieux. De Charles Cahier / Proverbes et aphorismes
  • Il faut savoir rire de la mort, sinon la vie ne serait plus une farce. De Laurent Chebbah
  • La vie est la farce à mener par tous. De Arthur Rimbaud / Une saison en enfer
  • La vie est une farce, apprends à rire... De Marie-Claire Blais / Un joualonais, sa joualonie
  • La tragédie est plus vulgaire que la farce. De Louis Scutenaire
  • Il vaut mieux être le dindon de la farce que la farce du dindon. De Yvan Audouard
  • Il faut regarder la vie en farce. De Louis Scutenaire / Mes inscriptions
  • [Auguste] fit venir ses amis et leur demanda s'il leur paraissait avoir bien joué jusqu'au bout la farce de la vie. Suétone en latin Caius Suetonius Tranquillus, Vies des douze Césars, Auguste, XCIX
  • La vie sans farces est comme un voyage sans auberges. Henri Pourrat, Gaspard des montagnes, Albin Michel

Traductions du mot « farce »

Langue Traduction
Corse chjama
Basque broma deia
Japonais いたずら電話
Russe розыгрыш
Portugais trote
Arabe اتصال مزعج
Chinois 恶作剧电话
Allemand scherzanruf
Italien chiamata scherzo
Espagnol llamada de broma
Anglais prank call
Source : Google Translate API

Synonymes de « farce »

Source : synonymes de farce sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « farce »



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