La langue française

Sauce

Sommaire

  • Définitions du mot sauce
  • Étymologie de « sauce »
  • Phonétique de « sauce »
  • Citations contenant le mot « sauce »
  • Images d'illustration du mot « sauce »
  • Traductions du mot « sauce »
  • Synonymes de « sauce »

Définitions du mot sauce

Trésor de la Langue Française informatisé

SAUCE, subst. fém.

I.
A. −
1. ART CULIN. Préparation liquide ou semi-liquide, qui accompagne ou accommode certains mets, où entrent des corps gras, du sel, des épices et divers ingrédients. [L'Américain] a pris aux émigrants allemands leurs confitures, leur charcuterie (...), aux Français leurs sauces (Morand, New-York, 1930, p. 145):
Les sauces, par la façon dont elles mettent en valeur le plat qu'elles accompagnent, et aussi par l'invention et l'habileté dont elles témoignent chez les chefs, doivent être regardées comme l'un des éléments essentiels de toute cuisine civilisée: à tel point qu'on a pu organiser un dîner-festival de la « cuiller à sauce ». Ac. Gastr.1962.
SYNT. Sauce aqueuse, liquide, claire, maigre; sauce concentrée, consistante, épaisse, moelleuse, onctueuse; sauce aigre-douce, épicée, forte, piquante, relevée; sauce à l'estragon, au poivre, au vin, à la menthe, aux câpres, aux champignons; sauce brune; sauces chaudes, froides; sauce au vin blanc, rouge, au beurre blanc, au beurre noir; lier, allonger, rallonger, réduire une sauce; sauce savoureuse, succulente, fade, insipide, bien mijotée; fond de sauce; faire cuire une sauce au bain-marie; passer une sauce au chinois, à l'étamine; monter une sauce avec de la crème fraîche; arroser de sauce; napper avec de la sauce; goûter une sauce; manger sans sauce; tremper son pain dans la sauce; mettre de la sauce sur des légumes; cuiller à sauce; taches de sauce; accommoder un mets avec une sauce, à telle sauce.
P. métaph. Les femmes surtout sont sinistres, hâves sous la sauce fermentée des fards, avec des yeux qui clignent, grillés par la fumée (Sem, Ronde de nuit, 1923, p. 29).
Loc. Cette sauce n'est pas faite, n'est pas assez faite. Elle n'a pas assez bouilli, elle n'est pas assez liée (d'apr. Ac. 1798-1878).
En partic. Sauce béarnaise*, béchamel*, gribiche*, hollandaise*, maître d'hôtel*, périgourdine*, poulette*, ravigote*, suprême, veloutée*; sauce financière*, à la Périgueux (s.v. périgourdin);sauce madère*, marchand* de vin, matelote*, normande*, piquante*, poivrade*; sauce mayonnaise*, mousseline*, remoulade*, tartare*, vinaigrette*; sauce tomate*.
Sauce blanche. ,,Sauce faite avec beurre et farine mélangés, sans coloration aucune`` (Lar. encyclop.).
Sauce (à) pauvre homme. ,,Sauce froide, faite avec de l'eau, du sel et de la ciboule`` (Ac. 1798-1878).
Sauce Robert. ,,Sauce faite avec de la moutarde, de l'oignon et du vinaigre`` (Ac. 1798-1878).
En appos. Bar sauce câpres, c'est du chien de mer (Renard, Journal, 1909, p. 1236).
Rem. ,,En termes de cuisine, le mot sauce se sous-entend quelquefois: une maître d'hôtel, une béchamel pour une sauce à la maître d'hôtel, à la béchamel`` (Littré).
En sauce. [Opposé à nature] Accommodé avec une sauce. Poisson, viande en sauce; mettre (une viande) en sauce. Il y a une façon d'accommoder le bœuf en sauce que je reconnaîtrai dans mille ans. Et même le goût et même la consistance du bœuf (Duhamel, Nuit St-Jean, 1935, p. 14).
2. Loc. fig.
Fam. Donner ordre aux sauces. ,,Aller dans la cuisine prendre soin que tout soit bien apprêté pour le repas`` (Littré).
Pop. Bouffer des briques à la sauce aux cailloux. ,,N'avoir rien à se mettre sous la dent`` (France 1907).
3. Proverbe et loc. proverbiale. Il n'est sauce que d'appétit. ,,Quand on a faim, on trouve bon tout ce qu'on mange`` (Ac.). À bon appétit il ne faut point de sauce. Même sens. La vie est un mets qui n'agrée que par la sauce (Hugo,Rhin, 1842, p. 18).
B. − P. anal.
1. Préparation liquide accompagnant un entremets ou garnissant un gâteau. Sauce à l'abricot, à la liqueur. On accompagne parfois les crèmes glacées d'une sauce spéciale ou sabayon au chocolat, au café ou à un autre parfum assorti à celui de la crème. Voici, par exemple, la recette d'une sauce au chocolat (Lar. mén.1926, p. 632).
Sauce anglaise. Sauce faite avec des jaunes d'œufs et de la crème. P. métaph. Une auberge de guet-apens, d'un brun-rougeâtre, badigeonnée de sauce anglaise faisait le coin (Arnoux, Gentilsh. ceinture, 1928, p. 139).
2. Liquide plus ou moins sirupeux résultant de la macération de certains fruits dans l'eau-de-vie. Elle se rappela la prune qu'elle avait mangée avec Coupeau, jadis (...). En ce temps-là, elle laissait la sauce des fruits à l'eau-de-vie (Zola, Assommoir, 1877, p. 705).
3. Mixture. Une sauce composée de sucre, de jus de limon et de suc d'épices bouillis (Faral, Vie temps st Louis, 1942, p. 172).
C. − Au fig.
1. Familier
a) Manière de présenter quelque chose, de traiter un sujet. Changer, varier la sauce. Les romans, ou plutôt la pièce de résistance des romans, la passion qu'on nomme AMOUR, est fricassée tous les vingt ans à une sauce nouvelle. Lorsqu'on vous la sert à la vieille sauce, cela ne trouve guères de débit (Mérimée, Lettres Mmede Beaulaincourt, 1867, p. 27).Quel beau scandale s'il était jamais convaincu de faux témoignage! Accommodé à la sauce gaulliste ou à la sauce communiste, ça ferait un plantureux ragoût. Mais il ne se faisait pas d'illusion sur l'importance de son action (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 476).
Sauce de.Je leur dis dans mon livre quelques demi-vérités qui pourraient bien gâter un peu cette popularité. Pourtant j'y ai mis une forte sauce de politesse (Hugo, Corresp., 1866, p. 514).Toutes ses créations, c'est de vieux bouquins qu'il [Shakespeare] les tire; et malgré toute la sauce de génie qu'il y met, je le répète, ça m'embête (Goncourt, Journal, 1889, p. 924).
b) Manière de disposer de quelqu'un, de quelque chose, d'utiliser quelque chose. Moi! (...) un malheureux petit souverain, aplati entre deux gros voisins, qui n'hésitent que sur la sauce à laquelle ils dévoreront mes états (Sardou, Rabagas, 1872, i, 10, p. 27).
À quelle sauce manger/dévorer qqn.À quelle sauce sera-t-il mangé? Quels moyens va-t-on employer pour le duper, pour l'abattre? (Dict. xixeet xxes.). Ne pas savoir à quelle sauce on sera mangé. Ignorer les moyens qui seront employés pour vous duper, pour vous abattre (Dict. xixeet xxes.).
Ne savoir à quelle sauce mettre qqn, qqc. Ne pas savoir comment employer quelqu'un, comment utiliser quelque chose, quel usage en faire (Dict. xixeet xxes.).
À toutes les sauces. De toutes les façons, sous toutes les formes. Quand il trouve un motif, ce qui lui arrive souvent, et même bien, il le délaye et le sert à toutes les sauces, jusqu'à l'écœurement (Toulet, Corresp. avec un ami, 1920, p. 221).
Employer, mettre qqn à toutes les sauces. Lui faire exécuter toutes sortes de travaux, l'employer pour n'importe quelle besogne. (Dict. xixeet xxes.).
c) [P. oppos. à ce qui constitue l'essentiel, le principal de qqc.]
α) Ce qui vient s'ajouter, l'accessoire, l'accompagnement. Tu sais bien que M. Porey prépare un livre sur la musique. − (...). Laisse-moi rire. Je ne suis pas aveugle: c'est toi qui fait tout le travail, et lui, après, il n'aura plus qu'à ajouter la sauce (L. de Vilmorin, Lit à col., 1941, p. 156).Il ne lui suffit pas d'avoir dit ce qu'il voulait dire, il faut qu'il le redise (...). Pendant la première heure, son projet m'intéressait. Puis, tout à coup, je me suis levé. Quand j'ai quelque chose à dire, je le dis en deux minutes. Le reste, la sauce, ne m'intéresse pas (Green, Journal, 1946, p. 50).
Loc. proverbiale. La sauce fait manger le poisson. L'accessoire fait passer le principal. La sauce vaut mieux que le poisson. L'accessoire vaut mieux que le principal. (Dict. xixeet xxes.).
[P. allus. aux loc. supra] Nous avons maintenant des faiseurs et des faiseuses de vers qui en pondent des centaines à l'heure (...) C'est le triomphe de la sauce sur le poisson (L. Daudet, Entre-deux-guerres, 1915, p. 104).Laurent écoutait (...). Il songeait: « Ce n'est pas cela qu'il veut dire. Ce n'est pas pour cela qu'il est venu me voir. Ça, c'est la sauce. Où est le poisson? Sacré Roch! » (Duhamel, Combat ombres, 1939, p. 102).
β) Accompagnement inutile, oiseux. Un autre de mes maîtres fut cet Erik Satie dont la ligne s'opposait à l'impressionnisme musical et dont la musique dégraissée, délivrée de sauces et de voiles paraissait trop naïve au dilettante (Cocteau, Poés. crit. II, 1960, p. 188).
En compos. On a eu mille fois raison de nous épargner cette musique de scène-condiment, cette musique-sauce dont on entoure si inutilement de nos jours les pièces fantaisistes (G. Marcel, Heure théâtr., 1959, p. 118).
Allonger la sauce. S'étendre inutilement sur des détails oiseux; en partic., alourdir un texte, un récit de détails inutiles. Dès le début du second acte, l'auteur ayant tout dit, s'était retourné vers le metteur en scène, s'en remettant à lui du soin d'allonger la sauce (Morand, Homme pressé, 1941, p. 200).
2. Pop., vieilli. ,,Correction, réprimande`` (Delvau 1883). Donner une sauce à qqn (Delvau 1883).
Gare (à) la sauce. Attention, gare la réprimande. Prunette (On sonne): Ah! c'est lui [mon maître]... Il grince!... Je reconnais ça à la sonnette!... Ma fois!... gare la sauce!... je me sauve! (Labiche, Misanthr. et Auv., 1852, i, 1, p. 136).
Apprêter, donner une sauce à qqn. ,,Le réprimander vertement`` (Littré).
Gober, payer la sauce. ,,Être gourmandé ou puni pour le méfait d'un autre`` (France 1907). [L'officier] écumait. Sur ses talons, le sous-officier de semaine (...) avait fait halte et ne soufflait mot. Ce fut lui qui paya la sauce: Il est comme vous! Que fichez-vous là à me regarder comme une huître? (Courteline, Gaîtés Esc., Potiron, 1890, iii, p. 233).
Gober la sauce. ,,Être obligé d'endosser les conséquences de ses actes`` (Lar. Lang. fr.).
Loc. proverbiale. Il a fait la faute, qu'il en boive la sauce. ,,Qu'il en subisse les fâcheuses conséquences`` (Littré).
3. Pop., fam. Pluie, averse. Synon. saucée.Recevoir la sauce; prendre la sauce en sortant du métro; quelle sauce! Une main, dans la file, sortit, tâta l'espace. − Vl'à la sauce qui n'tombe plus (Barbusse, Feu, 1916, p. 127).
4. Pop., vieilli. [Dans certaines loc.] Affaire, opération. Gâter la sauce. Compromettre le succès d'une affaire. Elle me donnerait de jolis enfans (...) Oui, mais je ne voudrais pas qu'elle s'avisât de mourir en couche (...) Diable! Ça gâterait la sauce ([Leclair],Médit. hussard,1809,p. xxii).La sauce se gâte. ,,Ça tourne au vinaigre`` (Virmaitre, Dict. arg. fin-de-s., 1894, p. 131).
P. anal. Un second boulet éclata plus près, dans une sauce de fer et de cailloux (D'Esparbès, Roi, 1901, p. 274).
D. − Arg. ou pop.
1. Carburant, essence de moteur. Faire son plein de sauce.
Mettre, remettre (toute) la sauce
Lancer le moteur à plein régime, activer l'allure d'un véhicule. Synon. mettre, remettre (toute) la gomme*.Il embrayait, mettait toute la sauce (Vie au Grand Air, 16 févr. 1906ds Petiot 1982).Les tout premiers autobus (...) qu'avaient le haut « impérial », ils y mettaient toute la sauce, tous leurs explosifs, à cet endroit juste, pour escalader la rampe (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 360).
CYCL. ,,S'employer à fond`` (Vie au Grand Air, loc. cit.).
Au fig. Mettre toute la sauce; y mettre de la sauce. Forcer la dose, la note pour abuser. « (...) Dites que je suis sorti. » Le Papon s'exécuta. Mais il le fit si bien (...) il y mit tant de sauce, disant que Monsieur serait bien ennuyé, que monsieur venait justement de sortir, etc., que Léon devina la vérité (Montherl., Célibataires, 1934, p. 815).J'explique à l'artiste, en confidence, quelque chose de tout à fait magnifique, tout à fait compliqué et tout à fait faux. J'ai mis toute la sauce et il me croit (Giono, Gds chemins, 1951, p. 172).
2. Sperme. Regarde ça! Ébaudis-toi! Tâche d'être impavide et prêt à la seconde! Aussitôt servi je te la passe! Et hop! Étreins! Étrangle! Ce sera ton tour! Brise! Crève la garce! (...) Saigne-la toi! Vide lui toute la sauce!... T'as l'âge de toutes les ivresses! Profite! Abuse! (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 589).Balancer la sauce. Éjaculer. La nana qui tombe sur un mâle égoïste qui balance la sauce trop vite, fait vite elle aussi à en chercher un autre. Elle a raison (Le Breton1960).
P. anal. Rafale d'arme à feu. Balancer, envoyer, allonger la sauce. Il amorça un mouvement pour lever le poignet [armé du revolver] et balancer la sauce (Le Breton, Razzia, 1954, p. 206).Si t'as des mots avec Lulu, frime-le de près, pour un rien il envoie la sauce (Pt Simonin ill., 1957, p. 257).
II. − Spécialement
A. − BEAUX-ARTS
1. ,,Crayon de teinte noire, tendre et très friable, dont on se servait autrefois pour dessiner et qui donnait un trait doux et estompé`` (Bég. Dessin 1978). Dessin à la sauce (Bég. Dessin 1978).
2. Sauce au fusain. ,,Poudre de fusain que l'on étend à l'estompe pour couvrir certains espaces d'une teinte uniforme ou faire un ton sur lequel on revient à l'aide de hachures`` (Adeline, Lex. termes art, 1884). Dessin à la sauce de fusain.
B. − MÉGISS. ,,Mixture dans laquelle on trempe les peaux, dans les mégisseries, avant de les ouvrir`` (Quillet 1965).
C. − ORFÈVRERIE
1. ,,Liqueur contenant du chlorure d'or et servant à dorer par simple immersion`` (Duval 1959). Sauce à dorer. Dorure à la sauce (Bouillet 1859).
2. ,,Préparation liquide dont les orfèvres se servent pour donner de la couleur à l'or`` (Havard 1890).
D. − TECHNOL. Solution de divers ingrédients (glycérol, réglisse, parfum), ajoutée au tabac, pour en modifier le goût et l'arôme. Incorporer une sauce aux tabacs. Les cigarettes américaines reçoivent au cours de leur préparation deux sauces (...); les cigarettes anglaises ne sont pas saucées (Lar. encyclop.).
Prononc. et Orth.: [so:s]. Ac. 1694: sausse ou sauce; 1718, 1740: sauce ou sausse; dep. 1762: sauce. Étymol. et Hist. A. 1. a) Ca 1165 p. métaph. art culin. ([Chrétien de Troyes], Guillaume d'Angleterre, éd. M. Wilmotte, 1350: sause); b) 1266 cuis. (Vers de la mort, 265, 6 ds T.-L.); 2. a) 1176-84 « manière » (Gautier d'Arras, Eracle, éd. G. Raynaud de Lage, 5812: sausse); b) α) 1480 quelque saulce que l'en y mette « de quelque manière que l'on retourne l'affaire » (Guillaume Coquillart, Droitz nouveaulx, 458 ds Œuvres, éd. M. J. Freeman, p. 151); β) 1680 être bon à certaines sauces (d'une personne) (Mmede Sévigné, Lettre du 23 oct. ds Corresp., éd. R. Duchêne, t. 3, p. 48); 1690 mettre (qqn) à toutes sausses (J. Raisin, Merlin Gascon ds Five French Farces, éd. H. C. Lancaster, 1937, p. 95); c) α) 1640 la saulse vaut mieux que le poisson « l'ornement vaut mieux que la personne » (Oudin Curiositez); β) 1680 « accessoire » (Mmede Sévigné, Lettre du 24 janv., t. 2, p. 809); 3. 1881 « forte pluie » (Rigaud, Dict. arg. mod., p. 342: il va tomber de la sauce). B. Techn. 1. 1803 sausse « liqueur chaude pour rehausser la couleur de l'or » (Boiste); 2. 1845 « crayon très friable servant à estomper » (Th. Gautier, Jeunes-Frances, p. 356 ds Mat. Louis-Philippe, p. 268); 3. 1905 mettre la sauce « lancer le moteur à plein régime » (L'Auto, 20 nov. ds Petiot 1982). Du lat. pop. salsa « chose salée », empl. subst. (soit fém. sing., soit neutre plur.), du lat. salsus « salé », part. passé de sallĕre « saler »; cf. l'ital., le cat., l'esp. salsa « sauce ». On note aussi en a. fr. le subst. fém. saus(s)e « eau de mer » (ca 1165, Benoît de Ste-Maure, Troie, 29290 ds T.-L.), empl. subst. de l'adj. fém. salse « salée (de l'eau, de la mer) » (ca 1100, Roland, éd. J. Bédier, 372: la mer salse), qui représente le lat. salsus, salsa « salé ». Fréq. abs. littér.: 459. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 259, b) 770; xxes.: a) 911, b) 770. Bbg. Lew. 1968, pp. 55-56. − Quem. DDL t. 16 (s.v. sauce hollandaise), 19 (s.v. mettre qqn ou qqch. à toutes les sauces).

Wiktionnaire

Nom commun 1

sauce \sos\ féminin

  1. (Cuisine) Assaisonnement liquide, souvent émulsionné, comprenant du sel, des épices ou des aromates.
    • Au moment de servir, déballez, débridez et dressez; passez à l’étamine le jus égoutté, ajoutez-le à une sauce financière demi-liée, et saucez les perdreaux. — (Paul-Benjamin Chareau, Science du bien vivre ou monographie de la cuisine, Paris : chez Martinon, 1844, p. 168)
    • Elle servait des viandes invariées dans des sauces sans gloire ; […]. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
    • Comme hors-d'œuvre, il y avait du poisson crû macéré dans le jus de citron sauvage et servi avec des sauces savamment aromatisées. — (Alain Gerbault, À la poursuite du Soleil; t.1, de New-York à Tahiti, 1929)
    • Après s'être rassis, et tout en inondant ses haricots de ketchup et de sauce aux câpres, il fouilla de sa main gauche dans sa poche intérieure […]. — (Henry Miller, L'ancien combattant alcoolique au crâne en planche à lessive, dans Max et les Phagocytes, traduction par Jean-Claude Lefaure, éditions du Chêne, 1947)
    • Dit autrement, le gueuleton bien arrosé du bon vivant, amateur de viande et de cigare, n'a pas son équivalent chez l'adepte de la graine germée et du tofu mariné à la sauce soja. — (Christian Camara & ‎Claudine Gaston, 150 idées reçues sur le corps humain, First Éditions, 2012)
  2. (Figuré) Apprêt, façon de disposer des personnes ou des choses.
    • D'autant qu'une bombe peroxydée d'une trentaine d'années, […], envisageait de toute évidence de lui tomber sur le poil dans un avenir aussi proche qu’imminent, et qu'il se demandait à quelle sauce elle menaçait de le manger. — (Pierre Lucas, Des souris et des mômes, Police des mœurs Hors-série, Éditions Vauvenargues, 2014, chap. 13)
    • On ne sait à quelle sauce le mettre, se dit d’un homme qu’on ne sait à quoi employer, qui n’est propre à rien.
    • Dans un sens contraire, on dit : Il est bon à toutes sauces ; On le met à toutes les sauces.
    • Dispose ça à ta sauce.
  3. (Bijouterie) Liqueur pour donner la couleur à l’or.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  4. (Dessin) Crayon noir très friable, dont on se sert pour dessiner à l’estompe.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  5. (Vieilli) Accessoire, addition.
    • Tu as fait l’essentiel et il n’a eu qu’à rajouter sa sauce.
  6. Ensemble d’agents de saveur et de texture incorporés dans le tabac, en particulier pour les cigarettes.

Nom commun 2

sauce \sos\ féminin

  1. (Régionalisme) Variante de sausse.

Nom commun 3

sauce \sos\ masculin

  1. (Familier) Saucisson, par apocope.
    • Le murçon, lui, est un sauce à cuire que tu peux aussi bien manger chaud que froid, c’est un sauce au porc aromatisé au fenouil, plus exactement, et qui aime cette odeur anisée l’adorera, vraiment un gout typique ! — (site www.randonner-leger.org)

Forme de verbe

sauce \sos\

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de saucer.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de saucer.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de saucer.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de saucer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de saucer.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SAUCE. n. f.
Assaisonnement liquide où il entre du sel, des épices et des ingrédients divers. Sauce relevée. Sauce fade. Sauce blanche, verte. Sauce piquante. Sauce aux câpres. Sauce vinaigrette. Sauce mayonnaise. Sauce béarnaise. Sauce hollandaise. Faire une sauce. Tremper son pain dans la sauce. Fig. et fam., On ne sait à quelle sauce le mettre se dit d'un Homme qu'on ne sait à quoi employer, qui n'est propre à rien. Dans un sens contraire, on dit : Il est bon à toutes sauces; On le met à toutes les sauces. Prov., Il n'est sauce que d'appétit, Quand on a faim, on trouve bon tout ce qu'on mange. Prov. et fig., La sauce vaut mieux que le poisson, L'accessoire vaut mieux que le principal, les accompagnements valent mieux que la chose même. On dit à peu près dans le même sens : La sauce fait passer le poisson. Gâte-sauce. Voyez ce mot à son rang alphabétique.

SAUCE désigne, en termes de Beaux-Arts, un Crayon noir très friable, dont on se sert pour dessiner à l'estompe.

Littré (1872-1877)

SAUCE (sô-s') s. f.
  • 1Assaisonnement liquide où il entre du sel et des épices. Après cela, Quanto [Mme de Montespan] voulut manger, elle donna une pièce de quatre pistoles pour acheter ce qu'il fallait pour faire une sauce qu'elle fit elle-même, et qu'elle mangea avec un appétit admirable, Sévigné, 269. Quand on parle de sauce, il faut qu'on y raffine, Boileau, Sat. III. Le plus exquis de tous leurs mets [des Lacédémoniens] était ce qu'ils appelaient la sauce noire ; et les vieillards la préféraient à tout ce qu'on leur servait sur la table, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. II, p. 521. De petits oiseaux sur lesquels on jeta une sauce toute chaude, composée de fromage râpé, d'huile, de vinaigre et de silphium, Barthélemy, Anach. ch. 25. Vous ne trouvez le laurier bon Que pour la sauce et le jambon, Béranger, Gourm.

    Sauce douce, sauce faite avec du sucre et du vinaigre ou du vin.

    Sauce courte, sauce peu abondante.

    Cette sauce n'est pas faite, n'est pas assez faite, elle n'a pas assez bouilli, n'est pas assez liée.

    Sauce blanche, voy. BLANC 1.

    Sauce verte, sauce faite avec du blé vert, avec du jus d'herbes crues (suivant l'Académie, voy. à REMOULADE une autre sauce verte). Pour une sauce verte avec de l'échalote, Et tels ingrédients fins, vifs et délicats, Du Cerceau, Poésies, la Ravigote.

    Sauce-Robert, sauce où les oignons dominent ; ils sont revenus jusqu'à la couleur blonde, ensuite on y ajoute du bouillon, du jus et de la moutarde au moment de servir. Boucingo, dès son âge tendre, Posséda la sauce à Robert, Avant même qu'il pût apprendre Ni son Ave ni son Pater, Chapelle, Chanson sur Boucingo.

    Sauce piquante, sauce faite avec du vinaigre, du thym, du laurier, ail et échalote, mouillée avec du bouillon, réduite à moitié et un peu épaissie avec du beurre manié d'un peu de farine.

    Sauce à ou au pauvre homme, sauce froide, faite avec de l'eau, du sel et de la ciboule.

    Familièrement. Donner ordre aux sauces, aller dans la cuisine, prendre soin que tout soit bien apprêté pour le repas.

    En termes de cuisine, le mot sauce se sous-entend quelquefois : une maître-d'hôtel, une béchamel, pour une sauce à la maître-d'hôtel, à la béchamel.

    Fig. Le prédicateur [le P. Gaillard] reprit son discours avec tant de prospérité, que, mêlant sur la fin Philisbourg, Monseigneur, le bonheur du roi, et les grâces de Dieu sur sa personne et sur tous ses desseins, il fit de tout cela une si bonne sauce, que tout le monde pleurait ; le roi et la cour l'ont loué et admiré, Sévigné, 476.

  • 2 Fig. et familièrement. Accessoire, addition. Dès le jour même, elle [Mme de Bury] entra dans le carrosse de la reine ; cette sauce rend cette place des meilleures, Sévigné, 24 janv. 1680. Mme de Bullion perdit son procès avec toutes les sauces et avec une acclamation générale, Saint-Simon, 55, 175. Je trouvai un homme [Argenson] effarouché du poids des finances, mais bien flatté de la sauce des sceaux, Saint-Simon, 480, 213.

    La sauce vaut mieux que le poisson, l'accessoire vaut mieux que le principal.

    On dit dans le même sens : La sauce fait manger le poisson. Un certain misérable serpent, nommé Magdelain, qui se dit médecin de Montpellier, c'est la sauce sans laquelle le poisson ne se mangerait pas…, Patin, Lett. t. II, p. 424.

  • 3 Fig. et familièrement. Il se dit pour le mode de disposer des personnes ou des choses. Vous me faites trop d'honneur et à mes pauvres lettres ; je suis ravie cependant que vous me trouviez bonne quelquefois à certaines sauces, Sévigné, 23 oct. 1680. On se trouvera toujours fort bien de notre ami [Corbinelli], à quelque sauce qu'on le mette, Sévigné, 20 oct. 1682.

    Vous ne sauriez faire une bonne sauce à cela, mettre une bonne sauce à cela, se dit en parlant d'une affaire, d'une action à laquelle on ne saurait donner une apparence satisfaisante.

    On dit de même : Cela ne vaut rien à quelque sauce qu'on le mette. En apparence, un département fort étendu fut donné à M. de la Force, avec assez d'autorité ; mais, à quelque sauce que cela se pût mettre, ce n'était être, en bon français, qu'intendant des finances un peu renforcé, Saint-Simon, 475, 93.

    On ne sait à quelle sauce le mettre, on ne sait que faire de lui, à quoi l'employer.

    Mettre quelqu'un à toutes sauces, l'employer à toutes sortes de services.

    On dit de même : être bon à toutes sauces.

  • 4 Populairement. Donner une sauce à quelqu'un, faire la sauce à quelqu'un, apprêter une sauce à quelqu'un, le réprimander vertement. Tout vilain cas, dit-elle, est reniable ; Ces serments vains et peu dignes de foi Mériteraient qu'on vous fît votre sauce, La Fontaine, Confid. C'est dans le fond un impie qui, pour faire sa cour aux persécuteurs de France, s'est déchaîné sur nous… M. Allix devrait lui apprêter sa sauce, Bayle, Lett. à Minutoli, 8 juill. 1686.
  • 5Sauce du tabac, eau salée dans laquelle on a mis quelques autres ingrédients et dont on se sert pour la préparation du tabac en poudre.
  • 6 Terme d'orfévrerie. Liqueur pour donner la couleur à l'or.

    Dorure à la sauce, dorure légère obtenue par la simple immersion des objets dans un liquide aurifère.

  • 7 Terme de dessin. Crayon tendre dont on se sert pour estomper.

PROVERBES

Il n'est sauce que d'appétit, la faim est le meilleur assaisonnement.

Il ne sait à quelle sauce manger le poisson, il ne sait comment supporter cette affaire, comment prendre un discours qu'on lui tient, un procédé qu'on a avec lui.

Il a fait la faute, qu'il en boive la sauce, qu'il en subisse les fâcheuses conséquences.

HISTORIQUE

XIIe s. Ki metlera la salce, mult la bevra amere, Th. le mart. 163.

XIIIe s. Ausinc cum fet li bons lechierres Qui des morsiaus est congnoissierres, Et de plusors viandes taste En pot, en rost, en soust, en paste, la Rose, 21822. Male-Bouche soit maleois [maudit] ! Sa langue desloiaus et fausse M'a porchaciée ceste sauce, ib. 3804. Et la terre portant fruit fist Dieux revenir à sause [salsuginem], Psautier, f° 134.

XIVe s. En yver toutes saulces doivent estre plus fortes qu'en esté, Ménagier, II, 5. Une sausse blanche de poisson, ib. II, 4. Les quatre piez et les orilles et le groing, en souz de perresil et d'espices detrempé de vin aigre, Bibl. des ch. 5e série, t. I, p. 217.

XVIe s. À chair de loup sauce de chien, Cotgrave Robert, cestuy fut inventeur de la saulse Robert, tant salubre et necessaire aux connils roustiz, canars, porc frais, œufz pochez, merluz sallez, et mille autres telles viandes, Rabelais, IV, 40. Pantagruel leur donna… un mortier à piler la saulse… et [Anarche] fut aussi gentil crieur de saulse verte qui fut oncques veu en Utopie, Rabelais, II, 32. Ainsi est de tous homes : en quelle sausse qu'ils soient acoustrez, soit de la messe ou de l'evangile, ils demeurent tousjours hommes, Bonivard, Noblesse, p. 319.

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Étymologie de « sauce »

Provenç. espagn. et ital. salsa ; du lat. salsus, salé, de sal (voy. SEL) : salsa aqua, eau salée.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Du latin salsa (« chose salée »), féminin substantivé de salsus (« salé ») qui a donné salce en ancien français et saulce, saulse ou sause en moyen français.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « sauce »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
sauce sos

Citations contenant le mot « sauce »

  • Chair de loup, sauce de chien. De Proverbe français
  • La sauce vaut mieux que le poisson. De Proverbe français
  • Un homme qui a faim n'examine pas la sauce. De Socrate
  • Un cannibale est un homme qui aime son prochain avec de la sauce. De Jean Rigaux
  • Un meurtre sans des ciseaux qui brillent est comme des asperges sans sauce hollandaise. Sans goût. De Alfred Hitchcock
  • L'amour est un plat vite écoeurant, quand le mariage lui sert de sauce. De John Vanbrugh
  • Il faut un peu de savoir, mais ne pas toujours remuer cette sauce. De Jacques Chardonne / Propos comme ça
  • La vertu accouplée à la beauté, c'est le miel servant de sauce au sucre. De William Shakespeare / Comme il vous plaira
  • Le chat est comme la sauce bolognaise, il retombe toujours sur ses pâtes. De Philippe Geluck / Et vous, chat va ?
  • Un sot a beau demeurer des années en contact avec la science, il ne connaîtra pas plus le goût de la science que la cuiller plongée dans la sauce ne connaît le goût de la sauce. De Bouddha / Dhammapada
  • Je pense être en mesure de me soumettre à n’importe quel régime pourvu que l’on me laisse la sauce. De André Lévy / Les Régimes
  • Ajouter de la tomate et de l’origan, ça devient italien ; du vin et de l’estragon, ça devient français ; du citron et de la cannelle, ça devient grec ; de la sauce de soja, ça devient chinois ; ajouter de l’ail, ça devient bon ! De Alice May Brock
  • L’Angleterre a deux sauces et trois cents religions ; la France au contraire, a deux religions, mais plus de trois cents sauces. De Talleyrand
  • Tout l'été, RTL 5Minutes vous propose d'explorer le Luxembourg gourmand à la recherche de produits traditionnels ou originaux, à boire ou à manger. Aujourd'hui la sauce BBQ. , RTL 5minutes - Luxembourg gourmand (5): Les barbecues à la sauce luxembourgeoise
  • Pour faire une sauce de piment il vous faudra : Piment frais Persil/l’ail Oignon Fèfè Sel(facultatif) Huile , Recette du weekend : Sauce de piment - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso
  • La marque Jumbo rappelle le produit Pizzakit 600g, fait-elle savoir dans un communiqué mercredi. Des fragments de métal peuvent être présents dans la sauce tomate, qui représentent un risque pour la santé s’ils sont avalés. sudinfo.be, Du métal dans la sauce tomate : des kits de pizzas rappelés

Images d'illustration du mot « sauce »

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Traductions du mot « sauce »

Langue Traduction
Anglais sauce
Espagnol salsa
Italien salsa
Allemand soße
Chinois
Arabe صلصة
Portugais molho
Russe соус
Japonais ソース
Basque saltsa
Corse salsa
Source : Google Translate API

Synonymes de « sauce »

Source : synonymes de sauce sur lebonsynonyme.fr
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