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Irrévérence

Sommaire

  • Définitions du mot irrévérence
  • Étymologie de « irrévérence »
  • Phonétique de « irrévérence »
  • Citations contenant le mot « irrévérence »
  • Traductions du mot « irrévérence »
  • Synonymes de « irrévérence »
  • Antonymes de « irrévérence »

Définitions du mot irrévérence

Trésor de la Langue Française informatisé

IRRÉVÉRENCE, subst. fém.

A. − Manque de révérence. Synon. impertinence, insolence, irrespect.L'irrévérence est parallèle à l'esprit de critique, la ruse à la circonspection (Flaub., Bouvard, t. 2, 1880, p. 158):
Il est utile peut-être au fond que les enfants soient malheureux et méconnus de leurs parents! La contradiction leur enseigne l'irrévérence. Et l'irrévérence est la condition du développement de toute intelligence. Rivière, Corresp. [avec Alain-Fournier], 1906, p. 396.
Parler avec irrévérence. Parler de façon irrespectueuse. On trouve naturel de bannir un artiste qui a parlé avec irrévérence de l'orthodoxie de Le Brun (Faure, Espr., formes,1927, p. 258).
B. − P. méton. Action, geste, parole marquée d'irrévérence. Je réponds « oui » de la tête, en secouant mes cheveux sans parler, irrévérence qui fait froncer les sourcils touffus de MlleSergent... Ça m'est bien égal (Colette, Cl. école,1900, p. 82).
Prononc. et Orth. : [iʀ(ʀ)eveʀ ɑ ̃:s]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. xiiies. [ms.] irreverence « manque de respect, insolence » (Bible, BN 901, fol. 43b ds Gdf. Compl. [Eccli. 25, 29 : mulieris ira et irreverentia et confusio magna]); 2. 1429, 28 déc. inreverence « parole irrévérencieuse » (doc. A. Tournai, ibid.). Empr. au lat.irreverentia « manque de respect, licence ». Fréq. abs. littér. : 49.

Wiktionnaire

Nom commun

irrévérence \i.ʁe.ve.ʁɑ̃s\ féminin

  1. Manque de révérence, de respect.
    • Les irrévérences de Modeste envers son père, les libertés excessives qu’elle prenait avec lui ; […], semblaient être l’effet d’un caractère fantasque et d’une gaîté tolérée dès l’enfance. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

IRRÉVÉRENCE. n. f.
Manque de révérence, de respect. Extrême irrévérence. Affecter l'irrévérence. Par extension, Se rendre coupable d'irrévérences. Quelle irrévérence!

Littré (1872-1877)

IRRÉVÉRENCE (i-rré-vé-ran-s') s. f.
  • 1Manque de révérence. Mais tous deux s'emportant à plus d'irrévérence, Corneille, Poly. III, 2. Comme avec irrévérence Parle des dieux ce maraud ! Mon bras saura bien tantôt Châtier cette insolence, Molière, Amph. I, 2. La grâce ouvre les yeux de cet incrédule ; il reconnaît son orgueil, son irrévérence, son obstination, Fléchier, II, 168.
  • 2Actions, paroles irrévérentes. J'aurais cru d'un devoir faire une irrévérence, Rotrou, Bélis. IV, 2. Si bien que les fêtes ne diffèrent des autres jours, sinon en ce que les profanations et les irrévérences y sont plus publiques, plus scandaleuses, plus universelles, Bossuet, Sermons, Fond. veng. div. 1. Vous forcez le Seigneur d'en [des prières] détourner ses oreilles et ses yeux, par les irrévérences dont vous les accompagnez, Massillon, Carême, Temples. Les suites funestes des profanations et des irrévérences de nos pères, Massillon, ib.

HISTORIQUE

XIVe s. Ce a fait leur inobedience et irreverence qu'elles ont envers leurs maris, Ménagier, I, 6.

XVe s. Sur toute chose avoir en grande irreverence les gens d'eglise et principalement l'université de Paris, Juvénal Des Ursins, Charles VI, 1381.

XVIe s. Respandre le privilege de cette privauté à plusieurs, engendreroit une nuisible irreverence, Montaigne, IV, 252.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

* IRRÉVÉRENCE, s. f. (Gramm.) manque de vénération ; il ne se dit guere que des choses saintes & sacrées. On porte à l’église une irrévérence qu’on n’auroit point dans l’anti chambre d’un grand. Incrédule ou croyant, il ne faut jamais parler avec irrévérence des cérémonies & du culte d’un peuple chez lequel on vit ; si l’on croit, l’irrévérence est un blaspheme ; si l’on ne croit pas, c’est une indiscrétion dangereuse. En quelque lieu du monde que vous soyez, reverez-en le souverain & le dieu, au moins par le silence.

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Étymologie de « irrévérence »

 Dérivé de révérence avec le préfixe in-.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Provenç. et espagn. irreverencia ; ital. irreverenza ; du lat. irreverentia, de irreverens, irrévérent.

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Phonétique du mot « irrévérence »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
irrévérence ireverɑ̃s

Citations contenant le mot « irrévérence »

  • Comme avec irrévérence Parle des Dieux ce maraud ! Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, Amphitryon, I, 2, Mercure
  • L’irrévérence est parallèle à l’esprit de critique, la ruse à la circonspection. De Gustave Flaubert / Bouvard et Pécuchet
  • Impiété. Votre irrévérence envers mon dieu. De Ambrose Bierce / Le dictionnaire du Diable
  • La véritable irrévérence aujourd’hui, c’est faire du lien dans une époque qui sépare les êtres. De Abd al Malik / Télérama, 18 février 2015
  • L’irrévérence va de pair avec la culture, l’intelligence, la morale. Seule, elle devient gratuite. De Abd al Malik / Télérama, 18 février 2015
  • Puis, quelques mois plus tard, l’irrévérence chansonnière caractéristique de son style le conduisit à défroquer devant les caméras le Premier ministre en place, Laurent Fabius, toujours en prime time à la télé. Sous le règne de Mitterrand, Le Luron menait sa guerre des roses à lui : Causeur, Le Luron, Coluche et Desproges: l'irrévérence des «trois mousquetaires» - Causeur
  • La rédactrice en chef d’Air France Magazine, dans son n° 202 de février 2014, appelait l’irrévérence, «l’insolence, l’effronterie, l’audace, le non-conformisme…». Retrouver des propos de cette nature dans les écrits d’un ancien «haut gradé» de la police, soit-il à la retraite, de surcroît adressés au président de la République, m’a fait pousser ce cri du cœur très sûrement partagé par tous ces «hommes de tenue» pour qui la retenue dans tous les actes et propos constitue un caractère essentiel. Je ne me reconnais pas «répondeurs automatiques» qu’il insulte d’avance, s’attendant à leurs répliques, mais je revendique mon appartenance à la race de nos illustres prédécesseurs dans la retraite des forces de défense et de sécurité qui, même libérés de la sacro-sainte obligation de réserve et, pour certains, reconvertis en hommes politiques, sont demeurés fidèles aux valeurs inculquées dans nos écoles et centres de formation et entretenues pendant toute la durée de leur service «sous le drapeau». Je pense au feu Mamadou Diop «Le maire», colonel de gendarmerie, à Souleymane Ndiaye, chef d’escadron de gendarmerie, au général De Souza ancien Chef d’état-major général des Armées (Cemga), au colonel Malick Cissé des sapeurs-pompiers et Abdoulaye Baldé député-maire de Ziguinchor commissaire de police, entre autres. Tous ces hommes de valeur et de conviction ont assuré leur rôle avec ou contre le pouvoir en place, sans jamais se départir de leur personnalité forgée dans les casernes, qui a fait d’eux de véritables hommes d’Etat. Ils ont été pétris aux valeurs fondées sur trois référentiels que sont : les traditions, la foi et la loi. En effet dans ces établissements, d’abord la formation aux traditions militaires est adossée à la fois à notre glorieuse histoire guerrière, démontrant le patriotisme et le courage de nos héros nationaux, et à nos valeurs traditionnelles tirées de l’initiation des bois sacrés ou «case de l’homme» (neegu goor des Ouolof, bukut des Diolas, kee wuloo des Mandingues etc.) qui font de l’adolescent un homme mature, un citoyen accompli pour une Nation forte. Il s’agit des valeurs d’humilité, de stoïcisme, d’abnégation et de courage raisonné. Ensuite, le renforcement de la foi portée dans le culte des symboles d’unité dans l’école, le corps et la République (insigne, fanion étendard et drapeau) pour susciter le sentiment d’appartenance à la même communauté, transcendant les diversités ethnoculturelles et confessionnelles et qui tisse les liens de respect, de confiance et de solidarité, mais aussi dans les croyances religieuses, rappelant à chaque instant les obligations de droiture, d’honnêteté et de tolérance. Enfin, l’enseignement du cadre juridique du métier, en particulier les droits et devoirs dans l’exercice des futures fonctions, qui fait le fidèle et loyal agent de l’Etat et le dévoué et humble serviteur des citoyens. Le militaire, policier, douanier et autres paramilitaires, ainsi formés et «formatés», comment comprendre des écarts aussi graves dans les propos de quelqu’un issu de leurs rangs qui, en plus, a atteint les plus hautes marches de la hiérarchie de son corps d’appartenance, à l’endroit de la première institution de la République ? Comment un musulman (je suppose qu’il l’est) peut-il faire fi de la parole d’Allah au verset 26, chapitre «La famille d’Imran», «Oh Allah, Maître du pouvoir absolu. Tu donnes le pouvoir à qui tu veux…», et dire au Président actuel «vous n’auriez pas dû être notre Président» ? Comment quelqu’un qui a été officier de Police judiciaire pendant plusieurs décennies peut-il partir de sa seule «conviction et sur la base de faits avérés», pour accuser et prononcer la culpabilité de personnes au mépris du principe de la présomption d’innocence et en reprenant à son compte des arguments purement politiques, lui qui a fait une carrière d’«homme de loi» ? Je le renvoie pour exemple à une analyse très critique faite par un collègue, d’un arrêt de la Cour suprême parue dans le journal Le Quotidien du 23 janvier 2019. J’ai envie de dire «gorr, ca wax ja» qui peut être traduit par «on reconnaît la personne honnête dans sa parole». Dans la même culture ouolof, si on retient le proverbe «wax bu ñaawu dëkkul fu mu jëmm, fu mu jogee la dëkk», littéralement traduit «les propos irrévérencieux ne caractérisent pas son destinataire, mais son auteur», nul doute que le commun des Sénégalais s’interrogeront sur la personnalité de ce «commissaire de police de classe exceptionnelle etc.». Exceptionnelle aussi est une telle attitude dans la vie de nos forces de défense et de sécurité depuis l’accession de notre pays à l’indépendance. Fort heureusement, comme une hirondelle ne fait pas le printemps, l’attitude d’une seule personne ne peut suffire à caractériser toute une communauté. Aussi, à mon avis, le journaliste a-t-il, dans un article, cru trouver dans ses propos et ceux véhiculés par un autre commissaire de police à la retraire et deux anciens officiers de l’Armée des signes de mal-vivre au sein des forces de défense et de sécurité, n’a pas visité cette histoire et n’a pas observé que les propos tenus jusqu’ici par ces trois derniers n’ont jamais dépassé le Rubicon du «républicainement correct». La formation de base des membres des forces de défense et de sécurité décrite plus haut et leur management dans le déroulement de leur carrière ont été les facteurs déterminants de leur discipline et de leur professionnalisme qui ont garanti la stabilité de nos institutions et font leur prestige au plan international (voir la thèse de Doctorat d’Etat du colonel Doudou Sall sur le management des institutions en charge de la sécurité – Université Internationale – Dakar 2018). J’ai l’habitude de dire que nos forces de défense et de sécurité sont nées matures du fait qu’à la proclamation de notre indépendance nationale, un détachement de nos forces était en mission de maintien de la paix au Congo-Léopold-Ville, actuel Rdc. Si on connaît les conditions d’aptitude pour constituer un contingent des Nations unies pour une mission de paix, on mesurera la pertinence de mon propos sur la précocité professionnelle de nos forces de défense et de sécurité. Encore une fois, non, l’irrévérence n’est ni militaire ni paramilitaire au Sénégal et dans tous les Etats modernes. Respect. Sankoun FATY Colonel de Gendarmerie à la retraite 13e Promotion des élèves-gendarmes Promotion Colonel Badara Konté (3ème) de l’Enoa de Thiès , Non, l’irrévérence n’est ni militaire ni paramilitaire ! | Lequotidien Journal d'informations Générales
  • Reconnu par le public dès 2007 pour son fameux « Jambon Beur », c’est à partir de 2015 qu’il se lance dans la quête du côté sombre de l’être humain, puis dans « Les Confidences de Dieu » et enfin en 2017 dans « Farid est heureux », spectacle qui aborde l’irrévérence et les travers psychologiques de « Monsieur tout le monde », et où il s’essaye à l’humour noir. SudOuest.fr, Dax (40) : le diable s’invite sur scène

Traductions du mot « irrévérence »

Langue Traduction
Anglais irreverence
Espagnol irreverencia
Italien irriverenza
Allemand respektlosigkeit
Chinois 无礼
Arabe عدم الاحترام
Portugais irreverência
Russe непочтительность
Japonais 不誠実
Basque lotsagabekeria
Corse irreverenza
Source : Google Translate API

Synonymes de « irrévérence »

Source : synonymes de irrévérence sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « irrévérence »

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