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Sottise
Sommaire
- Définitions de « sottise »
- Étymologie de « sottise »
- Phonétique de « sottise »
- Fréquence d'apparition du mot « sottise » dans le journal Le Monde
- Évolution historique de l’usage du mot « sottise »
- Citations contenant le mot « sottise »
- Images d'illustration du mot « sottise »
- Traductions du mot « sottise »
- Synonymes de « sottise »
- Antonymes de « sottise »
- Combien de points fait le mot sottise au Scrabble ?
Variantes | Singulier | Pluriel |
---|---|---|
Féminin | sottise | sottises |
Définitions de « sottise »
Trésor de la Langue Française informatisé
SOTTISE, subst. fém.
Wiktionnaire
Nom commun - français
sottise \sɔ.tiz\ féminin
-
Défaut d’esprit et de jugement.
- L'homme a inventé les dieux et il a créé l’amour avec son cortège de sensibleries ridicules ou criminelles. L’amour a donné naissance au poète, puis au psychologue et, pour couronner l’humaine sottise, à cet enfonceur de portes ouvertes qui s’est baptisé psychanalyste — le paladin du refoulement et l’écuyer servant la Haute Dame Libido. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 118)
- Un des aspects courants de la sottise humaine est cette croyance, que l'on découvre chez tant d'honnêtes imprévoyants, que tout durera, à peu de chose près, comme nous voyons les institutions et les choses aujourd'hui. — (Louis Thomas, Arthur de Gobineau, inventeur du racisme (1816-1882), Paris : Mercure de France, 1941, page 123)
- D’ailleurs, la sottise ajoute un charme de plus à une jolie femme. Je connaissais, en effet, de nombreux maris qui étaient extrêmement satisfaits de la sottise de leur épouse : ils y voyaient l’indice d’une sorte d’innocence enfantine. — (Nicolas Gogol, La Perspective Nevsky, 1835 ; traduit du russe par Boris de Schlœzer, 1968 ; page 114)
-
Action, propos ou pensée qui manifeste un manque d’esprit ou de jugement.(Souvent au pluriel)
- Sganarelle -- Seigneur Commandeur... je ris de ma sottise, mais c’est mon maître qui me la fait faire. — (Molière,Dom Juan ou le festin de pierre,1663)
- Tout à coup, en se souvenant d’avoir vu ce jeune homme au bal de madame de Beauséant, il devina ce qu’était Maxime pour madame de Restaud ; et avec cette audace juvénile qui fait commettre de grandes sottises ou obtenir de grands succès, il se dit : Voilà mon rival, je veux triompher de lui. — (Balzac, Le Père Goriot, 1835)
- Goliadkine prit le chapeau et voulut dire en passant quelques mots pour justifier cet oubli, afin que Petrouchka ne pût imaginer quelque sottise sur les motifs de son trouble. — (Dostoïevski, Le Double, 1846, trad. Arout)
- Le marquis, en voyant le zèle de Pierre, s’était finement abrité derrière lui. À quoi bon se mettre en vue, quand un homme à fortes épaules veut bien endosser toutes les sottises d’un parti. — (Émile Zola, La Fortune des Rougon, G. Charpentier, Paris, 1871, ch. III ; réédition 1879, p. 92)
- Il craignait que je ne busse un coup de trop, que je me misse à divaguer, que je disse alors des sottises, et que nous le menaçassions de ne plus parler qu'à l’imparfait du subjonctif. — (Georges Van Houdt, Franc-math: essai pédagogique sur les structures grammaticales du français moderne, vol. 3 : La proposition, Éditions Didier, 1973, p. 96)
-
Gauloiserie, parole indécente.
- Vous me feriez dire une sottise.
-
Injure.
- En entendant ces farouches sottises de l’Envie, qui s’élance, baveuse et hargneuse, jusque sur le passé, bien des jeunes filles eussent senti leur sang les rougir jusqu’au front ; […]. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)
Défaut d'esprit et de jugement. Il est d'une grande sottise. La sottise des hommes est si grande que... Il se dit aussi des Actions, des paroles qui annoncent un manque d'esprit et de jugement. Il n'a fait que des sottises. Il faut toujours qu'on répare ses sottises. Ne le poussez pas trop, il lâchera quelque sottise. Il n'ouvre la bouche que pour dire des sottises. Il se dit encore des Gauloiseries. Vous me feriez dire une sottise. Il signifie aussi Injure. Il m'a dit cent sottises.
Littré (1872-1877)
-
1Défaut de jugement.
C'est une chose assez plaisante qu'aucune personne d'esprit ne voudrait d'un bonheur fondé sur la sottise ; il est clair pourtant qu'on ferait un très bon marché
, Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 3 oct. 1764.C'est une grande sottise de ne trouver rien d'estimable dans un ennemi estimé de tous
, Voltaire, Comm. Corn. Rem. Observ. de Scudéry.La sottise et la vanité sont compagnes inséparables
, Beaumarchais, Mère coupable, II, 7.Ses amis [de Daniel de Foë] le blâmaient ; mais il leur répondit : Il ne dépend pas de moi de parler ou de me taire, et, lorsque l'esprit souffle, il faut lui obéir… quant à moi, ce n'est pas l'esprit, c'est la sottise qui me fait aller en prison : j'ai cru bonnement à la charte…
, Courier, Rép. aux anonymes.Sottise des deux parts, se dit en parlant de deux personnes qui, dans un débat, ont tort chacune de leur côté.
Sottise des deux parts est, comme on sait, la devise de toutes les querelles
, Voltaire, Dict. phil. Sottise. -
2Parole sotte.
Je vous puis assurer que je ne lui avais dit ni l'une ni l'autre de ces sottises
, Retz, Mém. t. III, liv. IV, p. 333, dans POUGENS.Il rapporte une sottise triviale qu'a dite Agnès, comme la chose la plus belle du monde
, Molière, Critique, 7.De dire des sottises par hasard et par faiblesse, c'est un mal ordinaire ; mais d'en dire par dessein, c'est ce qui n'est pas supportable
, Pascal, Pens. VI, 33, édit. HAVET.Faire dire aux échos des sottises champêtres
, Boileau, Sat. IX.Il y a je ne sais combien de sottises, que nous dirions si elles n'avaient pas été dites, et si on ne nous les avait pas, pour ainsi dire, enlevées
, Fontenelle, Dial. anc. mod. Œuv. t. IV, p. 180, dans POUGENS.C'est assez qu'il faille absolument que je parle, pour que je dise une sottise infailliblement
, Rousseau, 2e dial.À quoi bon, disait un de ces hommes qui croient penser mieux que les autres parce qu'ils pensent autrement, à quoi bon s'embarrasser de toutes les sottises qu'on a dites et faites avant nous ?
D'Alembert, Mélanges, t. V, Réflexions sur l'histoire. -
3Action sotte, chose sotte.
Que cela me fait de bien, me disait autrefois un excellent homme, de voir que les héros ont fui, que les sages ont fait des sottises !
Guez de Balzac, De la cour, 6e disc.Dame mouche s'en va chanter à leurs oreilles, Et fait cent sottises pareilles
, La Fontaine, Fabl. VII, 9.Hélas ! on voit que, de tout temps, Les petits ont pâti des sottises des grands
, La Fontaine, ib. II, 4.George Dandin, George Dandin, vous avez fait une sottise la plus grande du monde
, Molière, G. Dand. I, 1.Le roi lui dit en riant : " Vardes, voilà une sottise, vous savez bien qu'on ne salue personne devant moi. " M. de Vardes, du même ton : " Sire, je ne sais plus rien, j'ai tout oublié, il faut que Votre Majesté me pardonne jusqu'à trente sottises. " - " Eh bien ! je le veux, dit le roi, reste à vingt-neuf "
, Sévigné, à Moulceau, 26 mai 1683.Elle est aimable sans être belle, elle fait cent petites sottises qui plaisent
, Sévigné, 144.Pour moi, pauvre petite femme, si j'avais fait une sottise, je n'y saurais pas d'autre invention que de la boire
, Sévigné, 23 janv. 1682.Des sottises d'autrui nous vivons au palais ; Messieurs, l'huître était bonne ; adieu, vivez en paix
, Boileau, Ép. II.Il n'y a rien qui rafraîchisse le sang comme d'avoir su éviter de faire une sottise
, La Bruyère, XI.Bien souvent on fait par hasard les plus heureuses sottises du monde
, Fontenelle, Dial. 6, morts anc.Il n'y a personne qui n'entre tout neuf dans la vie, et les sottises des pères sont perdues pour les enfants
, Fontenelle, Dial. 3, morts. anc. mod.Après tout, cette affaire [la forme du capuchon des cordeliers] n'ayant pas ébranlé de trônes et ruiné des provinces, on peut la mettre au rang des sottises paisibles
, Voltaire, Dict. phil. Sottise.D'Alembert conforme sa conduite à ce principe ; il dit beaucoup de sottises, n'en écrit guères, et n'en fait point
, D'Alembert, Portr. de l'aut. -
4Composition littéraire sans mérite.
Hé quoi ! vil complaisant, vous louez des sottises !
Molière, Mis. I, 2.Pourrez-vous toujours voir votre cabinet plein Et de pédants et de poëtes, Qui vous fatigueront avec un front serein Des sottises qu'ils auront faites ?
Deshoulières, Poés. t. I, p. 38.Comme par une vague une vague est poussée, La sottise du jour est bientôt remplacée
, Delille, Imag. V. -
5Parole obscène. Il est indigne d'un honnête homme de dire des sottises devant une femme.
Faire une sottise, faire quelque sottise, se dit, par euphémisme, d'accointances entre homme et femme.
Celles qui font quelque sottise
, La Fontaine, Oies.Je m'appréhendais fort, et craignais qu'avec toi Je n'eusse fait quelque sottise
, Molière, Amph. II, 3.Chez lui [Hérodote], les dames, les princesses mènent boire leurs vaches ou celles du roi leur père à la fontaine voisine, trouvent là des jeunes gens, et font quelque sottise, toujours exprimée dans l'auteur avec le mot propre
, Courier, Prospect. d'une nouv. trad, d'Hérodote, Préf. - 6Injure. Dire des sottises à quelqu'un.
HISTORIQUE
XIIIe s. Non ferez ; ce n'est pas sotise
, Nouv. rec. Fabl. t. II, p. 367.
XVIe s. Et si se laisse en beaucoup de lieux couler ès sottises de Xenarchus
, Amyot, Nicias, 1. De dire moins de soy qu'il n'y en a, c'est sottise, non modestie
, Montaigne, II, 62.
Étymologie de « sottise »
Sot. Le terme le plus habituellement usité était sotie. Paré a dit soteries, XIX, 32.
- (XIIIe siècle) et 1578 (Ronsard) Dérivé de sot, avec le suffixe -ise. [1]
Phonétique du mot « sottise »
Mot | Phonétique (Alphabet Phonétique International) | Prononciation |
---|---|---|
sottise | sɔtiz |
Fréquence d'apparition du mot « sottise » dans le journal Le Monde
Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.
Évolution historique de l’usage du mot « sottise »
Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.
Citations contenant le mot « sottise »
-
Il y a une foule de sottises que l'homme ne fait pas par paresse et une foule de folies que la femme fait par désœuvrement.
Victor Hugo — Tas de pierres, Éditions Milieu du monde -
Il n’est jamais assez tard pour faire une sottise.
Proverbe français -
Quand on court après l'esprit, on attrape la sottise.
Charles de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu — Mes pensées -
Une sottise ou une infamie, en se renforçant d'une autre, peut devenir respectable. Collez la peau d'un âne sur un pot de chambre, et vous en faites un tambour.
Gustave Flaubert — Carnets -
La bêtise ne comprend pas ; la sottise comprend de travers.
Diane de Beausacq -
Je ne sais pas ce qu'est la conscience d'un sot, mais celle d'un homme d'esprit est pleine de sottises.
Paul Valéry — Monsieur Teste, Extraits du Log-book de Monsieur Teste , Gallimard -
Les trois quarts des folies ne sont que des sottises.
Chamfort -
[…] Il sied encore plus mal à un ministre de dire des sottises que d'en faire.
Jean-François Paul de Gondi, cardinal de Retz — Mémoires -
Le manichéisme en histoire est une sottise.
Michel Quint — Effroyables jardins -
L’amour est une sottise faite à deux.
Napoléon Bonaparte
Traductions du mot « sottise »
Langue | Traduction |
---|---|
Anglais | foolishness |
Espagnol | tontería |
Italien | sciocchezza |
Allemand | torheit |
Chinois | 愚蠢 |
Arabe | من الحماقة |
Portugais | loucura |
Russe | безрассудство |
Japonais | 愚かさ |
Basque | foolishness |
Corse | insensatezza |
Synonymes de « sottise »
- bêtise
- imbécillité
- idiotie
- stupidité
- faute
- absurdité
- ineptie
- insanité
- niaiserie
- gaffe
- boulette
- bourde
- ânerie
- baliverne
- fadaise
- injure
- sornette
- vilenie
Antonymes de « sottise »
Combien de points fait le mot sottise au Scrabble ?
Nombre de points du mot sottise au scrabble : 7 points