La langue française

Cuisine

Définitions du mot « cuisine »

Trésor de la Langue Française informatisé

CUISINE, subst. fém.

A.− Pièce, lieu destiné à la préparation des aliments (v. arrière-cuisine). Dans le jardin, au pied du mur brodé de joubarbes, des foyers fument : la cuisine de toutes les escouades. Ici de la soupe, là du rata (Dorgelès, Croix de bois,1919, p. 74).Cherche à Paris (...) 2 p. cuisine, salle d'eau, WC (Le Monde, 25 mars 1976, p. 26, 7ecol.) :
1. ... une cuisine où il n'y a que la cuisinière noire, l'évier, les casseroles très propres dont on ne se sert pas, par terre un linoléum délavé (...) une table avec la toile cirée écaillée, usée, des chaises paillées, un placard qui sert de buffet et sur la cheminée, une série de pots en porcelaine, fleuris, avec dessus : poivre, sel, thé, farine... Triolet, Le Premier accroc coûte deux cents francs,1945, p. 292.
SYNT. Cuisine équipée; cuisine blanchie à la chaux, dallée, enfumée; cuisine de cantine; installation d'une cuisine; cuisine attenante à la salle à manger; cuisine voisinant avec les commodités.
De cuisine. Utilisé dans la cuisine ou pour faire la cuisine (sens B 1). Assiette, couteau, matériel, récipient, tablier, torchon de cuisine; buffet, carreaux, chaise, cheminée, éléments, fourneau, placard, poêle, réchaud, table de cuisine; batterie de cuisine (v. batterie ex. 10):
2. Depuis environ deux siècles, les architectes flamands se sont imaginé que rien n'était plus beau que des pièces de vaisselle et des ustensiles de cuisine élevés à des proportions gigantesques et titaniques. Hugo, Le Rhin,1842, p. 48.
Rem. Dans ce type de syntagmes, il est difficile de distinguer le sens A du sens B 1 de cuisine.
Au fig. De mauvaise qualité. Compte de cuisine, latin de cuisine. Il prendra un parapluie de cuisine, je ne lui en donnerai pas un nouveau en soie (Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Parapluie, 1884, p. 447).Un roman absurde, écrit en français de cuisine, intitulé : Janik d'Argent (Gyp, Raté,1891, p. 135).
Loc., vieilli
Fam., la cuisine est bien froide, n'est guère échauffée dans cette maison, ,,On y fait mauvaise chère`` (Ac. 1835, 1878).
Pop., Se ruer en cuisine, ,, Manger beaucoup et avidement, ou Faire beaucoup de dépense en bonne chère`` (Ac. 1835, 1878).
[Au plur., dans des maisons, des établissements importants] Les cuisines d'un hôpital, d'un hospice, d'un hôtel, d'un restaurant; les cuisines du Palais. Le feu des cuisines, des cuisines royales où les marmitons préparaient le festin du soir (Lorrain, Sens. et souv.,1895, p. 250).Le cuisinier (...) prétendait avoir servi dans les cuisines de l'empereur (Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 54).
P. ext. (Cuisine) roulante. Fourneau monté sur roues, qui suit une unité en campagne, et qui est parfois utilisé par les campeurs en plein air. Local où était installée la cuisine roulante de la ...ecompagnie du ...ebataillon (Barrès, Cahiers,t. 11, 1914-18, p. 280).
B.− P. méton.
1. Préparation des aliments; art, manière d'apprêter les aliments. Faire la cuisine. Leur mère parlait de leur apprendre la cuisine afin qu'elles sussent bien ordonner un dîner (Balzac, Mais. chat,1830, p. 17):
3. La cuisine allemande ressemble assez à la cuisine anglaise par l'emploi de la farine cuite et des pâtes bouillies. Elle en diffère par l'absence presque totale des viandes rôties... L.-E. Audot, La Cuisinière de la campagne et de la ville,1896, p. 590.
SYNT. a) Cuisine bourgeoise, familiale, villageoise; cuisine chinoise, française; cuisine au beurre, à l'huile. b) Cours, livre, recette de cuisine; aide, chef, fille, garçon, servante de cuisine.
Vieilli. Faire aller, faire rouler la cuisine, ,,Avoir soin de ce qui regarde la dépense ordinaire de la table, donner ordre que la table aille bien.`` (Ac. 1835-1878). Fonder la cuisine, ,,Pourvoir à ce qui regarde la subsistance, la nourriture`` (Ac. 1835-1878). ,,Dans les nouveaux établissements, il faut commencer par fonder la cuisine.`` (Ac.1835-1878).
P. anal., fam. Préparation d'un produit quelconque. Le patron descendit et se mit à faire sa cuisine dans des godets. Mais le ton cherché n'arrivait pas (J.-H. Fabre, Rom. peintre,1878, p. 142):
4. On avait eu beau donner un coup de balai, le soir, faire un bout de ménage, après la cuisine sanglante des opérations [à l'ambulance] : le sol mal essuyé gardait des traînées de sang... Zola, La Débâcle,1892, p. 396.
Au fig., fam. Manœuvres, intrigues (généralement obscures et malhonnêtes). La cuisine louche d'une assurance; la basse cuisine de ce monde; la cuisine intellectuelle. Cuisine du savoir-faire (Sainte-Beuve, Nouv. lundis,t. 7, 1863-69, p. 373):
5. − Je ne t'ai jamais dit que je ne tenais pas à Paule. − Tu as pitié d'elle et tu as des remords; toutes ces cuisines sentimentales, c'est tellement dégueulasse. Quand on n'a plus de plaisir à voir les gens, on laisse tomber, c'est tout. Beauvoir, Les Mandarins,1954, p. 156.
Spécialement
[Dans un cont. pol.] Cuisine diplomatique, ministérielle, parlementaire. Je vois d'ici [de Cannes] un échantillon de la cuisine électorale (Mérimée, Lettres Viollet-le-Duc,1870, p. 91):
6. ... cela bouleversait le monde de la peinture et de la sculpture; une véritable fièvre électorale s'était déclarée, les ambitions, les coteries, les intrigues, toute la basse cuisine qui déshonore la politique. Zola, L'Œuvre,1886, p. 293.
[Dans le lang. des journalistes] Manière de présenter l'information, de l'accommoder au goût du public. Le sel de la cuisine journalistique. Il écrit quelquefois des articles courts, sur un sujet ou un autre, cuisine de journal, plutôt (Léautaud, Journal littér.,1893, p. 22).
2. Plats préparés d'une certaine manière. Cuisine épicée. Un excellent déjeuner de perdreaux qui nous a consolés un instant de l'ordinaire cuisine espagnole (T'Serstevens, Itinér. esp.,1933, p. 179):
7. Les volumes des œuvres complètes de Stendhal, sortis tout doucement du quai Malaquais et de la vieille boutique de France Thibaut arrivent sur notre table comme les plats d'un restaurant où le service est lent, la cuisine parfaite, les vins admirables et l'atmosphère heureuse. Thibaudet, Réflexions sur la littérature,1936, p. 254.
Vieilli. Être chargé de cuisine. ,,Être fort gras et avoir un gros ventre`` (Ac. 1835, 1878).
Rem. Supra B 1 syntagmes b.
3. Personnel affecté à la préparation des plats, des repas. Il a aussitôt proposé de faire porter le dîner dans la forêt (...) les ordres ont été donnés à la cuisine de tout préparer (Sénac de Meilhan, Émigré,1797, p. 1725):
8. − Lorsque t'es accouchée de ton premier [dit Victoire], c'est-il par devant ou par derrière que tu l'as fait? Toutes les cuisines se tordirent, dans un accès de gaieté canaille... Zola, Pot-Bouille,1882, p. 268.
Prononc. et Orth. : [kɥizin]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. 1155 « préparation des aliments », « art de les apprêter » (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 10468); 2. ca 1170 « pièce où l'on prépare les aliments » (Chrétien de Troyes, Erec et Enide, éd. M. Roques, 488); 3. ca 1170 « mets cuisinés » ([Chrétien de Troyes], G. D'Angleterre, 451 ds T.-L.); 4. p. ext. 1740 « personnel qui travaille à la cuisine » (Ac.); 5. av. 1778 « manière de préparer la matière, en littérature, manœuvres politiques » (Voltaire ds Lar. 19e). Du b. lat. cocina, altération de coquina « cuisine, art culinaire ». Fréq. abs. littér. : 4 280. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 2 317, b) 6 890; xxes. : a) 8 721, b) 7 287.
DÉR.
Cuisinette, subst. fém.Petite cuisine (cf. Mathiot, Éduc. mén., 1957, p. 72). Cour. (en Suisse). À louer meublé 3 pièces et cuisinette (Tribune de Genève,29 juin 1971). 1reattest. 1936 (M. Dekobra, Mimi Broadway. Les Mousquetaires d'Ellis Island, 154 ds Quem. Fichier); de cuisine, suff. -ette* (déjà attesté au xiiies. ds T.-L. au sens de « nourriture cuite »).
BBG. − Dauzat Ling. fr. 1946, p. 322. − Hasselrot 1957, p. 202 (s.v. cuisinette).Lew. 1960, p. 52. − Lumbroso (G.). Latin de cuisine. In : Rendiconti della R. Acad. naz. dei Lincei. 1924, pp. 183-185. − Rog. 1965, p. 80. − Sain. Arg. 1972 [1907], p. 89. − Termes techn. sous le premier Empire. Vie Lang. 1969, p. 371.

Wiktionnaire

Nom commun

cuisine \kɥi.zin\ féminin

  1. (Construction) Pièce où l’on prépare et fait cuire les aliments.
    • Zaheira disparut vers la cuisine, revint avec des plats alléchants, disposa gentiment l’eau et le pain sur la table. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans "Trois contes de l’Amour et de la Mort", 1940)
    • Gaspard vit avec joie la femme poser une soupière fumante sur la table de la cuisine. — (André Dhôtel, Le Pays où l’on n’arrive jamais, 1955)
    • Dans le centre-ville, elle est heureuse comme un poisson dans l'eau. Elle a son petit atelier, un beau salon, une chambre et une minuscule cuisine qui lui suffit pour elle toute seule. — (Paola Zannoner, Je veux être écrivain, traduit de l'italien par Stéphanie Bertamini, Éditions Prisma, 2014)
  2. (Par métonymie) Ensemble du personnel travaillant dans cette pièce à l’élaboration des plats.
  3. (Par métonymie) Ensemble d’ustensiles servant à préparer les aliments et qu’on peut transporter d’un lieu dans un autre.
    • La poussière de craie donnait soif et cet automne était chaud. Je me souviens d’avoir bu un jour peut-être dix quarts de bouillon brûlant pris à la cuisine roulante. — (Alain, Souvenirs de guerre, page 111, Hartmann, 1937)
  4. (Par extension) Ordinaire d’une maison, repas qu’on y prépare habituellement.
    • Cela intéressait vivement notre maître d’hôtel pourtant, car le voici ceint de son blanc tablier, la mine souriante, la bouche en cœur, le visage jambonné par la chaleur des fourneaux et venant connaître notre opinion sur sa cuisine. — (Gustave Fraipont; Les Vosges, 1923)
  5. Action de préparer à manger.
    • Mais avec un petit poële net, propre, chauffé par l’électricité et pourvu de thermomètres, avec des températures absolument contrôlables et des écrans protecteurs, la cuisine pourrait devenir une distraction et un amusement même pour les dames âgées ou valétudinaires. — (H. G. Wells, Anticipations, 1901, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Société du Mercure de France, Paris, 1904)
    • Il me quitte ; il doit acheter du jambon et du vinaigre, car les officiers l’ont naturellement chargé de leur cuisine, comme ils en chargent immanquablement tout professeur, tout prêtre, tout poète. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
  6. (Cuisine) Art d’apprêter les mets, les aliments.
    • Ils étaient parfaitement d’accord, surtout sur la nécessité d’appeler toute la pharmacie de la nature au secours de la cuisine. Piments, poudres anglaises, safraniques, substances coloniales, poussières exotiques, tout leur eût semblé bon, voire le musc et l’encens. — (Charles Baudelaire, La Fanfarlo, 1847 ; collection Folio, page 61)
    • C’est chez la veuve Thorsdal que j’appris à savourer les délices de la cuisine islandaise. Le dîner se composait invariablement de poisson bouilli. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 45)
    • Au début du XXe siècle, la papesse de la cuisine bourgeoise, la célèbre madame Saint-Ange, écrira avec émotion, à propos d'un plat traditionnel dans les bonnes familles : « […]. » — (Maguelonne Toussaint Samat, Histoire de la cuisine bourgeoise: du Moyen Âge à nos jours, Éditions Albin Michel, 2001, p. 120)
    • Fierté des maîtresses de maison formées aux traditions familiales, la blanquette est, révérence gardée, à la cuisine française ce que Molière est au théâtre. Un symbole, un modèle éternel qui fait école, une sorte de mémoire collective. — (Sylvie Girard-Lagorce, Grandes et petites histoires de la gourmandise française: traditions et recettes, Plon, 2003, De Borée, 2005, page 95)
    • La cuisine française, ça me semble vieux et prétentieux, alors que la cuisine japonaise, ça a l’air… eh bien, ni jeune ni vieux. Éternel et divin. — (Muriel Barbery, L’élégance du hérisson, 2006, collection Folio, page 112)
  7. (Figuré) (Familier) Manœuvre ; intrigue.
    • La cuisine électorale, parlementaire.

Forme de verbe

cuisine \kɥi.zin\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de cuisiner.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de cuisiner.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de cuisiner.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de cuisiner.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de cuisiner.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CUISINE. n. f.
Endroit d'une maison ou d'un appartement où l'on apprête et où l'on fait cuire les mets, les aliments. Cuisine claire, obscure. Batterie de cuisine. Aide de cuisine. Fig., Latin de cuisine. Voyez LATIN.

CUISINE se dit aussi d'un Ensemble d'ustensiles servant à préparer les aliments et qu'on peut transporter d'un lieu dans un autre. Cuisine roulante. Cuisine régimentaire. Par extension, Une cuisine de poupée. Il se dit, par extension, de l'Ordinaire d'une maison, de la chère qu'on y fait habituellement. La cuisine est bonne dans cette maison. Cet hôtel est réputé pour sa cuisine. Je ne pus longtemps m'accommoder d'une si maigre, d'une si pauvre cuisine. Faire la cuisine, Apprêter à manger. Il signifie aussi l'Art d'apprêter les mets, les aliments. Il apprend la cuisine. Il sait bien la cuisine. Livre de cuisine. Cuisine bourgeoise. La cuisine française. La cuisine italienne. La cuisine anglaise. Il s'emploie figurément et familièrement pour signifier Manœuvre, intrigue. La cuisine électorale, parlementaire.

Littré (1872-1877)

CUISINE (kui-zi-n') s. f.
  • 1Pièce d'une maison, où l'on fait cuire les mets. Portez ces provisions à la cuisine. Ustensile de cuisine. Chef, garçon, aide de cuisine.

    Fonder la cuisine, pourvoir à la subsistance. Dans un nouveau ménage, il faut commencer par fonder la cuisine. Si c'est sur mon bien seul qu'il fonde sa cuisine, Je t'assure déjà qu'il mourra de famine, Et qu'il n'aura pas lieu de rire à mes dépens, Regnard, Légat. III, 3.

    Se ruer en cuisine, manger avidement beaucoup ; et fig. dépenser beaucoup pour la bonne chère.

    Fig. La cuisine est bien froide, n'est guère échauffée dans cette maison, on y fait maigre chère. La beauté, les attraits, l'esprit, la bonne mine Échauffent bien le cœur, mais non pas la cuisine, Corneille, Mélite, I, 1. Dans sa retraite où le pauvre homme n'eut Pour le servir qu'une vieille édentée, Cuisine froide et fort peu fréquentée, La Fontaine, Faucon. J'étais assis près d'un maître cafard, Lequel me dit : Vous avez bien la mine D'aller un jour échauffer la cuisine De Lucifer ; et moi, prédestiné, Je rirai bien quand vous serez damné, Voltaire, Défense du mondain.

    Faire aller, faire rouler la cuisine, avoir soin de ce qui regarde la dépense ordinaire de la table.

    Familièrement. Du latin de cuisine, du latin mauvais et plat tel que le faisaient les cuisinières et les marmitons dans les anciens colléges, où c'était la règle que tout le monde parlât latin.

    Cuisine-bouche, cuisine où l'on apprête les mets qui doivent être servis au roi.

    Cuisine-poêle, ustensile propre à chauffer les appartements et à faire cuire les mets.

  • 2Le personnel de la cuisine. Il a laissé sa cuisine à Paris.
  • 3L'ordinaire d'une maison, la chère qu'on y fait. Faire maigre cuisine. Jamais idole, quel qu'il fût, N'avait eu cuisine aussi grasse, La Fontaine, Fabl. IV, 8. Qui vous a pu plonger en cette humeur chagrine ? , A-, t-on par quelque édit réformé la cuisine ? Boileau, Sat. III.

    Faire la cuisine, apprêter à manger. Au noble hôtel de la Vermine, On est logé très proprement : Rivarol y fait la cuisine, Et Chamcenetz l'appartement, Beaumarchais, Épigr.

    Flaireur de cuisine, parasite. Tu viens ici mettre ton nez, Impudent flaireur de cuisine, Molière, Amphit. III, 7.

    Fig. et familièrement. Être chargé de cuisine, être gras, avoir gros ventre.

  • 4L'art d'apprêter les mets. Savoir la cuisine. La cuisine française. La cuisine anglaise. Et Malherbe et Balzac, si savants en bons mots, En cuisine peut-être auraient été des sots, Molière, Femm. sav. II, 8. Qu'importe qu'elle manque aux lois de Vaugelas, Pourvu qu'à la cuisine elle ne manque pas, Molière, ib. II, 7. Enfin son goût pour cette nation [Anglais] était si décidé qu'il en préférait même la cuisine à la nôtre trop justement célèbre dans toute l'Europe, D'Alembert, Éloges, Milord Maréchal.
  • 5 Fig. et familièrement, cuisine se dit quelquefois des préparatifs et tripotages pour les affaires. La cuisine politique. La cuisine électorale.
  • 6Boîte longue à différents compartiments, où l'on mettait divers ingrédients propres pour les ragoûts.
  • 7 Terme de marine. Caisse de tôle, divisée en plusieurs parties, pour mettre les chaudières, casseroles, etc.

HISTORIQUE

XIIe s. Par devers la quisine sunt entré el vergier, Th. le mart. 144. E à sa quesine furent asis, chascun jur, dis bues gras de guarde e vint ki veneient de la cumune pasture, Rois, 239.

XIIIe s. Si prist la reube à un garchon et se mist en la quisine à tourner les capons, Chr. de Rains, p. 46. Chacun jor jusqu'à quaroime, cosine à huile, et à chacun un haran, Du Cange, coquina. Que touz ceulz qui voudront tenir estal ou fenestre à vendre cuisine, sachent appareillier toute maniere de viandes conmunes et prouffitables au peuple, Liv. des mét. 175. Et vit la cuisine fumer Où il ot fait feu alumer, Ren. 937. Vins en pos ou en barix, ou viandes prestes à envoier à la quisine, Beaumanoir, 33.

XIVe s. Tost et isnelement est en fuite tournés ; En le [la] cuisine vint li cuivers deffaés, Baud. de Seb. VIII, 950. Vous deux qui avez perdu, paierez chascun un pot de servoise, et nous autres paierons la cuisine et le pain, Du Cange, coquina.

XVe s. Il en est temps, car vo biauté decline, En charité donnez de vo cuisine Aux povres gens, Deschamps, Poésies mss. f° 206, dans LACURNE.

XVIe s. Il y en eust deux qui se lasserent de trotter, pource qu'ils estoient un petit chargés de cuisine [d'embonpoint], Despériers, Contes, XXVIII. Il leur dist : Seigneurs, la table est mise leens pour nous disner et aisier, et est la cuisine au feu et le vin au celier ; de quoy il nous fauldra boire et mengier, Menard, Hist. de du Guesclin, f° 427, dans LACURNE. Elle commença à se remuer en cuisine, Nuits de Straparole, t. II, p. 225, dans LACURNE. Il dit que le premier bastiment d'une maison doit estre la cuisine, c'est à dire le revenu et le fonds pour l'entretenir, Duverdier, Biblioth. p. 153, dans LACURNE. Grasse cuisine, maigre testament, Cotgrave De grasse cuisine povreté s'avoisine, Cotgrave Mauvais chien ne veut jamais compaignon en cuisine, Cotgrave Cuisine estroite fait bastir grande maison, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 194.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

CUISINE.
5 Fig. Ajoutez :

La cuisine d'un journal, opérations qui consistent surtout à disposer matériellement les articles déjà composés typographiquement ; on a un double décimètre divisé en millimètres, afin de mesurer exactement la place à remplir et le nombre de lignes convenable.

Cuisine d'un journal, se dit aussi de la récolte des faits divers et des petits entre-filets. Ses occupations se bornaient à surveiller ce qu'on appelle la cuisine du journal, Gaz. des Trib. 31 mai 1876, p. 522, 2e col.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

CUISINE, s. f. (Art méchan.) cet art de flatter le goût, ce luxe, j’allois dire cette luxure de bonne chere dont on fait tant de cas, est ce qu’on nomme dans le monde la cuisine par excellence ; Montagne la définit plus brievement la science de la gueule ; & M. de la Mothe le Vayer, la Gastrologie. Tous ces termes désignent proprement le secret réduit en méthode savante, de faire manger au-delà du nécessaire ; car la cuisine des gens sobres ou pauvres, ne signifie que l’art le plus commun d’apprêter les mets pour satisfaire aux besoins de la vie.

Le laitage, le miel, les fruits de la terre, les légumes assaisonnés de sel, les pains cuits sous la cendre, furent la nourriture des premiers peuples du monde. Ils usoient sans autre rafinement de ces bienfaits de la nature, & ils n’en étoient que plus forts, plus robustes, & moins exposés aux maladies. Les viandes bouillies, grillées, rôties, ou les poissons cuits dans l’eau, succéderent ; on en prit avec modération, la santé n’en souffrit point, la tempérance régnoit encore, l’appétit seul regloit le tems & le nombre des repas.

Mais cette tempérance ne fut pas de longue durée ; l’habitude de manger toûjours les mêmes choses, & à-peu-près apprêtées de la même maniere, enfanta le dégoût, le dégoût fit naître la curiosité, la curiosité fit faire des expériences, l’expérience amena la sensualité ; l’homme goûta, essaya, diversifia, choisit, & parvint à se faire un art de l’action la plus simple & la plus naturelle.

Les Asiatiques, plus voluptueux que les autres peuples, employerent les premiers, dans la préparation de leurs mets, toutes les productions de leurs climats ; le commerce porta ces productions chez leurs voisins ; l’homme courant après les richesses, n’en aima la joüissance que pour fournir à sa volupté, & pour changer une simple & bonne nourriture en d’autres plus abondantes, plus variées, plus sensuellement apprêtées, & par conséquent plus nuisibles à la santé : c’est ainsi que la délicatesse des tables passa de l’Asie aux autres peuples de la terre. Le Perses communiquerent aux Grecs cette branche de luxe, à laquelle les sages législateurs de Lacédémone s’opposerent toûjours avec vigueur.

Les Romains devenus riches & puissans, secouerent le joug de leurs anciennes lois, quitterent leur vie frugale, & goûterent l’art de la bonne chere : Tunc coquus (dit Tite-Live, l. xxxjx.) vilissimum antiquis mancipium, estimatione & usu, in pretio esse, & quod ministerium fuerat, ars haberi coepta ; vix tamen illa quæ tunc conspiciebantur, semina erant futuræ luxuriæ. Ce n’étoit-là que de legers commencemens de la sensualité de la table, qu’ils pousserent bientôt au plus haut période de dépense & de corruption. Il faut lire dans Séneque le portrait qu’il en fait ; je dis dans Séneque, parce que sa sévérité, ou sa bile si l’on veut, nous apprend bien des choses sur cette matiere, que des esprits plus indulgens pour les défauts de leur siecle, passent ordinairement sous silence. On ne voyoit, nous dit-il, que des Sibarites couchés mollement sur leurs lits, contemplant la magnificence de leurs tables, satisfaisant leurs oreilles des concerts les plus harmonieux, leur vûe des spectacles les plus charmans, leur odorat des parfums les plus exquis, & leur palais des viandes les plus délicates. Mollibus, lenibusque fomentis totum lacessitur corpus, & ne nares interim cessent, odoribus variis inficitur locus ipse, in quo luxuriæ parentatur. En effet c’est des Romains que vient l’usage de la multiplicité des services, & l’établissement de ces domestiques qu’on nomme échansons, maitres d’hôtel, écuyers tranchans, &c. mais leurs cuisiniers sur-tout étoient des gens importans, recherchés, considérés, gagés à proportion de leur mérite, c’est-à-dire de leur prééminence dans cet art flateur & pernicieux, qui bien loin de conserver la vie, produit une source intarissable de maux. Il y avoit à Rome tel artiste en cuisine à qui l’on payoit quatre talens par année, qui font au calcul du docteur Bernard 864 livres sterling, environ 19000 livres de notre monnoie. Antoine fut si content d’un de ses cuisiniers, dans un repas donné à la reine Cléopatre, qu’il lui accorda une ville pour récompense.

Ces gens-là aiguisoient l’appétit de leurs maîtres par le nombre, la force, la diversité des ragoûts, & ils avoient étendu cette diversité jusqu’à faire changer de figure à tous les morceaux qu’ils vouloient apprêter ; ils imitoient les poissons qu’on desiroit & qu’on ne pouvoit pas avoir, en donnant à d’autres poissons le même goût & la même forme de ceux que le climat ou la saison refusoient à la gourmandise. Le cuisinier de Trimalcion composoit même de cette maniere, avec de la chair de poisson, des animaux différens, des pigeons ramiers, des tourterelles, des poulardes, &c. Athénée parle d’un cochon à demi-rôti, préparé par un cuisinier qui avoit eu l’adresse de le vuider & de le farcir sans l’éventrer.

Du tems d’Auguste, les Siciliens l’emporterent sur les autres dans l’excellence de cet art trompeur ; c’est pourquoi il n’y avoit point à Rome de table délicate qui ne fût servie par des gens de cette nation.

Non siculæ dapes
Dulcem elaborabunt saporem.


dit Horace. Apicius, qui vivoit sous Trajan, avoit trouvé le secret de conserver les huîtres fraîches ; il en envoya d’Italie à ce prince pendant qu’il étoit au pays des Parthes, & elles étoient encore très-saines quand elles arriverent : aussi le nom d’Apicius longtems affecté à divers ragoûts, fit une espece de secte parmi les gourmands de Rome. Il ne faut point douter que le nom de quelque voluptueux de cette capitale, mieux placé à la suite d’un ragoût qu’à la tête d’un livre, ne s’immortalise plus sûrement par son cuisinier que par son Imprimeur.

Les Italiens ont hérité les premiers des débris de la cuisine romaine ; ce sont eux qui ont fait connoître aux François la bonne chere, dont plusieurs de nos rois tenterent de réprimer l’excès par des édits ; mais enfin elle triompha des lois sous le regne d’Henri II. alors les cuisiniers de de-là les monts vinrent s’établir en France, & c’est une des moindres obligations que nous ayons à cette foule d’Italiens corrompus qui servirent à la cour Catherine de Médicis.

J’ai vû, dit Montagne, parmi nous, un de ces artistes qui avoit servi le cardinal Caraffe : il me fit un discours de cette science de gueule avec une gravité & contenance magistrale, comme s’il eût parlé de quelque grand point de Théologie ; il me déchiffra les différences d’appétit, celui qu’on a à jeun, & celui qu’on a après le second & tiers service, les moyens tantôt de lui plaire, tantôt de l’éveiller & piquer ; la police des sauces, premierement en général, & puis particularisant les qualités des ingrédiens & leurs effets ; les différences des salades selon leur besoin, la façon de les orner & embellir pour les rendre encore plus plaisantes à la vûe : ensuite il entra en matiere sur l’ordre du service plein de belles & importantes considérations, & tout cela enflé de riches & magnifiques paroles, & de celles-là même qu’on employe à traiter du gouvernement d’un empire. Il m’est souvenu de mon homme :

Hoc salsum est, hoc adustum est, hoc lautum est parùm ;
Illud rectè ; iterùm sic memento. Ter. Adelph.

« Cela est trop salé : ceci est brûlé ; cela n’est pas assez relevé : ceci est fort bien apprêté ; souvenez-vous de le faire de même une autre fois ».

Les François saisissant les saveurs qui doivent dominer dans chaque ragoût, surpasserent bientôt leurs maîtres, & les firent oublier : dès-lors, comme s’ils s’étoient défié d’eux-mêmes sur les choses importantes, il semble qu’ils n’ont rien trouvé de si flateur que de voir le goût de leur cuisine l’emporter sur celui des autres royaumes opulens, & régner sans concurrence du septentrion au midi.

Il est vrai cependant que graces aux mœurs & à la corruption générale, tous les pays riches ont des Lucullus qui concourent par leur exemple à perpétuer l’amour de la bonne chere. On s’accorde assez à défigurer de cent manieres différentes les mets que donne la nature, lesquels par ce moyen perdent leur bonne qualité, & sont, si on peut le dire, autant de poisons flateurs préparés pour détruire le tempérament, & pour abréger le cours de la vie.

Ainsi la cuisine simple dans les premiers âges du monde, devenue plus composée & plus rafinée de siecle en siecle, tantôt dans un lieu, tantôt dans l’autre, est actuellement une étude, une science des plus pénibles, sur laquelle nous voyons paroître sans cesse de nouveaux traités sous les noms de Cuisinier François, Cuisinier royal, Cuisinier moderne, Dons de Comus, Ecole des officiers de bouche, & beaucoup d’autres qui changeant perpétuellement de méthode, prouvent assez qu’il est impossible de réduire à un ordre fixe, ce que le caprice des hommes & le déréglement de leur goût, recherchent, inventent, imaginent, pour masquer les alimens.

Il faut pourtant convenir que nous devons à l’art de la cuisine beaucoup de préparations d’une grande utilité, & qui méritent l’examen des Physiciens. De ces préparations, les unes se rapportent à la conservation des alimens, & d’autres à les rendre de plus facile digestion.

La conservation des alimens est un point très-important. Indépendamment de la disette dont les régions les plus fertiles sont quelquefois affligées, les voyages de long cours exigent nécessairement cette conservation. La méthode pour y parvenir est la même par rapport aux alimens du regne végétal, comme à l’égard des alimens du regne animal. Cette méthode dépend de l’addition, ou de la soustraction de quelques parties qui tendent à empêcher la corruption, & ce dernier moyen de conserver les alimens tirés des animaux, est le plus simple. Il consiste dans la dessiccation qui s’opere à feu lent & doux, & dans les pays chauds à la chaleur du Soleil. C’est, par exemple, de cette derniere maniere, qu’on fait dessécher les poissons qui servent ensuite de nourriture.

On peut aussi soustraire aux sucs des animaux toute leur humidité superflue, & la leur rendre à-propos ; puisqu’ils sont mucilage, ils peuvent éprouver cette vicissitude : de-là vient l’invention des gelées & des tablettes de viande, qui souffrent le transport des voyages de long cours ; mais comme ces tablettes ne sont pas sans addition, elles appartiennent plus particulierement à l’espece de conservation qui est très-ordinaire, & qui se fait par l’addition de quelque corps étranger capable d’éloigner la putréfaction par lui-même : c’est ce que produisent le sel marin & le sel commun. Les acides végétaux, le vinaigre, les sucs de verjus, de citron, de limon, &c. sont encore propres à cet effet, parce qu’ils resserrent les solides des animaux sur lesquels on les employe, & rendent leur union plus intime & moins dissoluble.

On conserve aussi les viandes tirées des animaux par des sels volatils atténués par la déflagration des végétaux, & par des sels acides-volatils mêlés intimement avec une huile fort atténuée ; tels sont les alimens fumés : mais cette préparation est composée de la dessiccation qui en fait une grande partie ; cependant il est certain que l’huile qui sort de la fumée, & ces sels très-subtils prenant la place de l’eau qui s’évapore du corps de la viande, doivent la rendre beaucoup moins altérable. L’expérience le démontre tous les jours, car les viandes & les poissons que l’on prépare de cette façon se gardent davantage que par toute autre méthode.

Il est plusieurs autres manieres de conserver les alimens ; mais comme elles sont fondées sur les mêmes principes, je ne m’y dois pas arrêter. Ainsi en cuisant les viandes, soit qu’on les fasse bouillir ou rôtir, on les conserve toûjours mieux qu’autrement, parce qu’on retranche beaucoup de leur mucilage. On peut aussi conserver pendant quelque tems les parties des animaux & les végétaux, sous la graisse, sous l’huile, sous les sucs dépurés, qui empêchent leur fermentation ou leur pourriture en les défendant de l’air extérieur. Enfin les aromatiques, tels que le poivre, les épices, sont des conservatifs d’autant plus usités, qu’ils donnent ordinairement une saveur agréable aux alimens : cependant il est rare que le sel n’entre pas pour beaucoup dans cette préparation. Ajoûtons que la dessiccation concourt toûjours ou presque toûjours avec les aromatiques, pour les alimens qu’on veut long-tems conserver.

Dans ce qui concerne l’art de rendre les alimens des deux regnes plus faciles à digérer, la premiere regle en usage est une préparation de feu préalable & forte, sur-tout à l’égard des viandes, parce que les fibres de la chair crue adherent trop fortement ensemble pour que l’estomac des hommes puisse les séparer, & que le mucilage qui les joint a besoin d’une atténuation considérable, afin d’être plus soluble & de digestion plus aisée. C’est pourquoi on employe l’ébullition dans quelque liquide, comme dans l’eau, dans l’huile, dans le vin, &c. ou l’action d’un feu sec qui les rôtit & les cuit dans leur suc intérieur.

L’addition des différentes substances qu’on joint à cette premiere préparation, concourt encore à faciliter la digestion, ou à servir de correctif. L’assaisonnement le plus ordinaire pour faciliter la digestion, est le sel, qui en petite dose irrite légerement l’estomac, augmente son action & la secrétion des liqueurs. Tout correctif consiste à donner aux alimens le caractere d’altération contraire à leur excès particulier.

Mais à l’égard de la science de la gueule, si cultivée, qui ne s’exerce qu’à réveiller l’appétit, par l’apprêt déguisé des alimens, comme j’ai dit ci-dessus ce qu’on devoit penser de ces sortes de recherches expérimentales de sensualité, je me contente d’ajoûter ici, que quelque agréables que puissent être les ragoûts préparés par le luxe en tout pays, suivant les caprices de la Gastrologie, il est certain que ces ragoûts sont plûtôt des especes de poisons, que des alimens utiles & propres à la conservation de la santé. On trouvera dans l’essai sur les alimens par M. Lorry, Médecin de la Faculté de Paris 1754, in-12, une judicieuse théorie physiologique sur cette matiere. Cet article est de M. le Chevalier de Jaucourt.

Cuisine, terme d’Architecture, est une piece du département de la bouche ordinairement au rez-de-chaussée d’un bâtiment, & quelquefois dans l’étage soûterrein. En général elles doivent être spacieuses, bien éclairées, avoir une grande cheminée pour le rôt, lorsqu’il n’y a pas de rôtisserie particuliere, une autre pour les potages, des fourneaux ou potagers pour les ragoûts ; un four, quand on n’a pas un lieu destiné pour la pâtisserie en particulier ; une paillasse pour entretenir les viandes chaudes, des tables pour le service des cuisiniers ; un billot pour hacher & couper la viande, &c. Les cuisines doivent être voûtées pour éviter le feu, ou au moins plafonnées de plâtre, & leur plancher doit être tenu fort élevé : elles doivent avoir de l’eau abondamment, soit par des conduits amenés de dehors, ou par le secours d’une pompe pratiquée dans la cuisine. (P)

Cuisines ; c’est dans l’Art militaire des trous que font les soldats à la queue du camp, pour en former des especes de fourneaux où ils font cuire les choses nécessaires à leur nourriture. (Q)

Cuisine, (Marine.) Dans un vaisseau du premier rang, la cuisine a neuf à dix piés de long sur huit ou neuf de large. Il faut la garnir de plaques de cuivre qui soient bien jointes. La cheminée doit être de maçonnerie. A l’égard de l’endroit du vaisseau où on la place, cela peut être arbitraire, & suivant les vûes particulieres qu’on a. Quelquefois dans les navires de guerre on la place au fond-de-cale par le travers du vaisseau ; dans les vaisseaux marchands, on la place sous le premier pont vers l’arriere ; quelquefois aussi elle est au milieu du vaisseau ; on la place encore dans le château-d’avant. Voyez Pl. IV. fig. 1. n° 133. la cuisine placée vers l’avant du bâtiment, & ses dimensions. (Z)

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Étymologie de « cuisine »

(XIIe siècle) Du latin coquina devenu cocīna, en bas latin. Attesté dans ses deux acceptions principales (« élaboration des mets » et « pièce où cuisiner ») en ancien français.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Saintong. cheunne ; wallon, couhène ; namurois, coujène ; rouchi, cuiséne ; bourguig. cusène ; provenç. cozina ; espagn. cocina ; portug. cozinha ; ital. cucina ; du latin coquina, de coquere, cuire (voy. CUIRE).

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Phonétique du mot « cuisine »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
cuisine kµizin

Évolution historique de l’usage du mot « cuisine »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « cuisine »

  • On doit mettre tout son coeur dans la cuisine. De Rosa Lewis
  • Un feu trop violent ne permet pas une bonne cuisine. De Proverbe chinois
  • L’amour ça se cuisine tous les jours. De Anonyme / Marie
  • Une bonne cuisine est l’engrais d’une conscience pure. De Nicolas-Toussaint Des Essarts
  • Si vous n'êtes pas capable d'un peu de sorcellerie, ce n'est pas la peine de vous mêler de cuisine. Sidonie Gabrielle Colette, Prisons et paradis, Ferenczi
  • En Art, j'aime la simplicité ; de même, en cuisine. Erik Satie, Cahiers d'un mammifère
  • La bonne cuisine est honnête, sincère et simple. De Elisabeth David / Cuisine paysanne française
  • La cuisine du Périgord est sans beurre et sans reproche. De Curnonsky
  • Le premier point dans un ménage, c’est la cuisine. De Patin
  • On l'utilise pour laver la vaisselle, les légumes, cuire les pâtes, faire du thé. Mais savez-vous quelle quantité d'eau vous utilisez vraiment lorsque vous faites tout ça ? On vous dit tout sur comment gaspiller moins d'eau dans la cuisine. Femme Actuelle, 5 astuces pour économiser l’eau dans la cuisine : Femme Actuelle Le MAG
  • Bien évidemment, l’intitulé même est effrayant… mais les amateurs de cuisine lyonnaise sauront que les abats font partie des bonnes choses à manger. , Hong Kong: 10 spécialités de cuisine de rue | lepetitjournal.com
  • Une cuisine est toujours nouvelle quand elle est bonne. De Tomi Ungerer / Nos années de boucherie
  • L’homme pauvre fait sa cuisine avec de l’eau. De Proverbe magyar
  • C'est une cuisine où les gens vont et viennent. De Arnold Wesker / La cuisine
  • La vraie cuisine est une forme d’art. Un cadeau à partager. De Oprah Winfrey / A la cuisine avec Rosie
  • Les progrès de la civilisation vont de pair avec ceux de la cuisine. De Fannie Farmer
  • On doit laisser en paix les gens chargés de la cuisine. De Pierre Benoit
  • L'encre des billets doux pâlit vite entre les feuillets des livres de cuisine. De Georges Brassens
  • L'image du livre de cuisine ne correspond jamais au résultat final. De Loi de Murphy
  • Il n'y a heureusement pas de blessé, mais le feu a pris dans la cuisine d'un restaurant au Grau-du-Roi ce jeudi après-midi. France Bleu, Un feu de cuisine dans un restaurant du Grau-du-Roi
  • Airbnb propose désormais des cours de cuisines en ligne avec des grands chefs étoilés. CNEWS, Airbnb propose des cours de cuisine en ligne avec des chefs étoilés | CNEWS
  • Caviste, restaurant, bar à vin… Au P'tit Pinard, vins natures, oranges, blancs et rouges se marient à une cuisine ultra colorée, gourmande et de saison. Un rendez-vous incontournable rue Saint-Ambroise, dans le 11e arrondissement parisien. Numéro Magazine, P'tit Pinard: vins surprenants et cuisine gourmande
  • Si la cuisine végétarienne est aujourd’hui extrêmement populaire en Australie, la viande occupe depuis toujours une place incontestable dans la gastronomie du pays. Le barbecue (le « barbie ») est une véritable institution et est présent dans les jardins comme dans les lieux publics. Les Australiens raffolent des grillades ! Mais ici on ne se limite pas au poulet ou au bœuf, les brochettes de kangourou, d’émeu, de crocodiles et de fruits de mer ont le vent en poupe. Dépaysement gustatif garanti !  , La cuisine australienne, c’est quoi ? | lepetitjournal.com
  • A la retraite depuis 2 ans, l’homme s’est installé avec son épouse, Sophie, à Vic-Fezensac. Depuis des années, Francis a une passion pour la cuisine. Il profite de ses temps libres, pour se mettre derrière les fourneaux avec son grand tablier : "Sophie, mon épouse est comblée, elle a un homme à la maison. Je m’occupe de la cuisine, du marché et même de la vaisselle !". Cette passion culinaire, lui vient de sa famille, qui aimait la bonne chère : "Et puis, maman cuisinait si bien, ainsi que ma grand-mère. Certaines de mes recettes sont basées sur les leurs, j’en ai gardé un certain nombre, qui sont restées dans ma mémoire". ladepeche.fr, Vic-Fezensac. Francis est un passionné de cuisine - ladepeche.fr

Images d'illustration du mot « cuisine »

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Traductions du mot « cuisine »

Langue Traduction
Anglais cooked
Espagnol cocido
Italien cucinato
Allemand gekocht
Chinois 熟的
Arabe مطبوخ
Portugais cozinhou
Russe приготовленный
Japonais 調理した
Basque sukaldatuta
Corse cottu
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Synonymes de « cuisine »

Source : synonymes de cuisine sur lebonsynonyme.fr

Cuisine

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