Peindre : définition de peindre


Peindre : définition du Wiktionnaire

Verbe

peindre \pɛ̃dʁ\ transitif direct 3e groupe (voir la conjugaison) (pronominal : se peindre)

  1. Enduire ou couvrir de peinture, de couleur ou de pigments.
    • La façade était peinte en blanc et les arêtes de la corniche se rehaussaient d'un filet rouge qui en accentuait le profil. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • Le sanctuaire, dont les piliers sont décorés des statues des Apôtres, était entièrement peint. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
    • Peindre une galerie, une chambre à l’huile.
    • Peindre un plafond à la colle.
    • Peindre la carrosserie d’une voiture.
    • Cette femme est vraiment trop peinte, elle a mis trop de maquillage.
  2. Représenter une personne ou une chose, par des lignes et par des couleurs.
    • […] : il engagea plusieurs de ses amis à se laisser peindre par elle, et ces essais commencèrent à lui donner de la réputation. — (Marie-Jeanne Riccoboni , Histoire d’Ernestine, 1762, édition Œuvres complètes de Mme Riccoboni, tome I, Foucault, 1818)
    • Selon les statuts de cette société savante, ses futurs membres s'engageaient à offrir, pour leur intronisation, leur portrait grandeur nature. Bach fit donc peindre son portrait par Elias Gottlob Haussmann, le peintre officiel de Leipzig. — (Philippe Charru & ‎Christoph Theobald, L'esprit créateur dans la pensée musicale de Jean-Sébastien Bach, Éditions Mardaga, 2002, p. 269)
    • Et je vais te peindre couchée, grandeur nature. Et quand ça y sera — et ça y sera, je t’en fous mon billet — tu verras quelque chose, Tsoin-Tsoin. Les plus calés — tiens, même Carlaine — en baveront des ronds de chapeau. — (Pierre Duniton, Les loisirs du gabelou, Éditions Victor Attinger, 1930, p. 67)
    • Peindre en camaïeu, en miniature, sur émail.
    • Peindre en trompe-l’œil.
    • Peindre un plafond, le décorer de figures ou d’ornements.
  3. (Figuré) Décrire, représenter quelque chose par des mots qui font image.
    • Louis XVI n'était pas précisément tel qu'on s'était attaché à le peindre pour l’avilir : ce n'était ni l’imbécile abruti qu'on exposait au mépris du peuple, ni l'honnête homme bon et sensible que préconisaient ses amis. — (« Notices historiques sur la Révolution », dans Mémoires de Mme Roland, éditées par J. Ravenel, vol.1, Paris : chez Auguste Durand, 1840, p. 286)
    • Dans leurs oupa-oupa, qui passent avec raison pour des danses très obscènes, les acteurs peignent par des pantomimes expressives toutes les passions qui les exaltent. — (Thomas Arbousset, Tahiti et les îles adjacentes, 1867)
    • La Fontaine et La Bruyère n’énoncent rien de fatal ou d’éternel quant aux vilenies qu'ils peignent. — (Julien Benda, La trahison des clercs, 1927, édition revue & augmentée, Grasset, 1946, p.194, note 2)
    • C'est par les lettres qu'il écrivait, les livres qu'il aimait, les amis qu'il choisissait, par ce perpétuel mélange de documents et de témoignages, qu'il est possible de le peindre dans sa première jeunesse. — (René Vallery-Radot, La vie de Pasteur, Hachette, 1900, Flammarion, 1941, p. 20)
    • Il peint si vivement la colère, la douleur, la joie, la crainte, qu’il en inspire les sentiments. — Peindre le vice avec les couleurs les plus propres à en donner de l’horreur.
    • Achever de peindre, se dit d’un dernier trait qui s’ajoute à ceux qui nous font connaître quelqu’un et en complète la ressemblance.
    • Ceci achève de le peindre.
  4. (Pronominal) (Figuré) Se traduire, se manifester.
    • Habitué à tout supposer, le brigadier aurait peut-être conçu des soupçons à l'aspect de cette physionomie ouverte où se peignaient si fidèlement les mouvements de l'âme. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
  5. (Pronominal) (Figuré) Représenter ses pensées, son style pour faire connaître son caractère et ses inclinations.
    • Cet auteur se peint dans ses ouvrages.
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Peindre : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PEINDRE. (Il se conjugue comme TEINDRE.) v. tr.
Couvrir quelque chose avec des couleurs. Peindre un mur, une boiserie en rouge, en blanc, en gris, etc. Peindre une galerie, une chambre à l'huile. Peindre un plafond à la colle. Peindre la carrosserie d'une voiture. Par analogie, Cette femme est vraiment trop peinte. Il signifie aussi Représenter une personne, une chose, par des lignes et par des couleurs. Peindre quelqu'un en pied, en buste, grandeur nature. Peindre quelqu'un en beau, en laid. Cette femme est difficile à peindre. Il a fait peindre toute sa famille. Il s'est fait peindre en uniforme. Peindre une bataille, une prairie, une montagne, un morceau d'architecture. On l'emploie souvent absolument. Peindre d'après nature. Peindre dans la manière, dans le goût de telle école, de tel maître. Peindre sur toile, sur bois, sur cuivre, sur ivoire, sur vélin, sur porcelaine. Peindre à l'huile, à l'œuf, à fresque, à la détrempe, à l'aquarelle, au pastel. Peindre en camaïeu, en miniature, en émail. Peindre en trompe-l'œil. Peindre le portrait, le paysage, etc., Avoir pour genre de peinture le portrait, le paysage, etc. Peindre un plafond, Le décorer de figures ou d'ornements. Fig. et fam., Être à peindre, Être dans un costume, dans une posture singulière, ridicule. On peut aussi, mais moins fréquemment, le prendre dans un sens favorable. Toiles peintes, Certaines toiles où sont imprimés des figures, des paysages, des fleurs, des ornements, et qui servent à l'habillement des femmes, aux tentures et aux meubles. Papier peint. Voyez PAPIER.

PEINDRE s'emploie figurément et signifie Décrire, représenter quelque chose par des mots qui font image. Personne n'a peint avec plus de vérité les passions et leurs effets. Ce personnage est peint trait pour trait dans ce discours. Il peint si vivement la colère, la douleur, la joie, la crainte, qu'il en inspire les sentiments. Peindre le vice avec les couleurs les plus propres à en donner de l'horreur. On nous l'avait peint comme un homme d'honneur. On nous le peignit des plus noires couleurs. Il nous a peint sa détresse, sa misère. Peints par eux-mêmes. Achever de peindre, se dit d'un Dernier trait qui s'ajoute à ceux qui nous font connaître quelqu'un et en complète la ressemblance. Ceci achève de le peindre. Pour l'achever de peindre.

SE PEINDRE signifie figurément Se traduire, se manifester. La douleur, la joie, la colère, etc., se peignait dans ses yeux, dans ses regards, sur son visage. La candeur, l'honnêteté de son âme se peint dans ses moindres discours. Cet auteur se peint dans ses ouvrages, Ses pensées, son style font connaître son caractère et ses inclinations.

Peindre : définition du Littré (1872-1877)

PEINDRE (pin-dr'. Les formes en gn se confondent avec les formes correspondantes du verbe peigner ; seulement on prononce d'une façon un peu plus ouverte celles du verbe peigner, et un peu plus fermée celles du verbe peindre), je peins, tu peins, il peint, nous peignons, vous peignez, ils peignent ; je peignais, nous peignions, vous peigniez ; je peignis ; je peindrai ; je peindrais ; peins, qu'il peigne, peignons, peignez ; que je peigne, que nous peignions, que vous peigniez ; que je peignisse ; peignant, peint v. a.
  • 1Représenter une personne, une chose par des lignes et des couleurs. Peindre un homme, un arbre, un lion, un paysage. Il est bien vrai que le concile de Latran a défini qu'on pouvait peindre les anges…, Descartes, Rép. aux 6es object. 5. Alexandre voulut qu'il n'y eût qu'Apelle qui le peignît, Vaugelas, Q.C. II, 6. J'ai lu je ne sais où, qu'Apelle peignit autrefois une maîtresse d'Alexandre d'une merveilleuse beauté, et qu'il en devint, la peignant, si éperdument amoureux, qu'il fut près d'en perdre la vie, Molière, Sicil. 12. Quelle audace de vous faire peindre ! je m'en réjouis, c'est signe que vous êtes belle, Sévigné, 58. Vierge qu'avec amour eût peinte Raphaël, P. Lebrun, Voy. de Grèce, X, 4.

    Peindre l'histoire, le portrait, exécuter des tableaux qui représentent des sujets historiques, des portraits.

    Fig. On dit que le temps peint les beaux tableaux [qu'il les embellit], Diderot, Salon de 1767, t. XIV, p. 141.

    Absolument. Un vieux artisan comme moi a quelque honneur à perdre, et doit avoir soin de conserver la bonne opinion qu'on a de lui… je ne veux plus peindre, mais je veux encore moins barbouiller, Guez de Balzac, Des ministres et du ministère. Avec plus de raison nous [lions] aurions le dessus [sur les hommes], Si mes confrères savaient peindre, La Fontaine, Fabl. III, 10. Il peignit comme Apelle, il chante comme Orphée, Voltaire, Trois man. Vien dessine bien, peint bien ; mais il ne pense ni ne sent, Diderot, Salon de 1767, t. IX, p. 55, éd. 1821.

    Peindre à l'huile, peindre avec des couleurs broyées et détrempées à l'huile. L'invention de peindre à l'huile n'a point été connue des anciens ; ce fut un peindre flamand, nommé Jean van Eyk, mais plus connu sous le nom de Jean de Bruges, qui en trouva le secret, et qui le mit en usage au commencement du XVe siècle, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. XI, 1re part. p. 142, dans POUGENS.

    Fait à peindre, très bien fait. C'était une fille de seize à dix-sept ans, faite à peindre, vive et coquette, Lesage, Guzm. d'Alf. VI, 8.

    On dit aussi à peindre, sans le participe fait. Un tour de visage et un menton à peindre, Sévigné, 120. Il m'assura de nouveau que j'étais un cavalier à peindre, Lesage, Guzm. d'Alf. IV, 5.

    Cet habit est fait à peindre, il va à peindre, il est bien fait et sied bien.

    Être à peindre, être dans une posture, dans une attitude singulière, risible, ridicule. Vous étiez tous les trois à peindre, Imbert, Jaloux sans amour, II, 2.

    Familièrement et fig. Achever de peindre, donner le coup de grâce, consommer le désagrément, l'embarras, la ruine. Et la honte pour lors, qui me saisit le cœur, Pour m'achever de peindre éteignit ma vigueur, Régnier, Élég. IV. Nous voilà bien achevés de peindre, Regnard, le Joueur, V, 7.

    Fig. Manière de peindre, manière d'agir en général, procédé (locution qui paraît appartenir à Mme de Sévigné ou du moins à sa société). Il [le duc de Luxembourg a été interrogé pendant quatre heures [pour l'affaire des poisons]… pour Mme la comtesse de Soissons, c'est une autre manière de peindre : elle a porté son innocence au grand air [elle s'est enfuie], Sévigné, 29 janv. 1680. Des traîtresses de douleurs qui reviennent quelquefois, et dont il faut se moquer, parce que c'est la manière de peindre des rhumatismes, Sévigné, 1er mars 1676.

  • 2Peindre une galerie, un plafond, les orner par la représentation de diverses figures.
  • 3Couvrir de couleurs. Peindre une boiserie, un mur en blanc, en gris.

    Par analogie. Farder le visage. Même elle avait encor cet éclat emprunté Dont elle eut soin de peindre et d'orner son visage Pour réparer des ans l'irréparable outrage, Racine, Athal. II, 5.

    Teindre les cheveux, la barbe. Ce vieillard se peint la barbe et les cheveux. On prétend qu'elle se peint les sourcils, Genlis, Théât. d'éducation, la Tendresse maternelle, sc. 11.

    Fig. Quitte, pour te forcer à deux ou trois soupirs, Et peindre alors ton front d'un peu de déplaisir, Corneille, Perth. III, 3.

  • 4Il se dit aussi des couleurs que répand la lumière. Et les soleils d'avril peignant une prairie En leur tapis de fleurs n'ont jamais égalé Son teint renouvelé, Malherbe, V, 24. Le soleil peint nos champs des plus vives couleurs, Quinault, Atys, I, 2. Vos yeux d'un nouveau jour peignirent l'horizon, Racine, Nymphes de la Seine. Celle-ci [Iris], volant d'une aile légère, fend les espaces immenses des airs, laissant après elle une longue trace de lumière qui peignait un nuage de mille diverses couleurs, Fénelon, Tél. XVI. Tel, du haut de son char, le dieu de la lumière S'empare, en se montrant, de la nature entière, Et, sur tous les objets répandant ses couleurs, Peint les monts et les champs, et l'insecte et les fleurs, Delille, l'Imag. V.
  • 5Écrire, former les lettres, les caractères. C'est de lui que nous vient cet art ingénieux De peindre la parole et de parler aux yeux, Brébeuf, Phars. III.

    Absolument. Il peint si mal qu'on ne peut lire son écriture. J'orthographie… Et peins trop mal, monsieur… jamais je n'oserai, Boissy, Deh. tromp. IV, 7.

  • 6 Terme de tapisserie. Faire le fond du papier, ce qui s'exécute avec des brosses rondes sans manche et montées de soies courtes.
  • 7 Fig. Décrire, représenter vivement par le discours. Peignez mes actions plus noires que la nuit, Corneille, Médée, II, 2. Je les peins dans le meurtre à l'envi triomphants, Corneille, Cinna, I, 3. Nous avons fort parlé [avec l'évêque de Marseille] de toutes les affaires passées ; il me semble que je les ai peintes au naturel, Sévigné, 19 sept. 1677. Rien n'apaise un lecteur toujours tremblant d'effroi, Qui voit peindre en autrui ce qu'il remarque en soi, Boileau, Sat. IX. Et j'ai peint à ses yeux le trouble de votre âme, Racine, Bérén. IV, 2. J'ai cru que je pouvais emprunter deux ou trois traits d'Hérodote pour mieux peindre Assuérus, Racine, Esth. Préf. Ils vous feront enfin haïr la vérité, Vous peindront la vertu sous une affreuse image, Racine, Athal. IV, 3. Corneille peint les hommes comme ils devraient être ; Racine les peint tels qu'ils sont, La Bruyère, I. Sans que mon livre… ne s'écarte du plan que je me suis fait d'y peindre les hommes en général, La Bruyère, Préface. Vous qui me l'avez peint [Polyphonte] de si noires couleurs ! Voltaire, Mérope, II, 1. Plusieurs autres malheureux avaient péri dans les flammes par des arrêts principalement émanés de ce chancelier [Thomas Morus] qu'on nous peint comme si doux et si tolérant, Voltaire, Mœurs, 135. Hommes savants dans l'art de feindre, Qui me prêtez des traits si doux, Vous avez beau vouloir me peindre, Vous ne peindrez jamais que vous, Rousseau, Vers mis par lui au bas d'un de ses portraits, dans 2e dial. Eschyle peignit les hommes plus grands qu'ils ne peuvent être, Sophocle, comme ils devraient être, Euripide, tels qu'ils sont, Barthélemy, Anach. ch. 69. Mais nous, pour embraser les âmes, Il faut brûler, il faut ravir Au ciel jaloux ses triples flammes ; Pour tout peindre, il faut tout sentir, Lamartine, Méd. I, 11.

    Peindre en, représenter comme. Loin d'en baisser les yeux [d'une perfidie], l'orgueilleuse en fait gloire ; Elle nous l'ose peindre en illustre victoire, Corneille, Pulch. III, 4. Et me jeter au rang de ces princes soumis, Que le titre d'amants lui peint en ennemis, Molière, Pr. d'Él. I, 1.

    Par extension. Il s'en faut bien que je croie la musique capable de tout peindre, je crois seulement qu'elle peut, par ses sons, nous mettre quelquefois dans une situation semblable à celle où nous mettent certains objets de la vue, et par là nous rappeler l'idée de ces objets, D'Alembert, Lett. au roi de Prusse, 10 avr. 1767.

    Fig. Peindre en beau, représenter les choses ou les personnes comme meilleures qu'elles ne sont. Vous, monsieur, qui peignez toutes choses en beau, Je vous défie ici d'égayer le tableau, Collin D'Harleville, Optimiste, III, 9. Il me paraît, comme vous me le disiez tout à l'heure, que ce n'est pas en beau que l'on vous a peint, monsieur de Richelieu, Al. Duval, Jeun. de Richel. III, 8.

    En un sens opposé, peindre en laid, peindre en mal.

    Absolument. Tout l'esprit d'un auteur consiste à bien définir et à bien peindre : Moïse, Homère, Platon, Virgile, Horace ne sont au-dessus des autres écrivains que par leurs expressions et par leurs images, La Bruyère, I. Hasarder de certaines expressions, user de termes transposés et qui peignent vivement, La Bruyère, ib. Qui veut peindre pour l'immortalité, doit peindre des sots, Fontenelle, Dial. 2e, Morts modernes.

  • 8Représenter l'image, imiter. Contrefaire un comédien dans des rôles sérieux, c'est le peindre par des défauts qui sont entièrement de lui, Molière, Impromptu, SC. 1. Votre mémoire vous la peindra mieux avec tous ses traits et son incomparable douceur, que ne pourraient faire toutes mes paroles, Bossuet, Duch. d'Orl.
  • 9Se peindre, représenter à soi-même, s'imaginer. Peins-toi dans ces horreurs Andromaque éperdue, Racine, Andr. III, 8.
  • 10Se peindre, v. réfl. Faire soi-même son portrait. Voilà son portrait, c'est lui-même qui s'est peint.

    Fig. Faire la description de son âme, de son cœur. Le sot projet qu'il [Montaigne] a de se peindre ! Pascal, Pens. VI, 33, éd. HAVET. Je ne veux point me peindre avec trop d'avantage, Racine, Phèdre, IV, 2. Je me peindrai tel que je fus, tel que je suis, le mal offusquera presque toujours le bien ; et malgré cela j'ai peine à croire qu'aucun de mes lecteurs ose se dire : je suis meilleur que ne fut cet homme-là, Rousseau, Lett. à M. Duclos, Corresp. t. VI, p. 168, dans POUGENS.

    Cet auteur se peint dans ses ouvrages, c'est-à-dire ses pensées, son style font connaître son caractère et ses inclinations. Chacun se peint sans y penser dans ce qu'il écrit, Fénelon, Lett. à Lamotte, 22 nov. 1714.

    Fig. S'achever de peindre, se conduire de manière à se compromettre, à ruiner ses affaires, etc. Ils vont s'achever de peindre, et je ne serai pas en sûreté, Destouches, Fausse Agnès, III, 11.

    S'achever de peindre, se dit aussi d'un homme qui, après avoir beaucoup bu, recommence à boire et se grise tout à fait.

  • 11Être peint, figuré comme par la peinture. Les objets se peignent au fond de l'œil sur la rétine comme sur une toile. Il n'y a qu'à présenter un objet [à un miroir], aussitôt il se peint lui-même, et cet admirable tableau ne dégénère, par aucun endroit, de l'original, Bossuet, Élév. sur myst. II, 3. Le ciel, de la terre amoureux, Se peint dans le miroir de l'onde, Bernis, Saisons, Automne. Il regarde à ses pieds dans le liquide azur Se peindre les coteaux, les toits et les feuillages, Chénier, Élég. XI.

    Fig. La mort se peignit sur son visage [de Madame], et on la voyait dans des souffrances cruelles, sans néanmoins qu'elle parût agitée, La Fayette, Hist. Hte d'Angl. À ces mots, le mécontentement le plus sévère se peignit sur le visage de Louis, Genlis, Mme de Maintenon, t. I, p. 30, dans POUGENS. Qui pouvait la regarder sans être frappé de l'inspiration divine qui se peignait dans ses yeux ? Staël, Corinne, III, 3.

  • 12 Poétiquement, être orné. Et déjà devant lui les campagnes se peignent Du safran que le jour apporte de la mer, Malherbe, I, 4.

REMARQUE

J. J. Rousseau a dit : Et pour achever de me peindre, Lett. à Mme de Warens, 23 oct. 1737. C'est une faute ; la locution est une phrase faite ; il faut dire m'achever de peindre.

HISTORIQUE

XIe s. Et cil escuz qui bien sont peinz à flors, Ch. de Rol. CXXXV.

XIIe s. Ausi cum l'on plastrit et teint La maisiere [muraille] sor quoi l'om peint, Benoit de Sainte-Maure, V. 39829. À celui qui se efforce de paindre ço que covient à beauté…, Machab. II, 2.

XIIIe s. Mieux [elle] ressemble [à] Bertain que ne peindroit peigniere [peintre], Berte, XI. Sa galie ariva toute peinte dedens mer et dehors, à escussiaus de ses armes, Joinville, 215.

XVe s. Amoureux ont parolles paintes Et langaige frais et joly, Orléans, Ball. 74.

XVIe s. Disant que plus n'avez laine sur dos, Et que rongée estes jusques aux os, Crucifiée, achevée de paindre, Marot, J. V, 232. …Ou escouter la musique et le bruit Des oyselets paincts de couleurs estranges, Marot, I, 328. Tu peins ta barbe, amy Bruslard, c'est signe Que tu voudrois pour jeune estre tenu, Marot, III, 168. Quoyque je peigne insupportablement mal, j'aime mieulx escrire de ma main que d'y employer une aultre, Montaigne, I, 293. …Mon cœur troublé de desirs inconstans Et d'espoirs enchanteurs qui m'ont fait si long-tans Battre l'air, peindre en l'onde et fonder sur le sable, Desportes, Œuvres chrestiennes, Sonnets, 10. Aucuns aussi sont mis pour apprendre trois ou quatre mots de latin, en attendant qu'ils soient grandelets pour faire le voyage d'Italie, afin que là on acheve de les leurrer, ou, comme dit le proverbe, qu'on acheve de les peindre, H. Estienne, Apol. d'Hérod. p. 91, dans LACURNE.

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Peindre : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

PEINDRE, v. act. & neut. c’est appliquer des couleurs sur une superficie plate, de façon qu’elles représentent un objet quel qu’il soit.

Peindre, signifie quelquefois simplement embellir de divers ornemens une chambre, un cabinet, une galerie, &c. J’ai fait peindre mon cabinet, ma chambre, ma galerie.

Peindre, se dit encore, mais improprement, des gros ouvrages concernant les bâtimens. Il faut peindre ce lambris, ce berceau, cette balustrade de fer, pour empêcher qu’elle ne se rouille : il faudroit dire barbouiller.

On dit je me fais peindre, pour exprimer qu’on fait faire son portrait. J’apprends à peindre ; je veux peindre cette ombre ; il a une belle tête à peindre, c’est-à-dire a un beau caractere de tête, le visage d’un beau coloris.

Voyez sur les diverses manieres de peindre, l’article Peinture.

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Peindre : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « peindre » les plus populaires.

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Étymologie de « peindre »

Étymologie de peindre - Littré

Wallon, pôd, pond ; bourguig. poindre ; provenç. pegner, penher, pencher ; ital. pignere, pingere ; du lat. pingere ; sansc. piç, pinç, former, figurer.

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Étymologie de peindre - Wiktionnaire

Du moyen français peindre, de l’ancien français peindre, du latin pĭngĕre (« peindre », « teindre », « enluminer », « orner », « décorer », « émailler », « représenter », « broder », « dépeindre par la parole », « figurer »).
Le verbe latin est apparenté à pigmentum qui a donné « pigment ».
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Phonétique du mot « peindre »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
peindre pɛ̃dr play_arrow

Conjugaison du verbe « peindre »

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Citations contenant le mot « peindre »

  • Le maître néerlandais Rembrandt n’a jamais cessé de se peindre lui-même. Sur la centaine d’autoportraits peints, gravés ou dessinés en l’espace de quarante ans, trois seulement sont entre les mains aujourd’hui de particuliers. L'un d’entre eux a été vendu chez Sotheby’s ce mardi à Londres. France Culture, Rembrandt se raconte dans ses multiples autoportraits
  • • Passez en revue et analysez la taille du marché mondial Machines à  peindre en fonction de sa valeur et de son volume auprès des utilisateurs finaux, des types de produits, de l’entreprise, des principales régions, des informations de répartition de 2015 à 2020 et des prévisions jusqu’en 2026. INFO DU CONTINENT, Machines à  peindre Marché 2020 | Analyse d'impact, perspectives et opportunités de croissance de Covid-19 - INFO DU CONTINENT
  • Les prix des loyers à Lisbonne m'ont surpris et empêché de remonter un atelier pour les enfants, de plus  ne parlant pas le portugais c'était aussi compliqué, même si j'ai commencé les cours le lendemain de mon arrivée! J'ai donc décidé de peindre une série de tableaux personnels voulant les dédier à Lisbonne pour remercier ce pays et cette ville de m'accueillir et c'est là que les azulejos entrent en scène!  , AGATHE : "Peindre et faire peindre est ma raison d'être" | lepetitjournal.com
  • Quitte à laisser les murs sans tableaux et nus, autant les peindre comme il se doit. Il en va de l’esthétisme et du confort de chaque pièce de la maison. Vous devez bien évidemment engager des professionnels pour la réalisation des travaux afin d’en garantir la finition et la réussite. , Nos idées pour peindre votre intérieur – BatiPresse
  • Je peins depuis longtemps mais la peinture telle que je la pratique aujourd’hui de manière assidue, c’est une reconversion.  J’étais avant avocate en droit des affaires. Comment passe-t-on d’avocat à peintre ? Ce n’est pas si simple et ça ne se fait pas du jour au lendemain. J’ai toujours aimé dessiner, sans oser franchir le pas. Une reconversion c’est d’abord un constat d’échec, le deuil d’un métier, et puis ensuite oser se lancer. La première expo c’est violent mais après c’est parti. Je ne crois pas qu’on choisisse la peinture. Insécurité, perte d’un confort matériel, isolement… Mais peindre c’est de l’ordre de l’obsession, c’est devenu une nécessité. Artistikrezo, Audrey Noël : "Peindre c’est de l’ordre de l’obsession, c’est devenu une nécessité" - Artistikrezo
  • Kalé Beye : j’ai commencé à peindre au Sénégal alors que j’étais à l’école primaire. Ma première motivation était de m’exprimer autrement qu’avec des mots. Je voulais extérioriser le plus profond de ma pensée auprès des autres, ce qui pour moi est l’essence même de l’art. C’est en 6e que j’ai réalisé mon premier tableau abstrait et n’ai jamais cessé de peindre. En 2013, j’ai été engagé comme artiste peintre par le « Domaine de Nianing », un établissement hôtelier au Sénégal, afin de le décorer de mes peintures. Cette expérience a été un véritable tremplin dans ma carrière. J’ai pu démarrer d’autres projets artistiques, de nombreux clients de l’hôtel séduits par mes œuvres m’ont alors passé commande. Le plus souvent, les touristes me demandaient de leur peindre des paysages africains ou des couchers de soleil. Certains de mes tableaux sont même partis en France et en Belgique. En 2014, j’ai déménagé en Allemagne. Depuis, je me concentre principalement sur ma passion : l’art abstrait. En Afrique, je peignais surtout ce qui plaisait aux autres, en Allemagne, j’ai appris de nouvelles techniques et ce que j’apprécie surtout ici, c’est de pouvoir m’exprimer librement à travers ma peinture. Depuis quelques temps, en plus des tableaux, je réalise également des fresques murales. , Kalé Beye, artiste sénégalais à Francfort : « L’art nourrit l’âme » | lepetitjournal.com
  • Michel-Ange ne s’est pas mis à peindre parce qu’il avait toutes ces figures dans la tête. Seulement il se mit à peindre, et les figures se montrèrent. De Alain / Propos sur le bonheur
  • La vie, c’est peindre une image, et non faire une somme. De Oliver Wendell Holmes
  • L’art de peindre n’est que l’art d’exprimer l’invisible par le visible. De Eugène Fromentin / Les Maîtres d’autrefois
  • Un écrivain devrait écrire avec ses yeux et un peintre peindre avec ses oreilles. De Gertrude Stein
  • Il ne s'agit pas de peindre la vie, mais de rendre vivante la peinture. De Pierre Bonnard
  • Qui peint la fleur n'en peut peindre l'odeur. De Proverbe français
  • Un amateur est une personne qui trouve un travail pour pouvoir peindre. Un professionnel est une personne dont la femme travaille pour qu’il puisse peindre. De Ben Shahn
  • Un amateur est un artiste qui travaille pour pouvoir peindre. Un professionnel est quelqu'un dont la femme travaille pour qu'il puisse peindre.
  • Et comment peindre avec des mots sans couleurs ? De Joseph Marmette / Le chevalier de Mornac
  • Pour peindre les portraits, observez les modèles. De Charles-Guillaume Etienne / Brueys et Palaprat
  • Pour tout peindre, il faut tout sentir. De Alphonse de Lamartine / L'Enthousiasme
  • Peindre, peindre, Toujours peindre Encore peindre Le mieux possible, le vide et le plein Le léger et le dense Le vivant et le souffle.

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Traductions du mot « peindre »

Langue Traduction
Corse pinta
Basque margotu
Japonais 塗る
Russe рисовать
Portugais pintar
Arabe للصبغ
Chinois 作画
Allemand anstreichen
Italien pitturare
Espagnol pintar
Anglais to paint
Source : Google Translate API

Synonymes de « peindre »

Source : synonymes de peindre sur lebonsynonyme.fr

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