Saigner : définition de saigner


Saigner : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

SAIGNER, verbe

I. − Empl. intrans.
A. − [Le suj. désigne un être vivant, le corps, l'organe d'où se fait l'écoulement]
1. Perdre du sang. Saigner abondamment, à peine, à flots, de toutes les blessures, sous les coups; blessure, coupure, ulcération qui saigne; lésion indolore qui saigne facilement; (comprimer des varices et les) empêcher de saigner. Dans des glacières hautes comme des armoires, on choisit sa viande, son poisson, depuis la carpe rose et or jusqu'aux sterlets énormes qui saignent vermeil à travers leur chair de marbre (Morand, Bucarest, 1935, p. 125).Si les gencives saignent facilement ceci ne doit pas contre-indiquer l'utilisation d'une brosse dure (Quillet Méd.1965, p. 181).
Saigner comme un bœuf (fam.). Ah çà! docteur, s'écria-t-il, nous ne sommes pas ici pour philosopher. Voilà un homme qui saigne comme un bœuf. Il s'agit d'arrêter l'hémorrhagie (About, Nez notaire, 1862, p. 63).
En partic. Saigner du nez. Avoir une hémorragie nasale. Le malade saigne du nez (...). L'ictère apparaît très tôt (...). L'évolution quoi qu'on fasse se fait rapidement vers la mort en six à huit jours (About, Nez notaire, 1862, p. 150).
2. P. métaph. [Notamment p. réf.]
a)
α) [à la couleur du sang] Éclair qui saigne dans les nuées; nuit qui saigne en raison des éclairs; le crépuscule saigne; les nuages saignent au coucher du soleil; un parterre de géraniums qui saignent; la figue saigne en s'écrasant. C'est une personne blonde (...). Pas ben, ben belle de visage, et pourtant elle fait l'effet d'une image. La peau blanche comme du lait et les joues rouges à en saigner (Guèvremont, Survenant, 1945, p. 237).
β) [à un sang qui s'écoule ou se répand] La vigne saigne. À son tour une orange tombait, longue, lourde orange en forme d'œuf qui s'ouvrait en touchant le sol et saignait de sa chute un sang rosé (Colette, Gigi, 1944, p. 225).
[P. méton. du suj.] Je vois à jamais saigner la guerre au flanc De l'humanité (Hugo, Fin Satan, 1885, p. 788).
γ) [à la blessure dont peut provenir le saignement] Mais l'Église prétendue réformée n'est qu'un membre tranché de l'Église catholique, et l'endroit de la rupture saigne encore (A. France, Orme, 1897, p. 81).
b) [au Christ saignant sur la Croix; p. méton. du suj.] Par les maux qu'il lit en ce lieu, Par la Croix qui saigne et pardonne, Par le haut pouvoir qu'il vous donne, Reine! Priez d'un humble effroi Pour tous les prisonniers du roi! (Desb.-Valm., Élégies, 1859, p. 47).
B. − Au fig.
1. Souffrir. Saigner à la pensée d'(avouer publiquement qqc.), à la vue de (qqc.); saigner de son humiliation. Quelle mère entendrait, sans que tout son cœur saigne, L'enfant que dans l'attente elle a porté neuf mois Lui demander la vie une seconde fois! (A. France, Poés., Noces, 1876, p. 198).J'ai commencé par saigner douloureusement, puis le mépris guérisseur est venu (Bloy, Journal, 1900, p. 12).
Saigner dans (son amour de). Plus je crois qu'une erreur, que même des crimes ont été commis, plus je saigne dans mon amour de l'armée (Proust, Sodome, 1922, p. 711).
Saigner de + subst.Et je souffre, je saigne de pitié d'avoir dans ce tiroir tant de stances indigentes et ce déplorable Narcisse (Valéry, Corresp.[avec Gide], 1891, p. 50).
En saigner.En souffrir énormément. Les jets partirent avec la violence de coups de feu, les cinq chaudières se vidèrent d'un souffle de tempête, sifflant dans un tel grondement de foudre, que les oreilles en saignaient (Zola, Germinal, 1885, p. 1414).
[Le suj. est un affect] Sentir saigner l'amour (qu'on a en soi); son orgueil, sa curiosité saigne. L'amour-propre saigne plus vite mais moins longtemps que l'amour (H. Bazin, Qui j'ose aimer, 1956, p. 52).
[Le suj. est une qualité morale] Un jour on comprendra, même en changeant de règne, Qu'aucune loi ne peut, sans que l'équité saigne, Faire expier à tous ce qu'a commis un seul (Hugo, Voix intér., 1837, p. 224).La seule note un peu gaie dans ce paysage minéral [Paris], c'était le drapeau nazi sur l'hôtel Crillon (...). Une goutte rouge se forme à chaque seconde dans les plis de l'étendard, se détache, tombe sur le macadam: la Vertu saigne (Sartre, Mort ds âme, 1949, p. 116).
Loc. verb. [Avec un effet de redoublement] (Souffrir) à en saigner. (Souffrir) très fort, comme d'une véritable blessure. Souffrir à en saigner, d'un bruit de vaisselle, de tasse à café, de déglutition (Alain-Fournier, Corresp.[avec Rivière], 1906, p. 387).
Littér. Le cœur (lui) saigne, avoir le cœur qui saigne (en secret). Être la proie d'une grande douleur. Il est (...) plus que tous ces hommes distingués et raisonneurs du premier et du second groupe doctrinaire, le sentiment patriotique proprement dit (...) qui fait qu'on souffre tout naturellement et qu'on a le cœur qui saigne à voir l'étranger fouler le sol de la patrie (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t. 4, 1863, p. 284):
1. Édouard Loisel fut l'ami de mon âge mûr. Je ne peux songer à lui sans que le cœur me saigne. Je lui ai fait beaucoup de mal et lui ai voué, justement à cause de cela, certaine rancune impie que j'abjure aujourd'hui dans le secret de mon âme. Duhamel, Journal Salav., 1927, p. 8.
[À propos d'une insulte, d'une offense ou d'un malheur dont on conserve longtemps le souvenir] La plaie saigne encore; c'est une plaie qui saignera longtemps. Ferdinand: Louise! (...) je pourrais croire que quelque autre chose te retient ici! Louise: (...) la blessure en sera plus vive peut-être, mais saignera moins longtemps (Dumas père, Intrigue et amour, 1847, iii, 6etabl., 1, p. 258).
2. [Le suj. (réel ou exprimé) désigne le cœur] Causer de la peine. N'y eût-il que la fraternité des armes, si l'on vient un jour à la briser, on en souffre, et (...) le cœur saigne (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t. 13, 1869, p. 114).
3. [Souvent en constr. factitive] Affaiblir, diminuer l'effectif. [Les généraux] songèrent à faire saigner copieusement la garde nationale, pour l'anémier. Ce fut la journée de Buzenval (Barrès, Scènes et doctr., t. 1, 1902, p. 31).L'immigration officielle a eu beau être réduite et l'immigration clandestine surveillée, les Juifs inondent la Palestine, s'installent, s'arment (...) bien décidés à ne plus se laisser saigner comme en 1933 (Morand, Route Indes, 1936, p. 299).
4. Vieilli, arg. pop.
a) Faire saigner du nez. ,,Interroger`` (Rigaud, Dict. jargon paris., 1878, p. 304). Synon. tirer les vers du nez (v. ver).
b) Saigner du nez. Avouer, manquer de courage. Il s'étoit vanté de faire une action de vigueur, mais il a saigné du nez (Michel (J.-F.)Expr. vic.1807, p. 171).
II. − Empl. trans.
A. −
1. [Le compl. d'obj. désigne un être vivant] Tirer du sang à quelqu'un, à un animal en ouvrant une veine. (Faire) saigner un malade; saigner qqn au bras, à la jugulaire; saigner qqn à la jambe/de la jambe; se faire saigner; le vétérinaire a saigné le cheval malade. Envoyez donc vos filles à confesse à des gaillards d'un tempérament pareil! Moi, si j'étais le gouvernement, je voudrais qu'on saignât les prêtres une fois par mois (Flaub., MmeBovary, t. 1, 1857, p. 87):
2. [Lazare:] − Alors, la médecine ne sert à rien. [Le Dr Cazenove:] − À rien du tout, lorsque la machine se détraque... La quinine coupe la fièvre (...) on doit saigner un apoplectique... Et, pour le reste, c'est au petit bonheur. Il faut s'en remettre à la nature. Zola, Joie de vivre, 1884, p. 919.
Loc. Saigner à blanc, jusqu'au blanc. V. blanc I A 1 d.
2. [Le compl. d'obj. désigne le sang ou ce qui p. anal. est un liquide nourricier] Tout le sang de tes veines, Ô préféré d'Héva, faible enfant que j'aimais, Ce sang que je t'ai pris, je le saigne à jamais! (Leconte de Lisle, Poèmes barb., 1878, p. 16).
[Le suj. désigne l'arbre] Il disait les labours du printemps, la sève sucrée que saignent les érables (Genevoix, É. Charlebois, 1944, p. 135).P. métaph. Puisse le destin pousser notre épave d'amour fraternel vers des climats non contaminés par les poisons que saigne l'arbre de science et qu'il destine aux curieux qui veulent escalader ses hautes branches (Cocteau, Poés. crit. II, 1960, p. 242).
Au fig. Il faut réchauffer la terre, et je la réchaufferai. Dieu m'a donné mandat d'éblouir et j'éblouirai, je saignerai de la lumière. Je suis un charbon ardent, le souffle de Dieu m'attise, je brûle vif (Sartre, Diable et Bon Dieu, 1951, 2etabl., 4, p. 141).
B. − BOUCH., CUIS. Vider un animal de son sang, le tuer. Synon. égorger.Saigner un mouton, un porc, un poulet. L'oie engraisse et s'alourdit (...). Son foie démesurément gros l'encombre (...). Enfin elle refuse de se lever. C'est le signe. On la saigne, d'un large coup de couteau qui lui fait rendre tout son sang (...). Le foie de l'oie mal saignée ne se conserve pas (Pesquidoux, Chez nous, 1921, p. 49).
P. anal., arg., pop. Tuer, assassiner à coups de couteau. Saigner un mec:
3. Et v'là qu'on ne l'savait pas et qu'on a enfumé la niche pour nettoyer, et l'pauv' petit frère, on l'a r'trouvé après l'opération, crampsé, et tout étiré comme un boyau d'chat, au milieu de la viande des Boches qu'il avait saignés avant − et bien proprement saignés, j'peux l'dire, moi que j'suis établi boucher dans la banlieue parisienne. Barbusse, Feu, 1916, p. 289.
C. − P. anal.
1. [Corresp. à saignée C 1] Pratiquer une saignée dans un arbre pour en recueillir le latex ou la résine. Saigner un hévéa, un pin. De la résine brute qui s'écoule des Conifères qu'on saigne comme les Pins des Landes (Plantefol, Bot. et biol. végét., t. 2, 1931, p. 384).
2. [Corresp. à saignée C 2 b; le compl. d'obj. désigne de l'eau] Tirer de l'eau (de); en faire écouler. Saigner un marais, un fossé, un ruisseau (Jossier1881).V. saignement B ex. de Giono.
D. − Au fig.
1. Épuiser un pays, une nation en en soutirant les ressources. La guerre du Transvaal (...) a saigné la Grande-Bretagne et l'a assagie (Cambon, 1904ds Rec. textes hist., p. 239).
2. Fam. Tirer de quelqu'un une/des somme(s) considérable(s). Saigner les contribuables. Soumettre de grands seigneurs, des personnages influents, à l'impôt du dixième, c'était peut-être les faire passer au parti de Philippe V et des légitimés. Saigner la bourgeoisie, le peuple, c'était créer de l'irritation et le régent avait besoin de popularité (Bainville, Hist. Fr., t. 1, 1924, p. 272).
[P. méton. de l'obj.] Saigner la bourse de qqn. Pignaver revenait (...) d'un tripot où les cartes avaient assez honnêtement saigné sa bourse (Arnoux, Rossignol napol., 1937, p. 102).
III. − Empl. pronom. réfl.
A. − Pratiquer une saignée sur soi-même. Le docteur ayant tenté de lui prendre le pouls, il se fâcha de nouveau. − Laissez-moi donc tranquille! Je vous dis que je me suis saigné avec mon couteau! (Zola, Faute Abbé Mouret, 1875, p. 1250).Beaucoup de choses font maigrir: trop boire comme trop peu manger; et aussi manger salé, ou user de vin vieux, ou dormir avant dîner, ou trop s'employer, ou se trop saigner, ou se laisser travailler par les passions (Faral, Vie temps st Louis, 1942, p. 191).
Constr. factitive. Les personnes sujettes à ce vomissement (...) doivent (...) se faire saigner de temps en temps (Geoffroy, Méd. prat., 1800, p. 356).
B. − Au fig., fam. S'épuiser en sacrifices d'argent. Se saigner pour venir en aide à (qqn). Voulant épargner à son enfant l'infériorité où le confinait son ignorance, il se saigna pour l'envoyer au collège (P. Rousseau, Hist. techn. et invent., 1967, p. 258).
Loc. verb. Se saigner à blanc. V. blanc ex. 14.
Se saigner aux quatre veines. Tu ne penses pas que je vais laisser mon père se saigner aux quatre veines pour me permettre de faire une carrière (Aragon, Beaux quart., 1936, p. 348).Var. Se saigner aux quatre membres. Ce sont des paysans, des cabaretiers qui se sont saignés aux quatre membres pour me faire faire des études (Maupass., Bel-Ami, 1885, p. 204).
Prononc. et Orth.: [sε ɳe], [se-], (il) saigne [sε ɳ]. Homon., formes de ceindre: (qu'il) ceigne, (que nous) ceignions, etc. (avec saigne, saignons, etc.). Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. Verbe intrans. 1. ca 1100 seiner « perdre du sang » (Roland, éd. J. Bédier, 1991); 1690 saigner comme un bœuf (Fur.); 2. fin xiiies. loc. sanner par le nes (Lancelot, éd. A. Micha, III, 249 [XXXIV, 2]); 1591 seigner du nez (Lanoue, 291 ds Littré); d'où fig. 1538 « reculer » (Marot, Epistres, 8 ds Hug.); 1588 « manquer de courage » (Montaigne, Essais, I, 24, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, p. 130); 3. ca 1225 p. métaph. et fig. « être le siège d'une souffrance, comme une plaie vive » (Gautier de Coinci, Miracles de Nostre Dame, éd. V. F. Koenig, II, Mir 27, 190: por peu que li cuers ne li sainne). II. Verbe trans. 1. 1174-80 « tirer du sang en ouvrant une veine » (Chrétien de Troyes, Perceval, éd. F. Lecoy, 4167: si seinna .III. gotes de sanc); id. empl. abs. méd. « faire une saignée » (Id., ibid., 823); 1798 saigner la viande « purger du sang grossier » (Ac.); id. loc. saigner jusqu'au blanc « tirer une telle quantité de sang que le patient devienne blanc » (ibid.); 2. 1680 « tuer un animal en le vidant de son sang » (Rich. t. 2); 3. 1696 p. anal. « tuer avec un instrument tranchant » (Regnard, Bal, sc. 14 ds DG); 4. 1690 p. métaph. « exiger, tirer de quelqu'un une somme considérable » (Fur.); 1669 empl. pronom. (Molière, Avare, II, 5); 5. p. anal. a) 1671 saigner un fossé « pratiquer des rigoles » (Pomey); 1690 saigner une rivière (Fur.); b) 1931 « pratiquer une saignée dans un arbre » [att. indir. par le part. passé subst. saignée, en 1796] (Plantefol, loc. cit.). Du lat. sanguinare « saigner, être ensanglanté », dér. de sanguis, v. sang. Fréq. abs. littér.: 1 438. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1 225, b) 2 904; xxes.: a) 2 861, b) 1 790.
DÉR. 1.
Saigneur, subst. masc.a) Rare. [En raison de l'homon. avec seigneur, sauf par jeu de mots ou p. dénigr.] α) Vx, fam. Médecin qui abusait de la saignée. C'est un rude saigneur, un grand saigneur (Besch.1845). β) Personne qui saigne. Un saigneur de porcs. C'est ainsi qu'une ou deux fois l'an chacun demande au tueur de cochon, plaisamment appelé le « saigneur du village » (Brie), de tuer, brûler au feu de paille, gratter et dépecer le goret familial (Menon, Lecotté, Vill. Fr., 1, 1954, p. 28). γ) Arg. ,,Assassin qui fait crier sa victime`` (Bruant 1901, p. 31). Saigneur à musique (Bruant 1901, p. 31).b) Personne qui récolte le latex en saignant les arbres à caoutchouc. L'argent qu'il avait gagné en un an à faire travailler à coups de trique les saigneurs de hévéas des plantations de Malaisie (...), il l'avait toujours dépensé en moins d'une semaine (Vailland, 325.000 francs, 1955, pp. 181-182). [sε ɳ œ:ʀ]. Homon. seigneur. Ac. 1694-1878: -eur. 1resattest. a) α) déb. xiiies. sainneor « celui qui pratique la saignée » (Roman des Sept Sages, éd. J. Misrahi, 2763), β) 1680 « médecin qui ordonne de pratiquer la saignée » (Rich. t. 2), b) 1930 techn. (H. Fauconnier, Malaisie, p. 271 ds Rob. 1985); de saigner, suff. -eur2*.
2.
Saigneux, -euse, adj.a) Rare. Qui saigne, qui est saignant. Corps, nez saigneux; écorchures saigneuses. Cette viande [d'un animal abattu par son propriétaire], préparée par une main inexpérimentée, est mal parée: la section des os n'est pas nette et, l'animal ayant été mal saigné, il y a du sang à la coupe des vaisseaux, et la surface est tachée de sang: viande saigneuse (Macaigne, Précis hyg., 1911, p. 219).Bout saigneux (de mouton, de veau). Cou d'un mouton, d'un veau tel qu'on le vend à la boucherie. Deux cous suffisent pour faire une entrée, vous en coupez le bout saigneux, vous les ficelez (Viard, Cuisin. impérial, 1814, p. 149).P. métaph. Première Érinnye: (...) Allons, mes sœurs, mes sœurs les mouches, tirons les coupables du sommeil par notre chant. Chœur des Érinnyes: Bzz, bzz, bzz, bzz. Nous nous poserons sur ton cœur pourri comme des mouches sur une tartine, cœur pourri, cœur saigneux, cœur délectable (Sartre, Mouches, 1943, III, 1, p. 88).b) Couvert de sang. Voir l'attention de la justice attirée sur Gilbert et Robert aurait naguère encore tellement tourmenté Anne-Marie. Cependant un autre tourment l'occupait trop. Les yeux sur ces pauvres habits de Jeuselou pendus tout saigneux, elle se demandait ce qu'allait faire Gaspard (Pourrat,Les Vaill. Tour du Levant,1931,p. 260). [sε ɳø], fém. [-ø:z]. Att. ds Ac. 1694-1878. 1resattest. a) 1538 « couvert de sang » (Est., s.v. saniosus), b) 1544 « qui saigne » (Eustorg de Beaulieu, Blason du nez ds Gdf. Compl.); de saigner, suff. -eux* (cf. lat. saniosus « couvert de sang »).
3.
Saignoir, subst. masc.Couteau à saigner les bêtes de boucherie. Djouan avait sorti son grand couteau montagnard, large à la corne comme une serpe et plus fin de fil qu'un saignoir de boucher (Giono, Jean Le Bleu, Paris, Grasset, t. 1, 1942 [1932], p. 18). [sε ɳwa:ʀ]. 1reattest. 1932 id.; de saigner, suff. -oir*.
BBG.Chautard Vie étrange Argot 1931, p. 666. − Gary-Prieur (M.-N.). Contribution à l'ét. de qq. règles sém. Thèse, Paris, 1979, pp. 585-587. − Quem. DDL t. 1, 5, 17.

Saigner : définition du Wiktionnaire

Verbe

saigner \se.ɲe\ ou \sɛ.ɲe\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se saigner)

  1. Tirer du sang en ouvrant une veine.
    • Il avait même sorti de sa poche une lancette et allait le saigner, quand le juif se ranima tout à coup. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • À Rians, il y eut, dès neuf heures du matin, deux malades : un charretier qui eut une attaque juste à l’entrée du bourg ; porté dans un cabaret, mis à l’ombre et saigné, il n’avait pas encore repris l’usage de la parole [...] — (Jean Giono, « Le hussard sur le toit », 1951, réédition Folio Plus, page 24)
    • Vous savez ce qu'a dit Byron ? « La lancette a tué plus de gens que la lance... »
      — Ah, il a dit ça, cet amoureux des onze mille vierges ? A-t-il un peu raison ?
      — Un peu. On saignait beaucoup de son temps.
      — (Michel Jeury, Les beaux jours du Dr Nicolas, Éditions Robert Laffont, 2010, chap. 52)
  2. (Boucherie) (Cuisine) Tuer ; égorger.
    • Saigner un porc, un veau, un mouton, un poulet.
  3. (Figuré) (Familier) (Par hyperbole) Exiger, tirer de quelqu’un une somme considérable.
    • Il fut démontré qu’il avait touché pour ne rien dire des agissements d’une banque, laquelle […] saignait cruellement le troupeau des épargnants cupides et malfaisants. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 32)
  4. Utiliser de façon extrêmement importante, un peu excessive.
    • Toi tu viens chez les gens pour saigner la télé et manger leur nourriture. — (site www.facebook.com (leurs corrigé en leur))
  5. (Intransitif) Perdre du sang. — Note : On le dit tant de la personne ou de l’animal que de la partie d’où le sang coule.
    • Ce blessé a saigné abondamment. - Saigner du nez. - Il faut laisser saigner la plaie. - Le nez, le doigt lui saigne. - Son front saigne.
  6. (Intransitif) (Figuré) Faire mal, se dit en parlant d’une offense, d’une injure, d’un malheur dont on conserve encore, dont on conserve longtemps le souvenir de la douleur.
    • La plaie saigne encore, c’est une plaie qui saignera longtemps.
  7. (Pronominal) (Figuré) (Familier) Donner jusqu’à se gêner.
    • Elle a réservé à son enfant une situation de demoiselle, c’est-à-dire qu'elle s’est saignée pour lui faire apprendre la sténo et la dactylographie. — (Victor Méric, Les Compagnons de l’Escopette, Éditions de l’Épi, Paris, 1930, page 199)
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Saigner : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SAIGNER. v. tr.
Tirer du sang en ouvrant une veine. Saigner un malade. Saigner à la jugulaire. Il a été saigné tant de fois. Saigner un cheval. Il signifie, en termes de Boucherie et de Cuisine, Tuer, égorger. Saigner un porc, un veau, un mouton. Saigner un poulet. Il signifie, figurément et familièrement, Exiger, tirer de quelqu'un une somme considérable. Les usuriers l'ont saigné à blanc. Certaines lois fiscales saignent les contribuables.

SAIGNER est aussi intransitif et signifie Perdre du sang. On le dit tant de la Personne ou de l'animal que de la partie d'où le sang coule. Ce blessé a saigné abondamment. Saigner du nez. Il faut laisser saigner la plaie. Le nez, le doigt lui saigne. Son front saigne. Fam., Saigner comme un bœuf, Rendre beaucoup de sang par la partie qui a été coupée, blessée. Fig. et pop., Saigner du nez, Manquer de résolution, de courage. Il signifie aussi Manquer à un engagement. Fig., La plaie saigne encore, c'est une plaie qui saignera longtemps se dit en parlant d'une Offense, d'une injure, d'un malheur dont on conserve encore, dont on conservera longtemps le souvenir. Fig., Le cœur me saigne, le cœur lui saigne se dit en parlant d'une Chose dont on est très touché. On ne peut voir telle chose que le cœur ne saigne. Cela fait saigner le cœur.

SE SAIGNER signifie, figurément et familièrement, Donner jusqu'à se gêner. Il faut que chacun se saigne dans les nécessités de l'État. Ces pauvres gens se sont saignés pour l'éducation de leurs enfants.

Saigner : définition du Littré (1872-1877)

SAIGNER (sè-gné) v. n.
  • 1Rendre du sang, en parlant soit de la personne ou de l'animal qui perd du sang, soit de la partie dont il s'écoule. Laisser saigner une plaie. Le nez lui saigne. Son doigt saigne. À peine sortions-nous pleins de trouble et d'horreur, Qu'Attila recommence à saigner de fureur, Corneille, Attila, V, 6. Ce pauvre doyen, pénétré de douleur, le cœur saisi, disant la messe pour ce frère que voilà dans l'église, tout vif encore, mais tout mort dans ce cercueil, qui saigne de tous côtés ; ha, mon Dieu ! quelle idée ! le sang coule-t-il d'un corps mort ? oui, puisque vous le dites, Sévigné, 4 janv. 1690.

    Fig. Le coup dont on les tue [les princes] est longtemps à saigner, Corneille, Cinna, III, 4.

    Saigner comme un bœuf, rendre beaucoup de sang par la partie qui a été blessée, coupée.

    Fig. Elle saigne encore, se dit d'une pièce d'or récemment rognée.

    Saigner du nez, avoir du sang qui coule du nez. Une autre fois, saignant du nez, il croyait que son âme allait sortir dans son mouchoir, Fénelon, Dial. des morts anc. dial. 1. S'il tombe, s'il saigne du nez, Rousseau, Ém. II.

    Fig. Saigner du nez, manquer de courage dans l'occasion. Quand quelqu'un a l'âme poltronne, à tout bruit il tremble et s'étonne, à tout coup il saigne du nez, Scarron, Virg. IV. Le porter [l'éléphant de pierre], d'une haleine, au sommet de ce mont Qui menace les cieux de son superbe front ; L'un des deux chevaliers saigna du nez…, La Fontaine, Fabl. X, 14. Ce G***, homme insolent et lâche, saigna du nez, et, pour se venger, accusa mon père d'avoir mis l'épée à la main dans la ville, Rousseau, Conf. I.

    On dit dans le même sens : le nez lui saigne. Je crois que le nez a saigné au prince d'Orange, et il n'est tantôt plus fait mention de lui, Racine, Lett. 17, à Boileau.

    Saigner du nez, manquer à une promesse donnée. Il avait promis de me vendre sa maison, maintenant il saigne du nez.

    En artillerie, saigner du nez, se dit d'une pièce dont la bouche s'abaisse dans le tir, par suite du poids insuffisant de la culasse.

  • 2 Fig. Ressentir un mal comparé à une plaie saignante. Est-ce ainsi que la mort amère vient rompre de si doux liens ? le cœur saigne ; dans la douleur de la plaie, on sent combien ces richesses y tenaient, Bossuet, le Tellier. Par mon époux lui-même à Trézène amenée, J'ai revu l'ennemi que j'avais éloigné ; Ma blessure trop vive aussitôt a saigné, Racine, Phèdre, I, 3. Non seulement l'Allemagne, mais tous les États chrétiens saignaient encore des plaies qu'ils avaient reçues de tant de guerres de religion, Voltaire, Louis XIV, 11. Le cœur doit saigner par degrés dans la tragédie, et toujours des mêmes coups redoublés et surtout variés, Voltaire, Comm. Corn. Rem. Hor. IV, 5. Aucune loi ne peut, sans que l'équité saigne, Faire expier à tous ce qu'a commis un seul, Hugo, Voix, 2.

    C'est une plaie qui saigne encore, c'est une offense, un malheur dont le souvenir est encore vif.

    Le cœur me saigne, le cœur lui saigne, cela me blesse, m'afflige, le blesse, l'afflige profondément. Possible que, malgré la cure qu'elle essaie, Mon âme saignera longtemps de cette plaie, Molière, Dép. am. IV, 3. Crois qu'il m'en a coûté, pour vaincre tant d'amour, Des combats dont mon cœur saignera plus d'un jour, Racine, Bérén. II, 2. Le cœur me saigne de voir manger votre bien par mille gens qui croient encore vous faire trop d'honneur, Dancourt, Mais. de campagne, sc. 9. Est-il possible que la plus grande consolation de la vie, celle d'envoyer des contes par la poste, soit interdite aux pauvres humains ? cela fait saigner le cœur, Voltaire, Lett. d'Argental, 18 janv. 1764. Je raillais les Français de leurs défaites, tandis que le cœur m'en saignait plus qu'à eux, Rousseau, Conf. V.

  • 3 V. a. Tirer du sang en ouvrant une veine. Notre bon M. Baralis a été saigné onze fois depuis six jours, cela a empêché la suffocation… une fièvre continue, quatre-vingts ans sont tous signes qui m'en laissent un soupçon fort funeste, Patin, Lett. 27 mai 1659. Je me fis saigner hier du pied dans la vue de vous plaire, Sévigné, 191. De mon temps on ne savait ce que c'était que de saigner un enfant, Sévigné, 26 juin 1675. Il y a ici un jeune fils du landgrave de Hesse qui est mort de la fièvre continue sans avoir été saigné ; sa mère lui avait recommandé en partant de ne se point faire saigner à Paris ; il ne s'est point fait saigner, il est mort, Sévigné, 10 déc. 1670. M. Cousinaut, qui fut depuis premier médecin du roi, fut, pour un violent rhumatisme, saigné soixante-quatre fois en huit mois, Genlis, Maison rust. t. II, p. 178, dans POUGENS.

    Saigner jusqu'au blanc, à blanc, tirer une telle quantité de sang, que le patient devienne blanc.

    Absolument. Il saigne bien. Sache, mon ami, qu'il ne faut que saigner et faire boire de l'eau chaude ; voilà le secret de guérir toutes les maladies du monde, Lesage, Gil Bl. II, 3. Ils [les Taïtiens] ont l'usage de saigner ; mais ce n'est ni au bras ni au pied ; un taoua, c'est-à-dire un médecin ou prêtre inférieur, frappe avec un bois tranchant sur le crâne du malade ; il ouvre par ce moyen la veine que nous nommons sagittale ; et, lorsqu'il en a coulé suffisamment de sang, il ceint la tête d'un bandeau qui assujettit l'ouverture, Bougainville, Voy. t. II, p. 111.

  • 4Tuer, égorger un animal. Saigner un porc.

    Par extension. Saigner quelqu'un, lui donner un coup d'épée, le tuer d'un coup d'épée. Monsieur, je veux toucher mes quatre cents pistoles, Ou, cadédis, je veux le saigner à l'instant, Regnard, le Bal, 14.

    Saigner la viande, la purger du sang grossier. On n'a pas assez saigné cette viande.

  • 5 Fig. Exiger, tirer de quelqu'un, plus qu'il ne croyait payer. Autrefois le gouvernement saignait de temps en temps les traitants.
  • 6 Par analogie. Saigner un fossé, un marais, en faire écouler l'eau par des rigoles. Les nouvelles de Zutphen étaient ce matin, qu'il y avait deux logements de quarante hommes chacun sur la contrescarpe, qu'on saignait le fossé, Pellisson, Lett. hist. t. I, p. 194. Il y eut un autre prodige [au siége de Leyde en 1575], c'est que les assiégeants [les Espagnols] osèrent continuer le siége et entreprendre de saigner cette vaste inondation [pratiquée par les Hollandais], Voltaire, Mœurs, 164.

    Saigner une rivière, détourner une partie de son cours.

  • 7 Terme d'artillerie. Saigner une gargousse, en retirer de la poudre.
  • 8Se saigner, v. réfl. Être saigné. Le porc se saigne d'une manière très cruelle.
  • 9 Fig. Se saigner, donner jusqu'au point de se gêner, faire un sacrifice d'argent. Cet homme se saigne pour ses enfants. Mais, Frosine, as-tu entretenu la mère touchant le bien qu'elle peut donner à sa fille ? lui as-tu dit qu'il fallait qu'elle s'aidât un peu, qu'elle fît quelque effort, qu'elle se saignât pour une occasion comme celle-ci ? Molière, l'Av. II, 6. Pour les frères jésuites, on n'estime pas qu'ils doivent se saigner en cette occasion, attendu que la France va être incessamment purgée desdits frères, Voltaire, Facéties, Gaz. de Londres.

REMARQUE

Des grammairiens ont recommandé de dire saigner au nez pour exprimer l'écoulement du sang par le nez, et saigner du nez pour lâcher pied, reculer. Mais saigner au nez est une invention de ces grammairiens ; saigner au nez ne se trouve nulle part, ni au propre, ni au figuré. Quant à l'origine de la locution, on a dit qu'elle provenait de la peste noire du XIVe siècle, où les saignements étaient de mauvais augure. Mais cela ne s'appuie ni sur la tradition ni sur le sens. L'interprétation en est donnée par un passage de Lanoue cité dans l'historique : saigner du nez est une excuse pour ne pas agir, pour ne pas marcher à l'instant même, et cela a été dit figurément pour les cas où un homme recule devant une difficulté ou un péril. On dit aussi : le nez lui saigne, et cela s'explique par l'émotion vive qui cause un saignement ; voyez le passage d'Amyot, cité après Lanoue.

HISTORIQUE

XIe s. Tant ad seinet [que] li oil [les yeux] li sunt trublet, Ch. de Rol. CXLVII.

XIIe s. Illoc [il] se fait ventouser et segner, Ronc. p. 159.

XIIIe s. Si [elle] saignoit com ce fust perceüre de clou, Berte, XXXII. Vous le m'afierés tout sour vostre loi, et ferés plus, car nous nous sainerons tout ensamble, et buvera li uns del sant à l'autre, Chr. de Rains, p. 23. Li cervoisier de Paris qui ont soixante ans de age, et cil qui sont malade, cil qui sont sainnié, se il n'ont esté semons ains qu'il se firent sainier… sont quite du gueit…, Liv. des mét. 31. Se cil qui est batus saine par le nez por le [la] bature, par tel sanc l'amende ne croist de riens, Beaumanoir, XXX, 17.

XVIe s. Le pape… ne voulant aucunement contribuer du sien… s'avisa d'assembler les plus notables bourgeois… pour leur representer le peril dont ils ne se pouvoient garantir qu'en se saignant tous, Mém. sur du Guesclin. ch. 16. Les autres qui n'ont gueres envie de mordre (qui feignent seigner du nez, avoir une estriviere rompue, ou leur cheval desferré), demeurent derriere, Lanoue, 291. Il receut force injures et reproche que le nez lui saignoit, D'Aubigné, Hist. I, 233. La teste luy tourna, par maniere de dire, et le nez luy saigna quand il vint à considerer la grandeur du peril, Amyot, Pélop. 14. Quand ils sceurent que mondict sieur le mareschal y estoit, le cueur, non pas le nez leur saigna, et se retirerent…, Carloix, IX, 43. Il fut deux jours sans cesser de saigner par le nez, Paré, XXIV, 28. Les bonnes gens de village appellent saigner la terre, quand on la remue hors temps, De Serres, 87. Saint Paul et sainte Barbe, pource qu'ils estoient vierges, ne saignerent que du lait quand on leur coupa la teste, H. Estienne, Apol. d'Hérod. p. 546, dans LACURNE.

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Saigner : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

SAIGNER, v. act. & neut. c’est verser du sang ou en tirer. Voyez les articles Saignée.

Saigner un fossé, en termes de fortification, c’est en faire écouler l’eau.

Pour saigner un fossé, on pratique des rigoles ou des especes de petits canaux, de maniere que le fond se trouve plus bas que celui du fossé. C’est ainsi qu’on en use pour l’écoulement des eaux des avant-fossés lorsque le terrein le permet, & de même pour le fossé du corps de la place. On occupe après cela le fond du fossé en plaçant sur la vase ou le limon des claies pour empêcher d’enfoncer dans la boue. Voyez Passage de fossé. (Q)

Saigner se dit dans l’Artillerie, d’une piece lorsqu’étant montée sur son affut, la volée emporte la culasse, ce qui arrive lorsqu’on tire de haut en-bas. (Q)

Saigner du nez se dit dans l’Artillerie, d’une piece de canon, dont la volée emporte la culasse lorsqu’elle est montée sur son affut.

On dit encore qu’une piece de canon saigne du nez lorsque sa volée devient courbe ; ce qui arrive quand le métal se trouve fort échauffé par le trop grand nombre de coups tirés de suite. Dans cet état, la courbure de la volée faisant baisser le bourlet, la bouche de la piece se trouve au-dessous de la direction de l’axe, ce qui dérange la justesse de ses coups. (Q)

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Étymologie de « saigner »

Étymologie de saigner - Littré

Sang ; picard, sainer, saner ; wallon, sainî, sôné ; prov. sangnar, sancnar, sagnar ; espagn. et portug. sangrar ; ital. sanguinare.

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Étymologie de saigner - Wiktionnaire

Du latin sanguinare, de sanguis, « sang ». (1080) sainier, seiner, seigner.
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Phonétique du mot « saigner »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
saigner sɛɲe play_arrow

Conjugaison du verbe « saigner »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe saigner

Citations contenant le mot « saigner »

  • Propos de matamore, contreproductifs. Après le Karcher, voici le couteau à saigner. L'Obs, Quand Nicolas Sarkozy veut « saigner » les Britanniques pour le Brexit
  • Ava, tueuse à gages, ne satisfait plus les desiderata de son employeur. Elle doit donc être éliminée. Et comme ce n’est pas le genre à se laisser buter sans réagir, ça va saigner. Communes, régions, Belgique, monde, sports – Toute l'actu 24h/24 sur Lavenir.net, Toutes les sorties cinéma de ce mercredi 29 juillet
  • Eh bien, Eleven a beaucoup appris sur ses pouvoirs et sur la façon de les contrôler, mais certaines choses à leur sujet ne changent jamais, comme la façon dont ils lui font saigner du nez chaque fois qu’elle les utilise. Eh bien, cela se produit depuis la première saison, ainsi que dans les flashbacks de son passage à Hawkins Lab. JAPANFM, Stranger Things: Pourquoi onze saigne du nez quand elle utilise ses pouvoirs; Vérité révélée – JAPANFM
  • J'imaginais la peinture se mettant à saigner. Blessée de la manière dont les gens peuvent être blessés. Pour moi la peinture devenait une personne avec des sentiments et des sensations. De Niki de Saint Phalle
  • Toute mère du peuple veut donner, et à force de se saigner aux quatre veines, donne à ses enfants l'éducation qu'elle n'a pas eue. De Edmond et Jules de Goncourt / Journal
  • Un chanteur d'opéra, c'est un type qui reçoit un coup de couteau dans le dos et qui, au lieu de saigner, se met à chanter. De Judy Canova / Music Views
  • Une oeuvre, tant qu'elle survit, c'est une blessure ouverte par où toute une race continue de saigner. De François Mauriac / Mémoires intérieurs
  • La pire misère du coeur n'est pas de saigner, mais d'être paralysé. De Paul Bourget

Images d'illustration du mot « saigner »

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Traductions du mot « saigner »

Langue Traduction
Corse sanguinà
Basque kostatzeko
Japonais 出血
Russe кровоточить
Portugais sangrar
Arabe ينزف
Chinois 流血
Allemand bluten
Italien sanguinare
Espagnol sangrar
Anglais bleed
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Synonymes de « saigner »

Source : synonymes de saigner sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « saigner »



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