La langue française

Café

Définitions du mot « café »

Trésor de la Langue Française informatisé

CAFÉ, subst. masc.

I.− Graine du caféier. Une balle de café, la torréfaction du café.
Café vert. Café non torréfié. Sac de café vert (Romains, Les Hommes de bonne volonté,La Douceur de la vie, 1939, p. 20).
P. méton., rare. Caféier. Les plantations de cacao de Bahia possèdent quelques parcelles de cafés ou d'hévéas (A. Meynier, Les Paysages agraires,1958, p. 47).
II.−
A.− Spéc. et cour.
1. Cette graine après torréfaction. Café décaféiné; café en poudre; grain, marc de café; moulin à café; moudre du café :
1. « Le café moulu se trouve dans le filtre de la cafetière et dès que l'eau bout dans la bouilloire, il la verse... » Simenon, Les Vacances de Maigret,1948, p. 90.
P. ext. [En parlant d'un succédané du café] Café d'orge, de chicorée, de figues, de glands doux.
2. Boisson aux propriétés stimulantes et toniques obtenue par l'infusion des graines torréfiées et moulues.
Boire, prendre le café. Boire du café à l'heure et en quantité habituelles :
2. ... nous cassâmes une croûte dans un « bon endroit » que nous désigna le brigadier, prîmes le café, puis la goutte... Verlaine, Mes prisons,1893, p. 373.
(Prendre) un café (au restaurant, etc.); garçon, un café! Une tasse de café! Je prends chaque matin un café grande tasse au bistrot près du pont (Queneau, Si tu t'imagines,1952, p. 58).
SYNT. Café glacé; un bol, un verre, une tasse de café; préparer, servir, verser du/le/un café; une cuiller, une tasse à café (pour prendre le café).
Café noir, café nature. Je bus un bon café noir et l'envie de dormir passa dès que parut le soleil (G. Duhamel, Chronique des Pasquier,Suzanne et les jeunes hommes, 1941, p. 221).
Café au lait. Café additionné de lait. Café à la crème (vieilli). Café additionné de crème. Une tasse de café à la crème (Balzac, Ferragus,1833, p. 113).Mod. Café(-)crème. Café additionné de crème ou, le plus souvent, de lait.
Fam. Café cognac, café rhum... Café servi avec un verre de cognac, de rhum, etc. Apprécier un café rhum (Montherlant, Les Lépreuses,1939, p. 1492).
P. ext. Boisson obtenue par l'infusion d'un succédané de café. Les pauvres gens croyaient se faire du bien en buvant du café de glands doux (Barrès, Mes cahiers, t. 5, 1906-1907, p. 290).
Subst. apposé avec valeur adj. [Pour désigner une couleur brun plus ou moins foncé] La Dordogne, jaune, ou plutôt café clair, comme le Tarn et l'Aveyron (Michelet, Journal,1835, p. 203).La peinture passait au jaune café au lait (Malègue, Augustin,t. 2, 1933, p. 18):
3. ... un buffet et deux tabourets − le tout dans cet excellent bois blanc qui pompe si bien des litres de brou de noix et devient noirâtre ici, jaunâtre là, café crème ailleurs − suffisaient largement à monter mon ménage. H. Bazin, La Mort du petit cheval,1949, p. 192.
Loc. fam.
Prendre son café (vieilli). S'amuser :
4. ... c'est une de mes amies qui loue au comte de Steinbock la chambre garnie où ta Valérie prend en ce moment son café, un drôle de café... Balzac, La Cousine Bette,1846, p. 380.
C'est fort de café. C'est intolérable, invraisemblable :
5. Quoique d'abord, abasourdi, j'eus tout de suite le sentiment que « le café était vraiment trop fort » et qu'il ne pouvait s'agir que d'une énorme erreur résultant d'une machination. De Gaulle, Mémoires de guerre,1954, p. 125.
6. − Je vous disais que Bondino a toujours eu le désir de vous rencontrer; il l'a de plus en plus actuellement. − Cela me paraît assez fort de café : il ne me connaît pas. Giono, Bonheur fou,1957, p. 281.
B.− P. méton.
1.
a) Vieilli. Réunion mondaine où on boit du café et d'autres boissons :
7. Un Café est une assemblée où, pendant une soirée entière, les invités boivent les vins exquis et les liqueurs dont regorgent les caves dans ce benoît pays, mangent des friandises, prennent du café noir, ou du café au lait frappé de glace; tandis que les femmes chantent des romances, discutent leurs toilettes ou se racontent les gros riens de la ville. Balzac, La Recherche de l'absolu,1834, p. 199.
b) [À la fin d'un repas] Le moment où l'on prend le café (cf. supra A 2) :
8. Dans une salle à manger au sol carrelé de noir et de blanc on nous servit un dîner plein de tact; au café, Trarieux offrit des liqueurs mais pas de cigares; ... S. de Beauvoir, Les Mandarins,1954, p. 207.
2. Établissement où l'on consomme des boissons. Cf. brasserie, cabaret, estaminet, taverne :
9. Les cafés de Montmartre sont morts. Ils ont été remplacés par des débits, des bars ou des grills. Je connais pourtant un petit bistrot, un bois et charbons, où le bonheur et le pittoresque se conçoivent encore. Fargue, Le Piéton de Paris,1939, p. 47.
10. − Entrons ici, dit Henri en poussant au hasard la porte d'un café; c'était un tout petit bistro aux tables couvertes de toile cirée. « Qu'est-ce que tu prends? − Un vichy. » S. de Beauvoir, Les Mandarins,1954, p. 280.
SYNT. Un garçon de café; une salle, une terrasse de café; un café borgne; café-bar, café-brasserie, café-restaurant, café-tabac; au fig. un pilier de café.
Vieilli. Café(-)concert (pop. caf'conc'), café chantant. Établissement où l'on consomme des boissons en assistant à un spectacle. Cf. cabaret, music-hall :
11. ... l'ensemble de ses affaires était pitoyable; si bien que, pour les remettre à flot, il pensa d'abord à établir un café chantant, où l'on n'aurait chanté rien que des œuvres patriotiques; ... Flaubert, L'Éducation sentimentale,t. 2, 1869, p. 196.
12. Des familles bourgeoises s'engouffraient, sous des arcs éclatants de lampes électriques, dans des cafés-concerts, des spectacles de gaudrioles et de nudités. Zola, Fécondité,1899, p. 73.
Café littéraire. Café où se réunissent les gens de lettres. Intellectuels avides de ce calme très particulier qui naît du voisinage des maisons d'édition, des facultés et des cafés littéraires (Fargue, Le Piéton de Paris,1939, p. 239).
Péj. [Déterminant de subst., en partic. dans le syntagme café du commerce] :
13. ... la fatuité confiante, désœuvrée et ignorante des jeunes officiers de cette époque, fumeurs et joueurs éternels, attentifs seulement à la rigueur de leur tenue, savants sur la coupe de leur habit, orateurs de café et de billard. Vigny, Servitude et grandeur militaires,1835, p. 26.
14. « Eh bien, dit Schneider, milite, mon vieux, milite. Seulement ton action ressemble drôlement aux parlotes du café du commerce : nous avons racolé à grand'peine une centaine de malheureux idéalistes et nous leur débitons des bobards sur l'avenir de l'Europe. » Sartre, La Mort dans l'âme,1949, p. 264.
P. méton., fam. Les clients d'un café :
15. Le café jubilait et braillait avec cet abandon des hommes réunis entre eux, loin de leurs femmes, pour se divertir. Huysmans, Les sœurs Vatard,1879, p. 107.
PRONONC. ET ORTH. : [kafe]. Formes pop. ou arg. : caf, cafieu, cafiot (Guérin 1892), caf(e)mar, cafemon, cafoin, cafeton (Rob. Suppl. 1970), cafetiau (suff. -ieu, -iot, -mar, -mon, -oin, -ton, -tiau, base caf-).
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. « Graine de caféier, infusion de café torréfié et moulu » [1592 lat. caoua, Alpinus, De plantis Aegypti liber, Venise, fo26 rodans Arv., p. 112; 1599 lat. chaonae, J.H. Van Linschoten, Navigatio..., La Haye, p. 31, ibid.]; 1610 breuvage de chaone (Annotation du savant holl. Paludanus à l'Histoire de la navigation de J.H. Van Linschoten, Amsterdam, chap. 26, p. 64 dans Arv., p. 112); 1651 cauueh ou cafeh (C. Lambert, Relation du sieur Caesar Lambert... dans Morisot, Relations véritables et curieuses..., Paris, p. 10, ibid., p. 113); 1665 café (infra); 1671 caphé, caffé (Ph. Dufour, De l'usage du caphé, du thé et du chocolate, Lyon, p. 29 dans Arv., p. 115); 1680 café (Rich.); 1732 caffé fort (Trév.), d'où fam. 1848 (c'est un peu) fort de café (Balzac, Le Cousin Pons, p. 224); 1808 cafiot « mauvais café » (D'Hautel, Dict. du bas-lang.); 1866 cafetiau « id. » (Delvau, Dict. de la lang. verte, p. 338, s.v. repasse); 1886 cafoin fr. région. Bretagne (Orain); 2. « débit de boisson » [1654, ouverture du 1ercafé à Marseille d'apr. Bl.-W.5et Dauzat 1973], 1662 cabaret de cahué (F.-C. Le Comte, Les fameux Voyages de Pietro Della Valle, I, 1, 62 d'apr. König dans Fr. mod., t. 9, 1941, p. 132); 1665 caué café à Damas (B. de Monconys, Journal des Voyages de Monsieur de Monconys, Lyon, t. 2; table des matières dans Arv., p. 114); [1672, 1ercafé établi à Paris à la foire Saint Germain par l'arménien Pascal d'apr. Bouillet]; 1694 une salle de caffé (J.-B. Rousseau, Le Caffé, Paris dans Brunot, t. 6, p. 1099); ca 1830 arg. cafemar (d'apr. Esn.); 1844 cafemon (Dict. complet de l'arg. empl. dans « Les Mystères de Paris », p. 31); [1945] caf (B. Gelval, Fables et récits en arg., p. 4), v. aussi café-concert; 3. 1798 « moment où l'on prend le café, après un repas » (Ac.). Empr. au turc qahve (Arv.; Bl.-W.5; FEW t. 19, p. 79; empr. à l'ar. qahwa, v. caoua) soit directement, soit par l'intermédiaire de l'ital. [à partir de la région de Venise, DEI] (Brunot t. 3, p. 221; Prati; EWFS2; DG; Dauzat 1973) attesté d'abord sous les formes caveé (1570, G.F. Morosini [diplomate vénitien], Relazioni degli ambasciatori Veneti al Senato d'apr. DEI); la forme caffè est attestée en 1615 à Venise (DEI).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 5 839. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 5 307, b) 9 486; xxes. : a) 9 167, b) 9 708.
DÉR.
Caféisme, subst. masc.Intoxication aiguë ou chronique due à une consommation abusive de café, caractérisée par des troubles cardio-vasculaires, digestifs, neuropsychiques. Nous faisons enfin tous usage d'excitants légers, tabac, café, thé qui ne sont pas toujours inoffensifs, comme le démontrent bien le « théisme » tunisien et ce « caféisme » nordique qu'on a pu appeler « l'alcoolisme de la femme » (H. Bazin, La Fin des asiles,1959, p. 156).Attesté dans Lar. 19eSuppl. 1890, Lar. Lang. fr., Quillet et Rob. Suppl. 1970. [kafeism] 1reattest. 1890 (Lar. 19eSuppl.); dér. de café, suff. -isme*.
BBG. − Ac. Gastr. 1962. − Arv. 1963, pp. 111-118. − Boulan 1934, p. 183. − Darm. 1877, p. 149. − Goug. Mots t. 1 1962, p. 45. − Höfler (M.). Zum französischen Wortschatz orientalischen Ursprungs. Z. rom. Philol. 1967, t. 83, pp. 64-65. − Hope 1971, p. 278. − Lammens 1890, pp. 65-66. − Porot 1960 (s.v. caféisme). − Quem. 2es. t. 2 1971, p. 9; t. 4 1972, p. 40, 41. − Wind 1928, p. 40.

Wiktionnaire

Nom commun

café \ka.fe\ masculin

  1. Graines de caféier, ou poudre formée de ces grains torréfiés et moulus.
    • On ajoute quelquefois, après le grillage, un peu de beurre pour lustrer les cossettes et leur donner l’aspect du café brûlé. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 131)
    • Caféine. — Existe dans beaucoup de plantes, café, thé, cola, maté, guarana. — (Cousin & Serres, Chimie, physique, mécanique et métallurgie dentaires, 1911)
    • Les producteurs n’utilisent aucun produit chimique et emploient comme engrais du fumier, de l’écalure de café et du tourteau de ricin. — (Études rurales : Cafés et caféiers : Singularités et universalité d’une production mondialisée, Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, n°180, juil.-déc. 2007, page 225)
  2. Boisson, généralement bue chaude, de couleur noir-brun, réalisée à partir de cette poudre.
    • Ils aiment bien vivre après avoir bien travaillé ; un verre de vin ou de cognac ne leur fait pas peur, et ils se paient assez souvent le café, le pousse-café et le reste. — (Émile Thirion, La Politique au village, p. 135, Fischbacher, 1896)
    • Elle prépara le café devant son amie, avec un grand soin, en versant l’eau bouillante goutte à goutte. Et dès qu’il en eut passé la valeur d’une tasse, elle ne voulut rien entendre : elle servit Catherine Chotard ; il fallut que celle-ci bût le premier café passé, qui est toujours le meilleur. — (Charles-Louis Philippe, Dans la petite ville, 1910, réédition Plein Chant, pages 135-136)
    • Aujourd’hui, je médite ; je me rappelle avoir été frappé, partout où je suis allé, d’apercevoir dans les débits, dès la première heure du matin, des masses de gens, hommes ou femmes, corsant leur café par des rasades d’eau-de-vie. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Le café est un breuvage qui fait dormir quand on n’en prend pas. — (Alphonse Allais, Les Pensées )
    • Mamie boit du thé noir au petit déjeuner, du thé parfumé à la bergamote. Même si je ne trouve pas ça terrible, ça a toujours l’air plus gentil que le café, qui est une boisson de méchant. — (Muriel Barbery, L’élégance du hérisson, 2006, collection Folio, page 113)
  3. Portion, servie dans une tasse, de cette boisson pour une personne.
    • J’éloignai de mes lèvres son mauvais café – le café trop noir et trop amer qu’on déguste à Londres dans des tasses moins grandes que des œufs de pluvier […] — (Maurice Dekobra, La Madone des sleepings, 1925, réédition Le Livre de Poche, page 9)
    • Je prends un café et nous partons. — (Magalie Buron, Meurtre sur la piste, in Nouvelles policières, éditions Balthazar, avril 2003)
    • Contrairement à une idée préconçue, un expresso allongé sera plus excitant qu’un café serré.
  4. (Par métonymie) Établissement, lieu public où l’on consomme des boissons plutôt non alcoolisées.
    • Un mandoliniste grattait son instrument comme dans un café de province où les habitués sont demeurés de mœurs paisibles. — (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
    • Tous les soirs, sa besogne achevée, Helmy venait s’attabler à un petit café proche de la maison de Nazira. — (Out-el-Kouloub, Nazira, dans Trois contes de l’Amour et de la Mort, 1940)
    • À travers les vitres des brasseries et des cafés, on distinguait confusément, un peu partout, la foule des consommateurs gesticulant parmi la fumée des cigarettes. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • Ce fut, en ce temps de relative splendeur, qu’un soir de bombe, à Montparnasse, il cueillit Geneviève à une table de café. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, pages 29-30)
    • Inquiets, certains clients quittent le café mais, à peine sortis, s’arrêtent derrière la vitre pour contempler une dernière fois le soulographe. — (Jean-Michel Olivier, Les Innocents, L’Âge d’Homme, 1996, page 42)
    • C’est, par exemple, dans un café, ce qui nous permet de distinguer la conversation qui a lieu autour de la table de la rumeur de la pièce. — (Propos recueillis par Cécile Peltier, Ola Söderström : « Il est possible d’adapter l’espace urbain afin d’atténuer le stress des personnes souffrant de psychose », Le Monde, 20 avril 2020)
  5. Moment où l’on prend le café après le repas.
    • Ne m’attendez pas pour dîner, je viendrai seulement au café.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CAFÉ. n. m.
Graine d'un arbre originaire de l'Arabie que l'on torréfie et que l'on réduit en poudre pour en faire un breuvage auquel on donne le même nom. Café Moka ou de Moka. Café Bourbon. Balle de café. Prendre du café. Torréfier, brûler le café. Moudre le café. Boire du café au lait. Café à la crème. Crème au café. Café glacé. Tasse à café, Une tasse qui sert à boire du café. Une tasse de café, Une tasse pleine de café. Faites deux tasses de café, Faites la quantité de café nécessaire pour remplir deux tasses. Couleur de café brûlé ou adjectivement Couleur café, Couleur d'un brun doré. Couleur café au lait, Couleur d'un brun pâle. Il se dit, par extension, d'un Lieu public où l'on débite du café ou d'autres breuvages. Il y a beaucoup de cafés dans cette ville. Un beau café. Un café bien fréquenté. Aller au café. Passer sa vie dans les cafés. Garçon de café. Il se dit aussi du Moment où l'on prend le café après le repas. Ne m'attendez pas pour dîner, je viendrai seulement au café.

Littré (1872-1877)

CAFÉ (ka-fé) s. m.
  • 1Graine du cafier. Café Bourbon, café Moka, ou café de Bourbon, de Moka. Café en coque ou en cerise. Café mondé. Café en poudre. Marc de café. C'est toi, divin café, dont l'aimable liqueur, Sans altérer la tête, épanouit le cœur, Delille, Les trois règnes, VI.

    Par abus, l'arbre même qui le produit. Le café avait été transporté, en 1726, dans nos îles de l'Amérique par M. Desolieux, depuis chef d'escadre, à qui M. Dufai en avait confié quelques pieds ; manquant d'eau dans la traversée, il avait conservé ce dépôt précieux aux dépens de son propre nécessaire, Condorcet, Maurepas.

  • 2Breuvage fait par infusion d'eau bouillante, avec le café brûlé et moulu. L'usage de l'infusion de café ne paraît pas remonter au delà du XVe siècle ; il fut introduit en Europe au commencement du XVIIe, à Marseille en 1654. J'avais pris mon café, Sévigné, 159. Il prenait du café pour s'empêcher de dormir et travailler davantage ; et puis, pour rattraper le sommeil, il prenait de l'opium, Fontenelle, Bourdelin. Aux dîners d'Agathe, Au lieu de café, Vite une sonate, Béranger, Musique.

    Tasse à café, une tasse pour prendre le café. Une tasse de café, une tasse pleine de café.

    L'heure où l'on prend le café. Ne m'attendez pas pour dîner, je viendrai seulement au café.

    Café au lait, café dans lequel on met une certaine quantité de lait, et qu'on prend avec du pain.

    Couleur de café ou couleur café ; couleur de café au lait, ou couleur café au lait, couleur qui est celle du café, du café au lait.

  • 3Abusivement, café de chicorée, poudre de racines de chicorées rôties.
  • 4Lieu public où l'on prend du café ou d'autres breuvages. Restaient [chez la veuve de Maisons] les nouvelles, les petites intrigues, les cabales du parlement, un reste de tribunal en peinture qui ressemblait beaucoup à un café renforcé, qu'elle faisait valoir tout ce qu'elle pouvait, Saint-Simon, 401, 238. Vous vous appelez Fabrice ? - Oui, monsieur ; en quoi puis-je vous servir ? - Vous tenez un café et des appartements ? - Oui, Voltaire, l'Écossaise, III, 4.
  • 5 Populairement. Voilà qui est fort de café, c'est un procédé intolérable, une assertion étrange.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

CAFÉ. Ajoutez :
6 Populairement, un café, une demi-tasse de café. Intrépide, et soutenu d'ailleurs par trois cafés pris avant de venir, il se débattait au milieu des autres, G. Flaubert, l'Éduc. sentimentale, t. II, p. 110.
7Café de figues, figues torréfiées et moulues. Monsieur, vous m'avez référé des doutes qui se sont élevés dans l'esprit du service au sujet du régime applicable à un produit importé de Suisse sous la dénomination de café de figues et qui consiste en figues torréfiées et moulues, sans mélange de sucre ou de mélasse, Lett. commune, Douanes, 1er mars 1876, n° 293.
8 Arbre à café (coffee-tree des Américains), le gymnocladus dioica, Baillon, Dict. de bot. p. 247.
9Café chantant, café où l'on fait entendre des chanteurs.

Café-concert, café où l'on fait entendre des concerts. Le café-concert a sur le théâtre l'immense avantage du cigare, de la bière, du coude sur la table, E. Texier, Siècle, 7 avril 1867.

10Populairement et fig. Monsieur prend son café, c'est-à-dire vous vous amusez à mes dépens.

REMARQUES

Ajoutez :

1. Le premier café établi à Marseille date de 1671 ; en 1672 fut fondé le premier café parisien, au quai de l'École ; en 1716, il y avait déjà dans la capitale trois cents établissements de ce genre, M. de Lescure, Journ. offic. 17 nov. 1875, p. 9405, 3e col. Huet parle des cafés comme très répandus : Une étude assidue les obligerait à sortir de leur crasse, à quitter leur vie molle, les douceurs de leur fainéantise, le verbiage et les fadaises de leurs cafés…, Huetiana, p. 2.

2. Avant de dire café tout court en parlant d'un établissement public où l'on prend du café, on a dit maison de café, comme on disait aussi maison de chocolat. La première boutique de librairie, ou la première maison de café qui se présente, Bayle, Avis aux réfugiés.

3. Vers la fin du XVIIe s. l'orthographe des mots café et chocolat n'était pas encore fixée. Du Guet écrivait à Mme des Rieux : Ni le caphé ni le chocolate ne sont propres à votre estomac, Sainte-Beuve, t. V, livre VI, 8.

4. La locution : fort de café, vient de ce que les personnes qui prennent du café au lait, disent, lorsque c'est le cas, qu'il est trop fort, trop chargé de café.

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Étymologie de « café »

Arabe cahwa ou chawe ; espagn. café ; ital. caffè ; angl. coffee.

ÉTYMOLOGIE

Arabe, kahoua (prononcé à la turque kahvé), qui désigne la liqueur et non le fruit, DEVIC, Dict. étym. Kahoua a été longtemps un des noms du vin, d'après M. Dozy, qui ajoute : Quand on considère que le vrai moka est une liqueur enivrante, on s'explique pourquoi on lui a donné ce nom.

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(Vers 1610) Emprunté au turc kahve, peut-être par l’intermédiaire de l’italien caffè. Le turc vient de l’arabe قهوة, qahwa (« le vin en tant que stimulant de l’appétit »). On retrouve cette même origine dans son synonyme caoua.
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Phonétique du mot « café »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
café kafe

Évolution historique de l’usage du mot « café »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « café »

  • Le sucre, c'est ce qui donne mauvais goût au café quand on n’en met pas dedans. De Anonyme
  • Le café au lait est une boisson mulâtresse. De Ramon Gomez de la Serna / Greguerias
  • Il y a trois choses, dans la vie, que je ne supporte pas : le café brûlant, le champagne tiède et les femmes froides. De Orson Welles
  • Il vaut mieux prendre ses désirs pour des réalités que de prendre son slip pour une tasse à café. De Pierre Dac
  • On change plus facilement de religion que de café. De Georges Courteline / La Philosophie de Georges Courteline
  • Le doux caboulot Fleuri sous les branches […]. François Carcopino-Tusoli, dit Francis Carco, La Bohème et mon cœur, Albin Michel
  • Tout cela vaut bien mieux que d'aller au café. Charles Cros, Le Coffret de santal, Morale
  • Eh ! la France, ton café f le camp. Jeanne Bécu, comtesse Du Barry,
  • Si l'on donnait du café aux vaches, on trairait du café au lait. De Pierre Dac
  • Boire du café empêche de dormir. Par contre, dormir empêche de boire du café. De Philippe Geluck / L'excellent du chat
  • Le café design est une invention des Parisiens pour parquer les provinciaux et déjeuner tranquilles au Café de Flore. De Frédéric Beigbeder / L’Amour dure trois ans
  • Il est possible de boire un café dans un café, il est envisageable de boire de l'eau dans l'eau, il est souvent trop tard pour boire une bière dans une bière. De Philippe Geluck / Extrait de "Le chat a encore frappé"
  • L’amour sans philosopher C’est comme le café Très vite passé. De Serge Gainsbourg / Couleur café
  • Le comptoir d'un café est le parlement du peuple. De Honoré de Balzac
  • L’humour est comme le café : meilleur très noir. De Bertrand Cèbe
  • Je juge un restaurant par son pain et son café. De Burt Lancaster
  • Le café est un breuvage qui fait dormir quand on n’en prend pas. De Alphonse Allais
  • Thé et café donnent de l'esprit à ceux qui en ont et des insomnies à ceux qui n'en ont pas. De Verlet
  • Dans le cadre du PLU, pour lequel l'enquête publique doit s'ouvrir le 21 septembre prochain, la municipalité avait déjà mis sur pied plusieurs rendez-vous interactifs avec les habitants. « Pour améliorer la concertation, nous avions organisé des cafés PLU, rappelle Marie-Olwenn Odobert. Des ateliers participatifs ont aussi été montés fin 2019 et en février dernier. À Brunoy, la demande de la population est très forte sur les questions d'urbanisme et de patrimoine. C'est pourquoi nous allons poursuivre avec ce concept de Café Urba dès la rentrée, dans un contexte sanitaire que nous espérons tous plus favorable. » leparisien.fr, Urbanisme à Brunoy : démarrage timide pour le Café Urba - Le Parisien
  • En vacances ou non, les pauses-café sont incontournables au bureau. Mais à cause du télétravail, la machine à café attire de moins en moins. Une situation qui inquiète les professionnels de la distribution de café. Pour le seul mois de juin, leurs chiffres d'affaires ont baissé de 60%, soit l'équivalent de 180 millions de cafés vendus en moins. Mais certains se battent pour retrouver leurs clients en proposant des machines qui limitent les contacts. Ce sujet a été diffusé dans le journal télévisé de 13H du 27/06/2020 présenté par Anne-Claire Coudray sur TF1. Vous retrouverez au programme du JT de 13H du 27 juin 2020 des reportages sur l'actualité politique économique, internationale et culturelle, des analyses et rebonds sur les principaux thèmes du jour, des sujets en régions ainsi que des enquêtes sur les sujets qui concernent le quotidien des Français. LCI, Les activités des professionnels de la distribution de café tournent au ralenti | LCI
  • La comédienne et chanteuse Valérie Mischler et son mari Serge ont repris depuis trois semaines le café-restaurant « l’Auberge » à Egriselles-le-Bocage (Yonne), 1.200 habitants dans le Gâtinais. Et leur pari, c’est de proposer des spectacles tous les week-end cet été, puis tout au long de l'année. France Bleu, "L'Auberge" d'Egriselles-le-Bocage se transforme en café-théâtre
  • Ce n’est pas parce qu’on est belge qu’on aime uniquement la bière. Xavier Lammar apprécie tout autant les subtilités d’un bon café. Installé à Bailleul, le quadragénaire s’est lancé il y a quelques mois comme torréfacteur, sous l’appellation de Potj’café. La Voix du Nord, À Bailleul, un quadra belge se lance dans la torréfaction du café
  • Aix - Marseille - Allauch : un café, un gramme de coke et... LaProvence.com, Faits divers - Justice | Aix - Marseille - Allauch : un café, un gramme de coke et l'addition | La Provence
  • La brûlerie de Belleville est l'une de ces nouvelles entreprises qui promeuvent le café dit « de spécialité », provenant d'un terroir traçable et torréfié sur place, à Paris. Nous avons fait goûter à l'aveugle quatre types de dosettes à sa torréfactrice, Mihaela Iordache, afin de déterminer si le matériau utilisé pour l'emballage avait un impact sur le goût de la tasse de café. « Ça a un goût très intense de bois, à la limite de cendres, déclare-t-elle en testant le café Carte Noire conditionné dans du plastique. Souvent, quand on torréfie trop le café, c'est pour cacher des défauts, et pourquoi pas, ici, des défauts liés à l'emballage. » leparisien.fr, VIDÉO. Les dosettes de café sont-elles mauvaises pour la planète ? - Le Parisien
  • Le coup de gueule du Préfet de la région Pays de la Loire. Les gestes barrières ne sont pas respectés dans certains restaurants ligériens selon lui. Une déclaration qui fait bondir le propriétaire d'un café-concert à Montenay près d'Ernée. France Bleu, Coronavirus - Le gérant d'un café agacé par les propos du Préfet des Pays de la Loire sur les gestes barrières
  • Nouredine Ben Arbia, l'artisan torréfacteur installé au village, est heureux de faire connaître ses nouveautés. Sous son enseigne Neisa Café, il commercialise des grains qui viennent du monde entier et qu'il torréfie sur son site. Depuis son ouverture, il ne cesse de faire évoluer ses produits. Il est toujours à la recherche d'un café au goût sublimé. Il effectue des mélanges qu'il aime faire goûter à ses clients dans sa boutique  afin de recueillir leurs réactions en direct. lavoixdelain.fr, Perrex - Du café bio proposé par le torréfacteur

Images d'illustration du mot « café »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « café »

Langue Traduction
Anglais coffee
Espagnol café
Italien caffè
Allemand kaffee
Portugais café
Source : Google Translate API

Synonymes de « café »

Source : synonymes de café sur lebonsynonyme.fr

Café

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