Jambe : définition de jambe


Jambe : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

JAMBE, subst. fém.

A. −
1. ANAT. Partie du membre inférieur chez l'homme, comprise entre le genou et le cou-de-pied, servant de soutien dans la station verticale et la locomotion, p. ext. le membre inférieur tout entier. Synon. pop. flûte, gambette, guibolle, quille; patte (fam.).Être court, haut sur jambes. La jambe est formée de deux os. L'un plus gros, appelé tibia; l'autre plus grêle (...) nommé le péroné (Cuvier, Anat. comp., t. 1, 1805, p. 363).À la sortie, elle dut passer devant Henri : la jupe de sa robe lui battit les jambes. Elle n'osa pas le regarder (Reider, MlleVallantin,1862, p. 99).Nous demeurions là (...) dans le sable jusqu'au gras de la jambe (Claudel, Tête d'Or,1901, 3epart., p. 275):
1. ... le confrère ne se gêna pas pour rire dédaigneusement lorsqu'il découvrit cette jambe gangrenée jusqu'au genou. Puis, ayant déclaré net qu'il la fallait amputer, il s'en alla chez le pharmacien déblatérer contre les ânes qui avaient pu réduire un malheureux homme en un tel état. Flaub., MmeBovary, t. 2, 1857, p. 19.
Arg. Jambes de coq. Jambes maigres (France 1907). Synon. mollets de coq.
a) [Le membre inférieur en tant qu'organe articulé] Jambe en extension; allonger, écarter, fléchir, laisser pendre, plier, tendre la/les jambe(s); tomber les jambes en l'air. S'il s'asseyait, et allongeait les jambes, elle le déchaussait (Van der Meersch, Empreinte dieu,1936, p. 44).Les jambes pendantes, il s'asseyait contre elle (Saint-Exup., Citad.,1944, p. 620).Il regardait ses jambes pliées aux genoux et posées en biais, collées à la haute pierre (Triolet, Prem. accroc,1945, p. 157):
2. ... Saint-Loup prenait amicalement la main de n'importe quel bourgeois qu'on lui présentait (...) et en causant avec lui (sans cesser de croiser et de décroiser les jambes, se renversant en arrière, dans une attitude débraillée, le pied dans la main) l'appelait « mon cher ». Proust, Guermantes 1,1920, p. 130.
Locutions
Jambe de çà, jambe de là. À califourchon. Mlle[Rose] était bâtie comme un garçon, montait à cheval jambe deça, jambe delà, galopant comme un démon (Sand, Hist. vie, t. 2, 1855, p. 302).
(Avoir) les jambes en compas. (Avoir) les jambes écartées. Ouvrant les jambes en compas forcé et faisant des pas de six pieds (Gautier, Fracasse,1863, p. 113).
DANSE. (Faire des) ronds de jambes. (Faire un) mouvement arqué des jambes en les fléchissant. Dans les quadrilles, quand il faisait le cavalier seul, il osait des entrechats et des ronds de jambe comme les danseurs de la ville (Moselly, Terres lorr.,1907, p. 84).Au fig. Être obséquieux (envers quelqu'un), faire des manières. Synon. faire des courbettes.On cherche les petits coins tranquilles, on se cache pour bien embrasser, on ne fait pas ça avec des flonflons et des ronds de jambe (Giono, Baumugnes,1929, p. 197).
b) [Le membre inférieur en tant que soutien du corps] Assuré, bien campé, d'aplomb, solide sur ses jambes; jambe amputée, cassée, malade, molle; les jambes flageolent, fléchissent, tremblent; préférer ça à une jambe cassée. Il était campé sur ses jambes presque torses comme sur une base inébranlable (Balzac, Méd. camp.,1833, p. 92).Elle ne put se lever du siège où elle était assise, et sentit que ses jambes refusaient de la porter (Ponson du Terr., Rocambole, t. 3, 1859, p. 564).Quand je traversais le pont, il s'est foutu dans mes jambes, il m'a bien flanqué par terre (Montherl., Songe,1922, p. 125):
3. Son dos s'était voûté, ses jambes le soutenaient à peine, molles comme celles d'un homme qui va avoir la grippe. Toute sa vie se perdait, et il était complètement épuisé. Montherl., Bestiaires,1926, p. 562.
Expr. et loc.
SPORTS. Jeu de jambes. Aisance des jambes chez l'athlète qui lui permet de rester en bonne position. Jeu de jambes d'un boxeur (Lar. Lang. fr.).Le tennis étant fondamentalement un jeu d'instinct, les discussions sur le jeu de jambes prennent souvent une tournure trop complexe (A. Asheds Tennis de France,juill. 1980, no327, p. 147).
Avoir des jambes molles, des jambes de/en coton, en pâté de foie (fam.). Se sentir faible. Allant d'une étrange démarche, mal articulée, mal équilibrée, hésitante et difficile dans sa progression, le poids du corps mal réparti, déjeté, les jambes en coton, faible comme une chèvre malade (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 317).
Ne plus (pouvoir se) tenir sur ses jambes. Même sens. Eugénie (...) put à peine se tenir sur ses jambes quand elle fut dans sa chambre (Balzac, E. Grandet, 1834, p. 123).
Au fig.
Casser, couper les jambes; couper bras et jambes à qqn. Enlever sa force, son courage à quelqu'un. Ces émotions me coupent les jambes, asseyons-nous (Sagan, Bonjour tristesse,1954, p. 106).
N'avoir plus de jambes, avoir les jambes coupées. Se trouver sans force. Je n'ai plus de jambes, je crains de me trouver mal devant la loge du portier (Champfl., Avent. MlleMariette,1853, p. 54).Il faut vous croire sincère, j'en ai les jambes coupées (Bernanos, Joie,1929, p. 618).
Rompre bras et jambes (vx). ,,Rouer de coups`` (Rob.).
Les jambes me rentrent dans le corps. Je suis épuisé à force de marcher. Putois, regardant la pendule. − Trois heures moins vingt (...). On ne se couchera pas cette nuit. J'ai les jambes qui me rentrent dans le corps (Zola, Bouton de rose,1884, I, 1, p. 224).
c) [(Partie du) membre inférieur en tant qu'organe de la marche] Marchant mal et comme avec des jambes tortes (Stendhal, H. Brulard, t. 1, 1836, p. 323).Ne quittez pas cette table, je vous le défends! Ne bougez bras ni jambes, je vous dis! Fixe! (Claudel, Pain dur,1918, II, 3, p. 451):
4. ... il nous fallut attaquer à plein jarret une route assez raide (...). Je me souviens encore du clair de lune qu'il faisait cette nuit-là, et du plaisir physique que nous eûmes à nous dégourdir les jambes après douze heures d'immobilité... Ambrière, Gdes vac.,1946, p. 56.
Locutions
À toutes jambes (loc. adv.). Très vite. Aller, courir, filer à toutes jambes. Quand je sens le premier toucher de ces rayons froids, qui recroquevillent l'espérance, alors à toutes jambes je fuis (Alain, Propos,1930, p. 952).
Avoir encore, retrouver ses jambes de vingt ans. Pouvoir marcher facilement malgré l'âge. Anton. ne plus avoir de jambes.Il respirait sans oppression, et il avait des jambes de vingt ans. Il marchait allégrement, sans prendre garde aux pierres (Rolland, J.-Chr., Révolte, 1907, p. 561).
Avoir de bonnes jambes. Pouvoir marcher rapidement et pendant longtemps. Cela ne nous empêche pas de faire chaque jour (...) une grande marche de deux heures, avec Arthur. Ils ont de bonnes jambes l'un et l'autre (Martin du G., Thib., Pénitenc., 1922, p. 693).
Donner des jambes (à qqn). Faire marcher, courir quelqu'un. Synon. donner des ailes.La peur donne des jambes (Rob.).
Jouer des jambes (arg.). ,,S'enfuir`` (Hautel t. 2 1972). − Commandant, dit Bruidoux, amenant par le collet le fils du garde-chasse, le petit singe ne voulait-il pas jouer des jambes...? (Feuillet, Bellah,1850, p. 91).
Prendre ses jambes à son cou*.
Avoir des kilomètres dans les jambes (fam.). Avoir beaucoup marché. P. anal. Mais si tu avais treize ans de tournées, comme moi, dans les jambes, tu ne serais pas si fière! (Colette, Music-hall,1913, p. 106).En avoir plein les jambes. ,,Être fatigué après une longue marche`` (Lar. Lang. fr.).
Tirer, traîner la jambe. Marcher avec difficulté. Ils se hâtent, en débandade, tête basse, épuisés, tirant la jambe, inquiets d'être à la traîne (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 756).
N'aller que d'une/sur une jambe (au fig.). Péricliter. Et si l'une des deux familles [d'esprits] existait seule, la critique n'irait évidemment que sur une jambe (Thibaudet, Réflex. crit.,1936, p. 148).
Faire la belle jambe. Mettre ses jambes en valeur dans sa manière de marcher; parader. Voilà le tonton Amédée faisant la belle jambe, riant, tournant (Pourrat, Gaspard,1930, p. 115).
Faire jambe de bois (arg.) ,,Se donner des forces pour la marche en buvant`` (France 1907).
Tirer dans les jambes de qqn (fig.). ,,Nuire à quelqu'un`` (Lar. Lang. fr.).
d) Loc. fig., fam.
Jouer, traiter qqn par dessous/par dessus la jambe. Traiter quelqu'un avec désinvolture. Eh! bien, sachez que madame Evangélista, son notaire et sa fille nous jouaient par-dessous la jambe, et sont plus qu'adroits. Tudieu, quel jeu serré! (Balzac, Contrat mar.,1835, p. 267).Faire qqc. par-dessous la jambe. Faire quelque chose sans application. Bourniche joua par-dessous la jambe les trois premières mesures de la célèbre romance (Goncourt, Ch. Demailly,1860, p. 59).
Faire (une) belle jambe (à qqn). Ne servir de rien. Cela fera belle jambe à l'infanterie!... Les pauvres! Ce n'est pas cela qu'ils me demandent (Romains, Hommes bonne vol.,1938, p. 40).La belle jambe! (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 274).Rendre la jambe mieux faite. Même sens. Il ne meurt pas le moindre Académicien et quand même il en mourrait je n'en aurais pas la jambe mieux faite (Mérimée, Lettres Grasset,1843, p. 133).
Avoir, rencontrer qqn (toujours) dans ses jambes. Être importuné par la présence constante de quelqu'un. Elle s'irritait peu à peu de le rencontrer sans cesse dans ses jambes, oisif, ne sachant que faire de son corps (Zola, Ventre Paris,1873, p. 661).Être dans les jambes de qqn. Gêner quelqu'un dans son déplacement.
Tenir la jambe à qqn. Retenir quelqu'un en lui imposant un discours plus ou moins ennuyeux. Il se souvient d'un avoué à qui il tint la jambe pour un litige d'ordre littéraire (Montherl., Démon bien,1937, p. 1280).
[Pour exprimer l'ennui] La jambe! Assez. Jacqueline qui se développait, comme on dit, de jour en jour, regarda sa mère en clignant des yeux, et répondit simplement [à une observation] : − Ah! non; la jambe (Toulet, Demois. La Mortagne,1920, p. 55).
Être jambe. Être ennuyeux. Synon. casse-pied.− Micheline n'est pas là ce soir? − Non, elle a vidé le vieux Schaum. Elle le trouve trop jambe (Morand, Rococo,1933, p. 64).
Jeter un chat aux jambes de qqn. Susciter des embarras à quelqu'un. (Rob.; Lar. Lang. fr.).
e) Loc., à connotation érotique
Jambe (du milieu). ,,Sexe masculin`` (Guir. Litt. érot. 1978).
Populaire
Avoir la jambe légère, lever la jambe [Le suj. désigne gén. une femme] ,,Être de mœurs légères`` (Lar. Lang. fr.).
Faire une partie de jambe(s) en l'air. Faire l'amour. Elles se marrent bien, en ce moment, les Parisiennes. Ha! elles font des parties de jambe en l'air (Sartre, Mort ds âme,1949, p. 133).
2. MÉDECINE
Jambe de bois. Appareil en bois qui remplace une jambe amputée. Dans la minute où ils se parlaient d'amour on entendit le seigneur de qui la jambe de bois résonnait dans les couloirs (Barrès, Cahiers, t. 4, 1905, p. 84).
Loc. fig. Cataplasme*, cautère* sur une jambe de bois.
Jambe articulée, artificielle. Appareil orthopédique articulé permettant de marcher. On trouvait chez lui côte à côte (...) des livres, des lampes à saindoux, un litre de Pernod, une jambe articulée pour infirme (Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 169).Mon père était l'inventeur d'une jambe artificielle perfectionnée (Prévert, Paroles,1946, p. 32).
3. P. méton. Jambe d'une culotte, d'un pantalon. Chacune des deux parties d'un vêtement qui couvrent les jambes. Retrousser ses jambes de pantalon :
5. Wazemmes achève de se rhabiller, dans le sale petit vestibule, tout plein d'une odeur de chair moite. Il a mis ses bretelles à l'envers. Il ne retrouve pas l'une de ses chaussettes. Il finit par la découvrir dans une jambe de son caleçon. Romains, Hommes bonne vol.,1938, p. 236.
B. − ANAT. ANIMALE
1. ZOOL. Chacun des membres qui soutiennent le corps des quadrupèdes. Synon. patte.Soit qu'il se contentât d'appuyer, à pied, de la voix, une couple de bassets à jambes torses (Ponson du Terr., Rocambole, t. 1, 1859, p. 594).
En partic. Partie du membre postérieur du cheval, compris entre le fémur et l'astragale, et p. ext. membre antérieur. Ménuel attacha ensemble les deux jambes de devant de son cheval (Stendhal, L. Leuven, t. 1, 1835, p. 154).Des chevaux de race pure, aux formes élégantes et nobles, aux jambes fines, aux jarrets nerveux (Gautier, Rom. momie,1858, p. 222).Il trottait déjà par le quartier (...) grimpait, comme à des mâts de cocagne, aux jambes nerveuses des juments (Courteline, Train 8 h 47,1888, 1repart., p. 56).
Loc. [En parlant d'un cheval fatigué] Chercher sa cinquième jambe. ,,S'appuyer sur la bride`` (Lar. Lang. fr.).
− Domaine de la bouch.Jambe de bœuf, de porc (Chaud. 1970). Synon. jarret.
ART CULIN. Jambe de bois. ,,Potage obtenu en faisant cuire un morceau non désossé de jambe de bœuf`` (Ac. Gastr. 1962).
2. ENTOMOL. Tibia des insectes et dernier article des pattes chez les divers articulés. Les autres ordres d'insectes sont, à peu près, conformés de la même manière que les coléoptères. Les muscles de la jambe sont situés dans l'intérieur de la cuisse (Cuvier, Anat. comp., t. 1, 1805, p. 459).
3. ORNITH. Tibia et tarse. Les oiseaux à longs pieds tiennent leur jambe étendue sur le tarse (Cuvier, Anat. comp., t. 1, 1805p. 480).
4. VÉN. ,,Espace compris entre le talon et les os chez les cervidés, entre le talon et les gardes chez le sanglier`` (Vén. 1974).
C. − TECHNOL. [P. anal. de forme, de fonction]
1. Jambes d'un compas. ,,Branches du compas; règles mobiles d'un compas de proportion`` (Ac.).
2. Spécialement
AVIAT. Jambe de train d'atterrissage. ,,Support reliant la roue de l'atterrisseur à la cellule de l'avion`` (Quillet 1965). Les jambes [du train d'atterrissage de l'avion] doivent toujours affecter une forme carénée (Guillemin, Constr., calcul et essai avions,1929, p. 186).
BÂT. Pilier de pierre inséré dans un mur pour le fortifier (d'apr. Adeline, Lex. termes art, 1884).
Jambe boutisse*.
Jambe étrière*.
Jambe sous poutre*.
CHARPENT. Jambe de force. ,,Pièce transversale d'une ferme la raidissant`` (Adeline, loc. cit.).
P. anal., AUTOMOB. Lorsqu'on a affaire à des châssis de puissance élevée, il est impossible de faire participer le ressort à l'effort de tension qui résulte de la propulsion, et on a été ainsi amené à disposer des tendeurs ou plutôt des jambes de force, puisque ce sont des organes qui travaillent à la compression (Périsse, Automob.,1907, p. 286).
MAR. Jambe de chien. Nœud employé pour raccourcir une manœuvre sans la couper. Le nœud de jambe de chien s'obtient en pliant un cordage sur lui-même et en le fixant par deux boucles (Galopin, Lang. mar.,1925, p. 31).
PÊCHE. Jambe d'une maille. ,,Fil qui forme un des côtés de la maille d'un filet`` (Baudr. Pêches 1827).
REM. 1.
Croc-en-jambe, subst. masc.V. croc.
2.
Jambe de Dieu, subst. fém.,arg. Jambe atteinte d'ulcères incurables (cf. Esn. 1966). [Employé comme juron, hapax chez Jarry]. Cornebleu, jambedieu, tête de vache! Nous allons périr, car nous mourons de soif et sommes fatigués (Jarry, Ubu,1895, p. 70).
3.
Mi-jambe (à), loc. adv.Jusqu'au milieu de la jambe. L'eau lui venait à mi-jambe (Ac.1878-1935).
4.
Jambelet, subst. masc.,,Bijou que l'on porte à la jambe et qui correspond au bracelet`` (Rob.).
Prononc. et Orth. : [ʒ ɑ ̃:b]. Att. ds Ac. dep. 1694.
Prononc. et Orth. : A. 1. a) Ca 1100 « patte des animaux » (Roland, éd. J. Bédier, 1491 : li destriers... Piez ad colpez e les gambes a plates); b) α) ca 1150 « membre inférieur de l'homme en son entier » (Charroi de Nîmes, éd. D. McMillan, 379); β) 1312 « partie de chacun des membres inférieurs de l'homme qui s'étend du genou au pied » (Vœux du Paon, éd. R. L. Graeme Ritchie, t. 4, 7851 : l'os de la jambe destre brisa outréement); γ) 1665 [éd.] « aptitude pour marcher, courir » (Guez de Balzac, Œuvres, t. 1, p. 44); c) 1564 jambe de bois « pièce de bois adaptée au moignon d'un amputé » (Paré, Œuvres complètes, XVII, 12, éd. J.-Fr. Malgaigne, t. 2, p. 620); 2. a) α) 1640 cela me fait la jambe belle « cela ne me sert de gueres » (Oudin Curiositez); 1842 faire une belle jambe à quelqu'un (Sue, Myst. Paris, t. 1, p. 25); β) 1670 cela lui rend la jambe bien mieux faite (Molière, Bourgeois gentilhomme, III, 3; cf. Ac. 1694 : ,,On dit par ironie qu'une chose rend la jambe bien faite à quelqu'un, pour dire qu'elle ne lui sert de rien``; b) α) 1671 jouer qqn par dessous la jambe (Molière, Fourberies de Scapin, I, 2) ; β) 1829 traiter par dessous la jambe (Béranger, Chans., t. 1, p. 239); γ) 1844 faire qqc. par dessus la jambe (Vidocq, Vrais myst. Paris, t. 3, p. 347); c) prendre les jambes à son cou α) 1690 « se résoudre à partir pour quelque voyage » (Fur.); β) 1740 « partir aussi vite que l'on peut » (Trév.); d) 1901 tenir la jambe à quelqu'un (Bruant, p. 260); 3. 1879 jambe du pantalon (Zola, Nana in Le Voltaire 12 nov., p. 1, col. 6 ds Quem. DDL t. 16). B. 1. a) 1321 « chacun des deux poteaux qui soutiennent le linteau d'une porte » (Richard, Une petite nièce de Saint Louis, Mahaut, p. 400 : les gambes del huys dudit portal); b) 1609 charpent. jambe de force (Mallevouëe, Actes de Sully, p. 128); c) 1676 [éd.] jambe sous poutre (Félibien, 621); d) 1827 jambe d'une maille (Baudr. supra); 2. 1564 jambes d'un compas (Paré, Œuvres complètes, VIII, 20, éd. J.-Fr. Malgaigne, t. 2, p. 59). Du b. lat. gamba « paturon du cheval (et gén. des quadrupèdes) » (aussi camba, d'où les différentes formes prov., cat., fr.-prov. et rhétorom.; cf. FEW t. 2, 1, p. 111a-b), empr. comme terme vétér. au gr. κ α μ π η ́ « articulation du pied du cheval ». Ce mot, pop. à l'orig., a évincé le subst. class. crus « jambe », la lang. vulg. empruntant volontiers, pour plus d'expressivité, au domaine animal. Dans le domaine ibér., crus a également été remplacé par perna qui, à l'époque class., signifiait « gigot, jambon » (cf. esp. pierna « jambe »; port. perna « id. »). Cf. G. Rohlfs, Romanische Sprachgeographie, p. 93-94, § 66 et p. 276 et W. von Wartburg et S. Ullmann, Problèmes et méthodes de la ling., p. 175. Le fait de montrer une belle jambe et de prendre une démarche avantageuse a donné lieu à l'expr. faire une belle jambe. Jouer qqn par-dessous la jambe vient prob. d'une allusion aux joueurs de paume ou de boules qui, pour montrer leur supériorité, lançaient la balle ou la boule en la faisant passer par-dessous leur jambe. L'expr. tenir la jambe à qqn est une métaph. correspondant à « retenir par la jambe » et qui s'emploie dans le cont. d'une conversation interminable. Cf. Rey-Chantr. Expr., s.v. jambe. Fréq. abs. littér. : 7 551. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 6 069, b) 11 741; xxes. : a) 15 302, b) 11 439. Bbg. Quem. DDL t. 6, 15, 16, 19. - Sain. Sources t. 2 1972 [1925], p. 194.

Jambe : définition du Wiktionnaire

Nom commun

jambe \ʒɑ̃b\ féminin

  1. (Anatomie) Partie de chacun des deux membres inférieurs de l’être humain, entre le genou et le pied.
    • Le Tors fit une belle résistance en décochant de toutes ses forces au digne fonctionnaire des coups de pied dans les jambes, […]. — (Louis Pergaud, Une revanche, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Il allongeait sa jambe, sèche comme un échalas, qui flottait dans une molletière trop large et sans couleur, pour montrer fièrement sa chaussure. — (François Barberousse, L'Homme sec, Paris : Gallimard, 1935 & Romorantin : Marivole Éditions, 2013, chap. 7)
    • La barbe de l'homme pointait, la bouche ouverte découvrait des dents gâtées, il s'était étalé, la tunique déboutonnée, et avait posé une de ses jambes, revêtue d'une molletière en cuir, sur le siège en face de lui, […]. — (Sándor Márai, Les Étrangers, traduit du hongrois par Catherine Fay, Paris : Albin Michel, 2014, livre 1, chap. 1)
  2. (Par extension) Le membre inférieur tout entier, y compris la cuisse.
    • Il choisit avec un soin méticuleux son plus beau caillou, qu’il plaça dans le cuir du lance-pierres, puis, une jambe en avant, l’autre en arrière, le buste cambré, il tendit les élastiques. — (Louis Pergaud, Un sauvetage, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • À l’en croire, c’était lui qui dansait, qui levait la jambe, qui se dandinait, tellement il se donnait de mal pour communiquer à ces merveilleuses mais stupides créatures un peu du feu sacré dont il les prétendait dépourvues. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • Il se carre d’aplomb, les pieds à l’équerre, les jambes mi-fléchies et bien ouvertes. D’un coup d’un seul, il s’agit d’égobeler ce hêtre, […]. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
  3. (Par analogie) Patte de certains animaux qui permettent la locomotion et qui correspondent à la jambe chez l’être humain.
    • Le cheval n’a pas des pattes mais des jambes. Les jambes d’une autruche. Les jambes de devant, les jambes de derrière d’un bœuf.
    • Au premier coup d'éperon, il secoua sa fine tête indignée ; au deuxième coup, il ramena sous lui les jambes de derrière et s'immobilisa. — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, coll. « Le Livre populaire » no 31, 1907)
    • La chèvre blanche, à moitié soûle, se vautrait là dedans les jambes en l’air et roulait le long des talus, pêle-mêle avec les feuilles tombées et les châtaignes… — (Alphonse Daudet, Lettres de mon moulin, La chèvre de monsieur Seguin)
    • Jambe de cerf, la partie du pied d’un cerf comprise entre le talon et les ergots qu’on appelle les os.
  4. (Par métonymie) Chacune des deux parties d’un pantalon, couvrant chacune une jambe.
    • Tu as un trou à la jambe.
  5. (Figuré) (Familier) À propos d’un compas, chacune des deux branches.
    • Il doit y avoir un espace de cinq centimètres entre les deux jambes de ton compas.
  6. (Figuré) (Familier) À propos de sexe.
    • C'est plus facile d'écarter les jambes que de lever le bras.
  7. (Figuré) (Mélioratif) Pied de champignon.
    • Cèpes : Jambes et morceaux.
  8. (Œnologie) Jambes, ou larmes : caractéristique d’un vin visualisée par les trainées qu’il laisse le long d’un verre, d'autant plus abondantes que sa teneur en alcool est élevée.
  9. (Maçonnerie) Pilier que l'on intercale dans un mur pour le renforcer, notamment sous les poutres.
    • Jambe étrière, jambe boutisse, jambe sous-poutre,...
  10. (Marine) Nœud servant à raccourcir un cordage dont les deux bouts sont inaccessibles.
    • j'ai fais une jambe de chien sur ce cordage.
  11. (Pêche) Fil qui forme l'un des côté d'une maille de filet de pêche.
  12. (Héraldique) Meuble représentant une jambe humaine dans les armoiries. Elle est généralement représentée avec le genou fléchi, de la cuisse jusqu’au pied. Elle est rarement utilisée seule mais plutôt sous la forme d’un triskèle.
    • D’argent, à trois bandes de sinople ; au chef de gueules chargé d’une cuisse et jambe humaines d’or ; l’écu entouré d’une bordure engrêlée de même, qui est de Jean Cossa → voir illustration « armoiries avec une jambe »

Forme de verbe

jambe \ʒɑ̃b\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de jamber.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de jamber.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de jamber.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de jamber.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de jamber.
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Jambe : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

JAMBE. n. f.
Partie du corps humain qui s'étend depuis le genou jusqu'au pied. La jambe est formée de deux os, le tibia et le péroné. Avoir les jambes grosses, courtes, tortues, cagneuses. Être haut sur jambes. Avoir la jambe bien faite, la jambe fine. Le gras de la jambe. C'est à peine s'il peut se tenir sur ses jambes, tant il est faible. En termes de Manège : La science du cavalier consiste dans l'accord de la main et des jambes. Se servir de la jambe de dedans. Soutenir la jambe de dehors. Ce cheval sent très bien les jambes, Il est sensible aux aides de ces parties. Jambes de coq se dit de Jambes qui n'ont pas de mollet. À mi-jambe, Jusqu'à la moitié de la jambe. L'eau lui venait à mi-jambe.

JAMBE se dit aussi, par extension, de Tout l'ensemble du membre inférieur, y compris la cuisse. Les jambes d'une danseuse, d'une statue. Fam., Avoir de bonnes jambes, les jambes bonnes, Être en état de bien marcher, de marcher longtemps. Figurément, N'avoir plus de jambes, N'avoir plus la force de marcher. Jambe de bois, Dispositif en bois qui tient lieu d'une jambe amputée. Porter, avoir une jambe de bois. Jambe articulée. Par extension, C'est un vieil invalide, une jambe de bois. Aller, courir à toutes jambes, Aller, courir fort vite. Fig., et fam., Je lui romprai bras et jambes, Je le maltraiterai, je le rouerai de coups. Couper bras et jambes à quelqu'un, Lui retrancher beaucoup de ses prétentions, de ce qu'il regarde comme ses droits. Cet arrêt lui a coupé bras et jambes. Il signifie plus ordinairement Ôter à quelqu'un le moyen d'agir, d'arriver à ses fins, de réussir. La perte de son protecteur lui a coupé bras et jambes. Ce malheur, ce contretemps lui a coupé bras et jambes. Il signifie encore Frapper d'étonnement, de stupeur. Cette nouvelle me coupa bras et jambes. Fig. et pop., Prendre ses jambes à son cou, Partir sur l'heure, s'enfuir. On dit quelquefois, dans le même sens, Jouer des jambes. Fig. et fam., Avoir ses jambes de quinze ans, se dit d'une Personne âgée qui est encore ferme sur ses jambes. Fig., Cela lui fait une belle jambe, se dit, par ironie, de Ce qui n'apporte aucun avantage à quelqu'un, de ce dont il ne retire que peu ou point d'utilité. Il est familier. Fig. et fam., Faire la belle jambe, Faire le beau. Fig., Jouer quelqu'un par-dessous jambe, par-dessous la jambe, Déranger avec facilité les projets de quelqu'un et l'amener avec adresse à faire exactement ce qu'on veut de lui. N'ayez rien à démêler avec lui, il vous jouerait par-dessous la jambe. Il les a tous joués par-dessous jambe. Fig. et fam., Traiter quelqu'un par-dessous la jambe, par-dessous jambe, Le traiter comme une personne de peu de considération. Passer la jambe à quelqu'un, Lui donner un croc-en-jambe. Il signifie figurément et familièrement Obtenir sur lui un avantage, le desservir.

JAMBE se dit, par analogie, des Pattes de certains animaux qui répondent à la jambe dans l'homme. Les jambes d'une autruche. Les jambes de devant, les jambes de derrière d'un cheval, d'un bœuf. Ce cheval a les jambes arquées, enflées. On l'emploie aussi très souvent, dans ce sens, en termes de Manège. Retenir la jambe de dedans du cheval, ou celle du dehors, la gauche ou la droite. Changer la direction de telle ou telle jambe de l'animal par l'action oblique et croisée de l'une ou de l'autre rêne. Jambe de cerf, La partie du pied d'un cerf comprise entre le talon et les ergots qu'on appelle Les os.

JAMBE se dit, par analogie, de Chacune des deux branches d'un compas, des deux règles mobiles d'un compas de proportion, etc. Jambes de force se dit de Deux grosses pièces de bois qui, posées sur les extrémités de la poutre du dernier étage d'un bâtiment, vont se joindre dans le poinçon pour former le comble, Jambe sous poutre, La chaîne de pierre de taille mise dans un mur pour porter la poutre, La jambe sous poutre a manqué, il faut la rétablir.

Jambe : définition du Littré (1872-1877)

JAMBE (jan-b') s. f.
  • 1Partie du corps humain, ou, dans le langage anatomique, partie du membre abdominal qui s'étend depuis le genou jusqu'au pied. La jambe est formée de deux os : l'un, plus gros, le tibia ; l'autre, plus grêle, le péroné, placé au côté externe du précédent. Avoir les jambes grosses, menues, courtes, tortues, cagneuses. Avoir la jambe bien faite, la jambe fine. Se tenir sur une jambe. Que voyons-nous que des Titans, De bras et de jambes luttants Contre les pouvoirs légitimes ? Malherbe, VI, 16. Je te suivrai partout pour savoir ce mystère. - Oui ? sus donc, préparez vos jambes à bien faire, Molière, l'Ét. II, 14. Je suis si faible, que j'ai toutes les peines du monde à me tenir sur mes jambes, Dancourt, Eaux de Bourbon, sc. 2. Entre-t-il quelque part, il se précipite dans un fauteuil une jambe sur l'autre, Boissy, Français à Londres, sc. 15. De là chez le glacier pour demander son compte ; Enfin chez le brodeur, courez vite… ah ! de là… Mes jambes me font mal quand j'entends ce mot-là, Delavigne, Éc. des vieill. I, 3.

    Être haut des jambes ou sur jambes, avoir les jambes fort longues.

    Jambe de-ci, jambe delà, à califourchon.

    A mi-jambe, jusqu'à la moitié de la jambe. L'eau lui venait à mi-jambe. [Moi] qui ai vaincu deux rois si grands que, du temps du déluge, l'eau ne leur venait qu'à mi-jambe, Voltaire, Philos. Déf. de Bolingbr. XX.

    Populairement. Tout d'une venue comme la jambe d'un chien, se dit d'une jambe où le mollet n'est pas marqué. Ce jeune homme a la jambe tout d'une venue, comme la jambe d'un chien, ou, simplement, il a la jambe tout d'une venue.

    En termes de manége, l'accord de la main et des jambes. L'habileté du cavalier consiste dans l'accord de la main et des jambes. Ce cheval sent très bien les jambes.

    Par menace et par exagération. Je lui romprai bras et jambes, je le maltraiterai, je le rouerai de coups. Albert parle aussi de faire pour sa fille Rouer jambes et bras à votre Mascarille, Molière, le Dép. V, 3. J'y consens, rompez-moi les jambes et les bras, Si…, Molière, ib. I, 4.

    Aller, courir à toutes jambes, aller, courir vite, soit à pied, soit à cheval. Un certain Pythagore qui, après avoir gagné le prix de la course aux jeux olympiques, vint à toutes jambes trouver Numa, pour lui enseigner la philosophie, Hamilton, Gramm. 1. Il [son cheval] partit à toutes jambes, Hamilton, ib. 10. Je double le pas, j'entends battre la caisse, je cours à toutes jambes, Rousseau, Conf. I.

    Faire la belle jambe, marcher de manière à faire remarquer qu'on a une belle jambe, et aussi faire le beau. Un homme qui marche et qui fait la belle jambe, est faux et maniéré, Diderot, Salon de 1767, Œuvres, t. XV, p. 148, dans POUGENS.

    Passer la jambe à quelqu'un, lui donner un croc-en-jambe ; et fig. obtenir sur lui un avantage, le desservir, etc.

    Friser la jambe, battre des entrechats. J'ai vu trotter d'un air ingambe De grands démons à cheveux bruns ; J'ai vu des morts friser la jambe, Comme s'ils n'étaient pas défunts, Panard, Description de l'Opéra.

    Jouer des jambes, s'enfuir.

    Jouer de l'épée à deux jambes, s'enfuir au lieu de se défendre.

    Fig. et familièrement. Couper bras et jambes à quelqu'un, lui retrancher beaucoup de ses prétentions, de ce qu'il regarde comme ses droits. Cet arrêt nous a coupé bras et jambes.

    Plus ordinairement, Ôter à quelqu'un le moyen d'agir, d'arriver à ses fins. Cet événement nous a coupé bras et jambes.

    Couper bras et jambes, signifie encore frapper d'étonnement, de stupeur, de découragement. Cette nouvelle me coupa bras et jambes.

    Fig. et populairement. Prendre ses jambes à son cou, partir sur l'heure, s'enfuir. Alors, se voyant dans la basse-cour, il a pris ses jambes à son cou, et ne savait où donner de la tête, Genlis, Théât. d'éduc. la Cloison, sc. 14. Et, prenant sans tarder mes jambes à mon cou, J'arrive tout en nage et plus d'à moitié fou, Desforges, Tom John à Londres, III, 3.

    Fig. Jeter un chat aux jambes à quelqu'un ou de quelqu'un, rejeter la faute sur lui, ou lui susciter malignement des embarras.

    Fig. Jouer quelqu'un par-dessous jambe ou par-dessous la jambe, obtenir sans peine l'avantage sur quelqu'un. Je voudrais bien que l'on m'eût donné autrefois nos vieillards à duper ; je les aurais joués tous deux par-dessous la jambe, Molière, Fourb. I, 2. Maisons comptait le jouer [Canillac] sous jambe, et gouverner le duc de Noailles, Saint-Simon, 393, 82.

    Traiter quelqu'un par-dessous la jambe, le traiter comme une personne de peu de conséquence. Mais par elle il [l'amour] est souvent Traité par-dessous la jambe, Béranger, Margot.

    Fig. et populairement. Faire jambes de vin, boire un coup pour se donner des forces.

    De même : Vous ne pouvez vous en aller avec une seule jambe, se dit à quelqu'un à qui on a fait boire un coup, et que l'on presse d'en boire un second avant de s'en aller.

    N'aller que d'une jambe, se dit d'une affaire qui fait peu de progrès, qui va mal, par comparaison à un homme qui n'a plus qu'une jambe, et qui marche mal. Cette affaire ne va que d'une jambe.

  • 2 Fig. Les jambes, la faculté de marcher. Conservons nos jambes tant que nous pourrons ; elles sont difficiles à apaiser quand une fois elles sont fâchées, Sévigné, 7 fév. 1685.

    Avoir de bonnes jambes, les jambes bonnes, être en état de bien marcher, de marcher longtemps. Ils deviendraient comme un homme qui a de bonnes jambes, et qui, perdant l'habitude de marcher, s'accoutume enfin au besoin d'être toujours porté comme un malade, Fénelon, Tél. VIII. Pour courir les enfants sont toujours prêts, et celui-ci a de bonnes jambes, Rousseau, Ém. III.

    N'avoir plus de jambes, n'avoir plus la force de marcher. Il est vrai pourtant que je n'ai plus de jambes que par bienséance, Guez de Balzac, liv. II, lett. 7. Mais devenir coureur quand on n'a plus de jambes ! Delavigne, Éc. des vieill. I, 2.

    Familièrement. Avoir ses jambes de quinze ans, se dit d'une personne âgée qui est encore ferme sur ses jambes.

    Renouveler de jambes, recommencer à marcher avec de nouvelles forces ; et fig. reprendre une nouvelle ardeur dans l'affaire, dans l'entreprise dont on s'occupe.

    Terme d'escrime. Avoir des jambes, être toujours prêt à partir, être stable et ferme sur le pied gauche qui ne doit pas bouger.

  • 3Membres de certains animaux qui, comme les jambes de l'homme, soutiennent le corps. Les jambes d'un chien, d'un bœuf, d'un cheval. Un cerf se mirant autrefois Louait la beauté de son bois, Et ne pouvait qu'avecque peine Souffrir ses jambes de fuseaux, La Fontaine, Fabl. VI, 9.

    Fig. Il a des jambes de cerf, c'est un excellent marcheur. Il [Maximilien] était chasseur avant tout, et secondairement empereur, il eut la jambe du cerf, et la cervelle aussi ; toute sa vie fut une course, un hallali perpétuel, Michelet, Renaissance, p. 145.

  • 4Chez le cheval, la région comprise entre le jarret et le sabot. Ce cheval a les jambes arquées, foulées, usées.

    Terme de manége. La jambe de dedans ou la jambe du montoir, la jambe gauche de devant ou de derrière ; la jambe de dehors ou la jambe du hors montoir, la jambe droite de devant ou de derrière Retenir la jambe de dedans du cheval ou celle de dehors, changer la direction de telle ou telle jambe de l'animal par l'action oblique et croisée de l'une ou de l'autre rêne. Saisir avec précision le temps des jambes du cheval.

    Ce cheval n'a point de jambes, il a les jambes de devant ruinées.

    Chercher sa cinquième jambe, se dit de l'action d'un cheval fatigué qui s'appuie sur sa bride.

  • 5On appelle jambe chez le cerf, et en général chez toutes les bêtes fauves ou noires, les deux os qui sont en bas de la partie postérieure et qui font trace sur la terre avec le pied. Quand il y a beaucoup de distance d'un os à l'autre, on dit que c'est une jambe large ; et quand il n'y en a pas, on dit que c'est une jambe serrée ou rétrécie. Jambe ravalée, se dit quand les os sont fort rabaissés vers le talon.
  • 6Dans les crustacés, la jambe est la quatrième pièce des pattes simples, et dans les insectes, le troisième article principal.
  • 7Jambe de bois, morceau de bois taillé pour tenir lieu de jambe.

    Familièrement. Une jambe de bois, un invalide qui a une jambe de bois.

    Jambe artificielle, appareil destiné à remplacer une jambe amputée.

  • 8 Par analogie. Nom donné aux deux branches d'un compas, aux deux règles mobiles d'un compas de proportion, etc.

    On dit de même les jambes d'un siphon pour les branches. Un siphon dont chaque jambe trempe dans un vaisseau plein d'eau, Pascal, Pesant. de l'air, II.

  • 9Jambe de force, pièce de bois verticale ou peu inclinée, posant sur une poutre pour soutenir le tirant d'une ferme, ou sur ce tirant pour le lier à l'arbalétrier. Apprends à poser un faîte, à l'affermir de jambes de force, Rousseau, Ém. III.
  • 10 Terme de construction. Jambe sous poutre, la chaîne de pierres de taille mise dans un mur pour porter la poutre.

    Jambe boutisse, pilier en pierres de taille dont les queues font boutisses ou s'engagent dans un mur de refend.

    Jambe étrière, jambe boutisse dont les faces latérales font tableau.

    Jambe d'encoignure, pilier à l'angle d'un mur.

  • 11 Terme de métallurgie. Jambe d'ordon, charpente qui supporte les tourillons des hurasses.
  • 12 Terme de marine. Jambe de hune, dit aussi gambe de hune, cordage accroché par sa tête à la queue de fer d'un cap de mouton placé sur le bord d'une hune et fixé par son extrémité inférieure à un des haubans du bas mât, Jal Il avait donné chasse à trois autres auxquels il aurait parlé, sans que son mât de hune d'avant rompit en pièces, le fer des jambes de hune ne valant rien et ayant aussi rompu, Duquesne, à Seignelay, 5 juill. 1681, dans JAL.

    Sorte de nœud qu'on fait sur un cordage pour le raccourcir.

    Jambe de chien, nom que l'on donnait autrefois à des montants verticaux placés sous la poulaine des bâtiments.

    Terme de pêche. Jambe d'une maille, le fil qui forme un des côtés de la maille.

    Jambe de filet, aile qu'on ajoute sur le côté des filets à manche.

PROVERBES

Cela ne lui rend pas la jambe bien faite, mieux faite, ou, par ironie, cela lui fait une belle jambe, cela ne lui apporte aucun avantage, est sans utilité pour lui. Oui, ma foi, cela vous rendrait la jambe bien mieux faite, Molière, Bourg. gent. III, 3. En auriez-vous eu la jambe mieux faite ? Hamilton, Gramm. 11.

Au sens contraire : Cela rend-il la jambe moins belle, c'est-à-dire quel tort cela fait-il ? Quel mal cela fait-il ? la jambe en devient-elle Plus tortue après tout, et la taille moins belle ? Molière, Sgan. 17.

Le lit est l'écharpe de la jambe, c'est-à-dire le lit est pour la jambe malade ou blessée ce que l'écharpe est pour le bras cassé ; il ne faut point marcher tant qu'on a mal à la jambe.

REMARQUE

Prendre ses jambes à son cou, locution singulière. On a dit au XVe siècle : ployer ses jambes et s'en aller. Ne serait-ce pas là l'origine de la locution ? l'homme qui s'en va, qui s'enfuit, ploie ses jambes, comme le porte-balle qui s'en va ploie ses marchandises, et les met à son cou (le porte-balle se nommait souvent un porte à cou).

HISTORIQUE

XIe s. [Le cheval] Pieds a copiez et les gambes a plates, Ch. de Rol. CXIII.

XIIe s. [Il] Mist jambe à terre del bon destrier courant, Roncisv. 152.

XIIIe s. Il l'en [lui en] voudrent [voulurent] le pié et la jambe baiser, Berte, CXXIX. Si lor trenche les testes et les bras et les pis, Les gambes et les piés, les frons et les cervis [les nuques], Ch. d'Ant. IV, 958. À la terre entre deus eschames [escabeaux] S'asiet, sa qeue entre ses james ; Or est Renart bien avenu, Ren. 9962. Or est Renart dedans sa tour ; Si fil lui font moult grant atour ; Bien li ont les genbes torchies, ib. 919. Jusqu'au jarrez de la jame, Merlin, f° 52, recto.

XIVe s. Amis sont prochains comme jambe et genouil, Oresme, Eth. 278.

XVe s. Et sur ce le galant, qui a ung pou de delay, desplée ses jambes et s'en va, Les 15 joyes de mariage, p. 122. Le gallant ploye ses jambes et s'en va, ib. p. 150. Il fut à toute jambe leur donner ceste triste nouvelle, Mém. sur du Guesclin. 9.

XVIe s. Appercevans le glaive jà desgainé les menacer, ils resolurent de se sauver plustost avec les bras qu'avec les jambes, Lanoue, 613. Il battit la jambe d'un portal qui soustenoit une tour de brique fort haute, D'Aubigné, Hist. II, 258. Chevau-legers estropiés, canonniers jambes de bois, etc. D'Aubigné, Conf. I, 2. Jambe de compas, Paré, VIII, 20. C'est une herbe nouée et creuse comme une jambe de seigle, faite en façon de roseau, Palissy, 19. Il n'est loisible à un voisin mettre ou faire mettre et asseoir les poutres de sa maison dedans li mur moitoyen d'entre luy et son voisin sans y faire ou faire faire jambes, parpeigne ou dosseresse, chesnes et corbeaux suffisans de pierre de taille, Coustum. génér. t. I, p. 289. Selon la jambe le bas, Oudin, Dict. Il est bon garçon, il a la jambe jusqu'au talon, Oudin, Curios. fr. Cela me fait la jambe belle, Oudin, ib. Qui n'a cœur ait jambes, Cotgrave Puis me torchay de saulge, de fenoil, de aneth… le tout me fit grand bien à ma jambe, Rabelais, Garg. I, 13.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

JAMBE. - REM. Ajoutez : La locution singulière, il est vrai, prendre ses jambes à son cou, a été souvent discutée. Le plus probable est qu'il faut y voir une expression excessive du mouvement qui fait lever les pieds dans une course rapide. À l'appui de cette manière de voir, M. Petilleaux m'envoie un exemple de l'expression, non moins excessive, mettre les talons aux épaules : La bande [des enfants] se disperse, les talons aux épaules, Erckmann-Chatrian, Mme Thérèse, ch. VI.

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Jambe : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

JAMBE la, s. f. (Anat. Chir. Médec. Orthoped.) en grec κνήμη, en latin crus ou tibia, seconde partie de l’extrémité inférieure du corps humain, qui s’étend depuis le genou jusqu’au pié ; elle est composée de deux os, dont l’un se nomme le tibia, & l’autre le péroné ; on pourroit fort bien ajouter à ces deux os la rotule, qui a beaucoup d’analogie avec l’olécrane, ou la grande apophyse supérieure du cubitus ; quoi qu’il en soit, voyez Rotule, Tibia, Péroné.

Continuons la description générale de la jambe, ensuite nous parlerons des principaux accidens, & des défauts auxquels cette partie est exposée ; la Chirurgie, la Medecine, & l’Orthopédie, s’unissent pour y porter une main secourable.

La premiere chose qui frappe nos yeux dans l’administration anatomique de la jambe, c’est la forte articulation du tibia avec le fémur, par plusieurs ligamens nerveux qui se croisent en sautoir. De la seule articulation du tibia avec le fémur dépendent les mouvemens de flexion, d’extension, de demi-rotation que la jambe fait, soit en-dedans, soit en-dehors ; car le péroné immobile par lui-même, obéit toujours au tibia.

Les mouvemens de flexion, d’extension, de demi-rotation de la jambe, s’exécutent par l’action de plusieurs muscles:on en fixe ordinairement le nombre à celui de dix, qui sont ; 1°. le droit antérieur, ou grêle antérieur ; 2°. le vaste externe ; 3°. le vaste interne ; 4°. le crural ; 5°. le couturier ; 6°. le droit interne, ou grêle interne ; 7°. le biceps ; 8°. le demi nerveux ; 9°. le demi membraneux ; 10°. le poplité. Quelques-uns y joignent le fascia-lata ; on peut lire les articles particuliers de chacun de ces muscles, car nous ne parlerons ici que de leurs usages en général.

On attribue communément l’extension de la jambe, à l’action du droit antérieur, des deux vastes & du crural ; l’on regarde le biceps, le demi nerveux, le grêle interne, le couturier, & le poplité, comme fléchisseurs. L’on croit que les mouvemens de demi-rotation que fait la jambe à-demi fléchie, dépendent uniquement de l’action alternative du biceps & du poplité, le biceps tournant la jambe de devant en-dehors, & le poplité la tournant de devant en-dedans.

Mais si l’on considere attentivement les attaches de presque tous les muscles de la jambe, & leur direction, on évitera de borner leur action aux simples fonctions qu’on vient de rapporter. En effet, il paroît que le grêle antérieur, par exemple, vû son attache à l’os des îles, peut fléchir la cuisse, indépendamment de son usage pour l’extension de la jambe. Le muscle couturier, outre la flexion de la jambe, à laquelle il contribue, sert encore sûrement à faire la rotation de la cuisse de devant en-dehors, soit qu’elle soit étendue ou flechie ; il fait croiser cette jambe avec l’autre, on le voit dans les tailleurs d’habits, lorsqu’ils travaillent étant assis.

La plûpart des autres muscles, comme le fascia-lata, sont communs à la cuisse & à la jambe, qu’ils meuvent l’une sur l’autre, les élevent, ou les éloignent. Ils ne sont pas même les seuls moteurs de la jambe sur la cuisse, & de la cuisse sur la jambe ; car ces mouvemens réciproques peuvent encore s’exécuter par les muscles jumeaux, dont l’on borne le service à l’extension du pié.

De plus, quelques-uns des muscles de la jambe, comme le grêle antérieur, le couturier, le grêle interne, le demi nerveux, & le demi-membraneux, meuvent encore la cuisse sur le bassin, & le bassin sur la cuisse.

En un mot, presque tous les muscles de la jambe sont auxiliaires les uns des autres, & à peine y en a-t-il un, qui, outre son usage principal, ne concoure à d’autres fonctions particulieres.

Remarquez enfin, que tous ces muscles sont très longs, & situés les uns près des autres, ce qui produit la multiplication de leurs usages. Il n’y a que le poplité qui soit un petit muscle ; il est même comme hors de rang, étant placé au-dessus de la cuisse.

Parlons maintenant des principales difformités, auxquelles les jambes sont exposées, car nous n’avons rien à dire de nouveau sur les arteres, les veines, & les nerfs de cette partie ; on en a déja fait mention à l’article Crural, Anatomie.

Quelques enfans viennent au monde avec les jambes tortues, mais le plus souvent ils ne contractent cette difformité que par la faute des nourrices qui les ont mal soignés, mal emmaillottés, ou qui les ont fait marcher trop-tôt ; de-là, les uns ont le tibia tortu, d’autres les genoux, d’autres les piés tournés en-dedans, à l’endroit de l’articulation du tibia avec le tarse ; l’on appelle en latin ces derniers vari : il y en a d’autres, au contraire, dont les piés sont tournés en-dehors, & ceux-ci sont nommés valgi, en françois cagneux. Enfin, il y a des enfans qui ont une jambe plus longue que l’autre, soit par maladie, soit par conformation naturelle, soit par des tiraillemens violens lors de leur naissance.

Tous ces divers états, & le degré où ils peuvent être portés, demandent différens traitemens, pour lesquels il faut s’adresser aux maîtres de l’art ; les bornes de cet ouvrage ne nous permettent que quelques remarques générales.

1°. Le moyen le plus sûr pour prévenir ces sortes de difformités, est de veiller à ce que les enfans soient emmaillotés soigneusement, avec intelligence, & de les empêcher, sur-tout ceux qui ont de la disposition au rachitis, de marcher trop-tôt, ou de demeurer debout ; il faut au contraire les tenir couchés, ou assis ayant les piés appuyés ; les porter dans les bras, & les traîner dans un chariot, jusqu’à ce que leurs jambes aient acquis une force suffisante.

2°. Supposé que l’enfant ait apporté la difformité de naissance, ou qu’elle paroisse se former, il faut se servir de machines faites exprès, de cuir, de carton, de lames de fer fort minces, que l’enfant gardera nuit & jour. Si l’inflexibilité de la partie s’oppose à la guérison, on joindra les bains, les linimens, les fomentations émollientes, aux machines qu’on vient de recommander.

3°. Il est des moyens très-simples, qui suffisent souvent pour corriger la difformité. Si, par exemple, l’enfant a les piés tournés en-dedans, on peut se servir des marche-piés de bois en usage chez les religieuses pour leurs jeunes pensionnaires. Ces marche-piés ont deux enfoncemens séparés pour y mettre les piés, & ces deux enfoncemens sont creusés de maniere, que les piés y étant engagés se trouvent nécessairement tournés en-dehors. Si c’est ce dernier défaut qu’il s’agit de rectifier dans l’enfant, on fera faire les enfoncemens des marche-piés contournés en-dedans ; un peu d’art, de soins, & d’attention, operent des miracles dans cet âge tendre.

4°. Quelquefois les jambes d’un enfans deviennent tortues par la faute de la nourrice, qui le tient toûjours entre ses bras sur le même côté ; engagez-la de changer sa méthode de porter votre enfant, & de la varier cette méthode, les jambes de l’enfant n’en recevront aucun dommage.

5°. Lorsque la courbure des jambes vient du rachitisme, il s’agit de guérir la cause du mal, & après cela de redresser la jambe, comme on s’y prend pour redresser la tige courbe d’un jeune arbre.

6°. Si les jambes penchent plus d’un côté que de l’autre, on peut essayer d’y remédier, en donnant à l’enfant des souliers plus hauts de semelles & de talons du côté que les jambes penchent.

7°. Il faut donner aux enfans des souliers fermes & qui ne tournent point, sur-tout en-dehors, parce qu’alors ils font sans cesse tourner la pointe du pié en-dedans.

8°. Les jambes peuvent devenir paralytiques par toutes sortes d’efforts. Salzmann rapporte le cas d’un enfant à qui ce malheur arriva, pour avoir été souvent porté à califourchon sur les épaules de son frere aîné ; il est vraissemblable que la cause de cet accident provenoit de la violente tension que les muscles des jambes souffrirent, étant long-tems & souvent pendantes sans avoir eu de points d’appui.

9°. Quelquefois une jambe ou un bras se retire par maladie ou par accident. Si la maladie procede du roidissement des muscles, il faut les assouplir par des bains, des douches, des linimens ; si elle est produite par le desséchement, on tâchera de ramener la nourriture à la partie, par des frictions & des onctions convenables ; si c’est l’effet d’un accident, comme d’une luxation, le remede est entierement du ressort de la Chirurgie.

10°. Enfin, quelquefois une jambe excede la longueur de l’autre, soit par conformation naturelle, accident qui est incurable, soit par des tiraillemens faits à la jambe, ou à la cuisse de l’enfant, lors de sa naissance ; dans ce dernier cas on trouvera le bassin de travers, & penché du côté de la jambe qui paroît trop longue. Comme d’heureux succès ont justifié qu’on pouvoit remédier à ce malheur, les gens de l’art conseillent de s’y prendre de la maniere suivante.

Après avoir couché l’enfant sur le dos, on lui liera légerement, au genou de la jambe qui paroît trop longue, un mouchoir en plusieurs doubles, & en façon de jarretiere ; attachez à ce mouchoir, vers la partie antérieure du genou, une large bande de toile, longue d’environ deux aunes ; liez cette bande le plus court que vous pourrez, néanmoins sans violence, sur l’épaule de l’enfant, du même côté ; assujettissez-l’y, de maniere qu’elle ne puisse glisser ; ensuite, vous emmaillotterez l’enfant avec adresse. La compression que le bandage du maillot fait sur la bande, qui est tendue depuis le genou de l’enfant jusques sur son épaule, oblige cette bande à se tendre encore davantage, détermine la partie trop inclinée du bassin à remonter & à se remettre dans sa situation naturelle.

Pour ce qui regarde les malheureux cas de fracture & d’amputation de jambe, on en fera deux articles séparés ; savoir, Jambe amputation, & Jambe fracture, Chirurg. (D. J.)

Jambes antérieures & postérieures de la moëlle allongée, (Anat.) Voyez Branche & Moelle allongée.

Jambe, s. f. (Hist. des Insectes.) partie du corps des insectes qui leur sert à se soûtenir, à marcher, & à d’autres usages.

Les insectes aîlés connus ont tous des jambes, sans exception, mais ils n’ont pas tous les jambes de la même longueur ; quelques uns les ont très-courtes, avec une seule articulation ; de ce nombre sont les chenilles, dont les jambes antérieures se terminent par un crochet pointu. L’on trouve aussi des insectes à jambes longues, & qui ont trois, quatre, cinq, six, & même jusqu’à huit articulations. Les jambes d’un même insecte ne sont pas toutes égales en longueur ; les postérieures du plus grand nombre sont plus longues que les antérieures, & principalement dans les abeilles ; cette regle n’est cependant pas si générale, qu’il n’y en ait dont les jambes antérieures surpassent les postérieures en longueur.

Les jambes des insectes sont ordinairement composées de trois parties ; la premiere est une espece de cuisse, elle tient immédiatement au ventre, & est plus grosse vers son origine, quoiqu’il y ait des insectes dont la cuisse est moins grosse en-haut qu’en-bas ; la seconde est la jambe, proprement dite ; les articulations de l’une & de l’autre de ces parties sont revêtues chez quelques insectes de poils forts & pointus, qu’on pourroit fort bien appeller pointes articulaires ; la troisieme partie de la jambe est le pié, qui mérite une plus grande attention que les deux autres parties. Voyez Pied.

Les insectes ne font pas tous le même usage de leurs jambes ; elles leur servent principalement pour marcher, mais il y en a à qui elles servent encore de crampons pour s’attacher fortement ; quelques-uns en font usage pour sauter, & les sauts qu’ils font sont si grands, qu’on dit qu’une puce saute deux cens fois plus loin que la longueur de son corps. Pour cet effet, ces insectes ont non-seulement des jambes, des cuisses fortes & souples, mais encore des muscles vigoureux, & doués d’une vertu élastique, par laquelle l’animal peut s’élever assez haut en l’air.

Les jambes servent de gouvernail aux insectes qui nagent, & c’est par la direction du mouvement de ces membres, qu’ils arrivent précisément au point où ils veulent aller ; elles tiennent en équilibre le corps des insectes qui volent, & le dirigent selon la volonté de l’animal ; elles leur procurent le même avantage qu’aux cigognes, & leur servent de gouvernail, pour se tourner du côté qu’il leur plaît. D’autres, qui ont la vûe courte, s’en servent pour sonder le terrein, devant ou derriere eux. Quelques-uns les emploient à nettoyer leurs yeux, leurs antennes, & leur corps, & à en ôter la poussiere qui pourroit les incommoder.

Ceux qui fouissent la terre, se servent de leurs jambes en guise de bêche ; car la force que la nature a donnée aux jambes de plusieurs insectes, qui l’emploient à cet usage, est prodigieuse, si on la compare avec leur petitesse. Pour s’en convaincre, on n’a qu’à serrer dans la main quelque scarabée, on sera surpris des efforts qu’il faut faire pour les retenir. C’est encore avec ce secours qu’ils font des creux dans la terre & des routes souterraines. Comme quelques animaux usent de leurs jambes pour se défendre, l’on trouve aussi des insectes qui en font le même usage ; il y en a qui s’en servent pour saisir leur proie, & la tenir serrée.

Enfin, la construction des jambes des insectes est souvent une marque pour distinguer les especes ressemblantes les unes des autres ; c’est ainsi qu’on peut distinguer les mouches carnassieres des autres mouches, comme on connoît le faucon & le vautour à leurs serres.

Quelques naturalistes modernes prétendent qu’il y a des insectes qui ont d’abord les jambes sur le dos, & qui, après leur transformation, les ont ensuite sous le ventre ; c’est ce que M. de Réaumur semble dire de l’insecte singulier dont il a fait la description dans les Mém. de l’acad. des sciences, année 1714 ; mais, outre qu’il n’avance pas ce fait comme certain, si l’animal avoit par hazard la tête & l’anus un peu différemment placés du commun des insectes, ce qui n’est pas sans exemple, il se pourroit que, malgré les apparences du contraire, l’insecte de M. de Réaumur eût les jambes à l’opposite de son dos. (D. J.)

Jambe de bois, membre artificiel, qu’on met à la place de celui qu’on a perdu par accident, ou par une opération de chirurgie. La construction de ces sortes d’instrumens, doit être dirigée par le chirurgien intelligent, afin d’imiter la nature autant qu’on le peut, & suppléer aux fonctions dont on est privé par la perte d’un membre. La nature du moignon plus ou moins court dans l’amputation de la cuisse, ou dans celle de la jambe ; les difformités naturelles ou accidentelles de la partie ; les complications permanentes de certains accidens incurables, telles que des tumeurs, des cicatrices, &c. toutes ces choses présentent des variations, qui obligent à chercher des points d’appui variés pour l’usage libre & commode d’une jambe de bois. Il faut choisir un ouvrier ingénieux, qui sache saisir les vûes qu’on lui donne, & qui puisse les rectifier en cas de besoin. Ambroise Paré a recueilli dans ses œuvres la figure de diverses inventions de jambes, de bras, & de mains artificielles, qui réparent les difformités que cause la perte des membres, & qui servent à remplir l’action qu’ils exerçoient, & il en fait honneur à un serrurier de Paris, homme de bon esprit, nommé le petit Lorrain. La jambe de bois dont les pauvres se servent est assez connue ; mais il y en a d’autres qu’on modele sur la jambe saine, qu’on chausse comme elle, qui par des charnieres & ressorts artistement placés dans le pié facilitent la progression. Lorsque la personne veut s’asseoir, elle tire un petit verrou, qui donne la liberté de fléchir le genou. Cette jambe est gravée dans Ambroise Paré, & la description est faite dans les termes connus des ouvriers, pour qu’on puisse la leur faire exécuter sans difficulté. Ce grand chirurgien, dont les écrits ne respirent que l’amour de l’humanité & le bien public, donne pour ceux qui ont la jambe courte, après quelque accident, une béquille très-utile, inventée par Nicolas Picard, chirurgien du duc de Lorraine. Il y a un étrier de fer pour soûtenir le pié, & un arc-boutant qui embrasse le moignon de la fesse, & qui fait que l’homme en marchant est comme assis du côté dont il boite. On ne peut trop faire connoître les ressources que l’on a dans la multitude des maux qui affligent l’humanité. L’Histoire de l’académie royale des sciences nous apprend dans l’éloge du P. Sébastien, carme, & grand mécanicien, que sur sa réputation un gentilhomme suédois vint à Paris lui redemander, pour ainsi dire, ses deux mains, qu’un coup de canon lui avoit emportées ; il ne lui restoit que deux moignons au-dessus des coudes. Il s’agissoit, dit M. de Fontenelle, de faire deux mains artificielles, qui n’auroient eu pour principe de leur mouvement que celui de ces moignons, distribués par des fils à des doigts qui seroient fléxibles. Pour peu qu’on fasse attention à ce projet, on sentira qu’il n’étoit pas raisonnable, & qu’il n’est pas possible de faire agir la puissance motrice au gré de la volonté, par le principe intérieur, sur les ressorts d’une machine. On dit cependant que le P. Sébastien ne s’effraya pas de l’entreprise, & qu’il présenta ses essais à l’académie des Sciences. Ambroise Paré donne la figure de mains & de bras artificiels, qui paroissent remplir toutes les intentions qu’on peut se proposer dans les cas où ils sont nécessaires. Voyez Prothese.

Jambes de hune. (Marine.) Voyez Gambes.

Jambe, (Maréchallerie.) partie des deux trains du cheval, qui prend au train de devant depuis le genouil jusqu’au sabot, & au train de derriere depuis le jarret jusqu’au même endroit. Lorsqu’on veut exprimer simplement la partie des jambes qui va jusqu’aux boulets, on l’appelle le canon de la jambe. Voyez Canon. Les bonnes qualités des jambes du cheval sont d’être larges, plates & seches ; c’est-à-dire, que quand on les regarde de côté, elles montrent une surface large & applatie ; nerveuses, c’est-à-dire, qu’on voie distinctement le tendon qui cotoye l’os, & qui du genouil & du jarret va se rendre dans le boulet. Voyez Boulet. Leurs mauvaises qualités sont d’être fines, c’est-à-dire étroites & menues, on les appelle aussi jambes de cerf ; d’être rondes, qui est le contraire des plates, les jambes du montoir & les jambes hors du montoir. Voyez Montoir. Avoir bien de la jambe & avoir peu de jambe, se dit du cheval selon qu’il a les jambes larges ou fines. N’avoir point de jambes, se dit d’un cheval qui bronche à tout moment. Les jambes gorgées. Voyez Gorgé. Les jambes ruinées & travaillées. Voyez Ruiné & travaillé. Les jambes roides. Voyez Roide. La jambe de veau est celle qui au lieu de descendre droit du genouil au boulet, plie en devant ; c’est le contraire d’une jambe arquée. Aller à trois jambes, est la même chose que boiter ; chercher la cinquieme jambe se dit d’un cheval qui pese à la main du cavalier, & qui s’appuie sur le mors pour se reposer la tête en cheminant ou en courant. Un cheval se soulage sur une jambe, quand il a mal à l’autre. Rassembler ses quatre jambes. Voyez Rassembler. Droit sur ses jambes. Voyez Droit. Faire trouver des jambes à son cheval, c’est le faire courir vîte & très-long-tems. Comme les jambes du cavalier sont une des aides, voyez Aides. Jambe dedans, jambe dehors sont des expressions qui servent à distinguer à quelle main ou de quel côté il faut donner des aides au cheval qui manie ou qui travaille le long d’une muraille ou d’une haie. Le long d’une muraille, la jambe de dehors sera celle du côté de la muraille, & l’autre celle de dedans. Sur les voltes, si le cheval manie à droite, le talon droit sera le talon de dedans, & de même la jambe droite sera celle de dedans. Par conséquent la jambe & le talon gauches seront pris pour la jambe & le talon de dehors. Le contraire arrivera si le cheval manie à gauche. Soûtenir un cheval d’une ou de deux jambes. Voyez Soûtenir. Laisser tomber ses jambes. Voyez Tomber. Approcher les gras des jambes. Voyez Approcher. On dit du cheval qui devient sensible à l’approche des jambes de l’homme, qu’il commence à prendre les aides des jambes. Connoître, obéir, répondre aux jambes, se dit du cheval. Voyez ces termes à leurs lettres. Courir à toutes jambes. Voyez Courir.

Jambes de filleu, (terme de riviere.) c’est la partie d’un bateau foncet, servant à retenir les rubans du mât.

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Étymologie de « jambe »

Étymologie de jambe - Wiktionnaire

De l’ancien français jambe, gambe, du bas latin gamba (« jarret (des quadrupèdes) »), du grec ancien καμπή, kampế (« courbure, flexion, articulation d’un membre »), dont sont aussi issus « gambe » qui ne s’utilise plus que dans la locution « viole de gambe », et que dans les dérivés « gambiller », « ingambe » ou « gambette ».
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Étymologie de jambe - Littré

Wallon et picard, gambe ; provenç. camba ; catal. et ital. gamba ; du lat. gamba, qui est dans Végèce avec le sens de jarret, et qui vient du grec ϰαμπὴ, flexion, courbure.

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Phonétique du mot « jambe »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
jambe ʒɑ̃b play_arrow

Citations contenant le mot « jambe »

  • Rapport de recherche Market.us analysant le marché Ensemble amortisseur et jambe de force et incluant les données passées et de prédiction pour le type, l’application, le niveau régional et le pays. Impact de l’épidémie de COVID-19 sur Ensemble amortisseur et jambe de force croissance du marché et opportunités d’investissement. sur l’analyse de l’industrie, les opportunités de croissance, l’analyse des risques, les tendances actuelles, le paysage concurrentiel, les stratégies d’investissement et les prévisions d’ici 2029. La recherche est basée sur les Ensemble amortisseur et jambe de force activités d’évaluation des tendances, qui sont basées sur l’actuelle, l’avenir et les stratégies utilisées dans le passé. Le rapport met en évidence les principaux développements du marché, y compris les dernières tendances, les avancées technologiques et les acteurs du marché ZF, KYB, Showa, Bilstein, Anand, Mando, Magneti Marelli, KONI, Hitachi, Tenneco. Le rapport sur le marché Ensemble amortisseur et jambe de force couvre les estimations, les enquêtes et les discussions sur les principales tendances de l’industrie, le volume du marché, la valeur, les estimations de part de marché et les profils des principaux acteurs de l’industrie. boursomaniac, Marché des amortisseurs et des assemblages de jambes de force Croissance énorme et incroyable d'ici 2029 - boursomaniac
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  • Marcher dans une foule signifie ne jamais aller plus vite que les autres, ne jamais traîner la jambe, ne jamais rien faire qui risque de déranger l'allure du flot humain. De Paul Auster / Moon Palace
  • Le temps ne se comprend qu'à partir de l'éternité, et celle-ci ne se devine qu'à partir du temps. Ce qui nous fait une belle jambe. De François Hébert / Histoire de l'impossible pays
  • Notre démocratie est parfaitement bancale. Elle n'avance que sur une seule jambe. Elle écarte de sa représentation plus de la moitié des citoyens. De Alain Juppé / Discours devant le Parlement - mars 1997
  • Tu croises des gens qui dorment dehors, En bas des hôtels tout confort. Tu donnes des sous par ci, par là, Un emplâtre sur une jambe de bois. De Louis Chedid / Courir Derrière
  • J’ai expliqué à mon médecin que je m’étais cassé la jambe à deux endroits. Il m’a interdit d’y retourner. De Henry Young
  • Il n’y a pas de superman. Tout le monde s’habille de la même manière, en mettant une jambe à la fois dans son pantalon. De Rick Mears
  • Si vous voulez perdre 10kg en un jour sans exercice et sans régime, faites-vous couper une jambe. De Philippe Geluck / Le Chat
  • L’architecture moderne, c’est quand il faut allonger la jambe gauche pour maintenir fermée la porte des waters. De Nancy Banks Smith / The Guardian - 1979
  • Pour plaire à ses supérieurs, un arriviste fait des ronds de jambe. Une arriviste, elle, les écarte... De Bruno Masure / Le Petit Livre de Bruno Masure
  • On ne mène pas une politique étrangère avec des clins d'oeil et des ronds de jambe... De Jacques Vergès / Le salaud lumineux
  • Une danseuse qui lève la jambe sera toujours préférable à un caissier qui lève le pied. De Pierre Dac
  • Le mensonge n'a qu'une jambe, la vérité en a deux. De Proverbe hébreu
  • L’amputation de la jambe est un grand pas vers la sédentarité. De Anonyme
  • Une nation dans laquelle une classe est opprimée ressemble à un homme qui a une blessure à la jambe : la jambe malade interdit tout exercice à la jambe saine. De Louis Blanc / Organisation du travail
  • Mieux vaut se briser la jambe que briser sa parole. De Proverbe touareg
  • Glissant du lit, que tes lisses Jambes nous suggèrent les Chiffres inscrits aux caprices Des mondes émerveillés ! Jean Pellerin, Le Bouquet inutile, Gallimard

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Traductions du mot « jambe »

Langue Traduction
Corse legna
Basque hanka
Japonais
Russe ножка
Portugais perna
Arabe رجل
Chinois
Allemand bein
Italien gamba
Espagnol pierna
Anglais leg
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Synonymes de « jambe »

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