Rabat : définition de rabat


Rabat : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

RABAT, subst. masc.

A. − Action de rabattre; résultat de cette action.
1. [Corresp. à rabattre A]
a) Vieilli. [Corresp. à rabattre A 1] Rabat de la pluie. [Dans] l'atterrissage des ballons libres (...) les coups de rabat (...) se produisent lorsque l'ancre ayant mordu, le ballon libre se trouve transformé en ballon captif (Marchis, Nav. aér., 1904, p. 433).
JEU DE PAUME. ,,Coup qui vient du rabat. Jouer le rabat`` (Ac. 1798-1878). JEU DE QUILLES. Action d'abattre des quilles en tirant la boule du point où elle s'est arrêtée du premier coup; résultat de cette action (d'apr. Petiot 1982). Il a fait deux quilles de venue, et quatre de rabat. Dans quelques parties, quand on n'a rien fait de venue, on ne joue point de rabat (Ac.1798-1878).
ARTS DÉCOR., TEINT. Dans les ateliers de teinture, on donne ce nom à une légère façon donnée à des étoffes de peu de valeur. On nomme également rabat l'opération que l'on fait subir à une étoffe pour diminuer la vivacité de ses couleurs (Doin, Dict. teint., 1828, p. i).
b) COUT. [Corresp. à rabattre A 2 c] Point de rabat. − (...) Le bord du tissu à rabattre étant placé du côté antérieur, prendre sur l'aiguille un fil du tissu de dessus, piquer juste en face et glisser légèrement dans celui du dessous, pour ressortir à petite distance, et prendre à nouveau un fil de celui du dessus et repiquer juste en face (Arnou, Mét. tailleur, 1952-53, p. 8).
c) MARBRERIE. [Corresp. à rabattre A 3 b] Opération du polissage des marbres qui succède à l'égrisage (...) et dans laquelle on continue de frotter la surface avec des morceaux de faïence sans émail, toujours en mouillant et en substituant au grès un sable très doux (...). On fait le rabat des granits et porphyres avec de l'émeri et une molette de plomb (Chabat1881).
2. COMM. [Corresp. à rabattre B 1 b] Remise, ristourne. Rabat de prix. Tu me fais un rabat de cop' [copain] (Riv.-Car.1969).
3. [Corresp. à rabattre C]
a) CHASSE, VÉN. [Corresp. à rabattre C 1] Chasse au rabat, ou p. ell., rabat. Action de rabattre le gibier vers des tireurs ou des pièges. Synon. battue, traque.Chasser au rabat. Comme il [l'ours blanc] était tout à fait hors de portée, j'essayai de descendre à terre avec quelques hommes pour faire un rabat (H.-Ph. D'Orléans, Chasses arct., 1911, p. 33):
1. Les perdreaux se refusent souvent à passer la ligne de tir, dont les premières détonations leur ont indiqué la position. Le seul remède, qui n'est pas toujours efficace, est d'intercaler des tireurs dans la ligne de rabat; les oiseaux pris alors entre deux lignes de feu se décident alors souvent à franchir à tire-d'aile la mieux dissimulée, bien qu'elle soit la plus meurtrière. Vidron, Chasse, 1945, p. 29.
b) FOOTB., RUGBY. [Corresp. à rabattre C 3 b] Action de l'attaquant qui change brusquement sa ligne de progression pour dérouter la défense. Synon. rabattement.M. se spécialise dans les rabats (L'Auto, 13 déc. 1907ds Petiot 1982).
B. − TECHNOL. Ce qui sert à rabattre.
1. [Corresp. à rabattre A 1]
a) CONSTR. Rabat de cheminée. ,,Pan coupé entre l'âtre et le manteau d'une cheminée`` (Barb.-Cad. 1971).
b) JEU DE PAUME. ,,Toit d'un jeu de longue paume, qui sert à rejeter la balle. Être au rabat; tenir le rabat`` (Ac. 1798-1878).
2. [Corresp. à rabattre A 3 b] MARBRERIE. ,,Sable argileux servant à enlever les inégalités du marbre, et qui, le plus souvent, provient de la terre des plats et assiettes, non vernis, dont la cuisson a été manquée`` (Jossier 1881). Le frotter [le marbre] avec le rabat, avec de la terre cuite pulvérisée, pour lui enlever ses aspérités et le préparer au polissage (Jossier1881).
3. Arg. [Corresp. à rabattre C 1] Synon. de rabatteur.Les rabats l'avaient à la caille avec les chauffeurs de bahuts qui leur chouravaient [volaient] leur clientèle (Le Breton1960).
C. − P. méton. [Corresp. à rabattre A 2] Ce qui est rabattu.
1. Cour. Partie d'une chose (en matière souple) qui peut se rabattre, se replier. Rabat d'une enveloppe, d'un classeur; sac à rabat. Le rabat du drap blanc sur la couverture du lit (Aymé, Jument, 1933, p. 253).
En partic. [Le plus souvent à propos d'un vêtement] Partie repliée et rabattue. Casquette, poche à rabat. [Mon compagnon] avait des gants à rabat (Giraudoux, Siegfried et Lim., 1922, p. 69).Bonnet de loutre (avec des rabats pour cacher les oreilles, attachés sous le menton par un ruban noir) (Triolet, Prem. accroc, 1945, p. 286).En compos. Le blouson en tissu cravate: un des best-sellers 71. Celui-ci a deux poches-rabats (Elle, 25 janv. 1971, p. 46).
2. HIST. DU COST.
a) Grand col rabattu comportant une partie retombant sur la poitrine, tenant office de cravate au xviies. dans le costume masculin. Son col blanc et rond comme une colonne de marbre supportait fièrement sa tête et sortait dégagé d'un rabat en point de Venise du plus grand prix (Gautier, Fracasse, 1863, p. 206).
b) Morceau d'étoffe noire, divisée en deux parties oblongues, bordées de blanc, qui se rabat du col sur la robe et que portaient certains hommes d'église. Rabat d'ecclésiastique, de prêtre. L'eau coulait de ses joues jusque dans le collet de sa soutane; il ôta brusquement son rabat et le mit dans sa poche (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 1, 1870, p. 76).Le pasteur parut dans sa robe noire à rabat (Ramuz, A. Pache, 1911, p. 148).V. infra C 2 c ex. de Faure:
2. − Et un rabat? Porterez-vous un rabat, monsieur l'abbé? Monseigneur n'en porte pas, mais ces messieurs de Saint-Sulpice en sont restés partisans. Le voulez-vous de laine ou de soie? − De laine, dis-je à regret, songeant que je l'ôterais hors du séminaire pour faire apparaître le collet romain. Billy, Introïbo, 1939, p. 34.
P. méton. Homme d'Église qui porte le rabat. − Madame, interrompit le curé, je vous demanderai de ne plus assister aux séances [de magnétisme]. Il y a défense de Monseigneur. − Ainsi vous croyez que le démon est en Madame Gérard? dit le président en ricanant. − Je me soumets à l'ordre. L'indépendance du rabat! marmotta le président, qui ne voulait rien pardonner à l'ennemi de son bonheur (Duranty, Malh. H. Gérard, 1860, p. 77).
c) Ornement faisant office de cravate et formant plastron sur la robe des avocats, des magistrats, de certains membres de l'Université. Il existe encore des collèges à grands murs, des professeurs à rabats; mais Dieu merci, mon bon petit Eugène n'est pas plongé dans ces antres! (Delécluze, Journal, 1825, p. 211).Les rabats de dentelles des maîtres de la chaire et des confesseurs de rois (Faure, Hist. art, 1921, p. 26).Le rabat des magistrats et avocats est blanc et plissé, pendant sur la robe (Leloir1961).
Prononc. et Orth.: [ʀaba]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. 1260 « rabais » (Comptes de Crepy en Valois ds Layettes du Trésor des Chartes, III, 512 ds Fonds Barbier). II. 1. 1480 « action de rabattre le gibier » [déf. de La Curne et FEW t. 24, p. 21b; le gloss. de l'éd. Freeman donne « rabais »] (Guillaume Coquillart, Nouveaulx Droitz, 1140, éd. M. J. Freeman, 188); 1671 oyseau de rabat (Pomey); 1690 (Fur.: rabat est aussi une sorte de chasse); 2. 1669, août terme de teinturier (Réglem. sur les manuf., Teinturiers en laine, art. 23 ds Littré). III. a) 1585 habill. rabat de manteau (Chateau Quermellin Inv., 123 ds IGLF); b) 1595 « collerette de femme » (Inv. Jeanne de Bourdeille, 44, ibid.); c) 1690 « partie du costume des prêtres » (Fur.); d) 1718 « pièce du costume des magistrats » (Ac.). Déverbal de rabattre*. Bbg. Sain. Arg. 1972 [1907] p. 47, 179, 210. − Sculpt. 1978, p. 653.

Rabat : définition du Wiktionnaire

Nom commun

rabat \ʁa.ba\ masculin

  1. (Habillement) Pièce de l’ancien costume français consistant en un col de toile, garni ou non de dentelles, qui laissait le cou des hommes découvert.
    • Le Chrysale de Molière parle d’un gros Plutarque à mettre ses rabats.
    • Ah ! je comprends aujourd’hui le bonhomme Chrysale qui serrait ses rabats dans un gros Plutarque. À son exemple, je mettrai désormais toutes mes cravates entre les feuillets des Acta sanctorum. — (Anatole France, Le crime de Sylvestre Bonnard, Calmann-Lévy ; éd. Le Livre de Poche, 1967, page 166)
  2. Partie du costume ecclésiastique consistant en un morceau de toile noire divisé en deux portions oblongues et bordées de blanc, et qui se rabattait sur le devant du col.
    • Grand rabat.
    • Petit rabat.
    • Empeser les rabats.
    • Au lieu de rabat, il portait un petit collet (alzacuello) bleu et blanc, comme les prêtres de Belgique. — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, Charpentier, 1859)
    • Deux juges à petits rabbats d’abbé, regardaient, une plume en main, d’un air recueilli, la voûte du cachot où se passait la scène. — (Joris-Karl Huysmans, Le Drageoir des épices, 1877)
  3. Pièce de batiste, de dentelle, etc., qui fait office de cravate dans le costume officiel des magistrats, des avocats, des membres de l’université, etc.
  4. (Chasse) Action de rabattre le gibier.
  5. Pièce de plâtre mince couvrant la largeur du manteau d'une cheminée.
  6. Sable fin servant à polir le marbre.
  7. Action du polissage du marbre avec ce sable fin.
  8. Nom donné à la terre des plats non vernis dont la cuisson a été manquée.
  9. Partie souple d'un objet, repliable.
    • Dossier à rabat.
    • Chemise à rabat.

Forme de verbe

rabat \ʁa.ba\

  1. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de rabattre.

Adjectif

rabat \ʁabat\

  1. (Argot) Défoncé, qui a consommé des stupéfiants, le plus souvent du cannabis.
    • zarma je suis rabat
    • C’est shabbat, je suis rabate. — (Svinkles, Le plancher m’appelle)

Nom commun

rabat \Prononciation ?\ masculin

  1. Variante de rabast.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
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Rabat : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

RABAT. n. m.
Pièce de l'ancien costume français consistant en un col de toile, garni ou non de dentelles, qui laissait le cou des hommes découvert. Le Chrysale de Molière parle d'un gros Plutarque à mettre ses rabats. Il se disait aussi d'une Partie du costume ecclésiastique consistant en un morceau de toile noire divisé en deux portions oblongues et bordées de blanc, et qui se rabattait sur le devant du col. Grand rabat. Petit rabat. Empeser les rabats. Il se dit encore d'une Pièce de batiste, de dentelle, etc., qui fait office de cravate dans le costume officiel des magistrats, des avocats, des membres de l'Université, etc. En termes de Chasse, il désigne l'Action de rabattre le gibier.

Rabat : définition du Littré (1872-1877)

RABAT (ra-ba ; le t ne se prononce pas et ne se lie pas) s. m.
  • 1Ce qui est rabattu ; s'est dit primitivement d'un col garni de dentelles ou même sans garniture, qui laissait le cou des hommes tout à fait à découvert.

    Plus tard, pièce d'une toile fine et empesée, quelquefois même garnie de dentelles, qui tombait sur le devant de la poitrine. Nous causions de mouchoirs, de rabats de dentelles, De ménages de fille…, Corneille, Gal. du Palais, IV, 10. Hors un gros Plutarque à mettre mes rabats, Molière, Femm. sav. II, 7. Dites-moi à quoi vous vous en voulez servir [d'un livre] ; Belastre lui répondit brusquement : c'est pour mettre mes rabats en presse, Furetière, Roman bourgeois, Hist. de Charrosselles, p. 232. Vous êtes trop sérieux, et je trouve qu'un plumet était mieux votre fait qu'un rabat, Dancourt, la Femme d'intr. III, 5. Si jamais vous rencontrez quelques pédants à grand rabat ou à petit rabat, dites-leur bien, je vous en prie, que jamais ils n'auront ce plaisir de me condamner en mon propre et privé nom, Voltaire, Lett. d'Alembert, 19 sept. 1764. Ils ressemblent au Scaramouche de l'ancienne comédie italienne, qui volait un rabat de point à Mézétin ; celui-ci déchirait un peu le rabat en se défendant ; et Scaramouche lui disait : Comment ! insolent, vous me déchirez mon rabat, Voltaire, Dict. phil. Quisquis, Nonotte.

    Aujourd'hui, partie de l'habillement des ecclésiastiques consistant en un morceau de toile noire qui descend sur la poitrine, et qui est divisé en deux portions oblongues et bordées de blanc. Les membres de certaines congrégations portent des rabats blancs.

    Le rabat blanc est porté par la magistrature, le barreau, le parquet et les professeurs de l'université en robe.

    Les rabats, pour dire les gens qui portent le rabat. La jeunesse est dans notre nasse, Et les hausse-cols font place aux rabats, Béranger, Messe du St-Es.

  • 2Feuilles d'une fleur artificielle qui tombent à côté des feuilles supérieures.
  • 3Pièce de peau qui assemble les éclisses d'un soufflet d'orgues.
  • 4 Terme de vénerie. Chasse qui se fait, la nuit, en rabattant les filets sur le gibier qu'on a poussé ; ou le jour, en faisant battre la campagne et pousser le gibier à la rencontre des chasseurs.

    Terme de fauconnerie. Lâcher le rabat, lâcher l'autour après la première secousse.

  • 5 Terme de jeu de quilles. Second coup joué de l'endroit où la boule s'est arrêtée. Faire trois quilles de venue et autant de rabat.
  • 6Toit d'un jeu de paume, qui sert à rejeter, à rabattre la balle.

    Par extension, coup qui vient du rabat.

  • 7Rabat de cage, le dessus d'une cage.
  • 8Morceau de toile dont le cirier se sert pour rabattre ce qui s'élève de la baignoire en tournant.
  • 9 Terme de jurisprudence. Rabat ou rabattement de défaut, suppression de défaut.
  • 10Diminution. Rabat de prix.
  • 11 Liqueur noire employée aux Gobelins pour brunir les couleurs ; sauf la gomme, c'est une véritable encre formée d'une décoction de bois de campêche, de noix de galle et de sumac, à laquelle on a ajouté du sulfate de fer, Chevreul. Afin de leur bailler l'œil requis… il leur sera donné un très léger rabat, avec un peu de galle et de couperose, Règlem. sur les manuf. août 1669, Teinturiers en laine, art. 23.
  • 12Huile de rabat, voy. FROISSAGE.
  • 13Nom que l'on donne à la terre des plats et assiettes non vernis, dont la cuisson a été manquée.
  • 14Outil du charron pour tracer des lignes droites.
  • 15Sable argileux servant à dégrossir le marbre.

HISTORIQUE

XVe s. Dont sourt riotte [querelle], et discords et debatz, Dechiet de corps, et de chastel rabaz, Et qui a mis mainte cité au bas, Chartier, Œuv. p. 576. Il faut ceintures, Rabas, chaperons et bordures, Blason des faulces amours, p. 270, dans LACURNE. Lequel mot se voyoit au rabat des courtines de ladite figure, J. Chartier, Hist. de Charles VII, p. 300, dans LACURNE. L'escuyer, qui estoit moult puissant, rabatoit et se defendoit de l'emprise de son compaignon, et d'un rabat rompit la dague de la hache dudit messire Jaques, De la Marche, Mém. liv. I, p. 325, dans LACURNE. Roy des François, gaigné as l'avantaige ; Parfaiz ton jeu, comme vaillant et saige, Maintenant l'as plus belle qu'au rabat [du jeu de quilles], Orléans, Ball. 77.

XVIe s. Tout cela leur sera baillé au terme arresté, sans rabat, ne delai, De Serres, 34. Qu'il n'avoit pu estre adverti des assignations à luy données, et à ce moyen requeroit le rabat du defaut contre luy octroyé, Coust. gén. t. II, p. 1050.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

RABAT. Ajoutez : - REM. Rabat, au XVIIe siècle, s'est dit non-seulement d'une pièce de la toilette des hommes, mais aussi de cols ou collerettes de femmes. On vous connaît assez, et vous êtes de celles Que mille fois le plâtre a fait passer pour belles, Dont la vertu consiste en de vains ornements, Qui changent tous les jours de rabats et d'amants, Corneille, Lexique, éd. Marty-Laveaux.

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Rabat : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

RABAT, s. m. (Gram.) partie du vêtement des ecclésiastiques, & de la plûpart des gens de robe, des marguilliers, des officiers de communautés, &c. c’est un morceau de toile qui fait le tour du cou, monté sur un porte-rabat, qui couvre le porte-rabat, & qui descend divisé en deux portions oblongues & ourlées, plus ou moins bas sur la poitrine. Autrefois, il bordoit le collet du pourpoint ; tous les hommes portoient le rabat ; il y en avoit à dentelle, à point, d’uni, de plissé, d’empesé. Aujourd’hui il n’est plus d’usage que dans l’église, au palais, & dans les fonctions de quelques dignités ; les ecclésiastiques l’ont court ; les gens de robe & autres, long. Il a été appellé rabat, parce qu’autrefois ce n’étoit que le col de la chemise rabattu en-dehors sur le vêtement. Lorsque le rabat n’a point de barbes ou d’aîles pendantes, mais que ce n’est qu’une simple bande de toile ourlée & attachée sur le porte-collet, on l’appelle collet ; c’est de cette bande de toile qu’on a appellé nos jeunes ecclésiastiques, des petits collets.

Rabat, (Géog. mod.) ville d’Afrique, dans la province de Trémecen, au royaume de Fez, entre la ville de Fez & celle de Tanger, à l’embouchure de la riviere de Burregreg, du côté du couchant, bâtie par Jacob Almanzor. Du vivant de ce prince, elle étoit très-brillante ; on y voyoit plusieurs mosquées, & quelques palais ; à peine y a-t-il aujourd’hui 400 feux ; son château n’est bon que pour un coup de main ; le port est à demi-lieue de la ville, en remontant le fleuve. Long. 11. 28. latit. 33. 42. (D. J.)

Rabat, terme de Commerce, fort usité à Amsterdam : c’est un excompte ou diminution que l’on fait sur le prix de certaines marchandises, lorsque l’acheteur avance le payement de la somme dont il étoit convenu avec le vendeur. Voyez Excompte.

Le rabat s’estime par mois, & s’accorde seulement pour certaines sortes de marchandises, qui, suivant l’usage d’Amsterdam sont,

Les laines d’Allemagne, qui se vendent 15 mois de rabat.
Les cendres & potasses, 18
Les soies d’Italie, 18
Les sucres du Brésil, 18
Les laines d’Espagne, 21

C’est-à-dire, que ces marchandises se vendent à payer comptant, en déduisant ou rabattant l’intérêt de l’argent qu’on ne devroit payer qu’au bout de quinze, de dix-huit, de vingt-un, ou de trente-trois mois.

Cet intérêt qu’on appelle rabat, est pour l’ordinaire reglé à huit pour cent par an, qui sont incorporés dans le prix de la marchandise par le vendeur, lequel pouvant donner sa marchandise pour cent florins argent comptant, la vend cent-huit florins, s’il la vend à un an de terme.

Les Marchands n’étant pas toujours en état de payer comptant les marchandises qu’ils achetent, ont imaginé le rabat, tant pour donner le moyen à ceux qui le font de payer comptant, que pour engager les autres à se libérer le plutôt qu’ils peuvent, en vûe de cet excompte. Dictionnaire de Commerce, Trévoux & Chambers.

Rabat, (Outil de Charron.) cet outil est une petite planche quarrée de la grandeur de trois à quatre pouces, qui est percée au milieu d’un trou quarré dans lequel passe un morceau de bois long d’un pié & demi, & de la grosseur en quarré du trou qui est à la planche ; de façon cependant qu’en cognant, l’on peut faire reculer ou avancer le morceau de bois quarré ; le long de ce morceau de bois sont placées de petites pointes qui marquent, quand on les passe sur un autre morceau de bois.

Les Charrons se servent de cet outil pour tracer des lignes droites, de même que les Menuisiers se servent du trusquin dont le rabat est une espece. Voyez Trusquin.

Rabat, (Cirerie.) les Blanchisseurs de cire nomment de la sorte, un morceau de grosse toile qu’on met sur le tour ou tourillon de la greloire à quelque distance, pour rabattre ce qui s’éleve de la baignoire en tournant. Savary. (D. J.)

Rabats, (Jardinage.) est un terme chez les Fleuristes, qui exprime les feuilles d’une fleur qui tombant à côté des feuilles supérieures, forment comme une espece de rabat ; les balsamines, les iris ont des rabats.

Rabat, (Lutherie.) c’est dans les soufflets d’orgue une piece de peau triangulaire & parée sur tous les bords, qui assemble les éclisses par leur bout étroit les unes avec les autres. Voyez abc, fig. 23. Planche d’orgue, & l’article Soufflets d’orgue. Cette peau, comme toutes les autres pieces, est collée avec de bonne colle forte de Menuisier.

Rabat, (Manufacture en soie.) lisse sous la maille de laquelle les fils de chaîne sont passés ; elle sert à les faire baisser.

Rabat, terme de Teinturier ; c’est une légere façon de teinture qu’on donne aux étoffes de peu de valeur ; on dit aussi donner un rabat dessiné aux couleurs brunes, comme celle d’olive passée en verd.

Rabat, terme de Vannier, c’est le dessus d’une cage.

Rabat, on appelle chasse au rabat, celle où on va la nuit avec des filets pour rabattre sur le gibier qu’on pousse dedans par le moyen des chiens secrets.

Rabat, (Jeu de paume.) c’est le toît d’un ou de deux des côtés du jeu de paume, qui couvre la galerie & forme les dedans.

Rabat, (au jeu de quille.) le coup de rabat, est celui qu’on joue de l’endroit où la boule s’est arrêtée après avoir été poussée vers les quilles dressées au coup précédent. Il y a deux coups ; le premier qu’on joue d’une distance marquée, c’est le coup de boule ; le second qu’on joue de la distance à la quelle la boule s’arrête au premier coup, c’est le coup de rabat. On joue autant de coups de rabat, qu’on a abattu de quilles au premier coup de boule, & tous ces coups de rabats se jouent tous de la distance à laquelle la boule s’éloigne du quillier. Il faut donc ménager son premier coup & les coups de rabat, de maniere qu’on abatte le plus de quilles possible, & que la boule s’éloigne le moins du quillier. Si en rabattant, on abat plus de quilles qu’il n’en faut, on perd la partie.

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Étymologie de « rabat »

Étymologie de rabat - Wiktionnaire

(Nom commun) Déverbal sans suffixe de rabattre.
(Adjectif) De l’arabe.
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Étymologie de rabat - Littré

Substantif de rabattre.

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Phonétique du mot « rabat »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
rabat raba play_arrow

Citations contenant le mot « rabat »

  • La mort nous égale tous ; c'est où nous attendons les gens heureux : elle rabat leur joie et leur orgueil, et console par là ceux qui ne sont pas fortunés. De Madame de Sévigné / Lettres
  • Mais le sommeil se fait indifférence. Ses lumières, ses ombres : plus rien qu’une Vague qui se rabat sur le désir. De Yves Bonnefoy / Les Planches courbes

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Traductions du mot « rabat »

Langue Traduction
Corse rabat
Basque rabat
Japonais ラバト
Russe рабат
Portugais rabat
Arabe الرباط
Chinois 拉巴特
Allemand rabat
Italien rabat
Espagnol rabat
Anglais rabat
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Synonymes de « rabat »

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Antonymes de « rabat »


Mots similaires