Orner : définition de orner


Orner : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

ORNER, verbe trans.

A. − Qqn orne qqc.1(de, avec, au moyen de qqc.2)Ajouter à quelque chose un ou des ornement(s), des éléments dont la fonction est d'embellir ou d'agrémenter. Synon. décorer, ornementer, parer; agrémenter, embellir.
1. [Le compl. d'obj. et le compl. prép. désignent des objets concr.] Un bouc se rencontre; on l'orne de fleurs et de lierre (Sainte-Beuve,Tabl. poés. fr.,1828, p.210).La voûte [de Santa Maria della Vittoria] fut ornée par Giovanni Domenico Perugino d'une fresque triomphale (Mâle,Art relig.,1932, p.37):
1. Songeant qu'il lui faudrait prendre femme, choisir une demeure décente, il m'interrogeait sur les moyens de l'orner économiquement avec des reproductions des plus beaux ouvrages −et le jardin de statues, de vases, de colonnades, à l'imitation du parc Monceau. Blanche,Modèles,1928, p.33.
Vieilli. [Sans compl. prép.] Synon. décorer.Cinquante mille ouvriers travaillent jour et nuit à orner la capitale (Jouy,Hermite, t.1, 1811, p.62).Les moins distingués [des peintres] savent encore orner joliment un atelier, disposer des plâtres, des fleurs, faire de rien quelque chose (Taine,Notes Paris,1867, p.247).
Au part. passé et/ou adj. Façade, porte ornée. Elle prit le moins orné des fusils (Mérimée,Colomba,1840, p.36).Le beau linge simple ou orné de dentelles et de broderie (Lar. mén.1926, p.752).
[Constr. partic.]
a) [Le compl. d'obj. désigne une partie du corps et p. méton. une pers.] Vieilli. Synon. parer.Madame Guillaume ornait habituellement sa tête (...) d'un bonnet (Balzac,Mais. chat,1830, p.16).
Empl. pronom. réfl. Que les femmes ne s'ornent pas pour d'autres que leurs maris présents ou futurs (A. France,Rabelais,1909, p.14).
Empl. pronom. réfl. indir. [Le] rouge dont elles [les femmes] s'ornent le visage pour vous séduire (Boylesve,Leçon d'amour,1902, p.55).
b) [Le compl. d'obj. désigne un élément de la forme ou du contenu d'un message] Orner un discours de citations. Les hommes simples, qui sont toujours amoureux des merveilles, ornoient son histoire des épisodes les plus singuliers et les plus divers (Nodier,J. Sbogar,1818, p.101).Elle orne sa douleur de comparaisons: −Je suis comme une feuille qui tombe, qui tourbillonne et qui va à terre (Renard,Journal,1905, p.1017):
2. Que sont tous ces discours lascifs ou mensongers, que vous ornez de votre mélodie et de tous les secrets de votre art? Je ne vois là encore que des sons qui attendent également d'être vivifiés par la parole. Saint-Martin,Homme désir,1790, p.141.
[Sans compl. prép.] Orner la vérité, des faits. Il semble être né exprès pour justifier le mot de Cicéron: «(...) Le comble et la perfection de l'éloquence, c'est d'amplifier le sujet en l'ornant et le décorant» (Sainte-Beuve,Caus. lundi, t.9, 1853, p.9).
Part. passé et/ou adj., CRIT. LITTÉR. Qui est embelli par des figures de style, qui est produit par le travail du style. Discours, style orné. Ces jugements d'une concision ornée, laquelle fait, selon lui, la beauté unique du style (Sainte-Beuve,Portr. littér., t.2, 1838, p.315).Sans cesser d'être majestueux, il faudrait qu'il fût [ce vers] toujours simple et orné sans ornement (Quinet,Napoléon,1836, p.146).Empl. subst. masc. sing. à valeur de neutre. Chez lui, le châtié et l'orné font constamment partie du scrupule (Sainte-Beuve,Portr. contemp., t.4, 1846, p.287).
c) MUS. Ajouter un élément à valeur d'ornement (v. ce mot II A 2 c). Orner une mélodie, un chant. Elle crut devoir orner le point d'orgue d'un long trille (Berlioz,Souv. voy.,1869, p.132).On peut orner, «fleurir» les notes du motif (Combarieu,Mus.,1910, p.71).
Part. passé et/ou adj. Le chant grégorien se contente d'une sorte de récitation ornée et expressive, exempte pourtant de toute sécheresse (Potiron,Mus. église,1945, p.22).
2.
a) [Le compl. prép. désigne une qualité abstr.] Elle est venue chez les Charpentier, orner leur soirée de sa présence et de ses talents (Flaub.,Corresp.,1877, p.316).Cette maison que son beau-père et lui s'étaient plu à orner de toutes les vertus domestiques (Zola,Pot-Bouille,1882, p.343).
Part. passé et/ou adj. Synon. doué de.Dioclétien étoit un prince orné de modération et de sagesse (Chateaubr.,Martyrs, t.2, 1810, p.143).Vous êtes un jeune homme si parfaitement accompli et orné des dons du ciel, que je n'hésite pas à vous dire toute la vérité (Gobineau,Pléiades,1874, p.156).
b) [Sans compl. prép.] L'éducation ne consiste pas seulement à orner la mémoire et à éclairer l'entendement (Joubert,Pensées, t.1, 1824, p.445).[Les] établissements laïques où l'on orne les esprits sans former les âmes (Beauvoir,Mém. j. fille,1958, p.125):
3. Je ne puis songer à une femme qui prend soin de se parer chaque jour, sans méditer la grande leçon qu'elle donne aux artistes. Elle s'habille et se coiffe pour peu d'heures, et c'est un soin qui n'est pas perdu. Nous devons, comme elle, orner la vie sans penser à l'avenir. A. France,Lys rouge,1894, p.143.
Part. passé et/ou adj., vieilli. Esprit orné. Esprit cultivé et policé. Béatrix joignoit à des talens enchanteurs et à l'esprit le plus étendu et le plus orné, cette aimable enfance de caractère (Genlis,Chev. Cygne, t.3, 1795, p.30).
[P. méton.] Ce dernier [un humaniste] était plus orné, plus fleuri, plus rhétoricien, plus de seconde main, que sais-je? Il était plus quartier-latin, il était moins attique (Sainte-Beuve,Nouv. lundis, t.12, 1868, p.364).
c) [P. méton.: le compl. prép. désigne une pers.] Les artistes dont j'aime à orner ma cour (Sand,Consuelo, t.3, 1842-43, p.209).
3. Empl. abs. Le mauvais goût n'est peut-être que la passion d'orner pour orner (Alain,Beaux-arts,1920, p.188).Elles taillent [les nobles dames], elles cousent, elles ornent; elles posent des galons, des orfrois; elles brodent (Faral,Vie temps st Louis,1942, p.139).
B. − Qqc.2orne qqc.1Être un élément d'embellissement ou d'agrément pour quelque chose. Synon. décorer, parer; agrémenter, embellir.
1. [Le suj. désigne un élément concr.] La forêt des statues qui ornent les arcades (Michelet,Chemins Europe,1874, p.467).Les deux petites lampes roses qui ornaient sa coiffeuse (Green,Malfaiteur,1955, p.151).
P. anal. Les crêtes, ou parties charnues qui ornent la tête de plusieurs genres d'oiseaux (Cuvier,Anat. comp., t.2, 1805, p.591).
MUS. Les sons passagers, qui se glissent dans la succession polyphone pendant que les accords radicaux sont au repos, enrichissent et ornent le dessin mélodique de la cantilène harmonisée (Gevaert,Harm.,1885, p.252).
2. [Le suj. désigne une qualité abstr.] La clarté orne vos discours, mais ils sont tranchants à l'excès (A. France,Île ping.,1908, p.29).La jeunesse et la pureté ornent ces amours sans mémoire et sans prévoyance (Alain,Beaux-arts,1920, p.166):
4. La beauté, forme naturelle de l'ordre, est conservatrice par essence. Elle soutient la religion établie dont elle orne les cérémonies; Vénus a toujours été le meilleur agent de Jupiter. Maurois,Ariel,1923, p.31.
[P. méton.; le suj. ou le compl. d'obj. désigne une pers.] Ce neveu (...) est fait pour orner toutes les dignités auxquelles vous voudrez l'élever par la suite (Stendhal,Chartreuse,1839, p.125).Ici Machiavel parle (...). Il faut que le courage du soldat orne le général (Alain,Propos,1931, p.1005).
3. Empl. abs. Ce qui n'est pas pris dans la masse ne peut pas orner. C'est pourquoi l'improvisation sans règles n'est jamais belle (Alain,Beaux-arts,1920, p.33).
C. − Qqc.1s'orne de qqc.2Avoir quelque chose comme ornement, être agrémenté ou embelli par quelque chose. Et le figuier poreux qui s'orne de fruits verts (Banville,Cariat.,1842, p.14).Il (...) admire les scabieuses du Caucase dont s'orne notre table (Green,Journal,1937, p.104).
[Constr. partic.]
1. [Le suj. désigne une partie du corps] Sa grosse menotte pâle s'orne d'une large pierre bleue (Green,Journal,1932, p.116).
2. [Le suj. désigne un élément de la forme ou du contenu d'un message] Tout ce qu'il y a là-dedans est tellement plein de christianisme et ne pourrait s'orner d'une plus juste épigraphe que du précepte de saint Augustin (Barrès,Cahiers, t.11, 1917, p.271).Leur conversation s'orne de tout ce qui concerne la terre, les demeures telles qu'elles étaient habitées autrefois, les anciens usages, tout ce que le monde de l'argent ignore profondément (Proust,Guermantes 2,1921, p.550).
REM.
Orné, -ée, adj.,typogr. Lettre ornée (v. lettre I A 2).
Prononc. et Orth.: [ɔ ʀne], (il) orne [ɔ ʀn̥]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. xiiies. (Isopet de Lyon, éd. W. Foerster, 1691). Empr. au lat. ornare «id.», proprement «équiper, préparer»; a supplanté l'a. fr. aorner, v. adorner. Fréq. abs. littér. Orner: 824. Orné: 1581. Fréq. rel. littér. Orner: xixes.: a) 1259, b) 1166; xxes.: a) 1102, b) 1135. Orné: xixes.: a) 2611, b) 3246; xxes.: a) 1908, b) 1608. Bbg. Duch. Beauté. 1960, p.87, 92-93.

Orner : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

ORNER, verbe trans.

A. − Qqn orne qqc.1(de, avec, au moyen de qqc.2)Ajouter à quelque chose un ou des ornement(s), des éléments dont la fonction est d'embellir ou d'agrémenter. Synon. décorer, ornementer, parer; agrémenter, embellir.
1. [Le compl. d'obj. et le compl. prép. désignent des objets concr.] Un bouc se rencontre; on l'orne de fleurs et de lierre (Sainte-Beuve,Tabl. poés. fr.,1828, p.210).La voûte [de Santa Maria della Vittoria] fut ornée par Giovanni Domenico Perugino d'une fresque triomphale (Mâle,Art relig.,1932, p.37):
1. Songeant qu'il lui faudrait prendre femme, choisir une demeure décente, il m'interrogeait sur les moyens de l'orner économiquement avec des reproductions des plus beaux ouvrages −et le jardin de statues, de vases, de colonnades, à l'imitation du parc Monceau. Blanche,Modèles,1928, p.33.
Vieilli. [Sans compl. prép.] Synon. décorer.Cinquante mille ouvriers travaillent jour et nuit à orner la capitale (Jouy,Hermite, t.1, 1811, p.62).Les moins distingués [des peintres] savent encore orner joliment un atelier, disposer des plâtres, des fleurs, faire de rien quelque chose (Taine,Notes Paris,1867, p.247).
Au part. passé et/ou adj. Façade, porte ornée. Elle prit le moins orné des fusils (Mérimée,Colomba,1840, p.36).Le beau linge simple ou orné de dentelles et de broderie (Lar. mén.1926, p.752).
[Constr. partic.]
a) [Le compl. d'obj. désigne une partie du corps et p. méton. une pers.] Vieilli. Synon. parer.Madame Guillaume ornait habituellement sa tête (...) d'un bonnet (Balzac,Mais. chat,1830, p.16).
Empl. pronom. réfl. Que les femmes ne s'ornent pas pour d'autres que leurs maris présents ou futurs (A. France,Rabelais,1909, p.14).
Empl. pronom. réfl. indir. [Le] rouge dont elles [les femmes] s'ornent le visage pour vous séduire (Boylesve,Leçon d'amour,1902, p.55).
b) [Le compl. d'obj. désigne un élément de la forme ou du contenu d'un message] Orner un discours de citations. Les hommes simples, qui sont toujours amoureux des merveilles, ornoient son histoire des épisodes les plus singuliers et les plus divers (Nodier,J. Sbogar,1818, p.101).Elle orne sa douleur de comparaisons: −Je suis comme une feuille qui tombe, qui tourbillonne et qui va à terre (Renard,Journal,1905, p.1017):
2. Que sont tous ces discours lascifs ou mensongers, que vous ornez de votre mélodie et de tous les secrets de votre art? Je ne vois là encore que des sons qui attendent également d'être vivifiés par la parole. Saint-Martin,Homme désir,1790, p.141.
[Sans compl. prép.] Orner la vérité, des faits. Il semble être né exprès pour justifier le mot de Cicéron: «(...) Le comble et la perfection de l'éloquence, c'est d'amplifier le sujet en l'ornant et le décorant» (Sainte-Beuve,Caus. lundi, t.9, 1853, p.9).
Part. passé et/ou adj., CRIT. LITTÉR. Qui est embelli par des figures de style, qui est produit par le travail du style. Discours, style orné. Ces jugements d'une concision ornée, laquelle fait, selon lui, la beauté unique du style (Sainte-Beuve,Portr. littér., t.2, 1838, p.315).Sans cesser d'être majestueux, il faudrait qu'il fût [ce vers] toujours simple et orné sans ornement (Quinet,Napoléon,1836, p.146).Empl. subst. masc. sing. à valeur de neutre. Chez lui, le châtié et l'orné font constamment partie du scrupule (Sainte-Beuve,Portr. contemp., t.4, 1846, p.287).
c) MUS. Ajouter un élément à valeur d'ornement (v. ce mot II A 2 c). Orner une mélodie, un chant. Elle crut devoir orner le point d'orgue d'un long trille (Berlioz,Souv. voy.,1869, p.132).On peut orner, «fleurir» les notes du motif (Combarieu,Mus.,1910, p.71).
Part. passé et/ou adj. Le chant grégorien se contente d'une sorte de récitation ornée et expressive, exempte pourtant de toute sécheresse (Potiron,Mus. église,1945, p.22).
2.
a) [Le compl. prép. désigne une qualité abstr.] Elle est venue chez les Charpentier, orner leur soirée de sa présence et de ses talents (Flaub.,Corresp.,1877, p.316).Cette maison que son beau-père et lui s'étaient plu à orner de toutes les vertus domestiques (Zola,Pot-Bouille,1882, p.343).
Part. passé et/ou adj. Synon. doué de.Dioclétien étoit un prince orné de modération et de sagesse (Chateaubr.,Martyrs, t.2, 1810, p.143).Vous êtes un jeune homme si parfaitement accompli et orné des dons du ciel, que je n'hésite pas à vous dire toute la vérité (Gobineau,Pléiades,1874, p.156).
b) [Sans compl. prép.] L'éducation ne consiste pas seulement à orner la mémoire et à éclairer l'entendement (Joubert,Pensées, t.1, 1824, p.445).[Les] établissements laïques où l'on orne les esprits sans former les âmes (Beauvoir,Mém. j. fille,1958, p.125):
3. Je ne puis songer à une femme qui prend soin de se parer chaque jour, sans méditer la grande leçon qu'elle donne aux artistes. Elle s'habille et se coiffe pour peu d'heures, et c'est un soin qui n'est pas perdu. Nous devons, comme elle, orner la vie sans penser à l'avenir. A. France,Lys rouge,1894, p.143.
Part. passé et/ou adj., vieilli. Esprit orné. Esprit cultivé et policé. Béatrix joignoit à des talens enchanteurs et à l'esprit le plus étendu et le plus orné, cette aimable enfance de caractère (Genlis,Chev. Cygne, t.3, 1795, p.30).
[P. méton.] Ce dernier [un humaniste] était plus orné, plus fleuri, plus rhétoricien, plus de seconde main, que sais-je? Il était plus quartier-latin, il était moins attique (Sainte-Beuve,Nouv. lundis, t.12, 1868, p.364).
c) [P. méton.: le compl. prép. désigne une pers.] Les artistes dont j'aime à orner ma cour (Sand,Consuelo, t.3, 1842-43, p.209).
3. Empl. abs. Le mauvais goût n'est peut-être que la passion d'orner pour orner (Alain,Beaux-arts,1920, p.188).Elles taillent [les nobles dames], elles cousent, elles ornent; elles posent des galons, des orfrois; elles brodent (Faral,Vie temps st Louis,1942, p.139).
B. − Qqc.2orne qqc.1Être un élément d'embellissement ou d'agrément pour quelque chose. Synon. décorer, parer; agrémenter, embellir.
1. [Le suj. désigne un élément concr.] La forêt des statues qui ornent les arcades (Michelet,Chemins Europe,1874, p.467).Les deux petites lampes roses qui ornaient sa coiffeuse (Green,Malfaiteur,1955, p.151).
P. anal. Les crêtes, ou parties charnues qui ornent la tête de plusieurs genres d'oiseaux (Cuvier,Anat. comp., t.2, 1805, p.591).
MUS. Les sons passagers, qui se glissent dans la succession polyphone pendant que les accords radicaux sont au repos, enrichissent et ornent le dessin mélodique de la cantilène harmonisée (Gevaert,Harm.,1885, p.252).
2. [Le suj. désigne une qualité abstr.] La clarté orne vos discours, mais ils sont tranchants à l'excès (A. France,Île ping.,1908, p.29).La jeunesse et la pureté ornent ces amours sans mémoire et sans prévoyance (Alain,Beaux-arts,1920, p.166):
4. La beauté, forme naturelle de l'ordre, est conservatrice par essence. Elle soutient la religion établie dont elle orne les cérémonies; Vénus a toujours été le meilleur agent de Jupiter. Maurois,Ariel,1923, p.31.
[P. méton.; le suj. ou le compl. d'obj. désigne une pers.] Ce neveu (...) est fait pour orner toutes les dignités auxquelles vous voudrez l'élever par la suite (Stendhal,Chartreuse,1839, p.125).Ici Machiavel parle (...). Il faut que le courage du soldat orne le général (Alain,Propos,1931, p.1005).
3. Empl. abs. Ce qui n'est pas pris dans la masse ne peut pas orner. C'est pourquoi l'improvisation sans règles n'est jamais belle (Alain,Beaux-arts,1920, p.33).
C. − Qqc.1s'orne de qqc.2Avoir quelque chose comme ornement, être agrémenté ou embelli par quelque chose. Et le figuier poreux qui s'orne de fruits verts (Banville,Cariat.,1842, p.14).Il (...) admire les scabieuses du Caucase dont s'orne notre table (Green,Journal,1937, p.104).
[Constr. partic.]
1. [Le suj. désigne une partie du corps] Sa grosse menotte pâle s'orne d'une large pierre bleue (Green,Journal,1932, p.116).
2. [Le suj. désigne un élément de la forme ou du contenu d'un message] Tout ce qu'il y a là-dedans est tellement plein de christianisme et ne pourrait s'orner d'une plus juste épigraphe que du précepte de saint Augustin (Barrès,Cahiers, t.11, 1917, p.271).Leur conversation s'orne de tout ce qui concerne la terre, les demeures telles qu'elles étaient habitées autrefois, les anciens usages, tout ce que le monde de l'argent ignore profondément (Proust,Guermantes 2,1921, p.550).
REM.
Orné, -ée, adj.,typogr. Lettre ornée (v. lettre I A 2).
Prononc. et Orth.: [ɔ ʀne], (il) orne [ɔ ʀn̥]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. xiiies. (Isopet de Lyon, éd. W. Foerster, 1691). Empr. au lat. ornare «id.», proprement «équiper, préparer»; a supplanté l'a. fr. aorner, v. adorner. Fréq. abs. littér. Orner: 824. Orné: 1581. Fréq. rel. littér. Orner: xixes.: a) 1259, b) 1166; xxes.: a) 1102, b) 1135. Orné: xixes.: a) 2611, b) 3246; xxes.: a) 1908, b) 1608. Bbg. Duch. Beauté. 1960, p.87, 92-93.

Orner : définition du Wiktionnaire

Verbe

orner \ɔʁ.ne\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Parer, embellir une chose, y ajouter, y joindre d’autres choses qui lui donnent plus d’éclat, plus d’agrément.
    • […], sur deux chaises était posé un cercueil de bois blanc, à demi recouvert d’une nappe de toile écrue qu’ornaient seulement le crucifix de cuivre et le rameau de buis bénit. — (Octave Mirbeau, Le Père Nicolas, dans Lettres de ma chaumière, 1885)
    • Nous rencontrons dans la banlieue de pauvres jardinets où les indigènes cultivent quelques légumes, et qu'ils ornent de saules , de sureaux et de groseilliers ; […]. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, p.35)
    • Nous laisserons de côté l’Asphodeline lutea, le vulgaire Bâton de Jacob, qui rehausse les vieux jardins, qu'il orne de ses longues inflorescences dorées, pour nous arrêter à d'autres espèces pour le moins aussi ornementales […]. — (Jardins de France, Société nationale d'horticulture de France, 1898, p.409)
    • Les gens comme les bêtes étaient ornés de leurs plus somptueux atours. — (Out-el-Kouloub, Zariffa, dans "Trois contes de l'Amour et de la Mort", 1940)
    • Le Dr Marengo portait un manteau à col de castorette. Sa barbiche, soyeuse et unie, semblait un morceau de la même bête dont le pelage ornait son vêtement. — (Dominique Fernandez, Dans la main de l'ange, éd. Grasset, 1982, chap. 3)
    • Elle est boisée tout autour, la boisure de la fenêtre est ornée d'une sculpture dorée. — (Les Cahiers haut-marnais, n° 176 à 183, 1989, p. 22)
    • Ils se les caillaient sur un trottoir entre deux réverbères depuis plus d'une heure, en face d'un restau dont la vitrine s'ornait d'une tête de dragon multicolore et d'un aquarium aux poissons également aussi généreux en couleurs pétantes qu'un « ensemble » de Karine. Pierre Lucas, Police des mœurs, n° 185 : Mi-figue mi-résille, éd. Vauvenargues, 2014, chap. 34
    • (Figuré) Orner sa mémoire.
    • On peut orner la vérité, non la déguiser.
    • Les figures ornent le style.
    • Un esprit orné.
    • Un style orné.
    • Lettre ornée, Lettre, caractère de fantaisie décoré d’ornements.
    • Les livres du seizième siècle offrent de très belles lettres ornées.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Orner : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ORNER. v. tr.
Parer, embellir une chose, y ajouter, y joindre d'autres choses qui lui donnent plus d'éclat, plus d'agrément. Des glaces, des tapis, de beaux meubles ornent cet appartement. Orner une église, une chapelle, un autel. Fig., Orner sa mémoire. On peut orner la vérité, non la déguiser. Les figures ornent le style. Un esprit orné. Un style orné. Lettre ornée, Lettre, caractère de fantaisie décoré d'ornements. Les livres du seizième siècle offrent de très belles lettres ornées.

Orner : définition du Littré (1872-1877)

ORNER (or-né) v. a.
  • 1Pourvoir de ce qui embellit. Je lui bâtis un temple et pris soin de l'orner, Racine, Phèdre, I, 3. Ma mère Jézabel devant moi s'est montrée, Comme au jour de sa mort pompeusement parée… Même elle avait encor cet éclat emprunté Dont elle eut soin de peindre et d'orner son visage, Racine, Ath. II, 5. Si vous ne voulez pas que le riche orne sa maison, vous ruinez cent artistes, Voltaire, Polit. et législ. Idées républicaines, XX. Des trésors du croissant ornez nos saints autels, Voltaire, Tancr. V, 1.

    Rendre plus beau, avec un nom de chose pour sujet. Il [l'arbre] servait de refuge Contre le chaud, la pluie et la fureur des vents, Pour nous seuls il ornait les jardins et les champs, La Fontaine, Fabl. X, 2.

  • 2 Fig. Donner un éclat, un embellissement, comparés à 'éclat, aux embellissements matériels. Ce qui distingue ses amis [de Dieu] de tous les autres, c'est la piété ; jusqu'à ce qu'on ait reçu ce don du ciel, tous les autres non-seulement ne sont rien, mais encore tournent en ruine à ceux qui en sont ornés, Bossuet, Louis de Bourbon. Saint Augustin considère parmi les païens tant de sages, tant de conquérants, tant de graves législateurs… tous privés de la connaissance de Dieu et exclus de son royaume éternel… mais pourquoi les a-t-il faits ?… il les a faits, nous dit-il [saint Augustin], pour orner le siècle présent, Bossuet, Louis de Bourbon. Courons, venez orner ce triomphe d'un frère, Voltaire, Oreste, V, 7. [Catherine de Médicis] Assurait Coligni d'une amitié sincère, L'ornait de dignités, le comblait de bienfaits, Voltaire, Henr. II. Cet illustre savant a eu le mérite rare d'orner le savoir par le goût, et de joindre à la littérature profonde la littérature agréable, D'Alembert, Éloges, Bouhier. Pour voir et pour orner le succès d'un rival, Delavigne, Vêpr. sicil. III, 2. Ah ! de ces dons heureux les mains qui l'ont orné [un homme heureusement doué] à des tourments sans fin ne l'ont pas condamné, Delavigne, ib. III, 1.

    Orner la mémoire, mettre dans sa mémoire des passages beaux ou utiles de différents auteurs et de différents genres.

  • 3 Fig. Pourvoir des ornements du style, de la rhétorique. Les figures servent beaucoup à orner le discours. Pour orner une telle vie, je n'ai pas besoin d'emprunter les fausses couleurs de la rhétorique, et encore moins les détours de la flatterie, Bossuet, Bourgoing.
  • 4S'orner, v. réfl. Se couvrir de ce qui embellit. La campagne s'ornait de verdure et de fleurs.

REMARQUE

ORNER, PARER, DÉCORER. Orner, du latin ornare qui signifie pourvoir, équiper, marque l'addition d'une chose solide en même temps que brillante. Parer, du latin parare, préparer, apprêter, signifie donner un air d'apprêt ou d'apparat, de cérémonie, de fête, comme est celui que se donnent particulièrement les femmes. Décorer, du latin decus, gloire, honneur, c'est donner un air grandiose, faire paraître superbe ou resplendissant : on pare une chambre ; on décore un palais ; le soleil orne les cieux, il ne les pare ni ne les décore.

HISTORIQUE

XVIe s. Ce n'est, dist le moyne, que pour orner mon languaige, Rabelais, Garg. I, 39. [Dieu] Du vent de sa bouche Fit ce qui attouche Et orne les cieux, Marot. Un beau mourir orne la vie humaine, Ronsard, 600.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Orner : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

ORNER, v. act. (Gramm.) embellir par le secours de l’art. Voyez l’article Ornement.

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « orner »

Étymologie de orner - Littré

Provenç. ornar, hornar ; espagn. ornar ; ital. ornare ; du lat. ornare. Curtius rapporte ornare au sanscrit varna, couleur, qui provient du radical vri, couvrir. Dans l'ancien français, on disait aorner, du latin adornare.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de orner - Wiktionnaire

Du latin orno (« orner, parer »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « orner »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
orner ɔrne play_arrow

Conjugaison du verbe « orner »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe orner

Citations contenant le mot « orner »

  • À l’origine, onze tapisseries avaient été données au chapitre Notre-Dame pour orner le chœur de la cathédrale. Seules cinq sont arrivées jusqu’à nous, les autres ont disparu à la Révolution : on les brûlait pour l’or des fils. www.lechorepublicain.fr, Une exposition sur les tapisseries du sacre d’Henri IV, tout l’été, au musée des Beaux-Arts de Chartres - Chartres (28000)
  • En mars 2020 a commencé un nouvelle série d’investigations. Le prétexte en était cette fois une nouvelle restructuration de la prison, qui doit décidément accueillir du monde. Les archéologues sont tombés sur les restes médiévaux d’un quartier d’artisans. Ils ont trouvé là des barres brutes de métal. Des pièces sculptées restées inachevées. Des fragments de verre. Et surtout une rare matrice permettant d’orner de différents motifs des objets religieux comme des bijoux. La chose serait très ancienne. Les experts parlent non pas du bas Moyen Age, mais d’une période se situant autour du XIe siècle. Tout n’est pas terminé. Le Service Archéologique des Grisons reste encore à l’œuvre. On verra pour la suite! Bilan, Des fouilles ont permis la découverte d'un quartier d'artisans médiévaux à Coire - Bilan
  • Le couloir est une pièce de passage bien souvent négligée en termes de décoration. Il faut dire qu’il n’est pas toujours facile de trouver des idées pour meubler et orner cet espace étroit et sombre que l’on ne fait qu’emprunter sans vraiment y rester. Pourtant, il existe des idées simples pour lui redonner un peu de vie et le mettre en valeur. Voici nos conseils pour y parvenir sans vous ruiner. Binette & Jardin, Couloir sombre : comment le mettre en valeur ?
  • Environ 1 500 roses rouges ont été cultivées ou achetées durant le tournage, dans le cadre des recherches menées par l’équipe ou pour orner les décors. AlloCiné, Disney+ : La Belle et la Bête en 11 chiffres : décors, costumes, box-office... - Actus Ciné - AlloCiné
  • L'automne a beau se parer, comme une vieille coquette, s'orner de feuillages pourpres ou mordorés, il n'est que leurre et trompe-l'oeil. De Harry Bernard / Juana, mon aimée
  • Elle eut soin de peindre et d'orner son visage. Pour réparer des ans l'irréparable outrage. De Jean Racine
  • La parole engendre, elle ne fait pas qu'orner ou accompagner l'existence... De Hubert Aquin / Neige noire
  • Il vaut mieux orner le dedans que le dehors. De Proverbe oriental

Images d'illustration du mot « orner »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « orner »

Langue Traduction
Corse adornanu
Basque edertzeko
Japonais 飾る
Russe украсьте
Portugais enfeitar
Arabe تزين
Chinois 装饰
Allemand schmücken
Italien adornano
Espagnol adornar
Anglais adorn
Source : Google Translate API

Synonymes de « orner »

Source : synonymes de orner sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « orner »



mots du mois

Mots similaires