Barre : définition de barre


Barre : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

BARRE, subst. fém.

I.− Pièce étroite et longue, généralement de section régulière, d'une rigidité et d'une résistance variables selon la matière dont elle est faite :
1. Au bruit de pas qui descendaient, de lui-même le concierge tira le cordon et Tisselin en un clin d'œil ôta la barre, ouvrit le second battant, ... J. Péladan, Le Vice suprême,1884, p. 308.
2. ... nombreux [sont] à Paris et en province les parents éloignés qui attendent sa mort, tandis que nous causons intimement tous les deux, matin et soir, lui à la barre de mon lit ou moi à la barre du sien. Jouhandeau, M. Godeau intime,1926, p. 246.
A.− En partic., techn. diverses
1. MAR. Tige actionnant le gouvernail et, p. ext., tout dispositif servant à gouverner un bateau.
Au fig. Coup de barre. Changement brusque de direction dans la conduite d'une personne, d'une société. Être à la barre, prendre la barre. Diriger.
2. MINES. Barre à mine. Tige d'acier à extrémité taillée en biseau, utilisée pour forer les trous de mine.
3. PHYS. NUCL. Barre de contrôle. ,,Barre absorbant les neutrons et dont l'enfoncement dans un réacteur permet de réduire la réactivité à la demande, donc de piloter le réacteur`` (Charles 1960). Barre de sécurité. ,,Barre ayant même propriété qu'une barre de contrôle, mais dont le déplacement dans le réacteur est extrêmement rapide pour pouvoir, en cas d'incident, stopper brutalement le développement de la réaction en chaîne`` (Charles 1960) :
3. Le contrôle de la pile se fait en déplaçant des barres d'alliages, comme l'acier au bore, qui absorbent les neutrons et influent sur la réaction en chaîne; des barres analogues, dites de sécurité, peuvent arrêter automatiquement la pile en cas d'accident. Goldschmidt, L'Aventure atomique,1962, p. 210.
B.− P. ext. Objet servant ou aboutissant à séparer ou à appuyer.
1. [Sert ou aboutit à séparer]
a) [De manière à protéger]
JUST. ,,Barrière qui autrefois séparait les juges du public dans la salle d'audience`` (Cap. 1936).
P. méton. Actuellement lieu de la salle d'audience où comparaissent les témoins et où plaident les avocats. Comparaître, être appelé à la barre :
4. Cette femme-là a un amant qu'elle aime; on la soupçonne, on la tourmente, (...); elle est effrayée, elle va perdre l'homme qui remplit sa vie, (...). Son mari se lève en sursaut, (...); il la réveille, il veut la traîner à la barre d'un tribunal. Musset, Le Chandelier,1840, III, 2, p. 73.
MAN. ,,Longues pièces de bois rondes suspendues horizontalement à deux cordes, pour séparer les chevaux dans les écuries`` (Ac. 1835-1932).
b) [De manière à être une entrave]
OCÉANOGR. Accumulation d'alluvions fluviales qui se forme parallèlement à la côte devant l'entrée d'un estuaire.
JEUX. Jeu de barres. Jeu de course entre deux camps limités chacun par une barre tracée sur le sol :
5. Dès le collège, un besoin impérieux le tourmentait d'exceller en tout, aux barres comme à la balle, au gymnase comme au laboratoire de chimie. Verne, Les 500 millions de la Bégum,1879, p. 21.
Expr. fig. Avoir, prendre barre(s) sur qqn. Avoir l'avantage sur lui :
6. Mon cher Monsieur Lecou, n'ayez pas de relâche que vous n'ayez fait régler les in-12 à Souverain, tant que j'ai quelque chose à livrer, vous avez barre sur lui; ... Balzac, Correspondance,1839, p. 559.
7. Elle avait eu barre sur le fils pendant quelques heures − onze, le chiffre de la transgression − ... Huysmans, L'Oblat,t. 2, 1903, p. 159.
Rem. Toucher barres (vieilli). Partir à peine arrivé :
8. ... si je vous écris aujourd'hui, c'est surtout par ennui de ne l'avoir pas fait depuis longtemps. Je ne vais à Paris que pour y toucher barres. Gobineau, Correspondance[avec Tocqueville], 1855, p. 222.
2. [Sert d'appui, de support]
a) AUTOMOB. Barre d'accouplement. Pièce métallique destinée à assurer le parallélisme des roues directrices :
9. Chez Panhard (modèle « dynamic »). Cette disposition [la direction au milieu] entraîne la suppression de la barre d'accouplement, chaque roue étant commandée individuellement. H. Tinard, L'Automob.,1951, p. 329.
b) CHORÉGR. ,,Tringle cylindrique placée dans les studios de danse parallèlement au mur de manière à ce que les élèves aient un point d'appui pour effectuer les exercices`` (Giteau 1970).
c) CONSTR. Barre d'appui. ,,Barre en métal ou en bois scellée dans les tableaux d'une fenêtre, à hauteur d'appui`` (Noël 1968).
d) IMPR. Barre du châssis. ,,Pièce de fer qui traverse, dans le sens de la hauteur ou de la largeur le châssis dans lequel on assemble ou on impose les pages`` (Ac. 1835-1932).
e) SP. Barre fixe. Barre soutenue par deux montants verticaux. Barres parallèles. Barres maintenues à égale distance par des montants verticaux.
C.− Populaire
1. Coup de barre. Grande fatigue subite (cf. Esn. 1966).Synon. pop. coup de pompe.
2. C'est le coup de barre. C'est très cher (cf. coup de fusil).
II.− P. anal.
A.− ANAT. ANIMALE. Barres du cheval. Partie de la mâchoire du cheval, entre les molaires et les incisives, où s'appuie le mors. Il faut ménager les barres d'un jeune cheval (Ac.1798-1932).
Argot :
10. « Ne compte que sur le liquide pour te rafraîchir les barres, cavalièrement parlant. » (A. Lecomte, [18] 61). L. Larchey, Dict. hist. d'arg.,1878, p. 29.
Au fig. Crispation douloureuse :
11. Elle dit à Marie de Lados qu'elle se sent une barre sur l'estomac et qu'elle n'aurait pas dû reprendre de l'anguille; ... MauriacGénitrix,1923, p. 382.
B.− Usuel. Trait tracé à la plume, au crayon :
12. 18 d'instruction civique plus 25 de chant plus 50 de cosmographie plus 75 de notions d'hygiène; tirez une barre et additionnez : total : zéro. Total, un médiocre. Montherlant, Fils de personne,1943, III, 3, p. 323.
13. ... le caractère était décomposé en une multitude de traits, à chaque trait de l'esprit correspondait un trait de plume; la barre de vos T devenait la plus indiscrète et la plus péremptoire des confidentes. Mounier, Traité du caractère,1946, p. 204.
En partic. Premier exercice d'écriture pour les jeunes écoliers. Cet écolier ne fait encore que des barres (Ac.1835-1932).
Spécialement
1. HÉRALD. Trait oblique qui sépare l'écu du haut de la partie gauche au bas de la partie droite.
2. MUS. Barre de mesure. ,,Trait perpendiculaire sur la portée musicale, pour séparer les mesures d'un morceau de musique`` (Rougnon 1935). Barre horizontale. ,,Nom donné à chacune des cinq lignes de la portée de musique. Petite barre horizontale placée au-dessus ou au-dessous d'une note dans la musique de chant et de piano, indiquant qu'il faut accentuer la note avec un léger appui`` (Rougnon 1935). Barre double. Traits perpendiculaires sur la portée musicale pour indiquer la fin d'un morceau de musique ou la fin d'une partie de morceau (d'apr. Rougnon 1935) :
14. Or, c'est ce dont aucune des éditions n'a tenu compte; et les doubles barres, abusivement réintroduites, ont favorisé la tendance, (...), à disloquer la construction générale, pour des effets de contrastes exagérés. R. Rolland, Beethoven,t. 2, 1928, p. 427.
Prononc. − 1. Forme phon. : [bɑ:ʀ] ou [ba:ʀ]. Enq. : /baʀ/, 2. Homon. : bar, bard.
Étymol. ET HIST. I.− Début xiies. « pièce de bois, de métal, etc. longue et rigide » ici « barre d'une porte » (Psautier Cambridge, éd. Fr. Michel, Paris 1876, 147, verset 2 : Ker il ad conforté les barres [lat. vectes] de tes portes); 1690 or en barre (Fur.). A.− Sert d'arrêt, de séparation 1. 1389 « mâchoire du sanglier » (Chasse de G. Phébus, Ms. p. 61 dans La Curne : Ilz ont quatre denz, deux en la barre dessus, et deux en la barre dessoubz); 1678 p. ext. barres de la bouche du cheval (Guillet, Les Arts de l'homme d'épée, 1repart., L'Art de monter à cheval); 2. 1542 « barrière qui sépare l'assistance des juges dans un tribunal » (Cl. Marot, Enfer, éd. P. Jannet, t. I, p. 51 : Encor (pour vray) mettre on n'y peut tel ordre, Que tousjours l'un l'autre ne vueille mordre, Dont raison veult qu'ainsi on les embarre [les plaideurs] Et qu'entre deux soit mys distance et barre, Comme aux chevaulx en l'estable hargneux); 3. 1678 (Guillet, op. cit., 3epart., L'art de la navigation : Barre est un amas de sable ou une chaîne de roches qui embarassent tellement l'entrée d'une Rivière, ou celle d'un Port, qu'on n'y peut passer que de haute marée, ou par des Passes). B.− Sert d'appui. 1. 1610 « pièce de bois transversale qui soutient le fond du fût » d'où être à la barre « être au niveau » (B. de Verville, Moyen de parvenir, Question I dans Hug. : Je disois que le vin estoit bas, monsieur disoit qu'il estoit à la barre); 2. 1866 gymn. barres parallèles, barres de suspension (Lar. 19e); 1928 chorégr. (Lar. 20e). C.− Donne une impulsion 1678 mar. (Guillet, op. cit., 3epart., L'art de la navigation : Barre du Gouvernail est une longue piece de bois que le Timonier ou Gouverneur tient à la main, devant l'Habitacle); 1789 fig. (être) à la barre « gouverner » (Mirab. ds Lar. 19e). II.− Trait imitant une barre 1. 1461 hérald. « trait qui sépare obliquement l'écu (d'un bâtard), de gauche à droite » (Villon, Gr. Test., 1097, éd. Longnon : De rechief donne Perrenet, J'entends le Bastard de la Barre, Pour ce qu'il est beau filz et net, En son escu en lieu de barre, Trois dez plombez, de bonne carre); 2. 1606 barres subst. plur. « jeu où les joueurs forment deux camps dont chacun est limité par une barre tracée sur le sol » d'où expr. 1554 avoir une barre « avoir un avantage » (E. Pasquier, Monophile, L. I [II, 725] dans Hug.); 1606 avoir barre sur « dominer » (Du Villars, Mém., VII, an 1556 dans Gdf. Compl.); 3. 1690 (Fur. : Barre est aussi une ligne qu'on tire avec la plume. On s'en sert pour marquer la fin d'un article, d'un chapitre, d'un traité et pour les distinguer les uns des autres) d'où 1771 mus. barres de mesure (Trév.). Empr. à un lat. vulg. *barra dont l'existence est démontrée par les corresp. romans (REW3); à rapprocher de I, le lat. médiév. barra « barrière », XIIes. (Nierm.) en partic. « barrière de péage », 1100 (Brunel, Actes de Pontieu, p. 12, no8, ibid.).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 1 362. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 091, b) 2 393; xxes. : a) 2 304, b) 2 225.
BBG. − Artur (J.). Le lang. des gens de mer. Déf. Lang. fr. 1970, no52, p. 22. − Delamaire (J.). Meuniers et moulins à vent. Vie Lang. 1970, no224, p. 629. − Gottsch. Redens. 1930, p. 216, 250, 301, 334, 436. − Pamart (P.). La Parole est d'argent, mais le silence est d'or. Vie Lang. 1971, p. 141. − Pohl (J.). La Maison dans les fr. marginaux Vie Lang. 1969, p. 81. − Quem. 2es. t. 2 1971, p. 7. − Rog. 1965, p. 92, 98, 106. − Sain. Lang. par. 1920, p. 385. − Stone (W.). Le Mot barre dans le Jeu de Saint Nicolas In : [Mél. Roques (M.)]. Paris, 1953, t. 2, pp. 291-296. [Cr. Roques (M.). Romania. 1953, t. 74, p. 520].

Barre : définition du Wiktionnaire

Nom commun

barre \bɑʁ\ ou \baʁ\ féminin

  1. Pièce de bois, de métal, etc., étroite et longue.
    • Je me contentais depuis la veille de monter quelques instants dans la mâture ; à ce moment, je pris définitivement mon poste sur les barres du petit perroquet. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • À 9 heures du soir, la barre en chêne de mon gouvernail se brisait, mais heureusement je possédais une barre de secours en fer. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil, tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Il reste à trouver celui qui t’a frappé avec une barre de fer. Celui qui ordonna à quelqu’un d’ordonner à quelqu’un qui ordonna à quelqu’un d’autre de te tuer. — (Vassilis Vassilikos, Z, 1966, traduit du grec par Pierre Comberousse, NRF Gallimard, 1967, p. 342)
    • Tatiana n'avait pas mis longtemps à trouver le chemin de l'escalier du 100. Une de ses anciennes colocatrices du foyer étudiant de Tomsk officiait à la barre de strip-tease depuis l'hiver d'avant et lui avait proposé de rencontrer son patron. — (Sylvain Tesson, S'abandonner à vivre, Éditions Gallimard/Folio, 2015)
  2. (En particulier) (Vieilli) Pièce de bois ou de métal qui permet la fermeture d’une porte ou d’une fenêtre.
    • Les lieux sont décrits avec précision. La porte d'entrée de la maison est en bon état, avec deux grandes barres, deux gonds, un verrou par dedans, une serrure avec sa clef, le tout en fer. — (Gérard Sabatier, Le vicomte assailli: économie rurale, seigneurie et affrontements sociaux en Languedoc des montagnes (Velay, Vivarais, Gévaudan) aux XVIIe et XVIIIe siècles, Centre d'étude de la vallée de la Borne, 1988, p. 62)
    • Ouvre, que je te parle, intima Percebois, […]. La serrure claqua deux fois, suivie d'un bruit métallique : une targette que l'on tirait, peut-être une barre de porte enlevée à force. — (Patrick Breuze, La Malpeur, Presses de la Cité, 2010, chap. 4)
    • Sherlock Holmes émet une première hypothèse : les sifflements sont peut-être le fait des bohémiens et le bruit métallique celui d'une barre de volet qui retombe. — (Fiche de lecture rédigée par Dominique Coutant-Defer : « La Bande mouchetée » d'Arthur Conan Doyle, ‎lePetitLittéraire.fr, 2011)
  3. (Par extension) Objet assez rigide à la section plutôt rectangloïde et uniforme.
    • Deux grenades prudemment désamorcées en pendant sur la cheminée, de part et d'autre d'une dernière barre de plastic, nougat fade dans son carton gras. — (Maurice Frot, Le roi des rats, Éditions Gallimard, 1965, page 68)
    • Ses dents rongeaient une barre de caoutchouc qui l’empêchait de se mordre la langue. — (Graham Masterton, Rituel de Chair, traduit de l'anglais (Grande-Bretagne) par Jean-Daniel Brèque, Éditions NEO, 1989 & Bragelone "Terreur", 2011, chap. 23)
  4. (Spécialement) Présentation d'un aliment en morceau oblong.
    • Il s'installe pour dormir. Il étend son parachute, ouvre sa boîte de ration et dévore une barre de pâte de fruit vitaminée. — (Jean Renald, L'enfer de Dien Bien Phu, Éditions Flammarion, 1955, page 58)
    • Fait de pâte feuilletée levée (comme le croissant) à laquelle on ajoute une (voire deux) barres de chocolat, le pain au chocolat est bien évidemment calorique, gras et sucré... mais si bon ! — (Laurence Plumey, Sucre, gras et sel, Éditions Eyrolles, 2017, page 56)
    • Antoine regarde sa mère ouvrir la barre de nougat tandis qu'il finit son chocolat chaud. C'est vraiment interminable de dégager de son emballage en plastique ce fichu nougat ! — (Anne Jansen, Quelques jours en hiver, Éditions Le Manuscrit, 2003, page 43)
    • Ce n'est qu'au cours d'effort très prolongé et de faible intensité type randonnée que l'on peut envisager l'utilisation de « barre de céréales ». Dans ces circonstances, vous le savez, le muscle brûle plus de graisses. — (Stéphane Cascua, avec ‎Marie-Pierre Olivieri, Le Sport pour maigrir, Éditions Odile Jacob, 2005)
  5. (Marine) Commande du gouvernail ou du cabestan d’un navire.
    Statue d’un homme à la barre (4)
    • Les pilotes de la barre exécuteront fidèlement tous les ordres qui leur seront donnés ou transmis par le pilote-major, leur chef immédiat, ou par son suppléant en son absence; […]. — (« Ordonnance du Roi qui fixe les Règlement et Tarifs de pilotage pour le quatrième Arrondissement maritime », Paris, le 31 Août 1830, §. 162, dans le Bulletin des lois du royaume de France, IXe série, tome 1, part. 2, Paris : Imprimerie royale, mars 1831, p. 720)
    • […] et debout près de la barre, Jean Donnard, grave et sombre, se signa, comme il avait coutume de faire chaque fois qu’il partait vers le large. — (Octave Mirbeau, Les eaux muettes )
  6. Pièce de fer longue et carrée, qui se pose, dans le foyer, en travers des chenets, pour soutenir les bûches et les tisons.
    • Chesnel était dans son vieux fauteuil de cuir noir, devant son feu; il avait chaussé l'armure de carton peint, figurant une botte, avec laquelle il préservait ses jambes du feu, car il avait l'habitude d'appuyer ses pieds sur la barre et de tisonner en boassant, car il mangeait toujours trop : il aimait la bonne chère, et sans ce petit défaut, il eut été plus parfait qu'il n'est permis à un homme de l'être. — (Honoré de Balzac, « Un crime », dans Les rivalités en province, Bruxelles : chez Méline, Cans & Cie, 1838, p. 113)
  7. Pièce de bois transversale qui serre et soutient les fonds d’un tonneau par le milieu.
    • Il faut percer ce muid au-dessous de la barre.
    • Ce vin perd sa qualité quand il est au-dessous de la barre.
  8. Longues pièces de bois rondes qu’on suspend horizontalement à deux cordes, pour séparer les chevaux, dans les écuries.
    • On place une barre entre chaque paire de chevaux, à la hauteur de 3 pieds ou 3 pieds et demi de terre. Les chaînes de suspension seront de 3 à 4 pouces en longueur, de manière à ce que la barre cède lorsque le cheval vient en contact avec elle en se tournant. Les barres sont employées dans presque toutes les écuries militaires. — (John Stewart, Économie de l'écurie, traduit de l'anglais d'après la 6e édition par H……t, Bruxelles : chez Veuve Parent & fils, 1859, p. 17)
  9. (Droit) Petite barrière qui ferme l’entrée de l’enceinte où siègent les membres d’un tribunal, d’une assemblée politique.
    • Le docteur Paul était ensuite venu, brillamment expliquer à la barre comment les coups avaient occasionné, en effet, seize blessures […]. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
  10. (Figuré) Trait de plume, de crayon, etc., que l’on fait pour annuler, biffer ou souligner, pour séparer, marquer, noter, etc.
    • Tirer une barre sur les passages qu’on veut retrancher.
    • En solfège, les mesures sont séparées par des barres qui coupent la portée de distance en distance.
  11. Exercices que l’on fait ordinairement faire aux enfants pour leur apprendre l’écriture et qui consistent en une suite de traits droits et parallèles.
    • Cet écolier ne fait encore que des barres.
  12. (Héraldique) Pièce de l’écu qui va de l’angle senestre du chef à l’angle dextre de la pointe. C’est l’opposé de bande.
    • Il porte de gueules à la barre d’argent.
  13. (Géographie) Amas de sable, de roches, ou même de vase, qui barre l’entrée d’une rivière ou d’un port en tout ou en partie, et force, lorsqu’elle est continue, d’alléger les bâtiments ou d’attendre la marée.
    • J’ajouterai toutefois, que vers la fin de la saison sèche, l’Orange est à peu près sans eau jusqu’à cinq ou six milles de son embouchure. Il se forme alors une barre sur laquelle la houle de l’ouest se brise avec violence. — (Jules Verne, Aventures de trois Russes et de trois Anglais, 1872)
  14. (Géographie) Vague élevée transversale qui remonte violemment contre le courant par l’effet de la marée, aussi appelée mascaret.
    Une barre (14)
    • La vague particulière qu’on désigne dans la Seine sous le nom de Barre, qu'on appelle Mascaret dans la Gironde , et qu'on désigne généralement sous le nom de flot; la barre de la Seine est, selon moi, le résultat de l'accumulation d'une partie de la puissance des courants de flot; et cette accumulation est la conséquence du choc des courants de jusant contre les premiers. — (Bernard Fortin, « Lettre au riverain de la Seine auteur d'un mémoire sur l'amélioration de la navigation de la Seine maritime », Embouchure de la Seine (Addition), Études sur les travaux maritimes, Paris : chez Robiquet & chez Carillan-Goeury & Veuve Dalmont , Rouen : chez Le Brument, mars 1847, page 89)
  15. (Géographie) Zone située au large des côtes et où les vagues se brisent.
    • La barre empêche les embarcations d’arriver jusqu’à la côte.
  16. (Familier) Sensation désagréable à l’abdomen, causée par le stress, l’appréhension, la peur, etc.
    • J’avais comme une barre à l’estomac, et dans le cerveau quelque chose qui me brûlait. Je fus près de défaillir. — (Octave Mirbeau, La tête coupée,)
  17. (Architecture) Immeuble d’habitation collective, plus long que haut, souvent de taille imposante.
    Une barre (17)
    • Voyant que je m’intéressais aux arts plastiques, un de mes profs de collège m’a conduit à l’École d’arts appliqués Olivier-de-Serres, à Paris. Un choc : il y avait donc autre chose que mes barres HLM ! — (Kader Attia, Interview par Yasmine Youssi, Télérama no 3 393, janvier 2015)
  18. (Médecine) Chez la femme, prolongement excessif de la symphyse pubienne.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  19. (Chemin de fer) Barre d’attelage, barre de longueur réglable permettant de relier deux wagons.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  20. (Musique) Pièce de bois collée sous la table supérieure des instruments à cordes, dans le but de les rigidifier.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  21. (Musique) Terme de notation sur les partitions de chant liturgique.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  22. (Imprimerie) (Typographie) (Désuet) Pièce de métal qui traverse, dans le sens de la hauteur ou de la largeur, le châssis des typographes, sur lequel ils assemblent ou imposent les pages.
    • C'est entre les biseaux et les barres du châssis que se mettent encore d'autres pièces de bois beaucoup plus courtes, taillées aussi en biseau, nommées les coins, qu'il chasse à coups de marteau, à l'aide d'un cognoir ou décognoir , qui est un véritable coin de bois. — (« Imprimerie (L'art de l’) », dans le Dictionnaire raisonné universel des arts et métiers, tome 2, nouvelle édition, Lyon : chez Amable Leroy, 1801, p. 497)
  23. (Télécommunications) Indicateur de qualité du réseau sans fil.
    • « […]. Avec un téléphone portable dessus. […]. Il est branché. […]. Je ne l'ai pas vu, mais je suis prêt à parier que le détonateur est là au milieu. » Il respira à fond. « Et il y avait des barres sur le téléphone. Trois barres. » — (Stephen King, Cellulaire, traduit de l'américain par William Olivier Desmond, Éditions Albin Michel, 2006)
    • Située en haut de l'écran, la barre d'état affiche de petites icônes fournissant quantité d'informations sur l'état actuel de l'iPhone :
      Signal téléphonique : ces quatre barres indiquent si vous êtes à portée d'un émetteur de téléphonie mobile, et donc si vous pouvez recevoir et envoyer des appels.
      — (Edward C. Baig & Bob Levitus, iPhone iOS 13 pour les Nuls - 2020, traduit de l'anglais (États-Unis), Éditions First Interactive, 2019)
  24. (Argot) Million de devises (francs, euros…).
    • La vache ! Moi, j’ai l’air has been ? J’en ai pour plus d’une barre de fringues sur moi. Alors, va te faire mettre !— (La Classe américaine, 1993.)
  25. (Figuré) Cap, jalon, étape importante dans l’avancement d’un projet.
    • Le taux de participation des femmes aux processus de décision a à peine atteint la barre des 30 % dans la plupart des pays, et les institutions de l’Union européenne, où la représentation des femmes se situe entre 13 et 30 %, ne sont pas forcément, elles non plus, le meilleur exemple. — (Prets (PSE), Égalité entre les hommes et les femmes (2001-2005) , europarl.europa.eu, 4 juillet 2002)
    • La plupart du temps, je créchais dans ma planque, mais la température avait chuté d'un coup, et on était passés sous la barre de zéro degré au cours des dernières nuits. — (Ernest Cline, Ready player one, Éditions Robert Lafon, traduit de l'anglais (États-Unis) par Arnaud Regnauld, 2013, rééd. 2018, chap. 0001)
    • Dans les vins dits « tranquilles », c’est-à-dire sans bulles, les appellations bordelaises, gardent leur longueur d’avance et dépassent la barre des 2 milliards d’euros de ventes à l’export. — (L’alcool français continue de couler à flots à l’étranger, Le Monde. Mis en ligne le 13 février 2019)
  26. (Géographie) Élévation rocheuse abrupte.
    • Après vingt minutes de marche, nous découvrîmes tout à coup un petit village, planté en haut d'une colline, entre deux vallons : le paysage était fermé, à droite et à gauche, par deux à-pics de roches, que les Provençaux appellent des « barres ». — (Marcel Pagnol, La gloire de mon père, 1957, collection Le Livre de Poche, page 140)
  27. (Danse) Longue pièce de bois fixée horizontalement sur les murs d’une salle, pour aider à effectuer les exercices de danse classique.
    • Deux danseuses se tenaient immobiles, un pied sur la barre qui règne le long des murs. — (Anatole France, Le Lys rouge, 1894, réédition Le Livre de Poche, page 349)
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Barre : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

BARRE. n. f.
Pièce de bois, de fer, etc., étroite et longue. Barre de bois. Barre de fer. Mettre une barre d'appui à une fenêtre. Il serait malaisé d'enfoncer cette porte, il y a une bonne barre derrière. Donner des coups de barre à quelqu'un. Assommer à coups de barre. Barre d'or. Barre d'argent. Or, argent en barre. Fig. et fam., C'est de l'or en barre, de l'argent en barre, se dit d'une Promesse sur laquelle on peut compter, d'un billet, d'un effet de commerce qui sera bien payé, d'une marchandise dont le débit est sûr et facile. Fig., Cet homme est raide comme une barre de fer, Cet homme est une barre de fer, est une barre, Il est inflexible, intraitable, inébranlable. Jeter la barre, lancer la barre, Sorte de jeu auquel on s'exerçait autrefois et dont l'usage subsiste encore dans quelques provinces. En termes de Marine, La barre du gouvernail, La barre qui sert a diriger, à faire mouvoir le gouvernail. Les barres du cabestan, Les barres dont on se sert pour virer au cabestan. Il est à la barre, Il tient le gouvernail. En termes de Typographie, La barre du châssis, La pièce de fer qui traverse, dans le sens de la hauteur ou de la largeur, le châssis dans lequel on assemble, on impose les pages. Il se dit particulièrement d'une Pièce de fer longue et carrée, qui se pose, dans le foyer, en travers des chenets, pour soutenir les bûches et les tisons. Si vous ne mettez pas la barre, ces tisons vont rouler dans la chambre. Il se dit encore particulièrement d'une Pièce de bois transversale qui serre et soutient les fonds d'un tonneau par le milieu. Il faut percer ce muid au-dessus de la barre, au-dessous de la barre. Ce vin est à la barre. Ce vin perd sa qualité quand il est au-dessous de la barre. Il se dit aussi de ces Longues pièces de bois rondes qu'on suspend horizontalement à deux cordes, pour séparer les chevaux, dans les écuries. Ce cheval s'est blessé, parce qu'il s'est pris dans sa barre. Ces chevaux se battraient, il faut leur mettre des barres. Il se dit également en termes de Gymnastique. Barre fixe, Barre ronde de bois ou de fer soutenue à une certaine hauteur par deux montants de fer verticaux. Barre de suspension, Appareil analogue au précédent, mais dont les montants peuvent se déplacer. Barres parallèles, Barres de bois rondes maintenues à égale distance par un dispositif également en bois, entre lesquelles le gymnaste s'exerce à s'élever sur les bras. Il se dit en outre de la Petite barrière qui ferme l'entrée de l'enceinte où siègent les membres d'un tribunal, d'une assemblée politique. Les comparutions en personne ont lieu à la barre. On l'a mandé à la barre. Il a parlé à la barre. Il se dit, figurément, d'un Trait de plume, de crayon, etc., que l'on fait pour annuler, biffer ou souligner, pour séparer, marquer, noter, etc. Tirer une barre sur les passages qu'on veut retrancher. Dans les airs notés, les mesures sont séparées par des barres qui coupent la portée de distance en distance. Faire des barres sur la muraille avec de la craie, avec du charbon, pour indiquer le nombre des points gagnés ou perdus dans une partie. Tirer une barre à la fin d'un écrit, d'un chapitre. Fermer la liste des membres présents en tirant une barre. Il se dit également des Premiers exercices que l'on fait ordinairement faire aux enfants pour leur apprendre l'écriture et qui consistent en une suite de traits droits et parallèles. Cet écolier ne fait encore que des barres. En termes de Blason, il désigne une des Pièces de l'écu, laquelle va de l'angle senestre du chef à l'angle dextre de la pointe. Il porte de gueules à la barre d'argent. C'est l'opposé de BANDE. Avoir une barre sur son écu, Être bâtard ou d'origine bâtarde. En termes de Géographie, il se dit d'un Amas de sable, de roches, ou même de vase, qui barre l'entrée d'une rivière ou d'un port en tout ou en partie, et force, lorsqu'elle est continue, d'alléger les bâtiments ou d'attendre la marée. La barre de Bayonne, de San Lucar, du Sénégal, etc. Il se dit aussi, à l'embouchure de la Seine, d'une Vague élevée transversale qui remonte violemment contre le courant par l'effet de la marée. Voyez MASCARET.

BARRES, au pluriel, se dit d'un jeu de Course entre des écoliers ou des jeunes gens qui se partagent entre deux camps opposés, marqués ordinairement par un sillon, par une branche de feuillage, etc. : dans les courses on observe certaines règles et chaque parti s'efforce de faire des prisonniers à l'autre. Jouer aux barres. Toucher barres, Atteindre la marque du camp auquel on appartient et où l'on est dès lors en sûreté. Barres forcées, Celles où l'on ne délivre point les prisonniers et qui ne se terminent que lorsque tous les champions d'un camp ont été successivement pris par ceux de l'autre camp. Fig. et fam., Avoir barres sur quelqu'un, Avoir sur lui quelque avantage, comme le joueur de barres sur ceux de ses adversaires qui sont partis avant lui. Vous lui donnez barres sur vous. Fig. et fam., Ne faire que toucher barres, Ne point s'arrêter dans un endroit, en repartir presque aussitôt après y être arrivé; de même qu'au jeu de Barres les joueurs qui rentrent au camp ne font souvent que toucher la limite et repartent aussitôt. Je n'ai pas été longtemps à sa campagne; je n'ai fait que toucher barres et je suis revenu. Il se dit encore de cette Partie de la mâchoire du cheval sur laquelle le mors appuie. Ce cheval a les barres usées, échauffées. Il faut ménager les barres d'un jeune cheval.

Barre : définition du Littré (1872-1877)

BARRE (bâ-r') s. f.
  • 1Pièce de bois, de fer, etc. étroite et longue. Une barre de fer, de bois. Une barre d'appui. Une barre de cheminée.

    Fig. Cet homme est une barre de fer, il est inflexible, on ne peut le faire céder. Berwick était fort peu au gré de Mme des Ursins, qui le trouvait droit, ferme, libre, barre de fer, Saint-Simon, 354, 168.

    On disait autrefois donner des coups de barre à quelqu'un pour le bien battre. Ses violences qui lui font mener les gens à la messe à coups de barre, Bossuet, Avert. 6.

    Jeter la barre, sorte de jeu auquel on s'exerçait autrefois, et qui est encore usité en quelques provinces.

    Dans la gymnastique, exercice de la barre à sphères, bâton de 1m, 15 de longueur, ayant à chaque bout une boule de 12 cent. de diamètre, avec lequel on fait des évolutions au-dessus de la tête et derrière le dos, pour fortifier les épaules et faire tenir droit.

  • 2Lingot ou pièce de métal précieux étendue en longueur. Le régent trouva le prêt d'un million en barres d'argent, Saint-Simon, 420, 61.

    Fig. C'est de l'or en barre, se dit de toute valeur, de toute chose sur laquelle on peut compter. Voilà certainement un effet fort bizarre. - Oh ! s'il n'était pas mort, c'était de l'or en barre, Regnard, Joueur, III, 3.

  • 3Pièce de bois transversale qui soutient les fonds d'un tonneau par le milieu. Le vin diminue beaucoup de bonté, quand il est au-dessous de la barre du tonneau. D'un tel vin la couleur est malade et bizarre ; Cet autre, dans le chaud peut tourner à la barre, Regnard, le Bal, sc. 3.

    Fig. Être au-dessous de la barre, au-dessous du niveau. Ce pape est le plus honnête homme et le plus habile du sacré collége ; mais, ma fille, il a soixante-dix-neuf ans : un esprit n'est-il point au-dessous de la barre à cet âge ? Sévigné, 591.

  • 4 Terme de marine. La barre du gouvernail, ou, absolument, la barre, longue pièce de bois qui sert à faire mouvoir le gouvernail. Je restai seul auprès du matelot qui tenait la barre du gouvernail, Chateaubriand, Itin. 8.
  • 5Dans le monnayage, pièce de fer longue et grosse, qui passe au travers du balancier et qui sert à le faire tourner.

    En termes d'imprimerie, les barres sont deux tringles de bois qui traversent tout le berceau dans sa longueur, et où sont attachées deux bandes de fer sur lesquelles coule le train de la presse.

    Terme de marine. Barre d'arcasse, pièce qui fait la largeur de la poupe à la hauteur du premier pont. Barres de hune, de perroquet et de cacatois, espèces de charpentes à la tête de chaque mât pour porter le mât supérieur.

    Barre de panier, bâton ou cerceau sous le fond du panier.

    Longues pièces de bois rondes qu'on suspend à deux cordes, pour séparer les chevaux dans les écuries.

    Planchette qui empêche les sautereaux du clavecin de quitter les mortaises.

    Fleuret qui a été rompu par le bout, et auquel on a fait remettre un bouton.

  • 6Barrière de séparation qui est entre l'enceinte où siégent les membres d'un tribunal, d'une assemblée politique, et la partie occupée par le public. Comparaître à la barre.
  • 7Dans l'ancienne jurisprudence, fin de non-recevoir, exception, opposition.
  • 8Les barres, jeu de course qui est divisé en deux camps, dans lequel les joueurs de chaque camp s'engagent successivement à la poursuite les uns des autres, et qui est ainsi nommé parce que les deux camps sont marqués par une barre fictive ou tracée sur la terre. Je n'ai jamais été connu du roi d'Espagne que pour avoir joué aux barres avec lui, Saint-Simon, 521, 175.

    Toucher barre, toucher cette barre, c'est-à-dire rentrer au camp et en repartir aussitôt.

    Avoir barres, se dit de celui des joueurs qui part après un autre du camp opposé, et qui peut le prendre sans pouvoir en être pris.

    Fig. Jouer aux barres, se chercher sans pouvoir se rencontrer, locution tirée du jeu où chacun fuit devant celui qui le poursuit.

    Fig. Partir des barres, sortir au moment précis où l'on doit se mettre en route.

    Fig. Avoir barres sur quelqu'un, avoir sur lui quelque avantage.

    Ne faire que toucher barre, s'arrêter à peine dans un lieu.

    Tenir barre à quelqu'un, lui résister.

  • 9 En termes de marine, amas de sable, chaîne de rochers qui obstrue l'entrée d'un port.

    La barre d'un fleuve est cette espèce de barrière de sable obstruant l'embouchure et se formant par le dépôt de ses troubles à la limite où ses eaux sont arrêtées par celles de l'Océan. Attendant un vent favorable pour franchir la barre [du Nil] et remonter à Rosette, Chateaubriand, Itin. III, 61.

  • 10 Fig. Barrière. Qui voulait mettre barre entre cette canaille, Régnier, Sat. X. Bien semble être la mer une barre assez forte…, Malherbe, II, 12. Le Bourguignon d'ailleurs sépare nos provinces, Et servirait pour nous de barre à ces deux princes, Corneille, Attila, IV, 4.
  • 11 En termes de blason, trait qui sépare obliquement l'écu de gauche à droite Montbron portait de Montberon brisé d'un filet en barre, Saint-Simon, 191, 59. Ces bâtards de Bourbon [comtes de Roussillon] ont changé leur barre de bâtards en bande comme les princes de cette maison, Saint-Simon, 44, 6.

    Barre simple, celle qui est large et qui forme une pièce honorable.

    Barre de bâtardise, celle qui est étroite et sert à barrer les armes des bâtards.

    En barre, dans le sens de la barre.

  • 12Trait de plume. Tirer une barre soit pour souligner un mot, soit pour séparer des articles.

    Exercices d'écriture, traits droits et parallèles. Il fait des barres, des bâtons. Il y avait un homme qui à douze ans, avec des barres et des ronds, avait créé les mathématiques, Chateaubriand, Génie, III, II, 6.

    Terme de musique. Barre de mesure, trait tiré perpendiculairement à la fin de chaque mesure sur les cinq lignes de la portée.

    Ligne fortement marquée et inclinée pour indiquer qu'une note doit être divisée en croches ou qu'un groupe de notes doit être répété.

    On appelle encore en musique barres deux traits plus fortement marqués que les barres de la mesure, et servant à indiquer la fin d'une partie, d'une reprise dans un morceau.

  • 13Barres, deux raies de laine bleue qui sont aux deux bouts de la couverture et qui n'y servent que d'ornement.

    En fauconnerie, barres de la queue de l'épervier, certaines bandes noires qui traversent sa queue.

  • 14La barre, les premières lames que la marée montante pousse dans un fleuve.

    Poétiquement. L'aube enfin colora sa barre au bord des cieux, Lamartine, Joc. I, 51. Cependant une barre d'or se forma dans l'Orient, Chateaubriand, Atala, 807.

    Barre est aussi synonyme de mascaret en Normandie.

  • 15 S. f. plur. En parlant du cheval, intervalle qui existe de chaque côté de la mâchoire inférieure, entre les dents molaires ou mâchelières et les incisives, et dans lequel on place le mors. Blessures des barres, lésions produites, dans cette région, par un mors mal fait, par la pression de la main trop dure des cavaliers.

    En termes de chasse, armes de la barre, les défenses du sanglier.

  • 16Tulipe de trois couleurs.

HISTORIQUE

XIIIe s. Et deviserent une partie de leur gens pour ce qu'il gardassent les lices et les barres, et li autres assaillissent par devers la ville, Villehardouin, CLIII. Tantost, sanz autre chose fere, Commanda la barre en sus trere, Por son cousin fere venir, Ren. 19152. Autretel barre [opposition] à cil qui fut retenuz de jostice, et la retenue fu fete sanz sa coupe [coulpe], Liv. de just. 94. Se vice est provez une fois en meniere de barre, ce n'empesche pas autre foiz eslection, ib. 31. Se gages sunt por aucunes bares de querele, non pas du principal du plet, li vainquieres ne gaaigne fors que la bare por quoi li gage furent doné, Beaumanoir, LXI, 17. Et ai renoncié en ce fet… à toutes exceptions, raisons, bares, deffenses qui poent estre proposées en jugement ou hors de jugement, Beaumanoir, XXXV, 20. Aucunne fois avient il que jus [jeu] est commenciés si comme por behourder ou por choler, ou por juer as bares, Beaumanoir, LXIX, 17.

XVe s. Tousjours courez et racourez ; Il semble qu'aux barres jouez, Orléans, Rondel. 42. Par Dieu, ne sont pas encore à fin de leur barre, ils correront encore ung temps, Chastelain, Chron. des Ducs de Bourg. 3e p. ch. 58. À tous tels jeux voulontiers jouoit, ou aux barres, Bouciq. I, ch. 13. Il leur conta comment il avoit prins le galant à ses barres [il l'avait enfermé dans un bahut], Louis XI, Nouv. LXI.

XVIe s. Dont raison veut, qu'ainsi on les embarre, Et qu'entre deux soit mis distance et barre, Comme aux chevaux en l'estable hargneux, Marot, I, 248. Après la course il faut tirer la barre ; Après bemol, faut chanter en becarre, Marot, II, 119. Demeurons donc entre ces barres [limites], ausquelles Dieu nous a voulu enclorre, Calvin, Instit. 102. Qui de barres [exceptions] se veut aider, doit commencer aux declinatoires, pour venir aux dilatoires, et finalement aux peremptoires ; et si la derniere met devant, ne s'aidera des premieres, Loysel, 702. Il s'en fut visiter les susdites grilles qu'ils trouverent toutes limées à l'exception de deux barres, D'Aubigné, Vie, LXIV. Au commencement les bandes de part et d'autre jouerent aux barres, D'Aubigné, Hist. II, 462. Les Rochelois contribuerent à cette entreprise comme partisans, mais principalement comme marchands, pour renvoier à leur havre qui n'est que de barre [c'est à dire auquel on ne peut entrer qu'à mer haute] les navires qui cerchoient Brouage, pour estre lors estimé le second havre de France, D'Aubigné, III, 18, 19.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

BARRE. Ajoutez :
16Verge, insigne des alcades espagnols. En 1578, les officiers et alcades de Fontarabie vinrent avec leurs barres au bord de la rivière, du côté d'Hendaye ; les habitants rompirent leurs barres et les chassèrent, Lett. etc. de Colbert, VI, 217.
17Jeter la barre entre deux corps d'armée, intercepter leurs communications. L'armée allemande, après avoir canonné très vigoureusement, a jeté la barre entre le troisième corps et le mien, Mal Canrobert, Gaz. des Trib. 22 oct. 1873, p. 1023, 3e col.
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Barre : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

BARRE, s. f. ce terme pris grammaticalement a plusieurs acceptions différentes, entre lesquelles les deux suivantes sont les plus générales. Il se prend ou pour un morceau de bois, de fer, ou d’autre matiere, rond, quarré, ou à pans, dont la largeur & l’épaisseur sont peu considérables par rapport à la longueur ; ou pour une ligne tracée soit sur la pierre soit sur le papier. Dans le premier cas il change quelquefois de nom, selon la matiere & la force ; & quoique l’on dise une barre de fer ou de bois, on dit un lingot d’or ou d’argent, une tringle de fer, un fil d’archal. Voyez plus bas d’autres acceptions du mot barre.

Barre, en terme de Palais, dénote une enceinte de menuiserie, haute de trois ou quatre piés, derriere laquelle les avocats sont placés pour y plaider des causes. Voyez Cour.

On l’appelle en quelques endroits barre d’audience, & dans d’autres auditoire : elle répond à ce qui étoit appellé parmi les Romains causidica. On l’appelle barre parce qu’elle est formée par une barriere, appellée aussi par des auteurs cancelli, barreaux, & caulæ, parc, par une métaphore prise d’un lieu où parquent les moutons.

La dénomination de barre ou barreau est aussi donnée aux bancs où les gens de loi ou les avocats sont assis, à cause de la barre ou barriere qui sépare les conseillers, des plaideurs, procureurs & autres.

En Angleterre les gens de loi qui sont appellés à la barre, c’est-à-dire, qui ont leur licence pour plaider, appellés licentiati, ou licentiés, sont nommés barristers. Voyez Advocat.

Barre s’est dit aussi d’une exception contre une demande ou plainte. Voyez Exception.

L’auteur des termes de pratique définit barre un moyen rapporté par le défendeur dans un procès, par lequel l’action du demandeur est détruite pour toûjours.

On distinguoit la barre en perpétuelle & temporelle.

Barre perpétuelle est celle qui éteint l’action pour toûjours.

Barre temporelle, n’est qu’une exception dilatoire. Voyez Dilatoire. (H)

* Barre-sacrée, (Hist. anc. Myth.) instrument de bois en forme de cassette, partagé par deux sceptres posés en sautoir, dont les Egyptiens se servoient dans leurs sacrifices & pour leurs divinations. Kirker, Obel. pamph. & Œdip. agypt.

Barres, (Hist. mod.) mot dont on s’est autrefois servi pour exprimer un exercice d’hommes armés & combattans ensemble avec de courtes épées, dans un espace fermé de barreaux ou barrieres qui les séparoient des spectateurs. Voyez Lice. (G)

Barres, (Jeu.) est encore le nom que les jeunes gens donnent à un jeu qui consiste à se séparer en deux troupes, à venir se provoquer réciproquement, à courir les uns contre les autres entre des limites marquées ; ensorte que si quelqu’un de l’un ou de l’autre parti est pris par ses adversaires, il demeure prisonnier jusqu’à ce que quelqu’un de son parti le délivre, en l’emmenant malgré les poursuites du parti contraire. (G)

Barres (en Musique), sont des traits tirés perpendiculairement à la fin de chaque mesure sur les lignes de la portée, pour séparer la mesure qui finit de celle qui recommence. Ainsi les notes contenues entre deux barres forment toûjours une mesure complete, égale en valeur & en durée à chacune des autres mesures comprises entre deux autres barres, tant que le mouvement ne change pas. Mais comme il y a plusieurs sortes de mesures qui different considérablement en durée, les mêmes différences se trouvent dans les valeurs contenues entre les deux barres de chacune de ces especes de mesures. Ainsi dans la mesure à 3 tems qui se marque par ce signe , & qui se bat lentement, la somme des notes comprises entre deux barres doit faire une ronde & demie ; & dans cette autre mesure à trois tems , qui se bat vîte, la même somme ne fait que trois croches : de sorte que quatre fois la valeur contenue entre deux barres de cette derniere mesure, ne font qu’une fois la valeur contenue entre deux barres de l’autre.

Le principal usage des barres est de distinguer les mesures, & d’en indiquer le frappé qui se fait toûjours sur la note qui suit immédiatement la barre. Elles servent aussi dans les partitions à montrer les mesures correspondantes dans chaque portée. Voy. Partition.

Il n’y a guere que cent ans qu’on s’est avisé de tirer des barres de mesure en mesure : auparavant la musique étoit simple ; on n’y voyoit guere que des rondes, des blanches & des noires, peu de croches, presque jamais de doubles croches, avec des divisions moins inégales ; la mesure en étoit plus aisée à suivre. Cependant j’ai vû nos meilleurs Musiciens se trouver embarrassés à bien exécuter l’ancienne musique d’Orlande & de Goudimel : ils se perdoient dans la mesure, faute des barres auxquelles ils étoient accoûtumés, & ne suivoient qu’à peine des parties chantées autrefois couramment par les Musiciens d’Henry III. (S)

Barre, en terme de Blason, dénote une piece honorable qui ressemble de près à la bande, dont elle ne differe qu’en ce qu’elle est plus étroite, & en ce que la barre peut être placée dans telle partie du champ qu’on veut ; au lieu que la fasce ou bande est confinée à un seul endroit. Voyez Fasce. (V)

Barre, en Fauconnerie, se dit des bandes noires qui traversent la queue de l’épervier.

Barre, (Commerce.) mesure de longueur dont on se sert en Espagne pour mesurer les étoffes, ainsi qu’on sait de l’aune en France.

Il y a trois sortes de barres ; celle de Valence, celle de Castille, & celle d’Arragon.

La barre de Valence contient deux piés neuf pouces sept lignes, qui sont dix treiziemes de l’aune de Paris ; de maniere que treize barres de Valence font dix aunes de Paris.

La barre de Castille contient deux piés sept pouces deux lignes & un peu plus, qui font cinq septiemes de l’aune de Paris ; ainsi sept barres de Castille font cinq aunes de Paris.

La barre d’Arragon est à quelques lignes près semblable à celles de Valence & de Castille ; en sorte que trois barres d’Arragon font deux aunes de Paris. (G)

Barre, (Marine.) c’est un amas de sable ou de vase qui se forme à l’entrée des rivieres ou des ports, & qui la bouchent de façon qu’on n’y peut arriver que de haute mer, ou quelquefois par des ouvertures & des intervalles qu’on y trouve, & qui forment des passes qu’on appelle chenal. Ces sortes d’endroits s’appellent havre de barre, riviere de barre. Voyez Havre. (Z)

Barre : ce mot, dans la Marine, se joint à plusieurs autres, & a des significations particulieres, dont on peut voir ci-dessous les principales.

Barres d’arcasse ; c’est un terme commun à la grande barre d’arcasse, ou lisse de hourdi, & aux petites barres d’arcasse, ou barres de contr’arcasse ou contrelisses ; elles sont toutes à l’arcasse du vaisseau, & le soûtiennent. La grande barre d’arcasse est la plus haute, & pose par son milieu sur le haut de l’étambord, & par ses bouts sur les estains ; c’est le dernier des bouts de l’arriere qui affermit la poupe. Voyez la position de la grande barre d’arcasse, Pl. IV. fig. 2. & la forme de cette piece, Plan. VI. fig. 39. Voyez Lisse de hourdi.

Barres d’arcasses, contrelisses, barres de contr’arcasse ; ce sont celles qui se posent au-dessous de la lisse de hourdi ; elles sont assemblées à queue d’aronde dans les estains & avec l’étambord par une entaille qu’on leur fait. Voyez leur position, Plan. IV. fig. 1. n° 11.

Barre de pont ; c’est une autre barre d’arcasse sur laquelle on pose le bout du pont du vaisseau ; elle est parallele & presque semblable à la lisse de hourdi. V. la Pl. IV. fig. 1. n° 10.

Barre d’arcasse de couronnement ; c’est une longue piece de bois qui lie le haut du vaisseau par son couronnement. Voyez Pl. III. fig. 1. le couronnement du vaisseau coté NN.

Barres de cabestan ; ce sont des pieces de bois quarrées qui servent à faire virer le cabestan. Voyez Cabestan.

Barres de virevaux, voyez Virevaux.

Barres d’écoutille ; ce sont des traverses de bois, ou des pieces de bois étroites qui traversent les panneaux des écoutilles par-dessous, pour en tenir les planches jointes : quelques-uns les appellent taquets de panneaux.

Barre de Gouvernail, (Marine.) c’est une longue piece de bois, qui d’un bout entre dans une mortoise qui est dans la tête du gouvernail pour le faire mouvoir, & l’autre bout est attaché avec une cheville de fer à une boucle de même métal à la barre nommée manuelle, que le timonier tient. V. Pl. IV. fig. 1. la barre du gouvernail cotée 177.

Ce terme de barre est équivoque ; on le prend quelquefois pour le timon, & quelquefois pour la manuelle ou la manivelle. V. Timon & Manivelle.

Changer la barre du gouvernail, c’est la faire tourner d’un autre côté.

Barre à bord : barre de gouvernail toute à bord, c’est-à-dire, poussée contre le côté du vaisseau, ou aussi loin qu’elle peut aller.

Pousse la barre à arriver ; c’est lorsqu’on veut ordonner au timonier de pousser la barre au vent, en sorte que le vent donne à plein dans les voiles pour arriver.

Pousse la barre à venir au vent, ou pousse la barre sous le vent ; c’est afin de faire venir le vaisseau au lof, c’est-à-dire, mettre la barre sous le vent pour virer.

Barres de hune (Marine.) barreaux, tesseaux ; ce sont quatre pieces de bois mises de travers l’une sur l’autre, qui font saillie autour de chaque mât, au-dessous de la hune, pour la soûtenir, & même pour servir de hune aux mâts qui n’en ont point. Elles sont posées en croix au-dessous du ton des mâts, & servent à soûtenir les haubans, les mâts de hune, les perroquets, les essais & diverses manœuvres & poulies. Elles sont un peu arquées, le concave en dedans ; voyez à la Planche premiere, aux articles des Mats, les chiffres 12, 13 & 14, le ton, le chouquet & la hune ; au-dessous sont placées les barres, barreaux ou tesseaux. Leur croix traverse le vaisseau par le milieu & de bord à bord ; aux angles de ces barres, il y a de petits cops de mouton, par où sont amarrés de petits haubans qui traversent aux grands haubans pour les affermir, voyez à la Planche premiere, le chiffre 14, ces petits haubans.

Les barres des perroquets servent à tenir le bâton du pavillon. On donne autant de longueur aux barres de hunes, que le fond de la hune a de largeur.

Les grandes barres de hune d’un vaisseau de cent trente-quatre piés de long de l’étrave à l’étambord, doivent avoir cinq pouces & demi d’épais, & sept pouces & demi de large ; toutes les autres sont moins larges à proportion, & aussi plus plates & plus minces ; leur longueur doit être d’environ neuf piés & demi.

Celles du mât de misene doivent avoir huit piés & demi de long.

Celles du mât d’artimon, quatre piés & demi.

Celles de beaupré, quatre piés & demi, de même que celles du grand mât de hune.

Celles du mât de hune d’avant doivent avoir trois piés & demi.

Celles du perroquet de fougue, deux piés.

Celles du grand perroquet, & du petit beaupré, deux piés.

Celles du perroquet de misene, un pié & demi au moins.

Ces mesures ne sont pas invariables ; il y a des constructeurs qui prétendent que la longueur des barres de hune, qui sont placées dans la longueur de poupe à proue, doit être du tiers de la largeur du vaisseau, que chaque six piés de leur longueur leur doit donner cinq pouces d’épaisseur de haut en bas, & que leur largeur doit être des quatre cinquiemes parties de leur épaisseur.

A l’égard de celles qui sont posées dans la largeur du vaisseau, ou qui le traversent d’un bord à l’autre ; elles doivent être un peu plus courtes, quoiqu’égales en largeur : mais en épaisseur de haut en bas, elles doivent avoit aussi un quart moins que de largeur.

Les barres de hune du mât de misene doivent être d’une sixieme partie plus courtes que celles du grand mât. Les barres du mât d’artimon à peu près la moitié de celles du grand mât, tant en longueur, largeur, qu’épaisseur. Celles de beaupré, qui doivent être posées tout-à-fait de niveau, ont les mêmes proportions que celles de l’artimon, aussi-bien que celles du grand mât de hune, & celles du mât de hune d’avant doivent être d’une dixieme partie plus petites.

Les barres de hune du grand perroquet doivent être en toutes proportions de la moitié de celles du grand mât de hune : il en doit être de même à l’égard des barres du mât de hune d’avant : celles du perroquet d’artimon doivent être un peu plus petites que celles du grand perroquet, & celles du perroquet de beaupré leur doivent être égales.

Barres de cuisine ; ce sont des barres de fer qui servent à soûtenir les chaudieres qu’on met sur le feu ; elles sont posées de long & de travers dans les cuisines des vaisseaux.

Barres ou Barrieres des ports (Marine.) ce sont de longues poutres dont on ferme les entrées des ports, mais plus souvent on se sert de chaines. (Z)

Barre, terme de riviere, piece de bois dans une écluse, qui soûtient les aiguilles.

Barre, terme de riviere, certain flot particulier à la riviere de Seine ; ce flot est haut environ de deux piés, & vient fort impétueusement avec le flux de la mer, ce qui le rend dangereux pour les batteaux mal fermés.

La barre n’est sensible que jusqu’au Pont-de-l’Arche.

Barres (Manege.) ce sont les parties les plus hautes de la gencive du cheval, où il n’y a jamais de dents ; elles sont situées entre les dents mâchelieres & les crochets de part & d’autre de la bouche ; c’est où se fait l’appui du mors de la bride, qui sert à conduire le cheval. C’est un défaut à cet animal d’avoir les barres rondes & peu sensibles ; car encore que le canon simple (voyez Canon) porte sur la langue, les barres ne laissent pas d’en ressentir l’effet au travers, tant elles sont sensibles & délicates. Il faut aux chevaux qui ont les barres rondes & peu sensibles, un mors qui en réveille le sentiment, tel qu’un mors qui tient de l’entier, c’est-à-dire, qui ne plie point dans le milieu de la liberté de la langue. Les barres tranchantes marquent une bouche extrèmement fine. On dit que la levre d’un cheval arme la barre, pour dire qu’elle la couvre.

Barre (Manege.) c’est un morceau de bois gros comme la jambe, rond & long de sept à huit piés, percé d’un trou à chaque bout, pour y arrêter deux cordes, dont l’une s’attache à la mangeoire & l’autre au poteau. V. Mangeoire, Poteau. Ce sont ces morceaux de bois qui séparent les chevaux l’un de l’autre dans une écurie : il sont ordinairement suspendus à un pié & demi de terre. Les chevaux s’embarrent quelquefois. Voyez Embarrer. (V)

Barre d’appui (Architecture.) les ouvriers l’appellent platte-bande d’appui ou plaque bande quarderonnée, parce qu’il y a deux quarts de rond aux deux côtés pour adoucir les arrêtes : c’est, dans une rampe d’escalier, ou un balcon de fer, la barre de fer applattie sur laquelle on s’appuie, & dont les arrêtes sont rabattues. (P)

* Barre de godet ; c’est une barre de fer plat en volute par sa partie saillante, & qui par l’autre bout qui porte sur les entablemens est à harpon ou à patte, & qui a, à un pié de sa partie saillante, une bride pour soûtenir les bords du godet de plomb, communément dit gouttiere.

* Barre de languettes ; c’est une barre de fer plat toute droite, qui se pose aux manteaux de cheminée, & sert à soûtenir la languette de la cheminée, ou son devant ; elle est plus en usage pour les cheminées de brique, que dans les autres ; parce que la brique ne se soûtenant pas par elle-même, comme le plâtre, elle a besoin de cet appui.

* Barre de lintot ou Lintot ; c’est une barre de fer plat, ou quarré, qui se pose au lieu de lintots de bois aux portes & aux croisées ; on en met aussi aux croisées bandées en pierre, pour en empêcher l’écartement.

* Barre de tremie ; c’est une barre de fer plat coudée à double équerre à chacune de ses extrémités, & dont l’usage est de soûtenir les plâtres des foyers des cheminées ; elle se place dans les trémies observées dans les planchers, où elle pose sur les solives d’enchevêtrure.

Barre, chez les Fontainiers ; on appelle barre de soudure une piece étendue en long, composée de plomb & d’étain, pesant environ 18 à 20 livres. V. Soudure. (K)

Barre fendue, ou fondue ; verge de barre fondue ; petite barre de dessous ; barre de derriere ; barre à aiguilles, &c. parties du métier à faire des bas. Voyez l’article Bas.

Barre, outil de Charron ; c’est une espece d’essieu de fer de la longueur de quatre piés, de trois pouces d’épaisseur, quarré au milieu, & arrondi par les deux bouts ; il sert aux Charrons à conduire deux grandes roues à la fois.

Barre (Menuiserie.) s’entend des pieces de bois qu’on met aux contrevents, aux portes, &c. pour entretenir les planches ensemble. Voyez 1. 2. Planc. IV. de Menuiserie, fig. 3.

Barres à queues (Menuiserie.) ce sont celles qui entrent dans les montans, comme celles des portes de granges, qui sont à bâtis, & dont les barres sont emmanchées à queue d’aronde dans les montans.

Barre, chez les Tonneliers, est une piece de bois que ces ouvriers appliquent en travers sur chacun des fonds d’une futaille, & qu’ils y assujettissent avec des chevilles qui appuient par un bout sur cette traverse, & de l’autre entrent dans des trous pratiqués avec le barroir, dans ce qu’on appelle le peigne du jable. La barre sert à maintenir les douves des fonds, & empêche qu’elles ne se déplacent de dedans le jable. Voyez Peigne de jable & Barroir.

Barre, terme de Tourneur, est un long morceau de bois qu’on appelle aussi appui & support, que l’ouvrier a devant lui en tournant, & sur lequel il appuie ses outils. Voyez Tour.

Barre à dégager (Verrerie.) il y a deux barres à dégager ; l’une grande, l’autre petite : elles ont l’une & l’autre le même usage. Les tiseurs s’en servent pour dégager la grille, & mettre le four en fonte. La grande a onze piés de longueur sur quatorze lignes d’épaisseur, dans la partie où elle est quarrée ; cette partie équarrie a vingt-deux pouces de long ; le reste est arrondi. La petite n’a que sept piés de long.

Barre à porter c’est ainsi qu’on appelle, dans les Verreries, un instrument, ou barre, qui sert à transporter le port de l’anse dans la tonnelle. Voyez Verrerie, Pot, Tonnelle

Barre à repasser (Verrerie.) instrument de fer ou de bois, dont on se sert dans la préparation des briques, pour la construction des fourneaux de Verrerie ou autres. Cette barre est quarrée ; elle a neuf à dix lignes d’épaisseur ; l’ouvrier la tient entre ses mains ; & quand il a placé les briques seches dans la boîte qui en détermine les dimensions, il applique la barre sur les bords de la boîte, il la tire fortement à lui en suivant toûjours les bords, & enleve dans ce mouvement l’excédant de brique.

* Barre (Géog.) petite ville de France, dans le Gévaudan, au diocese de Mende.

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Étymologie de « barre »

Étymologie de barre - Littré

Bas-lat. barra ; provenç. ital. et espagn. barra ; angl. bar ; du celtique : kymri, bar, branche. Comparez l'allemand Barre, Barren.

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Étymologie de barre - Wiktionnaire

(Date à préciser) Du latin populaire *barra, plus avant, du gaulois *barros.
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Phonétique du mot « barre »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
barre bar play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « barre »

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Citations contenant le mot « barre »

  • Le communiqué de presse officialisant le réengagement de la ville du Havre et la marque Jacques Vabre, désormais associées à la Région Normandie en tant que coorganisateurs, pour les éditions 2021, 2023 et 2025 de la Route du Café, annonçait également sa nomination. Francilienne d’origine, installée en Suisse, Caroline Caron succède à Gildas Gautier à la barre de la plus longue des courses transatlantiques en double. www.paris-normandie.fr, Voile : Caroline Caron prend la barre de la Transat Jacques Vabre
  • Si votre PC est sous May 2020 Update et qu’une animation inhabituelle touche les icones de la zone « systray » ce n’est pas un comportement normal de l’OS. Il s’agit d’un bug. La zone « systray » est l’espace à droite de la barre des tâches qui comprend des icônes, la date et l’horloge. GinjFo, Windows 10 v2004, un bug fait « danser » certaines icônes de la barre des tâches - GinjFo
  • La France frôle la barre des 30 000 morts avec 29 778 décès, dont 19 290 à l'hôpital, soit 26 de plus en 24 heures, et 10 488 morts (au 23 juin) en établissements sociaux et médico-sociaux (ESMS). , Coronavirus | La France frôle la barre des 30 000 décès, 634 patients en réanimation
  • L'homme n'est pas la négation de l'enfant, mais son développement, et malheur à qui veut barrer ce qu'il fut ! De Louis Aragon / Le libertinage
  • La vocation est un torrent qu’on ne peut refouler, ni barrer, ni contraindre. Il s’ouvrira toujours un passage vers l’océan. De Henrik Ibsen / Brand
  • Nous pouvons couper la forêt, barrer les ruisseaux et casser les pierres, mais nous ne pouvons pas vaincre Dieu. De Rumer Godden / Narcisse noir
  • Il n'est jamais trop tard pour se barrer. De Dino Buzzati / Le désert des Tartares
  • La force c’est de pouvoir casser une barre de chocolat en quatre et de n’en manger qu’un carré. De Judith Viorst
  • Ne jamais contredire quelqu'un qui vous barre la route avec une pique. De Daniel Picouly / L'enfant léopard
  • Gardez le cap dans la tempête et tenez fermement la barre. De Guy Roux
  • Si tu manques de calebasse, ne barre pas la route de la fontaine. De Proverbe bamiléké
  • Ce qui barre la route fait faire du chemin. De Jean de La Bruyère

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Traductions du mot « barre »

Langue Traduction
Portugais barra
Allemand stange
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Anglais bar
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Synonymes de « barre »

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