Songer : définition de songer


Songer : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

SONGER, verbe

I. − [Pendant le sommeil] Vieilli. Faire un ou des songes, rêver.
A. − Empl. trans. dir. et indir. Je dormais et je songeais que... J'ai songé que je voyageais sur mer (Ac.1798-1878).Dans la détente de ses nerfs, elle s'assoupit et (...) elle songea à René, qu'elle revit avec tous les charmes du rêve (France,Jocaste, 1879, p. 73).Rare. Songer de.Songer d'eau bourbeuse (Ac.).
B. − Empl. intrans. Je dormais et je songeais (Ac.1935).
II. − [À l'état de veille]
A. − Empl. intrans.
1. Laisser aller son esprit au gré des associations d'idées. Synon. rêver.Laurent alluma sa lampe, ouvrit ses cahiers et s'assit. Il songeait, paisiblement (Duhamel,Nuit St-Jean, 1935, p. 114):
1. Lentement, il se fit en elle-même une évocation de ce qui s'était succédé là. Elle se rebâtit toute vivante cette grande scène où s'étaient rencontrées (...) la passion de voir mourir et la folie de mourir... Elle rêvait, elle songeait, quand des cris déchirèrent le vaste repos du lieu... Goncourt,MmeGervaisais, 1869, p. 26.
Loc. verb., vieilli. Songer creux. S'abandonner à des chimères. Un beau matin que je songeais creux dans mon lit, j'entends ouvrir ma porte avant que la sonnette eût donné le signal (J. de Maistre,Corresp., 1805, p. 331).
2. Laisser aller son esprit à une rêverie empreinte de préoccupations. Mais le père était pensif (...). Le père ne parlait pas, il songeait (Erckm.-Chatr.,Hist. paysan, t. 1, 1870, p. 86).Souvent sans lui rien dire il la regardait, il songeait; elle lui disait: « Comme tu as l'air triste! » (Proust,Swann, 1913, p. 313).
[P. réf. à La Fontaine, Fables, II, 14] Hâtons nous surtout de solliciter l'indulgence pour ces perspectives trop rapides et trop vastes et pour ces raccourcis trop hardis. Pardonnez-les à l'auteur: car que faire en avion à moins que l'on ne songe? (Le Figaro Magazine, 31 oct. 1987, p. 71, col. 3).
B. − Empl. trans. indir.
1.
a) Qqn songe à qqc.Penser à, réfléchir à. Songer à une expédition, à la mort, à un problème. Là-dessus, j'essayai de vivre sans songer à rien, sans rien craindre et sans rien désirer (Sand,Hist. vie, t. 3, 1855, p. 73).La nuit venue, il ne dormit pas. Il songea à mille choses; − qu'il ferait bien de cultiver des radis noirs dans son jardin; que l'exposition était bonne (Hugo,Travaill. mer, 1866, p. 124).
Expressions
À quoi songes-tu (à qui songe-t-il, etc.). [Pour récuser une prop., un comportement] Le corps n'a pas encore été descendu, vint dire Pauline à Juliette (...). − Comment! s'écria Juliette, à quoi songent-ils?... Je vais monter. Reste avec ces dames (Zola,Page amour, 1878, p. 1074).
Tu n'y songes pas! Vous n'y songez pas! Il ne faut pas y songer! C'est impossible, irréalisable. Y songes-tu? À nos âges, avec nos habitudes, introduire ici une étrangère qui n'aura ni nos goûts, ni nos façons de vivre (Theuriet,Mais. deux barbeaux, 1879, p. 53).Sept millions! Marinette, vous n'y songez pas, on ne renonce pas à sept millions (Mauriac,Nœud vip., 1932, p. 126).Nous allons acheter du pain et une grosse boîte de ces sardines portugaises (...). Du beurre, il n'y faut point songer, si ce n'est dans les grandes villes du nord (T'Serstevens,Itinér. esp., 1963, p. 208).
Songes-y, songez-y (bien). [Pour souligner un avertissement, une menace] Songez-y bien, si les travaux de la Convention nationale sont manqués, vous n'avez plus à attendre qu'anarchie, misère et désolation (Marat,Pamphlets, Aux amis de la Patrie, 1792, p. 309).Mes compagnons déchargent en cette île leur cargaison de tissus et de peaux. Songez-y, mon père, tandis qu'il en est temps encore! C'est une chose d'une grande conséquence que d'habiller les pingouins (France,Île ping., 1908, p. 67).
b) Qqn songe à qqn.Avoir présent à l'esprit, prendre en considération, se soucier de. Pour mieux vaincre à jamais l'esprit de trahison, Songez à vos enfants! Songez que d'un tel crime Votre race serait l'éternelle victime (Bornier,Fille Rol., 1875, iv, 3, p. 103).Je songeai alors au général Maunoury, qui me paraissait le plus apte à prendre ce lourd commandement dans ces circonstances difficiles (Joffre,Mém., t. 1, 1931, p. 320).
2. Évoquer par la mémoire, par l'imagination. Synon. penser à, rêver à, se rappeler.
a) Qqn songe à qqc.Songer à la maison natale, au passé, à son pays, à sa vie. Il y a trois choses auxquelles je ne puis songer sans ravissement: le clair de lune, le sourire de la femme et la rose, et j'ajouterai, le chant du rossignol (Chênedollé,Journal, 1811, p. 64):
2. C'est ainsi que je restais souvent jusqu'au matin à songer au temps de Combray, à mes tristes soirées sans sommeil, à tant de jours aussi dont l'image m'avait été plus récemment rendue par la saveur (...) d'une tasse de thé... Proust,Swann, 1913, p. 186.
En partic. [L'obj. désigne une pers.] Songer à un ami, à un frère. Je me suis assis au pied d'une chapelle abandonnée, j'ai songé à vous dans ce lieu sauvage qui ressemble au lac d'Agnano (Ampère,Corresp., 1824, p. 286).Une rêverie inexplicable s'empara de lui; il se renversa en arrière sur le dos de son fauteuil, et se prit à songer à Jeanne, la pâle et triste jeune fille à peine entrevue (Ponson du Terr.,Rocambole, t. 1, 1859, p. 288).
b) Faire songer à qqc./à qqn.Évoquer, faire penser à. Les cimetières font penser à la mort, un village abandonné fait songer aux peines de la vie (Balzac,Méd. camp., 1833, p. 18).Une belle journée pluvieuse qui fait songer à l'automne et à l'Europe (Green,Journal, 1942, p. 254).
3. Envisager un projet, avoir le désir, l'intention de réaliser un objectif. Synon. projeter.
a) Qqn songe à qqc.Songer au mariage, à la politique, au repos. Kean: Vous avez songé au théâtre? Anna: Oui; depuis longtemps, mes yeux sont fixés ardemment sur cette carrière (Dumas père, Kean, 1836, ii, 2etabl., 4, p. 129).Au lieu de songer à la paix, comme un homme de bon sens, il ne pense qu'à faire massacrer les derniers qui restent (Erckm.-Chatr.,Conscrit 1813, 1864, p. 40).
Loc. verb. Songer à mal, à malice. Avoir de mauvaises intentions. Sans doute cette scène de versatilité politique est profonde à force d'être naïve; mais certainement l'auditoire ne la remarquait pas, et très-probablement le bon dramaturge qui l'a écrite ne songeait point à malice (Sainte-Beuve,Tabl. poés. fr., 1828, p. 187).Sans songer à mal. Innocemment. V. mal3III A 1.
b) Qqn songe à + verbe à l'inf.Songer à faire construire, à vendre une maison; songer à dormir, à manger, à travailler. Le duc de Bourgogne songeait-il à imiter Henri de Lancastre, à prendre la couronne? Il ne semble pas (Bainville,Hist. Fr., t. 1, 1924, p. 113).
4. Se préoccuper de, s'intéresser particulièrement à, se soucier de.
a) Qqn songe à qqc.Songer à ses intérêts. [L'honnête ouvrier] ne songea qu'à une chose: arriver, trouver Cerise, l'arracher aux mains de qui elle était tombée (Ponson du Terr.,Rocambole, t. 1, 1859, p. 537).Marcel, tout en mangeant, songeait à ce qu'il avait à faire. Escalader la muraille du bloc central, il n'y avait pas à y songer (Verne,500 millions, 1879, p. 219).
Qqn songe à + verbe à l'inf.Je ne songe qu'à oublier, moi, je ne songe qu'à être heureux (A. Daudet,Arlésienne, 1872, iii, 5etabl., 2, p. 431).Nul ne songe plus aujourd'hui à reprocher à Manet d'avoir peint des Manet (Mauriac,Journal 2, 1937, p. 155).
b) Qqn songe à qqn.Songer aux autres. L'honnête homme joue son rôle le mieux qu'il peut, sans songer à la galerie (Chamfort,Max. et pens., 1794, p. 31).
Vieilli. Qqn songe de qqn.Il est bien vrai que toute sa vie s'était passée à l'aimer, à songer d'elle (Sand,Fr. le Champi, 1848, p. 232).
5. Rare. Songer sur qqc.Méditer profondément. J'admire son état d'âme, sa passion. Ces brochures de science, voilà la vraie vie de Pascal sur quoi il songeait (Barrès,Cahiers, t. 7, 1909, p. 172).
C. − Empl. trans. [Suivi le plus souvent d'une complét. ou d'une interr. indir.] Avoir présent à l'esprit, réfléchir au fait que. Synon. concevoir, imaginer.Songez qu'il y va de votre intérêt (Ac.).Napoléon marche aux Pyramides; il crie à ses soldats: « Songez que du haut de ces monuments quarante siècles ont les yeux fixés sur vous » (Chateaubr.,Mém., t. 2, 1848, p. 339).Songe enfin, ajouta le ministre, que tu ne saurais échapper à ta destinée: tu mourras un jour ou l'autre de mort violente (About,Roi mont., 1857, p. 29).
En incise. « Qu'est-il devenu? songeait-elle. Peut-être est-il dans la misère; peut-être malade. Je le connais bien: il ne se plaindra jamais » (Arland,Ordre, 1929, p. 214).« Je suis terriblement esclave de ma profession, voilà la vérité », songeait-il. « Je n'ai plus jamais le temps de réfléchir (...) » (Martin du G.,Thib., Été 14, 1936, p. 145).
REM.
Songement, subst. masc.,rare. Fait de songer, rêverie. Te v'là en songement, toi, camarade, qu'est-ce que tu songes? (Barbusse,Feu, 1916, p. 106).
Prononc. et Orth.: [sɔ ̃ ʒe], (il) songe [sɔ ̃:ʒ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. Voir en rêve ca 1100 trans. (Roland, éd. J. Bédier, 725); id. sunjier que (ibid., 719: Carles se dort [...] Sunjat qu'il eret as greignurs porz de Sizer [Syrie]); ca 1165 empl. abs. (Guillaume d'Angleterre, éd. M. Wilmotte, 2557, 2564); 1530 songer de [quelque chose] (Palsgr., p. 528b). B. 1176-81 « s'abandonner à la rêverie, demeurer oisif » (Chrétien de Troyes, Chevalier au lion, éd. M. Roques, 2505), v. aussi songe-creux. C. Penser 1. xiiies. trans. soigner aucune rien « penser à quelque chose » (Lancelot en prose, éd. A. Micha, XLIXa, 14, t. 8, p. 11); id. sougnier a aucune rien (Jean de Grieviler, Entre raison et amour grant tourment, éd. L. Passy ds Bibl. Éc. Chartes, 4esérie, t. 5, p. 16); 1538 songer a + inf. (Est., s.v. cogito); 2. mil. xiiies. trans. « entrevoir, imaginer » (Poire, éd. Chr. Marchello-Nizia, 457); 3. 1280 songier que « penser, s'imaginer que » (Philippe de Beaumanoir, Jehan et Blonde, 4138 ds T.-L.); 4. ca 1263 trans. « imaginer, inventer » (Rutebeuf, Chans. des Ordres, 8 ds Œuvres, éd. E. Faral et J. Bastin, t. 1, p. 331: Tant d'Ordres avons ja, Ne sai qui les sonja). Du lat. somniare intrans. « rêver, avoir un songe », trans. « voir en rêve ». Sur la similitude, en a. fr., de certaines formes de songier et de soignier (soigner*) d'une part, et de songe* et soigne « souci » d'autre part [cf. T.-L., s.v. soignier et soigne] (somniaresongier, songnier, soignier; songe*, autres formes: soinge, soigne, soingne) et sur la proximité sém. de songier a « penser à, s'occuper de » et de soignier a « s'occuper avec attention, avoir soin de » (cf. FEW t. 17, p. 281b, note 8), v. U. Joppich-Hagemann ds Rom. Forsch. t. 90 1978, pp. 35-47. Fréq. abs. littér.: 16 001. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 18 218, b) 27 235; xxes.: a) 26 171, b) 22 168.
DÉR.
Songeard, -arde, adj.Rêveur, distrait. Avec votre façon songearde, vous seriez chez John-Bull in vitam aeternam, que vous ne verriez rien (Chateaubr.,Mém., t. 1, 1848, p. 521). [sɔ ̃ ʒa:ʀ], fém. [-aʀd]. 1reattest. 1458 « celui qui rêvasse » (Arnoul Greban, Passion, éd. O. Jodogne, 22338); de songer, suff. -ard*.
BBG.Greive (A.). Rêver, songer, penser im Frz. Rom. Forsch. 1973, t. 85, pp. 486-500. − Kress (N.). L'Évol. sém. de rêver et songer jusqu'à la fin du 17es. Thèse, Strasbourg, 1970, pp. 139-239. − Morrissey (R.). Vers un topos littér. Mod. Philol. 1980, t. 77, pp. 261-290. − Orr (J.). Prolégomènes à une hist. du fr. songer. In: Essais d'étymol. et de philol. Paris, 1963, pp. 76-92. − Pauli 1921, p. 80 (s.v. songement).

Songer : définition du Wiktionnaire

Verbe

songer transitif ou intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Vieilli) Voir en songe, rêver.
    • Qu’avez-vous songé cette nuit ? — J’ai songé telle et telle chose.
  2. (Figuré) Être occupé, être préoccupé par
    • Ne songer que chasse, que combats, que bals, que fêtes, etc.
  3. (Vieilli) Faire un songe, rêver.
    • Je dormais et je songeais. — Songer d’eau bourbeuse.
  4. (Plus courant) (Figuré) Se livrer à la rêverie.
    • Elle songeait quelquefois que c’étaient là pourtant les plus beaux jours de sa vie, la lune de miel, comme on disait. — (Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857, chapitre VII)
    • À quoi songes-tu donc ? s’informa la maîtresse du logis, surprise de l’inattention qu’elle lisait dans les yeux de l’artiste. Tu n’as pas de contrariétés. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • Lorsqu'il est fatigué de rêver à Marion et au bonheur qui sera le leur, il songe à ceux qui, au cours de ces dernières années, l'ont aidé. — (Charles Exbrayat, Les Bonheurs courts, tome 1 : La Lumière du matin, éd. Albin Michel, 1981)
    • Cheminant vers la rue Saint-Joseph, elle songe avec nostalgie à l'ancienne Suzanne, celle qui s’épivardait dans la rue avec ses enfants pendant les récréations et qui, parfois, grimpait au pommier en déchirant sa jupe... — (Anne-Marie Sicotte, Les accoucheuses, tome 1 : La Fierté, Éditions 12/21, 2015, chap. 3)
  5. Penser ; faire attention ; prendre garde.
    • […], et, songeant qu’il faudrait bientôt nous quitter, nous nous assîmes tristement près de l’âtre où dansait la flamme rouge. — (Erckmann-Chatrian, Histoire d’un conscrit de 1813, J. Hetzel, 1864)
    • Sous le porche, un boueux attendait l'arrivée de la voiture en songeant que, par un temps pareil, elle ne viendrait sans doute pas. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 62)
    • On pourra songer aussi au déhanché gracieux que Musset arbore, par exemple, dans le célèbre dessin de Devéria […]. — (Valentina Ponzetto, Musset ou la Nostalgie libertine, page 156, Droz, 2007)
    • Mornet replia le journal. Il allait mal et nul ne songeait à le questionner, alors qu'il en mourrait d'envie. — (Pierre Saha, Le porteur de mauvaises nouvelles: Liancourt, avril 1972, une tragédie ordinaire, Éditions Ravet-Anceau, 2017)
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  6. Avoir quelque vue, quelque dessein ou quelque intention.
    • Il songe à quitter Paris. — Il ne songe nullement au mariage.
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Songer : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SONGER. v. tr.
Voir en songe, rêver. Qu'avez-vous songé cette nuit? J'ai songé telle et telle chose. Fig., Ne songer que chasse, que combats, que bals, que fêtes, etc. N'être occupé que de chasse, de combats, de bals, etc. Il vieillit; on dit plutôt maintenant Rêver.

SONGER s'emploie surtout comme verbe intransitif et signifie Faire un songe, rêver. Je dormais et je songeais. Songer d'eau bourbeuse. Il vieillit; dans le langage courant, on dit plutôt maintenant Rêver.

SONGER s'emploie plus ordinairement figuré et signifie Se livrer à la rêverie. Que faites-vous là? Je songe. Il signifie aussi Penser, faire attention, prendre garde. Songez à vos affaires. Il ne songe qu'à ses plaisirs. Il ne songe qu'à lui. Il ne songe à rien. Quand j'y songe. Les journées passent sans qu'on y songe. Songez à ce que vous faites, à ce que vous dites. Songez qu'il y va de votre intérêt. Vous n'y songez pas, à quoi songez-vous? songez-vous? Phrases qui s'emploient quelquefois par manière de reproche, en parlant à une personne qui fait ou qui dit quelque chose qui ne paraît pas raisonnable. Songez-y, songez-y bien, Sorte de menace ou d'avertissement, suivant le ton que l'on prend pour le dire.

SONGER signifie aussi Avoir quelque vue, quelque dessein, quelque intention. Il songe à quitter Paris. Il ne songe nullement au mariage. Cet homme songe toujours à mal, Il songe à faire quelque mal. Cette locution signifie aussi Il prête un sens trop libre à des choses dites innocemment, il interprète malignement tout ce qu'on dit.

Songer : définition du Littré (1872-1877)

SONGER (son-jé ; le g prend un e devant a et o : songeant, songeons) v. n.
  • 1Faire un songe. Saint-Aoust avait songé, la veille qu'il a été tué, qu'il avait eu un démêlé avec M. le prince d'Orange, Sévigné, 6 sept. 1675.

    Penser avoir songé, douter de la réalité de ce que l'on voit. Ils se regardèrent les uns les autres, étonnés comme gens qui pensaient avoir songé, Malherbe, Le XXXIIIe livre de T. Live, ch. 32.

    Se dit avec de. Vous aurez fait d'un mort la rencontre fâcheuse, Cassé quelque miroir et songé d'eau bourbeuse, Molière, Tart. II, 4. Je m'en vais vous dire une chose plaisante dont Corbinelli est témoin ; je lui dis lundi matin que j'avais songé toute la nuit d'une Mme de Rus, que je ne comprenais pas d'où me revenait cette idée ; et que je voulais vous demander des nouvelles de cette sorcière ; là-dessus je reçois votre lettre, et justement vous m'en parlez, comme si vous m'aviez entendue, Sévigné, 399.

  • 2 Fig. S'abandonner à ses rêveries. Chacun songe en veillant ; il n'est rien de plus doux ; Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes, La Fontaine, Fabl. VII, 10. Un lièvre en son gîte songeait ; Car que faire en un gîte à moins que l'on ne songe ? La Fontaine, ib. II, 14.

    Songer creux, rêver profondément à des choses chimériques.

    Songer creux signifie aussi songer à quelque malice ; mais ce sens a vieilli.

  • 3 Fig. Avoir en l'idée, considérer, se souvenir de, s'aviser de. Ah ! n'allons point songer au mal qui nous peut arriver, et songeons seulement à ce qui peut donner du plaisir, Molière, Festin, I, 2. Hors la maréchale de Grammont, on ne songe déjà plus au comte de Guiche [qui avait été tué], Sévigné, 176. Songez que cette gloire faisait le péril de Madame dans cette vie, Bossuet, Duch. d'Orl. Sans songer à cette terrible sentence de saint Paul : la veuve qui passe sa vie dans les plaisirs est morte toute vive, Bossuet, Anne de Gonz. À la Place Royale on me blâme, à Saint-Germain on me loue ; et nulle part on ne songe à me plaindre ni à me servir, Maintenon, Lett. à Mlle de l'Enclos, 8 mars 1666. Quand je lus les Guêpes d'Aristophane, je ne songeais guère que j'en dusse faire les Plaideurs, Racine, Plaid. Préf. Allez, allez, finissez vos débats, Si vous voulez redevenir les grâces, Et pour plaire n'y songez pas ; N'y point songer, c'est trop ; eh bien n'y songez guère, Lamotte, Fabl. V, 7. En arrivant je ne songeais qu'à bien dîner ; en partant je ne songeais qu'à bien marcher ; je sentais qu'un nouveau paradis m'attendait à la porte ; je ne songeais qu'à l'aller chercher, Rousseau, Conf. IV. Il [Fénelon] était bien mieux que modeste ; car il ne songeait pas même à l'être, D'Alembert, Él. Fén.

    Il se dit aussi avec de. Il songe toujours de fêtes, de chasses. Il songe rarement d'affaires.

    Il s'est dit avec en ; ce qui a vieilli. Dans cet espace de temps, je songeai, je vous l'avoue, trois à quatre fois en Mademoiselle***, Voiture, Lett. 128.

    Songer à tout, ne rien omettre de ce qui doit être fait. On m'envoie les gazettes ; vous songez à tout, vous êtes adorable, Sévigné, 27 sept. 1684.

    Y songez-vous ! vous n'y songez pas ! à quoi songez-vous ! se dit par reproche à une personne qui dit ou qui fait une chose déraisonnable.

    Songez-y, songez-y bien, se dit par menace ou comme avertissement. Songez-y bien : il faut désormais que mon cœur, S'il n'aime avec transport, haïsse avec fureur, Racine, Andr. I, 4. Songez-y : vos refus pourraient me confirmer Un bruit sourd que déjà l'on commence à semer, Racine, Athal. III, 4.

    Songer à deux fois, considérer mûrement. Toute l'Europe songera à deux fois comme elle se devra conduire avec Votre Excellence, Sévigné, Au duc de Chaulnes, 15 mai 1691.

  • 4S'occuper de, avoir en vue. Ce jeune prince [Cyrus], sauvé de la prison et de la mort par sa mère Parysatis, songe à la vengeance, Bossuet, Hist. I, 8. Pendant que le parlement d'Angleterre songe à congédier l'armée, cette armée toute indépendante réforme elle-même à sa mode le parlement, Bossuet, Reine d'Anglet. Le prince de Condé avait pour maxime que, dans les grandes actions, il faut uniquement songer à bien faire, et laisser venir la gloire après la vertu, Bossuet, Louis de Bourbon. À la cour tout est couvert d'un air gai, et vous diriez qu'on ne songe qu'à s'y divertir, Bossuet, Anne de Gonz. L'âge viril plus mûr inspire un air plus sage… Contre les coups du sort songe à se maintenir, Boileau, Art p. III. Ctésiphon et Euphrosine se voient tous les jours, s'aiment, songent à s'épouser, s'épousent, La Bruyère, III.

    Molière a construit songer en ce sens, avec de ; ce qui ne se dirait plus qu'en vers. Je vous dis, et vous redis encor Que Valère chez lui tient votre Léonor, Et qu'ils s'étaient promis une foi mutuelle, Avant qu'il eût songé de poursuivre Isabelle, Molière, Éc. des mar. III, 6.

    Songer à soi, s'occuper de soi, de son sort. L'âme possédée de l'amour de Dieu, transportée par cet amour hors de soi-même, n'a garde de songer à soi, ni par conséquent de s'enorgueillir, Bossuet, la Vallière. Visir, songez à vous, je vous en averti, Et, sans compter sur moi, prenez votre parti, Racine, Bajaz. II, 3.

    Songer à quelqu'un, s'occuper de le satisfaire pour une affaire, pour une commande. Avez-vous songé à moi, ma chère madame Thibaut ? vous avez tant d'affaires…, Dancourt, Femme d'intrigues, V, 7.

    Il songe toujours à mal, à malice, à la malice, il songe à faire quelque malice, et, en un autre sens, il prête un sens trop libre à des choses dites innocemment, ou bien il interprète malignement tout ce qu'on dit ou fait. Tandis que, sans songer à mal, tandis qu'innocemment, sans malice, comme un pauvre mouton, je vous regarde, Molière, Préc. 10.

    Songer à mal signifie aussi avoir quelque mauvais dessein. Une femme qui ne songeait point à mal, Hamilton, Gramm. 9.

  • 5 V. a. Voir en songe. C'est une faveur que je ne sais encore si j'ai reçue ou songée, Guez de Balzac, Lett. 2, livre I. Pauline, sans raison, dans la douleur plongée, Craint et croit déjà voir ma mort qu'elle a songée, Corneille, Poly. I, 1. Je ne songerai plus que rencontre funeste, Que faucons, que réseaux, La Fontaine, Fabl. IX, 2. J'ai songé encore un autre songe, Voltaire, Philos. Bible expl. Genèse.
  • 6 Fig. S'occuper de, avoir en l'idée. Vraiment vous n'avez garde, en l'état où vous êtes, De songer des festins, des danses et des fêtes, Mairet, Sophon. II, 3. Mascarille : C'est une faible ruse ; J'en songeais une… - Lélie : Et quelle ? Molière, l'Ét. I, 2. J'avais songé une comédie où il y aurait eu un poëte, Molière, Impromptu, 1. Le monde ordinaire a le pouvoir de ne pas songer à ce qu'il ne veut pas songer… mais il y en a qui n'ont pas le pouvoir de s'empêcher de songer, et qui songent d'autant plus qu'on leur défend, Pascal, Pens. XXV, 20, éd. HAVET. Songez… non, ne songez à rien, laissez-moi tout songer dans mes grandes allées, dont la tristesse augmentera la mienne, Sévigné, 56. Je ne songe et je ne respire que l'honneur de vous revoir, Sévigné, 15 juin 1680.

REMARQUE

1. Songer de, c'est faire un songe sur. Songer à, c'est avoir en l'idée, avoir en vue.

2. Du temps de Vaugelas, des puristes condamnaient songer employé au sens d'avoir en l'idée ; mais dès lors les meilleurs auteurs s'en servaient.

SYNONYME

SONGER, PENSER. Songer indique plus particulièrement que la pensée roule dans l'esprit depuis plus ou moins de temps. Penser indique simplement l'existence de la pensée.

HISTORIQUE

XIe s. Sunjat qu'il eret [était] al gregnor port de Fize, Ch. de Rol. LX.

XIIIe s. Lors commenceras à plorer, Et diras : Diex ! ai-je songié ? la Rose, 2459. Un en i ot [à Antioche] plus riche, n'avoit laiens son per, Sis tors [six tours] ot à baillier et la porte et l'entrer ; Cil sonjoit toute nuit, quant devoit reposer, Que Diex venoit à lui visiblement parler, Ch. d'Ant. VI, 324. Et il sompnera tousjours pluves et rivieres, Alebrand, f° 16 (et, plus bas, songera). Et en songe furent les sept vaches et les sept espis que Pharaons sonja, Latini, Trésor, p. 54. Li bien d'amours sont tout trespas de vent ; Tost sont passé ; on n'i fait fors songnier, Bibl. des ch. 4e série, t. V, p. 16.

XVe s. Nuit et jour je la sonjoie, La veoye Parler, aler et venir, Orléans, Rondeau. Je m'en vais chausser mes souliers, et puis je ne songerai [tarderai] plus guere que je ne parte, Louis XI, Nouv. XCIII. Ceste fantaisie nouvelle Me faisoit songer en veillant, Qui est chose desnaturelle, Chartier, Œuvr. p. 724.

XVIe s. Les filles prophetizeront, les jeunes gens verront visions, et les anciens songeront songes, Calvin, Instit. 1151. Veillez, veillez pour pleurer cette perte : Ou, si dormez, en dormant songez-la ; Songez la mort, songez le tort qu'elle a, Marot, III, 299. Anne ma sœur, helas dont me surviennent Tant de songers, qui douteuse me tiennent ? Du Bellay, J. IV, 6, verso. Iray-je songer au bransle du monde ? Montaigne, I, 174. Aulcuns nous songent deux ames, d'aultres deux puissances qui…, Montaigne, II, 6. Mais il se songea [s'avisa] de…, Despériers, Contes, LX. Encore y en avoit il [à Athènes] qui songeoient desjà à conquerir la Thoscane, Amyot, Péric. 42. Il ne songeoit d'autre chose la nuit en dormant, et ne parloit d'autre chose le jour avec ses amis en veillant, Amyot, Marcell. 46. Tousjours truye songe bran, Cotgrave Par trop songer cerveau ronger, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 367.

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Songer : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

SONGER, v. act. (Métaphys.) songer, c’est avoir des idées dans l’esprit, pendant que les sens extérieurs sont fermés, ensorte qu’ils ne reçoivent point l’impression des objets extérieurs avec cette vivacité qui leur est ordinaire ; c’est, dis-je, avoir des idées, sans qu’elles nous soient suggérées par aucun objet de dehors, ou par aucune occasion connue, & sans être choisies ni déterminées en aucune maniere par l’entendement ; quant à ce que nous nommons extase, je laisse juger à d’autres si ce n’est point songer les yeux ouverts.

L’esprit s’attache quelquefois à considérer certains objets avec une si grande application, qu’il en examine les faces de tous côtés, en remarque les rapports & les circonstances, & en observe chaque partie avec une telle contention qu’il écarte toute autre pensée, & ne prend aucune connoissance des impressions ordinaires qui se font alors sur les sens, & qui dans d’autres tems lui auroient communiqué des perceptions extrèmement sensibles. Dans certaines occasions, l’homme observe la suite des idées qui se succedent dans son entendement, sans s’attacher particulierement à aucune ; & dans d’autres rencontres, il les laisse passer, sans presque jetter la vue dessus, comme autant de vaines ombres qui ne font aucune impression sur lui.

Dans l’état où l’ame se trouve aliénée des sens, c’est-à-dire, dans le sommeil, elle conserve souvent une maniere de penser foible & sans liaison que nous nommons songer ; & enfin un profond sommeil ferme entierement la scene, & met fin à toutes sortes d’apparences. Voilà des réflexions supérieures sur ce mode de penser, elles sont de Locke. (D. J.)

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Étymologie de « songer »

Étymologie de songer - Littré

Wallon, songî ; Berry, sunger, chonger ; bourg. sogeai ; prov. somjar, sognar, sompnhar, sompniar ; cat. somiar ; esp. soñar ; port. sonhar ; ital. sognare ; du lat. somniare, qui vient de somnium, songe. Dans songer il y a deux sens : faire un songe, et penser à ; le second de ces sens peut sans doute provenir du premier ; mais il y a eu aussi une influence de songe au sens de soin : XIIe s. Par com grant songe l'om doit enquerre les pechiez, Job, p. 511.

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Étymologie de songer - Wiktionnaire

Du latin somniare.
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Phonétique du mot « songer »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
songer sɔ̃ʒe play_arrow

Conjugaison du verbe « songer »

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Citations contenant le mot « songer »

  • À ma connaissance, je n'ai pas d'enfants. Quand l'une de mes anciennes compagnes m'a dit y songer sérieusement, je suis parti acheter une baguette de pain –désolé pour le cliché, mais je ne fume pas– et ne suis jamais revenu. J'ignore comment une personne saine d'esprit et de corps, consciente de la fragilité de toute existence humaine, puisse concevoir pareil projet. Faut-il être fou ou sadique pour décider tranquillement de donner naissance à un individu dont la vie s'achèvera un beau jour dans le néant de la mort? Slate.fr, Moi, avoir des enfants? Jamais! | Slate.fr
  • Ramener l’argent à la maison pour combler une maman adorée : on ne peut s’empêcher de songer au tube Villa de Shay qui promet monts et merveilles à sa génitrice, c’est au tour de Meryl de déclarer sa flamme à sa mère. Quelques mois après la sortie de sa première mixtape Jour Avant Caviar sorti en février, la révélation martiniquaise dévoile un clip lumineux pour son morceau Billets. 3 minutes dans un décor fortement inspiré de la série Narcos où l’on peut voir des moments de complicité entre la rappeuse et sa mère entrecoupés d’affaires mafieuses. Couleurs chaudes, nature foisonnante et tenues remarquables, la vidéo réalisée par ADY&MATT met en parallèle le business professionnel de l’artiste, à savoir la musique, et celui du narcotrafic. Un clip qui dépose du soleil et des montagnes de billets sous nos pieds qu’on ne refuserait pour rien au monde. Maze, LES CLIPS DU MOIS - Juillet #2 - Maze Magazine
  • Les nuages sont des alliés. Si. Par exemple, si des petits cumulus viennent baguenauder çà et là lors d’une journée plage en fin de matinée, les baigneurs pourront retourner le lendemain. De la même façon, si le brouillard se forme avant l’aube et se dissipe aux lueurs, aucune raison que la bouée Snoopy ne soit pas de sortie… En revanche, si la Lune se couvre d’un halo blanc, ou que le brouillard s’accompagne d’une petite bruine, mieux vaut songer aux bottes. Le Telegramme, Quand la nature livre ses indices sur la météo à venir - Bretagne - Le Télégramme
  • Le Chef de l’Etat Macky Sall trouve vraiment là le temps de poser des actes forts à l’endroit des populations pour assommer définitivement l’opposition dont le discours va-en guerre a fini par excéder toute la population. Le Président de la République Macky Sall peut d’ailleurs profiter de cette situation devenue propice pour songer enfin aux réformes qu’il entend apporter afin de mettre tout le monde au travail. Xibaaru, La Tabaski-coronavirus de l'opposition...Macky Sall en roue
  • Alors que la Journée de l’amitié en Inde approche à grands pas, les gens doivent songer à acheter des bracelets d’amitié fantaisie pour leurs amis. Mais, en cette journée de l’amitié, qui tombe le 2 août, on peut surprendre ses copains en leur offrant des bandes faites à la main. News 24, Journée de l'amitié 2020: comment créer des groupes d'amitié à la maison - News 24
  • Du moment que la pandémie de coronavirus est toujours là, j’estime que ce n’est pas encore le moment pour songer à la reprise. Le taux de contamination est toujours en hausse. El Watan, Mohamed Flissi. (Boxeur) : «Pas encore le moment pour songer à la reprise» | El Watan
  • Indigne de vous plaire et de vous approcher, Je ne dois désormais songer qu'à me cacher. De Jean Racine / Phèdre
  • Chaque matin songer aux gens qu'on va cultiver, aux pots qu'il faut arroser. De Jules Renard / Journal 1887-1892
  • Il n'est pas bon de songer à l'avenir tant que le présent offre encore son plaisir. De Maurice Toesca / Mes pensées et les vôtres
  • L’univers m’embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait pas d’horloger. De Voltaire / Les Cabales
  • N’arrêtez pas votre esprit à songer à ce que vous avez, mais pensez à ce que vous êtes. De Grégoire Le Grand
  • Qui veut se placer les pieds dans la vie doit d'abord songer à se les déplacer. De Anonyme
  • Celui qui ne veut pas se hasarder ne doit pas songer à s’élever. De Chevalier de Méré / Maximes, sentences et réflexions morales et politiques
  • Il faut songer quelquefois à la mort, cette seule pensée peut nous apprendre à bien vivre. De Chevalier de Méré / Maximes, sentences et réflexions morales et politiques
  • Nous devrions tous songer beaucoup plus souvent à la mort. Paradoxalement, ça aide a vivre. De Jean Dion / Le Devoir - 4 Novembre 1999
  • Ne songer qu'à soi et au présent, source d'erreur dans la politique. De Jean de La Bruyère / Caractères
  • Les larmes sont à Dieu et quiconque les verse sans songer à lui les lui vole. De Rose de Lima
  • Il est singulier de songer qu'amour n'est féminin qu'au pluriel. De Albert Willemetz
  • Quand vous aurez cessé de songer au bonheur, vous l'aurez trouvé. De Charles Secrétan
  • Ah songer est indigne, puisque c’est pure perte ! De Claude Jeancolas / Passion Rimbaud
  • L’amour fait songer, vivre et croire. De Victor Hugo / Les Contemplations

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Traductions du mot « songer »

Langue Traduction
Corse pinsà
Basque pentsatu
Japonais 考える
Russe думать
Portugais pensar
Arabe ليفكر
Chinois 思考
Allemand denken
Italien pensare
Espagnol pensar
Anglais to think
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Synonymes de « songer »

Source : synonymes de songer sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « songer »


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