Vol : définition de vol


Vol : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

VOL1, subst. masc.

A. − [Corresp. à voler1I A; à propos d'un animal]
1. [Corresp. à voler1I A 1] Action d'un animal qui se soutient dans l'air et s'y déplace grâce à ses ailes ou à des organes analogues. Vol de l'aigle; prendre son vol; suivre le vol d'un oiseau, d'un insecte. J'y consacrai [à l'écriture d'un morceau] quinze séances environ (...), avec le vol autour de ma lampe allumée des grands sphinx de nuit, de ces larges papillons de velours sombre (Bourget, Disciple, 1889, p. 174).C'était, le soir, le vol silencieux des chauves-souris (Rolland, J.-Chr., Antoinette, 1908, p. 836).V. libellule ex. de France, poisson1A 3 a ex. de Dumont d'Urville.
Vol nuptial*.
CHASSE. Au vol, en (plein) vol. Pendant que l'animal effectue son déplacement dans l'air. Synon. à la volée (v. volée A 1).Le passage des tourterelles amuse le chasseur au printemps et à l'automne. On les tire au vol dans les orges, au posé sur les figuiers (About, Grèce, 1854, p. 151).
2. Manière dont un animal utilise dans les airs le mode de locomotion dont il dispose. Vol audacieux, circulaire, léger, lourd, rapide, stationnaire. [La grêle] arrache du front des forêts les châtaignes Et disperse le vol affolé des pigeons (Aragon, Rom. inach., 1956, p. 190).V. frelon1A ex. de Ramuz.
Vol plané. V. ce mot I A.Vol ramé. V. ce mot rem. s.v. ramer2.
Vol à voile. Type de vol particulier aux voiliers pourvus d'ailes longues, qui tirent profit des courants aériens. Le Pétrel arctique (...) est très nettement celui qui est le mieux outillé pour le vol à voile (Charcot, Mer Groënland, 1929, p. 158).
FAUCONN. Oiseau de haut vol. Oiseau qui a l'habitude de chasser, de voler dans les régions élevées de l'atmosphère. Le bois (...) paraissait mort, où les pies nichaient, où perchaient les oiseaux de haut vol, où se posaient (...) les premiers geais (Fromentin, Dominique, 1863, p. 49).Oiseau de bas vol. En fauconnerie, oiseau qui a l'habitude de chasser à une distance rapprochée de la terre. L'autour et l'épervier sont classés comme oiseaux de bas vol (Lar. Lang. fr.).
À vol d'oiseau*. À vol d'abeille*.
3. Distance séparant les deux bouts des ailes d'un oiseau lorsqu'elles sont déployées. Synon. envergure.Cet oiseau a tant de pieds de vol (Ac. 1798-1878).
4. Espace qu'un oiseau peut franchir d'un trait en volant. Le halbran, forcé dans son refuge par le chien, s'envole assez légèrement et assez rapidement, mais son vol est très court; il se laisse tomber à quelques dizaines de mètres au milieu des roseaux (Vidron, Chasse, 1945, p. 78).Demi-vol. ,,Vol d'un oiseau qui va s'abattre non loin de l'endroit d'où on l'a fait partir`` (Littré). Vx. Vol du chapon*.
5. Quantité d'oiseaux ou d'insectes se déplaçant ensemble dans l'air. Synon. bande2, nuage, nuée, volée.Vol d'abeilles, de canards, de colombes, de corbeaux, d'hirondelles, de pigeons. Le hall restait nu, tout le colossal approvisionnement du Paris-Bonheur venait d'être déchiqueté, balayé, comme sous un vol de sauterelles dévorantes (Zola, Bonh. dames, 1883, p. 500).
6. FAUCONNERIE
a) (Chasse au) vol. Capture d'un gibier pratiquée à l'aide d'oiseaux de proie; manière de capturer tel ou tel gibier. Synon. volerie1.Il nourrissait (...) l'ambition de restaurer en France le sport oublié de la chasse au vol. Malheureusement, les problématiques faucons de Norvège (...) ayant trompé son espoir (...), il (...) dressait plus modestement des émouchets au vol de l'alouette et de la pie (Bernanos, Soleil Satan, 1926, p. 60).
b) Équipage constitué d'oiseaux de proie dressés et d'hommes formés à la poursuite du gibier. Ce prince entretenait des vols pour toutes sortes d'oiseaux (Ac.1798-1878).
7. HÉRALD. ,,Ensemble de deux ailes d'oiseau jointes et posées dos à dos, les pointes en l'air`` (L'Hist. et ses méth., 1961, p. 766). V. péri2ex. de Proust.Demi-vol. ,,Représentation d'une seule aile d'oiseau`` (Littré). Vol abaissé*. Vol banneret*.
8. [Corresp. à voler1I A 3] Action de courir à grande vitesse. Je voyais (...)emportée par le vol de deux chevaux ardents, minces et contournés comme on en voit dans les dessins de Constantin Guys (...)une incomparable victoria (Proust, Swann, 1913, p. 419).
B. − [Corresp. à voler1I B; à propos d'un inanimé]
1. [Corresp. à voler1I B 1] Fait de se soutenir et de se déplacer en l'air sous/sans l'effet d'un agent extérieur. Le mois d'octobre s'écoula, des cieux gris et tristes, où le vent ne cessait que pour ramener bientôt des vols plus sombres de nuages (Zola, Débâcle, 1892, p. 499).
P. métaph. ou au fig.
[Dans l'espace et de manière fictive] Mouvement imaginaire effectué par un ou plusieurs éléments naturels, par un ou plusieurs objets fabriqués par l'homme; groupe d'éléments, d'objets censés effectuer un tel mouvement. L'âme française déployait la force d'expansion qui lui permettait (...) de suspendre à cent pieds du sol le vol majestueux des voûtes ogivales (Faure, Hist. art, 1912, p. 301).
[Dans le temps] Qu'une année au léger vol Comme étrennes, apparie Repos ou santé pour Paul Et le rire de Marie (Mallarmé, Vers circonst., 1898, p. 127).
Au vol. [Dans une situation requérant vivacité intellectuelle, à-propos] C'est un moment si calme qu'on attraperait, au vol, une des lois de la nature, comme ça, sans le faire exprès (Duhamel, Terre promise, 1934, p. 51).
De haut vol. De niveau élevé, connu pour son caractère remarquable. Il se faisait l'effet d'un riche maniaque en train d'assister dans un bordel de haut vol à une exhibition spéciale (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 274).
2. [Corresp. à voler1I B 2]
a) Fait d'être transporté en l'air d'un point à un autre en s'y maintenant en suspension. L'hiver vint tout d'un coup. La chute des flocons de neige commença, emportés d'un vol cinglant et capricieux, comme des mouches (Moselly, Terres lorr.1907, p. 47).
b) Fait de s'agiter sous l'effet de l'air. À l'aube, apparaissent les bricks légers et clairs, Avec leur charge d'ambre et de minerai rose Et le vol bigarré des pavillons dans l'air Et les agrès menus où des aras se posent (Verhaeren, Mult. splendeur, 1906, p. 104).
3. [Corresp. à voler1I B 3] Déplacement d'un objet aérien, d'un aéronef, d'un engin spatial à travers l'atmosphère, dans l'espace. Vol balistique, cosmique, orbital; vol en orbite. Cet avion a sa place exacte dans ce hangar, comme dans cinq minutes dans ce ciel. Ce vol aussi bien calculé que le lancement d'un navire (Saint-Exup., Courr. Sud, 1928, p. 5).
En (plein) vol. Pendant que l'objet se déplace ainsi. Ravitaillement en vol. Un tel réacteur pourrait être utilisé pour fournir les impulsions nécessaires à changer en vol l'orientation et la vitesse de la fusée, en particulier en utilisant la technique nouvelle du moteur ionique (Goldschmidt, Avent. atom., 1962, p. 272).
Prendre son vol. Les fusées ayant pris leur vol, le contrôle fut effectué alors par le compteur disposé sur la surface de la cabine (L'Humanité, 16 août 1962, p. 7, col. 7-8 ds Guilb. Astronaut. 1967).
Vol libre. Vol sans téléguidage que l'on fait effectuer à un modèle réduit. Les ailes de planeurs de vol libre de type E 58, 59, 61 (...) du fait de leurs profils de 5,6 % environ sont particulièrement difficiles à construire (ThiesAéromodélisme1984).
Vol de pente. Vol qu'un planeur effectue en utilisant les vents ascendants produits par une déformation de relief (d'apr. Thies Aéromodélisme 1984).
Vol plané. V. ce mot I B.
P. méton., rare. Groupe d'aéronefs se déplaçant ensemble dans les airs. De la direction de Lille, un vol d'avions se montra. Ils étaient bas et rapides (Van der Meersch, Invas. 14, 1935, p. 410).
4. [Corresp. à voler1I B 4] Fait d'être projeté dans l'air; ensemble de choses projetées. Des coups de revolver crépitèrent, un vol de balles s'étira sur leurs têtes en sifflant.À l'eau, les gars! chuchota Sarcelotte (Genevoix, Raboliot, 1925, p. 277).
Au vol. En tentant d'atteindre un objet qui se déplace rapidement dans l'espace. Synon. à la volée.On se mit à pousser les andains en un tas, rattrapant au vol ou courant après des poignées de ce foin qui partaient en l'air et se collaient aux branches comme des haillons (Pourrat, Gaspard, 1931, p. 265).
Prendre qqc. au vol. V. prendre 1reSection I B 1 a.
En partic. Déplacement d'un objet, sonore ou non, autour de son axe ou sur lui-même; son produit par ce déplacement. Synon. volée.La grande paix oisive du dimanche semblait s'épandre du dehors, avec un vol lointain de cloches, sonnant le dernier coup des vêpres (Zola, Dr Pascal, 1893, p. 327).Ce vol muet des courroies et des poulies, ce va-et-vient des pistons et des bielles (Faure, Espr. formes, 1927, p. 273).
5. [Corresp. à voler1I B 5] Fait de se déplacer avec rapidité sur le sol, sur l'eau. Le Zeemeeuw filait, incliné à bâbord, d'un vol glissé, au rythme doux et large, droit vers une ligne d'infini qui marquait la haute mer (Van der Meersch, Empreinte dieu, 1936, p. 131).
6. [Corresp. à voler1I B 7] Fait de s'écouler rapidement. Synon. cours, envolée.Que les journées sont courtes, et que je voudrais « suspendre le vol » de cet été béni, où je puis si librement, si totalement, plonger dans le travail! (Martin du G., Souv. autobiogr., 1955, p. cxii).
C. − [Corresp. à voler1I C; à propos d'une pers., d'un attribut de la pers.]
1. [Corresp. à voler1I C 1] Action de se soutenir dans l'air et de s'y mouvoir comme un oiseau. Le vol sauvage des Walkyries aux cris stridents avait passé sur le ciel de la Grèce (Rolland, J.-Chr., Révolte, 1907, p. 438).
Vol plané. V. ce mot I C.
P. méton. Groupe de personnes, d'êtres assimilés à des personnes, qui se déplacent dans les airs. Ma mère renversait la tête vers les nuées, comme si elle eût attendu qu'un vol d'enfants ailés s'abattît (Colette, Mais. Cl., 1922, p. 11).
SPORTS. ,,Compétition de saut sur des tremplins géants permettant de franchir des distances supérieures à 120 m`` (Gautrat Ski 1969).
THÉÂTRE. Action d'un acteur qui apparaît ou se déplace dans les airs, au moyen d'une machine. Il y a dans cet opéra des vols bien hardis, bien exécutés (Ac.1798-1878).
P. métaph. ou au fig. [Notamment sur le plan intellectuel, esthét., affectif] À chacune de ses paroles se levaient, au plus profond de mon être, des vols d'images, de souvenirs et de douleurs (Daniel-Rops, Mort, 1934, p. 226).
Prendre son vol. Prendre son essor. Dans les revues, des chansons prenaient leur vol et faisaient leur chemin (Arts et litt., 1935, p. 78-2).
De grand, de haut vol. De grande envergure dans son activité spécifique. Synon. de haute volée (v. volée III A 3 c).Élisabeth y ajoute [à sa volonté de régner] le désir d'une royauté spirituelle. Très vite, introduire (dans mon récit) la jalousie de Christine. Ce sont des êtres de grand vol et que le meurtre ne fait pas reculer (Barrès, Cahiers, t. 14, 1923, p. 242).
Loc., vieilli. De plein vol. Sans occuper les degrés intermédiaires d'une hiérarchie. Cet homme politique n'a été ni chef de cabinet, ni secrétaire d'État; il est arrivé de plein vol au ministère (Lar. 19e-Lar. Lang. fr.).
Avoir le vol pour telle ou telle chose (vx). Posséder des talents particuliers pour réussir dans tel ou tel type d'activité. C'est un homme qui a été employé dans plusieurs affaires importantes, il a le vol pour les négociations (Ac.1798-1878).Prendre son vol. (Commencer à) acquérir de l'influence, de la notoriété, connaître le succès. Comment les placer [les fils cadets] sous-lieutenants dans l'armée, après le vol qu'on a laissé prendre à ces maudits sous-officiers? (Stendhal, L. Leuwen, t. 1, 1835, p. 178).
Prendre un vol hardi (vx). S'élever à des compositions requérant un haut niveau de qualité, s'élever à un ordre de réalités supérieures. Notre philosophie ne prend pas un vol si hardi. Nous tâchons de rester dans la sphère des idées que la raison de l'homme peut atteindre (Cournot, Fond. connaiss., 1851, p. 460).
Prendre un vol trop haut, un trop grand vol, un vol bien hardi (vieilli). ,,Prendre des manières plus hautes que celles qui conviennent à la qualité dont on est, faire plus de dépense qu'on ne doit ou qu'on ne peut`` (Ac. 1798-1935).
2. [Corresp. à voler1I C 2] Action de se déplacer à travers l'espace, en tant que pilote ou passager, dans/sur un appareil de locomotion aérienne, dans un engin spatial. Essais en vol; heures de vol; l'heure du vol numéro tant; ligne, plan de vol; vol à basse altitude; vol d'essai, de nuit, de reconnaissance; vol sans visibilité; annuler un vol; arriver par le vol numéro tant; le vol numéro tant est annoncé, attendu. Les Soviétiques nous indiquèrent, d'abord, que l'équipage de notre avion ne (...) [connaissait] ni la route, ni les signaux (...); ensuite, que le mauvais temps rendrait le vol trop aléatoire en ce commencement d'hiver (De Gaulle, Mém. guerre, 1959, p. 59).
AVIAT. Feuille* de vol. Simulateur* de vol.
Vol plané. V. ce mot I B.
Vol régulier. Vol programmé et publié par une compagnie aérienne (d'apr. Tourisme Loisirs 1982). Vol supplémentaire. Vol non programmé s'ajoutant aux vols réguliers (d'apr. Tourisme Loisirs 1982).
SPORTS, LOISIRS
Vol à voile. Activité consistant dans le pilotage d'un planeur qui utilise comme moteur l'énergie aérologique. Entre les deux guerres mondiales, les Allemands vont se remettre au vol à voile avec des intentions militaires (P. Germa, Depuis quand?Paris, Berger-Levrault, 1982, p. 340).
Vol libre. Vol effectué à bord d'une aile volante (v. volant1B 3). 1973. L'Américain Kishazy effectue en vol libre la descente du Mont Blanc (Petiot1982).
Vol de pente. Discipline voisine du parachutisme, ,,qui se pratique surtout en montagne où les dénivelés permettent aux parachutistes de décoller en s'aidant de la pente et d'utiliser durant le vol les ascendances dues au relief`` (Magazine hebdo, 31 août 1984, p. 47, col. 2).
3. [Corresp. à voler1I C 3] Action de se déplacer rapidement sur le sol, vers un lieu déterminé; groupe de personnes se déplaçant ensemble avec rapidité. C'est un sombre vol de cinq cents cavaliers, Pirates du désert, vivant Sémoûn qui rôde, Jour et nuit, à travers les sables familiers (Leconte de Lisle, Poèmes trag., 1886, p. 123).Prendre son vol. Les collégiens ont pris leur vol vers le toit paternel (Lar. 19e-20e).
Au vol. En se déplaçant rapidement vers un objet ou une personne immobiles; en tentant d'atteindre une personne qui se déplace rapidement. Prendre le train au vol. L'araba tour à tour se précipite dans de longs chemins silencieux (...), puis ralentit au milieu d'une place (...) Au vol, j'entrevois une gigantesque mosquée (...) Enfin, la voiture s'arrête (Farrère, Homme qui assass., 1907, p. 157).
Prononc. et Orth.: [vɔl]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. a) 1172-90 « action de voler (en parlant d'un oiseau) » (Chrétien de Troyes, Perceval, éd. F. Lecoy, 4165: le vol); b) 1864 vol ramé, vol à voile (D'Esterno, Brevet 61.665, 26 janv. ds Guilb. Aviat., p. 647 et p. 699a, s.v. ramer); 1869 vol plané (Marey ds Rev. des cours scientifiques, p. 603, ibid., p. 632a, s.v. plané); 2. a) 1205-50 de plein vol « directement, sans intermédiaire » (Renart, éd. E. Martin, branche XIII, 446, t. 2, p. 55: li autre vindrent de plein vol); ca 1485 (Mistere du Viel Testament, éd. J. de Rothschild, 45932: de plain vol); 1686 (Bayle, Commentaire philos. ds Œuvres diverses, t. 2, 1727, p. 390: directement et de plein vol); b) α) 2emoit. xiiies. prendre son vol (Roncevaux, éd. W. Foerster, p. 333: [l'épervier] prist son vol); β) fin xvie-déb. xviies. fig. « s'en aller » (Pasquier, Recherches de la France, éd. 1665, p. 738: prit son vol dans Geneve); 1611 (J. Bertaut, Œuvres poét., éd. 1620, p. 324); γ) ca 1580 fig. « prendre son essor, commencer à progresser » (D'Aubigné, Printemps, préf., éd. H. Weber, 1960, p. 38: Prends ton vol, mon petit livre); fin xvie-déb. xviies. (Pasquier, op. cit., p. 241: voulant prendre son vol trop haut); c) α) 1486 haut vol, bas vol (Guillaume Alexis, Le Blason des fausses amours, éd. A. Piaget et E. Picot, t. 1, p. 225: Qui du hault vol Vient au bas vol); β) 1788 du haut vol fig. « de grande envergure dans son genre » (Cazotte, L'Honneur perdu et recouvré, éd. 1817, p. 39: une jongleuse du haut-vol); 1846 de grand vol (Michelet, Peuple, p. 201: un homme important, de grand vol); 1857 de haut vol (Sand, Beaux MM. Bois-Doré, t. 1, p. 37: grands seigneurs de haut vol); d) α) 1750 au vol (Fougeret de Monbron, Le Cosmopolite, éd. 1753, p. 68: vapeurs qui [...] tuoient les oiseaux au vol); 1765 (Diderot, Lettres à S. Volland, t. 2, p. 107: on tire au vol); 1863 en plein vol (Fromentin, Dominique, p. 6: l'oiseau, foudroyé en plein vol); β) 1750 au vol fig. (Fougeret de Monbron, Margot la Ravaudeuse, p. 44: il fallait, pour ainsi parler, la saisir au vol [Marguerite, un modèle pour peintres]); 1810 (Staël, Allemagne, t. 1, p. 143: l'esprit allemand [...] ne saisit rien au vol); 1821 (J. de Maistre, Soirées St-Pétersb., t. 2, p. 31: l'élégant papillon qu'il a saisi au vol); e) α) 1776 à vol d'oiseau « d'un point élevé » (Bonnet, Lettre, XXXIII ds Œuvres d'hist. nat. et de philos., t. 12, 1781, p. 221: il [...] ne voit les objets qu'à vol d'oiseau); [cf. en archit. l'expr. à vue d'oiseau (en parlant du plan d'un bâtiment) 1676, Félibien, p. 769, s.v. veue: Veue d'Irondelle, ou Veuë d'Oiseau]; 1816 (Maine de Biran, Journal, p. 192: cette belle vallée, vue à vol d'oiseau); β) 1771 à vol d'oiseau « en ligne droite » (Trév., s.v. oiseau); 3. a) fin xiiies. « les ailes de l'oiseau » (Medicinal des oiseus, ms. Oxford Bodl. Digby 86, fo54 ds Tilander, Glanures lexicographiques, Lund, 1932); 1377 (Gace de La Buigne, Deduis, éd. Å. Blomqvist, 9441: grosses espaulles et lonc vol); b) 1611 hérald. vol « meuble figurant deux ailes d'oiseau » (Cotgr.); 1671 demy-vol « meuble figurant une aile d'oiseau » (Pomey); 1690 demi vol (Fur.); 4. 1376 « chasse faite avec des oiseaux de proie » (Modus et Ratio, éd. G. Tilander, § 114, 17: les biaus vols que un esprevier fait); 5. a) 1530 « groupe d'oiseaux se déplaçant ensemble dans l'air » (Palsgr., p. 207b: Company of wylde foule − vol); 1552 (Rabelais, Quart Livre, éd. R. Marichal, chap. 30, p. 144: les pensées, comme un vol d'estourneaulx); b) 1549 « équipage d'oiseaux de proie dressés à la chasse » (Compte 4ede R. de Bouloingne, fo257 ro, Ch. des Comptes de Lille, B 2476 ds Gdf. Compl.: ung vol d'oiseaulz pour herrons); 6. a) 1506 dr. vol du chapon (Anc. Coutumes de sens, art. 190 ds Nouv. Coutumier gén. t. 3, p. 498a); 1564 (Thierry: le vol d'un chapon); b) 1606 « distance qu'un oiseau peut parcourir d'un trait » (Nicot, s.v. tire); 1636 (Monet). B. 1. 1176-81 « mouvement, course d'un objet dans les airs » (Chrétien de Troyes, Charrette, éd. M. Roques, 765: Si li cheï tot a un vol La lance et li escuz del col); 2. a) 1550 fig. « essor, extension d'une action, d'une faculté, etc. » (Ronsard, Œuvres compl., éd. P. Laumonier, t. 1, p. 135: La plume [du poète] bien aprise Dresse son vol aus cieus); 1560 (Id., ibid., t. 3, p. 188, var.: un vol si hault [de la pensée]); b) 1575 fig. « mouvement, progression d'une chose abstraite » (Id., ibid., t. 17, p. 82: le vol de son renom); 1576 (Desportes, Les Premieres œuvres, Paris, fo223 ro: Quand quelquefois je pense au vol de ceste vie); 1601 (Montchrestien, Reine d'Escosse, éd. J. D. Crivelli, p. 152: bien que son vol [du temps] soit invisible). C. 1. 1686 théâtre « apparition ou mouvement en l'air d'un acteur soutenu par un appareillage » (Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes, éd. 1687, p. 15); 2. a) 1863 aéron. (Prince de Wittgenstein ds Presse scientif. des Deux Mondes, 16 oct., p. 452 ds Guilb. Aviat., p. 698b); b) 1875 vol à la voile (Duroy de Bruignac, Recherches sur la navig. aérienne, p. 30, ibid., p. 701b); 1884 vol à voile (De Louvrié ds L'Aéron., mai, p. 79, ibid., p. 702b); 1889 vol plané artificiel (Veyrin ds L'Aéron., mars, p. 53, ibid., p. 703a); [1898 vol ramé, vol plané (Nouv. Lar. ill., s.v. aviation: les orthoptères sont des appareils [...] destinés à imiter le vol ramé [...] les aéroplanes ont pour objet d'imiter le vol plané)] 1932 vol ramé (Lar. 20e, s.v. ramer); 1903 vol plané (La Vie automobile, I, p. 193 ds Quem. DDL t. 33); 1907 vol plané (Nouv. Lar. ill. Suppl., s.v. aviation); 1913 p. ext. vol plané « chute » (Duvernois, Nounette, p. 60 ds Esn. Poilu, s.v. plané); 3. 1921 vol de nuit (Lar. mens., p. 420b); 1921 en vol (ibid., p. 392b); 1935 heures de vol (Ac.); 1941 vol de reconnaissance (L'Œuvre, 18 janv.); 1943 vol d'essai (Military Dictionary, p. 748 ds Quem. DDL t. 22); 1962 premier vol (Industr. aéron. fr., p. 4); 1954 vol sans visibilité (Lar. mens., p. 466a); 1964 vol à vue, vol aux instruments (Lar. encyclop.); 1964 vol no... pour ... (Rob.); 4. 1946 astronaut. vol cosmique (A. Ananoff, Nav. interplanétaire, p. 42); 1961 vol orbital (Combat, 13 avril, p. 10d ds Guilb. Astronaut., 535); 5. 1937 sports vol sur ski (La R. du ski, no5, juill., III ds Quem. DDL t. 36); 1951 vol à skis (La Montagne, no352, mars-avr., p. 25, ibid.); 1967 vol à skis, ou absol., vol (J. Franco, Le Ski, p. 79 ds Rob. Suppl. 1970); 6. [1974 vol libre (date de la création de la Fédération fr. de vol libre, cf. Quid 1985, p. 1645a)] 1977 (L'Express, 5 déc., p. 46, col. 3: cours de vol libre). Déverbal de voler1*. Bbg. Blochw.-Runk. 1971, p. 194 (s.v. vol habité). − Darm. Vie 1932, p. 28. − Quem. DDL t. 27, 28. − Sculpt. 1978, p. 697.

VOL2, subst. masc.

A. − [Corresp. à voler2I A et II A]
1. Action de s'emparer frauduleusement de ce qui appartient matériellement à autrui. Synon. brigandage, cambriolage, pillage, rapine.Vol audacieux; petit vol; vol de voiture; vol avec effraction; commettre, faire un vol; être accusé/inculpé de vol ; détecteur de vol. Ce que vous appelez le meurtre et le vol est en effet la guerre et la conquête, fondements sacrés des empires et sources de toutes les vertus et de toutes les grandeurs humaines (A. France, Île ping., 1908, p. 78).V. larcin ex. 2.
Vol d'enfant. Synon. de kidnapping, enlèvement, rapt.Le plus curieux, c'est de voir ces ilotes civilisés (...) soigner leurs enfants, accomplir avec joie les œuvres de servage, que dis-je? pousser à l'extension du servage, encourager les vols d'enfants (Michelet, Insecte, 1857, p. 265).
Vol à l'abecquage*. Vol à l'américaine. V. américain III B 2.Vol au bonjour*. Vol à la carre. V. ce mot dér. s.v. carrer.Vol à la cire*. Vol à l'écornage*. Vol à l'écorne. V. ce mot rem. s.v. écornage.Vol à l'esbrouf(f)e*. Vol avec escalade*. Vol à l'esquinte. V. ce mot rem. s.v. esquinter.Vol à l'étalage*. Vol à la fourchette*. Vol à main armée. V. armé II A.Vol au poivrier. V. bonjour A 2 ex. de Aymé et poivrier C ex. de Macé.Vol au rendez-moi*. Vol à la roulotte*. Vol à la tire. V. tire2B 1.
DROIT
Vol domestique. Vol commis par un domestique, un employé de maison, soit envers son employeur à l'intérieur des locaux que celui-ci possède et dans lesquels il l'accompagne, soit envers des personnes se trouvant dans l'habitation de son employeur (d'apr. Cap. 1936).
Vol qualifié*. Vol simple. ,,Vol qui, faute de circonstances aggravantes, ne constitue qu'un délit correctionnel`` (Cap. 1936).
P. anal., BIOL., MÉD. Vol sous-clavier, de la sous-clavière. Ensemble des troubles liés à une déficience aiguë de l'irrigation sanguine du cerveau, et plus particulièrement, au rétrécissement ou à l'obstruction d'une artère sous-clavière, donnant l'impression que l'artère sous-clavière atteinte vole le sang destiné au cerveau (d'apr. Man.-Man. Méd. 1977). En cas de manifestations vertébro-basilaires liées à un vol sous-clavier, la cure chirurgicale de la sténose sous-clavière est en général indiquée (Cardiol.1986).
P. anal., INFORMAT. Utilisation d'un cycle mémoire, considéré comme volé au processeur central, par un processeur d'entrée-sortie (d'apr. Morvan Informat. 1981).
2. P. méton. Ce dont on s'empare et qui est la propriété d'autrui. Vous supprimez stupidement la Loterie, les cuisinières n'en volent pas moins leurs maîtres, elles portent leurs vols à une Caisse d'Épargne (Balzac, Mais. Nucingen, 1838, p. 639).
B. −
1. [Corresp. à voler2I B] Action de déposséder quelqu'un de ce qui lui appartient moralement. Le blason est libre; il est protégé contre le vol et l'usurpation, mais simplement en tant que propriété particulière. Ainsi, il est défendu à un viticulteur de mettre sur les étiquettes de ses bouteilles le blason qu'il a trouvé au fronton des grilles du château qu'il vient d'acquérir (L'Hist. et ses méth., 1961, p. 752).
[La chose dont on s'empare fait partie intégrante de la pers. concernée] V. digne A 1 b ex. de Musset.
BIOL., MÉD. Vol de la pensée. Symptôme dans lequel un malade a l'impression qu'on lui dérobe ses idées (d'apr. Moor 1966).
2. [Corresp. à voler2I D et II C] Action de déposséder un écrivain du fruit de son activité intellectuelle. Synon. plagiat.Ces dernières constatations s'accordaient mal avec l'hypothèse d'un plagiat ou d'un vol, et (...) je demandai à la Nationale cette revue où j'avais lu à sa naissance la nouvelle de Forestier... Je ne m'étais pas trompé: la description du bain était la même, avec quelque chose cependant de moins guindé et de plus radieux (Giraudoux, Siegfried et Lim., 1922, p. 9).
C. − [Corresp. à voler2II B] Action de léser sciemment quelqu'un dans ses intérêts matériels en lui demandant plus d'argent qu'il n'en doit réellement ou en ne lui donnant pas ce qui lui est dû. Synon. escroquerie, exploitation, grivèlerie.Il m'a demandé huit francs pour une botte de radis, c'est du vol! (Lar. Lang. fr.).
Prononc. et Orth.: [vɔl]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) 1606 « fait de s'emparer du bien d'autrui » (J. Bertaut, Rec. de quelques vers amoureux, éd. L. Terreaux, p. 23: l'une exerce le vol, et l'autre le recele); 1610 (Hist. de la navigation de Jean Hugues de Linscot, p. 19: vivants de vol et de proye); 1611 (Cotgr.); b) 1648 vol domestique (Patin, Lettres, éd. P. Triaire, t. 1, p. 593); 1690 vol qualifié (Fur.); 1718 vol avec effraction (Ac.); 1765 vol simple (Encyclop.); 1812 vol à main armée (Mozin-Biber); [1836 vol à la roulotte (Vidocq d'apr. Lar. Lang. fr., s.v. roulotte)] 1844 vol à la roulotte (Dict. arg. « Myst. Paris », p. 105 ds TLF t. 14, s.v. roulotte); 1836 vol à la tire, vol au rendez-moi (Vidocq, Voleurs, t. 1, p. 205; t. 2, p. 62); 1840 vol à l'américaine (Proudhon, Propriété, p. 332); 1901 vol à l'étalage (Bruant, p. 448); c) 1840 expr. la propriété, c'est le vol! (Proudhon, op. cit., p. 132); 2. 1635 fig. « rapt prétendu d'un objet, sur lequel on se donnait, à tort ou à raison, des droits » (Corneille, Médée, IV, 1: au vol que tu me fais); 3. 1668 « objet dérobé à autrui » (Molière, L'Avare, V, 3: vouloir retenir le vol qu'il m'a fait); 4. 1690 « fait de léser autrui dans ses intérêts; action de vendre un article en prenant un bénéfice excessif » (Fur.); 5. 1923 psychanal. vol de la pensée (G. Revault D'Allonnes, La Polyphrénie, in Annales médico-psychol., II, p. 238 ds Quem. DDL t. 29, s.v. extorsion); 6. 1973 informat. vol de cycle (Ging.-Lauret). Déverbal de voler2*.
STAT. Vol1 et 2. Fréq. abs. littér.: 3 346. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 3 906, b) 6 565; xxes.: a) 5 901, b) 3 828.

Vol : définition du Wiktionnaire

Nom commun 1

vol \vɔl\ masculin

  1. Mouvement des oiseaux et de divers animaux, qui se soutiennent et avancent dans l’air au moyen de leurs ailes.
    • Plus tard, par une méthode déjà plus délicate, j’inscrivais les phases d’élévation et d’abaissement des ailes d’un oiseau qui vole, la trajectoire décrite dans l’espace par la pointe de l’aile, les changements du plan alaire, les oscillations du corps dans leurs rapports avec les mouvements du vol. — (Étienne-Jules Marey, Le Fusil photographique, in La Nature - Revue des sciences, 1882, page 326)
    • Ces champs ne sont-ils pas à moi, et ces bois chanteurs, et ce ciel que raye continuellement le vol fantaisiste des martinets ? — (Octave Mirbeau, Ma chaumière, in Lettres de ma chaumière, 1885)
    • […] et l’on voyait déjà quelques embarcations filer doucement sur l’eau que battaient les grands avirons, pareils à des vols de goélands lents et bas. — (Octave Mirbeau, Les Eaux muettes)
    • Alors, comme un vol de corbeaux sur une charogne, policiers, journalistes, confrères, simples curieux, s'abattirent sur l'affaire Vichaud. — (Pierre Gérin, Comme un vol de corbeaux, MFR éditeur, 2000, p. 65)
  2. (Par analogie) Mouvement des appareils plus lourds que l’air qui s’élèvent et à se meuvent dans l’air.
    • Un homme aurait résisté dès le mois d’août dernier aux épreuves physiques de vol spatial, y compris l’impondérabilité, les accélérations et les décélérations de la mise à feu des divers étages de la fusée […] — (Louis Guilbert, Le Vocabulaire de l’astronautique, 1967, page 71)
  3. (Par extension) Déplacement ou transport de ceux qui montent dans ces appareils.
    • Deux heures trente de vol, en Airbus, aussi confortable qu’un 737. — (Gérard de Villiers, SAS : Tuerie à Marrakech, éditions Gérard de Villiers, 1995)
    • Batoumi est doté d’un aéroport, plusieurs vols sont possibles chaque semaine. L’aspect qui peut être le plus désagréable est que, pour des raisons économiques, la plupart des vols, arrivée ou départ, sont au milieu de la nuit. — (Petit Futé Géorgie 2015, p. 139)
  4. (Par extension) Étendue, longueur, durée, de ce déplacement en une fois.
    • Le vol de la perdrix n’est pas long.
    • À son premier vol, à son second vol.
  5. Quantité d’oiseaux ou d’insectes qui arrivent en même temps en un lieu.
    • Autour de lui la forêt frouait infiniment, à croire qu’un vol immense de ramiers très bas, occupait tout le ciel. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    1. (Héraldique) Meuble représentant une paire d’ailes attachées dans les armoiries. Il est représenté éployé (on voit le dessous des ailes), les rémiges primaires pointant vers le chef. À rapprocher de aile et demi-vol.
      • D’azur au vol d’or, qui est de Thalamy de Corrèze → voir illustration « armoiries avec un vol »
    2. (Héraldique) Se dit des ailes des oiseaux lorsque celles-ci ont une caractéristique (forme, position, nature, orientation…) qui sort de l’ordinaire.
      • D’azur aux trois aigles au vol abaissé d’or, qui est de Machy → voir illustration « aigles au vol abaissé »
  6. (Mathématiques) Série d’étapes d’un algorithme ou d’une suite récurrente aboutissant par exemple à une racine, à un point fixe, à un cycle, etc.
    • L’algorithme suivant permet de calculer le nombre k de termes (longueur du vol) pour atteindre la valeur 1, après laquelle la suite est périodique et la valeur maximale atteinte (ligne bleue) lors de ce vol. — (SuitesEtAlgorithmes1.pdf, page 6, 2013)
    • La suite de nombres associée au premier terme k est aussi appelée le vol de k. — (Maths : Exercices résolus - Terminale ES/L, page 23, Laurent Darré, Philippe Rousseau, 2013, Hatier)
  7. (Chasse) (Vieilli) Chasse avec des oiseaux de proie.
    • Canelude, est une espèce de curée, que préparent les Fauconniers pour le vol du héron, & qui est composée de sucre, de canelle , de moelle de héron ; ils la donnent à leurs oiseaux , pour les rendre héronniers, & les échauffer à ce vol. — (Dictionnaire universel d'agriculture et de jardinage, de fauconnerie, chasse, pêche, cuisine et ménage, tome 2, Paris : chez David le jeune, 1751, page 88)

Nom commun 2

vol \vɔl\ masculin

  1. Action de celui ou de celle qui prend furtivement ou par force le bien d’autrui, pour se l’approprier.
    • À Sparte, le vol était pratiqué et honoré : c’était une institution hiératique, un complément indispensable à l’éducation de tout Lacédémonien sérieux. — (Auguste de Villiers de L’Isle-Adam, Les Demoiselles de Bienfilâtre, dans les Contes cruels, Calmann Lévy, 1893, p. 2)
    • La loi de Lynch était fréquemment appliquée ; un homme convaincu de meurtre ou de vol pouvait se voir arrêter, juger, et… pendre, en moins d’un quart d’heure, pour peu qu’un comité de vigilance énergique s’emparât de lui. — (Paul de Rousiers, La Vie américaine. Ranches, fermes et usines, 1899, p. 224-225)
    • D’un coup d’œil scrutateur, le père l’examinait et le gars, craignant d’être fouillé, commençait à n’en pas mener large, une danse soignée ne manquant jamais de punir sans sursis tout vol domestique. — (Louis Pergaud, L’Argument décisif, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Les corsaires qui commandaient le navires furent donc très satisfaits ; ils le furent peut-être un peu moins… quand ils apprirent que les capitaines qui ne dressaient pas un inventaire fidèle de leurs prises commettaient, eux, un vol irrémissible, s’ils ne restituaient pas aux armateurs tout ce qu’ils détournaient. — (Étienne Dupont, Le Vieux Saint-Malo : Les Corsaires chez eux, Édouard Champion, 1929, p. 49 et 50)
    • [Il] n’est peut-être pas moins dévoyé que le fils du notaire, à Rouen, qui comparaît devant les Assises pour un vol d’auto, une affaire de carambouillage ou un trafic de stupéfiants. — (Paul Nizan, La Conspiration, 1938, p. 77)
  2. (Par extension) Chose volée.
    • Le montant du vol s’élèvera donc à neuf mille neuf cent et quatre-vingt et dix-neuf francs et quatre-vingt et dix centimes. — (Narcisse Praz, Poète, prends ton luth et tire, Lausanne : Éditions d’En bas, 1984, p. 43)
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Vol : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

VOL. n. m.
Mouvement des oiseaux et de divers animaux, qui se soutiennent et avancent dans l'air par le moyen de leurs ailes. Vol élevé, lent, rapide. Le vol de l'hirondelle est très vif. L'aigle a le vol fort haut. Cet oiseau a pris son vol. Les anciens observaient attentivement le vol des oiseaux pour en tirer des présages. Le vol d'une mouche, d'un papillon. Le vol de la chauve-souris, d'un poisson volant, etc. Tirer, tuer un oiseau au vol, Le tirer, le tuer pendant qu'il vole. Fig., Saisir, attraper au vol, S'emparer d'une chose au moment même où elle se présente. Saisir une idée au vol. Saisir l'occasion au vol. De haut vol, Qui vole haut. Le faucon est un oiseau de haut vol. Il signifie, figurément et familièrement, au sens péjoratif, De grande envergure. Un escroc de haut vol. Fig., Prendre son vol trop haut, S'élever plus qu'on ne doit, prendre des manières au-dessus de sa condition, faire plus de dépense qu'on ne peut.

VOL se dit aussi en parlant des Appareils plus lourds que l'air qui servent à s'élever et à se mouvoir dans l'air, ainsi que de Ceux qui montent dans ces appareils. Un avion en plein vol. Vol vertical. Vol plané. Vol de nuit. Cet aviateur a fait plus de cent heures de vol.

VOL se dit aussi de l'Étendue et de la longueur du vol qu'un oiseau fait ordinairement en une fois. Le vol de la perdrix n'est pas long. À son premier vol, à son second vol. Le vol du chapon se disait et se dit encore dans quelques régions d'une Certaine étendue de terre qui était autour du château, ou principal manoir. Le vol du chapon entrait, avec le principal manoir, dans le préciput de l'aîné.

VOL désigne encore une Quantité d'oiseaux ou d'insectes qui arrivent en même temps en un lieu. Un vol de grues, de cailles. Un vol de sauterelles.

À VOL D'OISEAU, loc. adv. En ligne droite. De Paris à Rouen, il y a cent kilomètres à vol d'oiseau. Vue à vol d'oiseau, Vue prise d'en haut.

Vol : définition du Littré (1872-1877)

VOL (vol) s. m.
  • 1Mode de locomotion propre à tous les animaux qui, étant pourvus d'ailes ou d'organes aliformes, se soutiennent dans l'air. Le vol d'un oiseau, d'une mouche. Le vol de la chauve-souris, du poisson volant. Là [La Nuit et le hibou] s'élançant d'un vol que le vent favorise, Boileau, Lutr. III. Pensez-vous qu'en effet, au gré de leur demande [des prêtres], Du vol de leurs oiseaux la vérité dépende ? Voltaire, Œdipe, IV, 1. Le vol est son état naturel [de l'hirondelle], je dirais presque son état nécessaire : elle mange en volant, elle boit en volant, et quelquefois donne à manger à ses petits en volant, Buffon, Ois. t. XII, p. 276.

    Oiseau de haut vol, oiseau qui vole dans les hautes régions de l'air. Un oiseau de haut vol peut parcourir, chaque jour, quatre ou cinq fois plus de chemin que le quadrupède le plus agile, Buffon, Ois. t. I, p. 45.

    Tirer, tuer un oiseau au vol, le tirer pendant qu'il vole.

    À vol d'oiseau, loc. adv. En ligne droite. De Paris à Rouen, il n'y a que vingt lieues à vol d'oiseau.

    Vue à vol d'oiseau, vue d'une ville, d'un espace représentés comme les verrait un oiseau planant au-dessus. Paris vu à vol d'oiseau.

    Par extension et fig. D'en haut, superficiellement. Il est toujours en l'air sur son Pégase, et ne voit les objets qu'à vol d'oiseau, Bonnet, Lett. div. Œuv. t. XII, p. 221, dans POUGENS.

  • 2L'étendue et la longueur du vol qu'un oiseau fait en une fois. Un long vol. Au premier vol, au second vol de la perdrix. On a dû remarquer, en comparant les dimensions relatives du jaseur, qu'il avait beaucoup plus de vol à proportion que notre merle et nos grives, Buffon, Ois. t. VI, p. 162.

    Demi-vol, vol d'un oiseau qui va s'abattre non loin de l'endroit d'où on l'a fait partir.

    Terme de coutume. Vol du chapon, étendue de terre qui appartenait à l'aîné, outre le manoir principal, dans un partage noble avec ses frères, et qui était évaluée à l'espace qu'un chapon pourrait franchir en volant, c'est-à-dire la valeur d'un arpent.

  • 3Distance entre les deux bouts des ailes d'un oiseau lorsqu'elles sont étendues, dite envergure dans le langage de l'histoire naturelle. Cet oiseau a tant de pieds de vol.
  • 4Quantité d'oiseaux qui arrivent en même temps en un lieu. On y voit, en certains temps, des vols d'oiseaux qui, après un séjour de quelques mois, retournent à l'est, d'où ils étaient arrivés, Buffon, Note justif. Ép. nat. t. XIII, p. 328.

    Par extension. Un vol de sauterelles, une quantité de sauterelles qui arrivent. Un vol considérable de sauterelles a traversé le cercle de Djelfa [Algérie], Journ. offic. 15 mars 1872, p. 1826, 3° col.

  • 5Le gibier à plume… Les ortolans. Les perdrix rouges et les cailles Et mille autres vols succulents, Nous firent horreur des mangeailles Dont Carbon et tant de canailles Vous affrontent depuis vingt ans, Voy. de Chapelle et Bachaumont.
  • 6 Terme de fauconnerie. Chasse au vol, ou absolument, vol, équipage des oiseaux de proie et des hommes qui servent à prendre du gibier. Ce prince entretenait des vols pour toute sorte d'oiseaux.

    Vol pour le gros, celui qui se fait sur les oiseaux de fort et de cuisine.

    Vol à la renverse, se dit quand on lâche l'oiseau de manière qu'il rencontre la perdrix.

    Vol à la source, se dit quand on lâche l'oiseau au moment où la perdrix part.

    Vol à la couverte, se dit lorsqu'on s'approche du gibier, à couvert d'une haie.

    Vol à la toise, se dit lorsque l'oiseau part du poing à tire-d'aile, pour suivre la perdrix au moment où on l'entend.

    Chasse qu'on fait avec les oiseaux de proie. J'ai assisté à un vol. La chasse du héron était autrefois parmi nous le vol le plus brillant de la fauconnerie, Buffon, Ois. t. XIV, p. 57.

  • 7Au théâtre, l'action d'une machine par laquelle un ou plusieurs acteurs montent ou descendent en fendant l'air, comme s'ils volaient. Il ne faut point de vols, ni de chars, ni de changements aux [tragédies de] Bérénices et à Pénélope, La Bruyère, I. Il n'y a peut-être que quelque machiniste caché dans le parterre qui s'inquiète d'un vol qui lui aura paru extraordinaire, et qui veut absolument démêler comment ce vol a été exécuté, Fontenelle, Mondes, 1er soir. J'ai vu Mars descendre en cadence ; J'ai vu des vols prompts et subtils ; J'ai vu la Justice en balance Et qui ne tenait qu'à deux fils, Pannard, Œuv. Descrip. de l'Opéra.
  • 8 Par extension, il se dit de certaines choses qui sont poussées en l'air avec une grande vitesse. Le vol des flèches, des dards.
  • 9 Fig. et poétiquement. Le vol du temps, la fuite rapide du temps. Il a plu à notre grand Dieu, pour consoler les misérables mortels de la perte continuelle qu'ils font de leur être par le vol irréparable du temps, que ce même temps, qui se perd, fût un passage à l'éternité qui demeure, Bossuet, Yolande de Monterby. Ô temps, suspends ton vol, respecte ma jeunesse, Thomas, Ode au temps. Ô temps, suspends ton vol ; et vous, heures propices, Suspendez votre cours, Lamartine, Médit. I, 13.
  • 10 Fig. Essor. Le vol de mon dessein ne s'étend point si haut, Régnier, Sat. III. Toutes les comparaisons tirées des choses humaines sont les effets comme nécessaires de l'effort que fait notre esprit, lorsque, prenant son vol vers le ciel, et retombant par son propre poids dans la matière d'où il veut sortir…, Bossuet, 6e avert. 44. Je mesure mon vol à mon faible génie, Boileau, Disc. au roi. L'ode… Élevant jusqu'au ciel son vol ambitieux, Boileau, Art p. II. Il [Villars] a toujours pris la route et le vol de tous ceux qui arrivent, Mme de Grignan, 5 février 1703, dans SÉV. t. X, p. 475, édit. RÉGNIER. Cette vie cachée n'empêchait pas le vol de son nom et de sa réputation, Bayle, Dict. Spinoza. Le vol que les bâtards avaient pris tenait fort au cœur à M. d'Elbeuf, Saint-Simon, 30, 98. Si Descartes ne s'était pas écarté, dans ses inventions, de son guide, la géométrie, si Malebranche avait su s'arrêter dans son vol…, Voltaire, Lett. Faugères, 3 mai 1776. Ce fut là qu'ayant eu part au mariage de la princesse de Parme avec Philippe V, il [Alberoni] prit le vol qui l'éleva si haut, Duclos, Œuv. t. v, p. 236.

    Prendre un vol trop haut, s'élever plus qu'on ne doit, prendre des manières trop hautes pour la condition dont on est, faire plus de dépense qu'on ne peut. Je crains bien qu'il n'ait pris un vol qu'il ne pourra soutenir, Maintenon, Lett. à Mme de St-Géran, 15 avril 1691.

    Il y est parvenu de plein vol, se dit d'un homme qui a été élevé à une dignité supérieure sans passer par les degrés ordinaires.

    Prendre un vol hardi, se dit d'un écrivain, d'un poëte qui s'élève à de grandes compositions. Être d'un vol…, avoir une portée d'esprit… L'intérêt que je prends à lui [M. d'Orbe] ne m'empêche pas de voir qu'il n'est pas du vol des deux autres [Saint-Preux et milord Édouard], Rousseau, Hél. I, 65.

    Avoir le vol pour telle ou telle chose, être propre à telle ou telle chose (locution qui vieillit). Il a été employé dans plusieurs affaires importantes, il a le vol pour les négociations. Quant à lui [Vervins], c'était un grand homme fort bien fait, de l'esprit, quelque lecture, et fort le vol des femmes, Saint-Simon, 139, 32.

  • 11 Terme de blason. Nom qu'on donne à deux ailes d'oiseau réunies comme lorsque l'oiseau vole.

    Demi-vol, la représentation d'une seule aile d'oiseau.

    Vol banneret, vol qui se met au cimier et qui est fait en bannière.

HISTORIQUE

XIIe s. Il [l'épervier] prit son vol, qu'ainz ne se voult targer, Ronc. p. 164. Si lui cheï [tomba] tout à un vol La lance et li escus del col, la Charrette, 765.

XIIIe s. Renart tint le covercle haut, Et Tybert saut hors de plain vol, Ren. 2806.

XIVe s. L'esprevier ne faict pas tant de si beaux vols aux oyseaulx qu'il prent en yver comme il fait en esté, Modus, f° XCV, verso.

XVIe s. L'on n'a pas accoustumé d'entrer de plein vol en la maison d'autruy sans frapper à la porte, Amyot, Curios. 6. Les presbtres, qui par le vol des oyseaux cognoissent et predisent les choses à advenir, Amyot, Anton. 7. Vous oirrez tout le ciel rebruire aux environs D'un aigle dont le vol [envergure] est plus long qu'avirons, Ronsard, 845. Quand quelquefois je pense au vol de ceste vie, Et que nos plus beaux jours plus vistement s'en vont, Desportes, Œuv. chrestiennes, Sonnets, 14.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. VOL. Ajoutez :
12En vol, s'est dit des volées des cloches. Elle [la Georges-d'Amboise] fut sonnée en vol par seize hommes le 16 février 1502 ; et, à ce sujet, le Journal de Normandie du 25 juin 1762 fait cette réflexion : on y met à présent trente et même quarante hommes, qui n'ont pas la force de la sonner en vol, Extr. du Journ. de Rouen, dans Journ. offic. 16 juill. 1864, p. 4959, 3e col.
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Vol : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

VOL, s. m. (Droit naturel.) action de prendre le bien d’autrui malgré le propriétaire à qui seul les lois donnent le droit d’en disposer.

Comme cette action est contraire au bien public, soit dans l’état de nature, soit dans l’état civil, tout voleur mérite d’être puni ; mais cette punition doit être réglée suivant la nature du vol, les circonstances & la qualité du voleur ; c’est pour cela qu’on punit plus sévérement le vol domestique, le vol à main armée, le vol de nuit que le vol de jour.

Il paroit que le simple vol ne doit pas mériter la peine de mort ; mais s’il est permis pour défendre son bien & sa vie de tuer un voleur de nuit, parce que dans un pareil cas, l’on rentre en quelque maniere dans l’état de nature, où les petits crimes peuvent être punis de mort ; ici, il n’y a point d’injustice dans une défense poussée si loin pour conserver uniquement son bien ; car comme ces sortes d’attentats ne parviennent guere à la connoissance du magistrat, le tems ne permettant pas d’implorer leur protection, ils demeurent aussi très-souvent impunis. Lors donc qu’on trouve moyen de les punir, on le fait à toute rigueur, afin que si d’un côté l’espérance de l’impunité rend les scélérats plus entreprenans, de l’autre la crainte d’un châtiment si sévere soit capable de rendre la malice plus timide.

Mais dans l’ancienne Lacédémone, ce que l’on souhaitoit principalement, comme naturellement bon à l’état, c’étoit d’avoir une jeunesse hardie & rusée ; ainsi le vol étoit permis à Sparte, l’on n’y punissoit que la mal-adresse du voleur surpris. Le vol nuisible à tout peuple riche, étoit utile à Lacédémone, & les lois de Lycurgue en autorisoient l’impunité ; ces lois étoient convenables à l’état pour entretenir les Lacédémoniens dans l’habitude de la vigilance. D’ailleurs, si l’on considere l’inutilité de l’or & de l’argent dans une république où les lois ne donnoient cours qu’à une monnoie de fer cassant, on sentira que les vols de poules & légumes étoient les seuls qu’on pouvoit commettre ; toujours faits avec adresse, & souvent niés avec la plus grande fermeté.

Chez les Scythes, au contraire, nul crime plus grand que le vol, & leur maniere de vivre exigeoit qu’on le punît séverement. Leurs troupeaux erroient çà & là dans les plaines ; quelle facilité à dérober ! & quel désordre, si l’on eût autorisé de pareils vols ! Aussi, dit Aristote, a-t on chez eux établi la loi gardienne des troupeaux. (D. J.)

Vol, (Critiq. sacrée.) Le vol simple chez les Hébreux se punissoit par la restitution plus ou moins grande que le voleur étoit obligé de faire. Le vol d’un bœuf étoit réparé par la restitution de cinq ; celui d’une brebis ou d’une chevre, par la restitution de quatre de ces animaux. Si le vol se trouvoit encore chez le voleur, la loi restraignoit la restitution au double ; mais si le voleur n’avoit pas de quoi restituer, on pouvoit le vendre ou le réduire en esclavage, Exod. xxij. 3.

Celui qui enlevoit un homme libre pour le mettre en servitude, étoit puni de mort, Exod. xxj. 16. La loi permettoit de tuer le voleur nocturne, parce qu’il est présumé qu’il en veut à la vie de la personne qu’il veut voler ; mais la loi ne permettoit pas de tuer celui qui voloit pendant le jour, parce qu’il étoit possible de se défendre contre lui, & de poursuivre devant les juges la restitution de ce qu’il avoit pris, Exod. xxij. 2. (D. J.)

Il ne paroît pas en général que chez les Hébreux, le vol emportât avec soi une infamie particuliere. L’écriture même nous donne dans Jephté l’exemple d’un chef de voleurs, qui après avoir changé de conduite, fut nommé pour gouverner les Israélites. (D. J.)

Vol, (Jurisprud.) Les anciens n’avoient pas des idées aussi pures que nous par rapport au vol, puisqu’ils pensoient que certaines divinités présidoient aux voleurs, telles que la déesse Laverna & Mercure.

Il y avoit chez les Egyptiens une loi qui régloit le métier de ceux qui vouloient être voleurs ; ils devoient se faire inscrire chez le chef apud sorum principum, lui rendre compte chaque jour de tous leurs vols dont il devoit tenir registre. Ceux qui avoient été volés s’adressoient à lui, on leur communiquoit le registre, & si le vol s’y trouvoit, on le leur rendoit en retenant seulement un quart pour les voleurs, étant, disoit cette loi, plus avantageux, ne pouvant abolir totalement le mauvais usage des vols, d’en retirer une partie par cette discipline, que de perdre le tour.

Plutarque, dans la vie de Lycurgue, rapporte que les Lacédémoniens ne donnoient rien ou très peu de chose à manger à leurs enfans, qu’ils ne l’eussent dérobé dans les jardins ou lieux d’assemblée ; mais quand ils se laissoient prendre, on les fouettoit très-rudement. L’idée de ces peuples étoit de rendre leurs enfans subtils & adroits, il ne manquoit que de les exercer à cela par des voies plus légitimes.

Pource qui est des Romains, suivant le code Papyrien, celui qui étoit attaqué par un voleur pendant la nuit, pouvoit le tuer sans encourir aucune peine.

Lorsque le vol étoit fait de jour, & que le voleur étoit pris sur le fait, il étoit fustigé & devenoit l’esclave de celui qu’il avoit volé. Si ce voleur étoit déja esclave, on le fustigeoit & ensuite on le précipitoit du haut du capitole ; mais si le voleur étoit un enfant qui n’eût pas encore atteint l’âge de puberté, il étoit châtié selon la volonté du préteur, & l’on dédommageoit la partie civile.

Quand les voleurs attaquoient avec des armes, si celui qui avoit été attaqué avoit crié & imploré du secours, il n’étoit pas puni s’il tuoit quelqu’un des voleurs.

Pour les vols non manifestes, c’est-à-dire cachés, on condamnoit le voleur à payer le double de la chose volée.

Si après une recherche faite en la forme prescrite par les lois, on trouvoit dans une maison la chose volée, le vol étoit mis au rang des vols manifestes, & étoit puni de même.

Celui qui coupoit des arbres qui n’étoient pas à lui, étoit tenu de payer 25 as d’airain pour chaque pié d’arbre.

Il étoit permis au voleur & à la personne volée de transiger ensemble & de s’accommoder ; & s’il y avoit une fois une transaction faite, la personne volée n’étoit plus en droit de poursuivre le voleur.

Enfin, un bien volé ne pouvoit jamais être prescrit.

Telles sont les lois qui nous restent du code Papyrien, au sujet des vols sur lesquels M. Terrasson en son histoire de la Jurisprudence romaine, a fait des notes très-curieuses.

Suivant les lois du digeste & du code, le vol connu sous le terme furtum étoit mis au nombre des délits privés.

Cependant, à cause des conséquences dangereuses qu’il pouvoit avoir dans la société, l’on étoit obligé, même suivant l’ancien droit, de le poursuivre en la même forme que les crimes publics.

Cette poursuite se faisoit par la voie de la revendication, lorsqu’il s’agissoit de meubles qui étoient encore en nature, ou par l’action appellée condictio fustra, lorsque la chose n’étoit plus en nature ; enfin, s’il s’agissoit d’immeubles, on en poursuivoit la restitution par une action appellée interdictum recuperandæ possessionis, desorte que l’usurpation d’un héritage étoit aussi considérée comme un vol.

L’on distinguoit, quant à la peine, le vol en manifeste & non manifeste ; au premier cas, savoir, lorsque le voleur avoit été surpris en flagrant délit, ou du moins dans le lieu où il venoit de commettre le vol, la peine étoit du quadruple ; au second, c’est-à-dire lorsque le vol avoit été fait secrétement, & que l’on avoit la trace du vol, la peine étoit seulement du double ; mais dans ce double, ni dans le quadruple, n’étoit point compris la chose ou le prix.

La rapine, rapina, étoit considérée comme un délit particulier que l’on distinguoit du vol, en ce qu’elle se faisoit toujours avec violence & malgré le propriétaire, au lieu que le vol furtum étoit censé fait sans violence, & en l’absence du propriétaire, quoiqu’il pût arriver qu’il y fût présent.

La peine de la rapine étoit toujours du quadruple, y compris la chose volée ; ce délit étoit pourtant plus grave que le vol manifeste qui se commettoit sans violence ; mais aussi ce vol n’étoit jamais puni que par des peines pécnniaires, comme les autres délits privés, au lieu que ceux qui commettoient la rapine pouvoient, outre la peine du quadruple, être encore condamnés à d’autres peines extraordinaires, en vertu de l’action publique qui résultoit de la loi julia de vi publicâ seu privatâ.

En France, on comprend sous le terme de vol les deux délits que les Romains distinguoient par les termes furtum & rapina.

Les termes de vol & de voleur tirent leur étymologie de ce qu’anciennement le larcin se commettoit le plus souvent dans les bois & sur les grands chemins ; ceux qui attendoient les passans pour leur dérober ce qu’ils avoient, avoient ordinairement quelqu’oiseau de proie qu’ils portoient sur le poing, & qu’ils faisoient voler lorsqu’ils voyoient venir quelqu’un, afin qu’on les prît pour des chasseurs, & que les passans ne se défiant pas d’eux, en approchassent plus facilement, ensorte que le terme de vol ne s’appliquoit dans l’origine qu’à ceux qui étoient commis sur les grands chemins ; les autres étoient appellés larcin. Cependant sous le terme de vol, on comprend présentement tout enlevement frauduleux d’une chose mobiliaire.

Un impubere n’étant pas encore capable de discerner le mal, ne peut être puni comme voleur ; néanmoins s’il approche de la puberté, il ne doit point être entiérement exempt de peine.

De même aussi celui qui prend par nécessité, & uniquement pour s’empêcher de mourir de faim, ne tombe point dans le crime de vol, il peut seulement être poursuivi extraordinairement pour raison de la voie de fait, & être condamné en des peines pécuniaires.

Il en est de même de celui qui prend la chose d’autrui à laquelle il prétend avoir quelque droit, soit actuel ou éventuel, ou en compensation de celle qu’on lui retient ; ce n’est alors qu’une simple voie de fait qui peut bien donner lieu à la voie extraordinaire, comme étant défendue par les lois à cause des désordres qui en peuvent résulter, mais la condamnation se résout en dommages & intérêts, avec défense de récidiver.

On distingue deux sortes de vol ; savoir, le vol simple & le vol qualifié ; celui-ci se subdivise en plusieurs especes, selon les circonstances qui les caractérisent.

La peine du vol est plus ou moins rigoureuse, selon la qualité du délit, ce qui seroit trop long à détailler ici : on peut voir là-dessus la déclaration du 4 Mars 1724.

L’auteur de l’esprit des Lois observe à cette occasion que les crimes sont plus ou moins communs dans chaque pays, selon qu’ils y sont punis, plus ou moins rigoureusement ; qu’à la Chine, où les voleurs cruels sont coupés par morceaux, on vole bien, mais que l’on n’y assassine pas ; qu’en Moscovie, où la peine des voleurs & assassins est la même, on assassine toujours : & qu’en Angleterre, on n’assassine point, parce que les voleurs peuvent espérer d’être transportés dans les colonies, & non pas les assassins.

Voyez au digest. les tit. de furtis de usurpationibus ad leg. jul. de vi privatâ, & au code eod. tit. institut. de oblig. quæ ex delicto nasc.

Vol avec armes est mis au nombre des vols qualifiés & punis de mort ; même de la roue s’il a été commis dans une rue ou sur un grand chemin.

Vol de bestiaux, voyez Abigeat.

Vol avec déguisement, est celui qui est fait par une personne masquée ou autrement déguisée : les ordonnances permettent de courir sur ceux qui vont ainsi masqués, comme s’ils étoient déja convaincus. Voyez les ordonnances de 1539, celle de Blois, & la déclaration du 22 Juillet 1692. (A)

Vol domestique, est celui qui est fait par des personnes qui sont à nos gages, & nourries à nos dépens : ce crime est puni de la potence, à moins que l’objet ne fût extrêmement modique, auquel cas la peine pourroit être modérée.

Vol avec effraction, est lorsque le voleur a brisé & forcé quelque clôture ou fermeture pour commettre le vol. Celui-ci est un cas royal & même prevôtal, lorsqu’il est accompagné de port d’armes & de violence publique, ou-bien que l’effraction a été faite dans le mur de clôture, dans les toîts des maisons, portes & fenêtres extérieures ; la peine de ce vol est le supplice de la roue, ou au moins de la potence si les circonstances sont moins graves. V. la déclaration de 1731 pour les cas prevôtaux.

Vol de grand chemin, est celui qui est commis dans les rues ou sur les grands chemins ; ces vols sont réputés cas prevôtaux, à l’exception néanmoins de ceux qui sont commis dans les rues des villes & faubourgs ; du reste, les uns & les autres sont punis de la roue.

Vol de nuit ou nocturne, est celui qui est commis pendant la nuit ; la difficulté qu’il y a de se garantir de ces sortes de vols, fait qu’ils sont punis plus séverement que ceux qui sont commis pendant le jour.

Vol public, est ce qui est pris frauduleusement sur les deniers publics, c’est-à-dire, destinés pour le bien de l’état. Voyez Concussion.

Vol qualifié, est celui qui intéresse principalement l’ordre public, & qui est accompagné de circonstances graves qui demandent une punition exemplaire.

Ces circonstances se tirent 1°. de la maniere dont le vol a été fait, comme quand il est commis avec effraction, avec armes ou déguisement, ou par adresse & filouterie.

2°. De la qualité de ceux qui le commettent ; par exemple, si ce sont des domestiques, des vagabonds, gens sans aveu, gens d’affaires, officiers ou ministres de la justice, soldats, cabaretiers, maîtres de coches ou de navire, ou de messagerie, voituriers, serruriers & autres dépositaires publics.

3°. De la qualité de la chose volée, comme quand c’est une chose sacrée, des deniers royaux ou publics, des personnes libres, des bestiaux, des pigeons, volailles, poissons, gibiers, arbres de forêts ou vergers, fruits des jardins, charrues, harnois de labours, bornes & limites.

4°. De la quantité de l’action volée, si le vol est considérable & emporte une déprédation entiere de la fortune de quelqu’un.

5°. De l’habitude, comme quand le vol a été réitéré plusieurs fois, ou s’il est commis par un grand nombre de personnes.

6°. Du lieu, si c’est à l’église, dans les maisons royales, au palais ou auditoire de la justice, dans les spectacles publics, sur les grands chemins.

7°. Du tems, si le vol est fait pendant la nuit, ou dans un tems d’incendie, de naufrage, & de ruine, ou de famine.

Enfin de la sûreté du commerce, comme en fait d’usure & de banqueroute frauduleuse, monopole ou recelement. Voyez le traité des crimes, par M. de Vouglans, où chacune de ces circonstances est très bien développée.

Vol simple, est celui qui ne blesse que l’intérêt des particuliers, & non l’ordre public.

Quand le vol est commis par des étrangers, ils doivent être punis, bannis, fouettés & marqués de la lettre V.

Mais quand celui qui a commis le vol avoit quelque apparence de droit à la chose, par exemple si le vol est fait par un fils de famille à son pere, par une veuve aux héritiers de son mari, ou par ceux-ci à la veuve ou à leurs cohéritiers, par le créancier qui abuse du gage de son débiteur, par le dépositaire qui se sert du dépôt ; ces sortes de vols ne peuvent être poursuivis que civilement, & ne peuvent donner lieu qu’à des condamnations pécuniaires, telles que la restitution de la chose volée avec des dommages & intérêts. Voyez Filou, Larcin, Voleur.

Vol du chapon, est un certain espace de terre que plusieurs coutumes permettent à l’aîné de prendre par préciput, au-tour du manoir seigneurial, outre les bâtimens, cours & basse-cours ; ce terrein a été appellé vol du chapon, pour faire entendre que c’est un espace à-peu-près égal à celui qu’un chapon parcourroit en volant.

La coutume de Bourbonnois désigne cet espace par un trait d’arc.

Celles du Maine, Tours, & Lodunois l’appellent le cheré.

Cette étendue de terrein n’est pas par-tout la même ; la coutume de Paris, art. 13. donne un arpent, d’autres donnent deux ou quatre arpens ; celle de Lodunois, trois sexterées. Voyez Aînesse, Préciput, Manoir, Principal manoir. (A)

Vol, s. m. (Gram.) mouvement progressif des oiseaux, des poissons, des insectes, par le moyen des aîles. Voyez l’article Voler.

Vol, chasse du vol, c’est celle qu’on fait avec des oiseaux de proie ; c’est un spectacle assez digne de curiosité, & fait pour étonner ceux qui ne l’ont pas encore vû : on a peine à comprendre comment des animaux naturellement aussi libres que le sont les oiseaux de proie, deviennent en peu de tems assez apprivoisés pour écouter dans le plus haut des airs la voix du chasseur qui les guide, être attentifs aux mouvemens du leurre, y revenir & se laisser reprendre. C’est en excitant & en satisfaisant alternativement leurs besoins, qu’on parvient à leur faire goûter l’esclavage ; l’amour de la liberté qui combat pendant quelque tems, cede enfin à la violence de l’appetit ; dès qu’ils ont mangé sur le poing du chasseur, on peut les regarder presque comme assujettis. Voyez Fauconnerie.

La chasse du vol est un objet de magnificence & d’appareil beaucoup plus que d’utilité : on peut en juger par les especes de gibiers qu’on se propose de prendre dans les vols qu’on estime le plus. Le premier de tous les vols, & un de ceux qu’on exerce le plus rarement, est celui du milan ; sous ce nom on comprend le milan royal, le milan noir, la buse, &c. Lorsqu’on apperçoit un de ces oiseaux, qui passent ordinairement fort haut, on cherche à le faire descendre, en allant jetter le duc à une certaine distance. Le duc est une espece de hibou, qui, comme on sait, est un objet d’aversion pour la plûpart des oiseaux. Pour le rendre plus propre à exciter la curiosité du milan qu’on veut attirer, on peut lui ajouter une queue de renard, qui le fait paroître encore plus difforme. Le milan s’approche de cet objet extraordinaire, & lorsqu’il est à une distance convenable, on jette les oiseaux qui doivent le voler : ces oiseaux sont ordinairement des sacres & des gerfauts. Lorsque le milan se voit attaqué, il s’éleve & monte dans toutes les hauteurs ; ses ennemis font aussi tous leurs efforts pour gagner le dessus. La scène du combat se passe alors dans une région de l’air si haute, que souvent les yeux ont peine à y atteindre.

Le vol du héron se passe à-peu-près de la même maniere que celui du milan ; l’un & l’autre sont dangereux pour les oiseaux qui, dans cette chasse, courent quelquefois risque de la vie : ces deux vols ont une primauté d’ordre que leur donnent leur rareté, la force des combattans, & le mérite de la difficulté vaincue.

Le plus fort des oiseaux de proie employé à la volerie, est sans doute le gerfaut : il joint à la noblesse & à la force, la vîtesse & l’agilité du vol ; c’est celui dont on se sert pour le lievre ; cependant il est rare qu’on prenne des lievres avec des gerfauts sans leur donner quelque secours ; ordinairement, avec deux gerfauts qu’on jette, on lâche un mâtin destiné à les aider ; les oiseaux accoutumés à voler ensemble, frappent le lievre tour-à-tour avec leurs mains, le tuent quelquefois, mais plus souvent l’étourdissent & le font tomber : la course du lievre étant ainsi retardée, le chien le prend aisément, & les gerfauts le prennent conjointement avec lui.

Le vol pour corneille a moins de noblesse & de difficultés que ceux pour le milan & le héron ; mais c’est un des plus agréables ; il est souvent varié dans ses circonstances : il se passe en partie plus près des yeux, & il oblige quelquefois les chasseurs à un mouvement qui rend la chasse plus piquante. La corneille est un des ciseaux qu’on attire presque sûrement avec le duc, & lorsqu’on la juge assez près, on jette les oiseaux : dès qu’elle se sent attaquée, elle s’éleve, & monte même à une grande hauteur : ce sont des faucons qui la volent ; ils cherchent à gagner le dessus ; lorsque la corneille s’apperçoit qu’elle va perdre son avantage, on la voit descendre avec une vîtesse incroyable, & se jetter dans l’arbre qu’elle trouve le plus à portée : alors les faucons restent à planer au dessus : la corneille n’auroit plus à les craindre, si les fauconniers n’alloient pas au secours de leurs oiseaux, mais ils vont à l’arbre, ils forcent par leurs cris la corneille à déserter sa retraite, & à courir de nouveaux dangers ; elle ne repart qu’avec peine, elle tente de nouveau & à diverses reprises les ressources de la vîtesse & de la ruse, & si elle succombe à la fin, ce n’est qu’après avoir mis plus d’une fois l’une & l’autre en usage pour sa défense.

Le vol pour pie est aussi vif que celui pour corneille, mais il n’a pas autant de noblesse à beaucoup près, parce que la pie n’a de ressource que celle de la foiblesse. Ce vol ne se fait guere comme ceux dont nous avons parlé de poing en fort, c’est-à-dire que les oiseaux n’attaquent pas en partant du poing ; ordinairement on les jette amont, parce qu’on attaque la pie lorsqu’elle est dans un arbre. Les oiseaux étant jettés, & s’étant élevés à une certaine hauteur, sont guidés par la voix du fauconnier, & rentrent au mouvement du leurre. Lorsqu’on les juge à portée d’attaquer, on se presse de faire partir la pie, qui ne cherche à échapper qu’en gagnant les arbres les plus voisins : souvent elle est prise au passage, mais quand elle n’a été que chargée, on a beaucoup de peine à la faire repartir ; sa frayeur est telle qu’elle se laisse quelquefois prendre par le chasseur plutôt que de s’exposer à la descente de l’oiseau qu’elle redoute.

On jette amont de la même maniere, lorsqu’on vole pour champs & pour riviere, c’est-à-dire pour la perdrix ou le faisan, & pour le canard. Pour la perdrix on jette amont un ou deux faucons ; pour le faisan deux faucons ou un gerfaut : on laisse monter les oiseaux, & lorsqu’ils planent dans le plus haut des airs, le fauconnier aidé d’un chien, fait partir le gibier sur lequel l’oiseau descend. Pour le canard, on met amont jusqu’à trois faucons, & on se sert aussi de chiens pour le faire partir, & l’obliger de voler lorsque la frayeur qu’il a des faucons l’a rendu dans l’eau.

Outre ces vols, on dresse aussi pour prendre des cailles, des alouettes, des merles, de petits oiseaux de proie tels que l’émerillon, le hobereau, l’épervier ; mais ce dernier n’appartient pas à la fauconnerie proprement dite ; il est ainsi que l’autour & son tiercelet, du ressort de l’autourserie : les premiers sont de ceux qu’on nomme oiseaux de leurre ; les autres s’appellent oiseaux de poing, parce que sans être leurrés ils reviennent sur le poing.

On emploie à-peu-près les mêmes moyens pour apprivoiser & dresser les uns & les autres ; mais on porte presque toujours à la chasse les derniers sans chaperon ; ils sont plus prompts à partir du poing que les autres : on ne les jette point amont ; ils ne volent que de poing en fort, & font leur prise d’un seul trait d’aîle : par cette raison ils se fatiguent moins, & ils peuvent prendre plus de gibier : ainsi la chasse en est plus utile si elle est moins noble & moins agréable. On dit que le vol du faucon appartient principalement aux princes, & que celui de l’autour convient mieux aux gentilhommes. Article de M. Leroi.

Vol, en terme de Blason, se dit de deux aîles posées dos à dos dans les armoiries, comme étant tout ce qui fait le vol d’un oiseau : lorsqu’il n’y a qu’une aîle seule, on l’appelle demi-vol ; & quand il y en a trois, trois demi-vols. On appelle vol banneret celui qu’en met au cimier, & qui est fait en banniere, ayant le dessus coupé & quarré, comme celui des anciens chevaliers.

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Étymologie de « vol »

Étymologie de vol - Littré

Voy. VOLER 2.

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Étymologie de vol - Wiktionnaire

(Nom 1) (Date à préciser) De voler (1).
(Nom 2) (Date à préciser) De voler (2).
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Phonétique du mot « vol »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
vol vɔl play_arrow

Citations contenant le mot « vol »

  • Paris a décidé de limiter à un seul vol hebdomadaire la desserte de son territoire par des compagnies aériennes chinoises au nom de la « réciprocité » vis-à-vis d’Air France. Le Monde.fr, « Incompréhensible » : la Chine dénonce la limitation des vols aériens par la France
  • Dans le message, pas de proposition pour un autre vol, mais la promesse d'être remboursé de ses 630 euros pour les quatre billets « dans les dix jours ». « Cet argent, je l'attends toujours, grince Samuel contacté ce jeudi. Mais ce qui m'énerve le plus c'est de ne pas avoir été basculé sur un autre vol. » leparisien.fr, Billets d’avion annulés : «Je ne comprends pas pourquoi mon vol a été supprimé» - Le Parisien
  • Depuis un peu plus de 24 heures, deux jeunes hommes ont été placés en garde à vue dans les locaux du commissariat de Villeneuve-sur-Lot, impliqués dans une affaire de vol avec violences. ladepeche.fr, Villeneuve-sur-Lot. Lot-et-Garonne : vol avec violences, deux jeunes villeneuvois placés en garde à vue - ladepeche.fr
  • Le vol a été commis à Jemappes, de l'autre côté de la frontière. France 3 Hauts-de-France, Feignies : jusqu'à 14 mois ferme pour trois hommes après un vol avec violence en Belgique pour des polos Lacoste
  • Avant la pandémie de Covid-19, la low cost long-courrier proposait également à CDG des vols transatlantiques vers Fort Lauderdale, Orlando et San Francisco, ainsi qu’en haute saison vers Austin, Boston, Chicago et Denver. Sa base à Londres-Gatwick devrait de son côté retrouver sept routes vers les USA dès le mois de décembre.   Air Journal, Norwegian : des vols CDG – USA au printemps prochain | Air Journal
  • Informations de vol VFR , Le vol à voile du temps passé… – aeroVFR
  • Les voyageurs qui se trouvaient à bord de ce vol qui reliait Amsterdam, au Pays-Bas, à Ibiza, en Espagne, n'ont pas eu un début de vacances des plus paisible. Vendredi 31 juillet, deux passagers qui avaient consommé de l'alcool ont refusé de porter un masque à bord de l'avion, comme l'exige la compagnie KLM afin de lutter contre la propagation du coronavirus. Le ton est alors monté avec d'autres voyageurs, outrés par le manque de civisme de ces hommes, avant qu'une bagarre n'éclate entre plusieurs personnes entre les rangs de sièges et autres passagers médusés.  Franceinfo, VIDEO. Pays-Bas : deux passagers d'un vol pour Ibiza refusent de porter un masque et provoquent une bagarre dans les airs
  • De tous les impôts, le vol est celui que les civilisés payent le plus douloureusement, mais le plus consciemment. De Georges Darien / Le voleur
  • L’attente est pareille à des ailes. Plus les ailes sont fortes, plus le vol est long. De Djalal al-dîn Rûmi
  • Le vol qui consiste à se dérober est permis quand il n’y a plus de merci à attendre. De William Shakespeare / Macbeth
  • Tu ne voleras pas. Le vol est pernicieux ; la carambouille dans les affaires est bien plus sûre. De Ambrose Bierce
  • On a beau dire, le vol ne rapporte jamais mais la restitution non plus. De Noël Audet / Quand la voile faseille
  • Ainsi la paresse est mère. Elle a un fils, le vol, et une fille, la faim. De Victor Hugo / Les Misérables
  • En littérature, le vol ne se justifie que par l'assassinat. De Antoine de Rivarol / Maximes, pensées et paradoxes
  • Le prélèvement d’impôts au-delà du strict nécessaire constitue un vol légalisé. De Calvin Coolidge
  • Le pire jour de vol est toujours mieux que le meilleur jour de travail. De Anonyme
  • Le raisonnement est aussi naturel à l'homme que le vol aux oiseaux. De Quintilien / De institutione oratoria
  • La séduction du vol réside dans sa beauté. Les aviateurs volent, qu’ils en aient ou non conscience, pour l’esthétique du vol. De Amélia Earhart
  • Qu’est-ce que la chance ? C’est un vol inconscient. Il est donc assez juste qu’elle soit punie un jour comme le vol. De Alfred Capus
  • Le vol est l'envers du capitalisme. De Mikhaïl Zochtchenko / Histoire d'une vie
  • Pour le papillon, la propriété, c'est le vol. De Albert Willemetz
  • La propriété, c'est le vol. De Pierre Joseph Proudhon / Etude sur le principe du droit et du gouvernement

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Traductions du mot « vol »

Langue Traduction
Corse volu
Basque hegaldia
Japonais フライト
Russe рейс
Portugais voar
Arabe طيران
Chinois 飞行
Allemand flug
Italien volo
Espagnol vuelo
Anglais flight
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Synonymes de « vol »

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