La langue française

Étalon

Sommaire

  • Définitions du mot étalon
  • Étymologie de « étalon »
  • Phonétique de « étalon »
  • Évolution historique de l’usage du mot « étalon »
  • Citations contenant le mot « étalon »
  • Traductions du mot « étalon »
  • Synonymes de « étalon »
  • Antonymes de « étalon »

Définitions du mot étalon

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉTALON1, subst. masc.

A.− Cheval entier destiné à la reproduction. Étalon de bonne, de pure race (Ac.1835-1932).Selon leurs qualités, les étalons sont « approuvés », « autorisés » ou simplement « acceptés » (St-Riquier-Delp.1975).Des charretiers (...) retenaient par le licou des étalons cabrés, qui hennissaient à pleins naseaux du côté des juments (Flaub., MmeBovary,t. 1, 1857, p. 157).
Étalon rouleur. ,,Celui que son propriétaire conduit de ferme en ferme pour lui faire saillir les juments`` (Littré, DG, Lar. 19e-Lar. Lang. fr.). Étalon d'essai (cf. Boute-en-train I A).
Emploi en appos. Chevaux étalons (Gide, Journal,1926, p. 823).P. ext. [Se rapportant au mâle d'une espèce domestique] Coq étalon, âne étalon (Fén.1970).
SYNT. Étalon pur-sang, demi-sang, arabe; les étalons nationaux; les dépôts d'étalons ou haras.
B.− P. ext.
1. Littér. Beau cheval fougueux. Étalon fougueux, puissant, sauvage; noble étalon. Et le jeune étalon de notre bon plaisir, Tout affolé qu'il est de sa course première, A besoin d'un peu d'ombre et de quelque loisir (Verlaine, Poèmes saturn.,1866, p. 94):
Le dieu soumet au joug quatre étalons de neige, Qui, rebelles au frein, mais au timon liés, Hérissés, écumants, sur leurs jarrets ployés, Hennissent vers les cieux, de leurs naseaux splendides. Leconte de Lisle, Poèmes ant.,1852, p. 210.
2. [En parlant d'un homme] , fam. ,,Homme ardent aux plaisirs de l'amour`` (Littré). Vieil étalon repenti, confit dans la dévotion (Arnoux, Roi,1956, p. 16).
C.− P. anal., ARBORIC., VITIC. Arbre, souche sélectionné(e) pour le prélèvement des greffons (Fén.1970).Les étalons de nos crus fameux (Pesquidoux, Livre raison,1925, p. 81).Chênes (...) que les forestiers nomment bis-anciens et regardent comme les meilleurs reproducteurs, les étalons de choix (Pesquidoux, Livre raison,1928, p. 13).
Rem. 1. On relève chez Bloy (Désesp., 1886, p. 319) le subst. masc. étalonnat, fam. [S'appliquant à un homme] Fonction d'étalon, de reproducteur. 2. Littré et Lar. 19e-Lar. encyclop. enregistrent le subst. masc. étalonnage. Industrie des propriétaires d'étalon qui louent le cheval pour la monte. 3. Ac. 1798-1878 et l'ensemble des dict. enregistrent le verbe trans. étalonner. [En parlant du cheval] Couvrir une jument. Absol. Cheval bon pour étalonner (Lar. 19e-Lar. encyclop.). 4. Littré, Rob. (en rem.) et Quillet 1965 enregistrent le subst. fém. étalonnerie. Écurie réservée aux étalons dans un haras.
Prononc. et Orth. : [etalɔ ̃]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1211 estalon « cheval entier destiné à la reproduction » (G. Le Clerc, Bestiaire, 1855 ds T.-L.); 2. 1864 adj. âne étalon (Littré). De l'a. b. frq. *stallo, de même sens, dér. de stall « écurie », l'étalon restant généralement à l'écurie.
DÉR.
Étalonnier, ière, adj. et subst.a) Adj. Qui a rapport aux étalons. Industrie étalonnière (Lar. 19e). Cf. aussi Littré.b) Subst. masc. Celui qui est propriétaire d'étalons et les loue pour la monte des juments (cf. Littré). Mod. Celui qui dans un haras s'occupe des étalons et de ce qui a trait aux fonctions de reproduction. Étalonnier, aide-étalonnier (Zitrone, Courses,1962, p. 86). [etalɔnje]. Ds Ac. 1932. 1resattest. 1567 etalonier « celui qui s'occupe des étalons » (Baïf, Le Brave, IV, 3 ds Hug.) attest. isolée, de nouv. 1932 (Ac.); 1861 « propriétaire d'étalons » (E. Gayot ds Quem. DDL t. 15); 1870 adj. « relatif aux étalons » (Lar. 19e); de étalon1, suff. -ier*.

ÉTALON2, subst. masc.

A.− MÉTROL. Modèle de poids ou de mesure, appareil établi avec une extrême précision et sous l'autorité et la garantie de l'État, qui sert de référence pour les autres mesures ou appareils de poids et mesures. L'étalon du mètre conservé à Paris au Bureau international des poids et mesures (Carrel, L'Homme,1935, p. 34):
1. Elle [ma mère] croyait à la fatalité autant qu'au beau mètre des Arts et Métiers, dont elle m'avait toujours parlé avec respect, parce qu'elle avait appris étant jeune, que celui dont elle se servait dans son commerce de mercerie était la copie scrupuleuse de ce superbe étalon officiel. Céline, Voyage,1932, p. 121.
P. ext. Tout ce qui (objet, résultat d'expérience, propriété d'un corps) sert officiellement ou conventionnellement de point de référence. Étalon d'aune, de boisseau, de livre (Ac. 1798-1878); étalon de mètre, de litre, de gramme (Ac. 1835-1932); rectifier un poids à l'étalon (Ac. 1835-1932); étalon de mesure, de temps. Synon. type, prototype.
En appos. Poids étalons (Lenormand, Simoun,1921, p. 17).Fréquence étalon, temps étalon (cf. Décaux, Mesure temps,1959, p. 36).L'année 1960 a vu le remplacement du mètre étalon par une longueur d'onde (Hist. gén. sc.,t. 3, vol. 1, 1961, p. 174).
SYNT. [Dans les domaines de sc. phys. et électron.] Étalons atomiques, primaires, secondaires; étalon de fréquence, à quartz.
Spéc., MONNAIE.
Étalon monétaire. Métal précieux de poids et de titre déterminé, choisi pour fabriquer la pièce type d'un État. ,,Poids de métal précieux correspondant à l'unité monétaire`` (Phél. 1975). Un étalon monétaire est un métal précieux : l'or ou l'argent, parfois le cuivre (Lesourd, Gérard, Hist. écon.,1968, p. 35).
Étalon-or. ,,Système monétaire dans lequel la monnaie est définie par rapport à l'or`` (CIDA 1973). Français et Américains ont cru que l'abandon de l'étalon-or ferait perdre à la Cité le marché des capitaux de l'univers (Morand, Londres,1933, p. 297).
Double étalon. Système monétaire dans lequel la monnaie est définie par rapport à l'or et à l'argent. Cf. Shaw, Hist. monnaie, 1896, p. 156.
B.− Au fig. Ce qui sert de point de comparaison, de référence. Synon. modèle, archétype.Étalon de beauté, de valeur :
2. Son père [de Beyle], sa tante Séraphie, ses grands-parents, le fantôme délicieux de sa mère, ses premiers amis, ses maîtres ne cessent point de lui servir de types, étalons de sensibilité, de méchanceté, de sottise ou d'ennui. Il leur rapporte tous les êtres qu'il rencontre par la suite. Valéry, Variété II,1929, p. 98.
PSYCHOL. Groupe étalon. Groupe de personnes répondant à certaines caractéristiques auquel on applique en premier lieu un test pour établir des normes (cf. Foulq. 1971, Piéron 1973).
Prononc. et Orth. : [etalɔ ̃]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1180 estalon « pieu, poteau » (A. de Paris, Alexandre, III, 4667 ds Elliott Monographs 37, p. 247); 2. 1340-41 « baliveau de l'âge de la dernière coupe » (doc. champ. d'apr. FEW t. 17, p. 211a); 3. 1606 « cheville reliant deux pièces de bois enchâssées dans des mortaises » (Nicot); 4. 1676 « ais posé à terre sur lequel les charpentiers tracent l'épure d'une charpente » (Félibien Dict., p. 585). B. 1. 1322 « modèle légal de mesure, représentation matérielle d'une unité de mesure » (Document ds Morlet, p. 322); 1890 adj. mètres-étalons (Lar. 19eSuppl.); 2. 1846 « métal sur lequel est fondée la valeur d'une unité monétaire » (Balzac, Cous. Bette, p. 394). A dér. de l'a. fr. estal, estel « pieu, poteau » (fin du xiies. ds Z. fr. Spr. Lit. t. 43, 1, p. 111; Gdf., s.v. estal), lui-même issu de l'a. b. frq. *stalo « id. », cf. le m. néerl. stale « id. » (Verdam), stele « manche, tige », néerl. steel « id. ». B, peut-être issu d'un a. b. frq. *stalo « modèle de mesure », est attesté en ce sens en lat. médiév. (1275 stalonnus ds du Cange; 1282 stalo, ibid.); ses rapports avec A restent encore à éclaircir, v. R. Ling. rom. t. 23, p. 222; FEW t. 17, p. 212; on peut le rapprocher du m. néerl. stael « échantillon, modèle » (Verdam).
STAT. − Étalon1 et 2. Fréq. abs. littér. : 188 (étalon-or : 11).
BBG. − Gamillscheg (E.). Etymologische Miszellen. Rom. Jahrb. 1950, pp. 287-288. Quem. DDL. t. 12 Sain. Sources t. 2 1972 [1925] p. 140.

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉTALON1, subst. masc.

A.− Cheval entier destiné à la reproduction. Étalon de bonne, de pure race (Ac.1835-1932).Selon leurs qualités, les étalons sont « approuvés », « autorisés » ou simplement « acceptés » (St-Riquier-Delp.1975).Des charretiers (...) retenaient par le licou des étalons cabrés, qui hennissaient à pleins naseaux du côté des juments (Flaub., MmeBovary,t. 1, 1857, p. 157).
Étalon rouleur. ,,Celui que son propriétaire conduit de ferme en ferme pour lui faire saillir les juments`` (Littré, DG, Lar. 19e-Lar. Lang. fr.). Étalon d'essai (cf. Boute-en-train I A).
Emploi en appos. Chevaux étalons (Gide, Journal,1926, p. 823).P. ext. [Se rapportant au mâle d'une espèce domestique] Coq étalon, âne étalon (Fén.1970).
SYNT. Étalon pur-sang, demi-sang, arabe; les étalons nationaux; les dépôts d'étalons ou haras.
B.− P. ext.
1. Littér. Beau cheval fougueux. Étalon fougueux, puissant, sauvage; noble étalon. Et le jeune étalon de notre bon plaisir, Tout affolé qu'il est de sa course première, A besoin d'un peu d'ombre et de quelque loisir (Verlaine, Poèmes saturn.,1866, p. 94):
Le dieu soumet au joug quatre étalons de neige, Qui, rebelles au frein, mais au timon liés, Hérissés, écumants, sur leurs jarrets ployés, Hennissent vers les cieux, de leurs naseaux splendides. Leconte de Lisle, Poèmes ant.,1852, p. 210.
2. [En parlant d'un homme] , fam. ,,Homme ardent aux plaisirs de l'amour`` (Littré). Vieil étalon repenti, confit dans la dévotion (Arnoux, Roi,1956, p. 16).
C.− P. anal., ARBORIC., VITIC. Arbre, souche sélectionné(e) pour le prélèvement des greffons (Fén.1970).Les étalons de nos crus fameux (Pesquidoux, Livre raison,1925, p. 81).Chênes (...) que les forestiers nomment bis-anciens et regardent comme les meilleurs reproducteurs, les étalons de choix (Pesquidoux, Livre raison,1928, p. 13).
Rem. 1. On relève chez Bloy (Désesp., 1886, p. 319) le subst. masc. étalonnat, fam. [S'appliquant à un homme] Fonction d'étalon, de reproducteur. 2. Littré et Lar. 19e-Lar. encyclop. enregistrent le subst. masc. étalonnage. Industrie des propriétaires d'étalon qui louent le cheval pour la monte. 3. Ac. 1798-1878 et l'ensemble des dict. enregistrent le verbe trans. étalonner. [En parlant du cheval] Couvrir une jument. Absol. Cheval bon pour étalonner (Lar. 19e-Lar. encyclop.). 4. Littré, Rob. (en rem.) et Quillet 1965 enregistrent le subst. fém. étalonnerie. Écurie réservée aux étalons dans un haras.
Prononc. et Orth. : [etalɔ ̃]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1211 estalon « cheval entier destiné à la reproduction » (G. Le Clerc, Bestiaire, 1855 ds T.-L.); 2. 1864 adj. âne étalon (Littré). De l'a. b. frq. *stallo, de même sens, dér. de stall « écurie », l'étalon restant généralement à l'écurie.
DÉR.
Étalonnier, ière, adj. et subst.a) Adj. Qui a rapport aux étalons. Industrie étalonnière (Lar. 19e). Cf. aussi Littré.b) Subst. masc. Celui qui est propriétaire d'étalons et les loue pour la monte des juments (cf. Littré). Mod. Celui qui dans un haras s'occupe des étalons et de ce qui a trait aux fonctions de reproduction. Étalonnier, aide-étalonnier (Zitrone, Courses,1962, p. 86). [etalɔnje]. Ds Ac. 1932. 1resattest. 1567 etalonier « celui qui s'occupe des étalons » (Baïf, Le Brave, IV, 3 ds Hug.) attest. isolée, de nouv. 1932 (Ac.); 1861 « propriétaire d'étalons » (E. Gayot ds Quem. DDL t. 15); 1870 adj. « relatif aux étalons » (Lar. 19e); de étalon1, suff. -ier*.

ÉTALON2, subst. masc.

A.− MÉTROL. Modèle de poids ou de mesure, appareil établi avec une extrême précision et sous l'autorité et la garantie de l'État, qui sert de référence pour les autres mesures ou appareils de poids et mesures. L'étalon du mètre conservé à Paris au Bureau international des poids et mesures (Carrel, L'Homme,1935, p. 34):
1. Elle [ma mère] croyait à la fatalité autant qu'au beau mètre des Arts et Métiers, dont elle m'avait toujours parlé avec respect, parce qu'elle avait appris étant jeune, que celui dont elle se servait dans son commerce de mercerie était la copie scrupuleuse de ce superbe étalon officiel. Céline, Voyage,1932, p. 121.
P. ext. Tout ce qui (objet, résultat d'expérience, propriété d'un corps) sert officiellement ou conventionnellement de point de référence. Étalon d'aune, de boisseau, de livre (Ac. 1798-1878); étalon de mètre, de litre, de gramme (Ac. 1835-1932); rectifier un poids à l'étalon (Ac. 1835-1932); étalon de mesure, de temps. Synon. type, prototype.
En appos. Poids étalons (Lenormand, Simoun,1921, p. 17).Fréquence étalon, temps étalon (cf. Décaux, Mesure temps,1959, p. 36).L'année 1960 a vu le remplacement du mètre étalon par une longueur d'onde (Hist. gén. sc.,t. 3, vol. 1, 1961, p. 174).
SYNT. [Dans les domaines de sc. phys. et électron.] Étalons atomiques, primaires, secondaires; étalon de fréquence, à quartz.
Spéc., MONNAIE.
Étalon monétaire. Métal précieux de poids et de titre déterminé, choisi pour fabriquer la pièce type d'un État. ,,Poids de métal précieux correspondant à l'unité monétaire`` (Phél. 1975). Un étalon monétaire est un métal précieux : l'or ou l'argent, parfois le cuivre (Lesourd, Gérard, Hist. écon.,1968, p. 35).
Étalon-or. ,,Système monétaire dans lequel la monnaie est définie par rapport à l'or`` (CIDA 1973). Français et Américains ont cru que l'abandon de l'étalon-or ferait perdre à la Cité le marché des capitaux de l'univers (Morand, Londres,1933, p. 297).
Double étalon. Système monétaire dans lequel la monnaie est définie par rapport à l'or et à l'argent. Cf. Shaw, Hist. monnaie, 1896, p. 156.
B.− Au fig. Ce qui sert de point de comparaison, de référence. Synon. modèle, archétype.Étalon de beauté, de valeur :
2. Son père [de Beyle], sa tante Séraphie, ses grands-parents, le fantôme délicieux de sa mère, ses premiers amis, ses maîtres ne cessent point de lui servir de types, étalons de sensibilité, de méchanceté, de sottise ou d'ennui. Il leur rapporte tous les êtres qu'il rencontre par la suite. Valéry, Variété II,1929, p. 98.
PSYCHOL. Groupe étalon. Groupe de personnes répondant à certaines caractéristiques auquel on applique en premier lieu un test pour établir des normes (cf. Foulq. 1971, Piéron 1973).
Prononc. et Orth. : [etalɔ ̃]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1180 estalon « pieu, poteau » (A. de Paris, Alexandre, III, 4667 ds Elliott Monographs 37, p. 247); 2. 1340-41 « baliveau de l'âge de la dernière coupe » (doc. champ. d'apr. FEW t. 17, p. 211a); 3. 1606 « cheville reliant deux pièces de bois enchâssées dans des mortaises » (Nicot); 4. 1676 « ais posé à terre sur lequel les charpentiers tracent l'épure d'une charpente » (Félibien Dict., p. 585). B. 1. 1322 « modèle légal de mesure, représentation matérielle d'une unité de mesure » (Document ds Morlet, p. 322); 1890 adj. mètres-étalons (Lar. 19eSuppl.); 2. 1846 « métal sur lequel est fondée la valeur d'une unité monétaire » (Balzac, Cous. Bette, p. 394). A dér. de l'a. fr. estal, estel « pieu, poteau » (fin du xiies. ds Z. fr. Spr. Lit. t. 43, 1, p. 111; Gdf., s.v. estal), lui-même issu de l'a. b. frq. *stalo « id. », cf. le m. néerl. stale « id. » (Verdam), stele « manche, tige », néerl. steel « id. ». B, peut-être issu d'un a. b. frq. *stalo « modèle de mesure », est attesté en ce sens en lat. médiév. (1275 stalonnus ds du Cange; 1282 stalo, ibid.); ses rapports avec A restent encore à éclaircir, v. R. Ling. rom. t. 23, p. 222; FEW t. 17, p. 212; on peut le rapprocher du m. néerl. stael « échantillon, modèle » (Verdam).
STAT. − Étalon1 et 2. Fréq. abs. littér. : 188 (étalon-or : 11).
BBG. − Gamillscheg (E.). Etymologische Miszellen. Rom. Jahrb. 1950, pp. 287-288. Quem. DDL. t. 12 Sain. Sources t. 2 1972 [1925] p. 140.

Wiktionnaire

Nom commun 1

étalon \e.ta.lɔ̃\ masculin (pour la femelle on dit : jument)

  1. (Hippologie) Cheval mâle utilisé pour la reproduction.
    • […] : le grand vizir vient de m’envoyer un joli cheval tout harnaché à l’arabe. C’est un étalon barbe, pas grand, mais bien formé et bien musclé, un alezan étoile de blanc au front, dont la robe dorée, la queue et la crinière blondes, longues et fournies, reluisent au soleil. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 112)
  2. (Figuré) (Sexualité) Homme sexuellement attirant ou sexuellement très actif.
    • Tu veilleras en faction devant la porte des bals où tes officiers vendent aux enchères leurs grâces d’étalons, où ces hommes entretenus, débattent le tarif de leurs charmes à travers les musiques langoureuses et les tièdes parfums. — (Laurent Tailhade, Discours pour la Paix, Lettre aux conscrits, L’Idée libre, 1928, p. 21-30)

Nom commun 2

étalon \e.ta.lɔ̃\ masculin

  1. (Métrologie) Instrument de mesure qui sert de référence pour cette unité de mesure.
    • (Par apposition)Le diamètre a été mesuré à l’aide d’un microscope muni d'un micromètre oculaire qui avait été comparé préalablement à un micromètre étalon placé dans l’objectif. — (Pierre Curie, Propriétés magnétiques des corps à diverses températures, Annales de Chimie & de Physique, 7e série, t. V, juillet 1895)
    • Les lots de lampes à filament de carbone, étalonnées en bougies nouvelles, continueront à servir d’étalons pratiques, le recours au corps noir-platine n’étant envisagé que pour le contrôle périodique de ces groupes de lampes. — (Bulletin d’Information Technique et Scientifique, Secrétariat d'État à la Guerre (France), 1948, page 449)
  2. (Industrie) Pièce de référence pour l’étalonnage d’un moyen de mesure spécialisé.
  3. (Économie) Valeur ou métal de référence d’un système monétaire.
    • L’étalon or.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ÉTALON. n. m.
Cheval entier qu'on emploie à la reproduction. Ce cheval est bon à servir d'étalon. Il avait de beaux étalons dans son haras. Étalon de bonne race, de pure race.

Littré (1872-1877)

ÉTALON (é-ta-lon) s. m.
  • Cheval entier pour la conservation de la race. L'étalon généreux a le port plein d'audace ; Sur ses jarrets pliants se balance avec grâce ; Aucun bruit ne l'émeut ; le premier du troupeau, Il fend l'onde écumante, affronte un pont nouveau, Delille, Géorg. III.

    Étalons nationaux, étalons qui appartiennent à l'État et sont déposés dans les haras et dépôts.

    Étalons approuvés, étalons particuliers qui ont été soumis à l'approbation de l'administration des haras.

    Étalons rouleurs, chevaux entiers que leurs propriétaires conduisent, à l'époque de la monte, dans les fermes et les villages, pour la saillie des juments.

    Étalon d'essai, synonyme de boute-en-train.

    Bœuf étalon (locution bizarre, puisque le bœuf est châtré, mais reçue), âne étalon, le mâle employé à la reproduction et à l'amélioration de l'espèce.

    Fig. et familièrement, homme ardent aux plaisirs de l'amour. Il croit en venir à bout, s'il peut faire voir qu'il est bon étalon, Perrot D'Ablancourt, Lucien, dans LE ROUX, Dict. comique.

REMARQUE

Ménage et le Dictionnaire de l'Académie de son temps disent qu'on prononçait ételon.

HISTORIQUE

XIIIe s. Et s'il eyt nule [jument] qui n'eyt polein, soit enquis si ce soit par malveise garde ou par deffaute de viande, ou par deffaute d'estaloun, Traité d'agriculture, dans Bibl. des chartes, 2e série, t. II, p. 131.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. ÉTALON.

Fig. Ajoutez : Si quelqu'un n'entreprend la recherche de quelque femme d'importance, ce sera un homme sans courage, un étalon de chambrières, Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne.

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Étymologie de « étalon »

(Nom 1) (XIIIe siècle) En ancien français estalon, du vieux-francique stallo[1], dérivé de stall (« écurie ») → voir stalle.
(Nom 2) (Date à préciser) Du vieux-francique stalo[1] apparenté à staal, steel (« échantillon », « tige ») en néerlandais.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Berry, atelon ; ital. stallone ; loi des Visigoths, equus ad stallum ; du bas-lat. stalla ou stallum, écurie (voy. ESTAL) : c'est-à-dire cheval tenu à l'écurie et non soumis au travail, pour être employé à la reproduction. On trouve dans les langues celtiques stal, stalan, étalon, mais il paraît y provenir du roman.

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Phonétique du mot « étalon »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
étalon etalɔ̃

Évolution historique de l’usage du mot « étalon »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « étalon »

  • Un moine est l'étalon de la chasteté. De Maurice Chapelan / Main Courante
  • L'étalon ne sent pas les coups de pied de la jument. De Proverbe basque
  • L'étalon est l'image de l'ami moqueur : il hennit sous tout cavalier. De La Bible / L'ecclésiastique
  • Dieu s'est fait homme : c'est là l'étalon de la perfection. La femme n'est qu'un lieu raté qui se souvient des dieux... De Michèle Mailhot / Béatrice vue d'en bas
  • - J'ai l'estomac dans les talons. - On aimerait mieux avoir l'étalon dans l'estomac. De Raymond Queneau / Un dimanche de la vie
  • La Grande Dépression des années 30 et le chômage sans précédent qui suivit dans la majorité des pays occidentaux ont été paradoxalement causés par la décision des vainqueurs de revenir à l’étalon-or après la Première Guerre. En effet, le système-or a été remis sur pied, mais sans le marché des Effets réels qui s’appuyait sur des lettres de crédit payable à l’échéance en pièce d’or. Ne fuyez pas, je vais expliquer. ​ Ces lettres de crédit étaient un engagement de paiement en or d'un acheteur vis-à-vis d'un vendeur à l’international. C’est une créance un peu comme un chèque, à la différence qu’il peut s'échanger et partager la garantie de paiement, car il n'est pas attaché à un compte bancaire. Son règlement est promis et dû en or. Ce moyen de paiement était très utile aux économies, car ces lettres servaient de fonds de roulement des salaires d’une entreprise. Elles pouvaient circuler avant l’échéance ce qui permettait de produire et distribuer des biens que l’acheteur pouvait payer jusqu’à trois mois (91 jours) plus tard maximum et une fois arrivée à maturité ces lettres se transformaient en pièce d’or. Pour simplifier, avec ce fonds de roulement, toute personne qui voulait travailler pouvait être embauchée, car son salaire pouvait être payé chaque semaine grâce à la production des biens en cours de fabrication, avant même qu’ils ne soient livrés au client final. Le système est un peu plus complexe, mais je simplifie. En tout cas, la loi du Cours légal de 1909 a également détruit ce système de marché des Effets réels et, selon notre auteur, c’est la cause principale et non dite des taux de chômage massif durant la Grande Dépression. Alors pourquoi cela a été fait ? Hé bien pour les vainqueurs de la Grande Guerre, il fallait bloquer le commerce international multilatéral qui s’appuyait sur l’or pour continuer de pénaliser l’Allemagne encore après le Traité de Versailles. Traité de Versailles qui a mis fin au blocus ravageur sur ses marchandises. Pour ce faire, il fallait remplacer les échanges multilatéraux par des échanges bilatéraux et des effets de commerce à court terme. L’Entente a donc progressivement abandonné le crédit remboursable en or par le crédit artificiel bancaire contrôlé par les banques centrales sans en voir les conséquences et au final l’absence du marché des Effets réels avec ses lettres de crédit-or ont finalement pénalisé les économies des pays vainqueurs. Donc avant 1909, en fait surtout avant 1914, le commerce était multilatéral, c’est-à-dire que les importations étaient payées par l’émission, l’endossement et l’acceptation de lettres de change payables en or, avec l’échéance de 3 mois après expédition de marchandise. Ce système de standard or avec une propriété privée illimitée et non contrôlée de l’or permettait l’équilibre budgétaire des nations. La dette publique devait être tout simplement obligatoirement remboursée, de même que les dettes privées. Les dépenses publiques d’urgence étaient financées par des obligations à long terme et il n’y avait pas de planche à émettre des billets à l’infini. C’est grâce à ce système que le commerce mondial s’est fortement accru après Waterloo de 1815 jusqu’à la Première Guerre mondiale. Le retrait de l’or du cours légal représente en fait une dangereuse alliance entre des gouvernements et des banquiers. En échange du privilège de pouvoir créer des dépôts sans obligation de réserve d’or équivalente, les banques pouvaient après 1909 acheter tous les Bons du Trésor du gouvernement qui n’avaient pas trouvé d’acheteurs sur le marché obligataire. Les Bons du Trésor, ce sont des titres obligataires que l’Etat émet pour se financer par l’emprunt. ​ ​ AgoraVox, Qu'est-ce que l'étalon-or selon Antal Fekete ? (1/2) - AgoraVox le média citoyen
  • Tangelo van de Zuuthhoeve n'est pas un étalon des plus connus en France malgré la présence de Narcos II, Laudanum et Almé dans son papier mais la réussite de ses produits à l'international ces dernières années ne laissent pas indifférent. , Tangelo van de Zuuthhoeve, le plus français des Belges / Elevage et étalons / élevage / Accueil - leperon.fr
  • Sa première ascension documentée serait l'oeuvre, le 26 avril 1336, du poète Pétrarque. Le Mont Ventoux est aussi le territoire de prédilection des vélos. Pour les cyclistes professionnels du Tour de France ou pour les randonneurs ou autres cyclotouristes, il est un mètre étalon, un grand témoin qu'il faut avoir conquis, soit en gagnant l'étape, soit en l'apprivoisant lentement. Et si vous y allez, même en voiture, même en été, couvrez-vous : là-haut, il y a toujours du vent et il n'y fait jamais très chaud. LaProvence.com, Sorties - Loisirs | La Provence vue du ciel : Mont Ventoux, le géant de Provence | La Provence
  • L’étalon HH Rebozo emporté par une insuffisance rénale Eurosport, HH Rebozo, ancien complice de Rodrigo Pessoa, est mort des suites d'une insuffisance rénale. - Equitation - Eurosport

Traductions du mot « étalon »

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Synonymes de « étalon »

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