Fils : définition de fils


Fils : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

FILS, subst. masc.

I.− Être humain de sexe masculin, considéré par rapport à son père et/ou sa mère. Fils adoptif, aîné, légitime, naturel, posthume. Mon cher ami, j'ai la grande joie de vous annoncer la naissance de mon fils Pierre qui est survenue le 23 (Claudel, Corresp.[avec Gide], 1908, p. 85).Fils unique et sans camarade, je n'imaginais pas que mon isolement pût finir (Sartre, Mots,1964, p. 150):
1. Mais oui, ces liens de père à fils, de fils à père, − si dérisoire qu'il soit d'y seulement penser quand on songe à ce qu'ont été nos rapports − ces liens uniques, à nuls autres comparables, ils existaient bel et bien au fond de chacun de nous! Martin du G., Thib.,Mort père, 1929, p. 1344.
A.− [Rapport d'ascendance naturelle]
1. [Ascendance directe]
a) Emplois partic. Le fils + nom patronymique. Le fils de. On racontait qu'une de ces dernières années, le fils Menier avait frété un yacht (Goncourt, Journal,1888, p. 774).Nom patronymique + (père et) fils (gén. pour différencier deux écrivains, deux personnalités).Imaginez les jouissances du pauvre paysan parvenu, quand il entendait sa charmante Césarine (...) quand il l'admirait lui lisant Racine père et fils, lui en expliquant les beautés (Balzac, C. Birotteau,1837, p. 52).Nom patronymique + et fils (pour désigner une raison sociale).Édité par George Routledge et fils, de Londres, M. Walter Crane a été importé en France par la librairie Hachette (Huysmans, Art mod.,1883, p. 211).Fils de personne. Homme qui n'a pas subi l'influence de son père. J'étais orphelin de père. Fils de personne, je fus ma propre cause (Sartre, Mots,1964p. 91).Fils de veuve. Garçon orphelin de père (gén. l'aîné de la famille) considéré comme soutien de famille. À vingt-quatre ans, − comme fils de veuve, il avait été dispensé du service militaire (R. Bazin, Blé,1907, p. 60).Le fils à/ de mon père (pop., en parlant de soi-même) (cf. Musette, Cagayous chauffeur,1909, p. 8).
Loc. verb. Être bon fils. Avoir du respect pour ses parents; remplir ses devoirs envers eux. Je dois ma première visite à mon père. (...) − C'est juste, Dantès, c'est juste. Je sais que vous êtes bon fils (Dumas père, Monte-Cristo,t. 1, 1846, p. 10).
b) Expr. et proverbes. Tel père, tel fils. Le fils a les mêmes qualités, les mêmes défauts que son père. Être le (digne) fils de son père. Avoir les mêmes qualités ou défauts que lui; p. ext., fam. avoir égard à son père, se respecter soi-même. Quand on est le fils de son père on n'a pas le droit de détruire le produit de la création et du travail humains (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 365).Le fils est innocent des fautes de son père (cf. Ponsard, Honn. arg.,1853, III, 1, p. 61).
Expr. injurieuse. Fils de chien, de garce, de putain. Meurs donc, fils de chien, puisque tu le veux! (Gobineau, Nouv. asiat.,1876, p. 170).L'occasion est trop belle de ratatiner quelques fils de garce qui se sont sucrés pendant que nous crevions de faim! (Camus, État de siège,1948, p. 283).
c) RELIGION
α) [Gén. avec une majuscule] Jésus-Christ.
[Considéré dans sa nature divine] Fils de Dieu, de l'Éternel; Fils de l'homme. Nous venons de Judée, où le fils de Dieu est mort et ressuscité (France, Balthazar, Laeta acilia, 1889, p. 104):
2. Entre la Croix et Pâques, il y a trente-six heures pendant lesquelles Jésus va profiter de ce congé que lui donne son corps abandonné et de cette distance momentanée entre l'âme et la chair qui est le privilège d'Adam, le stipendium peccati, ce salaire du péché que le Fils de l'homme a loyalement gagné à la sueur de son front. Claudel, Poète regarde Croix,1938, p. 215.
[Considéré par rapport à la Trinité] Emploi abs. La seconde personne de la Trinité. Père, Fils et Saint-Esprit ne font de même qu'une seule personne! (Flaub., Tentation,1874, p. 121).
En partic. [Dans une formule sacramentale ou dans celle du signe de croix] « Je te baptise, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il » (Maupass., Contes et nouv.,t. 2, En wagon, 1885, p. 63).
[Considéré dans sa vie terrestre; sans majuscule] : fils du charpentier.
β) [P. réf. à la parabole de l'enfant prodigue. Évangile de St Luc, 15] Fils prodigue*.
d) P. ext. [Terme d'affection, d'amitié] D'Épernon (...). − Le roi m'appelle son fils. Ruggieri. − Ce titre, son amitié seule te le donne (Dumas père, Henri III,1829, I, 3, p. 127).
e) P. anal.
Petit mâle d'un animal. Musette nourrissait (...) un monstre à robe cendrée, (...) un fils de chien de chasse qui tirait comme un veau sur les tétines délicates (Colette, Mais. Cl.,1922, p. 81).
Pousse ou rejet d'une plante, d'une cellule vivante. La division de la substance chromatique entre les deux noyaux fils (Plantefol, Bot. et biol. végét.,t. 1, 1931, p. 79).
f) P. métaph. L'été vermeil, Prodigue de trésors, brillant fils du soleil (Chénier, Bucoliques,1794, p. 188).Un papillon flotta, fils de la canicule (Jammes, Géorgiques,1911, p. 59).
2. [Ascendance éloignée, voire très lointaine] Descendant.
a) [Par rapport à une même famille, aux générations] Petit-fils*, arrière-petit-fils*; beau-fils* (s.v.). Il enseignait dans son école la piété, l'escrime et l'équitation aux jeunes fils des antiques familles (France, Île ping.,1908, p. 198).De père en fils, on essayait d'y protéger la vie contre l'hostilité de la nature ou celles d'autres hommes (Perroux, Écon. XXes.,1964, p. 172).
b) [Par rapport à la genèse, aux origines de l'homme] Oui, tous les hommes sont fils d'un même père (Benda, Trahis. clercs,1927, p. 111).
c) [Par rapport à une communauté, à une race] Celle-là même [la blessure] qui marque prématurément les fils d'Israël (Massis, Jugements,1924, p. 224).Il est, par contre, des fils de la plus errante des races qui ne rêvent que d'un domaine, d'une maison de famille (Mounier, Traité caract.,1946, p. 83).
Fils de France. Fils légitime du roi de France. Il apprit du duc Alexandre la négociation du mariage de Catherine [de Médicis] avec un fils de France (Balzac, Cath. de Médicis,Introd., 1843, p. 26).
Littér. Fils de saint Louis. Descendant de St Louis. Un fils de saint Louis, dernier rejeton de la branche aînée (Chateaubr., Mém.,t. 3, 1848, p. 36).
B.− P. anal.
1. [Ascendance, tutelle morale, spirituelle] Être humain placé sous la tutelle, la protection d'un maître, d'une institution, d'une entité mythique ou symbolique.
a) Littér. et poét.
Fils de + subst. désignant une divinité mythologique, source d'inspiration, ou un symbole.Les fils d'Apollon. Les poètes. Fils de Bélial (p. allus. à la Bible). Les méchants. Mort au parti royal! Point d'alliance avec les fils de Bélial! (Hugo, Cromw.,1827, p. 77).Fils de l'enfer. Diable. Je ne suis pas plus le fils de l'enfer que vous n'êtes le fils de votre chambre (Soulié, Mém. diable,t. 1, 1837, p. 15).Les fils de l'harmonie. Les musiciens. Quelques fils de l'harmonie rangés au bas d'un large rideau, exécutoient des airs tristes qu'on n'écoutoit pas (Chateaubr., Natchez,1826, p. 207).Les fils de Mars. Les guerriers. Les fils de Mercure. Les voleurs, les escrocs. Nous voilà [les six voleurs et moi] de nouveau occupés de fêter Bacchus. Les fils de Mercure boivent sec et dru (Vidocq, Mém.,t. 3, 1828-29, p. 132).Fils des Muses. Les écrivains, les poètes. Les fils des Muses, les plus nobles et les plus reconnaissants des hommes (Chateaubr., Mém.,t. 2, 1848, p. 661).
Fils de + subst. désignant une entité personnifiée.Peut-être suis-je heureux, moi, d'être un fils de la chance (Cocteau, Machine infer.,1934, p. 125).
b) RELIGION
Fidèle chrétien par rapport à sa foi. Je suis le fils soumis de l'Église catholique, apostolique et romaine (Péladan, Vice supr.,1884, p. 109).
En appellatif. [Dans la bouche d'un prêtre] Mon fils, mes fils.
Fils de. Religieux de (l'ordre de). Un des plus suaves élèves de Jehan Fouquet s'est représenté, ceint de la cordelière des fils de Saint François (France, Bonnard,1881, p. 463).
Le Fils aîné de l'Église. ,,Qualification donnée au roi de France`` (Ac. 1835-1932).
c) Disciple par rapport à un maître, à un enseignement. Toi, vieux gaulois et fils du bon Villon (Banville, Odes funamb.,1859, p. 283).Fils de l'Université et des Taine et des Renan et des Michelet, je m'adresse aux fils de l'Université. Cela peut être utile (Barrès, Cahiers,t. 9, 1911, p. 18).L'élève de Philip. Son élève, en effet : son second, son fils spirituel (Martin du G., Thib.,La Consult., 1928, p. 1063).
d) Au fig. Œuvre par rapport à son créateur. Il [Canova] a passé plusieurs années à retoucher ce tableau, fils heureusement unique de sa vieillesse (Sand, Lettres voy.,1837, p. 32).
2. [Rapport d'origine, de provenance] Fils de.Personne native, issue de.
a) Domaine géogr.Il est le fils de la terre lorraine et de l'océan breton (Barrès, Cahiers,t. 12, 1919, p. 27).
Littér., au fig. Fils de la mer (synon. de marin), de la terre (synon. de paysan). Fils de la mer! Qu'as-tu vu? Entends-moi! Réponds-moi! (Claudel, Chr. Colomb,1929, p. 1150).
P. anal. et au fig. Le fleuve prend sa vie aux sources du mystère. Il est le fils des monts déserts et des glaciers (Samain, Chariot,1900, p. 224).Mes petits singes devenaient tristes (...) ces fils blonds du Capricorne (Cendrars, Lotiss. ciel,1949, p. 21).
b) Domaine soc.A-t-il vu beaucoup de fils de chiffonniers nommés ambassadeurs? (Méard, Rêv. païen,1876, p. 170).Ce petit Anglais, ce fils de riche (Mauriac, Asmodée,1938, IV, 13, p. 176).Je suis fils de bourgeois. Je lutte contre ma classe de toutes mes forces (Vailland, Drôle de jeu,1945, p. 175).
Emplois partic. Fils de (bonne) famille. Garçon issu d'une famille riche. Je suis un fils de bonne famille, mon père possédait même une écurie de course mais voilà... (Queneau, Loin Rueil,1944, p. 163).Fils à papa. Garçon avantagé par la fortune de ses parents. MmeSéverine, qui ne badine pas sur le chapitre de la morale, nous traita de « fils à papa » (L. Daudet, Dev. douleur,1931, p. 255).Fils de patron. Dans la carrière médicale, garçon, homme avantagé par le rang qu'occupe son père. Le fils est encore ce que l'on appelle en médecine un fils de patron (Duhamel, Maîtres,1937, p. 137).Fils d'archevêque (arg. naval). Élève privilégié par la situation élevée de son père. « Une promotion (à l'École navale) aussi forte (...) ne se justifiait que par le [lire la] nécessité de faire une position à quelque fils d'archevêque » (Mot d'ordre, 1887) (Fustier, Suppl. dict. Delvau,1889, p. 537).
Loc. verb. fig. Être le fils de ses œuvres. Ne devoir sa réussite qu'à ses propres qualités. Le peuple qui riait des blasons, s'habitua à se croire uniquement fils de ses œuvres; le peuple se trompa, il a ses ancêtres tout comme les rois (Sand, Hist. vie,t. 1, 1855, p. 29).Fils légitime de mes œuvres. Je me relève aussi facilement que je tombe (Renard, Journal,1899, p. 527).
3. Appellatif, fam. [Terme d'affection, d'amitié] . Réjouissez-vous, mes chers fils et mes chères filles (Barrès, Colline insp.,1913, p. 140).
Rem. En appellatif, la docum. atteste la forme région. ou vieillie mon fi. Le vieux commençait ses jérémiades : − Ça ne peut pas durer longtemps comme ça, mon fi (Moselly, Terres lorr., 1907, p. 54).
C.− Au fig. Chose qui résulte d'une autre, est engendrée par elle. (Quasi-)synon. conséquence, produit, résultat.Les succès sont toujours les vrais fils de l'audace (Laya, Ami loix,1793, II, 2, p. 30).
II.− Être humain de sexe masculin. Accoucher d'un fils. Synon. garçon, homme (en emploi abs.).
Vx, fam. [En appellatif] Vous êtes cent contre un! Pardieu! Le bel effroi! Fils, cent maravédis valent-ils une piastre? (Hugo, Légende,t. 1, 1859, p. 289).
Péj., vx. Beau fils. Jeune homme qui parade, se fait remarquer par des dépenses, des excès. Faire le beau fils. C'était [Frédéric Marest] d'après les renseignements obtenus par la police de l'Étude, un beau fils de vingt-trois ans (Balzac, Début vie,1842, p. 440).
P. iron. [P. allus. à Marot] Au demeurant, le meilleur fils du monde (cf. France, Rabelais,1909, p. 85).
REM.
Filliot, filliotte, fillot, fillotte, filiot, filiotte, subst.,vieux, appellatif. Mon fils, ma fille. Bourgeois, vint dire la servante (...) votre cheval a mangé l'avoine. − Eh bien! attelle-le, la filliotte (Ponson du Terr., Rocambole,t. 5, 1859, p. 111).Dis-donc, filiot! (Goncourt, Ch. Demailly,1860, p. 352).Toi, mon garçon! toi, mon fillot! s'écria le vieillard (Fabre, Norine,1889, p. 34).
Prononc. et Orth. : [fis]. l purement graph., supprimé partout ailleurs dès le xiiies., n'a été conservé que dans aulx (plur. de ail), fils, pouls ainsi que dans l'orth. archaïsante de mots du type de aulne et famille (aune), faulx (faux), faulde (faude). Cf. Bub. 1935, § 113. On rappelle qu'à partir du xiiies. et jusqu'au xvies. l's final s'efface progressivement devant consonne, mais qu'il se fait toujours sentir comme sonore [z] devant voyelle et comme sourde [s] en finale absolue. À partir du xviiies. il s'efface en finale absolue, ne subsistant que dans le cas de liaison étroite devant voyelle (sous forme de [z]). L'on prononce très régulièrement [fi] dans un fils ou dans le fils prodigue. La restauration de l's dans ce type de mots (fils, ours) date du xviiies. (cf. Bourc. 1967, § 160). Elle s'explique dans le cas de fils par une prononc. affective d'un mot souvent empl. au vocatif (cf. Domergue ds Bub. 1935, § 217). L'anc. prononc. du xviies. [fi] est encore recommandée ,,quand le mot ne termine pas la phrase`` (donc devant consonne dans le cours d'une phrase : votre fils nous a déçus [finuzadesy]) ds Fér. 1768, Fér. Crit. t. 2 1787, Land. 1834, Gattel 1841. Ils rejoignent ainsi l'anc. système où s est prononcé sonore devant voyelle, sourd à la pause, mais s'efface devant consonne dans la phrase. Mais d'apr. Littré l'habitude de prononcer [fis] à la pause aussi bien que devant consonne est une mauvaise prononc. Après Littré, la prononc. [fi] est considérée comme vieillie ds DG, Mart. Comment prononce, 1913, pp. 302-303, ds Rouss.-Lacl. 1927, p. 169, ds Nyrop Phonét. 1951, § 172 et 254 qui cite un passage de Monsieur Bergeret à Paris d'Anatole France : ,,Mademoiselle Lalouette avait d'excellentes manières... Elle parlait bien. Elle avait gardé la vieille prononciation. Elle disait (...) Un fi.`` Cette prononc. est considérée comme provinciale ds Barbeau-Rodhe 1930. Elle s'est conservée plus longtemps (bien qu'elle ait aussi disparu là aujourd'hui) dans des expr. relig. du type au nom du fils ou le fils de l'homme. Le mot est admis ds Ac. 1694-1932. Ac. 1798-1878 souligne : ,,On ne prononce point l'l``. Ac. 1932 ajoute : ,,Et on fait sentir l's``. Étymol. et Hist. 1. 2emoitié du xes. fils « être humain du sexe masculin considéré par rapport à son père et/ou sa mère » (Saint Léger, éd. J. Linskill, 16); 2. fin xes. fils Deu « Jésus-Christ » (Passion, éd. D'A. S. Avalle, 180); 3. 1remoitié du xiies. « humanité, hommes considérés par rapport à leur ascendance » (Psautier d'Oxford, éd. F. Michel, IV, 4 : li fil des humes). Du lat. class. filius « fils, enfant »; « descendants » en b. lat. La forme actuelle représente l'anc. cas sujet conservé en raison de son emploi fréq. comme vocatif et prob. aussi pour éviter la confusion avec fil. Fréq. abs. littér. : 21 757. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 37 340, b) 35 961; xxes. : a) 30 102, b) 23 292. Bbg. Johnson (Ph.). Huon de Bordeaux et la sém. de l'enfes. Z. rom. Philol. 1975, t. 91, p. 72. − Kuznecon (A.M.). On the typology of the semantic field of kinship terms. Linguistics. La Haye. 1974, no125, pp. 8-9.

Fils : définition du Wiktionnaire

Nom commun 1

fils \fis\ masculin (pour une femme on dit : fille) singulier et pluriel identiques

  1. Tout être humain du sexe masculin considéré par rapport à son père et à sa mère, ou à un des deux seulement.
    • En l’année 561, après une expédition contre l’un de ses fils, dont il punit la révolte en le faisant brûler avec sa femme et ses enfants, Chlother, dans un calme parfait d’esprit et de conscience, revint à sa maison de Braine. — (Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, 1er récit : Les quatre fils de Chlother Ier — Leur caractère — Leurs mariages — Histoire de Galeswinthe (561-568), 1833–1837)
    • Premiers matins où les jeunes mères aiment leur fils, mais pas encore par amour maternel ; elles le plaignent, elles l’admirent : il sera un grand artiste : il se mariera. — (Jean Giraudoux, Retour d'Alsace - Août 1914, 1916)
    • […] : le père de Laforgue, qui s’était depuis quelque temps consolé du refus de son fils d’entrer à Polytechnique, lui parlait d’une thèse de doctorat, après l’agrégation : […]. — (Paul Nizan, La Conspiration, 1938, p.52)
  2. (Figuré) Celui qu’on regarde ou qu’on aime comme son fils.
    • L’orphelin qu’il avait protégé devint pour lui un véritable fils.
  3. Descendant de sexe masculin.
    • Jésus, fils de David.
  4. (Plus rare) (Au pluriel) Descendants directs, quel que soit leur sexe.
    • Chez le vertébré comme chez l’annelé, nous voyons d’ailleurs les fils ressembler au père ou à la mère, aux différences individuelles près. — (Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau, Les Métamorphoses et la généagénèse, Revue des Deux Mondes, 2e période, tome 3, 1856 (pp. 496-519))
    • Et nous autres, leurs fils lointains, à travers les milliers d'années, nous ne sommes guère moins touchés en lisant aujourd’hui ces vénérables enfances du genre humain, […]. — (Jules Michelet, Bible de l'Humanité, Calmann-lévy, 1876, p.28)
  5. (Familier) (Ironique) (Par plaisanterie) S'emploie couramment pour désigner son interlocuteur de façon paternaliste voire condescendante.
    • Et tout s’arrangeait ou se réglait à la danse
      L'un disait « Fils ! tu as aucune chance ».
      — (IAM, Je danse le MIA, 1994)

Nom commun 2

fils \fils\ masculin

  1. (Numismatique) Monnaie subdivisionnaire de plusieurs pays arabes.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
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Fils : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

FIL. n. m.
Petite partie longue et déliée qu'on détache de l'écorce du chanvre, du lin, etc. Il se dit aussi de cette Substance flexible et très déliée que les chenilles et les araignées tirent de leur corps. La soie est le fil que produisent des chenilles qui vivent sur le mûrier et qu'on appelle Vers à soie. Une araignée suspendue à son fil. Par analogie, Fils de la Vierge, Les filandres qui voltigent dans l'air en automne. Il désigne aussi l'Assemblage des petits brins longs et déliés du chanvre, du lin, etc., tordus ensemble entre les doigts, avec le fuseau ou le rouet, ou obtenus par des procédés mécaniques, et qu'on emploie principalement pour faire de la toile et pour coudre. Fil de chanvre, de lin. Fil fin. Gros fil. Dévider du fil. Fil retors. Fil à coudre. Les fils de la trame d'une toile. Un écheveau, un peloton de fil. Une aiguillée de fil. Il se dit également de l'Assemblage de petits brins de soie, de laine, de coton, etc., tordus ensemble. Fil de laine, de coton, de soie, etc. Tendre les fils de la chaîne d'une étoffe. Couper de droit fil, aller de droit fil, ou simplement droit fil, Couper une étoffe entre deux fils sans biaiser. Fig. et fam., Aller de droit fil, Aller directement à son objet. Fig. et fam., Donner du fil à retordre à quelqu'un, Lui causer de la peine, lui susciter des embarras. Fig. et fam., De fil en aiguille. Voyez AIGUILLE. Fig. et fam., Cela ne tient qu'à un fil, se dit de Ce que la moindre cause peut aisément détruire, faire manquer, etc. Fig. et fam., Des finesses cousues de fil blanc. Voyez FINESSE. Fig. et fam., Couper les fils en quatre, Rechercher l'extrême subtilité dans les idées, dans le style. Fig. et poétiq., Le fil de la vie, de nos destinées, de nos jours, Le cours de la vie, de notre existence, par allusion à la fable païenne des Parques, qui filaient, dévidaient et coupaient le fil de la vie des hommes. La Parque a tranché le fil de ses jours. Fig., Le fil d'Ariane se dit quelquefois de Ce qui sert à diriger, à guider dans certaines recherches difficiles, par allusion au fil que, selon la légende, Ariane donna secrètement à Thésée, pour qu'il retrouvât son chemin dans les détours du labyrinthe. On dit aussi simplement Fil dans le même sens. Je cherchais un fil qui me dirigeât dans ce dédale. Fig. et fam., Tenir les fils, se dit d'une Chose que l'on dirige à son gré, par allusion aux fils de chanvre ou de métal qui servent à faire mouvoir les marionnettes. Fil de perles, Collier de perles enfilées. Fil à plomb, Instrument de charpentier, de maçon, etc., qui consiste en un morceau de plomb suspendu à un cordonnet et qui sert à mettre les ouvrages d'aplomb.

FIL se dit aussi des Métaux lorsqu'ils sont tirés en long d'une manière si déliée qu'il semble que ce soit du fil. Fil d'or. Fil d'argent. Fil de fer. Fil de laiton ou Fil d'archal. Par analogie, Fil électrique. Fil télégraphique. Voyez TÉLÉGRAPHIQUE. Fil téléphonique. Voyez TÉLÉPHONIQUE. Télégraphie sans fil, téléphonie sans fil. Voyez TÉLÉGRAPHIE, TÉLÉPHONIE. Il désigne en outre le Tranchant d'un instrument qui coupe. Le fil d'un rasoir. Le fil d'un sabre. Le fil d'une épée. Donner le fil à un rasoir, à un couteau, à une épée, à une faux, etc., Les rendre tranchants. Ôter le fil à un rasoir, à un couteau, etc., Passer sur la pierre un rasoir, un couteau, etc., fraîchement repassé, pour enlever la partie faible et pliante du fil. Passer au fil de l'épée, Tuer en passant l'épée du travers du corps. Il ne se dit guère qu'en parlant d'un Grand nombre de personnes massacrées de cette manière dans une ville, dans une place de guerre qui vient d'être prise. La garnison fut passée au fil de l'épée. Il se dit également de ces Petites parties longues et déliées dont l'assemblage forme le corps des végétaux, et principalement des arbres. Suivre le fil du bois. Prendre le fil du bois. Il s'applique, dans un sens analogue, aux viandes. Couper une pièce de bœuf dans le fil. Il se dit quelquefois d'un Défaut de continuité dans le marbre ou dans la pierre. Il y avait un fil à l'endroit où cette table de marbre vient de se casser. Il se dit encore du Courant de l'eau. Suivre le fil de l'eau. Aller contre le fil de l'eau. Il se dit aussi figurément pour Suite, liaison, enchaînement. Perdre le fil d'une affaire. Interrompre le fil du discours, le fil de l'histoire, de la narration. Suivre le fil de ses idées. Suivre le fil d'une intrigue. Débrouiller les fils d'un complot. Au fil des jours, Dans la suite des jours.

Fils : définition du Littré (1872-1877)

FILS (fi ; l's se lie : le fi-z aîné. Beaucoup de gens ont pris depuis quelque temps l'habitude de faire entendre l's quand le mot est isolé ou devant une consonne, un fiss' ; c'est une très mauvaise prononciation) s. m.
  • 1Un enfant mâle, par rapport à son père ou à sa mère. Un bon fils. Il a trois fils. Durand père et Durand fils. Et sous le nom d'un fils toute faute est légère, Corneille, Nicom. II, 2. Judith veuve, qui était fille de Merari, fils d'Idox, fils de Joseph, fils d'Ozias…, Sacy, Bible, Judith, VIII, 1. Ai-je donc élevé si haut votre fortune Pour mettre une barrière entre mon fils et moi ? Racine, Brit. I, 2. Ce n'est plus votre fils, c'est le maître du monde, Racine, ib. Hélas ! un fils n'a rien qui ne soit à son père, Racine, Athal. IV, 1. Scipion, le destructeur de Carthage, était propre fils du fameux Paul-Émile qui vainquit Persée, dernier roi de Macédoine, et par conséquent petit-fils de cet autre Paul-Émile qui fut tué à la bataille de Cannes, Rollin, Hist. anc. Œuvr. t. I, p. 565, dans POUGENS.

    On dit, pour désigner une maison de commerce tenue par un père et son fils conjointement : un tel et fils, négociants.

    Fils au singulier ou au pluriel se construit souvent avec le nom du père sans préposition : le fils ou les fils Guérin. Les quatre fils Aymon, nom de quatre chevaliers, fils du duc Aymon, dans les romans de Charlemagne ; c'étaient Renaud l'aîné de tous, Guidon le sauvage, Maugis et Richardet ; on les représente souvent tous les quatre sur un seul cheval. Ils étaient à cheval comme les fils Aymon, Collin D'Harleville, M. de Crac, sc. 16.

    C'est un archaïsme, alors que l'ancienne langue, ayant un cas pour le régime, marquait le rapport entre deux substantifs par ce cas sans préposition.

    Le fils de la maison, le fils du maître de la maison.

    Fils de famille, celui qui vit sous l'autorité d'un tuteur. Il n'est de sa mère, ou sous l'autorité d'un tuteur. Il n'est pas prudent de prêter au fils de famille. Mon amant dans l'état où l'on voit très souvent les fils de famille [sans argent], Molière, Scapin, III, 3.

    Voy. aussi FAMILLE, pour un autre sens,

    Fils de France, enfant mâle du roi de France.

    Fils naturel, fils né hors du mariage. François Pizarre, le plus connu de tous, était fils naturel d'un gentilhomme d'Estramadure, Raynal, Hist. phil. VII, 4.

    Autrefois, fils de maître, celui qui, étant fils de maître dans quelque art ou métier, avait, quant à la maîtrise, certains droits et priviléges.

    Fig. Être fils de maître, avoir les mêmes talents que son père.

    Petit-fils, voy. PETIT.

    Arrière-petit-fils, voy. ce mot à son rang.

    Beau-fils, l'enfant mâle d'un premier mariage, par rapport, dans un second mariage, soit au mari, soit à la femme.

    Se dit aussi, abusivement, du gendre.

    Il n'est fils de bonne mère qui… il n'est aucun homme honnête qui… Il n'est fils de bonne mère qui ne voulût s'être conduit ainsi. D'un tel combat le prince est spectateur ; Chacun y court ; n'est fils de bonne mère Qui, pour le voir, ne quitte toute affaire, La Fontaine, Belph. Il n'est fils de bonne mère qui n'abandonne tout pour être présenté, faire sa révérence, avec l'espoir fondé, si elle est agréée, d'emporter pied ou aile, comme on dit, du budget, Courier, Lett. VIII.

    Il est fils de son père, il ressemble à son père tant pour le visage que pour les inclinations.

  • 2Fils en Jésus-Christ, se dit des fidèles par rapport à leurs pères spirituels.

    Particulièrement, fils en Jésus-Christ, terme dont se sert le pape en parlant du souverain de la France. Notre fils en Jésus-Christ, Louis quatorzième, roi de France.

    Le Fils aîné de l'Église, titre des rois de France (Fils prend ici une majuscule).

    Terme de l'Écriture. Le fils de l'homme, Jésus-Christ. Il faut que le fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les sénateurs, par les princes des prêtres, Sacy, Bible, Év. St Luc, IX, 22. Alors on verra le fils de l'homme venir sur une nuée avec une grande puissance et une grande majesté, Bourdaloue, Myst. Pass de Jésus-Christ, t. I, p. 229.

    Le fils de Dieu, Jésus-Christ. Il a fallu qu'il [Jésus] ait passé par les souffrances pour entrer en sa gloire, et, quoiqu'il fût fils de Dieu, il a fallu qu'il ait appris l'obéissance, Pascal, Lett. à Mme Perier, 17 oct. 1651.

    Fils de Dieu, chez les Hébreux, a aussi signifié homme de bien. Fils de Satan, fils de Bélial, méchant homme.

  • 3Celui qu'on regarde ou qu'on aime comme son fils. Vous retrouverez en lui le fils que vous avez perdu.

    Mon fils, manière amicale dont les personnes d'un certain âge ou d'un caractère vénérable adressent la parole à un jeune homme ou à un homme qui n'est pas leur fils. Mon fils, lui dit-elle, ne dédaignez pas mes avis. Mon disciple, mon fils, Viens réparer ma honte, Chapelain décoiffé, sc. 3 (dans les Œuvres de BOILEAU)

    Mon fils, n'est quelquefois qu'un terme d'amitié ou de prière. Mascarille : Je vous baise les mains, je n'ai pas le loisir. - Lélie : Mascarille, mon fils. - Mascarille : Point. - Lélie : Faismoi ce plaisir, Molière, l'Ét. II, 7.

    Mon fils, dans le langage familier, se dit quelquefois en parlant à soi-même. Figaro : Allons, Figaro, vole à la fortune, mon fils, Beaumarchais, Barb. de Sév. I, 6.

    V. Hugo (Légende des siècles, Bivar) a employé fils au sens de jeune homme, ou valet, comme on disait au moyen âge : Aucun sommet n'était trop haut pour votre taille, Et vous étiez un fils d'une telle fierté, Que les aigles volaient tous de votre côté.

  • 4 Poétiquement. Les fils de Mars, les guerriers.

    Les fils de la victoire, les guerriers que la victoire favorise. Honneur au fils de la victoire ! à la beauté rendons honneur ! Delavigne, Paria, III, 7.

    Les fils d'Apollon, les poëtes.

    Les fils de l'harmonie, les musiciens, et même les poëtes.

  • 5Se dit aussi pour désigner simplement le sexe masculin, un enfant mâle, un garçon. De ce mariage naquirent deux fils et une fille.
  • 6Un beau fils, un jeune homme élégant et recherché dans sa toilette. Il fait le beau fils. Là, là, n'en riez point ; autrefois, en mon temps, D'aussi beaux fils que vous étaient assez contents, Et croyaient de leur peine avoir trop de salaire, Quand je quittais un peu mon dédain ordinaire, Corneille, Mélite, V. 7. Bien disant et beau fils, La Fontaine, Tabl. Le voilà, le beau fils, le mignon de couchette, Molière, Sgan. 6. Et quel est ce beau fils qui cause tant de flamme ? Montfleury, le Mari sans f. III, 7.
  • 7Dans le style élevé, celui qui est de tel ou tel pays. Les fils d'Albion, les Anglais. Mais moi fils du désert, moi fils de la nature, Qui dois tout à moi-même et rien à l'imposture, Ducis, Othello, II, 7.

    Descendant, issu de telle ou telle race. Et tu pourras connaître Qui de nous deux, perfide, est l'esclave ou le maître… Et si le fils des rois punit les assassins, Voltaire, Mérope, V, 2. Fils des rois et des dieux, mon fils, il faut servir, Voltaire, ib. V, 4.

  • 8Dans la mythologie, les fils de la terre, les géants qui voulurent escalader le ciel.

    Fig. Un fils de la terre, un homme obscur qui s'est élevé à un haut rang. Quoi donc ! je l'aurai vu citoyen mercenaire, Du travail de ses mains nourrissant sa misère ; Et la guerre civile aura dans ses horreurs Mis ce fils de la terre au faîte des grandeurs, Voltaire, Agathocle, I, 1.

    S'emploie dans le style biblique avec un nom de qualité bonne ou mauvaise pour désigner celui qui possède cette qualité. Fils de rébellion, rebelle.

  • 9 Fig. Fils de… se dit de celui qui est produit par…, qui doit à… Et cet homme inconnu, ce fils heureux du sort Condamne insolemment ses maîtres à la mort, Voltaire, Catilina, V, 1.

    Il est fils de ses œuvres, se dit d'un homme qui ne doit qu'à lui-même la position à laquelle il est arrivé. Mes fils, du sort jaloux bravant le long outrage, Seront avec le temps les fils de leur courage, Chénier M. J. Œdipe roi, V, 3.

  • 10 Fig. Il se dit de ce qui est produit par. Le luxe est fils de la vanité. Ma main donne au papier, sans travail, sans étude, Des vers, fils de l'amour et de la solitude, Chénier, Élég. XVI.

HISTORIQUE

XIe s. Enveions i les filz de nos moillers [femmes], Ch. de Rol. III.

XIIe s. Mais onc [il] n'ot fil ne fille de sa franche moillier, Sax. IV. E ses fiz est morz, Rois, p. 236. En ces jors se leva Mathathie li fiz de Joan, fil de Simon, Machab. I, 2. E li fil d'els desque en secle serrunt sur le tuen siege, Liber psalm. p. 208.

XIIIe s. Biaus très dous fils, fait-elle, comment osas penser… ? Berte, III. Quant mi fil seront grant, [je] ferai les marier, ib. XCVII. Cil roys Loeys ot de femme deus fius, Chr. de Rains, p. 2. Tuit li enfant jusqu'au tiers nevoz sont apelez fiz, et li autre sont apelé deçadant, Liv. de just. 225. Et li fix du fil au fil mon fil [le fils du fils du fils de mon fils] m'est el quart degré en avalant, Beaumanoir, XIV, 4.

XIVe s. Filz de lisce [fils de femme publique], Du Cange, filius.

XVe s. Si n'estoit pas fils de bonne mere qui ne disoit de grans maulx et vilenies d'icelui duc, Monstrelet, t. II, p. 121, dans LACURNE. Guillaume dist au suppliant : Tu es un très mauvais filz, qui vaut aultant selon la coustume du pays : tu es un très mauvais filz de putain, Du Cange, filius.

XVIe s. Laides et laids, visages deifiques, Filles et fils [garçons] en la fleur de jeunesse, Marot, I, 159. Non moins regardé, prisé et estimé de tout le monde pour estre honeste et bien appris, que pour estre beau filz, Amyot, Marcell. 2. Estre fils de prestre [répéter ce qu'on dit], Oudin, Dict. À pere amasseur fils gaspilleur, Cotgrave, Dict. Qui n'a qu'un seul fils le fait fol ; qui n'a qu'un porceau le fait gras, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 397. Il n'y a fils de bonne mere qui ne mette là son denier [à acheter des offices], Pasquier, Lettres, t. I, p. 642.

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Fils : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

FILS, s. m. (Grammaire) qui exprime la relation qu’un enfant mâle a avec son pere & sa mere, voyez Pere.

Les enfans du roi d’Angleterre sont appellés fils & filles d’Angleterre, voyez Roi.

Le fils aîné est en naissant duc de Cornoüaille, & crée prince de Galle, voyez Prince.

Les puinés sont appellés cadets.

Les enfans des rois de France étoient anciennement appellés fils & filles de France, & les petits-enfans, petits-fils & petites-filles de France ; mais à présent, les filles sont appellées, Mesdames ; la fille défunte de M. le Dauphin s’appelloit aussi Madame.

Fils adoptif. Voyez les articles Adoptif & Adoption.

Fils de Famille, en pays de droit écrit, est un enfant ou petit-enfant, qui est en la puissance de son pere, ou ayeul paternel.

Les filles qui sont soûmises à cette même puissance, sont aussi appellées filles de famille, & comprises sous le terme général d’enfans de famille.

Les fils & filles de famille ne peuvent point s’obliger pour cause de prêt, quoiqu’ils soient majeurs ; leurs obligations ne sont pas valables, même après leur mort, suivant le Senatus-consulte macédonien.

Ils ne peuvent tester, même avec la permission de leur pere, si ce n’est de leur pécule castrense ou quasi castrense.

Le pere joüit des fruits des biens du fils de famille, excepté de ceux de son pécule, & dans quelques autres cas que l’on expliquera au mot Puissance paternelle.

Tout ce que le fils de famille acquiert appartient au pere, tant en usufruit qu’en propriété.

Le pere ne peut faire aucune donation entre-vifs & irrévocable au fils de famille, si ce n’est par contrat de mariage.

Lorsque le pere marie son fils étant en sa puissance, il est responsable de la dot de sa belle-fille.

L’émancipation fait sortir le fils de famille de la puissance paternelle ; le pere qui émancipe son fils, avoit autrefois pour prix de son émancipation, le tiers des biens en propriété ; mais au lieu de cela, Justinien lui a donné la moitié en usufruit ; il a aussi l’usufruit d’une portion virile des biens maternels qui échéent au fils de famille depuis son émancipation, voyez Émancipation.

En pays coûtumier, où la puissance paternelle n’a pas lieu, on entend par fils de famille les enfans mineurs qui ne sont point mariés, & qui vivent sous la dépendance de leurs pere & mere.

Les fils de famille mineurs de 25 ans ne peuvent ; soit en pays de droit écrit, soit en pays coûtumier, contracter mariage sans le consentement de leurs pere & mere, tuteurs & curateurs.

Les majeurs de 25 ans peuvent se marier ; mais pour se mettre à couvert de l’exhérédation, il faut qu’ils fassent préalablement à leurs pere & mere trois sommations respectueuses, & les garçons ne peuvent faire ces sommations avant l’âge de 30 ans. Voyez Mariage.

Voyez au Digeste & aux Instituts le titre de his qui sui vel alieni juris sunt : le titre du digeste, de senatusconsult. macedoniano ; & aux instit, le titre de patriâ potestate, & de filio familias minore ; la novelle 117, ch. j. la novelle 118, ch. ij. (A)

Fils (Morale.) La relation du fils au pere, entraîne des devoirs qu’il doit nécessairement remplir, & dont le tableau laconique tracé d’un style oriental, par l’auteur du Bramine-inspiré (The inspir’d Bramin. London 1755 in-8°. 6. édit.) vaudra mieux que tout ce que je pourrois dire d’une maniere didactique.

« Mon fils (dit ce bramine) apprens à obéir, l’obéissance est un bonheur ; sois modeste, on craindra de te faire rougir.

» Reconnoissant ; la reconnoissance attire le bienfait ; humain, tu recueilleras l’amour des hommes.

» Juste, on t’estimera ; sincere, tu seras crû ; sobre, le sobriété écarte la maladie ; prudent, la fortune te suivra.

» Cours au desert, mon fils, observe la cicogne ; qu’elle parle à ton cœur : elle porte sur ses aîles son pere âgé, elle lui cherche un asyle, elle fournit à ses besoins.

» La piété d’un enfant pour son pere, est plus douce que l’encens de Perse offert au soleil, plus délicieuse que les odeurs qu’un vent chaud fait exhaler des plaines aromatiques de l’Arabie.

» Ton pere t’a donné la vie, écoute ce qu’il dit, car il le dit pour ton bien ; prête l’oreille à ses instructions, car c’est l’amour qui les dicte.

» Tu fus l’unique objet de ses soins & de sa tendresse, il ne s’est courbé sous le travail que pour t’applanir le chemin de la vie ; honore donc son âge, & fait respecter ses cheveux blancs.

» Songe de combien de secours ton enfance a eu besoin, dans combien d’écarts t’a précipité le feu de ta jeunesse, tu compatiras à ses infirmités, tu lui tendras la main dans le déclin de ses jours.

» Ainsi sa tête chauve entrera en paix dans le tombeau ; ainsi tes enfans à leur tour marcheront sur les mêmes pas à ton égard ».

Voyez aussi l’article Enfant (Morale,) où l’on entre dans de plus grands détails. Article de M. le Chevalier de Jaucourt.

Fils (beau.) Jurisp. & Belles-Lettres, terme d’affinité. Le beau-fils est le fils du mari ou de la femme sorti du premier mariage de l’un ou de l’autre : nous disions autrefois fillâtres, & nous avons eu tort d’appauvrir notre langue de ce terme expressif.

Il me rappelle que des interpretes d’Horace supposant que l’on ne dît en latin privignus, ou privigna, que d’un enfant du premier lit, fils ou fille dont le pere ou la mere sont décédés après avoir passé à de secondes nôces, accusent le poëte latin d’un pléonasme ridicule dans ses deux vers de l’Ode XXIV. liv. III. où est l’éloge des anciens Scythes.

Illic matre carentibus
Privignis mulier temperat innocens.

Mais les critiques dont je veux parler, n’ont pas pris garde que suivant les lois romaines, il pouvoit y avoir des privigni dont le pere ou la mere étoient encore en vie ; ce qui arrivoit dans le cas du divorce ; cas où le mari s’étant séparé de sa femme, comme la loi le lui permettoit, & ayant épousé une seconde femme, les enfans du premier mariage étoient privigni à l’égard de la seconde femme, quoique leur mere fût vivante. Ainsi Tibere Néron ayant cédé Livie à Auguste, Drusus fut privignus à Auguste.

Cette remarque est de M. Aubert dans Richelet, & elle leve une difficulté que la seule science de la langue latine ne peut résoudre sans la connoissance des lois romaines. M. Dacier, admirateur d’Horace, soûtient à la vérité, que privignis & matre carentibus, sont deux expressions différentes qui ne disent point la même chose, mais il n’explique pas en quoi & comment ces deux expressions different, & c’est précisément ce qu’il falloit prouver aux censeurs pour leur fermer la bouche. Article de M. le Chevalier de Jaucourt.

Fils des dieux (Mythol.) La dénomination de fils des dieux ou enfans des dieux, est aussi confuse qu’étendue dans l’histoire fabuleuse. C’est nettoyer les étables du roi Augias, que de travailler à débroüiller ce cahos. Je me bornerai donc aux principales applications de ce terme, rassemblées d’après l’abbé Banier dans le Dictionnaire mythologique.

1°. Tous les enfans du concubinage des princes mis ensuite au rang des dieux, comme de Jupiter & de quelques autres qui eurent plusieurs femmes pendant leur vie, étoient tout autant d’enfans ou de fils des dieux.

2°. On a donné souvent le nom de fils des dieux à plusieurs personnages poétiques ; comme quand on dit que l’Acheron étoit fils de Cérès, l’Amour fils de la Pauvreté, l’Echo fille de l’Air, les Nymphes filles. d’Acheloüs, & une infinité d’autres.

3°. Ceux qui furent les imitateurs des belles actions des dieux, & qui excellerent dans les mêmes arts, passerent pour leurs fils, comme Esculape, Orphée, Linus, &c.

4°. Ceux qui se rendoient fameux sur la mer, étoient regardés comme les enfans de Neptune ; ceux qui se distinguoient dans la guerre, étoient des fils de Mars, comme Thésée, Oenomaüs, &c.

5°. Ceux dont le caractere ressembloit à celui de quelque dieu, passoient aussi pour leurs fils. Etoit-on éloquent ? on avoit Apollon pour pere ; fin & rusé ? on étoit fils de Mercure.

6°. Ceux dont l’origine étoit obscure, étoient réputés enfans de la terre, comme les géans qui firent la guerre aux dieux, Tagès inventeur de la divination étrusque.

7°. La plûpart des princes & des héros, qui ont été déïfiés, avoient des dieux pour ancêtres, & passoient toûjours pour en être les fils.

8°. Ceux qu’on trouvoit exposés dans les temples ou dans les bois sacrés, étoient fils des dieux, à qui ces bois étoient consacrés ; ainsi Erictonius passa pour fils de Minerve & de Vulcain.

9°. Quand quelque prince avoit intérêt de cacher un commerce scandaleux, on ne manquoit pas de donner un dieu pour pere à l’enfant qui en naissoit ; ainsi Persée passa pour fils de Jupiter & de Danaé ; Romulus pour fils de Mars & de Rhéa ; Hercule pour fils de Jupiter & d’Alcmène.

10°. Ceux qui étoient nés du commerce des prêtres avec les femmes qu’ils subornoient dans les temples, étoient sur le compte des dieux dont ces prêtres étoient ministres. La Mythologie a tout divinisé. Article de M. le Chevalier de Jaucourt.

Fils de Dieu, (Théol.) Cette expression est employée fréquemment dans les Ecritures ; on dispute fortement sur le sens qu’elle y reçoit, les Catholiques y attachant des significations que les Ariens, les Nestoriens, les Sociniens & plusieurs autres hérétiques contestent.

Nous allons recueillir les divers sens dont cette expression est susceptible, ou que lui ont donné les Théologiens des diverses sectes & des diverses communions.

1°. On trouve appellés du nom de fils de Dieu, d’enfans de Dieu dans les Ecritures, ceux qui font la volonté de Dieu, qui le craignent & l’aiment comme leur pere, & qu’il aime comme ses enfans, qu’il adopte par sa grace, &c. C’est en ce sens que les anges, les saints, les justes & les chrétiens sont appellés fils de Dieu, enfans de Dieu.

2°. Quelques théologiens hétérodoxes prétendent que Jesus-Christ est appellé Fils de Dieu, parce qu’il étoit envoyé de Dieu, parce qu’il étoit le Messie. Ils prétendent que dans la langue des écrivains sacrés, & dans la croyance générale du peuple juif sur la venue du Messie, Fils de Dieu étoit synonyme de Messie. On conçoit bien qu’en donnant ce sens à l’expression Fils de Dieu, par exclusion aux significations plus amples que les Théologiens catholiques y attachent, on s’écarte de la doctrine catholique ; mais si on ne prétendoit pas exclure ces significations, & si on y met quelques restrictions, la proposition pourroit souffrir un sens favorable. En effet, il n’y a nul inconvénient à dire que les Juifs, avant la prédication des apôtres ; que les malades qui s’approchoient pour la premiere fois de Jesus-Christ pour obtenir leur guérison ; que le centurion romain qui vit mourir Jesus-Christ, en lui donnant le nom de Fils de Dieu, n’avoient pas toutes les idées que nous avons de cette qualité, & qui lui appartiennent.

3°. On pourroit appeller fils de Dieu, un pur homme qui auroit reçû immédiatement son existence hors des voies ordinaires de la génération, parce qu’en ce cas Dieu lui-même suppléeroit par sa puissance à l’union des deux sexes : c’est en ce sens qu’Adam est appellé fils de Dieu, qui fuit Dei.

Il y a eu des hérétiques qui niant la divinité de Jesus-Christ, & ne refusant pas de croire qu’il étoit né d’une Vierge, le regardoient comme Fils de Dieu dans ce même sens-là. Telle étoit l’opinion d’un certain Théodotus dont parle Tertullien, de præscript. versùs finem : Doctrinam introduxit, dit ce pere, quâ Christum hominem tantùm diceret, Deum autem illum negaret, ex Spiritu quidem sancto natum ex Virgine, sed hominem solitarium atque nudum nullo alio præ cæteris nisi solâ justitiæ authoritate.

Dans la doctrine de cet hérétique, & dans ce troisieme sens, Adam & Jesus-Christ sont fils de Dieu d’une maniere bien plus parfaite que dans les deux premieres acceptions : on pourroit même dire qu’ils sont fils de Dieu naturels, par opposition à l’adoption des saints ; mais cette acception du mot fils de Dieu entendue par exclusion des autres sens que nous allons rapporter, est tout-à-fait opposée à la doctrine catholique.

4°. Dans la doctrine catholique, le Verbe ou la seconde Personne de la Trinité, est Fils de Dieu, fils de la premiere Personne, par la voie d’une génération éternelle.

5°. Dans la doctrine catholique, J. C. homme-Dieu est Fils de Dieu, par l’union faite en lui de la nature humaine à la nature divine dans la seconde Personne de la Trinité, qui est elle-même Fils de Dieu, & Verbe engendré de toute éternité.

Nous verrons plus bas une sixieme signification de l’expression fils de Dieu ; mais nous allons faire encore quelques observations sur celles-ci, après que nous aurons remarqué deux autres sens plus généraux qu’elle peut recevoir.

Le nom de fils peut être pris dans le sons propre & naturel, ou dans un sens impropre & métaphorique : un enfant adopté n’est pas fils de celui qui l’adopte, dans le sens propre & naturel.

De-là naissent les contestations entre les hérétiques qui nient la divinité de Jesus-Christ, & les Catholiques : ceux-là prétendant que l’expression Fils de Dieu appliquée à Jesus-Christ, ou même appliquée au Verbe, ne sauroit être entendue que dans un sens impropre & métaphorique ; & ceux-ci soûtenant au contraire qu’elle doit être prise dans le sens propre & naturel.

Dans le dogme catholique, Jesus-Christ est Fils de Dieu au sens propre & naturel. Cette filiation naturelle ne peut pas être entendue de celle que nous avons remarquée à la troisieme signification. En effet, cette troisieme signification peut fonder une filiation naturelle, par opposition à la premiere & à la seconde, comme nous l’avons dit ; mais par comparaison à la quatrieme & à la cinquieme, elle ne sauroit être appellée propre & naturelle.

Ces deux dernieres significations de l’expression de Fils de Dieu appliquée à J. C. dans les Ecritures, ne peuvent être niées que par les hérétiques qui refuseroient de reconnoître la divinité du Verbe, comme les Ariens, les Sociniens ; ou par ceux qui nieroient l’union hypostatique de la nature humaine dans J. C. avec la personne du Verbe, comme les Nestoriens : voyez ces trois articles.

De-là il suit que les Théologiens catholiques, pour établir la légitimité de ces deux explications qu’ils donnent à l’expression Fils de Dieu appliquée à J. C. sont obligés d’établir la divinité du Verbe & l’union hypostatique, &c. Voyez sur le premier de ces objets l’article Trinité, & sur le dernier, Incarnation.

Ces deux renvois que nous sommes obligés de faire pour traiter ces matieres en leur lieu, & pour éviter les redites, nous dispensent d’exposer ici & les raisons sur lesquelles se fondent les Théologiens catholiques dans leurs assertions, & les difficultés qu’y opposent les hétérodoxes.

J’ai parlé plus haut d’un sixieme sens que pouvoit recevoir l’expression de Fils de Dieu ; nous allons nous occuper de cet objet.

Dans ces derniers tems, le P. Berruyer, jésuite, dans des dissertations latines qu’il a placées à la fin de son histoire du peuple de Dieu, depuis la naissance du Messie, a soûtenu que l’expression fils de Dieu en beaucoup d’endroits du nouveau Testament, devoit être entendue dans un sixieme sens distingué de ceux dont nous avons fait mention. Comme son opinion a fait du bruit, & qu’elle tient bien directement à l’objet de cet article, nous croyons devoir nous y arrêter un peu. Nous allons donc faire un petit exposé du système de ce pere, que nous accompagnerons de quelques remarques.

Cet auteur commence par établir avec les Théologiens catholiques, que le Verbe est Fils de Dieu par la voie d’une génération éternelle, & que J. C. est Fils de Dieu en vertu de son union hypostatique avec le Verbe, c’est-à-dire qu’il reconnoît hautement la légitimité de ces deux sens que les Théologiens catholiques donnent à l’expression fils de Dieu, en combattant les Ariens, les Sociniens, les Nestoriens, &c. C’est la quatrieme & la cinquieme signification parmi celles que nous avons remarquées.

Mais il croit que dans les Ecritures la dénomination de Fils de Dieu appliquée à J. C. ne reçoit pas toûjours l’un ou l’autre de ces deux sens, & qu’elle signifie quelquefois l’union de la nature humaine à la nature divine faite dans la personne de J. C. par Dieu, considéré non plus comme pere, comme engendrant le Verbe de toute éternité, mais comme subsistant en trois personnes, agissant au dehors, ad extrà, & unissant l’humanité de J. C. avec une personne divine.

Ceci a besoin d’être éclairci ; & pour le faire, nous allons tâcher d’écarter autant que nous pourrons les termes de l’école que le P. Berruyer a prodigués, & qui ne présenteroient pas des idées assez nettes au commun de nos lecteurs. Mais il faudra qu’on nous permette de les employer quelquefois ; & nous nous excuserons avec Melchior Canus, sur ce que ipsæ scholasticæ res formas dicendi scholasticas trahunt, & quæ vocabula scholarum consuetudo diuturna trivit, ea latini nobis condonare debent.

Pour bien entendre le P. Berruyer, il suffira de saisir les différences de la signification qu’il donne à l’expression Fils de Dieu, d’avec la quatrieme & la cinquieme de celles que nous avons expliquées.

Dans le quatrieme sens, le Verbe est Fils de Dieu par sa génération éternelle ; dans le cinquieme, Jesus-Christ est Fils de Dieu par l’union faite en lui de la nature humaine avec la seconde Personne de la Trinité, avec le Fils de Dieu éternel ; dans le sixieme sens, Jesus-Christ est Fils de Dieu par l’union de la nature humaine avec une personne divine, considérée simplement comme divine, & non point précisément comme la seconde.

Dans le quatrieme sens, la génération est éternelle ; dans le cinquieme & dans le sixieme, elle s’opere dans le tems.

Dans le quatrieme & dans le cinquieme sens, en appellant le Verbe Fils de Dieu, & Jesus-Christ Fils de Dieu, on porte son idée sur la premiere Personne de la Trinité, sur Dieu le Pere. Dans le sixieme, on applique l’idée de Pere à Dieu, à la nature divine agissant au dehors & subsistant en trois Personnes.

Dans le cinquieme sens, Jesus-Christ ne seroit pas Fils de Dieu, si la personne divine à laquelle son humanité se trouve unie, n’étoit pas la seconde Personne de la Trinité, n’étoit pas Fils de Dieu. Dans le sixieme, en supposant que cette personne fût le Pere ou le saint-Esprit (les Théologiens conviennent qu’on peut faire cette supposition, & qu’il ne répugnoir pas à la nature divine que le Pere ou le St Esprit s’incarnassent), Jesus-Christ seroit encore Fils de Dieu ; parce que dans cette hypothèse Dieu, un, subsistant en trois personnes, auroit uni dans le tems l’humanité de Jesus-Christ à la nature divine.

Au quatrieme & au cinquieme sens, l’intelligence de cette proposition Jesus-Christ est Fils de Dieu, suppose la connoissance de la génération éternelle du Verbe, de l’union hypostatique de ce Verbe avec la nature humaine en la personne de Jesus-Christ, en un mot du mystere de la Trinité. Dans le sixieme elle ne suppose rien autre chose que la connoissance d’un seul Dieu, unissant dans le tems la nature humaine à la nature divine dans la personne de J. C.

Voilà les différences respectives qu’établit le pere Berruyer entre ces trois significations ; elles peuvent servir à faire entendre sa pensée : au reste il faut avoüer que la difficulté de la matiere jette sur tout ceci un peu d’obscurité.

Je passe aux preuves sur lesquelles cet auteur s’appuie. Voici les principales.

1°. On doit donner, dit-il, à l’expression Fils de Dieu, le sens que je propose (sans exclure les autres) ; si l’action de Dieu unissant l’humanité de Jesus-Christ à une Personne de la Trinité, est une véritable génération, abstraction faite de ce que cette Personne seroit le Verbe engendré de toute éternité, la seconde Personne : or, même en faisant cette abstraction, l’action de Dieu unissant la nature humaine à la nature divine, est une véritable génération, puisque par cette action est engendré, formé, &c. l’Homme-Dieu.

En effet si la nature humaine étoit unie à une autre Personne que la seconde, le résultat de cette union, l’Homme-Dieu, seroit vraiment Fils de Dieu ; en ce cas l’action de Dieu unissant la nature humaine à cette Personne divine, seroit donc une véritable génération : donc l’action de Dieu unissant la nature humaine à la Personne du Verbe, est une vraie génération, même alors qu’on fait abstraction de la génération éternelle du Verbe : donc en faisant cette abstraction, il reste encore un sens vrai à la dénomination de Fils de Dieu, & c’est ce sens que je propose.

2°. On trouve très-nettement distinguées dans les Ecritures deux générations du Fils de Dieu, l’une éternelle, & l’autre temporelle. In principio........ Verbum erat apud Deum.... Et Verbum caro factum est.... Dominus possedit me initio viarum suarum.... Ego hodie genui te.... Figura substantiæ ejus portans omnia Verbo virtutis suæ.... De Filio suo qui factus est ei secundum carnem. Or la différence de ces deux générations ne peut bien s’entendre qu’au moyen de cette explication, puisqu’à moins qu’on ne l’admette, Jesus-Christ n’est Fils de Dieu que par la génération éternelle du Verbe.

3°. Avant la résurrection de Jesus-Christ, avant les instructions qu’il donna à ses disciples, avant de monter au ciel, avant la descente de l’Esprit-saint, ses apôtres & ses disciples ignoroient le mystere de la Trinité. Cela est clair par les endroits où leur ignorance est remarquée : Adhuc sine intellectu erant, Matth. xv. & xvj. Adhuc multa habeo vobis dicere ; sed non potestis portare modo, Joan. xvj. 12. Ipsi nihil horum intellexerunt, Luc. xviij. 34. Dicit eis Jesus, tanto tempore vobiscum sum & non cognovistis me, Joan. xjv. 9. Nondum erat spiritus datus, quia Jesus nondùm erat glorificatus, Joan. xvij. 29. Aussi bien que par ceux où Jesus-Christ promet de les instruire : Hæc in proverbiis locutus sum vobis ; venit hora ut jam non in proverbiis loquar vobis, sed palam de patre annuntiabo vobis, Joan. xvj. 25. Et après la résurrection : Loquebatur apostolis suis de regno Dei, per dies quadraginta apparens eis.

A plus forte raison les Juifs n’avoient-ils aucune idée de ce mystere ; & c’est la doctrine commune des Théologiens : bien plus les Juifs & les apôtres étoient bien fortement persuadés du dogme de l’unité de Dieu ; dogme qui aux yeux de la raison privée des lumieres de la foi, devoit former dans leur esprit une terrible opposition à la doctrine d’un Dieu en trois personnes.

Cela posé, que prêchoit Jesus-Christ aux Juifs & à ses apôtres avant sa résurrection, dit le P. Berruyer ? Ce n’étoit pas le dogme de l’union hypostatique de son humanité avec la seconde personne de la Trinité, avec le Verbe éternel Fils du Pere, & engendré par lui de toute éternité ; il n’auroit été entendu de personne, puisque toutes les notions préliminaires à la connoissance de ces mysteres manquoient à la nation juive, & qu’elle en avoit même de très-opposées à cette doctrine : c’étoit donc l’union faite dans le tems en sa personne de la nature humaine avec la nature divine ; union par laquelle il étoit vraiment Fils de Dieu, & connu pour tel : mystere bien sublime à la vérité, mais dont on peut avoir quelque idée sans connoître la Trinité des personnes & la génération du Verbe, & sans heurter aussi fortement aux yeux de la foible raison, le dogme de l’unité de Dieu.

Je placerai ici une remarque du P. Berruyer : c’est que l’empressement loüable des Théologiens à voir par-tout dans les Ecritures les dogmes de la foi catholique clairement développés, les écarte souvent de l’intelligence du texte. Ils devroient cependant considérer qu’il n’est pas nécessaire que les dogmes se trouvent expressément contenus dans tous les endroits de l’Ecriture qui peuvent y avoir quelques rapports ; il suffit pour donner un exemple tiré de la matiere même que nous traitons, que la génération éternelle du Verbe & son union substantielle avec la nature humaine dans la personne de J. C. soit développée dans quelques endroits ; il n’est pas nécessaire que l’expression Fils de Dieu signifie par-tout cette génération ; & on voit même, suivant ce qu’on vient de dire, qu’elle n’a point ce sens relevé & sublime, lorsqu’elle est dans la bouche des Juifs & des apôtres, avant les dernieres instructions qu’ils reçûrent de Jesus-Christ.

4°. Le P. Berruyer trouve cet avantage dans son explication, qu’il résout avec facilité quelques objections des Sociniens, qui ont toûjours embarrassé les Théologiens catholiques.

Jesus-Christ, disent les Sociniens, est appellé Fils de Dieu par les évangélistes, parce qu’il est né d’une vierge : Concipies in utero & paries filium........ Spiritus sanctus superveniet in te.... Ideoque quod nascetur ex te sanctum vocabitur Filius Dei. Luc. I.

Jesus-Christ, ajoûtent-ils, est dit dans S. Paul, I. 3. & 4. Filius factus Deo ex semine David secundùm carnem. Et aux Galat. IV. 4. Misit Deus Filium suum factum ex muliere factum sub lege. D’où les Sociniens argumentent ainsi :

J. C. est appellé dans les Ecritures, Fils de Dieu, né dans le tems, sous la loi, fait d’une femme, & selon la chair : or s’il étoit Fils de Dieu par la génération éternelle du Verbe, toutes ces expressions seroient faussement appliquées à J. C. car il faut bien considérer qu’elles lui sont appliquées entant qu’il est Fils de Dieu ; donc elles caractérisent sa filiation : or ce n’est pas une filiation fondée sur la génération éternelle du Verbe ; donc c’est une filiation d’adoption pure & nullement naturelle, à moins qu’on ne veuille regarder comme fils naturel un pur homme qui recevroit de Dieu l’existence hors des voies ordinaires de la génération ; donc J. C. n’est pas Fils de Dieu au sens propre & naturel, comme l’entendent les Catholiques.

Le P. Berruyer remarque d’abord que quelques Théologiens ont traduit factus, γενομένον, dans les passages que nous avons cités, par natus, né, par la raison que factus est plus embarrassant.

Il prétend qu’on peut entendre à la lettre ces expressions que font tant valoir les Sociniens, & résoudre la difficulté proposée, en adoptant son explication ; parce que, selon lui, il est vrai à la lettre que J. C. homme-Dieu a été fait dans le tems Fils de Dieu, par l’union que Dieu a mise dans le tems en sa personne entre la nature humaine & la nature divine.

Cette génération est vraiment naturelle, dans un sens tout-à-fait différent de celle que les Sociniens nous proposent d’admettre : elle n’est pourtant pas la génération éternelle du Verbe, quoiqu’elle la suppose ; & par conséquent en accordant, ce qu’on ne peut pas contester, que les passages allégués ne peuvent pas s’appliquer à la génération éternelle du Verbe, on est encore en droit de nier qu’ils doivent s’entendre d’une filiation non-naturelle & de pure adoption.

5°. Enfin le P. Berruyer prétend que cette explication est nécessaire pour l’intelligence de beaucoup d’endroits du nouveau Testament : nous renvoyons le lecteur à son ouvrage, pour ne pas augmenter trop considérablement cet article.

Le P. Berruyer prévient quelques objections que pourroient lui faire les Scholastiques, par ex que dans son hypothèse J. C. seroit fils de la Trinité, fils des trois Personnes, fils de lui-même, fils du S. Esprit ; en recourant à un principe reçû dans les écoles, les actions de la Divinité au-dehors, ad extrà, ne sont point attribuées aux trois Personnes ni à aucune d’elles en particulier, mais à Dieu, comme un en nature.

Autre objection contre le P. Berruyer, qu’il y auroit deux fils dans son hypothèse : il nie cette conséquence, appuyé sur cette raison, qu’il ne peut y avoir deux fils qu’au cas qu’il y auroit deux Personnes, selon l’hérésie de Nestorius ; & que comme son opinion laisse subsister & suppose même l’unité de Personne en J. C. on ne peut pas lui faire le reproche d’admettre deux fils, quoiqu’il admette en J. C. deux filiations.

Au reste, ce sixieme sens de l’expression Fils de Dieu, suppose essentiellement les deux dogmes importans de la divinité du Verbe, & de l’union hypostatique & substantielle de la nature humaine en J. C. avec la nature divine ; & toute l’explication du P. Berruyer est d’après cette supposition.

Sur l’opinion qu’on vient d’exposer, on a accusé le P. Berruyer de favoriser d’un côté le Nestorianisme, & de l’autre le Socinianisme. Ils ajoûtent que l’explication donnée par le P. Berruyer est nouvelle. On ne la trouve employée, disent-ils, par aucun pere & par aucun théologien dans les disputes avec les hérétiques ; on ne voit pas qu’aucun concile s’en soit servi pour développer les dogmes fondamentaux du Christianisme ; les interpretes & les commentateurs ne donnent pas aux passages allégués par le P. Berruyer les sens qu’il y adapte, &c. & ce caractere de nouveauté est un terrible argument contre une opinion dans l’esprit d’un catholique : néanmoins ce pere a trouvé des défenseurs. Nous n’entrerons pas dans les raisons qui ont été apportées de part & d’autre. Ces détails nous meneroient trop loin : d’ailleurs nous ne pourrions pas traiter cette matiere, sans donner en quelque sorte une décision qu’il ne nous appartient pas de prononcer ; c’est à l’Eglise seule & aux premiers pasteurs à nous éclairer sur des matieres aussi délicates, & qui touchent de si près à la Foi.

Relativement à l’article Fils de Dieu, il faut voir les art. Trinité, Incarnation, Ariens, Nestoriens, Sociniens.

Fils de l’homme (Théol.) terme usité dans les Ecritures pour signifier homme, & propre à exprimer tantôt la nature humaine, & tantôt sa fragilité.

Quand ce mot est appliqué à Jesus-Christ, il signifie en lui la nature humaine, mais exempte des imperfections qui sont ou la cause ou la suite du péché.

Cette expression étoit commune chez les Juifs & les Chaldéens. Les prophetes Daniel & Ezéchiel sont quelquefois désignés par cette appellation dans les livres qui portent leur nom.

Quelquefois aussi fils de l’homme, ou fils des hommes, désignent la corruption & la malignité de la nature humaine, & sont appliqués aux méchans & aux réprouvés, par opposition aux justes & aux élûs qui sont appellés fils de Dieu ; comme dans ce passage du Pseaume 4. filii hominum usquequo gravi corde ? ut quid diligitis vanitatem & quæritis mendacium ? (G)

Fils de la Terre (Hist. mod.) Dans l’université d’Oxford, c’est un écolier, qui aux actes publics a la commission de railler & satyriser les membres de cette université, de leur imputer quelque abus, ou corruption naissante : c’est à-peu-près la même chose que ce qu’on nommoit paranymphe dans la faculté de Théologie de Paris, voyez l’article Paranymphe. (G)

Fils (le) avant le pere, filius ante patrem, expression dont les Botanistes & les Fleuristes se servent verbalement & par écrit, pour marquer qu’une plante porte sa fleur avant ses feuilles. Telles sont diverses especes de colchique, le pas-d’âne, le pétasite, &c. Article M. le Chevalier de Jaucourt.

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Étymologie de « fils »

Étymologie de fils - Littré

Bourguig. fi ; picard, fieu, fiu ; provenç. fils ; catal. fill ; espagn. hijo ; portug. filho ; ital. figlio ; du latin filius. À cause de la forme ombrienne felius, des étymologistes ont rattaché filius à fellare, teter, sanscrit dhê, teter. Dans l'ancien français, fils ou fis ou fius, au nominatif singulier ; fil, au régime singulier ; fil, au nominatif pluriel ; fils ou fis, au régime pluriel. La forme actuelle fils est le nominatif singulier de l'ancienne langue.

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Étymologie de fils - Wiktionnaire

(Nom commun 1) (Xe siècle) Du moyen français fils, de l’ancien français fils (cas sujet), fiz, fil, du latin fīlius (« fils, enfant »), puis « descendant » en bas-latin.
La forme actuelle représente l’ancien cas sujet de l’ancien français conservé en raison de son emploi fréquent comme vocatif et probablement aussi pour éviter la confusion avec fil.
(Nom commun 2) De l’arabe فلس, du latin follis. Voir aussi fals.
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Phonétique du mot « fils »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
fils fis play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « fils »

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Citations contenant le mot « fils »

  • Nick Cordero est décédé le dimanche 5 juillet 2020. Si son épouse avait relayé son histoire sur les réseaux sociaux, elle a partagé une vidéo touchante de leur fils, Elvis, âgé de 13 mois seulement en story sur Instagram. Closermag.fr, Mort de Nick Cordero : sa femme partage une vidéo très émouvante de son fils - Closer
  • Un fils « gâté pourri » Voici.fr, PHOTO Rachel Legrain-Trapani a accouché : la tendre attention de son fils Gianni pour son petit frère - Voici
  • Bertrand Gimonet a perdu son fils Tom, victime du syndrome du bébé secoué, en 2014. Le petit garçon n'avait alors que quatre mois. Pour informer sur cet acte de maltraitance et éviter que de tels drames ne se reproduisent, il témoigne. Femme Actuelle, Témoignage : "Mon fils est mort du syndrome du bébé secoué" : Femme Actuelle Le MAG
  • Cinéma, mode, musique, sport : il n'est pas rare que les enfants de stars suivent les traces de leurs parents. Le fils de Reese Witherspoon et Ryan Phillippe, lui, a trouvé sa propre voie. Deacon (16 ans) abandonne son célèbre patronyme et lance sa carrière dans la chanson avec un premier single. , Reese Witherspoon : Son fils se lance dans la chanson avec un nouveau single - Purepeople
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  • Olivier Coffin est un des tous premiers franchisés du réseau Petit-fils. Il a rejoint l’enseigne en 2013, un an après son lancement en franchise, pour ouvrir son agence d’aide à domicile pour les personnes âgées à Aix-en-Provence.  En 2017, il devient le premier multi-franchisé du réseau en ouvrant une nouvelle agence à Marseille Prado.  Toute la Franchise, Un franchisé Petits-fils ouvre à Nice sa troisième agence
  • Sur les images, on découvre l’un des fils de Franck Dubosc en train de s’amuser sur une structure gonflable en milieu aquatique. Le gilet de sauvetage bien en place, le petit garçon est assis à l’extrémité d’un boudin au bout duquel se trouve un homme non identifié prêt à sauter pour faire bondir la tête blonde. Et en quelques secondes, c’est chose faite. Le garçonnet se met à voltiger avant d’atterrir lourdement dans l’eau la tête la première. Une scène filmée de loin par Danièle, la maman et femme de Franck Dubosc, que l’on entend pousser un cri de surprise en découvrant le vol plané de sa progéniture. Voici.fr, Franck Dubosc : cette lourde chute de son fils qui a fait peur à sa femme Danièle (et à lui aussi) - Voici
  • Le sergent Donoghue, du bureau du shérif de Ventura County, a donné quelques précisions quant à l’avancée des recherches, rapportées par le « Daily Mail ». « On sait qu’elle est déjà venue au lac dans le passé et le connait bien. […] De ce qu’on a pu constater, son fils est en bonne santé. J’ai compris qu’il avait dit aux enquêteurs que sa mère n’était jamais sortie de l’eau. » Le sac à main de l’actrice a été retrouvé sur le bateau ainsi que son gilet de sauvetage. Son fils quant à lui le portait lorsqu’il a été retrouvé, endormi à bord de l’embarcation. Le « Mirror » précise que selon Josey, sa mère avait sauté dans l’eau. , Naya Rivera portée disparue : le témoignage de son fils - Elle
  • L'homme est le fils de l'erreur. De Proverbe arabe
  • On est toujours le fils de ses oeuvres. De Miguel de Cervantès
  • Le père cache les fautes de son fils, le fils cache les fautes de son père. De Confucius / Livre des sentences
  • Le fils de l'avare est prodigue, le fils du prodigue avare. De Giacomo Casanova / Histoire de ma vie
  • Les pères ne savent jamais rien de leurs fils. Ni les fils de leurs pères. De Patrick Poivre d'Arvor / L'irrésolu
  • On est plus le fils de son époque que le fils de son père. De Proverbe africain
  • Quand le père souffre, le fils déguste. De Janine Boissard / Laisse moi te dire
  • Chacun est le fils de ses oeuvres. De Proverbe français
  • Le père sème, le fils récolte. De Proverbe chinois
  • Quand le père donne au fils, rit le père, rit le fils ; quand le fils donne au père, pleure le père, pleure le fils. De Jean-François Bladé / Proverbes recueillis dans l'Armagnac
  • Rappelle-toi que ton fils n'est pas ton fils, mais le fils de son temps. De Confucius
  • A père avare, fils prodigue. De William Parkes
  • Père riche, fils noble, petit-fils pauvre. De Proverbe brésilien
  • Tel père, tel fils. De Libanios
  • On est toujours fils de ses œuvres. Miguel de Cervantès en espagnol Miguel de Cervantes Saavedra, Don Quichotte, I, 4
  • Diogène frappait le père quand le fils jurait. Robert Burton, The Anatomy of Melancholy, III
  • Toi aussi, mon fils ! Caius Julius Caesar, en français Jules César,
  • Ô mon fils, sois un jour plus heureux que ton père. Du reste* avec honneur tu peux lui ressembler. Sophocle, Ajax, 550-551 (traduction Racine)
  • Un fils est un créancier donné par la nature. Henri Beyle, dit Stendhal, Lucien Leuwen
  • Mais il me reste un fils. Vous saurez quelque jour, Madame, pour un fils jusqu'où va notre amour. Jean Racine, Andromaque, III, 4, Andromaque
  • Malfaisant, pipeur, buveur, batteur de pavés, ribleur*, s'il en était à Paris : au demeurant le meilleur fils du monde ; et toujours machinait quelque chose contre les sergents et contre le guet. François Rabelais, Pantagruel, 16
  • La pire colère d'un père contre son fils est plus tendre que le plus tendre amour d'un fils pour son père. Henry Millon de Montherlant, La Reine morte, I, 2, Don Manoel , Gallimard
  • J'avais un jour un valet de Gascogne, Gourmand, ivrogne, et assuré menteur, Pipeur, larron, jureur, blasphémateur, Sentant la hart* de cent pas à la ronde, Au demeurant le meilleur fils du monde. Clément Marot, Épîtres, Au roi pour avoir été dérobé

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Traductions du mot « fils »

Langue Traduction
Corse figliolu
Basque son
Japonais 息子
Russe сын
Portugais filho
Arabe ابن
Chinois 儿子
Allemand sohn
Italien figlio
Espagnol hijo
Anglais son
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Synonymes de « fils »

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Antonymes de « fils »


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