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Labourer

Sommaire

  • Définitions du mot labourer
  • Étymologie de « labourer »
  • Phonétique de « labourer »
  • Citations contenant le mot « labourer »
  • Images d'illustration du mot « labourer »
  • Traductions du mot « labourer »
  • Synonymes de « labourer »

Définitions du mot labourer

Trésor de la Langue Française informatisé

LABOURER, verbe trans.

I. − Vx. Travailler péniblement, peiner. Emploi abs. Depuis mon retour de Suisse, je n'ai cessé de labourer le matin et de me dissiper le soir (Sainte-Beuve, Corresp.,1840, p. 241).
Loc. fig. et pop., vx. Labourer sa vie. Avoir beaucoup de peine, de tracas. (Dict. xixes., Lar. 20e, Quillet 1965 et Hautel t. 2 1808). Il [Balzac] est mort d'une maladie de cœur, comme meurent aujourd'hui tant d'hommes parmi ceux qui ont trop ardemment labouré la vie (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 2, 1851-62, p. 463).
II.
A. − [La superficie désignée par le subst. compl. est une étendue de terre]
1. AGRIC. [Correspond à labour A]
a) Qqn laboure qqc.1avec qqc.2Ouvrir des sillons plus ou moins profonds dans la terre en la retournant avec un puissant outil à main ou tracté pour l'ameublir et la préparer à la culture. Synon. défoncer, sillonner (vx).Labourer un champ, la terre, avec une charrue. C'était le paysan de la haute chaumine Qui venait labourer son morceau de colline, Avec son soc plaintif traîné par ses bœufs blancs (Lamart., Jocelyn,1836, p. 743).
b) [Sans compl. introd. par avec] Elle [l'agriculture] fut long-tems l'occupation des femmes, qui labouraient la terre (Baudry des Loz., Voy. Louisiane,1802, p. 303).Ce qu'un bouvier peut labourer de terre dans sa journée, de dix à douze kilomètres de sillons, suivant l'état du sol (Pesquidoux, Livre raison,1928, p. 263).
c) Emploi pronom. passif. Qqc.1se laboure.Nos usines repartent. Nos ports se rouvrent. Nos champs se labourent (De Gaulle, Mém. guerre,1959, p. 601).
d) Absol. [En parlant d'une pers. ou, p. ext., de l'animal tirant la charrue] Se livrer, travailler au labourage. Ils bêchent, ils labourent, ils moissonnent (Lamart., Voy. Orient, t. 2, 1835, p. 104).Quand Honoré poussait la charrue dans son champ, il n'avait qu'à lever la tête pour voir, labourant, les autres hommes du village (Aymé, Jument,1933, p. 209).
e) Qqc.2laboure qqc.1Creuser la terre en y ouvrant des sillons. Le soc de la charrue laboure la terre (Lar. Lang. fr.).
Rem. On relève l'expr. labourer le sillon (vx), synon. de labourer le champ. Que l'on me force, comme Adario, à labourer le sillon : je serai heureuse si René est à mes côtés (Chateaubr., Natchez, 1826, p. 369).
2. P. anal. Qqn/qqc. laboure qqc.1Creuser profondément, entailler en creux la terre.
a) [Le compl. d'obj. désigne une étendue de terre] Le choc sourd de la chienne se ruant contre le grillage, freinant des pattes et labourant le sol (Genevoix, Raboliot,1925, p. 78).Le bruit mat de la masse lancée labourant le talus (Vialar, Pt jour,1947, p. 185).
[Avec un compl. introd. par de] Il y en a un [obus] qui (...) laboure de son bec la crête de la petite colline (Genevoix, Boue,1921, p. 181).
b) P. métaph. Des nuages d'un noir affreux et labourés par les vents flottaient aux horizons (Chênedollé, Journal,1815, p. 75).Un vent glacé labourait la mer; elle s'est calmée vers le soir (Gide, Journal,1942, p. 115).
c) P. ext., MAR. Labourer le fond.
[En parlant d'un bateau] Naviguer en touchant le fond sans s'arrêter. (Dict. xixeet xxes.).
[En parlant d'une ancre de bateau] Râcler le fond sans y être retenue. Synon. chasser2. (Dict. xixeet xxes.).Cette ancre laboure le fond (Ac.1835-1935).
d) Au part. passé. Le sentier labouré d'ornières qui menait à ses vignes (Fromentin, Dominique,1863, p. 8).Chênes de cinq cents ans tout labourés d'entailles (Samain, Chariot,1900, p. 218).
B. − P. anal. [La superficie désignée par le compl. d'obj. est l'épiderme, une partie du corps ou les vêtements d'une pers.]
1. [Le suj. désigne une pers. ou une partie agissante de son corps]
a) Qqn/qqc. laboure qqc.1avec/de qqc.2Creuser comme des sillons dans. Synon. écorcher, égratigner, lacérer, taillader.Avec ses griffes il lui labourait ses vêtements (Châteaubriant, Lourdines,1911, p. 268).Les mains crispées qui labouraient avec leurs ongles taillés le visage de la malheureuse (Aragon, Beaux quart.,1936, p. 465).
P. métaph. On lui laboure les flancs de l'esprit avec les éperons d'or de la parole (Barb. d'Aurev., Memor. 1,1837, p. 110).
Emploi pronom.
réfl. indir. Qqn se laboure qqc.1avec/de qqc.2.J'avais sous mon suaire un poignard dont je me labourais la poitrine (Hugo, N.-D. Paris,1832, p. 379).Se labourer le visage. ,,Se déchirer, se taillader le visage`` (Lar. Lang. fr.).
réciproque. Se labourer qqc.1avec/ de qqc.2Le maître et le valet se labourant la peau à coups de poignards! (Flaub., Corresp.,1880, p. 372).
[Sans compl. prép.] Qqn laboure qqc.1L'ivrogne laboura sa chevelure; de grasses mèches latérales pendirent entre ses doigts (Malègue, Augustin, t. 1, 1933, p. 327).
b) Qqc.2laboure qqc.1Synon. de entailler.Je vécus sous le feu de ses coudes qui (...) me labouraient impitoyablement les côtes (Reybaud, J. Paturot,1842, p. 338).Son poing (...) avait labouré l'épaule de son adversaire (Zola, Germinal,1885, p. 1485).
Absol. Qqc.2laboure.Cette gélatine animée (...) où les ongles labourent (Hugo, Travaill. mer,1866, p. 374).Des dents déchirent, des griffes labourent (Faure, Hist. art,1909, p. 64).
2. Qqc. laboure qqc. à/de qqn
a) Synon. de déchirer.Une autre branche dont je sentis l'écorce rugueuse me labourer le front (Fabre, J. Savignac,1863, p. 2).Un sanglot, qu'il n'avait su ni prévoir ni étouffer, lui laboura la gorge (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 322).Il s'appuyait fortement (...), pour atténuer les secousses qui lui labouraient les côtes (Martin du G., Thib., Épil., 1940, p. 781).
b) Marquer de raies profondes. Synon. sillonner.Visage labouré par les rides, par la petite vérole. Frappés de bas en haut par des blessures qui leur labouraient tout le corps (Dumas père, Monte-Cristo, t. 2, 1846, p. 270).Ta chaleur humide est sur ma bouche, tes larmes labourent mon visage (Milosz, Amour. initiation,1910, p. 133).
Au part. passé. Une entaille profonde lui avait coupé le cou, une plaie labourée (Zola, Bête hum.,1890, p. 50).
C. − Au fig. Qqc. laboure qqc./qqn.[Le suj. désigne un sentiment; le compl. d'obj. désigne une pers. ou ses attributs] Synon. tarauder, transpercer.Cœur labouré de chagrin, d'inquiétude. Avec l'âpre désir qui laboure la chair, il y a le besoin de tendresse (Rolland, J.-Chr., Buisson ard., 1911, p. 1383).Sa conscience était labourée par l'injonction cent fois répétée par sa grand-mère qu'il devait protéger sa mère (Drieu La Roch., Rêv. bourg.,1939, p. 238).
Emploi pronom. réfl. indir. Qqn se laboure qqc. avec/de qqc.Cette idée germa dans l'esprit de Louise, qui passa la nuit à s'en labourer le cœur (Champfl., Bourgeois Molinch.,1855, p. 182).Il se labourait le cœur avec ces pensées (Rolland, J.-Chr., Matin, 1904, p. 207).
Prononc. et Orth. : [labuʀe]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 938-950 « se donner de la peine, travailler » (Jonas, éd. G. de Poerck, 142 : habebat mult laboret e mult penet); on trouve encore en ce sens, d'apr. labeur*, des formes en -eu- au xvies. (Hug.), cf. les art. labeurer « opérer » ds Ac. 1740 et Trév. 1752 où le mot est dit n'avoir d'usage que dans le proverbe : En peu d'heures Dieu labeure; labeurer est répertorié dans la lexicogr. de la 1remoitié du xixes. et attesté dans plusieurs patois (cf. encore ds Céline, Mort à crédit, 1936, p. 477); 2. 1119 intrans. « travailler, retourner la terre » (Philippe de Thaon, Comput, 541 ds T.-L.); 1155 trans. (Wace, Brut, 5970, ibid.); 1174 par image (Guernes de Pont-Ste-Maxence, S. Thomas, 2908, ibid. : E tut cil qui laburent el champ nostre Seignur); 3. p. anal. a) 3etiers xives. « faire l'acte charnel » (E. Deschamps, V, 133, ibid.); b) 1660 « (d'une ancre) ne pas tenir sur le sol marin » (Oudin Esp.-Fr. ds FEW t. 5, p. 105a); 1690 un boulet de canon laboure (Fur.). Empr. au lat. class.laborare « travailler, prendre de la peine, se donner du mal », spéc. trans. « mettre en valeur, exploiter, cultiver quelque chose » (Tacite, Germ., 45, 3 : frumenta ceterosque fructus ... laborant; Tertullien, Adv. Marc., 2, 2 : terram laborare; TLL s.v. 808, 49 sqq., sens particulièrement développé au Moy.-Âge (Nierm.), d'où la forme pop. laorar « labourer » en a. prov., toujours vivante; au sens 2, labourer a évincé les verbes a. fr. arer (arer*) et gaaigner (gagner*). Fréq. abs. littér. : 456. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 801, b) 587; xxes. : a) 727, b) 501. Bbg. Gemmingen-Obstfelder (B. von). Semantische Studien zum Wortfeld Arbeit im Fr. Tübingen, 1973, p. 5; pp. 122-124. - Ostrá (R.). Struct. du signe ling. et chang. sém. Beitr. rom. Philol. 1972, t. 11, p. 128. - Thomas (A.) Nouv. Essais 1904, p. 364.

Wiktionnaire

Verbe

labourer \la.bu.ʁe\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Remuer, retourner la terre en formant des sillons avec la charrue, la houe, et autres instruments aratoires.
    • Labourer un champ.
    • Labourer des vignes.
    • Champ labouré, terres labourées.
    • Labourer avec des bœufs, avec des chevaux, labourer au tracteur.
  2. (Figuré) Faire, sur le sol, ou par analogie sur une autre surface, à peu près le même effet que la charrue, la bêche, etc.
    • Les sangliers ont labouré ce pré.
    • Les taupes ont labouré tout mon jardin.
    • Il put donc reconnaître que, s'il avait de-ci de-là, un peu partout, les chairs labourées, aucune de ses blessures ne l'avait atteint en profondeur. — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, coll. « Le Livre populaire » no 31, 1907)
    • [...] la mer est devant moi, immense et glauque, rayée de larges ombres violettes, labourée par des vagues profondes, dont les crêtes, balancées çà et là, blanchissent. — (Octave Mirbeau, Le Calvaire, 1886, IX)
    • (Equitation) Cheval qui laboure le terrain, se dit d’un cheval qui butte.
  3. (Marine) (Par analogie) se dit d’une ancre qui ne tient pas sur le fond où on l’a jetée, ou d’un navire qui passe qui touche le fond sans être arrêté.
    • Cette ancre laboure le fond, ou simplement laboure.
    • Notre vaisseau labourait.

Nom commun

labourer \ˈleɪ.bə.ɹə\ (Royaume-Uni), \ˈleɪ.bɚ.ɚ\ (États-Unis)

  1. (Royaume-Uni) Ouvrier, ouvrière.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

LABOURER. v. tr.
Remuer, retourner la terre en formant des sillons avec la charrue, la houe, et autres instruments aratoires. Labourer un champ. Labourer des vignes. Champ labouré. Terres labourées. Absolument, Labourer avec des bœufs, avec des chevaux. Labourer au tracteur.

LABOURER se dit figurément de Certains animaux et des choses qui font sur une superficie à peu près le même effet que la charrue, la bêche, etc. Les sangliers ont labouré ce pré. Les taupes ont labouré tout mon jardin. Le canon a labouré ce champ. La balle lui a labouré les chairs. En termes de Manège, Ce cheval laboure le terrain, se dit d'un Cheval qui butte.

LABOURER se dit, par analogie, en termes de Marine, d'une Ancre qui ne tient pas sur le fond où on l'a jetée, ou d'un Navire qui passe par un endroit où il y a peu d'eau et qui touche le fond sans être arrêté. Cette ancre laboure le fond, ou simplement laboure. Notre vaisseau labourait.

Littré (1872-1877)

LABOURER (la-bou-ré) v. a.
  • 1Travailler (sens propre qui n'est usité que dans des termes de métier).

    Débarquer, traîner. Labourer des tonneaux de vin.

    Labourer le sable, mouiller et soulever par mottes le sable du moule des plombiers.

  • 2Particulièrement, le travail de la terre étant pris pour le travail par excellence, remuer, retourner la terre avec les instruments aratoires. Labourer avec la charrue. Labourer à la bêche. Il laboure le champ que labourait son père, Racan, les Douceurs de la retraite. Labourer ses champs, conduire ses troupeaux, et combattre, voilà la vie des Russes jusqu'au temps de Pierre le Grand, et c'est la vie des trois quarts des habitants de la terre, Voltaire, Mœurs, 190. Dans ces plaines heureuses Que labouraient jadis des mains victorieuses, Chénier M. J. Gracques, I, 2. Douze mille arpents de terre enclos, c'est un joli cadeau à faire à qui les saurait labourer, Courier, Chambord.

    Il se dit des animaux employés à remuer la terre. Vos taureaux et vos ânons qui labourent la terre, Sacy, Bible, Isaïe, XXX, 24.

    Absolument. Labourer avec des chevaux, avec des bœufs. Si vous n'eussiez pas labouré avec ma génisse, Sacy, Bible, Juges, XIV, 18. Il n'irait point troubler la paix de ces fauvettes, S'il lui fallait toujours comme moi s'exercer, Labourer, couper, tondre, aplanir, palisser, Boileau, Épître X.

    Labourer à deux charrues, à trois charrues, occuper deux charrues, trois charrues pour le labourage de ses terres.

    Labourer à blé, donner le quatrième labour à la terre.

  • 3 Par extension, faire sur la superficie de la terre une impression comparée à celle des instruments aratoires, en parlant de certains animaux et de certaines choses. Les sangliers, les taupes ont labouré tout ce pré. Le canon a labouré ce champ. Comme un vaisseau qui laboure les vagues, Chateaubriand, René.

    Par extension. L'artillerie labourait les rangs de l'ennemi, y faisait de grands ravages.

    Terme de manége. Ce cheval laboure le terrain, se dit d'un cheval qui butte.

    Fig. Tracer des rides sur la physionomie humaine. Les chagrins ont labouré son front.

  • 4 Terme de marine. Labourer le fond, se dit d'un vaisseau qui navigue dans une eau trop peu profonde et qui touche le fond sans être cependant arrêté.

    Absolument. Ce vaisseau laboure.

    On dit qu'une ancre laboure, quand le fond du terrain ne la retient pas.

    Le plat bord d'une embarcation laboure la mer quand il rase la surface de l'eau

  • 5 Fig. et familièrement. Faire quelque chose avec un effort comparé à celui du labourage. Me voilà plantée au coin de mon feu, une petite table devant moi, labourant depuis deux heures mes lettres d'affaires de Bretagne, Sévigné, 15 déc. 1688.

    Populairement, labourer sa vie, avoir beaucoup de peine, d'embarras, de traverses.

    Absolument. Faut-il toujours labourer et tirer le diable par la queue ? Sévigné, 30 juill. 1677. Je me divertis autant à causer avec vous que je laboure avec les autres, Sévigné, 234. Je le confirmai de mon mieux dans une résolution pour laquelle j'avais tant labouré, Saint-Simon, 311, 61.

HISTORIQUE

Xe s. Jonas propheta habebat mult laboret [travaillé] e mult penet à cel populum, Fragm. de Valenc. p. 468.

XIIIe s. Li vilains dist que Dieu labeure [travaille], Quant il li plaist, en moult peu d'eure, Fl. et Bl. 1641. Li Grieu [les Grecs] avoient ce pont rompu, et li baron firent toute jor labourer l'ost, et le pont affaitier toute la nuit, Villehardouin, LXXV. Et aussi se je labore son heritage en entention que je cuidoie qu'il fust miens…, Beaumanoir, XXIX, 12. Toutes fames sers et honore, D'eles servir poine et labore, la Rose, 2126.

XIVe s. Les excellens medecins labourent moult à avoir congnoissance des choses du corps, Oresme, Eth. 29.

XVe s. En quoi peuvent ils [les nobles] dire ni monstrer que ils sont mieux seigneurs que nous [les paysans], fors parce que ils nous font gagner et labourer ce que ils dependent ? Froissart, II, II, 106. Le peuple doit chascun jour labourer Pour les estas des nobles soustenir, Deschamps, Gouv. des rois.

XVIe s. En Dieu te fie, à bien faire labeure : La terre auras pour habitation, Et jouiras de rente vraye et seure, Marot, IV, 277. Il labouroit et cultivoit avec ses propres mains ce peu de terre, Amyot, Caton, 1. Quant à moy je n'aurois jamais le cueur de vendre le bœuf qui auroit longuement labouré ma terre, Amyot, ib. 11. Ung moine ne laboure comme le paysant, ne guarde le pays comme l'homme de guerre, Rabelais, Garg. I, 40. Le paradiz terrestre, de la situation duquel tant disputent et labourent les bons theologiens, Rabelais, Pant. IV, 57. Lors commencerons à labourer à bled noz terres, comme on parle en France ; c'est à dire à jetter la semence en terre, sans autre attente que du beau temps, De Serres, 111. Le grand bœuf apprend à labourer au petit, Cotgrave

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

LABOURER, v. act. (Œcon. rustiq.) c’est cultiver la terre ou lui donner les façons, qu’on appelle labours. Voyez Labour, Labourage & Laboureur.

Labourer, (Marine.) terme dont on se sert à la mer pour dire que l’ancre ou ne prend pas ou ne tient pas bien dans le fond, de sorte que le vaisseau l’entraîne ; ce qui arrive lorsque le fond est d’une vase molle, qui n’a pas assez de consistance pour arrêter l’ancre, de sorte qu’étant entrainée par le mouvement du vaisseau, elle laboure le fond. On dit aussi qu’un vaisseau laboure, lorsqu’il passe sur un fond mou & vaseux où il n’y a pas assez d’eau, & dans lequel la quille entre légerement, sans cependant s’arrêter. (Z)

Labourer, (Art milit.) il se dit du sillon que trace à terre un boulet de canon lorsqu’il est tombé sur la fin de sa portée. Le canon laboure encore un rempart, lorsque plusieurs batteries obliques sont dirigées vers un même point, comme centre de leur action commune. Il se dit aussi de l’action de la bombe, qui remue les terres.

Labourer, (Plomb.) c’est mouiller, remuer & disposer avec un bâton le sable contenu dans le chassis autour du moule. Voyez l’article Plomb.

Labourer, (Comm. & Voit.) se dit des vins, C’est les décharger des bateaux sur lesquels ils ont été chargés, & les mettre à terre.

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Étymologie de « labourer »

Picard, rabourer ; provenç. laborar, laorar, laurar ; catal. mod. llaurar ; esp. labrar ; port. lavrar ; ital. lavorare ; du lat. laborare, de labor, labeur.

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Du latin laborare (« travailler ») apparenté à labor (« labeur »). Ce verbe s’est progressivement spécialisé de « travailler » vers « travailler dur », « travailler la terre », et a progressivement remplacé le latin arare (→ voir arable et araire) et « arer » qui en est issu a, paradoxalement, un sens maritime.
Madame de Sévigné, au XVIIe employait encore ce verbe dans le sens classique de « être en peine ».
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Dérivé de labour, lui-même issu de l’ancien français labour (« labeur »), avec le suffixe -er.
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Phonétique du mot « labourer »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
labourer labure

Citations contenant le mot « labourer »

  • Tu ne laboureras pas avec un bœuf et un âne ensemble. , Ancien Testament, Deutéronome XXII, 10
  • Faute de boeuf, on fait labourer par son âne. De Proverbe auvergnat
  • Vous me demandez de labourer la terre ! Comment pourrai-je prendre un couteau pour lacérer la poitrine de ma mère ? De Wovoka
  • Contempler, c'est labourer ; penser, c'est agir. Les bras croisés travaillent, les mains jointes font. De Victor Hugo / Les Misérables
  • La télévision offre à l'intelligence un terrain bien plus riche à labourer, un terreau aussi complexe que le réel même peut l'être. De Michèle Cotta / Les Dossiers de l’Audiovisuel
  • Y penser sans cesse ne labourera pas le champ. De Proverbe irlandais
  • Les cultures où le travail de la terre est réduit, voire le labour supprimé, mettent en avant une pratique d’agriculture visant à ne pas labourer le sol, la méthode traditionnelle pour préparer la terre à l’ensemencement. La culture sans labour est un élément essentiel de « l’agriculture de conservation ». www.euractiv.fr, Cultiver sans labour : les méthodes traditionnelles et les nouvelles technologies pour surmonter les défis actuels – EURACTIV.fr
  • Romain Poujol est le nouveau porte-parole d’EELV du Pays de Saint-Malo. L’ambition des écologistes est de « labourer » le territoire au-delà de Saint-Malo pour aller à la rencontre des entreprises, des expérimentations lancées ou projets aboutis. « Mettre la lumière sur ces innovations tout en restant un poil à gratter sur les dossiers malouins : qualité de vie, urbanisme… », traduit le nouveau responsable. Le Telegramme, Politique : EELV veut labourer en profondeur le pays malouin - Saint-Malo - Le Télégramme
  • D'accord avec vous, le pire ce sont les tondeuses à gazon, tailles haies et tous ces outils de jardin, et ce même le dimanche, feraient mieux de labourer autre chose... lindependant.fr, Pyrénées-Orientales - Canet-en-Roussillon : "Parfois, je suis réveillé par des cris en pleine nuit" - lindependant.fr
  • Progressivement abandonné avec l'arrivée du tracteur au XXe siècle, le cheval réinvestit les vignes pour labourer. Pour de nombreux vignerons, cette technique incarne l’avenir : plus écologique, moins néfaste pour les sols, elle permet surtout d’obtenir de meilleurs rendements. France 3 Grand Est, En Alsace, le cheval fait son retour dans les vignes pour labourer - France 3 Grand Est
  • De loin, à travers les vignes, on aperçoit tout juste les oreilles de Breiz, cheval de trait âgé de 8 ans, tiré par son maître, passionné de chevaux et de terroir. De près, alors qu'ils sont en opération de décavaillonnage (labourer le sol entre les pieds de vignes) au château Bonisson sur les hauteurs de Rognes, la bête impressionne grandement avec ses 900 kg.Jean-Louis Buravand, 61 ans, agriculteur à Boulbon près d'Avignon, se rend sur ce domaine viticole depuis que la famille Le Dorze lui a redonné vie en 2017. Un prestataire de services pas comme les autres puisqu'il arrive avec son cheval de trait et son outillage, une décavaillonneuse accrochée à l'arrière du cheval."Nous avons d'emblée décidé de travailler ce vignoble de manière traditionnelle,lance Victoire Le Dorze. C'est notre oenologue qui nous en a parlé et nous a mis en rapport avec Jean-Louis Buravand." Ici, le vignoble bio de 7 hectares est vendangé uniquement à la main, les différents travaux sont menés dans le respect des phases de la lune et le labour des rangs se fait donc avec des chevaux pour respecter la terre et éviter les tassements.Un procédé qui revient en force surtout dans les vignes françaises puisqu'il est d'une part écologique et ne prend pas plus de temps qu'un tracteur. Et même mieux : il permet une plus grande précision dans le travail en passant au plus près des ceps au contraire du tracteur. Cette technique permet également de moins compacter le sol à la différence d'une machine. La difficulté, comme dans tout travail du terroir, ce sont les conditions météorologiques. Jean-Louis Buravand, avec son cheval de trait, ne peut travailler dans de bonnes conditions que si la terre n'est ni trop humide ni trop sèche. Il faut en moyenne au cheval et au laboureur 5 à 6 heures de travail pour un hectare. Il lui faudra donc une bonne semaine de travail environ pour finir les 7 hectares de labour à Bonisson sachant que s'il pleut, le travail est évidemment reporté.Au printemps, le travail au cheval permet de remettre la terre au pied des ceps afin de lutter contre la sécheresse. Jean-Louis Buravand n'est pas contre la machine, il a d'ailleurs travaillé de cette manière pendant des années : "La traction mécanique et la traction animale sont complémentaires. Faire les deux est utile. Je sais que certains domaines se servent de l'image du cheval pour valoriser la leur. Mais en même temps, le travail est plus précis. Ce n'est pas que du folklore." Preuve du sérieux et de la qualité de son travail : il a remporté le concours national de labour à cheval organisé par le syndicat des vins de Bourgueil, en 2018. Il a convaincu le jury par sa maîtrise du travail du sol par la traction animale. LaProvence.com, Société | Pays d'Aix : le labour à cheval fait son retour | La Provence
  • Autre grande règle de la conservation des sols : la limitation, voire la suppression du travail de la terre. Autrement dit, pas question de labourer. L'objectif est toujours le même : obtenir un sol plus riche et faire revenir de la biodiversité dans les champs. « Dans un sol travaillé, on trouve 500 kilos de vers de terre par hectare, précise l'un des agriculteurs présents. Il y en a 3 tonnes dans une terre non retournée. » Et les lombrics ont une vraie utilité. « Ils creusent des galeries et permettent à l'eau de mieux pénétrer dans le sol », développe Nicolas Galpin. Un mode de cultures qui permet également d'économiser le carburant consommé par les laboureuses, mais aussi d'absorber plus de carbone grâce aux couverts végétaux. leparisien.fr, Cet agriculteur de l’Essonne ne laboure plus ses terres pour les rendre plus fertiles - Le Parisien

Images d'illustration du mot « labourer »

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Traductions du mot « labourer »

Langue Traduction
Anglais plow
Espagnol arado
Italien aratro
Allemand pflug
Chinois
Arabe محراث
Portugais arado
Russe плуг
Japonais すき
Basque golde
Corse aratru
Source : Google Translate API

Synonymes de « labourer »

Source : synonymes de labourer sur lebonsynonyme.fr
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