La langue française

Pluie

Sommaire

  • Définitions du mot pluie
  • Étymologie de « pluie »
  • Phonétique de « pluie »
  • Citations contenant le mot « pluie »
  • Images d'illustration du mot « pluie »
  • Traductions du mot « pluie »
  • Synonymes de « pluie »
  • Antonymes de « pluie »

Définitions du mot pluie

Trésor de la Langue Française informatisé

PLUIE, subst. fém.

A. −
1. La pluie ou de pluie
a) Vapeur d'eau atmosphérique condensée en gouttes qui tombent du ciel sur la terre. Quand la pluie étalant ses immenses traînées D'une vaste prison imite les barreaux (Baudel.,Fl. du Mal, 1857, p.118).Les conceptions actuelles sur la formation de la pluie, qui attribuent un rôle important et même prépondérant à des particules de glace présentes dans les parties supérieures, les plus froides, des nuages qui donnent de la pluie (Maurain,Météor., 1950, p.132).V. flèche1ex. de Guèvremont, intimité ex. de Gracq, pleuvoir ex. de Verlaine:
1. ... la pluie s'était mise à tomber. Ce fut d'abord de larges gouttes mouchetant le sol d'une ondée de gros sous, puis, sans transition, un déluge, un effondrement sur la terre, d'un ciel d'ardoise... Courteline,Train 8 h 47, 1888, 2epart., 1, p.90.
SYNT. Chutes, goutte(s), rideau de pluie; bruit de la pluie; un abri contre la pluie; la pluie cesse, ne cesse de tomber, commence à tomber, crépite, recommence, redouble, ruisselle; il tombe de la pluie, quelques gouttes de pluie, de grosses gouttes de pluie; laisser passer, recevoir la pluie; être, rester à/sous la pluie; s'abriter, se protéger de la pluie; être chargé, mouillé, trempé de pluie; ruisseau, torrent grossi par la pluie, sol lavé par la pluie.
Locutions
Chapeau de pluie; manteau de pluie, pour la pluie. Chapeau, manteau servant à protéger de la pluie. Le chapeau de pluie de l'homme de barre (Hamp,Marée, 1908, p.35).Il a mis son manteau de pluie Parce qu'il pleuvait Et il est parti Sous la pluie (Prévert,Paroles, 1946, p.177).
La pluie tombe à flots, à seaux, à torrents, à verse. La pluie tombe très fort. La pluie tombait à verse. Ceux qui se tenaient dehors avaient ouvert leurs parapluies (Camus,Peste, 1947, p.1294).
Fam. Être ennuyeux comme la pluie. Être très ennuyeux. Oh! il est ennuyeux comme la pluie (...). J'ai voulu causer avec lui (...), mais je l'ai trouvé d'un vaseux (Proust,J. filles en fleurs, 1918, p.562).
[Croyances pop.] Faire tomber, provoquer la pluie. Provoquer la chute de la pluie par des rites magiques ou religieux. Nos anciens pouvaient provoquer la pluie à leur gré. (...) Lorsque la lune des semailles se promenait dans le ciel, ils répandaient le sel, par poignées, sur un grand brasier. La pluie ne tardait pas à tomber, car, de tout temps, le sel attire l'eau (Maran,Batouala, 1921, p.144).Une confrérie des Hopi était chargée officiellement de faire tomber la pluie en célébrant deux fois par an la danse du serpent (Lowie,Anthropol. cult., trad. par E. Métraux, 1936, p.351).Faiseurs de pluie. ,,Sorciers réputés capables d'amener la pluie`` (Tondr. 1982). Prière pour la pluie. Prière adressée à une divinité, à un saint pour obtenir la pluie. Lorsqu'un météorologiste s'est assuré, par une suite d'observations exactes, qu'il doit tomber dans un certain pays tant de pouces d'eau par an, il se met à rire en assistant à des prières publiques pour la pluie (J. de Maistre,Soirées St-Pétersb., t.1, 1821, p.268).
En partic.
Pluie artificielle, provoquée. ,,Pluie déclenchée par l'insémination de particules, généralement de l'iodure d'argent, dans un nuage`` (Hydrol. 1978). Production artificielle de la pluie (Maurain,Météor., 1950, p.134).
Eau de pluie. V. eau I A 2 b et ex. 4.Pluie (p.ell.). De larges flaques de pluie où nous pataugions à l'envi, cependant que nous courbions le front sous la rafale (G. Leroux,Parfum, 1908, p.12).
Hauteur de pluie. V. hauteur I A 1 e météor.
b) État de l'atmosphère où se produisent des précipitations liquides; indice de ces précipitations. Synon. mauvais, sale temps*; temps de chien*.Ciel, nuage(s), temps, vent de pluie; oiseau de (la) pluie; annoncer la pluie. Il y a, pendant la pluie, une certaine obscurité qui allonge tous les objets. Elle cause (...) une sorte de recueillement qui rend l'âme plus sensible (Joubert,Pensées, t.1, 1824, p.335).Tantôt le monsieur, −pardessus jaune et chapeau haut de forme, −mettait le nez dehors; et c'était signe de pluie; tantôt la dame risquait sa jolie robe vert de salade: et c'était signe de beau temps (Genevoix,Raboliot, 1925, p.127).Ils recevaient (...) l'impression du temps qu'il faisait. Ils avaient la mine réjouie sur la simple visite d'une lumière dorée, tandis que les jours de pluie mettaient un voile épais sur leurs visages et leurs pensées (Camus,Peste, 1947, p.1278).
Expressions
En cas de pluie. Une sangsue dans un bocal devait monter en cas de pluie, se tenir au fond par beau fixe (Flaub.,Bouvard, t.1, 1880, p.34).
Le temps est, se met, reste, tourne à la pluie. Il (...) a fait observer que le temps tournait à la pluie, que nous aurions eu un mauvais jour pour notre excursion (Las Cases,Mémor. Ste-Hélène, t.1, 1823, p.298).
2. Une/des ou la/les pluie(s) (gén. accompagné d'un adj. ou d'un compl. déterminatif). Précipitation liquide (considérée dans son aspect, son abondance, sa localisation, etc.). Calme absolu de cette journée grise. De temps en temps, une pluie fine et chaude descendait à travers l'atmosphère, comme un rideau de gaze légère (Fromentin,Dominique, 1863, p.172).L'automne est extraordinaire et frénétique ici. De grandes pluies qui s'abattent furieuses, inondant tout (Rivière,Corresp.[avec Alain-Fournier], 1907, p.301).V. diluvien B ex. de Camus, eau I A 2 b ex. de Daniel-Rops:
2. C'est la pluie allègre d'avril, Elle est mince, dansante et lâche Comme des perles sur un fil. Noailles,Forces étern., 1920, p.124.
SYNT. Pluie(s) brève, continuelles; pluie(s) abondantes, battante, cinglante, pénétrante, torrentielle(s); pluie douce, froide, glacée, tiède; forte(s), grande(s), grosse, petite pluie(s); dernières, première(s) pluie(s); pluie(s) de mousson(s), d'orage; pluies d'automne, d'été, d'hiver, de printemps.
CLIMATOL., GÉOGR., etc.
Pluie(s) cyclonique(s). Pluie(s) ,,qui accompagnent les dépressions cyclonales [synon. de cyclonique] et sont dues au contact de l'air chaud et de l'air froid`` (Villen. 1974). V. cyclonique ex. de Vidal de La Blache.
Pluie de sang ou pluie rouge. Pluie colorée en rouge par des débris minéraux, etc. Pluies chaudes de six mois, (...) pluies jaunes, rouges parfois, quand le soleil couchant perce leurs nappes épaisses et les poussières brûlantes qu'elles soulèvent du sol (Faure,Espr. formes, 1927, p.85).
Régime des pluies. Modalités des chutes de pluie (en tel lieu). Je doute si, dans quelques années, ce déboisement continu (...) n'amènera pas de profonds changements dans le régime des pluies (Gide,Voy. Congo, 1927, p.732).
Saison, temps des pluies. Période la plus propice aux précipitations liquides (notamment dans les pays chauds). Synon. hivernage.J'étais rassuré, parce que c'était la saison des pluies, et que la pluie calme même les nègres. Quand l'eau fut tombée vingt jours et vingt nuits comme un déluge, il n'y eut plus, pour venir crier (...), que le père d'Ali (Mille,Barnavaux, 1908, p.82).
B. − P. anal.
1. Ce qui (semble) tombe(r) en grande quantité, à la manière de la pluie.
a) [Le compl. désigne un liquide, des objets nombreux, gén. menus, etc.] Pluie de baisers, de cadeaux, de cailloux, de cendres, de confettis, de coups, d'étincelles, de lumière, de pierres, de roses. La lune peignait ses cheveux avec un démêloir d'ébène qui argentait d'une pluie de vers luisants les collines (Bertrand,Gaspard, 1841, p.121).J'attends les larmes. Elles sont pluie où se fond le péril de l'orage, détente de l'orgueil (Saint-Exup.,Citad., 1944, p.643).V. cinglant ex. 1, fer ex. 13, fluée rem. 2 s.v. fluer ex. de Huysmans:
3. Toute une draperie de volubilis pendait de haut, une pluie de clochettes emperlées de rosée et dont les teintes délicates allaient du rose vif au violet... Zola,MmeNeigeon, 1884, p.226.
Locutions
Pluie de crapauds, de grenouilles, de sauterelles. Chute en grand nombre de ces petits animaux, et à laquelle la croyance populaire attribuait une origine extraordinaire. Pluies de crapauds, dont le magique spectacle dut ne pas être d'abord compris par les savants (Lautréam.,Chants Maldoror, 1869, p.274).Un village d'Algérie après une pluie de sauterelles, quelque chose de nu, de dépouillé, de rongé, de criblé (A. Daudet,R. Helmont, 1874, p.96).
Pluie de perles. Succession de notes perlées. Peu ou pas de harpes, pas d'arpèges, pas de «pluie de perles» (P. Lalo,Mus., 1899, p.386).Peu de gens [parmi les pianistes] se donnent la peine de connaître ce jeu lié (...); le virtuose préfère, plus avantageuses sur le public, les pluies de perles (Koechlin,Écrit. fugue, 1933, p.18).
Pluie de soufre. Chute abondante de pollen (provenant de conifères notamment). Léger, il [le pollen] est entraîné par le vent, en masses assez abondantes pour avoir parfois fait croire à des pluies de soufre (Plantefol,Bot. et biol. végét., t.2, 1931, p.263).
Rem. Certains aut. considèrent que cette chute accompagne une pluie réelle (v. Chass. 1970 et Villen. 1974 entre autres).
(Tomber, etc.) en (une) pluie (de). (Tomber) en gouttes, en éléments épars, d'une manière fluide. Du bec de la cornue s'échappe une gerbe d'étincelles qui tombent de tous côtés en une pluie de feu (Ch. Durand, Industr. minér., 1893, p.52).La douche, (...) projection d'eau (...) en jet, en pluie (Macaigne,Précis hyg., 1911, p.172).
b) Spécialement
ASTRON. Pluie d'étoiles filantes. Chute rapide de météorites. Synon. averse, pluie météorique*.V. météorique A 2 a ex. de Poincaré:
4. Sous la pluie des étoiles. «Le 9 octobre 1933, entre 20 et 22 heures, une pluie d'étoiles...» (...). Dans le ciel lumineux, constellé de clous d'or, on apercevait des traits de feu zébrant la nuit, des étoiles qui filaient, filaient... c'était comme la course vertigineuse d'un essaim de lucioles (...). Tous étaient prodigieusement intrigués par le phénomène astronomique, feu d'artifice des astres en folie. (...) −C'est une avalanche de météores, une pluie d'astéroïdes (...) −Faites des voeux... F. Rousselot,De p'tit z'à p'tit , la vie... Chacun la sien!...Nancy, Éd. Arts et Lettres, 1977 [1933], p.207.
INDUSTR. TEXT., vx. ,,Droguet, dont la chaîne était de soie ou de poil, et la trame en partie de fil d'or ou d'argent. Cette étoffe était ainsi nommée à cause de petits points brillants dont elle était parsemée, et qui lui donnaient l'apparence d'une étoffe couverte de rosée. La pluie fut un instant très à la mode pour vêtements d'hommes et de femmes`` (Havard 1890). Le curé était revêtu d'une magnifique chasuble d'étoffe dite pluie d'or (Ségur,Auberge ange gard., 1863, p.343).
MYTHOL. GR. [P. réf. à Zeus qui séduisit Danaé en s'introduisant, sous forme de pluie d'or, dans la chambre où son père l'avait enfermée] Pluie d'or. Abondance de libéralités, de largesses utilisées pour séduire quelqu'un. L'homme ne faisoit qu'imiter les actions du dieu. Jupiter a séduit une femme en se changeant en pluie d'or, pourquoi moi chétif mortel n'en ferai-je pas autant? (Chateaubr.,Ét. ou Disc. hist., t.3, 1831, p.44).La Danaé de la Galerie Borghèse (...) regarde d'un air de curieuse surprise la pluie blonde tomber sur son lit, sans se douter que cet or est un dieu monnayé (Gautier,Guide Louvre, 1872, p.247).
PYROTECHNIE. Pluie de feu (ou parfois dans la lang. cour. pluie d'or, etc.). Retombée d'une multitude d'étincelles diversement colorées. Nous annonçons à grand tapage [dit un conseiller de théâtre] que nous tenons débit d'idéal, de choses merveilleuses et inouïes (...). Nous promettons (...) des trucs inimaginables et impossibles, des pluies d'or, des pluies de feu (Veuillot,Odeurs de Paris, 1866, p.142).Des fusées pétillèrent, (...) versant des pluies d'étoiles et d'or; deux dragons en pyrotechnie (...) se tordirent en vomissant des roses (Bourges,Crépusc. dieux, 1884, p.9).
2. Ce qui évoque la pluie par son aspect, sa couleur. Sa robe de jais, tremblante pluie noire (Morand,Ouv. la nuit, 1922, p.159).
Loc. adj. De pluie. D'une nuance qui évoque celle de la pluie, gris argenté ou gris-bleu. Le regard de soleil et de pluie de certaine Marchande de crevettes, de Hogarth (Milosz,Amour. init., 1910, p.168).Les maisons grises, pâles, peintes en blanc, ont les teintes blêmes d'une aube élavée; c'est déjà la couleur de tempête et de pluie [toiles de Simon et de Cottet] (Hourticq,Hist. art, Fr., 1914, p.436).Manteau couleur de crépuscule et de pluie (Colette,Fanal, 1949, p.182).
C. − Au fig.
1. Ce qui est dispensé à profusion (en bien ou en mal). Synon. afflux, débordement.Pluie de conseils, d'éloges, d'injures. Les explosions de rires étouffaient ma voix, et une pluie de quolibets venait m'assaillir de tous les côtés (Reybaud,J. Paturot, 1842, p.364).Les ordres religieux français se sont répandus en nombre infini sur la rive gauche du Rhin. C'est une véritable pluie bienfaisante qui remplit d'allégresse les protestants eux-mêmes (Barrès,Génie Rhin, 1921, p.136).Des essais sans nombre, des déboires innombrables et une pluie de procès (P. Rousseau,Hist. techn. et invent., 1967, p.351).
2. Ce qui frappe par son caractère inéluctable, ennuyeux, pénible. C'était alors, sur son coeur, comme une pluie de chagrin, une inondation de désespoir qui tombait avec les ténèbres, le noyait (Maupass.,Contes et nouv., t.2, M. Parent, 1886, p.611).Sans cesse cette pluie à l'âme, ce brouillard Qui se condense et fond en bruines accrues; Comme on a mal à l'âme, et comme il se fait tard! Et l'âme écoute au loin pleuviner dans ses rues (Rodenbach,Règne sil., 1891, p.179).Déjà derrière moi, que de plantes brisées, que de rosées devenues pluies, que de voluptés inassouvies, que d'amers désespoirs! (Martin du G.,Thib., Cah. gris, 1922, p.621).
3. Ce qui apporte un regain de vie, la détente morale, etc. L'autre fois, je n'avais pas senti si voluptueusement la douceur du jour qui tombe des vitraux... C'est comme une pluie tiède qui descend jusqu'au fond de l'âme, une pluie de paix, d'oubli (Farrère,Homme qui assass., 1907, p.324).Au lieu de me répandre en pluie de mansuétude sur les tristesses des autres, je me renferme en moi-même (Miomandre,Écrit sur eau, 1908, p.72).Ce rire généreux qu'elle avait, cette pluie de gaîté tendre, dégonflait ma mauvaise humeur (Gracq,Syrtes, 1951, p.86).
4.
a) Proverbes
Pluie du matin n'arrête/n'effraie pas le pèlerin. ,,Une difficulté initiale ne décourage pas l'homme d'entreprise`` (Rey-Chantr. Expr. 1979).
Après la pluie, le beau temps. Les satisfactions, la gaieté finissent par remplacer les désagréments, la tristesse. Parmi les poésies d'Orient, qu'il recopie (...), il en est une (...) qui chante l'éternelle attente du bonheur, qui viendra demain. C'est comme une variation sur le thème du vieux proverbe: − «Après la pluie, le beau temps!» (Rolland,Beethoven, t.1, 1937, p.113).
Petite pluie abat grand vent. V. grand II C 3.
b) Locutions
[P. réf. à Gribouille, personnage rendu particulièrement célèbre par la comtesse de Ségur] Se cacher, se jeter, se mettre à/dans l'eau de/par peur de la pluie. Se précipiter dans un mal plus grand en voulant éviter un moindre mal. Ce sont d'autres mots qui établissent que l'on a échappé aux mots. D'où vient qu'un poème surréaliste s'imite plus aisément qu'un sonnet. L'écrivain de terreur, en cette aventure, fait étrangement songer à Gribouille, qui se jette à l'eau pour éviter la pluie (Paulhan,Fleurs Tarbes, 1941, p.145).
Fam. Ne pas être né/tombé de la dernière pluie. Ne pas manquer d'expérience, être averti. Tu crois qu'il te suffit de me faire ton petit sourire tout gris comme tu m'as fait? Je vois clair. Je ne suis pas tombé de la dernière pluie (Giono,Femme boulanger, 1943, i, 1, p.206).Tomber de la dernière pluie. Être naïf. Tu me crois tombée de la dernière pluie, mon garçon. Je veux la recette sans frais (Vialar,Zingari, 1959, p.68).
Faire la pluie et le beau temps. V. beau I A 2 a loc. fig.
Parler de la pluie et du beau temps. V. beau, ibid.
REM. 1
Pluité, -ée, adj.,hapax. Qui évoque la pluie (v. notamment supra B 1 a loc. pluie de perles). Telle en accords plaqués [sur l'orgue], telle en gamme pluitée, En nappes d'ondoiements sonores et pourprés, La belle créature [une femme évoquée musicalement] est, au-dessus des prés, Égrenée, émiettée, éparse, ébruitée (Montesquiou,Hort. bleus, 1896, p.182).
2.
Pluviette, subst. fém.Petite pluie. Il est tombé une légère pluviette (Amiel,Journal, 1866, p.333).
3.
Pluvio-, élém. formanttiré du lat. pluvia «pluie», entrant dans la constr. de divers termes sc. V. pluviomètre, pluviométrie, pluviométrique (dér. s.v. pluviomètre), pluvio-neigeux (rem. s.v. pluvio-nival), pluvio-nival et aussi:
Pluvio-orageux, -euse, adj.Relatif aux pluies et aux orages. La surveillance de l'atmosphère par radar (détection des phénomènes pluvio-orageux dans un rayon de 300kilomètres) (Spectacle du monde, sept. 1980, p.88, col. 1).
Prononc. et Orth.: [plɥi]. Ac. 1694, 1718: pluye; dep. 1740: pluie. Étymol. et Hist. 1. Ca 1100 «eau qui tombe des nuages» (Roland, éd. J. Bédier, 981); 2. 1550 fig. et poét. en parlant des larmes (Ronsard, Odes, II, III, 17, éd. P. Laumonier, I, 180); 3. 1552 myth. en pluye d'or allusion à la fable de Danae séduite par Jupiter transformé en pluie d'or (Id., Amours, XX, 16, IV, 23); 4. 1555 «certaines choses qui semblent tomber du ciel en grande quantité» pluie d'oeillets et de lys (Id., Les Hymnes, Epitaphe de Loyse de Mailly, 116, VIII, 234); 5. 1688 pluie de sang «chute de poussières mélangées d'un grand nombre d'organismes microscopiques» (Rich.); 6. a) 1690 pluie de feu «chute d'un grand nombre d'étincelles produites par une certaine composition de matières inflammables» (Fur.); b) 1765 id. «fusée volante qui contient un mélange de soufre, de salpêtre et de poudre» (Encyclop. t.12). Du lat. pop. *ploia, issu d'un type *plovia (d'où les formes ploige, pleuge répandues au Moy. Âge et encore dans les patois du wallon au francoprov.; cf. encore roum. ploaie, ital. pioggia, cat. ploya) lui-même altér. d'apr. plovere (v. pleuvoir) de pluvia «pluie» (d'où esp. lluvia et port. chuva), adj. fém. subst. de pluvius «de pluie», dér. de pluere «pleuvoir». Fréq. abs. littér.: 6777. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 7290, b) 11749; xxes.: a) 12164, b) 8989. Bbg. Mantha (S.), Mel'c̆uk (I.). Phénomènes atmosphériques dans le DECFC. R. québéc. Ling. 1984, t.13, no2, pp.287-295. _ Quem. DDL t.14, 16, 22, 25.

Wiktionnaire

Nom commun

pluie \plɥi\ féminin

  1. Ensemble de gouttes d’eau dues à la condensation de la vapeur d’eau de l’atmosphère, qui tombent du ciel sur la terre.
    • La condensation des vapeurs ou nuages donne lieu à la pluie ou à la neige, suivant les températures. — (Frère Ogérien, Histoire naturelle du Jura – Tome 1 : Géologie, 1er fasc., 1865, p. 112)
    • […] ; les pluies y sont bien plus fréquentes que dans le reste de l’île, et ce sont des pluies diluviennes qui tombent sans trêve pendant deux ou trois jours. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 47)
    • L’atmosphère avait été lourde pendant toute la journée, et le soir un orage terrible se déclara. Les coups de tonnerre se succédaient sans interruption ; la pluie tombait, torrentielle. — (Octave Mirbeau, La Chambre close, Ernest Flammarion, Paris, 1920)
    • Les Aztèques éventraient couramment, qu’on raconte, dans leurs temples du soleil, quatre-vingt mille croyants par semaine, les offrant ainsi au Dieu des nuages, afin qu’il leur envoie la pluie. — (Louis-Ferdinand Céline [Louis Ferdinand Destouches], Voyage au bout de la nuit, Denoël et Steele, Paris, 1932)
    • Une petite pluie froide faisait furtivement briller la couverture d’un appentis et tinter sur le zinc, à de rares intervalles, de pesantes gouttes d’eau qui s’échappaient d’une chanlatte percée. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • Une petite pluie mince et tenace dégoulinait sans arrêt depuis la veille et les passants, recroquevillés sous leurs riflards, les yeux rivés sur le pavé en larmes, glissant peureusement parmi les files des voitures serrées, lui fournissaient l’impression vague de spectres titubants. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 9)
  2. (Par analogie) Tout ce qui semble tomber du ciel comme la pluie.
    • Il y avait deux longues heures que nous marchions, dans les champs, sous le soleil qui tombait du ciel comme une pluie de feu ; […]. — (Octave Mirbeau, Le Père Nicolas, dans Lettres de ma chaumière, 1885)
    • C’est alors qu’une pluie de lacrymogènes s’est abattue sur la place, faisant suffoquer tout le quartier, y compris les clients des restaurants et des hôtels de luxe, ainsi que les passagers du métro, évacué en urgence. — (Aline Leclerc, « Gilets jaunes » : et les Champs-Elysées se couvrirent de gaz lacrymogènes…, Le Monde. Mis en ligne le 24 novembre 2018)
    • Une pluie d’étoiles filantes.
    • Dans le voisinage des volcans, il se produit parfois des pluies de cendres et de soufre.
  3. (Figuré) Chose qui arrive en abondance.
    • Quoiqu'un peu gêné par cette pluie de compliments dont j'étais le seul à connaître le caractère fallacieux, je jouai la comédie de l'élève studieux qui trompe son monde ([…]) mais qu'il convient de ne pas juger […]. — (Robert Ichah, Juif malgré lui: 1940-44, la guerre d'un gamin de banlieue : récit, Éditions Romillat, 2000, p. 203)
    • Qu’es-tu devenue maintenant
      Sous cette pluie de fer
      De feu d’acier de sang
      — (Jacques Prévert, Paroles : Barbara, 1946)
  4. (Feux d’artifice) Chute d’un grand nombre d’étincelles produites par une certaine composition de matières inflammables.
    • Pluies de feu.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PLUIE. n. f.
Eau produite par la condensation des nuages, qui tombe de l'atmosphère en gouttes sur la terre. Grosse pluie. Pluie fine. Pluie chaude. Pluie froide. Pluie d'orage. Il tombe de la pluie. Il tombe quelques gouttes de pluie, de grosses gouttes de pluie. Se mettre à couvert de la pluie. Laisser passer la pluie. Un jour de pluie. Un vent qui amène la pluie. Un brouillard qui se résout en pluie. La pluie l'a mouillé, l'a transpercé jusqu'aux os. Un manteau de pluie. Les prés demandent de la pluie. Recueillir les eaux de pluie dans des citernes. La saison des pluies. Les pluies continuelles ont raviné les chemins. Fig. et fam., Ennuyeux comme la pluie, Très ennuyeux. Fig., Parler de la pluie et du beau temps, S'entretenir de choses indifférentes. Fig., Faire la pluie et le beau temps, Disposer de tout, régler tout, par son crédit par son influence. Il est le maître dans cette maison, il y fait la pluie et le beau temps. Ce favori fait la pluie et le beau temps. Fig., Se jeter, se cacher dans l'eau de peur de la pluie, Pour éviter un inconvénient, se jeter dans un inconvénient encore plus grand. Prov., Après la pluie, le beau temps, Souvent, après un temps fâcheux, Il en vient un meilleur. Il s'emploie aussi figurément et signifie : La joie succède souvent à la tristesse. Prov., Petite pluie abat grand vent, Ordinairement le vent s'apaise lorsqu'il vient à pleuvoir. Il s'emploie aussi figurément et signifie : Il faut quelquefois peu de chose pour faire cesser une grande querelle.

PLUIE se dit aussi de Certaines choses qui tombent ou qui semblent tomber du ciel comme la pluie. Dans le voisinage des volcans, il se produit parfois des pluies de cendres et de soufre. Les pluies de pierres ont passé longtemps pour fabuleuses. Fig., Une pluie d'or, De grandes libéralités, de grandes largesses répandues sur quelqu'un. On a fait tomber une pluie d'or sur cet homme, sur cette famille. En termes d'Artificier, Pluies de feu, Chute d'un grand nombre d'étincelles produites par une certaine composition de matières inflammables.

Littré (1872-1877)

PLUIE (pluî) s. f.
  • 1Eau qui tombe par gouttes de l'atmosphère. Le temps est à la pluie. Je vois de loin venir la pluie ; Le ciel est noir de bout en bout, Saint-Amant, la Pluie. Il part tout morfondu, Sèche le mieux qu'il peut son corps chargé de pluie, La Fontaine, Fabl. IX, 2. Nous avons eu ici des pluies continuelles, et, au lieu de dire après la pluie vient le beau temps, nous disons, après la pluie vient la pluie, Sévigné, 60. Il n'y a point de mémoire d'homme d'un temps si beau et si persévérant : on a oublié la pluie ; quelques vieillards disent qu'ils en ont vu autrefois, mais on ne les croit pas, Sévigné, 12 oct. 1677. Ou quelque longue pluie, inondant vos vallons, A-, t-elle fait couler vos vins et vos melons ? Boileau, Sat. III. Les cieux par lui fermés et devenus d'airain, Et la terre trois ans sans pluie et sans rosée, Racine, Athal I 1. Les Américains croyaient que la pluie venait de ce qu'une jeune fille qui était dans les nues jouant avec son petit frère, il lui cassait sa cruche pleine d'eau, Fontenelle, Orig. fabl. t. III, p. 288, dans POUGENS. La quantité de pluie qui tombe à Rome est de trente pouces et demi ; à Paris il est rare qu'elle aille à vingt, Duclos, Œuv. t. VII, p. 26.

    Fig. Parler de la pluie et du beau temps, parler de choses indifférentes. Si l'on dit que nous parlons dans nos lettres de la pluie et du beau temps, on aura raison : j'en ai fait d'abord un assez grand chapitre, Sévigné, 45. Je vis le duc d'Orléans moins assiduement, sans que lui et moi nous parlassions plus que des choses courantes, publiques, indifférentes, en un mot de ce qui s'appelle la pluie et le beau temps, Saint-Simon, 395, 129. Je ne serais point embarrassé à entretenir une autre sur le beau temps et sur la pluie, Fontenelle, Lett. gal. 24.

    Fig. Faire la pluie et le beau temps, disposer de tout, être le maître. Dès que je me vis aimé de ma maîtresse et considéré des domestiques comme celui qui faisait la pluie et le beau temps, Lesage, Guzm. d'Alf. VI, 8. Je crois que M. le cardinal de Bernis finira par être archevêque ; mais d'Alembert doute qu'ayant fait les Quatre Saisons, il fasse encore la pluie et le beau temps, Voltaire, Lett. Richelieu, 24 janv. 1764.

    Se mettre, se jeter, se cacher dans l'eau de peur de la pluie, se dit de ceux qui, pour éviter un inconvénient, s'exposent à un autre encore plus grand. C'est ce qui s'appelle se mettre dans l'eau de peur de la pluie, Sévigné, 232. Je crains qu'il n'ait fait comme Gribouille, qui se mettait dans l'eau de peur de la pluie, Grimm, Corresp. t. IV, p. 205.

    Fig. Sans te piquer d'honneur, crois qu'il n'est que de prendre, Et que tenir vaut mieux mille fois que d'attendre ; Cette pluie est fort douce, et, quand j'en vois pleuvoir, J'ouvrirais jusqu'au cœur pour la mieux recevoir, Corneille, le Ment. IV, 6. Et le jeu… je suis assurée que cela passe la dépense ordinaire ; nous connaissons ces petites pluies qui mouillent fort bien, Sévigné, 11 sept. 1680. Prenez garde que votre paresse ne vous fasse perdre votre argent au jeu : ces petites pertes fréquentes sont de petites pluies qui gâtent bien les chemins, Sévigné, 23 mars 1671.

    Ennuyeux comme la pluie, très ennuyeux

  • 2 Fig. La pluie, quelque chose de malheureux, de pénible. Et ne m'ont les destins, à mon dam trop constants, Jamais après la pluie envoyé le beau temps, Régnier, Sat. X. Ces jours mêlés de plaisirs et de peines, Mêlés de pluie et de soleil, Béranger, Mon hab.
  • 3Il se dit de ce qui tombe en très grande quantité. Les pluies de pierres ont longtemps passé pour fabuleuses. Nous en sortîmes avec une pluie de pièces de quatre sous, Sévigné, 363.
  • 4 Terme de mythologie. La pluie d'or, forme sous laquelle Jupiter pénétra dans la tour où Danaé était renfermée.

    Fig. Une pluie d'or, de très grandes largesses. Celle [la place] de Danaé [Mlle de Fontanges] est une autre merveille ; il est vrai que la pluie d'or est fort abondante ; nulle de ses sœurs n'approche de sa beauté ; mais les établissements n'en seront pas médiocres, Sévigné, 437. Si leur bonne intelligence eût duré, il serait tombé sur nous une pluie d'or, Lesage, Guzm. d'Alf. VI, 6.

  • 5 Terme d'artificier. Une pluie de feu, une masse d'étincelles qui tombent des airs.
  • 6 Les autres fonds [des éventails], qu'on appelle des pluies, se font avec de la poudre d'or ou d'argent faux, Dict. des arts et mét. Éventailliste.
  • 7Pluie d'or et pluie d'argent, noms marchands de deux coquilles univalves.

PROVERBES

Petite pluie abat grand vent, il faut quelquefois peu de chose pour faire cesser une grande querelle. Cette petite pluie fit tomber le vent qui commençait à se lever dans la grand'chambre, Retz, Mém. t. II, liv. III, p. 184, dans POUGENS.

Il est à couvert de la pluie, il s'est mis à l'abri de la pluie, se dit de quelqu'un qui a amassé du bien et qui est arrivé à une bonne place.

À la bonne heure nous a pris la pluie, expression satisfaite de gens qui, menacés de l'orage, ont eu le temps de rentrer au logis, et, figurément, de gens qui ont échappé à quelque péril ou inconvénient.

Rosée de mai et pluie d'avril valent mieux que le chariot du roi David, c'est-à-dire il vaut mieux qu'il y ait des pluies et des rosées en mai que si la constellation de la grande Ourse était brillante et par conséquent le temps sec.

Après la pluie le beau temps, c'est-à-dire la joie succède à la douleur, aux ennuis.

HISTORIQUE

XIe s. Pluie n'i chet, rosée n'i adeise, Ch. de Rol. LXXVI.

XIIIe s. Car si l'avoit ateinte et la pluie et la bise… , Berte, XXX. Dont leva une pleuve, si prist à espessier, Ch. d'Ant. v. 609.

XIVe s. Qui veut avoir le nom des bons et des vaillans, Il doit aler souvent à la pluie et aux champs, Guesclin. 10711.

XVe s. Mais tu scez bien que fort venter Chiet [tombe] souvent par une pluiete, Mir. de Ste Genev. Se nous estions à la pluye, Nous serions bien pirement, Basselin, Vau de Vire, 46.

XVIe s. Il tomba une fort grosse pluye qui dura toute la nuict, Amyot, Sylla, 76. Oiseau qui au nid se retire, Et cil qui ses plumes attire, Ou se mouille, ou bien fort crie, La pluie est près, quoi que l'on die ; Ou si les vers de terre sortent, Ou saleures humeurs rapportent, Leroux de Lincy, Prov. t. I, p. 116.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

PLUIE, s. f. (Physiq.) amas de petites gouttes d’eau, qui tombent en différens tems de l’atmosphere sur notre globe, la pluie vient le plus souvent des nuées, dont les particules aqueuses, tant qu’elles sont séparées les unes des autres, demeurent suspendues en l’air. Mais lorsque ces particules s’approchent davantage, ensorte qu’elles puissent s’attirer mutuellement ; elles se joignent & forment une petite goutte, laquelle commence à tomber, dès qu’elle est devenue plus pesante que l’air. Cette petite goutte rencontrant dans sa chûte un plus grand nombre de particules, ou d’autres petites gouttes d’eau qui sont aussi suspendues plus bas dans l’air ; elle se réunit encore avec elles & augmente en grosseur, jusqu’à ce qu’elle acquierre celle que nous lui remarquons, lorsqu’elle tombe sur notre globe.

Nous disons que la pluie vient le plus souvent des nuées ; car il pleut aussi en été, quoiqu’il ne paroisse en l’air aucun nuage. Mais cette pluie n’est pas abondante, & elle ne tombe qu’après une chaleur excessive & presque étouffante, laquelle est suivie d’un grand calme qui dure quelque tems. Cette grande chaleur fait alors monter plus de vapeurs, que l’air n’en peut contenir & soutenir ; de sorte que ces vapeurs s’étant un peu refroidies se réunissent d’abord, & retombent ensuite, après s’être changées en gouttes, si toute la nuée se charge par-tout également, mais lentement, ensorte que les particules de vapeur se réunissent insensiblement, elles forment de très petites gouttes, dont la pesanteur spécifique n’est presque pas différente de celle de l’air. Ces petites gouttes ne tombent alors que fort lentement & forment une bruine. Voyez Bruine.

Diverses causes font retomber sur la terre les vapeurs, voici les principales ; 1°. toutes les fois que la densité, & par conséquent la pesanteur spécifique de l’air se trouve diminuée par quelque cause que ce soit, les exhalaisons, qui étoient auparavant en équilibre avec l’air, perdent cet équilibre & s’affaissent par l’excès de leur pesanteur. 2°. Lorsque les exhalaisons, qui ont été fort rarefiées & élevées par le feu viennent à se refroidir, elles se condensent, elles deviennent plus compactes, & par conséquent plus pesantes que l’air. 3°. Les corps qui se sont élevés en l’air à l’aide du feu, ou de quelqu’autre cause doivent aussi retomber ; lorsqu’ils ont perdu tout leur mouvement, tant par leur propre poids, que par la résistance de l’air. 4°. Lorsque plusieurs parties élevées dans l’air sont poussées les unes contre les autres par des vents contraires, ou qu’elles se trouvent comprimées par des vents qui soufflent contre des montagnes ou autres éminences ; elles se réunissent & acquierent par-là une pesanteur spécifique beaucoup plus grande qui les fait retomber. 5°. Il y a certaines exhalaisons qui sont de telle nature, que lorsqu’elles viennent à se rencontrer, elles fermentent ensemble, d’où il arrive que quelques-unes se précipitent. 6°. Il pleut, lorsque les exhalaisons sont poussées en-bas par des vents, en même tems que l’air dans lequel elles étoient suspendues. 7°. Lorsque les vents soufflent dans une direction horisontale, & qu’ils chassent l’air de l’endroit au-dessus duquel les vapeurs sont suspendues ; car alors il faut que la partie supérieure de l’atmosphere tombe par son poids avec tout ce qui s’y trouve, & qu’elle remplisse la place inférieure que l’air vient de quitter. 8°. Lorsque le soleil se leve, il darde sur notre globe ses rayons, qui rencontrent les exhalaisons suspendues dans l’air, & les déterminent à tomber vers la terre ; & comme ces rayons raréfient l’air par leur chaleur, & le rendent par conséquent beaucoup plus léger que les exhalaisons, il faut que le poids de celles-ci l’emporte, & qu’elles se précipitent en traversant l’air. 9°. Enfin, quand il s’éleve dans l’atmosphere plus de vapeurs que l’air n’en peut soutenir, tout ce qu’il y a de superflu retombe aussi-tôt qu’il a perdu le premier mouvement, à l’aide duquel il s’étoit élevé.

Le vent doit tenir le principal rang entre les causes de la pluie ; pour le prouver, aux observations précédentes, ajoutons celles-ci. 1°. Lorsque le vent souffle en-bas & qu’il rencontre en même tems une nuée, il faut qu’il la comprime, qu’il la condense, qu’il la pousse vers la terre, qu’il force ses parties à se réunir, & par conséquent qu’il la change en pluie. 2°. Lorsque le vent rencontrant quelques-nuées de vapeurs qui viennent de la mer, & qui sont suspendues au-dessus, les chasse vers la terre & les pousse contre les hauteurs, les montagnes ou les bois, il les condense & les réduit en pluie. C’est pour cela que les pays de montagnes sont beaucoup plus sujets à la pluie que les pays plats, où les nuées roulent avec bien plus de liberté. 3°. De même que les montagnes rompent les nuées, deux vents qui ont une direction contraire, les poussent aussi les unes contre les autres, & les compriment. 4°. Comme il se forme beaucoup de nuées des vapeurs de la mer, les vents qui viennent de la mer vers notre continent, sont ordinairement accompagnés de pluie ; au lieu que les autres vents qui soufflent sur la terre ferme, n’emportent avec eux que peu de nuées, & ne sont par conséquent pas pluvieux.

La pluie n’est pas une eau pure, mais elle est imprégnée de sels, d’esprits, d’huile, de terre, de métaux, &c. parmi lesquels il se trouve une grande différence, suivant la nature du terrein, d’où partent les exhalaisons, & suivant les saisons ; c’est pour cela que la pluie du printems est bien plus propre à exciter des fermentations, que celle qui tombe en d’autres tems. La pluie qui tombe après une longue & grande sécheresse est beaucoup moins pure, que celle qui suit d’après une autre pluie. M. Boerhaawe a remarqué, que la pluie qui tombe, lorsqu’il fait fort chaud, & beaucoup de vent, est la plus sale & la plus remplie d’ordures, sur-tout dans les villes & dans les lieux bas & puans. Il flotte aussi dans l’air des semences de très-petites plantes, & de petits œufs d’un nombre infini d’insectes qui tombent de l’air à terre en même tems que les pluies. De-là vient qu’on voit croître dans cette eau, non-seulement des plantes vertes, mais qu’on y découvre aussi un nombre prodigieux de petits animaux & de vers, qui la font comme fermenter, & lui communiquent une mauvaise odeur par leur corruption. Puisque la pluie se trouve mêlée avec un si grand nombre de corps étrangers, il n’est pas difficile de comprendre, pourquoi l’eau de pluie conservée dans une bouteille bien fermée, se change bientôt en de petits nuages blanchâtres, qui augmentent insensiblement, qui s’épaississent, & se changent enfin en une humeur visqueuse qui tombe au fond.

Il est rare que les gouttes de pluie aient plus d’un quart de pouce de diametre. On prétend qu’en Afrique, dans la Nigritie, il tombe des gouttes d’eau de la grosseur d’un pouce, & même que dans le Méxique les ondées sont si terribles, que les hommes sont quelquefois écrasés par leur chûte ; mais ces relations sont un peu suspectes.

Les gouttes de pluie tombent quelquefois fort proche les unes des autres, & d’autres fois à une plus grande distance, cela pourroit venir de la densité de la nuée. Lorsqu’une nuée n’est pas dense, & que ses parties se réunissent en gouttes, il faut qu’il y ait un certain espace dans lequel ces parties puissent former une goutte, & alors elles doivent être éloignées les unes des autres en tombant. Si au contraire la nuée est épaisse, il peut tomber beaucoup de parties supérieures immédiatement sur les inférieures, les gouttes se forment beaucoup plus vîte, & sont plus voisines. On peut examiner à cette occasion, pourquoi les gouttes de pluie sont plus grosses en été, mais plus éloignées les unes des autres, & pourquoi elles sont plus petites en hiver, mais moins éloignées. Il est certain, que l’air est plus rarefié en été, & qu’il résiste moins aux corps qui se meuvent à-travers. Les gouttes de pluie peuvent donc être plus grosses, puisqu’elles souffrent moins de résistance dans leur chûte ; mais en hiver, l’air est plus dense, il fait plus de résistance, & désunit par conséquent plutôt les gouttes d’eau.

Lorsque dans le vuide, on laisse tomber une goutte d’eau de la hauteur de quinze piés sur un morceau de papier ou sur une feuille d’arbre, elle fait un grand bruit, sans pourtant rompre la feuille ; mais si cette même goutte tomboit d’une nuée haute de six mille piés, elle auroit vingt fois plus de vitesse, & par conséquent quatre cens fois plus de force ; de sorte qu’elle mettroit en pieces les tendres fleurs & les feuilles des plantes. Heureusement la résistance de l’air empêche la goutte de tomber sur la terre avec tant de rapidité, & elle en diminue d’autant la vitesse, qui n’est alors guere plus grande, que si la goutte étoit tombée de la hauteur de 15 piés.

Si l’on suppose deux gouttes d’eau, dont l’une soit huit fois plus grosse que l’autre, la surface de la petite goutte étant à celle de la grosse comme 1 à 4 & la résistance de l’air contre les corps qui tombent, étant comme la grandeur des surfaces, divisée par les masses, il s’ensuit que la résistance de l’air contre la plus petite goutte est double de la même résistance contre la plus grosse goutte. Si la bruïne étoit composée de petites gouttes, qui fussent cent quinze mille fois plus menues que la grosse goutte, leurs surfaces seroient cinquante fois plus petites, & rencontreroient par conséquent cinquante fois plus de résistance de la part de l’air, ce qui les feroit tomber fort lentement.

Il pleut rarement lorsqu’il fait un gros vent, à-moins que la direction du vent ne soit de haut en-bas. Dans ce cas il peut toujours pleuvoir, car la pluie est poussée par le vent ; mais si le vent a une direction horisontale, & qu’il souffle avec une vitesse qui lui fasse parcourir seize piés en une seconde, il ne tombera pas de pluie, parce que ce vent pousse horisontalement chaque goutte avec beaucoup de rapidité. La quantité de pluie qui tombe dans les différens pays est fort différente, & on en peut apporter différentes causes. Telles sont la proximité ou l’éloignement de la mer, des lacs, des rivieres, la situation des lieux, selon qu’ils sont plus élevés ou plus bas, le voisinage des montagnes, des collines & des bois, qui forment certaines chaînes, dont les unes sont propres à repousser les vents humides, tandis que les autres leur donnent passage, & nous en parlerons plus en détail à la fin de cet article.

Nous tirons divers avantages de la pluie. 1°. Elle humecte & ramollit la terre qui se trouve desséchée, & durcie par la chaleur du soleil : la terre ainsi humectée par la pluie devient fertile ; de sorte qu’on peut y semer des graines que l’humidité fait croître, & qui nous fournissent ensuite toutes sortes de plantes, des herbes. 2°. La pluie lave & purge l’air de toutes les ordures qui pourroient être nuisibles à la respiration ; & c’est pour cela que l’air paroît plus léger après la pluie quand on le respire. 3°. La pluie modere la chaleur de l’air près de notre globe, car elle tombe toujours en été d’une région de l’air plus haute & plus froide, & nous remarquons toujours à l’aide du thermometre, que l’air devient plus froid en été proche de la surface de la terre aussi-tôt qu’il a un peu plu. 4°. Enfin la pluie est la principale cause de toutes les sources, des fontaines & des rivieres ; car ce qui vient de la rosée ou des vapeurs, est très peu de chose en comparaison de la pluie. Article de M. Formey, qui l’a tiré de M. Musschenbrock, Essai de Phys. S. 1547.

Sur les phénomenes de la pluie qui ont rapport au barometre. Voyez Barometre & Tems.

Quant à la quantité de pluie qui tombe, en quelle proportion elle tombe à différens lieux en même tems, & au même endroit en différens tems : on le trouve déterminé par des observations & des journaux exacts, dans les mémoires de l’académie royale des Sciences de Paris, dans les Transactions Philosophiques de Londres, &c.

Pour mesurer la quantité de pluie qui tombe chaque année, il en faut prendre la hauteur comme on le voit pratiqué dans les tables suivantes.

Hauteur de l’eau de pluie tombée en un an en différens lieux.
pouces.
A Townley dans le Lancashire, M. Townley a observé, 42 .
A Upmunster dans le comté d’Essex, M. Derham en a observé, 19 .
A Zurich en Suisse, M. Scheuchzer en a observé, 32 .
A Pise en Italie, M. Mich. Ang. Tilli en a observé, 43 .
A Paris, M. de la Hire en a observé, 19.
A Lille en Flandre, M. de Vauban en a observé, 24.
Quantité de la pluie tombée dans un endroit en plusieurs années, mise en proportion avec ce qu’il en est tombé dans un autre.
A Upminster. A Paris.
  pouces cen-
tiemes
  pouces cen-
tiemes
1700 19 3. 21 38.
1701 18 69. 27 78.
1702 20 38. 17 42.
1703 23 99. 18 51.
1704 15 81. 21 20.
1705 16 93. 14 82.
Quantité de la pluie tombée dans un endroit en différentes saisons, mise en proportion avec ce qu’il en est tombé dans un autre.
1708. A Pise. A Upminst. A Zurich. 1708 A Pise. A Upminst. A Zurich.
  pouces cen-
tiemes
pouces cen-
tiemes
pouces cen-
tiemes
  pouces cen-
tiemes
pouces cen-
tiemes
pouces cen-
tiemes
Janv. 6 41. 2 88. 1 64. Juil. 0 00. 1 11. 3 50.
Fevr. 3 28. 0 46. 1 65. Août. 2 27. 2 94. 3 15.
Mars. 2 65. 2 3. 1 51. Sept. 7 21. 1 46. 3 2.
Avril. 1 25. 0 96. 4 69. Oct. 5 33. 0 23. 2 24.
Mai. 3 33. 0 2. 1 91. Nov. 0 13. 0 86. 0 62.
Juin. 4 90. 2 32. 5 91. Déc. 0 00. 11 97. 2 62.
Dans les
6 mois.
28 82. 10 67. 17 31. Dans les
6 mois.
14 94. 8 57. 15 35.


Ajoutons aux pluies naturelles quelques observations sur certaines pluies tout-à-fait singulieres que l’on a vu tomber, & qui doivent leur origine aux exhalaisons qui se mêlent avec la pluie, & tombent de l’air avec elle. Telles sont, par exemple, les pluies de soufre, celles de sang, ou d’une liqueur rouge comme le sang ; celles de fer, de laine, de pierres, de poissons, de grenouilles, de lait, de chair, de terre, &c.

On peut ajouter divers exemples de pluie de soufre à celui que Moïse nous fournit dans la subversion de Sodôme. Spangenberg rapporte qu’il y eut en 1658, une pluie de soufre qui tomba dans le duché de Mansfeld. Nous apprenons d’Olaüs Wormius qu’il vit tomber en 1646, à Copenhague, une grosse pluie qui sentoit le soufre ; & qu’après que l’eau se fût écoulée, on pouvoit ramasser ce soufre en divers endroits. M. Siegesbeck fait mention dans les mémoires de Breslau, Octobre 1721, d’une pluie de soufre tombée à Brunswick, & qui étoit un vrai soufre minéral. Quelques chimistes nient la possibilité du fait, alléguant pour raison que le soufre a besoin d’une grande quantité de feu, avant que de devenir volatil. Scheuchzer, parlant d’une poudre jaune combustible, qui tomba à Zurich en 1677, soupçonne que ce n’étoit autre chose que la poussiere des fleurs des jeunes pins, que le vent avoit enlevé des arbres d’une forêt voisine. M. Formey.

A l’égard des pluies de sang, on auroit tort d’adopter tous les récits des poëtes, & même des historiens, sur de pareils phénomènes ; mais il y a pourtant des faits de cette nature bien avérés. Du tems de M. de Peirese il tomba en France une pluie rouge, qui jetta une si grande épouvante parmi les paysans, qu’ils abandonnerent les champs pour se sauver dans leurs maisons. Peirese, qui se trouvoit alors à la campagne, rechercha avec soin la cause de ce phénoméne. Il trouva que les gouttes de pluie étoient effectivement de couleur rouge ; mais qu’elles se trouvoient remplies de certains petits insectes rouges, qui voloient dans ce tems-là en grande quantité dans l’air. Cette découverte le porta à conclure que la pluie qui étoit tombée, n’étoit pas une pluie de sang, mais seulement d’eau ; & que sa teinture ne venoit que des petits insectes en question. D’autres physiciens ont fait à-peu-près les mêmes observations ; & toutes ces fameuses pluies de sang dépendent uniquement de pareilles causes naturelles.

Pour les pluies de fer, de laine, &c. on doit regarder presque tout cela comme de pures fictions ; car il est absolument impossible que ces sortes de corps se forment dans l’air, ou s’y soutiennent long-tems. Le vent seul peut quelquefois par sa force enlever de certains lieux, & transporter dans d’autres assez éloignés, des corps qui tombent alors naturellement de l’air ; mais sans y avoir été produits. Par exemple, lorsque ceux qui tondent les brebis viennent à rassembler leur laine, & à l’exposer à terre, un tourbillon peut en enlever quelques flocons en l’air, & les charrier loin de là. De même, un vent orageux élévera fort haut les eaux d’un lac poissonneux, & les brisant ensuite contre les côtes, les digues, les rochers, éparpillera dans l’air de petits poissons, ou des grenouilles, qui après avoir été emportés à quelque distance de-là, retombent enfin à terre ; de sorte qu’on diroit qu’il pleut des poissons ou des grenouilles dans les endroits où cela tombe. On a fort parlé de pluies de pierres, & l’on ne sauroit nier qu’il ne soit effectivement tombé des pierres de l’air ; mais on n’en sauroit conclure qu’elles y ayent été formées : car il arrive dans les tremblemens de terre que le feu souterrain la fait crever avec violence, & qu’il la fait sauter en l’air avec tout ce qui repose sur sa surface. Il en est comme d’un roc sous lequel on à creusé une grande mine, que l’on emplit de poudre canon ; dès qu’on met le feu à cette poudre, on voit sauter le roc avec tout ce qui se trouve dessus, & il retombe ensuite par son propre poids ; mais tout en pieces & en morceaux qui se dispersent çà & là. On ne peut guere rapporter rien de plus remarquable à ce sujet, que la naissance de la nouvelle île de Santorino, qui s’éleva de dessous terre dans l’Archipel en 1707. On entendit d’abord pendant quelques jours un bruit affreux, comme celui du tonnerre ou du canon, & l’on vit continuellement une quantité de pierres ardentes qui sortoient de la mer, & se lançoient en l’air comme des fusées à perte de vûe : ces pierres retomberent ensuite dans la mer à cinq milles de l’endroit d’où elles avoient été jettées. Pendant tout ce tems-là l’air se trouva rempli d’une épaisse vapeur sulfureuse mêlée de cendres ; tout cela formoit un nuage affreux, entremêlé de petites pierres, qui retomberent si drues & en si grande quantité, que tout le pays d’alentour se trouva couvert. Le pere Montfaucon rapporte qu’il arriva quelque chose de semblable en 1538, proche du village de Tripergola en Italie. Cardan nous apprend qu’il tomba dans le voisinage d’Abdua environ 1200 pierres, qui étoient de couleur de fer, lisses & fort dures, & qui sentoient le soufre ; elles tomberent avec un violent tourbillon de vent qui ressembloit à un globe de feu. Une de ces pierres pesoit 120 livres, & une autre 60. On conserve encore aujourd’hui dans la paroisse de d’Ensisheim en Alsace, une pierre de cette nature, qui tomba en 1630. Elle est noirâtre, du poids d’environ 300 livres ; & on peut remarquer que le feu en a détaché tout-au-tour quelques éclats. Toutes ces pluies de pierres ne peuvent se rapporter qu’à la même cause, c’est-à-dire aux tremblemens de terre, qui sont produits par un feu souterrain.

Il tomba dans la partie occidentale de l’Angleterre, au mois de Décembre de l’année 1672, une espece de pluie fort singuliere. Nous avons plusieurs mémoires sur cette pluie dans les Transactions philosophiques.

Lorsque cette pluie touchoit, en tombant, quelque chose d’élevé sur la terre, comme des branches, ou autre chose semblable, aussi-tôt elle se congeloit ; & les petits glacons augmentant sensiblement, devenoient si pesants, qu’ils rompoient & entraînoient avec eux tout ce sur quoi ils étoient attachés. La pluie qui tomboit sur la neige ne s’y enfonçoit point, mais elle se congeloit à sa surface.

Il est presque incroyable quel nombre d’arbres elle a détruits, & si, à ce que rapporte une personne qui étoit sur les lieux, « elle avoit été accompagnée de vent, elle auroit produit des effets terribles.

J’ai pesé, dit cette personne, une branche de frêne qui pesoit exactement trois quarts de livres, la glace qui s’y étoit attachée pesoit seize livres. Quelques-uns furent fort effrayés du bruit qu’ils entendirent dans l’air, & leur terreur ne se dissipa que quand ils apperçurent que ce n’étoit que le fracas des branches glacées qui se heurtoient les unes contre les autres ».

On remarque que pendant cette pluie, il n’y avoit pas de forte gelée sur la terre ; d’où on conclut que la gelée peut être trés-violente & trés-dangereuse sur les sommets de quelques montagnes, & dans quelques plaines, tandis qu’en d’autres endroits elle se tient comme suspendue à la hauteur de 3 ou 4 piés, au-dessus de la superficie de la terre, des rivieres, des lacs, &c. Cette glace a été suivie de grandes chaleurs, & les fleurs & les fruits furent beaucoup plus précoces qu’à l’ordinaire. Chambers.

Pluie prodigieuse, (Histoire.) nous nommons avec les anciens pluies prodigieuses, prodigia, toutes celles qui sont extraordinaires, & qu’ils attribuoient à des causes surnaturelles, parce qu’ils n’en appercevoient point les causes physiques. Leurs historiens parlent de plusieurs sortes de pluies prodigieuses, comme de pluie de pierres, de cendres, de terre, de fer, de briques, de chair, de sang & autres semblables.

La plus ancienne pluie de pierres dont il soit fait mention dans l’histoire romaine, est celle qui arriva sous le regne de Tullus Hostilius, après la ruine d’Albe. Nuntiatum regi, patribusque est, dit Tite-Live, livre I. chap. XXXj. in monte Albano lapidibus pluisse ; quod cum credi vix posset, missis ad id videndum prodigium in conspectu, haud aliter quam cum grandinem venti glomeratam in terras agunt, crebri cæcidere cælo lapides. Et quelques lignes plus bas il ajoute : mansit solemne ut quandocumque idem prodigium nuntiaretur, ferice per novem dies agerentur. Les circonstances rapportées par Tite-Live semblent assurer la vérité de ce fait d’une maniere incontestable ; & il s’est répété tant de fois aux environs du même mont Albanus, qu’il n’est guere possible de le révoquer en doute : il n’est pas même bien difficile d’en déterminer la cause physique, puisque l’on peut supposer avec beaucoup de vraissemblance, qu’il y a eu dans les premiers tems un volcan sur le mont Albanus, & cette conjecture est assez fortement appuyée pour la faire tourner en certitude. On sait que c’est un effet ordinaire aux volcans de jetter des pierres & de la cendre dans l’air, qui retombant ensuite sur terre, peuvent être pris par le peuple grossier, pour une pluie prodigieuse. Quoique le mont Alban ne jettât ordinairement ni flammes ni fumée, le foyer de ce volcan subsistoit toujours, & la fermentation des matieres sulphureuses & métalliques qui y étoient contenues, avoit assez de force pour jetter en l’air des pierres, de la terre & divers autres corps qui retomboient du ciel dans les campagnes voisines.

Le Vésuve & les autres volcans qui en sont proches, causoient un effet tout semblable dans l’Italie inférieure ; mais comme leur embrasement étoit continuel, & ces évacuations assez fréquentes, les peuples qui s’étoient accoutumés à ce spectacle, n’étoient plus effrayés que des évaporations qui vomissoient ces matieres en plus grande quantité, ou qui les poussoient à une plus grande distance.

C’est à cette derniere cause, c’est-à-dire aux embrasemens & aux évacuations du Vésuve, que l’on doit rapporter ces pluies de terre dont il est souvent fait mention dans Tite-Live, & dans la compilation de Julius Obsequens. Caio Martio III. & Tito Manlio Torq. coss. dit-il, lapidibus pluit, & nox visa est interdiu in urbe Româ. Cette pluie de pierres étoit donc accompagnée d’un nuage de cendres assez épais pour cacher la lumiere aux habitans de la ville de Rome.

Dans les embrasemens considérables du Vésuve & du mont Etna, les cendres & les pierres calcinées sont portées à une distance très-considérable. Dion Cassius rapporte que lors du fameux embrasement du Vésuve, arrivé sous l’empereur Vespasien, le vent porta les cendres & la fumée que vomissoit cette montagne, non seulement jusqu’à Rome, mais même jusqu’en Egypte.

La chronique du comte Marcellin observe à l’année 472, c’est-à-dire sous le consulat de Marcien & de Festus, que cette même montagne s’étant embrasée, les cendres qui en sortirent se répandirent par toute l’Europe, & causerent un si grand effroi à Constantinople, que l’on célebroit tous les ans la mémoire de cet événement, par une fête établie le viij. des ides de Novembre.

Dans l’embrasement du mont Etna, arrivé en 1537, & décrit dans la Sicile de Fazelli, & dans le dialogue latin du cardinal Bembo, la cendre fut portée à plus de 200 lieues de la Sicile.

L’histoire romaine n’est pas la seule qui nous fournisse des exemples de pierres tombées du ciel ; on en trouve de semblables dans l’histoire grecque, & même dans les écrits des philosophes les plus exacts. Personne n’ignore que la seconde année de la lxxviij. olympiade, il tomba du ciel en plein jour, une pierre auprès du fleuve Egos dans la Thrace. Pline assure que l’on montroit encore de son tems cette pierre, & qu’elle étoit magnitudine vehis, colore adusto. Cet événement devint si fameux dans la Grece, que l’auteur de la chronique athénienne, publiée par Selden avec les marbres du comte d’Arondel, en a fait mention sur l’article 58, à l’année 1113 de l’ere attique ou de Cécrops.

Cette pierre qui tomba dans la Thrace, étoit apparement poussée par le volcan qui en fit tomber trois autres dans le même pays plusieurs siecles après, c’est-à-dire l’an de J. C. 452, l’année même de la ruine d’Aquilée par Attila. Hoc tempore, dit la chronique du comte Marcellin, tres magni lapides è cælo in Thraciâ cecidere.

On pourroit peut-être attribuer à la même cause la chûte de cette pierre qui tomba du ciel au mois de Janvier 1706, auprès de Larisse en Macédoine ; elle pesoit environ 72 livres, dit Paul Lucas qui étoit alors à Larisse. Elle sentoit le soufre, & avoit assez de l’air de machefer : on l’avoit vu venir du côté du nord avec un grand sifflement, & elle sembloit être au milieu d’un petit nuage qui se fendit avec un très grand bruit lorsqu’elle tomba.

Le fameux Gassendi dont l’exactitude est aussi reconnue que le savoir, rapporte que le 27 Novembre 1627, le ciel étant très-serein, il vit tomber vers les 10 heures du matin, sur le mont Vaisien, entre les villes de Guillaumes & de Peine en Provence, une pierre enflammée qui paroissoit avoir 4 piés de diametre ; elle étoit entourée d’un cercle lumineux de diverses couleurs, à-peu-près comme l’arc-en-ciel : sa chûte fut accompagnée d’un bruit semblable à celui de plusieurs canons que l’on tireroit à la fois. Cette pierre pesoit 59 livres ; elle étoit de couleur obscure & métallique, d’une extrème dureté. La pesanteur étoit à celle du marbre ordinaire, comme 14 à 11. Si l’on examine ces différens exemples, on conviendra qu’il n’y a rien que de naturel dans ces pluies de pierres rapportées dans les anciens.

La pluie de fer qui tomba dans la Lucanie, l’année qui précéda la mort & la défaite de Crassus, fut regardée comme un prodige dans cette province ; & peut être aux environs du Vésuve n’y eût-on fait aucune attention, ces peuples étant accoutumés dans ces cantons à voir souvent tomber des marcassites calcinées, semblables à ce que l’on nomme machefer ; car le fer qui tomba en Lucanie étoit de cette espece : spongiarum ferè similis, dit Pline.

Quelquefois un ouragan a poussé des corps pesans du haut d’une montagne dans la plaine. Telle étoit cette pluie de tuiles ou de briques cuites, qui tomba l’année de la mort de T. Annius Milo, lateribus coctis pluisse.

A l’égard de cette pluie de chair dont Pline parle au même endroit, & qu’il dit être tombée plusieurs fois ; il n’est pas facile de déterminer la nature des corps que l’on prit pour de la chair, n’ayant aucune relation circonstanciée : on peut cependant assurer que ces corps n’étoient pas de la chair, puisque ce qui resta exposé à l’air ne se corrompit pas, comme Pline l’observe au même lieu.

Quant aux pluies de sang, on est aujourd’hui bien convaincu qu’il n’y a jamais eu de pluie de sang ; & que ce phénomène ne vient d’ordinaire que d’une grande quantité de certaines especes de papillons qui ont répandu des gouttes d’un suc rouge sur les endroits où ils ont passé, ou que ce sont seulement de petits pucerons aquatiques qui se multiplient pendant l’été dans les canaux & fossés bourbeux, en si grande quantité qu’ils rendent la surface de l’eau toute rouge. On a bien raison de penser qu’il n’en a pas fallu davantage pour donner lieu au vulgaire ignorant de croire qu’il a plu du sang ; & pour en tirer toutes sortes de présages sinistres. Mais ces généralités quoique très-vraies, ne suffisent pas aux naturalistes ; ils ont examiné tous ces faits attentivement, & ont communiqué au public le détail de leurs découvertes, dont voici le résultat.

Il est très-ordinaire aux mouches, & à toutes sortes de papillons, tant diurnes que nocturnes, qu’après s’être dégagés de leurs enveloppes de nymphes & de chrysalides, & que leurs aîles se sont déployées & affermies, au moment qu’ils se disposent à voler pour la premiere fois, ils jettent par la partie postérieure quantité d’humeurs surabondantes, dont la secrétion s’est faite lorsqu’ils étoient encore en nymphes & en chrysalides. Ces humeurs ne ressemblent en rien aux excrémens de ces insectes ; elles sont de différentes couleurs, & il y en a très-souvent de rouges parmi les papillons diurnes : telles sont, par exemple, celles de la petite chenille épineuse qui vit en société sur l’ortie.

Les chenilles de ces papillons & d’autres, quand elles doivent subir leurs changemens, s’écartent de la plante qu’elles habitent, & se suspendent volontiers aux murailles lorsqu’il y en a dans le voisinage. C’est ce qui a fait qu’on a trouvé contre les murailles ces taches rouges qu’on a prises autrefois pour des gouttes de pluie de sang.

M. de Peirese est, si je ne me trompe, le premier qui s’est donné la peine d’examiner ce phénomène ; & au mois de Juillet de l’an 1608, on assura qu’il étoit tombé une pluie de sang. Ce récit le frappa & l’engagea à ne rien négliger pour l’éclaircissement d’une chose aussi singuliere. Il se fit montrer ces grosses gouttes de sang à la muraille du cimetiere de la grande église d’Aix, & à celle des maisons des bourgeois & des paysans de tout le district, à un mille à la ronde. Il les considéra attentivement ; & après un mûr examen, il conclut que toutes les folies qu’on débitoit de cette pluie de sang, n’étoient qu’une fable. Cependant il n’en avoit point encore découvert la cause ; un hasard le lui fit trouver. Il avoit renfermé dans une boîte une belle & grande chrysalide. Un jour il entendit qu’elle rendoit un son ; il ouvrit la boîte, & il en sortit incontinent un beau papillon qui s’envola, laissant au fond de la boîte une assez grosse goutte rouge.

Il avoit paru dans le commencement du mois de Juillet une grande quantité de ces papillons. D’où M. de Peirese concluoit que ces taches rouges qui paroissoient sur les murailles, n’étoient autre chose que les excrémens de ces insectes. Il fut confirmé dans sa conjecture en examinant les trous dans lesquels ces sortes d’insectes se cachent ordinairement. D’ailleurs il remarqua que les murailles des maisons du milieu de la ville où les papillons ne volent point, n’avoient aucune de ces taches ; on n’en voyoit que sur celles qui tomboient à la campagne, jusqu’où ces insectes pouvoient s’être avancés, Enfin, il n’en remarqua point sur le sommet des maisons, mais seulement depuis les étages du milieu en bas ; ce qui est la hauteur à laquelle ces papillons s’élevent ordinairement. D’autres curieux ont fait depuis les mêmes observations ; entr’autres Becman dans une dissertation de prodig. sang.

Pour ce qui est des pucerons aquatiques qui multiplient dans l’été en si grande quantité, qu’ils rougissent la surface de l’eau, nous renvoyons le lecteur aux ouvrages de Swammerdam qui est entré dans tous les détails de ce phénomene, & qui a observé ces gouttes rouges dans la plûpart des insectes, quand ils se changent en nymphes. (D. J.)

Pluie artificielle, (Hist. des spectacl. de Rome.) les anciens avoient soin de tempérer la chaleur causée par la transpiration & les haleines de l’assemblée nombreuse qui assistoit à leurs spectacles, en faisant tomber sur les spectateurs une espece de pluie, dont ils faisoient monter l’eau jusqu’au-dessus des portiques, & qui retombant en forme de rosée par une infinité de tuyaux cachés dans les statues qui regnoient autour du théâtre, servoit non-seulement a y répandre une fraicheur agréable, mais encore à y exalter les parfums les plus exquis ; car cette pluie étoit toujours d’eau de senteur. Ainsi ces statues, qui sembloient n’être mises au haut des portiques que pour l’ornement, étoient encore une source de délices pour l’assemblée, & enchérissant par leurs influences sur la température des plus beaux jours, mettoient le comble à la magnificence du théâtre, & sevoient de toute maniere à en faire le couronnement. (D. J.)

Pluie, (Critique sacrée.) il est dit dans les actes des Apôtres vj. 3. veniet quasi imber vobis temporaneus & serotinus. Le secours du ciel descendra sur vous, comme la pluie de l’automne & du printems viennent sur la terre. Il y avoit deux sortes de pluies favorables dans la Palestine ; les premieres qui tomboient après les semailles, & qui faisoient que les grains prenoient racine ; les dernieres marquées par le mot serotinus, étoient celles du printems, qui achevoient de murir le grain. pluie au figuré, marque un grand malheur, une grande affliction, erit in absconsionem à turbine & à pluvia, Is. iv 6. Il sera votre retraite pour vous mettre à couvert des tempêtes & des afflictions. Ce mot désigne aussi la manne que Dieu donnoit dans le désert aux Israélites. Ps. lxvij. 10. Enfin dans Joel, ij. 23. il indique l’abondance des bienfaits de Dieu. (D. J.)

Pluie de feu, les Artificiers appellent ainsi une garniture de seules étincelles, dont on remplit un pot pour en faire une pluie de feu. On peut y employer de la scieure de bois tendre & combustible, comme le pin, le laurier, le peuplier, le sureau, &c. qu’on fait bouillir dans de l’eau où l’on a détrempé du salpêtre ; & pendant qu’elle est humide on la mêle avec du poussier qui s’y attache, & l’amorce pour prendre feu dans les pots des fusées.

Pluie de feu, même métier ; on fait des fusées volantes qui en tombant font des petites ondes en l’air, comme des cheveux à demi frisés. On les appelle fusées chevelues ; elles finissent par une espece de pluie de feu, qu’on a appellée pluie d’or, qui se fait de la maniere suivante.

Prenez une partie de soufre, une partie de salpêtre, une partie de poudre ; ou trois parties de soufre, trois de salpêtre, & quatre de poudre ; ou quatre parties de soufre, six de salpêtre, & huit de poudre. Battez fortement les matieres à part ; fondez après ce soufre dans un pot de terre plombé, ou dans un pot de cuivre, ce qui vaut beaucoup mieux ; & après qu’il sera fondu, mettez-y peu-à-peu le salpêtre en brassant toujours, ensuite la poudre, & que ce soit à petit peu ; il faut prendre garde en brassant que le feu n’y prenne. Ces trois matieres étant bien fondues & mélées ensemble, & ne faisant plus qu’un corps, versez-en sur du papier ou sur une planche : cette composition s’endurcira ; & quand vous voudrez faire de la pluie de feu, vous en prendrez, la briserez en petits morceaux, & les mélerez parmi la poudre du petard de votre fusée, & ce sera une pluie de feu.

Pluie, (Manufacture.) espece de droguet dont la chaîne est de soie ou de poil, & la treme en partie d’or ou d’argent. On lui donne le nom de pluie, à cause de petits brillans dont la superficie de cette étoffe est toute parsemée, qui paroissent comme une légere brouine qui y seroit tombée. Diction, de comm. (D. J.)

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Étymologie de « pluie »

Du latin pluvia, de même sens.
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Berry, pleue ; wallon, plaiv, ploiv ; genev. plioge, plioze, pliodze ; picard, pleuve ; bourguig. pleuje ; provenç. pluvia, ploia, plueia ; catal. pluja ; anc. espagn. pluvia ; esp. mod. lluvia ; portug. chuva ; ital. piova, pioggia ; du lat. pluvia (voy. PLEUVOIR).

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Phonétique du mot « pluie »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pluie plµi

Citations contenant le mot « pluie »

  • En fuyant la pluie, on rencontre la grêle. De Proverbe turc
  • Petite pluie abat grand vent : longues beuvettes* rompent le tonnoire**. François Rabelais, Gargantua, 5
  • Petite pluie abat grand vent. De Proverbe français
  • Tonnerre de midi Amène la pluie. De Proverbe français
  • Si tu attires la pluie, étaie les bananiers. De Proverbe kongo
  • Le secours étranger arrive quand la pluie est passée. De Proverbe rwanda
  • Les nuages ne disparaissent pas, ils se transforment en pluie. De Bouddha
  • Une femme sans mari est un champ sans pluie. De Proverbe indien
  • La pluie tombe toujours plus fort sur un toit percé. De Proverbe japonais
  • Les larmes ne sont qu'une pluie soudaine. De Sahar Khalifa / L'Impasse de Bab Essaha
  • Ce qui est mouillé ne craint pas la pluie. De Proverbe grec moderne
  • Âne qui brait sans fin, pluie le lendemain. De Proverbe français
  • Chante la grive, la pluie arrive. De Proverbe français
  • Le vieux jour qui n'a pas de but veut que l'on vive Et que l'on pleure et se plaigne avec sa pluie et son vent. Oscar Vladislas de Lubicz-Milosz, dit O. V. de L. Milosz, Les Sept Solitudes, le Vieux Jour , Jouve
  • La pluie tombe comme nous tombons amoureux : en déjouant les prévisions. De Martin Page / De la pluie
  • Pour ceux qui ne pourront pas profiter de ces conditions, des lives internet existent pour suivre la pluie d’étoiles filantes en direct. Journal L'Union, Une pluie d'étoiles filantes attendue ce mercredi
  • Ce qui a pu intéresser Imamura dans un tel roman fut sans doute qu’un désastre comme Hiroshima n’y était pas ressaisi selon une perspective surplombante (morale ou métaphysique), mais au ras de cette vie biologique qui a toujours passionné le cinéaste : soit la vie quotidienne d’une famille qui en subit les répercussions au plus profond de sa chair, de ses cycles et de son devenir. Du foyer recomposé que forment Yasuko (Yoshiko Tanaka) avec son oncle maternel Shigematsu (Kazuo Kitamura) et sa tante Shigeko (Etsuko Ichihara), les trois membres étaient à l’extérieur le jour fatidique où l’« éclair » blanc a crevé le ciel d’Hiroshima. Tous ont été exposés aux radiations, la jeune nièce ayant même reçu sur le visage une pluie goudronneuse tombée à la suite de l’explosion. Le Monde.fr, Le retour de la « Pluie noire » radioactive et fatidique de Shohei Imamura
  • Une perturbation pluvieuse va concerner les régions de la moitié nord entre samedi et dimanche. Les pluies seront-elles suffisantes pour arroser les sols déjà très asséchés ? Tameteo.com | Meteored, Enfin de la pluie ce week-end : de quoi atténuer la sécheresse ?
  • Cette pluie d'étoiles filantes est, comme chaque année, observable depuis le monde entier, mais elle sera particulièrement visible dans l'hémisphère nord. Pour mieux les apercevoir, la NASA recommande de s'allonger et d'observer entre le zénith et l'horizon, soit à 45 degrés, rappelle RTL. Il faut laisser une trentaine de minutes aux yeux pour s'habituer à l'obscurité. , Une pluie d’étoiles filantes à ne pas rater le 29 juillet - images - Sputnik France
  • Le ciel est gris et une pluie fine tombe sur le Charente ce matin. Une bruine qui amène un peu de fraîcheur bien qu’il fasse déjà chaud, avec 20°C à Angoulême à 8h00. Météo France assure que les éclaircies vont revenir progressivement par l’ouest et que le soleil brillera de nouveau en début d’après-midi, prémisses d’une fin de semaine qui s’annonce caniculaire. Il fera tout de même 27°C à Angoulême et Cognac. Un vent d’ouest soufflera faiblement. CharenteLibre.fr, Météo: de la pluie, des éclaircies et pour finir du soleil - Charente Libre.fr
  • Toutefois, des nuages devraient faire leur apparition en milieu d'après-midi. Des averses de pluie devraient avoir lieu sur l'ensemble du département et des orages sont annoncés dans le sud de la Haute-Loire. www.leveil.fr, Du soleil ainsi que des orages et de la pluie en fin de journée en Haute-Loire - Le Puy-en-Velay (43000)
  • Zurich (awp) - Alors que SIG Combibloc s'est démarqué par des résultats semestriels supérieurs aux attentes, sa nominative était malmenée mardi par les investisseurs en Bourse. C'est que le fabricant d'emballages prévoit la pluie après le beau temps: la constitution de stocks alimentaires au pic de la pandémie se traduira vraisemblablement par une baisse de la demande au second semestre et donc par des recettes amoindries. , Après le beau temps, SIG Combibloc redoute la pluie au deuxième semestre | Zone bourse
  • De faibles pluies sont attendues en Bretagne ce week-end. La région n'a pas été très arrosée depuis le début du mois de juillet mais elle ne souffre pas encore de la sécheresse. France Bleu, Bretagne : pas de sécheresse mais un gros déficit de pluie en juillet

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Traductions du mot « pluie »

Langue Traduction
Anglais rain
Espagnol lluvia
Italien pioggia
Allemand regen
Chinois
Arabe تمطر
Portugais chuva
Russe дождь
Japonais
Basque euri
Corse pioggia
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Synonymes de « pluie »

Source : synonymes de pluie sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « pluie »

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