La langue française

Tarder

Sommaire

  • Définitions du mot tarder
  • Étymologie de « tarder »
  • Phonétique de « tarder »
  • Citations contenant le mot « tarder »
  • Images d'illustration du mot « tarder »
  • Traductions du mot « tarder »
  • Synonymes de « tarder »
  • Antonymes de « tarder »

Définitions du mot tarder

Trésor de la Langue Française informatisé

TARDER, verbe

A. − Empl. intrans.
1. [Le suj. désigne une pers. ou une chose] Mettre du temps à arriver, à se produire. Si bien qu'un jour elle attendait un autre et que cet autre atrocement tardait (Verlaine, Œuvres compl., t. 1, Jadis, 1884, p. 383).Il leur avait justement demandé des ordres (...). La réponse tardait, il l'attendait par le courrier de l'après-midi (Zola, Germinal, 1885, p. 1429).
Ça n'a pas tardé. Cela s'est produit aussitôt, très tôt. (Dict. xxes.).
2. [Le suj. désigne une pers.]
a) Différer de faire quelque chose, mettre du temps à faire quelque chose. Sussex: Et quand le bourreau tarde, nous connaissons tel roi qui porte à sa ceinture une dague qui remplit merveilleusement l'office de la hache (Dumas père, C. Howard, 1834, IV, 7etabl., 1, p. 292).Maman écrira demain à M. Després, car nous sommes fort à sec. Mais j'ai peur qu'il ne tarde dans l'envoi des monacos, si toutefois il en a à nous envoyer (Flaub., Corresp., 1871, p. 257).
Sans (plus) tarder, loc. adv. Aussitôt, sur le champ. Partons sans tarder, partons à l'instant même (Dumas père, Noce et enterrement, 1826, 1ertabl., 7, p. 88).Il faut (...) que je mette sans plus tarder l'étude en train (Du Bos, Journal, 1926, p. 107).
b) S'attarder, perdre du temps. Et vraiment, si vous me permettez ces réflexions, je crois qu'à l'âge où je suis, il est convenable de se mettre à marcher sans lisières. Tarder plus longtemps serait s'exposer à ne savoir mettre un pied devant l'autre de sa vie (M. de Guérin, Corresp., 1835, p. 225).Nous ne pouvons pas laisser assassiner Thérèse Chourle. Nous n'avons que trop tardé, atermoyé, réfléchi, prié. Il faut filer tout de suite (Arnoux, Crimes innoc., 1952, p. 289).
B. − Empl. trans. indir. Tarder à
1. Qqc. tarde à qqn.Être attendu avec impatience, sembler long à arriver, à se produire. Le temps, l'heure (vx) me tarde de partir. (Dict. xixeetxxes.).
2. Qqn, qqc. tarde à (ou de, vx) + inf.Mettre du temps à, s'y prendre tard. Tarder à se décider. Voilà le vieux duc de Lenoncourt mort, dit le baron (...) le premier gentilhomme de la chambre du roi n'a pas tardé de rejoindre son maître. J'irai bientôt aussi (Balzac, Béatrix, 1839, p. 47).Et, comme rien n'est plus aisément triste qu'un homme qui regarde rire les autres, la mélancolie, à laquelle il était sujet, ne tarda pas à s'emparer de lui (Musset, Mimi Pinson, 1845, p. 234).Dans les cafés quand un garçon tarde à prendre la commande, Charles Schweitzer s'empourpre de colère patriotique (Sartre, Mots, 1964, p. 26).
3. Il tarde à qqn de + inf., que + subj.Quelqu'un est impatient de faire quelque chose, de voir arriver quelque chose. Il tardait aux colons, en effet, d'échanger, pour cette vaste et saine retraite (...) leur insuffisant abri des Cheminées (Verne, Île myst., 1874, p. 171).Il me tarde que ce cahier soit achevé; je n'y écris rien qui vaille; mais je ne le quitterai qu'achevé... (Gide, Journal, 1915, p. 523).
Prononc. et Orth.: [taʀde], (il) tarde [taʀd]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. A. 1. 1119 intrans. « (d'une chose) être lent à se produire » (Philippe de Thaon, Comput, 2443 ds T.-L.: Li setmes [embolismes], quant qu'il tarst...); 2. ca 1170 id. « (d'une personne) être lent à se décider, à agir; hésiter » (Chrétien de Troyes, Erec, éd. Roques, 473: La pucelle ne tarda plus, Par la main l'an mainne leissus); 1176 réfl. soi tarder a + inf. subst. (Id., Cligès, éd. A. Micha, 1557: La reïne au dire se tarde); 1176-81 tarder a id. (Id., Chevalier au lion, éd. M. Roques, 2897: Al reconoistre molt tarda); id. soi tarder de + inf. (Id., op. cit., 4504); 1549 ne tarder à + inf. (Cl. Marot, Complainte d'un pastoureau chrestien, 264 ds Œuvres lyriques, éd. C. A. Mayer, pp. 56-57); 3. 1176-81 « se faire attendre, mettre longtemps à venir » (Chrétien de Troyes, Chevalier au lion, 4970: Li palefroiz ne tarda mie, En li amainne et ele monte). B. 1. a) Ca 1165 unipersonnel, + datif désignant une pers. « attendre avec impatience » (Benoît de Ste-Maure, Troie, 20369 ds T.t.: Mout lor tarde, mout lor demore); ca 1170 id. suivi de que + subj. (Id., Erec, 5982: molt me tarde que je l'oie); 1552 il me tarde que je ne + ind. (Rabelais, Quart livre, 48, éd. R. Marichal, p. 201, 90); 1664 il nous tardoit de + inf. (Perrot d'Ablancourt, Lucain d'apr. Rich. 1680); b) ca 1170 signant une pers. « être attendu avec impatience par (quelqu'un) » (Chrétien de Troyes, Erec, 707: Erec tarda molt la bataille); 1268 li tarde l'eure que + subj. (Claris et Laris, 7416 ds T.-L.); 1549 (Est.: il n'y avoit chose qui luy tardast tant que de...); 2. ca 1165 unipersonnel « se prolonger, durer, traîner » il tart (Benoît de Ste-Maure, Troie, 17707 ds T.-L.); ca 1170 ne tarda que + ind. (Chrétien de Troyes, Erec, 1865). II. Ca 1145 trans. « reporter à plus tard, différer » (Wace, Conception N.-D., 362 ds T.-L.). Du lat. tardare trans. « retarder, ralentir, arrêter », intrans. « tarder, être en retard ». D'un fréquentatif lat. vulg. *tardicare, est issu l'a. fr. targier ca 1100 intrans. « s'attarder » (Roland, 338), réfl. ne soi targier de + inf. « ne pas être en reste; avoir du cœur pour » (ibid., 1345). Fréq. abs. littér.: 2 766. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 4 418, b) 4 762; xxes.: a) 3 009, b) 3 628. Bbg. Quem. DDL t. 21.

Trésor de la Langue Française informatisé

TARDER, verbe

A. − Empl. intrans.
1. [Le suj. désigne une pers. ou une chose] Mettre du temps à arriver, à se produire. Si bien qu'un jour elle attendait un autre et que cet autre atrocement tardait (Verlaine, Œuvres compl., t. 1, Jadis, 1884, p. 383).Il leur avait justement demandé des ordres (...). La réponse tardait, il l'attendait par le courrier de l'après-midi (Zola, Germinal, 1885, p. 1429).
Ça n'a pas tardé. Cela s'est produit aussitôt, très tôt. (Dict. xxes.).
2. [Le suj. désigne une pers.]
a) Différer de faire quelque chose, mettre du temps à faire quelque chose. Sussex: Et quand le bourreau tarde, nous connaissons tel roi qui porte à sa ceinture une dague qui remplit merveilleusement l'office de la hache (Dumas père, C. Howard, 1834, IV, 7etabl., 1, p. 292).Maman écrira demain à M. Després, car nous sommes fort à sec. Mais j'ai peur qu'il ne tarde dans l'envoi des monacos, si toutefois il en a à nous envoyer (Flaub., Corresp., 1871, p. 257).
Sans (plus) tarder, loc. adv. Aussitôt, sur le champ. Partons sans tarder, partons à l'instant même (Dumas père, Noce et enterrement, 1826, 1ertabl., 7, p. 88).Il faut (...) que je mette sans plus tarder l'étude en train (Du Bos, Journal, 1926, p. 107).
b) S'attarder, perdre du temps. Et vraiment, si vous me permettez ces réflexions, je crois qu'à l'âge où je suis, il est convenable de se mettre à marcher sans lisières. Tarder plus longtemps serait s'exposer à ne savoir mettre un pied devant l'autre de sa vie (M. de Guérin, Corresp., 1835, p. 225).Nous ne pouvons pas laisser assassiner Thérèse Chourle. Nous n'avons que trop tardé, atermoyé, réfléchi, prié. Il faut filer tout de suite (Arnoux, Crimes innoc., 1952, p. 289).
B. − Empl. trans. indir. Tarder à
1. Qqc. tarde à qqn.Être attendu avec impatience, sembler long à arriver, à se produire. Le temps, l'heure (vx) me tarde de partir. (Dict. xixeetxxes.).
2. Qqn, qqc. tarde à (ou de, vx) + inf.Mettre du temps à, s'y prendre tard. Tarder à se décider. Voilà le vieux duc de Lenoncourt mort, dit le baron (...) le premier gentilhomme de la chambre du roi n'a pas tardé de rejoindre son maître. J'irai bientôt aussi (Balzac, Béatrix, 1839, p. 47).Et, comme rien n'est plus aisément triste qu'un homme qui regarde rire les autres, la mélancolie, à laquelle il était sujet, ne tarda pas à s'emparer de lui (Musset, Mimi Pinson, 1845, p. 234).Dans les cafés quand un garçon tarde à prendre la commande, Charles Schweitzer s'empourpre de colère patriotique (Sartre, Mots, 1964, p. 26).
3. Il tarde à qqn de + inf., que + subj.Quelqu'un est impatient de faire quelque chose, de voir arriver quelque chose. Il tardait aux colons, en effet, d'échanger, pour cette vaste et saine retraite (...) leur insuffisant abri des Cheminées (Verne, Île myst., 1874, p. 171).Il me tarde que ce cahier soit achevé; je n'y écris rien qui vaille; mais je ne le quitterai qu'achevé... (Gide, Journal, 1915, p. 523).
Prononc. et Orth.: [taʀde], (il) tarde [taʀd]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. A. 1. 1119 intrans. « (d'une chose) être lent à se produire » (Philippe de Thaon, Comput, 2443 ds T.-L.: Li setmes [embolismes], quant qu'il tarst...); 2. ca 1170 id. « (d'une personne) être lent à se décider, à agir; hésiter » (Chrétien de Troyes, Erec, éd. Roques, 473: La pucelle ne tarda plus, Par la main l'an mainne leissus); 1176 réfl. soi tarder a + inf. subst. (Id., Cligès, éd. A. Micha, 1557: La reïne au dire se tarde); 1176-81 tarder a id. (Id., Chevalier au lion, éd. M. Roques, 2897: Al reconoistre molt tarda); id. soi tarder de + inf. (Id., op. cit., 4504); 1549 ne tarder à + inf. (Cl. Marot, Complainte d'un pastoureau chrestien, 264 ds Œuvres lyriques, éd. C. A. Mayer, pp. 56-57); 3. 1176-81 « se faire attendre, mettre longtemps à venir » (Chrétien de Troyes, Chevalier au lion, 4970: Li palefroiz ne tarda mie, En li amainne et ele monte). B. 1. a) Ca 1165 unipersonnel, + datif désignant une pers. « attendre avec impatience » (Benoît de Ste-Maure, Troie, 20369 ds T.t.: Mout lor tarde, mout lor demore); ca 1170 id. suivi de que + subj. (Id., Erec, 5982: molt me tarde que je l'oie); 1552 il me tarde que je ne + ind. (Rabelais, Quart livre, 48, éd. R. Marichal, p. 201, 90); 1664 il nous tardoit de + inf. (Perrot d'Ablancourt, Lucain d'apr. Rich. 1680); b) ca 1170 signant une pers. « être attendu avec impatience par (quelqu'un) » (Chrétien de Troyes, Erec, 707: Erec tarda molt la bataille); 1268 li tarde l'eure que + subj. (Claris et Laris, 7416 ds T.-L.); 1549 (Est.: il n'y avoit chose qui luy tardast tant que de...); 2. ca 1165 unipersonnel « se prolonger, durer, traîner » il tart (Benoît de Ste-Maure, Troie, 17707 ds T.-L.); ca 1170 ne tarda que + ind. (Chrétien de Troyes, Erec, 1865). II. Ca 1145 trans. « reporter à plus tard, différer » (Wace, Conception N.-D., 362 ds T.-L.). Du lat. tardare trans. « retarder, ralentir, arrêter », intrans. « tarder, être en retard ». D'un fréquentatif lat. vulg. *tardicare, est issu l'a. fr. targier ca 1100 intrans. « s'attarder » (Roland, 338), réfl. ne soi targier de + inf. « ne pas être en reste; avoir du cœur pour » (ibid., 1345). Fréq. abs. littér.: 2 766. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 4 418, b) 4 762; xxes.: a) 3 009, b) 3 628. Bbg. Quem. DDL t. 21.

Wiktionnaire

Verbe

tarder \taʁ.de\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Arriver tard ; être lent à venir.
    • Notre hôte, absent au moment de notre arrivée, ne tarde pas à paraître et me fait l’accueil auquel je m’attendais de sa part. — (Frédéric Weisgerber, Trois Mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Ernest Leroux, Paris, 1904, p. 38)
    • Pourquoi avez-vous tant tardé? — Allez et ne tardez pas. — Il a bien tardé en chemin.
  2. Différer de faire quelque chose.
    • Grâce au concours que me prêtera notre consul à Tiflis, je ne tarderai pas à être en règle avec l’administration moscovite. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, ch. I, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
    • Rentrée à la maison, ayant réussi à faire partager aux voisins son inquiétude, Mme Mirondeau les décida […] à partir sans tarder à la recherche de son époux. — (Louis Pergaud, « La Disparition mystérieuse », dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • L’aérage est une condition de première nécessité, car la respiration des ouvriers, la combustion des lumières et le tirage des coups de mine ne tarderaient pas à vicier l’air. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 25)
  3. (Impersonnel) Pour marquer l’impatience que l’on a de quelque chose. — Note : S’emploie alors avec « de » ou « que ».
    • Il me tarde bien que je sois hors d’affaire, d’être hors d’affaire. — Il me tarde que mon procès soit jugé. — Il me tardait de vous voir.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

TARDER. v. intr.
Arriver tard; Être lent à venir. Pourquoi avez-vous tant tardé? Allez et ne tardez pas. Il a bien tardé en chemin. Il signifie encore Différer de faire quelque chose. On a trop tardé à envoyer ce secours. Il ne faut pas tarder un moment. La chose presse, que tardons-nous? Pour peu que l'on tarde, on laissera passer l'occasion. Il s'emploie aussi impersonnellement avec de ou que, pour marquer l'impatience que l'on a de quelque chose. Il me tarde bien que je sois hors d'affaire, d'être hors d'affaire. Il me tarde que mon procès soit jugé. Il me tardait de vous voir.

Littré (1872-1877)

TARDER (tar-dé) v. n.
  • 1Ne pas se hâter suffisamment de faire une chose. Souvent qui tarde trop se laisse prévenir, Corneille, Rodog. IV, 7. Et que dans mon désert où j'ai fait vœu de vivre, Vous soyez, sans tarder, résolue à me suivre, Molière, Mis. v, 7. Puisse la chrétienté ouvrir les yeux ! que tarde-t-elle à se souvenir et des secours de Candie et de la fameuse journée de Raab, où Louis renouvela dans le cœur des infidèles l'ancienne opinion qu'ils ont des armes françaises ? Bossuet, Mar.-Thér. [ô mort] Que tardes-tu ? parais ; que je m'élance enfin Vers cet être inconnu, mon principe et ma fin, Lamartine, Médit. v.

    Bien que tarder à, avec un infinitif, soit plus usité, on dit aussi : tarder de.

  • 2S'arrêter, ou aller lentement, en sorte qu'on vienne tard. Pourquoi avez-vous tant tardé ? Vous avez bien tardé à venir.
  • 3Ne pas tarder, avec un nom de personne pour sujet, faire bientôt, obtenir bientôt ce dont il s'agit. Le peuple de Dieu ne tarda pas d'imiter les mœurs des Cananéens, dès qu'il eut contracté avec eux les liaisons et la familiarité que Moïse leur avait défendues, Massillon, Confér. Fuite du monde. La cour de Madrid ne doit pas tarder à voir augmenter ce tribut, Raynal, Hist. phil. VI, 25.
  • 4Il se dit avec un nom de chose pour sujet, et exprime la lenteur, ie retard ; se construisant avec à ou de et l'infinitif. Si le sens de vos vers tarde à se faire entendre, Mon esprit aussitôt commence à se détendre, Boileau, Art p. 1. Que ton retour tardait à mon impatience ! Racine, Bajaz. I, I. Le relâchement ne tarde pas de nous paraître innocent pour nous, dès qu'il nous a paru innocent dans les autres, Massillon, Profess. relig. Serm. 2. Le jour du départ ne tarda pas d'arriver, Chateaubriand, Itin. part. 7.
  • 5 Impersonnellement. Avoir de l'impatience, trouver le temps long pour ce qu'on désire, avec que et le subjonctif, ou de et l'infinitif. Il me tarde bien que mon procès soit fini. Il me tardait que ma maison fût bâtie. Le récit de mes malheurs, dit-il, serait trop long. - Non, non, répondit-elle ; il me tarde de les savoir, Fénelon, Tél. I. À l'instant Télémaque semble voler dans ces espaces vides et immenses, tant il lui tarde de savoir s'il verra son père, Fénelon, ib. XVIII. Tandis que dans sa mansarde Jeanne veille et qu'il lui tarde De voir rentrer son mari, Béranger, Ivrogne.

    Après il me tarde que on trouve au subjonctif le ne explétif ; mais ce ne n'est plus usité. Il me tarde déjà que je n'aie des habits raisonnables, pour quitter vite ces guenilles, Molière, Mar. forcé, 4. Il me tarde que je ne goûte le plaisir de la voir, Molière, Sicil. 10.

  • 6S'arrêter, séjourner ; sens vieilli. D'où l'on peut tirer une conséquence infaillible, que, si le plus jeune des deux frères était en âge de se marier quand César partit d'Égypte, l'aîné en était capable quand il y arriva, puisqu'il n'y tarda pas plus d'un an, Corneille, Pomp. Examen. Ces héros… prirent terre à Lemnos, dont était reine Hypsipile, et où ils tardèrent deux ans, Corneille, Toison d'or, Examen.

    Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

  • 7 V. a. Retarder ; emploi vieilli. À des cœurs bien touchés tarder la jouissance, C'est infailliblement leur croître le désir, Malherbe, II, 9. Certes, je ne pense pas que de si faibles considérations dussent tarder une si juste entreprise, Guez de Balzac, Liv. IV, lett. 10.

SYNONYME

TARDER, DIFFÉRER. L'idée propre de tarder est celle d'être, de demeurer longtemps à venir, à faire, et l'idée de différer celle de remettre, de renvoyer à un autre temps, à un temps plus éloigné.

HISTORIQUE

XIe s. Quant aler dei [je dois], n'i ai plus que targer, Ch. de Rol. XX. Et Olivers de ferir ne se target, ib. CIII.

XIIe s. Mais vo [votre] voloir trop targe à ma merci, Couci, VII. Dunc apela li reis frere Franc l'aumonier : Va tost à l'apostolie, fait-il, ne te targier, Th. le mart. 54.

XIIIe s. Mès je te lo [conseille] que tu te taignes [tiennes] Bien près de li por Dous-regart, Que ses solas trop ne te tart, la Rose, 2734. C'est cele [papelardie] qui en recelée, Quant nus [nul] ne s'en puet prendre garde, De nul mal faire ne se tarde, ib. 412. Buiemont, dist li Turs, porquoi targes-tu tant ? Plus est de mie nuit, près est l'aube aparant, Ch. d'Ant. VI, 578.

XVe s. À la tierce fois que chascun montast sans targer, Froissart, I, I, 37. Et lui tardoit qu'il ne fust jà à cheval, Commines, IV, 8. Sa maistresse l'envoyoit devers le curé, pour savoir qui le tardoit tant de venir, Louis XI, Nouv. LVI.

XVIe s. Ains [avant] que boire et manger, Ses chefz de guerre a mandé sans targer, Marot, J. V, 100. Ô puissant Pan, de ton hault lieu regarde Ces cas piteux, et à venir ne tarde Donner secours à tes simples brebis, Marot, I, 317. Je m'en vengeray, quoy qu'il tarde [quelque tard que ce soit], Despériers, Cymbal. 104. Il me tarde tant que je ne vous voy, et tant et tant je le desire…, Marguerite de Navarre, Lett. X. Quoique fol tarde, jour ne tarde, Cotgrave

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

TARDER. Ajoutez : - REM. J., -J., Rousseau a dit tarder pour attendre : Je tardais, cher Moultou, pour répondre à votre dernière lettre, de pouvoir vous donner quelque avis certain de ma marche, Lettre à Moultou, 28 mars 1770.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

TARDER, v. neut. & act. (Gram.) n’arriver pas assez tôt. Ne tardez pas. Les pluies ont fait tarder les couriers. Le crime ne tarda pas à être puni. On dit que la lune tarde ; qu’une horloge tarde. Tarder se prend aussi pour différer ; ne tardez pas votre réconciliation : pour attendre avec impatience ; il me tarde bien d’avoir cette épine hors du pié.

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « tarder »

Norm. targer, targier ; wallon, târdé, taurdé ; provenç. tardar, tarzar ; espagn. tardar ; ital. tardare ; du latin tardare. La forme targer suppose un latin barbare tardiare.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

(Date à préciser) Du latin tardare (« ralentir », « entraver », « empêcher », « retarder », « être en retard », « tarder »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « tarder »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
tarder tarde

Citations contenant le mot « tarder »

  • Ne jamais se hâter ni tarder. De Marc-Aurèle
  • Mieux vaut tarder que n'arriver jamais. De Denys d’Halicarnasse
  • Il faut profiter de l’immortalité sans tarder - c’est la plus courte des saisons. De Francis Dannemark / Qu’il pleuve
  • "Il ne faut jamais tarder à consulter..." Une chirurgienne explique ce qu’il faut faire en cas de plaies de la main Nice-Matin, "Il ne faut jamais tarder à consulter..." Une chirurgienne explique ce qu’il faut faire en cas de plaies de la main - Nice-Matin
  • Selon le professeur Jacques Roy, spécialiste de logistique à HEC Montréal, il ne fait aucun doute que cette grève ne saurait tarder à se faire sentir par la population.  Le Journal de Montréal, Port de Montréal: des conséquences économiques ne sauraient tarder | JDM
  • OTTAWA — Des professionnels appellent le gouvernement Trudeau à approuver sans tarder le financement d’un vaccin contre la COVID-19 fabriqué au Canada afin de réduire le risque que les Canadiens aient à attendre pour leurs doses d’un éventuel produit de conception étrangère. L’actualité, Ottawa est exhorté à approuver sans tarder le financement d'un vaccin | L’actualité
  • Microsoft ne devrait pas tarder à annoncer la date de présentation de son premier smartphone pliant, mais les internautes sont impatients de le découvrir. L’un d’entre eux a donc décidé de recréer la prise en main du Surface Duo grâce à une imprimante 3D. Toms Guide : actualités high-tech et logiciels, Surface Duo : le smartphone pliant de Microsoft imprimé en 3D
  • Cette majoration du taux de réduction d’impôt de 18% à 25% pouvant constituer une aide d’état, la France se devait au préalable d’obtenir l’accord de Bruxelles. L’entrée en vigueur du taux de 25% reste maintenant soumis à la publication d’un décret en droit français qui ne devrait plus tarder, sachant que la loi de finances 2020 l’a déjà validé pour les versements effectués jusqu’au 31 décembre 2020. L'Argent & Vous, IR-PME : feu vert pour le taux de réduction d’impôt majoré à 25% en 2020 , Actualité/Actu Epargne

Images d'illustration du mot « tarder »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « tarder »

Langue Traduction
Anglais delay
Espagnol retrasar
Italien ritardo
Allemand verzögern
Chinois 延迟
Arabe تأخير
Portugais demora
Russe задержка
Japonais ディレイ
Basque atzerapenik
Corse ritardu
Source : Google Translate API

Synonymes de « tarder »

Source : synonymes de tarder sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « tarder »

Partager