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Pension

Définitions du mot « pension »

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PENSION, subst. fém.

A. −
1. Allocation, le plus souvent viagère, versée périodiquement à une personne −par un souverain, un état, un organisme social, un particulier −pour assurer son existence matérielle, l'indemniser, la récompenser pour des services rendus, des travaux, des mérites. Synon. rente, revenu, subvention.Son père allait se retirer des affaires, et (...) sa retraite ne lui permettrait plus de lui continuer sa modique pension (Karr,Sous tilleuls,1832, p.44).D'ordinaire, les pensions aidant, le métier d'homme de lettres était un métier fort doux (A. France,Vie littér.,1888, p.93).Il a épousé la demoiselle, mais il n'a pas voulu de la belle-mère, à qui il a fait une pension pour qu'elle quitte le pays (Simenon,Vac. Maigret,1948, p.33).V. aussi allocation ex. de Hugo.
SYNT. Pension définitive, temporaire, à vie; bonne, grosse, maigre, misérable, modeste, petite pension; pension raisonnable, ridicule; accepter, accorder, allouer, avoir, demander, recevoir, toucher une pension; attendre sa pension; payer, verser une pension à qqn; supprimer la pension de qqn; faire valoir ses droits à pension; avoir droit à une pension; être bénéficiaire, titulaire d'une pension; dossier de pension; montant, taux de la pension; cumul de pensions; titre de pension; liquidation, paiement, relèvement des pensions; législation, réglementation des pensions.
Allocation allouée aux lauréats du prix de Rome et qui consiste à payer leur séjour d'étude à l'Académie de France à Rome. Synon. bourse.Quant à ce qui concerne l'École de Rome, depuis le décret de 1863, la pension des lauréats est réduite de cinq à trois ans, et sur ces trois années les élèves peuvent en passer une bonne partie en voyage (Viollet-Le-Duc, Archit.,1872, p.163).
DROIT
Code des pensions. Ensemble des textes qui régissent les pensions civiles. Le régime des pensions de retraite est aujourd'hui fixé par le Code des pensions civiles et militaires de retraite qui codifie l'ensemble de la législation applicable (Réau-Rond.1951).V. aussi infra pension de guerre.
Pension «ad litem». ,,(«Par suite du procès») pension dont le service doit durer pendant le cours d'un procès et dont les arrérages doivent servir soit à assurer la subsistance du créancier pendant la durée du procès, soit à payer les frais de l'instance`` (Cap. 1936).
Pension alimentaire*. Il y a, d'une part, la pension alimentaire allouée à la femme lorsque le divorce est prononcé aux torts du mari. C'est une sorte d'amende payée par l'époux coupable à l'épouse innocente et destinée en principe à lui conserver le même standing de vie. Elle ne peut excéder le tiers des revenus du mari. D'autre part, il y a la pension alimentaire destinée à l'entretien et à l'éducation des enfants (Elle,16 sept. 1968, p.6, col. 7).
Pension de guerre. Pension versée aux victimes de la guerre ou à leurs ayants droit. Le régime des pensions des victimes militaires et civiles de la guerre est fixé par le Code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre qui codifie (...) les décrets et les arrêtés en vigueur en matière de pensions de guerre (Réau-Rond.1951).
Pension hors-guerre. ,,Les pensions dites «hors guerre» comprennent celles qui ont été accordées à l'occasion des opérations militaires menées sur les théâtres d'opérations extérieurs entre 1919 et 1939 et des opérations qui, après la deuxième guerre mondiale, ont été conduites au titre du maintien de l'ordre en Afrique du Nord`` (Le Monde, 10 oct. 1969, p.5, col. 6).
Pension d'indemnisation. ,,Allocation temporaire ou viagère accordée par l'État à titre d'indemnité aux personnes ayant contracté une infirmité au service de l'État ou par suite de faits de guerre. Elle correspond donc à la réparation d'un préjudice`` (Lubrano-Lavadera, Législ. et admin. milit., 1954, p.253).
Pension d'invalidité. ,,Pension dont le service a pour but de compenser la perte ou la diminution de capacité de travail provenant d'un accident, d'une maladie ou d'une infirmité`` (Cap. 1936). V. invalidité ex. de Barr. 1974, de Méd. Flamm. 1975 et de Lubrano-Lavadera.
Pension de veuf/veuve. Pension versée au conjoint survivant âgé de moins de 60 ans et atteint d'une incapacité supérieure à 66 % (d'apr. Sournia 1973). Comment vivre? La pension de veuve, les six cents francs qu'elle touchait, suffisait à peine aux besoins de l'enfant (Zola,L'OEuvre,1886, p.102).
Pension viagère. Pension versée à une personne durant toute sa vie mais non réversible sur ses héritiers. Le comte de Chamery vous a assuré (...) une pension viagère de 12000 livres (Ponson du Terr.,Rocambole,t.4, 1859, p.67).
En partic. Pension (de retraite, de vieillesse). Allocation versée périodiquement par la caisse d'assurance et de prévoyance aux personnes qui ont atteint un certain âge et qui ont effectué des versements à cette caisse (d'apr. Cap. 1936). Synon. retraite.Sa pension de retraite payée régulièrement par l'intermédiaire d'un banquier hindou, lui donnait, avec assez d'aisance, une certaine vanité (Gobineau,Nouv. asiat.,1876, p.243).Les pensions de vieillesse ont pour objet de garantir des ressources aux personnes qui ont atteint un certain âge, au delà de 60 ans et qui ont versé plus de 15 ans de cotisations (F. Netter, Notions essentielles de sécur. soc.,Paris, Sirey, 1951, p.167).V. aussi cessation ex. 1:
1. Pour une colonie d'élégants retraités, Rye est pourtant assez endormi, malgré les familles d'ex-officiers des services civils et militaires, qui viennent, modestement, y attendre la mort, en vivant sur leur pension et leurs modiques revenus. Blanche,Modèles,1928, p.181.
Pension d'ancienneté/pension proportionnelle. Allocation versée par l'État à tout fonctionnaire ou militaire totalisant un certain nombre d'années de service et ayant cotisé régulièrement:
2. Les pensions militaires de rémunération, c'est-à-dire les pensions pour ancienneté de service (...) sont fonction de la durée des services accomplis par les bénéficiaires. Elles peuvent donc se classer en: 1 pensions d'ancienneté accordées après une carrière complète passée au service de l'État; 2 pensions proportionnelles accordées après 15 ans de services, mais alors que le bénéficiaire n'a pas atteint le terme d'une carrière complète... Lubrano-Lavadera,op.cit.,p.255.
Pension civile, militaire. ,,Pension dont le service est assuré aux fonctionnaires civils ou aux militaires admis à la retraite et dont le capital est constitué à l'aide de retenues opérées durant leur activité sur leur traitement ou solde`` (Cap. 1936).
Pension de réversion, de survivant. ,,Pension versée au conjoint survivant (âgé d'au moins 55 ans) d'une personne prédécédée qui avait acquis de son vivant des droits à une retraite ou à une pension au titre de l'assurance vieillesse`` (Barr. 1974). Selon un rapport officiel, le nombre de pensionnés (y compris les bénéficiaires de pensions de reversion) dépasse désormais celui des cotisants (Meynaud,Groupes pression Fr.,1958, p.262).
Région. (Canada). Retraite. Fonds de pension; être à sa pension. ,,Prendre sa pension. Prendre sa retraite`` (L. Bergeron, Dict. de la lang. québécoise, Montréal, VLB, 1980).
2. DR. CANON. Somme que l'on prenait autrefois, chaque année, sur les revenus d'un bénéfice. Il a résigné son prieuré, et a retenu six cents francs de pension. Il a obtenu trois mille livres de pension sur tel évêché. Un brevet de pension sur une abbaye (Ac.1798-1878).Un édit de juin 1671 autorisait les titulaires de cures ou de prébendes à les résigner avec réserve de pension (MarionInstit.1923).
B. − P. ext.
1.
a) Nourriture (éventuellement hébergement et entretien) d'une personne, d'une manière régulière et pendant un certain temps, gratuitement ou moyennant un prix convenu. L'occasion était trop belle de ce séjour sous un ciel merveilleux, avec un semblant de famille, la pension moins chère que dans un hôtel (A. Daudet, Évangéliste,1883, p.19).Tellier, vu hier un instant, me dit qu'avec 120 francs, je puis très largement avoir chambre, pension et blanchissage (Verlaine,Corresp.,t.2, 1887, p.112).
[Le plus souvent dans des loc. verb.] Être en pension au pair, chez un particulier, dans un hôtel; prendre qqn chez soi en pension. Et la mère l'avait mis en pension (...) chez des gens, où un médecin du quartier le soignait (Zola,Fécondité,1899, p.650).
Prendre pension. Se faire servir régulièrement ses repas (et éventuellement être logé et blanchi). Il [l'apprenti] prend logis et pension chez le maître, qui, établi, «tenant chef d'hostel, c'est à savoir feu et lieu», a charge aussi bien de son logement, de sa nourriture et de son vêtement que de son instruction professionnelle (Faral,Vie temps st Louis,1942, p.70).
P. anal. Prendre un cheval, un chat, un chien en pension. Le brave jeune homme la conjure, la force de garder l'argent, pour la pension du chien auquel il renonçait (Dusaulx,Voy. Barège,t.2, 1796, p.7).Une fois rapportée de chez le praticien qui la prit en pension, la bête [la tortue] fulgura comme un soleil (Huysmans,À rebours,1884, p.57).
b) Spécialement
α) HÔTELLERIE
Pension (complète). Pension comprenant tous les repas et l'hébergement. Hôtels, pensions de famille et maisons meublées, sont tenus d'afficher (...) les prix de chaque chambre, les prix de pension et de demi-pension, ainsi que ceux des repas à prix fixe (Jocard,Tour. et action État,1966, p.91).
Demi-pension*. V. supra ex. de Jocard.
β) Nourriture et hébergement dans l'établissement scolaire où l'on est élève. Être en pension dans un collège, un lycée. Les élèves sont internes (sauf les élèves commissaires de deuxième année) et bénéficient de la gratuité de l'enseignement, de la pension et du trousseau (Encyclop.éduc.,1960, p.237).
2. P. méton.
a) Somme payée pour être nourri (et éventuellement logé et blanchi). Payer une bonne, forte, médiocre pension; une pension chère, coûteuse. Goriot payait encore douze cents francs de pension (Balzac,Goriot,1835, p.36).Ces cinq mille francs eussent suffi sans doute pour les couches de sa maîtresse, sa pension dans une clinique, les premiers soins donnés à l'enfant (Gide,Faux-monn.,1925, p.961).V. aussi infra ex. 3.
Payer pension, loc. verb. Payer une somme forfaitaire pour sa nourriture et son logement. Il vivait chez sa soeur, Joséphine Mouraud. Il lui payait pension (Van der Meersch,Invas. 14,1935, p.203).
En partic. Somme payée pour la nourriture, le logement et l'instruction d'un élève. Pension payable par trimestre. Si au lieu de Chambord pour le duc de Bordeaux, on nous parlait de payer sa pension au collège (Courier,Pamphlets pol.,Procès, 1821, p.116).À titre d'exemple, le tarif d'internat d'un cours complémentaire dans le département de la Seine-Maritime était de 769 NF 50 en 1960. Le tarif de la demi-pension (5 repas par semaine) est égal au tiers de la pension (Encyclop.éduc.,1960, p.107).
Demi-pension*. V. supra ex. de Encyclop.éduc.
b) Lieu où l'on prend pension.
α) Établissement spécialisé où l'on est nourri (éventuellement logé et blanchi) pour un prix déterminé. Synon. hôtel, restaurant.Excellente, modeste pension; chercher, ouvrir, tenir, trouver une pension; changer de pension; les hôtes d'une pension. M. Folantin, employé dans un ministère, cherche un restaurant, un bouillon, une pension, un établissement quelconque où l'on puisse manger convenablement (Lemaitre,Contemp.,1885, p.322).
Pension bourgeoise ou pension de famille. Hôtel où le service est simple, où les repas sont généralement pris à une table commune et où chaque locataire dispose d'un appartement particulier ou d'une simple chambre. Leurs habitudes changèrent, et, quittant leur pension bourgeoise, ils finirent par dîner ensemble tous les jours (Flaub.,Bouvard,t.1, 1880, p.9).Un ingénieur (...) avait pris une chambre dans une pension de famille administrée par une énorme vieille dame. Cette pension abritait une macédoine cosmopolite aussi diverse que Jérusalem au moment de la Pentecôte (Claudel, Poète regarde Croix,1938, p.277).V. aussi supra ex. de Jocard.
P. anal. Établissement où on loge et nourrit des animaux. Pension pour les chevaux. Comment, enfin, voyager en auto, en train, en avion avec son chien? Où lui trouver une pension-chenil? (L'Express,12 juin 1967, p.105, col. 1-2).
β) En partic. Établissement d'enseignement où les élèves peuvent être nourris, logés et instruits moyennant une certaine somme. Synon. internat, maison* d'éducation, pensionnat.Pension religieuse; élèves, professeur de la pension; sortir de pension; diriger une pension; mettre ses enfants en pension; être élevé, envoyé en pension. Je changerai Léon de pension. J'ai désiré que la maison où je le placerai nous offrît non seulement de bonnes études, mais des garanties de surveillance, de morale et de religion aussi indispensables (Lamart.,Corresp.,1830, p.21).Son éducation avait été soignée par les demoiselles Hermeline qui tenaient une pension très bien (Aymé,Jument,1933, p.29).Ami(e) de pension. Ami(e) que l'on a connu(e) en pension. Ma soeur avait pour moi des projets de mariage avec une amie de pension (A. Dumas père, Angèle,1834, i, 10, p.121).
Maître, maîtresse de pension. Personne qui surveille les élèves en pension. En recevant l'acte d'accusation du maître de pension, M. Robert crut avoir mal lu (Champfl., Souffr. profess. Delteil,1853, p.50).
P. méton.
Ensemble des élèves en pension. Synon. internat, pensionnat.Pension nombreuse; pension en étude, en promenade. David et Brindot étaient de fort jolis jeunes gens, pour qui brûlait toute la pension Lepitre (Michelet,Mémor.,1822, p.204).Je tirai de mes poches quelques tablettes de chocolat et autres douceurs que j'avais apportées. −Oh! Monsieur, s'écria Jeanne, il y en a pour toute la pension (A. France,Bonnard,1881, p.415).
Prononc. et Orth.: [pɑ ̃sjɔ ̃]. Homon. (nous) pensions, pansions. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist.1. a) 1216 «paiement» (Anger, Trad. Vie St Grégoire, 1533 ds T.-L.); b) α) 1790 «allocation versée régulièrement à une personne» (Décret du 3-22 août, art. 17 ds Lois annotées ou lois, décrets, ordonnances, avis du Conseil d'État, 1resérie, p.46: Aucun citoyen [...] ne pourra obtenir de pension qu'il n'ait trente ans de service effectif, et ne soit âgé de cinquante ans); β) 1808 pension de retraite (Décret du 17 mars, art. 123, ibid., p.777); 2. a) 1535 «nourriture (d'une personne)» (Olivetan, Bible, Exode, 21, 10 d'apr. FEW t.8, p.203a); b) 1602 «somme d'argent qu'on donne pour être nourri et logé» (Peiresc, Lettres, 12 juill., éd. Ph. Tamizey de Larroque, t.6, p.3); c) α) 1609 «maison où l'on est nourri et logé pour un certain prix» (Vittori, Tesoro de las tres lenguas francesa, italiana y espanola, s.v. pupilaje); β) av. 1615 «établissement d'enseignement qui assure, en même temps que l'instruction, le logement et la nourriture des élèves» (Pasquier, Recherches de la France, p.792 ds IGLF: De ces Escoliers nous les appellons pensionnaires ceux qui sont à la pension du Principal, et Cameristes les autres qui sont nourris par leurs Pedagogues); γ) 1904 pension de famille (H. Bataille, Maman Colibri, IV, 6, p.7). Empr. au lat. pensio «paiement, indemnité», propr. «pesée», part. passé de pendere «peser (en général), peser le métal pour payer» et p.ext. «payer». Fréq. abs. littér.: 1908. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 2845, b) 3937; xxes.: a) 2318, b) 2178. Bbg. Quem. DDL t.11, 18. _ Sain. Arg. 1972 [1907], p.88.

Wiktionnaire

Nom commun

pension \pɑ̃.sjɔ̃\ féminin

  1. Somme d’argent que l’on donne pour être logé, nourri.
    • Il a payé les deux premiers trimestres de sa pension.
  2. Lieu où l’on est nourri et logé pour un certain prix.
    • […], il ne manqua pas de déserteurs en Lozère comme dans les autres départements. Pour les réduire au devoir, l'autorité employa d'abord les gendarmes, […] ; puis elle eut recourt aux garnisaires : on mettait des soldats en pension forcée chez les parents des conscrits réfractaires jusqu'à reddition de leur fils. — (J.-B. Delon, Histoire de Gévaudan-Lozère, Mende : Imprimerie Saint-Privat, 1941, page 121)
    • J’ai trouvé une pension assez commode. — Tenir, mettre des chevaux en pension.
  3. (En particulier) Pensionnat.
    • J'ai assisté une fois à une représentation donnée à Senlis dans une pension de demoiselles. — (Gérard de Nerval, Les Filles du feu, Angélique, 1854)
    • Dès qu’elle sait épeler, ses parents la mettent en pension dans un couvent de Dominicaines, situé près de Bruxelles. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
    • Cette dernière est facile à résoudre, reprit le capitaine Barbier. Il y a dans le quartier latin, impasse des Feuillantines, la pension Barbet. C'est une école préparatoire. — (René Vallery-Radot, La vie de Pasteur, Hachette, 1900, Flammarion, 1941, p. 15)
  4. (Par métonymie) Réunion des enfants que renferme une pension.
    • Toute la pension est en promenade.
  5. Rente qu’un souverain, un État, une institution, un particulier, etc., donne annuellement à quelqu’un, pour récompense de ses services, de ses travaux, ou par munificence, par libéralité.
    • Il a une pension de douze mille francs.
    • Une pension de retraite.
    • Une pension viagère.
    • Une pension réversible.
    • Il vient de toucher le premier trimestre de sa pension.
    • Il a fait une pension à l’ancien précepteur de ses enfants.
    • Il a légué à son ancien domestique une pension alimentaire et insaisissable.
  6. (Finance) Gage.
    • La mise en pension de titres financiers consiste à fournir des titres au prêteur comme gage, soit en les bloquant sur un compte à son nom, soit en les lui virant en dépôt chez lui.

Nom commun

pension

  1. Pension, somme d’argent qu’on reçoit lorsqu’on part à la retraite, ou dans certains cas de veuvage.
    • She’s been looking forward to a nice pension when she retires.
      Elle attend avec impatience une bonne pension pour sa retraite.
  2. Pension, pensionnat, pension de famille.
    • I found this wonderful little pension when I was vacationing in Europe!
      J’ai trouvé cette merveilleuse petite pension quand j’étais en vacances en Europe !
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PENSION. n. f.
Somme d'argent que l'on donne pour être logé, nourri. Payer pension. Il a payé les deux premiers trimestres de sa pension. Il se dit aussi du Lieu où l'on est nourri et logé pour un certain prix. Être en pension. Se mettre en pension. Prendre quelqu'un en pension. Pension de famille. J'ai trouvé une pension assez commode. On dit de même Tenir, mettre des chevaux en pension. Demi-pension, Ce que paie celui qui ne couche pas, qui n'habite pas au lieu où il est en pension, mais qui y prend généralement le déjeuner. Il ne paie qu'une demi-pension, que demi-pension. Il est en demi-pension.

PENSION se dit particulièrement d'une Maison où des enfants sont logés, nourris et instruits, moyennant une certaine somme qui se paie ordinairement par trimestre. Il est maître de pension. Il tient pension. On l'a mis en pension chez un tel. L'éducation est bonne dans cette pension. Il se dit aussi de la Réunion des enfants que renferme une pension. Une pension nombreuse. Toute la pension est en promenade. Il se dit encore de Ce qu'un souverain, un État, une institution, un particulier, etc., donne annuellement à quelqu'un, pour récompense de ses services, de ses travaux, ou par munificence, par libéralité. Il a une pension de douze mille francs. Une pension de l'État. Pension de retraite. Pension viagère. Pension réversible. Il vient de toucher le premier trimestre de sa pension. Il a fait une pension à l'ancien précepteur de ses enfants. Liquider une pension. Pension alimentaire, Celle qu'on donne à une personne pour lui procurer des aliments, pour assurer sa subsistance. Il a légué à son ancien domestique une pension alimentaire et insaisissable.

Littré (1872-1877)

PENSION (pan-sion ; en vers, de trois syllabes) s. f.
  • 1Tribut, péage (vieilli en ce sens). Viviers et réservoirs lui [au cormoran] payaient pension, La Fontaine, Fabl. X, 4.
  • 2Gages en général. M. d'Elbœuf avait été douze ou quinze ans en Flandre, à la pension d'Espagne, Retz, I, 239. Il donne pension à un homme qui n'a point d'autre ministère que de siffler des serins au flageolet, et de faire couver des canaries, La Bruyère, XIII.
  • 3Somme annuelle que paye un État, un souverain, un particulier à quelqu'un comme récompense ou libéralité. Pension sur l'État. Pension viagère. Pension de retraite. Ci gît, oui gît, par la morbleu, Le cardinal de Richelieu, Et ce qui cause mon ennui, Ma pension avecque lui, Benserade, dans RICHELET. Les pensions que l'on donne en France ne valent jamais rien qu'un an ou deux, d'autant qu'elles ne sont point assurées, Patin, Lett. t. II, p. 15. Le cardinal [de Richelieu], le voyant [Vaugelas, à qui il venait de donner une pension] entrer dans sa chambre, s'avança avec cette majesté douce et riante qui l'accompagnait presque toujours, et s'adressant à lui : Hé bien, monsieur, lui dit-il, vous n'oublierez pas du moins dans le dictionnaire le mot de pension, Pellisson, Hist. de l'Acad. III. Interdire à mes vers… L'entrée aux pensions où je ne prétends pas, Boileau, Sat. IX. Le roi donna hier une pension de deux mille livres à Mlle de Scudéry, Maintenon, Lett. à Mme de Brinon, t. II, p. 178, dans POUGENS. Au lieu de pensions, ils [les anciens rois de l'Orient] donnaient à ceux qu'ils voulaient gratifier des villes, et quelquefois même des provinces qui, sous le nom de pain, de vin, devaient leur fournir tout ce qui était nécessaire pour entretenir leur maison, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. III, p. 336, dans POUGENS. On ne sait pas assez que Fontenelle, en 1713, fut sur le point de perdre ses pensions, sa place et sa liberté pour avoir rédigé en France, vingt ans auparavant, le traité des Oracles du savant Van Dale, Voltaire, Dict. phil. Philosophe. Louis XIV donnait six mille livres de pension aux Valincourt, aux Pellisson, aux Racine et aux Despréaux pour faire son histoire qu'ils ne firent point, Voltaire, Lett. d'Argenson, 8 janv. 1740. On m'a ôté, je ne sais comment, du moins on ne me paye plus, une pension de deux mille livres que j'avais avant que Louis XV fût sacré, Voltaire, Lett. d'Argental, 4 août 1777. Vous avez dans Paris une voix prépondérante, et Alexandre voulait plaire aux Athéniens ; je ne sais si c'est en donnant douze cents francs de pension qu'il s'écriait : ô gens d'Athènes, voyez ce qu'il m'en coûte pour être loué de vous, Voltaire, Lett. d'Alembert, 19 déc. 1777. Le roi a renvoyé à l'académie des sciences la pension vacante par la mort de Clairaut, due à d'Alembert, qui n'est pas riche, et contestée par Vaucanson, qui a quarante mille livres de rente, Diderot, Mém. t. II, p. 265, dans POUGENS.

    Pension alimentaire, celle qu'on donne à une personne pour assurer sa subsistance.

  • 4En matière bénéficiale, somme à prendre annuellement sur les fruits d'un bénéfice. Un bénéficier peut [disent les casuites] désirer la mort de celui qui a une pension sur son bénéfice, Pascal, Prov. VII.
  • 5Somme que l'on donne pour être logé et nourri. Le roi me conta, il y a deux jours, qu'il payait la pension de trois filles dans un couvent : il en est mort une il y a cinq ans, et ces bonnes filles reçoivent la pension de trois, Maintenon, Lett. à Mme de la Viefville, 22 nov. 1705. De pauvres personnes qui ont des affaires à Paris, et trop peu de bien pour donner de grosses pensions dans des couvents, Maintenon, Lett. à Mme de Villette, 13 août 1708.

    Demi-pension, ce que donne celui qui ne fait que prendre ses repas, sans coucher au lieu où il est en pension.

    Lieu où l'on est logé et nourri pour un certain prix. J'avais quelquefois envie de me mettre en pension ; mais cette façon de vivre a ses désagréments, Marivaux, Paysan parv. 2e part.

    Demi-pension, maison où l'on reçoit des demi-pensionnaires.

    Populairement. Être en pension, se dit d'une chose engagée. Pour avoir mis, sans réflexion, Le portrait de madame une heure en pension Chez cette chienne-là que Lucifer confonde, Regnard, le Joueur, v, 8.

    On dit aussi : tenir, mettre des chevaux, des chiens en pension. On voit, dans les Indes, des hôpitaux de souris qu'on met en pension et qu'on nourrit comme personnes de mérite, Fénelon, t. XIX, p. 56.

  • 6Maison d'éducation où les élèves sont nourris et couchés. Maître de pension.

    Tous les élèves d'une pension. Une pension nombreuse.

    Être en demi-pension, se dit d'un élève qui est externe, mais qui prend ses repas avec les pensionnaires.

    Demi-pension, maison où l'on reçoit des demi-pensionnaires.

    Demi-pension, ce que paye un demi-pensionnaire.

HISTORIQUE

XIVe s. Il y en avoit plusieurs [cardinaux] qui estoient à luy [Charles V] et de sa pension, Chr. de St Denis, t. III, f° 40. À mestre Jehan le mie [mire, médecin] pour se [sa] pension de le demie année, x livres, Caffiaux, Abattis de maisons, p. 11.

XVe s. On ne le tient pas [Charles VI] en estat ni en forme de roi, car il ne peut faire du sien sa volonté ; on l'a mis à pension et la roine aussi, Froissart, II, III, 77. Et le roy luy eust donné à sa vie certaine pension, Deschamps, Suppl. au roi.

XVIe s. Le gouverneur d'un elephant desrobboit à touts les repas la moitié de la pension qu'on luy avoit ordonnée, Montaigne, II, 176. À maistre Mathée Dalnassar, de Veronne, graveur dudit seigneur [le roi] la somme de 615 livres tournois par forme de pention et bienfaict, Bibl. des ch. 6e série, t. I, p. 479.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

PENSION, s. f. (Jurisprud.) signifie en général une certaine rétribution qui se paye en retour de quelque chose que l’on a reçu.

On entend quelquefois par le terme de pensions, les cens & servis dus au seigneur par le tenancier ; quelquefois les fermages dûs par l’emphitéote ou fermier au propriétaire.

Le terme de pension, se prend aussi pour le salaire que l’on paye à quelqu’un pour sa nourriture, entretien, éducation, & autres prestations.

On appelle aussi pension, ce qui est donné ou légué à quelqu’un pour sa subsistance.

Pension viagere, est celle qui est donnée à quelqu’un sa vie durant seulement.

On peut en certain cas reserver une pension sur un bénéfice. Voyez l’article suivant. (A)

Pension ecclésiastique, ou sur un bénéfice, est une portion des fruits & du revenu d’un bénéfice, assignée par l’autorité du pape, & pour cause légitime, à un autre que le titulaire du bénéfice.

On peut réserver à titre de pension, une certaine quantité de fruits en nature, comme tant de septiers de grain, tant de muids de vin ; mais cette portion ne doit pas être assignée par quotité, comme du tiers ou du quart ; ce seroit une espece de section du bénéfice, laquelle est prohibée par les canons. La pension doit être d’une certaine somme d’argent, ou d’une certaine quantité de fruits ; & en l’un & l’autre cas, elle ne doit pas excéder le tiers des revenus.

Il faut même que la pension payée, il reste encore au titulaire la somme de 300 livres, franche de toute charge, sans comprendre dans ces 300 livres, le casuel & le creux de l’église, qui appartiennent au curé, ni les distributions manuelles, si c’est un canonicat. Telles sont les dispositions de l’édit du mois de Juin 1671.

L’usage des pensions ecclésiastiques est fort ancien ; puisque dans le concile de Chalcédoine, tenu en 451, Maxime, évêque d’Antioche, pria l’assemblée d’assigner à Domnus son prédécesseur, une certaine portion des revenus de son église pour sa subsistance ; la fixation en fut laissée à Maxime.

L’évêque d’Ephèse fut aussi obligé de payer chaque année deux cens écus d’or à deux évêques auxquels il avoit été subrogé.

Mais pendant long-tems les pensions ne s’accorderent que difficilement, & pour des considérations fort importantes.

Pour pouvoir posséder une pension sur un bénéfice, il faut être au-moins clerc tonsuré, & avoir l’âge de sept ans.

Les laïcs ne peuvent jouir de telles pensions ; on excepte néanmoins les chevaliers de saint Lazare, lesquels quoique laïcs, & même mariés, peuvent posséder des pensions ecclésiastiques, même jusqu’à la valeur de 500 ducats, de la chambre apostolique ; mais ils perdent ce privilége, lorsqu’ils convolent en troisiemes nôces.

Le concile d’Aix tenu en 1585, déclare simoniaques toutes pensions sur bénéfices, lorsqu’elles ne sont pas autorisées par le pape, lequel peut seul créer des pensions.

Les signatures de cour de Rome pour la création ou l’extinction d’une pension, & les procurations pour y consentir, doivent être insinuées dans trois mois au greffe des insinuations ecclésiastiques du diocese où les bénéfices sont situés.

Les évêques ni leurs grands vicaires, n’ont pas le pouvoir de créer des pensions.

L’évêque de Tournay a cependant été maintenu dans le droit & possession de créer des pensions réelles sur les cures & autres bénéfices de son diocèse, pourvû qu’il y ait juste cause de le faire.

Les causes légitimes admises en France pour la création des pensions sont,

1°. Pour que le résignant ne souffre pas un préjudice notable.

2°. Pour le bien de la paix, c’est-à-dire, dans le cas d’un bénéfice en litige ; mais il faut que ce soit sans fraude.

3°. Dans le cas de permutation, pour compenser l’inégalité des bénéfices.

4°. Lorsqu’on donne un coadjuteur à un bénéficier infirme.

Il y a néanmoins une autre espece de pension, que l’on appelle pension sans cause, pour la validité de laquelle il faut obtenir d’abord un brevet du roi, & le faire enregistrer du consentement du bénéficier sur lequel la pension est assignée ; ensuite se pourvoir à Rome pour y faire admettre la pension, en payant le droit de componende.

Les bénéfices qui sont à la collation du roi, ne peuvent être chargés de pensions, si ce n’est en vertu d’un brevet du roi, ou autres lettres émanées de lui.

Anciennement lorsque le roi pendant la régale, admettoit une résignation en faveur faite entre ses mains, sous la réserve d’une pension, on n’avoit pas besoin de se pourvoir à Rome pour faire autoriser cette pension ; mais le garde des sceaux du Vair introduisit l’usage de renvoyer à Rome pour faire créer & autoriser la pension. Le pape n’admet point la pension, à-moins que l’on ne fasse une nouvelle résignation entre ses mains ; mais pour ne pas préjudicier à la provision du roi, on met dans la procuration ad resignandum, que c’est à l’effet de faire créer la pension en cour de Rome ; & néanmoins la pension a lieu du jour du brevet du roi, lorsque cela est ainsi porté par le brevet.

On ne peut créer une pension au profit d’un tiers qui n’a aucun droit au bénéfice, si ce n’est du consentement du roi ; ce qui ne se pratique ordinairement que sur des bénéfices consistoriaux, & quand la pension est créée dans un tems postérieur à l’admission de la nomination ; en ce cas, il faut payer à la chambre apostolique un droit de componende.

En France on peut, du consentement du roi, & de l’autorité du pape, réserver au lieu de pension sur les bénéfices consistoriaux, la collation des bénéfices qui en dépendent.

En réservant une pension, on ne peut pas stipuler qu’elle cessera d’être payée lorsque le résignant aura fait avoir au résignataire un bénéfice de valeur égale à la pension.

Le collateur ni le patron ne peuvent pas se réserver une pension sur le bénéfice qu’ils donnent.

Il n’est pas permis non plus de réserver une pension sur un bénéfice dont on se démet pour cause d’incompatibilité, sur-tout lorsque le bénéfice que l’on garde est suffisant pour la subsistance du titulaire.

Une pension ne peut être permutée contre un bénéfice ; & en cas de permutation d’un bénéfice contre un autre, on ne peut réserver de pension que sur le bénéfice qui se permute.

Les deux permutans ne peuvent pas créer une pension dont la jouissance ne doive commencer qu’au profit du survivant.

Mais quand le bénéfice est déja chargé d’une pension telle qu’il la peut supporter, le résignant peut se réserver une pension de même valeur, à condition qu’elle ne sera payable qu’après l’extinction de la premiere.

Un bénéfice peut être chargé d’une double pension, pourvu que les deux pensions jointes ensemble n’excedent pas le tiers du revenu, non compris le casuel & les autres obventions.

Il y auroit subreption, si l’on n’exprimoit pas la premiere pension dont le bénéfice est chargé, ou si celui qui a déja une pension sur un autre bénéfice, ne le déclaroit pas.

Lorsque celui qui a une pension sur un prieuré dépendant d’une abbaye, est ensuite pourvu de cette abbaye, il ne conserve plus la pension qu’il avoit.

On ne peut pas réserver de pension sur une commanderie de l’ordre de Malte ou de celui de saint Lazare, parce que ces commanderies ne sont pas des bénéfices.

Il en est de même des hôpitaux, à-moins qu’ils ne soient érigés en titre de bénéfice.

Les bénéfices en patronage laïc, ne peuvent pas non plus être grevés de pension, si ce n’est du consentement du patron laïc, & si c’est un patronage mixte, & que le bénéfice vienne à vaquer dans le tour du patron laïc, la pension demeure éteinte.

Les pensions ne peuvent pas être transférées d’une personne à une autre, même du consentement des parties intéressées.

Le pape ne peut pas admettre la résignation & rejetter la pension ; car l’acte ne se divise pas.

On peut insérer dans le rescrit de Rome, que la pension sera payée franche & quitte de décimes & de toutes autres charges ordinaires, à l’exception du don gratuit, à la contribution duquel on ne peut déroger par aucune clause ; mais les curés qui ont résigné sous pension après quinze années de service, ou même plutôt à cause de quelque notable infirmité, sont ordinairement déchargés des décimes par les contrats passés entre le roi & le clergé ; & même en général tous pensionnaires ne sont point taxés pour les décimes ordinaires & anciennes ; mais on les fait contribuer aux dons gratuits à proportion de leurs pensions.

On peut donner une caution pour le payement de la pension ; cependant au grand conseil on n’admet point les stipulations de cautions.

Quand la pension excede le tiers des revenus du bénéfice, elle est réductible ad legitimum modum. Le grand conseil excepte les pensions réservées sur les bénéfices qui sont à la nomination du roi, lesquelles, suivant la jurisprudence de ce tribunal, ne sont réductibles qu’au cas seulement où il ne resteroit pas au titulaire de quoi soutenir la dignité de ses fonctions.

Le résignataire d’un bénéfice simple à charge de pension, & celui qui lui succede par résignation en faveur ou permutation, ne peuvent pas demander la réduction de la pension ; mais le pourvu per obitum, le peut faire ; & même si c’est une cure ou autre bénéfice à résidence, le résignataire lui-même peut demander la réduction de la pension au tiers, ou quand elle n’excéderoit pas le tiers ; il peut encore la faire réduire, s’il ne lui reste pas 300 livres les charges payées.

Les pensions sont aussi sujettes à diminution pour les mêmes causes pour lesquelles on accorde une diminution au fermier ; mais cette diminution momentanée cesse quand la cause a cessé.

Dans le cas d’union du bénéfice, la pension qui est créée n’est pas réductible.

La minorité du bénéficier qui s’est chargé de payer la pension, n’est pas un moyen de restitution.

Enfin, quelque excessive que soit la pension, cela ne rend pas la résignation nulle.

Une pension ne peut être vendue ; il y auroit simonie.

Il n’est pas permis de stipuler que le résignant rentrera dans son bénéfice, faute de payement de la pension. Cependant à défaut de payement, le résignant peut user du regrès, qu’on appelle regrès de droit ; & pour cet effet, il doit obtenir sentence.

Quand le regrès n’est pas admis, on adjuge quelquefois une pension alimentaire au résignant, mais différente de celle qui avoit été stipulée.

Les pensions s’éteignent par la mort du pensionnaire, ou par son mariage, par sa profession religieuse, & par les autres causes qui sont vaquer le bénéfice de plein droit : enfin, par le rachat de la pension ; ce qui ne se peut faire qu’en vertu d’un concordat autorisé par le pape. Voyez Gigas, de pension. ecclesiast. quæst. 8. Pinson, de pens. Rebuffe, sur le concordat ; Chopin, de sacr. polit. Fevret, les lois ecclésiastiques ; Fuet, Drapier, & les mots Bénéfice, Regrès, Résignation. (A)

Pension, (Littérat.) l’usage des souverains d’accorder des récompenses pour des services importans, ou même sans aucun service, est fort ancien dans le monde ; il n’y a que la maniere de gratifier qui ait varié. Les lois d’orient, au lieu de pensions, donnoient des villes & des provinces qui devoient tout fournir pour l’entretien de ceux qui en étoient gratifiés. Les tributs même que les rois exigeoient des villes & des provinces, avoient chacun leur destination particuliere. Une telle province payoit tant pour le vin, une autre tant pour la viande ; celle-là tant pour les menus plaisirs, & celle-ci tant pour la garde-robe. Dans les provinces destinées à fournir la garde-robe d’une femme, l’une étoit pour sa ceinture, l’autre pour son voile, l’autre pour des habits ; & chacune de ces provinces portoit le nom des parures qu’elle fournissoit. Artaxerxès donna à Thémistocle Magnésie, sur le Méandre, pour son pain. Thucydide prétend que ce capitaine grec en tiroit cinquante talens, c’est-à-dire au moins cinquante mille écus. Lampsaque, le plus beau vignoble d’Asie, étoit pour son vin ; & Myonte, si fertile en pâturages & en poisson, lui fut donnée pour sa table. Mais une chose remarquable, c’est que du tems de Plutarque, les descendans de Thémistocle jouissoient encore par la saveur du roi de Perse, des prérogatives accordées à Thémistocle même, il y avoit près de six cens ans. (D. J.)

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Étymologie de « pension »

Du latin pensio (« poids, pesée », « paiement, échéance », « intérêt (de l’argent) ») du verbe pensare (« peser », « apprécier, estimer », « échanger, racheter, payer »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Provenç. pensio ; espagn. pension ; ital. pensione ; du lat. pensionem, payement, qui vient de pensum, supin de pendere (2ème e bref), payer, peser (voy. POIDS).

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Phonétique du mot « pension »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pension pɑ̃sjɔ̃

Citations contenant le mot « pension »

  • Payer une pension alimentaire revient à donner de l'avoine à une jument morte. De Groucho Marx
  • La bigamie présente le double avantage de vous éviter les démarches fastidieuses du divorce et le coût élevé de la pension alimentaire. De Olivier Herford
  • Parce que nous pensions que nous devions persuader, nous avons oublié d'écouter. De Robert Schapiro
  • Penserions-nous beaucoup et penserions-nous bien si nous ne pensions pas pour ainsi dire avec d’autres. De Emmanuel Kant
  • Dans la société de l’information, personne ne pense. Nous pensions bannir le papier mais nous avons en fait banni la pensée. De Michael Crichton / Jurassic Park
  • Quelques dizaines de milliers de retraités pourraient voir leur pension diminuer ou augmenter à l’automne. Le point sur les montants en jeu et les personnes concernées. Le Monde.fr, Retraite : pourquoi le montant de certaines pensions devrait évoluer en octobre
  • Le plus grand fonds de pension du Royaume-Uni, Nest, a annoncé mercredi se désengager d'ici 2025 de toute entreprise liée à l'industrie du charbon et s'est engagée à avoir des investissements neutres en carbone d'ici 2050. Le Figaro.fr, Le plus grand fonds de pension britannique se désengage des énergies les plus polluantes
  • Depuis le 23 juillet, les veufs et veuves peuvent demander les différentes pensions de réversion en une seule fois sur le site Info-retraite.fr. Mieux Vivre Votre Argent, Retraite: la demande de pension de réversion est simplifiée
  • Il existe en France 4,4 millions de bénéficiaires d’une pension de réversion. Les démarches pour en faire la demande étaient jusqu’ici très complexes. Depuis le 23 juillet 2020, elles ont été considérablement simplifiées. DemarchesAdministratives.fr, La demande de pension de réversion désormais simplifiée
  • Zurich (awp) - Après un premier trimestre particulièrement faible du fait de la pandémie de Covid-19, les caisses de pension suisses ont relevé légèrement la tête entre avril et juin. Cette remontée et la récupération partielle des pertes du début d'année n'ont cependant pas empêché la performance du premier semestre de plonger dans le négatif. , Les caisses de pension se remettent doucement de la pandémie
  • Les retraités concernés sont ceux dont le niveau de revenu dépasse tout juste 2.000 euros brut. Pour rappel, au 1er janvier dernier les pensions des retraités gagnant moins de 2.000 euros brut ont été revalorisées de 1%, pour les autres, la hausse a été limitée à 0,3%. Sauf que, pour éviter un effet de seuil, il a été prévu des taux intermédiaires pour les retraités percevant entre 2.000 et 2.014 euros. Dans le détail pour ceux dont les revenus sont compris entre 2.000 et 2.008 euros, il est de 0,8%, entre 2.009 et 2.012 euros, il descend à 0,6% et est fixé à 0,4% entre 2.013 et 2.014 euros. Ces taux n’ont pas été appliqués en janvier mais devait l’être en mai. Une date qui a été repoussée en raison de la crise du coronavirus. Capital.fr, Certains retraités pourront profiter d’une revalorisation de leur pension en octobre - Capital.fr
  • Paris Match. Qui perçoit une pension de réversion ?Stéphane Bonnet. Toute personne qui est mariée, ou a été mariée, avec un assuré décédé a droit à percevoir une fraction de la pension de vieillesse que le défunt touchait ou aurait dû percevoir s’il était parti à la retraite. Environ 210 000 nouveaux conjoints survivants ont accès chaque année à la réversion, pour un total de 4,4 millions de bénéficiaires. Il s’agit de veuves dans 88 % des cas. , Pension de réversion : comment y avoir accès
  • Depuis l’an dernier, les travailleurs dont l’employeur ne prévoit qu’une pension complémentaire limitée – voire aucune – peuvent prendre eux-mêmes les choses en main. Grâce au système de Pension Libre Complémentaire pour les travailleurs Salariés (PLCS), ils peuvent demander à leur employeur de verser une partie de leur rémunération dans un plan de pension. Mais plus d’un an après le lancement de la PLCS, quelques centaines de travailleurs à peine ont franchi le pas. L'Echo, Tirez le maximum de votre pension complémentaire, même en temps de crise! | Mon Argent

Traductions du mot « pension »

Langue Traduction
Anglais pension
Espagnol pensión
Italien pensione
Allemand die pension
Chinois 养老金
Arabe راتب تقاعد
Portugais pensão
Russe пенсия
Japonais 年金
Basque pentsio
Corse pensione
Source : Google Translate API

Synonymes de « pension »

Source : synonymes de pension sur lebonsynonyme.fr

Pension

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