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Révérence

Sommaire

Définitions du mot révérence

Trésor de la Langue Française informatisé

RÉVÉRENCE, subst. fém.

A. − Respect profond mêlé de crainte, grande considération. Anton. irrévérence.Révérence filiale, mystique; révérence aux principes, aux lois; esprit de révérence. Plein de révérence, d'admiration, de reconnaissance pour ce Dieu (...), il [Socrate] le cherchait et s'en inspirait sans cesse (Cousin,Hist. gén. philos., 1861, p. 131).Beyle avait gardé toutefois une révérence assez remarquable aux mathématiques (Valéry,Variété II, 1929, p. 113).
Loc. fam., vieilli. [Formule d'excuse pour dire une chose qui pourrait déplaire ou choquer] Synon. vieilli sauf votre respect.Sauf révérence, sauf votre révérence. J'ai eu, depuis six semaines, une vague colique, révérence parler, qui m'amollissait singulièrement (Flaub.,Corresp., 1866, p. 237).Il me semble, toute révérence gardée, que je suis avec le génie comme cette sainte qui jouait avec un enfant et connut que c'était l'enfant Jésus (Barrès,Cahiers, t. 12, 1920, p. 317).
B. − Vieilli. Titre d'honneur donné aux religieux et aux prélats. N'est-ce pas, mon révérend, que vous êtes enchanté de dîner avec sa révérence que voilà? (Mérimée,Chron. règne Charles IX, 1829, p. 209).Mère Marie [à la Prieure]: Votre Révérence est hors d'état de retenir sa langue, mais je la supplie d'essayer de ne rien dire (Bernanos,Dialog. Carm., 1948, 2etabl., 9, p. 1604).
C. −
1. Mouvement du corps que l'on fait pour saluer cérémonieusement soit en inclinant le buste, soit en pliant les genoux, qui n'est plus en usage aujourd'hui que dans certains cas prévus par le protocole. Après avoir laissé Serge frapper deux fois à la porte, elle l'entrebâilla discrètement, le reçut avec une révérence à l'ancienne mode (Zola,Faute Abbé Mouret, 1875, p. 1359):
... M. Libois avait passé dans les trois classes, il avait recueilli les hommages de ces dames: « Oui, Monsieur le délégué, − bien, parfaitement, Monsieur le délégué », et des révérences et des gestes obséquieux. Frapié,Maternelle, 1904, p. 50.
SYNT. Révérence fort basse; faire la révérence, faire force révérences; saluer d'une révérence; révérence de théâtre; belle, discrète, grande, petite, profonde révérence; révérence cérémonieuse, gracieuse, ironique, obséquieuse, savante; révérence à la française, à reculons.
[Dans une exclam., avec une connotation pompeuse] Salutation, salut. Tous se prosternent la face contre terre devant l'Empereur. Le Salutateur: Révérence à votre face sacrée! (Claudel,Repos 7ejour,1901, i, p. 797).
En partic.
Figure de danse. Les danseurs exécutent encore la révérence comme à l'époque des ballets de cour. Cet exercice débute par de larges mouvements dessinés suivant des contours circulaires par une jambe et les deux bras, alors que le buste s'infléchit en avant (Bourgat,Techn. danse, 1959, p. 110).
Génuflexion ou prosternation envers un objet sacré. L'empereur officiait principalement dans trois rites importants, celui du culte ancestral, celui du sacrifice au ciel et à la terre et celui du labourage. Le premier, dans le temple ancestral (...), était un acte de révérence (série de grandes prosternations) (Philos., Relig., 1957, p. 54-5).
Au fig., au plur. Marques de respect courtisan ou obséquieux. Ce Schönbrunn et ses fausses perspectives, ces théâtres en trompe-l'œil, cette Cour toute en décors, cette politique toute en révérences (Morand,Fin de s., 1957, p. 20).Les anciens tenants de Vichy s'inclinaient devant l'évidence: Pétain, en Allemagne, gardait le silence et ceux des fonctionnaires, des diplomates, des militaires, des publicistes qui l'avaient assidûment servi prodiguaient, à l'adresse du pouvoir, révérences et justifications (De Gaulle,Mém. guerre, 1959, p. 22).
2. Locutions
a) Vieilli. Faire sa (ses) révérence(s) à. Saluer avec respect, avec déférence une personnalité ou une personne que l'on tient en haute considération. Le comte d'Armagnac (...) fut reçu avec grand empressement par tous ceux qui craignaient le duc de Bourgogne. Il alla aussitôt faire sa révérence au roi et à la reine (Barante,Hist. ducs Bourg., t. 4, 1821-24, p. 90).J'ai fait mes révérences à Amélie en ajoutant que les dessins que je lui destine sont terminés et que si elle veut m'envoyer ceux que je lui ai faits en Italie je lui ferai mettre le tout en ordre (Delécluze,Journal, 1825, p. 242).P. plaisant. Elle admirait tout plus que de raison et faisait honneur et révérence aux moindres fleurettes du sentier (Sand,Maîtres sonneurs, 1853, p. 135).
Au fig. Faire, tirer la révérence à qqc. Rendre hommage à quelque chose. Il était entendu (...) que Gide avait écrit Isabelle pour se faire la main, et après avoir tiré au livre la révérence qu'il méritait, nous regardions vers l'avenir (Du Bos,Journal, 1927, p. 326).
b) Tirer sa révérence. Saluer en s'en allant, se retirer. Après de grands compliments adressés à leur oncle sur le talent de sa filleule, les héritiers tirèrent leur révérence (Balzac,U. Mirouët, 1841, p. 127).Fam. Quitter quelqu'un ou quelque chose avec désinvolture, s'en aller brusquement. Le plus vif désir de leur tirer ma révérence et de rentrer parmi vous (Halévy,Carnets, t. 2, 1870, p. 87).J'ai bien envie de m'en aller, de tirer ma révérence une bonne fois, à ce pays de sauvages (Mirbeau,Journal femme ch., 1900, p. 54).
Au fig. Tirer sa révérence à. Renoncer à quelque chose. J'ai répondu que non seulement je ne désavouais aucun de mes écrits, mais que j'aurais certainement tiré ma révérence au prix Nobel si, pour l'obtenir, il m'avait fallu rien renier (Gide,Journal, 1947, p. 308).
REM.
Révéremment, adv.,vieilli, littér. Avec révérence, grand respect. Parler révéremment de Dieu, des choses saintes. Puis, bénissant de nouveau plusieurs chapelets, croix, images, médailles..., il lui dit: « Toutes ces choses auront vertu contre toutes sortes de tentations (...). Quiconque en portera révéremment sur soi, sera préservé de la foudre..., du feu, des inondations... » (Bremond,Hist. sent. relig., t. 3, 1921, p. 543).Il s'interrompit, se leva soudain debout sur ses jambes et salua fort révéremment (Arnoux,Rhône, 1944, p. 317).
Prononc. et Orth.: [ʀeveʀ ɑ ̃:s]. Ac. 1694, 1718: reve-; dep. 1740: révé-. Étymol. et Hist. 1. Ca 1155 « respect profond, grande considération » (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 13879); av. 1615 sauf votre reverence (Pasquier, Recherches de la France, 520); 1579 parlant par reverence (Larivey, Esprits, éd. Viollet le Duc, t. 5, p. 226); 1588 parlant en reverence (Montaigne, Essais, éd. P. Villey et V. L. Saulnier, p. 829); 1657-62 reverence parler (Pascal, Pensées, éd. Brunschvicg, Boutroux, Gazier, section 1, n o58, p. 60); 2. 1564 Vos Reverences « titre honorifique » (Rabelais, Prologue Cinquiesme Livre, éd. J. Boulanger, p. 749); 3. fin xives. faire le reverensce « faire un mouvement du corps pour saluer » (Froissart, Chroniques, éd. S. Luce, t. 4, p. 178); ca 1480 faire la reverence ... à qqn « présenter ses hommages à » (Mist. viel Testament, éd. J. de Rothschild, 29182); 1823 tirer sa révérence « opposer un refus à quelqu'un » (Boiste); 1835 id. « s'en aller » (Ac.); 4. 1931 « mouvement de danse inspiré des ballets de cour » (Meunier, Danse class., p. 264). Empr. au lat.reverentia « crainte respectueuse, respect, déférence ». Fréq. abs. littér.: 608. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 797, b) 928; xxes.: a) 940, b) 842. Bbg. Quem. DDL t. 19.

Trésor de la Langue Française informatisé

RÉVÉRENCE, subst. fém.

A. − Respect profond mêlé de crainte, grande considération. Anton. irrévérence.Révérence filiale, mystique; révérence aux principes, aux lois; esprit de révérence. Plein de révérence, d'admiration, de reconnaissance pour ce Dieu (...), il [Socrate] le cherchait et s'en inspirait sans cesse (Cousin,Hist. gén. philos., 1861, p. 131).Beyle avait gardé toutefois une révérence assez remarquable aux mathématiques (Valéry,Variété II, 1929, p. 113).
Loc. fam., vieilli. [Formule d'excuse pour dire une chose qui pourrait déplaire ou choquer] Synon. vieilli sauf votre respect.Sauf révérence, sauf votre révérence. J'ai eu, depuis six semaines, une vague colique, révérence parler, qui m'amollissait singulièrement (Flaub.,Corresp., 1866, p. 237).Il me semble, toute révérence gardée, que je suis avec le génie comme cette sainte qui jouait avec un enfant et connut que c'était l'enfant Jésus (Barrès,Cahiers, t. 12, 1920, p. 317).
B. − Vieilli. Titre d'honneur donné aux religieux et aux prélats. N'est-ce pas, mon révérend, que vous êtes enchanté de dîner avec sa révérence que voilà? (Mérimée,Chron. règne Charles IX, 1829, p. 209).Mère Marie [à la Prieure]: Votre Révérence est hors d'état de retenir sa langue, mais je la supplie d'essayer de ne rien dire (Bernanos,Dialog. Carm., 1948, 2etabl., 9, p. 1604).
C. −
1. Mouvement du corps que l'on fait pour saluer cérémonieusement soit en inclinant le buste, soit en pliant les genoux, qui n'est plus en usage aujourd'hui que dans certains cas prévus par le protocole. Après avoir laissé Serge frapper deux fois à la porte, elle l'entrebâilla discrètement, le reçut avec une révérence à l'ancienne mode (Zola,Faute Abbé Mouret, 1875, p. 1359):
... M. Libois avait passé dans les trois classes, il avait recueilli les hommages de ces dames: « Oui, Monsieur le délégué, − bien, parfaitement, Monsieur le délégué », et des révérences et des gestes obséquieux. Frapié,Maternelle, 1904, p. 50.
SYNT. Révérence fort basse; faire la révérence, faire force révérences; saluer d'une révérence; révérence de théâtre; belle, discrète, grande, petite, profonde révérence; révérence cérémonieuse, gracieuse, ironique, obséquieuse, savante; révérence à la française, à reculons.
[Dans une exclam., avec une connotation pompeuse] Salutation, salut. Tous se prosternent la face contre terre devant l'Empereur. Le Salutateur: Révérence à votre face sacrée! (Claudel,Repos 7ejour,1901, i, p. 797).
En partic.
Figure de danse. Les danseurs exécutent encore la révérence comme à l'époque des ballets de cour. Cet exercice débute par de larges mouvements dessinés suivant des contours circulaires par une jambe et les deux bras, alors que le buste s'infléchit en avant (Bourgat,Techn. danse, 1959, p. 110).
Génuflexion ou prosternation envers un objet sacré. L'empereur officiait principalement dans trois rites importants, celui du culte ancestral, celui du sacrifice au ciel et à la terre et celui du labourage. Le premier, dans le temple ancestral (...), était un acte de révérence (série de grandes prosternations) (Philos., Relig., 1957, p. 54-5).
Au fig., au plur. Marques de respect courtisan ou obséquieux. Ce Schönbrunn et ses fausses perspectives, ces théâtres en trompe-l'œil, cette Cour toute en décors, cette politique toute en révérences (Morand,Fin de s., 1957, p. 20).Les anciens tenants de Vichy s'inclinaient devant l'évidence: Pétain, en Allemagne, gardait le silence et ceux des fonctionnaires, des diplomates, des militaires, des publicistes qui l'avaient assidûment servi prodiguaient, à l'adresse du pouvoir, révérences et justifications (De Gaulle,Mém. guerre, 1959, p. 22).
2. Locutions
a) Vieilli. Faire sa (ses) révérence(s) à. Saluer avec respect, avec déférence une personnalité ou une personne que l'on tient en haute considération. Le comte d'Armagnac (...) fut reçu avec grand empressement par tous ceux qui craignaient le duc de Bourgogne. Il alla aussitôt faire sa révérence au roi et à la reine (Barante,Hist. ducs Bourg., t. 4, 1821-24, p. 90).J'ai fait mes révérences à Amélie en ajoutant que les dessins que je lui destine sont terminés et que si elle veut m'envoyer ceux que je lui ai faits en Italie je lui ferai mettre le tout en ordre (Delécluze,Journal, 1825, p. 242).P. plaisant. Elle admirait tout plus que de raison et faisait honneur et révérence aux moindres fleurettes du sentier (Sand,Maîtres sonneurs, 1853, p. 135).
Au fig. Faire, tirer la révérence à qqc. Rendre hommage à quelque chose. Il était entendu (...) que Gide avait écrit Isabelle pour se faire la main, et après avoir tiré au livre la révérence qu'il méritait, nous regardions vers l'avenir (Du Bos,Journal, 1927, p. 326).
b) Tirer sa révérence. Saluer en s'en allant, se retirer. Après de grands compliments adressés à leur oncle sur le talent de sa filleule, les héritiers tirèrent leur révérence (Balzac,U. Mirouët, 1841, p. 127).Fam. Quitter quelqu'un ou quelque chose avec désinvolture, s'en aller brusquement. Le plus vif désir de leur tirer ma révérence et de rentrer parmi vous (Halévy,Carnets, t. 2, 1870, p. 87).J'ai bien envie de m'en aller, de tirer ma révérence une bonne fois, à ce pays de sauvages (Mirbeau,Journal femme ch., 1900, p. 54).
Au fig. Tirer sa révérence à. Renoncer à quelque chose. J'ai répondu que non seulement je ne désavouais aucun de mes écrits, mais que j'aurais certainement tiré ma révérence au prix Nobel si, pour l'obtenir, il m'avait fallu rien renier (Gide,Journal, 1947, p. 308).
REM.
Révéremment, adv.,vieilli, littér. Avec révérence, grand respect. Parler révéremment de Dieu, des choses saintes. Puis, bénissant de nouveau plusieurs chapelets, croix, images, médailles..., il lui dit: « Toutes ces choses auront vertu contre toutes sortes de tentations (...). Quiconque en portera révéremment sur soi, sera préservé de la foudre..., du feu, des inondations... » (Bremond,Hist. sent. relig., t. 3, 1921, p. 543).Il s'interrompit, se leva soudain debout sur ses jambes et salua fort révéremment (Arnoux,Rhône, 1944, p. 317).
Prononc. et Orth.: [ʀeveʀ ɑ ̃:s]. Ac. 1694, 1718: reve-; dep. 1740: révé-. Étymol. et Hist. 1. Ca 1155 « respect profond, grande considération » (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 13879); av. 1615 sauf votre reverence (Pasquier, Recherches de la France, 520); 1579 parlant par reverence (Larivey, Esprits, éd. Viollet le Duc, t. 5, p. 226); 1588 parlant en reverence (Montaigne, Essais, éd. P. Villey et V. L. Saulnier, p. 829); 1657-62 reverence parler (Pascal, Pensées, éd. Brunschvicg, Boutroux, Gazier, section 1, n o58, p. 60); 2. 1564 Vos Reverences « titre honorifique » (Rabelais, Prologue Cinquiesme Livre, éd. J. Boulanger, p. 749); 3. fin xives. faire le reverensce « faire un mouvement du corps pour saluer » (Froissart, Chroniques, éd. S. Luce, t. 4, p. 178); ca 1480 faire la reverence ... à qqn « présenter ses hommages à » (Mist. viel Testament, éd. J. de Rothschild, 29182); 1823 tirer sa révérence « opposer un refus à quelqu'un » (Boiste); 1835 id. « s'en aller » (Ac.); 4. 1931 « mouvement de danse inspiré des ballets de cour » (Meunier, Danse class., p. 264). Empr. au lat.reverentia « crainte respectueuse, respect, déférence ». Fréq. abs. littér.: 608. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 797, b) 928; xxes.: a) 940, b) 842. Bbg. Quem. DDL t. 19.

Wiktionnaire

Nom commun

révérence \ʁe.ve.ʁɑ̃s\ féminin

  1. Respect profond, vénération.
    • Le seul Arsène André, l'instituteur des Hautes Héez, ne craint pas le potentat, et M. Hector a échoué pour l'amener à plus de révérence, […]. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • J'avais d'abord préparé une longue introduction dédiée à Aristote et Galien. Je voulais que mon émerveillement pour ces grands hommes soit fortement exprimé. Trop souvent on m'avait fait reproche d'irrespect pour les Anciens. Et pourtant la révérence qu'ils m'inspirent est tout à fait sincère. — (Jean Hamburger, Le Journal d'Harvey, 1983)
  2. (Religion) Titre d’honneur qu’on donne à certains religieux.
    • S’il plaît à Votre Révérence, ajouta Dennet, un prêtre ivre était venu rendre visite au sacristain de Saint-Edmond…
      – Il ne plaît pas à Ma Révérence, répondit l’ecclésiastique, qu’il y ait eu là un animal tel qu’un prêtre ivre, ou, s’il y en a eu, qu’un laïque le dépeigne comme tel.
      — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
  3. Mouvement du corps qu’on fait pour saluer, en s’inclinant, pour les hommes; ou en pliant les genoux, pour les femmes.
    • A Augsbourg, dit-il, c'était alors la coutume que deux personnes, vêtues de longs manteaux rouges doublés d’hermine, ouvrissent le bal et exécutassent un menuet fort lent, une espèce de pavane, avec force révérences et gracieusetés. — (« Vie privée des Allemands au seizième siècle », traduit d'un article du Foreign quaterly Rewiew, dans la Revue britannique: Choix d'articles traduits des meilleurs écrits périodiques de la Grande-Bretagne, 3e série, tome 1, année 1833, Bruxelles : chez J. P. Meline, p. 110)
    • Tout mon sang afflua au cerveau. Elle me fit sa révérence, et, quand je relevai la tête, elle était très rouge, et elle avait des yeux! Ah! ces yeux! — (Léopold de Sacher-Masoch; Don Juan de Kolomea in « Contes Galiciens », traduction anonyme de 1874)
    • Les girls saluaient en ployant les genoux, ainsi que des petites filles qui font la révérence et en envoyant des baisers. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)

Forme de verbe

révérence \ʁe.ve.ʁɑ̃s\

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de révérencer.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de révérencer.
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de révérencer.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de révérencer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de révérencer.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

RÉVÉRENCE. n. f.
Respect profond, vénération. Il faut traiter les choses saintes avec révérence. Vous devez lui porter honneur et révérence. Pop., Sauf révérence, révérence parler, en parlant par révérence, Formules d'excuse pour dire une chose qui pourrait blesser. Elles ont vieilli.

RÉVÉRENCE est aussi un Titre d'honneur qu'on donne à certains religieux. Votre Révérence veut-elle... Je prie Votre Révérence de remarquer... Il désigne encore le Mouvement du corps qu'on fait pour saluer, en s'inclinant et en pliant les genoux. Grande, humble, profonde révérence. Révérence de cour. Faire la révérence bas, bien bas. Faire la révérence de mauvaise grâce. Elle fait ses révérences trop longues, trop courtes. Fam., Tirer sa révérence à quelqu'un, Le saluer. Il signifie, particulièrement, Saluer en s'en allant, s'en aller. Je lui dis nettement ma façon de penser et je lui tirai ma révérence. Figurément, Je vous tire ma révérence, ne comptez pas sur moi.

Littré (1872-1877)

RÉVÉRENCE (ré-vé-ran-s') s. f.
  • 1Grand respect mêlé d'une sorte de crainte. Depuis aux bons sergents j'ai porté révérence, Régnier, Sat. VIII. Ou vous les exécuterez [les décrets] avec révérence, ou vous nous manderez la raison que vous croyez avoir de ne pas le faire, Pascal, Prov. XVIII. Les spectacles et les jeux publics, où la révérence de l'ordre sacerdotal est ravilie, Bossuet, Ordonn. synodale, 1691. Que peuvent des évêques qui ont anéanti eux-mêmes l'autorité de leur chaire et la révérence qu'on doit à la succession, en condamnant ouvertement leurs prédécesseurs jusqu'à la source même de leur sacre ? Bossuet, Reine d'Anglet. Il assistait tous les jours au saint sacrifice ; et son attention et sa modestie imprimaient le respect aux âmes les moins touchées de la révérence du lieu et de la sainteté du culte, Fléchier, Duc de Mont. Il [Euchidas] se purifia d'abord, s'aspergeant d'eau sacrée, se couronna de laurier, s'approcha de l'autel, y prit avec révérence le feu sacré…, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. III, p. 270, dans POUGENS. Ayez pour la grammaire un peu de révérence, Regnard, le Distr. III, 3. Ô révérence des temps passés et des contrées éloignées, combien tu nous fais dire de sottises ! Raynal, Hist. phil. I, 21.

    Fig. L'histoire, des grands cœurs la plus chère espérance, Que le temps traite seule avecque révérence, Rotrou, St-Gen. I, 4.

  • 2 Populairement. Révérence parler, parlant par révérence, sauf votre révérence, excuse dont on se sert quand on dit quelque chose qui pourrait déplaire ou blesser. Et moi, monsieur, que j'ai mon haut-de-chausse tout troué par derrière, et qu'on me voit, révérence parler…, Molière, l'Av. III, 2. Ce damoiseau, parlant par révérence, Me fait cocu, madame, avec toute licence, Molière, Sgan. 16. Mais dépenser son bien pour acheter du mal, Révérence parler, c'est être un animal, Boursault, Fabl. d'Ésope, II, 6. Sa vie [de Frédéric II] et, révérence parler, la mienne, sont de plaisants contrastes ; mais enfin il avoue que je suis plus heureux que lui ; c'est un grand point et une belle leçon, Voltaire, Lett. d'Argental, 8 nov. 1757.
  • 3Titre d'honneur qu'on donnait à certains religieux. Il n'y a pas même jusqu'aux religieux, qui, nonobstant les continuelles humiliations auxquelles leurs règles et leur profession les obligent, ne se traitent entre eux de Votre Révérence, Caillières, Mots à la mode, 2e convers. Il dit Votre Révérence à un prince du sang et Votre Altesse à un jésuite, La Bruyère, XI.

    En cet emploi, Révérence prend une majuscule.

    Populairement. On a bien parlé à Sa Révérence, on l'a bien réprimandé, on l'a bien gourmé.

  • 4Mouvement du corps pour saluer, qu'on fait soit en s'inclinant, soit en pliant les genoux. Un jeune homme bien fait, qui, rencontrant ma vue, D'une humble révérence aussitôt me salue : Moi, pour ne point manquer à la civilité, Je fis la révérence aussi de mon côté, Molière, Éc. des f. II, 6. Apprenez-moi comme il faut faire une révérence pour saluer une marquise ; j'en aurai besoin. - Le maître à danser : Une révérence pour saluer une marquise ? Molière, Bourg. gent. II, 1. Ô ciel ! quelle ignorance ! Ne savoir pas encor faire la révérence Depuis trois ans et plus qu'elle apprend à danser ! Regnard, le Distr. I, 4. Aux cérémonies de l'ordre du Saint-Esprit et à celles du parlement, on fait les révérences comme on les faisait anciennement, comme les femmes les ont toujours faites, Saint-Foix, Ess. Paris, Œuv. t. IV, p. 288, dans POUGENS. La vérité de l'histoire ne permet pas de taire qu'elle faisait mal la révérence ; mais elle dansait comme les fées, chantait comme les sirènes…, Voltaire, Zadig, 15. Il [Voltaire] disait : j'ai les reins peu flexibles ; je consens à faire une révérence ; mais deux de suite me fatiguent, Condorcet, Vie de Voltaire. Mais d'où vient donc, dis-moi, quelque part qu'on s'arrête, en Calabre ou ailleurs, tout le monde se met à faire la révérence, et voilà une cour ; c'est instinct de nature, nous naissons valetaille, Courier, Lettres, 25 juin 1806.

    Fig. Et faisant révérence à ma bonne fortune, Régnier, Sat. X.

    Familièrement. Tirer sa révérence à quelqu'un, le saluer. Quand il passa, je lui tirai ma révérence.

    Familièrement. Tirer sa révérence, saluer en s'en allant, s'en aller. Je lui dis ce que j'avais à lui dire, et lui tirai ma révérence.

    Fig. Tirer sa révérence, se dit pour refuser, ne pas se prêter à. Ne comptez pas sur moi en cette affaire, je vous tire ma révérence.

    Particulièrement. Faire la révérence, sa révérence à quelqu'un, lui présenter ses hommages, et le saluer pour la première fois ou quand on a été quelque temps sans le voir. Donner commission de lui faire la révérence de notre part, Pascal, Prov. IX. Il [le jeune Grignan] partit le jour de Noël pour aller coucher à Claye, et faire en passant la révérence à Livry, Sévigné, 27 déc. 1688. Quelle folie de s'appeler monsieur et madame de Grignan, et le chevalier de Grignan [des Grignans non de Provence, mais de Salon], et vous venir faire la révérence ! qu'est-ce que ces Grignans-là ? pourquoi n'êtes-vous pas unique en votre espèce ? Sévigné, 11 oct. 1671.

    Fig. Je fais une révérence à la sainte et modeste sépulture de Mme de Guise, dont le renoncement à celle des rois ses aïeux mérite une couronne éternelle, Sévigné, 29 mars 1696.

    Fig. Faire la révérence, s'esquiver, déserter. Il y eut des vedettes qui, sur de pareilles remontrances, firent une révérence aux leurs, et se rendirent à nous, Pellisson, Lett. hist. t. III, p. 214.

    Terme de manége. Faire la révérence, se dit d'un cheval qui fait un faux pas.

  • 5Sorte d'hommage rendu à un souverain, en certaines occasions. Le roi a reçu les révérences. Les voyages de Noisi sont plus fréquents que jamais, les révérences y sont plus réglées, les fontanges tout à fait établies, Maintenon, Lett. à M. d'Aubigné, 7 avril 1685.

HISTORIQUE

XIIe s. E depeschad [brisa] le serpent de arain que Moyses fist faire, pur ço que la gent jesque à cel tens li ourent ported reverence plus que faire ne dussent e fait oblatiuns, Rois, 406.

XIIIe s. Ma mere est : si la crieng d'enfance, Ge li port moult grant reverence, la Rose, 10794. Et prioit par grant reverence Nostre-Seigneur, que par les merites du benoict saint Loys le delivrast de si grant langueur, Miracles St Loys, p. 137. Reverence est cele vertus qui nos fait honor rendre as nobles persones et à celles qui ont aucune seignorie, Latini, Trésor, p. 432.

XIVe s. Lequel, oïz les noms des legaz, et le don, et le dieu à qui il estoit tramis, commença à avoir reverence à la bezongne, Bercheure, f° 107, verso.

XVe s. Adonc se montra ledit roi à tout le peuple qui là estoit assemblé ; et, quand ils le virent venir, tous s'inclinerent contre lui et lui firent la reverence, Froissart, III, IV, 52. Fist le roy d'Angleterre encores une plus grant reverence [salutation], Commines, IV, 10. Ge vous prie que vous veuilliez vestir mon habit de reverence, Perceforest, t. I, f° 139.

XVIe s. Il eut en si grande reverence la gravité venerable de ses propos et de sa conversation, que…, Amyot, Philop. 27. Reverence à [pour] la religion, Montaigne, I, 17. Ils regardent à sa reverence, à son maintien et à ses bottes quel homme il est, Montaigne, I, 147. Je vis du jour à la journée, et, parlant en reverence, ne vis que pour moy, Montaigne, III, 290.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

RÉVÉRENCE, s. f. (Gram.) terme qui exprime le respect qu’on porte aux choses sacrées, aux prêtres, aux temples, aux images, aux sacremens. N’oubliez jamais la révérence des lieux saints. Portez aux magistrats la révérence qu’on doit à ceux qui sont chargés du dépôt des lois & du soin de rendre la justice. Il est rare de parler des devoirs que la révérence du mariage exige d’une femme sans y manquer.

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Étymologie de « révérence »

Du latin reverentia.
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Provenç. reverencia, reverensa ; espagn. reverencia ; ital. riverenza, du lat. reverentia, de revereri, révérer.

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Phonétique du mot « révérence »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
révérence reverɑ̃s

Citations contenant le mot « révérence »

  • Lorsqu'on fait une profonde révérence à quelqu'un, on tourne toujours le dos à quelqu'un d'autre. abbé Ferdinando Galiani, Lettere, 22 novembre 1774
  • Lorsqu’on fait une profonde révérence à quelqu’un, on tourne le dos à quelqu’un d’autre. De Ferdinando Galiani / Lettre
  • Le porno enlève au sexe le mystère, la révérence et la transcendance. De Nikki Gemmell
  • La virilité se perd en révérences, le courage en civilités, et les hommes ne sont plus que des parleurs. De William Shakespeare / Beaucoup de bruit pour rien, 1600
  • Le verbe reste verbe. Les mots, élégants, sages, font leur petite révérence, puis s'éclipsent. Qu'en reste-t-il ? Des ronds dans l'eau. De Jean-François Khan / L'Evénement du jeudi - 14 Juin 1990
  • Dans la partie 4 dévoilée en avril dernier en plein confinement, les téléspectateurs découvraient une intrigue toujours plus explosive et divertissante, avec quelques hics qui illustraient un concept progressivement essoufflé. En décidant de tirer sa révérence après la partie 5, la série s'assurera (sans doute) de terminer en pleine gloire... , "La Casa de Papel" tire sa révérence
  • Flora de Mariposa a tiré sa révérence Eurosport, Flora de Mariposa a tiré sa révérence - Equitation - Eurosport

Images d'illustration du mot « révérence »

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Traductions du mot « révérence »

Langue Traduction
Anglais reverence
Espagnol reverencia
Italien riverenza
Allemand ehrfurcht
Chinois 尊敬
Arabe تقديس
Portugais reverência
Russe благоговение
Japonais 敬意
Basque begirune
Corse riverenza
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Synonymes de « révérence »

Source : synonymes de révérence sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « révérence »

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