Excellence : définition de excellence


Excellence : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

EXCELLENCE, subst. fém.

A.− Caractère de celui/celle/ce qui est excellent.
1. Caractère de la chose ou de la personne qui correspond, presque parfaitement, à la représentation idéale de sa nature, de sa fonction ou qui manifeste une très nette supériorité dans tel ou tel domaine.
a) Domaine gastr.Tout gourmet se délecte aujourd'hui, dans les restaurants renommés par l'excellence de leurs caves (Huysmans, À rebours,1884, p. 29).Il connut l'excellence de leur foie et la finesse de leur graisse [des oies et des canards]. Car ils sont renommés autant l'un que l'autre pour ce relief incomparable et cette substance fondante, succulente (Pesquidoux, Livre raison,1925, p. 152):
1. Nous entendons par éprouvettes gastronomiques, des mets d'une saveur reconnue et d'une excellence tellement indisputable, que leur apparition seule doit émouvoir, chez un homme bien organisé, toutes les puissances dégustatrices... Brillat-Sav., Physiol. goût,1825, p. 165.
b) Domaine techn., pratique.Ce juste rapport entre le volume des organes et leur énergie respective, constitue l'excellence de l'organisation; il produit le sentiment du plus grand bien-être (Cabanis, Rapp. phys. et mor.,t. 1, 1808, p. 364).Le climat est bon, ici (...) la température égale, la flore aromatique, les eaux salubres de nos coteaux sont d'une excellence absolue pour la guérison des affections de poitrine (Zola, Conquête Plassans,1874, p. 1157).L'excellence de votre installation, l'ordre méticuleux qui y règne et le modernisme du moindre détail (Romains, Knock,1923, II, 3, p. 10).
c) Domaine des activités hum. en gén.Il proteste de l'excellence des juges, de leur parfaite honorabilité (Gide, Journal,1933, p. 1188):
2. ... « il paraît qu'il y a dans un couvent de Paris un jardinier excellent, qui est un saint homme, appelé Fauvan ». Rien de tout ce triomphe ne parvint jusqu'à Fauchelevent dans sa baraque; il continua de greffer, de sarcler, et de couvrir ses melonnières, sans être au fait de son excellence et de sa sainteté. Hugo, Misér.,t. 1, 1862, p. 674.
d) Domaine des arts.Ce palais est remarquable par la singularité, la hardiesse et la magnificence de son ensemble architectural, autant que par l'excellence de ses détails (Ménard, Hist. B.-A.,1882, p. 37).
e) Domaine intellectuel, littér.Excellence d'une œuvre. La querelle relative à l'excellence du théâtre britannique ou français se renouvelle. (...) on arrivera à ce point d'être convaincu que chaque nation a une manière de s'amuser qui lui est particulière et susceptible d'un degré de perfection relatif (Delécluze, Journal,1827, p. 468).On peut calculer la valeur d'un homme d'après le nombre de ses ennemis et l'importance d'une œuvre au mal qu'on en dit. (...) Ce blâme envoyé par Sainte-Beuve à la « Paysanne » me confirmerait plus dans l'excellence de la « Paysanne » que les éloges du grand Hugo (Flaub., Corresp.,1853, p. 237):
3. [Racan] eut de la raison et du goût éminemment. Dans ses ouvrages, tout est de choix, rien de nécessité; et c'est là ce qui constitue son excellence. Joubert, Carnets,Paris, Gallimard, 1938 [1807], p. 610.
Prix d'excellence. Prix remis en fin d'année à l'élève qui s'est montré supérieur aux autres dans la maîtrise des matières enseignées :
4. ... j'étais, moi aussi, un très bon élève. Et j'étais content parce que j'allais recevoir, comme on recevrait un beau lingot d'or, le prix d'excellence de ma classe. C'était un important point de repère dans la vie, ce prix d'excellence : grâce à lui, on avait la certitude d'avoir fait très bien; quand on l'avait, on n'avait pas besoin de regarder plus haut; on était arrivé. Larbaud, F. Marquez,1911, p. 207.
P. méton. Personne qui a reçu ce prix ou livre qui symbolise ce prix. Les philosophes (...) n'étaient que deux. L'un, nécessairement, avait le premier prix d'excellence, et l'autre le second. (...) Mais l'équilibre exigeait que le second prix d'excellence obtînt le premier prix de dissertation, et l'autre (évidemment) le deuxième. Et ainsi de suite... Ils redescendaient l'un et l'autre chargés de couronnes et de livres dorés (Valéry, Variété III,1936, p. 233).
f) Domaine moral, relig., idéol.
[À propos d'une valeur abstr.] Je soutiens l'excellence de l'inégalité qu'ils réprouvent (Fourier, Nouv. monde industr.,1830, p. 38).Le moindre prêtre de campagne (...) pense comme moi. Il soignerait la misère avant de vouloir en démontrer l'excellence (Camus, Peste,1947, p. 1320):
5. La religion répond à des besoins, à des idées qui sont en moi et qu'il n'appartient pas à ma raison de faire taire. (...) Il me suffit qu'elle me vienne de mes ancêtres sans que je sache si elle me vient de Dieu. Ma courte expérience, mon expérience partielle a déjà vérifié l'excellence de la longue série d'expériences qu'ils ont résumées dans la religion. Barrès, Cahiers,t. 7, 1909, p. 239.
[À propos d'une pers.] Jésus ne tarissait pas sur les mérites et l'excellence de son précurseur [Jean] (Renan, Vie Jésus,1863, p. 208):
6. ... il faut, ou s'aimer tendrement soi-même, ou avoir quelque projet sérieux à faire réussir, pour s'attacher passionnément à repousser la calomnie qui atteint tous les hommes, même les meilleurs, et pour vouloir absolument prouver l'excellence de soi. (...) [Et], comme nul ne peut prouver qu'il ait atteint à la perfection, il faut laisser à ceux qui nous connaissent le soin de nous absoudre de nos travers et d'apprécier nos qualités. Sand, Hist. vie,t. 1, 1855, p. 10.
Absol. Passion de l'excellence ou de la prédominance : (...) l'amour ambitieux d'exceller, d'être le premier (Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 2, 1842, p. 163).
P. méton. Une/des excellence(s). Forme de supériorité morale. On expie toujours une excellence par quelque abaissement (Renan, Antéchrist,1873, p. 227).Nul ne conteste les misères de l'enfance; mais pourquoi laisser tristement dans l'ombre les excellences réelles, la séduction bienfaisante de cet âge? (Bremond, Hist. sent. relig.,t. 3, 1921, p. 522).
g) Domaine des relations interpersonnelles, soc.Il m'a découvert et l'excellence de son caractère et la douceur de son âme (Balzac, Mém. jeunes mar.,1842, p. 214):
7. ... je traversai la cour d'honneur avec l'intime satisfaction d'un bourgeois qui rentre chez lui. C'est là un effet de la bonté de mes hôtes, et l'impression que je ressentis alors sur leur seuil prouve mieux que tous les raisonnements l'excellence de leur hospitalité. France, Bonnard,1881, p. 364.
2. [Avec une valorisation affective] Caractère d'une personne très bonne, portée à considérer, traiter les autres de façon extrêmement favorable. Tout ce qui le servait, dans son plus petit intérieur, l'adorait précisément à cause de sa bonté et de l'excellence de son cœur (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène,t. 2, 1823, p. 363).
B.− En appellatif. [À propos d'une pers. (gén. avec une majuscule)]
1. Son/Votre Excellence. Titre honorifique accordé à de hauts dignitaires (notamment ambassadeurs, ministres, archevêques, évêques). Son/Votre Excellence daigne, peut, veut (faire telle chose); prier Son Excellence de. Son Excellence Eugène Rougon (titre d'un roman de Zola, 1876). À M. le Ministre de l'Intérieur (...) Monseigneur, J'adresse à Votre Excellence copie d'une pièce (Courier, Lettres Fr. et It.,1819, p. 890).Ce grand lama de tout ministère, connu de l'employé par une signature illisible et sous le nom de Son Excellence Monseigneur le Ministre, (...) et qui, aux yeux de ce peuple aplati, représente un pouvoir sacré, sans appel (Balzac, Goriot,1835, p. 184).Une lettre énorme fermée avec une tresse de soie comme du temps de Louis XIV, et adressée « à Son Excellence révérendissime Monseigneur Fabrice del Dongo, premier grand vicaire du diocèse de Parme » (Stendhal, Chartreuse,1839, p. 200).
Rem. 1. Son/Votre Excellence s'écrivent en abrégé : S. E. ou S. Exc./V. E. ou V. Exc. Le mouvement prévu par S. Exc. le maréchal French (Joffre, Mém., t. 1, 1931, p. 456). 2. ,,Dans les titres, Son Excellence, Votre Excellence (...) le nom qui suit se met généralement au masculin : Son Excellence est le meilleur garant (...). En revanche, les adjectifs, les pronoms ou les participes se mettent au féminin : Son Excellence n'est pas jalouse de vos lauriers. (...) Si le titre est suivi d'un nom avec lequel il fait corps, c'est avec ce nom que s'accorde le pronom représentant (Grevisse) : Son Excellence le ministre viendra-t-il?`` (Thomas 1956). Son Excellence va revenir, bien qu'elle soit très pressée (G. Leroux, Roul. tsar, 1912, p. 48).
Se faire appeler Excellence, donner de l'Excellence à qqn. Un jour que Bruhl lui a donné de l'« Excellence » par-dessus la tête, il [le maréchal de Saxe] lui insinue gentiment qu'il lui faut du « Monseigneur » sans « Excellence », car l'« Excellence » est une pauvre monnaie en Cour de France (Sainte-Beuve, Nouv. lundis,t. 11, 1867, p. 16).
2. Fam. Une/des Excellence(s), l'/les Excellence(s). Dignitaire qui a droit au titre d'Excellence. Il y avait des lords et des baronnets, des excellences italiennes (L.-B. Picard, Avent. E. de Senneville,1813, p. 248).J'ai même au Ministre accordé Le long entretien demandé (...) elle est d'un ennui réel Cette Excellence de passage (Lorrain, Modern.,1885, p. 66).
3. P. plaisant. Appellation décernée à une personne qui n'a pas droit au titre d'Excellence. Les bonnes bassesses facétieuses du mendiant italien, faisant la roue devant votre carriole en vous traitant d'Excellence, et l'aimable gueuserie insolente du gamin de Paris qui vous demande votre bout de cigare en vous appelant Général (Flaub., Champs et grèves,1848, p. 285).
C.− Loc. adv. Par excellence
1. [À propos d'une chose/d'une pers. que l'on compare à son image-type, à d'autres choses/pers. du même genre, le subst. étant gén. précédé de l'art. déf.; souvent avec une valeur adj.] De façon très caractéristique, particulièrement représentative. Le livre des livres, le livre par excellence et qui n'a point de rival, celui des psaumes (J. de Maistre, Soirées St-Pétersb.,t. 2, 1821, p. 56).C'est l'artiste par excellence, (...) Prométhée est le symbole de l'inspiration et du progrès (P. Leroux, Humanité, t. 2, 1840, p. 656).Pays d'embuscades par excellence, c'était la région idéale pour la guérilla (Vailland, Drôle de jeu,1945, p. 130):
8. À cause du prestige que la famille garde à nos yeux, il nous semble que si elle a été et si elle est toujours une école de dévouement et d'abnégation, le foyer par excellence de la moralité, c'est en vertu de caractères tout particuliers dont elle aurait le privilège et qui ne se retrouveraient ailleurs à aucun degré. Durkheim, Divis. trav.,1893, p. XVII.
Rem. Excellence (notamment dans cet emploi) marque parfois une supériorité dans le mal, le manque, et s'associe alors à des termes négatifs, péj. Nous sommes les deux antipodes. Sarcey est l'écrivain plat par excellence (Goncourt, Journal, 1879, p. 18). C'était le moment désagréable celui dont je me méfiais le plus... L'heure dégueulasse par excellence pour les raffuts, les bagarres (Céline, Mort à crédit, 1936, p. 536).
Expr. L'Être par excellence. Dieu. Cette forme elle-même est l'expression vibrante et palpitante (...) de ce devoir mystérieux de ressemblance que l'Être par excellence lui a communiqué. Tout mouvement est un langage. Dieu seul est acte constant (Claudel, Poète regarde Croix,1938, p. 221).Appeler/nommer (qqc., qqn) par excellence (de telle façon), donner/mériter... par excellence le nom de. De la manière la plus juste, la mieux appropriée; dans toute la force du terme :
9. L'homme seul réunit en lui la plénitude de ces deux sphères; il est susceptible de toutes les industries comme de toutes les jouissances : on l'appelle par excellence l'animal raisonnable, parce que son esprit est susceptible de concevoir toutes les raisons ou les rapports des êtres; on pourrait le nommer encore par excellence l'animal animé, parce que son cœur est susceptible de toutes les passions des animaux. Bern. de S.-P., Harmonies de la nature,1814, p. 276.
2. [À propos d'une chose/d'une pers. dont on compare implicitement les composantes, les qualités les unes par rapport aux autres, le subst. plus ou moins adjectivé étant gén. précédé de l'art. indéf. ou indéterminé] D'une manière qui met particulièrement en évidence (telle composante, telle qualité), de façon prédominante, essentiellement, par-dessus tout. Cette « Bonne chanson » qui se trouve, dans le bagage assez volumineux de mes vers, ce que je préférerais comme sincère par excellence (Verlaine, Œuvres compl.,t. 5, Confessions, 1895, p. 126).Son œuvre entière [de Whistler] montre merveilleusement que « voir » est le contraire de « tout voir » (...) Whistler a été par excellence un « voyant » (Mauclair, De Watteau à Whistler,1905, p. 323).
Prononc. et Orth. : [εksεlɑ ̃:s], [e-] ou [ekse]. Cf. é-1et exceller pour la 2esyll. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Ca 1170 excellence (B. de Ste-Maure, Ducs Normandie, éd. C. Fahlin, 17308); 1260 plaisoit a le tres debon(i)ere excellence le roy (E. Boileau, Mestiers, 137 ds T.-L.). Empr. au lat. class. excellentia « supériorité, excellence ». Fréq. abs. littér. : 1 942. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 4 056, b) 2 841; xxes. : a) 2 042, b) 2 046.

Excellence : définition du Wiktionnaire

Nom commun

excellence \ɛk.se.lɑ̃s\ féminin

  1. Degré élevé de qualité.
    • En quoi consiste l’excellence de cette musique, de cette comédie, de ce livre ?
    • L’excellence d’un fruit, d’un vin, d’un mets, d’un remède.
    • L’opinion de Rabbi Hillel comporte une méfiance à l’égard de l’idée messianique, à l’égard de la rédemption par le Messie : Israël attend une excellence plus grande que celle qui consisterait à être sauvé par un Messie. — (Emmanuel Lévinas, Difficile liberté: Essais sur le judaïsme, 1976)
  2. Appellation honorifique qu’on donne aux ambassadeurs, aux archevêques et évêques même titulaires et à certains autres prélats.
    • J’ai exécuté les ordres de Votre excellence.

Nom commun

excellence

  1. Excellence.
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Excellence : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

EXCELLENCE. n. f.
Degré éminent de perfection. En quoi consiste l'excellence de cette musique, de cette comédie, de ce livre? L'excellence d'un fruit, d'un vin, d'un mets, d'un remède. Prix d'excellence, Prix d'ensemble décerné à l'élève qui s'est le plus distingué dans sa classe. Il est aussi une Appellation honorifique qu'on donne aux ambassadeurs, aux archevêques et évêques même titulaires et à certains autres prélats. J'ai exécuté les ordres de Votre Excellence.

PAR EXCELLENCE, loc. adv. À un degré éminent. Il se dit pour marquer la Perfection d'une certaine qualité dans ce dont on parle, pour en exprimer le plus haut degré. Rome fut longtemps la Ville par excellence. On a appelé Aristote le philosophe par excellence; Cicéron, l'orateur par excellence. On dit dans le même sens : Dieu est l'Être par excellence, C'est le souverain Être, et toutes les créatures n'ont l'être que par lui.

Excellence : définition du Littré (1872-1877)

EXCELLENCE (è-ksè-lan-s') s. f.
  • 1Éminent degré de qualité, en un genre. L'excellence d'un remède, d'un fruit. Digne de la grandeur et de l'excellence de l'homme, Massillon, Car. Culte. L'excellence de la musique est dans le chant, et la mélodie en est l'âme, Marmontel, Élém. littér. Œuv. t. IX, p. 111, dans POUGENS.

    Familièrement. Avoir une grande idée de sa propre excellence, de l'excellence de son esprit, être infatué de soi, de son mérite.

    Dans les colléges, lycées et pensions, prix d'excellence, prix unique décerné à l'élève qui s'est le plus distingué pendant toute la durée de l'année scolaire, dans toutes les branches d'étude réunies.

    Dans les lycées de Paris, prix donné à l'élève qui a obtenu le plus de points dans les compositions durant les deux premiers trimestres de l'année ; prix dit aussi de semestre.

    Par excellence, loc. adv. Au plus haut degré. Bien fait et beau par excellence, La Fontaine, Pet. chien. Si le ciel t'eût, dit-il, donné par excellence Autant de jugement que de barbe au menton, La Fontaine, Fabl. III, 5. Sa mère Antonia disait d'un sot par excellence : il est plus bête que mon fils Claude, Diderot, Règne de Claude et Nér. I, § 16.

    Par excellence, se dit aussi pour marquer l'éminence d'une qualité dans une personne. Aristote a été appelé le philosophe par excellence. [Le roi de Perse] qu'elles [les nations grecques] appelaient le grand roi ou le roi par excellence, Bossuet, Hist. III, 5. On ne l'appelait [Agrigente] simplement que la grande ville par excellence, Fénelon, Empéd.

    On dit dans le même sens, Dieu est l'être par excellence.

    Par excellence, se dit enfin pour désigner qu'un nom commun est pris pour un nom propre et particulier, tant la qualité dont il s'agit appartient à la chose, à la personne dont on parle. Chapeau se dit, par excellence, du chapeau de cardinal.

  • 2Titre qu'on donne aux ambassadeurs, aux ministres. Ils changeraient entre eux les simples Excellences, S'ils osaient, en des Majestés, La Fontaine, Fabl. XI, 5.

    Il se fait donner, on lui donne de l'Excellence, on l'appelle Votre Excellence.

    Une Excellence, une personne qui a droit au titre d'Excellence. J'ai cru suivre un ami et non un protecteur, un homme et non une Excellence, Courier, Lett. I, 124. Qu'est ceci ? dit d'un ton dur Une Excellence bretonne, Béranger, Messe du St-Esp.

    En ce sens, on met des majuscules : Votre Excellence, Son Excellence.

    On écrit aussi en abrégé V. E. pour Votre Excellence, S. E. pour Son Excellence.

    Par plaisanterie, ce titre se donne à des gens qui n'ont aucune dignité. Ah ! te voilà ; bonjour, l'ami Frontin ; comment se porte Ton Excellence ? - Fort au service de la Vôtre, monsieur le chevalier, Dancourt, les Curieux de Compiègne, sc. 1 et 2.

HISTORIQUE

XIIe s. Ta grant proesce e ta science E ta puissance e t'excellence [il] Prie et requiert, humles vers tei, Que li tienges [que tu lui tiennes] amor e fei, Benoit de Sainte-Maure, II, 4295.

XIIIe s. L'eucellence de ta figure, Rutebeuf, II, 13. S'il plaisoit à la très deboniere excellence le roy, tout cil qui seroient preudome et loyal, porroient estre tainturiers, Liv. des mét. 137.

XIVe s. Vers heoyques sont dittiés des faiz et adventures de gens de très grant excellence, Oresme, Eth. 22.

XVe s. Et vous plaise me vouloir pardonner, Se je n'escris devers vostre excellence, Comme je doy, en telle reverence Qu'il appartient…, Orléans, Departie d'amour en ballade.

XVIe s. J'avois ouï dire que la plupart des Italiens estoient sujets à trois vices par excellence, Marguerite de Navarre, Nouv. LI. Entre toutes choses animées, l'homme est de la plus grande excellence, Lanoue, 496. D'altez ni d'excellence et autres mots nouveaux de nouvelle fabrique, le langage ni la franchise des François n'en estoit jadis infectée, Saint-Julien, Mesl. hist. p. 595, dans LACURNE.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

EXCELLENCE. Ajoutez : - REM. Depuis la chute du deuxième empire français (1870), les ministres ont renoncé à se faire donner le titre d'Excellence.

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Excellence : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

EXCELLENCE, s. f. (Hist. mod.) est une qualité ou titre d’honneur qu’on donne aux ambassadeurs & à d’autres personnes qu’on ne qualifie pas de celui d’altesse ; parce qu’ils ne sont pas princes, mais qui sont au dessus de toutes les autres dignités inférieures. Voyez Qualité.

En Angleterre & en France on ne donne ce titre qu’aux ambassadeurs : mais il est fort commun en Allemagne & en Italie. Autrefois ce titre étoit réservé pour les princes du sang des différentes maisons royales ; mais ils l’ont abandonné pour prendre celui d’altesse, parce que plusieurs grands seigneurs prenoient celui d’excellence. Voyez Altesse.

Les ambassadeurs ne sont en possession de ce titre que depuis 1593, quand Henri IV. roi de France envoya le duc de Nevers en ambassade auprès du pape, ou il fut d’abord complimenté du titre d’excellence. Dans la suite on donna le même nom à tous les ambassadeurs résidens dans cette cour, d’où cet usage s’est répandu dans les autres. Voyez Ambassadeur.

Les ambassadeurs de Venise ne joüissent de ce titre que depuis 1636, tems auquel l’empereur & le roi d’Espagne consentirent à le leur donner.

Les ambassadeurs des têtes couronnées ne veulent point donner ce titre aux ambassadeurs des princes d’Italie, où cet usage n’est point établi.

La cour de Rome n’accorde jamais la qualité d’excellence à aucun ambassadeur quand il est ecclésiastique, parce qu’elle la regarde comme un titre séculier. Les regles ordinaires & l’usage du mot excellence ont varié un peu par rapport à la cour de Rome. Autrefois les ambassadeurs de France à Rome, donnoient le titre d’excellence à toute la famille du pape alors régnant, au connétable Colonne, au duc de Bracciano, & aux fils aînés de tous ces seigneurs, de même qu’aux ducs Savelli, Cesarini, &c.… mais à présent ils sont plus réservés à cet égard ; cependant ils traitent toûjours d’excellence toutes les princesses romaines.

La cour de Rome de son côté, & les princes romains donnent ce même titre au chancelier, aux ministres & sécrétaires d’état, & aux présidens des cours souveraines en France, aux présidens des conseils d’Espagne, au chancelier de Portugal, & à ceux qui remplissent les premieres places dans les autres états, pourvû qu’ils ne soient point ecclésiastiques.

Le mot excellence étoit autrefois le titre que portoient les rois & les empereurs : c’est pourquoi Anastase le bibliothécaire appelle Charlemagne son excellence. On donne encore ce titre au sénat de Venise ; où après avoir salué le doge sous le titre de sérénissime, on qualifie les sénateurs de vos excellences.

Le liber diurnus pontif. rom. traite d’excellence les exarques & les patriciens. Voyez Titre.

Les François & les Italiens ont renchéri sur la simple excellence, & en ont fait le mot excellentissime & excellentissimo, qui a été donné par plusieurs papes, rois, &c. mais le mot excellentissime n’est plus d’usage en France. Wiquefort & Chambers. (G)

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Étymologie de « excellence »

Étymologie de excellence - Littré

Provenc. excellencia ; espagn. excelencia ; ital. eccellenzia ; du lat. excellentia, de excellens, excellent.

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Étymologie de excellence - Wiktionnaire

(Date à préciser) De l'ancien français excellence, lui-même mot dérivé de excellent avec le suffixe -ence. Référence nécessaire
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Étymologie de excellence - Wiktionnaire

(Date à préciser) Mot dérivé de excellent avec le suffixe -ence.
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Phonétique du mot « excellence »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
excellence ɛkselɑ̃s play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « excellence »

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Citations contenant le mot « excellence »

  • L’excellence, éminent degré de qualité, elle était toujours une quête perpétuelle. La recherche de l’excellence boostait l’ego, amenait les personnes à se surpasser pour laisser éclore le meilleur d’eux. Mais ces dernières années , l’acceptation de faiblesses ou différences de l’autre, la relativité des choses et la flexibilité de soi ont pris largement la place de ladite quête. Et donc par des manières avenantes pour ne pas blesser on préfère utiliser c’est moyen, c’est acceptable mais sans s’embuer la face être moyen c’est être médiocre. Orifice News, La culture de l’excellence a déserté les bancs - Orifice News
  • En résolvant des problèmes majeurs, vous susciterez rapidement l'intérêt des autres équipes. La sélection d'un outil aidant les non-spécialistes à analyser leurs données de façon optimale encourage l'adoption de nouvelles méthodes de travail. En permettant aux chercheurs et aux ingénieurs d'effectuer leurs propres analyses, les entreprises augmentent leurs possibilités de développement. Pour déployer plus rapidement les fonctionnalités nécessaires à l'excellence analytique, elles doivent mettre l'analyse des données entre les mains de ceux qui comprennent les données, leur origine et leur qualité. info-chimie.fr, Instaurer une culture de l'excellence analytique
  • L'excellence, dans quelque domaine que ce soit, exige qu'on s'y consacre entièrement. De Monique Corriveau / Compagnon du soleil
  • Ce n'est pas l'abondance, mais l'excellence qui est richesse. De Joseph Joubert / Pensées, maximes et essais
  • L'excellence individuelle, toute remarquable qu'elle soit, est terriblement triste. De Irina Brook / Evene.fr - Décembre 2007
  • L'excellence doit être la même partout et pour tous. De Xavier Darcos / France-Info - 20 Mai 2007
  • L’honnête homme, détrompé de toutes les illusions, est l’homme par excellence. De Chamfort / Maximes et pensées
  • La difficulté à vaincre est l'affliction par excellence de l'homme moyen. De François Hertel / Un canadien errant
  • Par définition, l'adolescent c'est l'être bouleversé, déboussolé par excellence. De Marc Doré / Le Raton laveur
  • Les Français sont le peuple européen de la culture par excellence. De Hermann von Keyserling / Analyse spectrale de l'Europe
  • L'excellence de l'esprit est un perpétuel festin. De La Bible / Livre des proverbes
  • Il n’y a pas de substitut à l’excellence. Pas même le succès. De Thomas Boswell
  • L'Artiste est l'homme libre par excellence. De Marcel Gauchet / La religion dans la démocratie
  • La tolérance, c'est la civilisation par excellence. De Gilles Perrault / Entretien avec Didier Sénécal - Juin 1994
  • On connaît par les fleurs l'excellence du fruit. De Blaise de Montluc
  • Dieu, le solitaire par excellence. De Charles Baudelaire / Les Paradis Artificiels, 1860
  • Qui cherche la perfection obtient l’excellence. De Jori Cazilhac

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Traductions du mot « excellence »

Langue Traduction
Corse eccellenza
Basque excelentísimo
Japonais 閣下
Russe превосходительство
Portugais excelência
Arabe سعادة
Chinois 阁下
Allemand exzellenz
Italien eccellenza
Espagnol excelencia
Anglais excellency
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Synonymes de « excellence »

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