Type : définition de type


Type : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

TYPE, subst. masc.

I.
A. −
1. Pièce, généralement en métal, portant une empreinte, servant à reproduire des empreintes identiques; p. méton., cette empreinte. Il y eut bientôt dans le commerce des lampes au type du bon pasteur, qui probablement sortaient des mêmes officines que les lampes au type de Bacchus ou de Sérapis (Renan, Marc-Aurèle, 1881, p. 546).Le gaufrage ne peut rendre que ce que la gravure est susceptible de donner et il est essentiel d'avoir un type parfaitement gravé en creux, sur acier ou sur cuivre, à la façon des coins monétaires (Schott, Morin, Presses à platine, 1910, p. 137).
2. Spécialement
a) TYPOGRAPHIE
α) Vx. Caractère d'imprimerie; ensemble des caractères. (Dict. xixeet xxes.).
β) Modèle de caractères présentant des hauteurs, largeurs et dessins déterminés. Type Didot, Garamond, gothique, romain; corps d'un type. En vertu d'une ordonnance de Louis XIV (1693), des types spéciaux furent gravés pour l'Imprimerie royale (É. Leclerc, Nouv. manuel typogr., 1897, p. 60).À partir des dernières années du XVIIIesiècle apparurent successivement plusieurs autres types (...) qui, pour la plupart, se sont maintenus (...) ou ont été remis à la mode après des éclipses, parfois longues (...). Type français (...) type anglais, (...) Elzévir (Seyl, Techn. du Journal, 1925, p. 25).
Types royaux. ,,Caractères grecs gravés par Garamond pour François 1er`` (Comte-Pern. 1974).
b) NUMISM. Figure symbolique, effigie, empreinte au droit et au revers ou sur le flanc d'une monnaie, d'une médaille. Type à la croix, à la tour; type aux monogrammes, au temple. Un grand nombre de médailles [antiques] (...) porte pour type un vase surmonté d'une chouette (Al. Brongniart, Arts céram., t. 1, 1844, p. 7).
B. − THÉOL. Réalité de l'Ancien Testament considéré comme figure, comme empreinte d'un fait, d'un concept du Nouveau Testament. Ce sont certaines réalités dont ils parlent [les textes bibliques], qui, sans que les écrivains sacrés en aient eu l'intention formelle, se révèlent après coup être des « types » des réalités à venir (Bouyer1963).Le type n'est que l'esquisse dont la réalité historique constitue l'accomplissement: ex. le baptême est la plénitude (...) d'une réalité dont l'Arche de Noé est l'ébauche (Riffard, Ésotérisme, 1983).
II.
A. −
1. PHILOS. Moule, modèle idéal qui détermine la forme d'une série d'objets qui en dérivent; concept abstrait, où s'exprime l'essence d'une chose, considéré comme un moule, un modèle (d'apr. Lal. 1968). Synon. archétype.La partie raisonnable [de notre âme] (...) peut retourner à la vie (...) des esprits (...) en reprenant conscience de toutes les idées, éternels types et modèles des choses (P. Leroux, Humanité, 1840, p. 57).La comparaison d'un cachet et de son empreinte est celle qui s'offre ici le plus naturellement, et qui (...) sert à exprimer l'idée d'un type par corrélation avec l'idée de ses exemplaires ou de ses épreuves (Cournot, Traité de l'enchaînement, 1861ds Lal. 1968).
2.
a) Modèle idéal, conceptuel, d'une classe d'objets ou d'êtres réels, défini par un ensemble de qualités, de propriétés, de caractères essentiels. Synon. canon2.Type du beau; type de la beauté grecque, de la beauté classique. Le vrai type de la beauté est une rose qui, toute humide de la rosée du matin, ou chargée des grosses gouttes de la pluie d'été se balance au bout de sa longue tige (Chênedollé, Journal, 1811, p. 64).[Rodin] pensait qu'un corps humain est une merveille d'architecture et le type même ou le canon de toutes les œuvres de l'architecte (Gillet, Art fr., 1938, p. 210).
b) Ensemble d'images, de traits qui correspond à un modèle générique, à un modèle idéal. Synon. prototype.Type de l'avare, du bourgeois de province, de la sainte nitouche, du titi parisien, du vieux garçon; incarner un type. Ma sœur Renée, veuve après huit ans de mariage, réalise le type de la vieille fille dans sa funeste perfection (A. France, Pt Pierre, 1918, p. 123):
1. L'hetman de Jitomir (...) réalisait le type parfait du vieux beau. Une raie séparait ses cheveux de couleur chocolat (...). Il avait de splendides favoris à la François-Joseph, également chocolat. Le nez était un peu rouge, sans doute, mais si fin, si aristocratique. Benoit, Atlant., 1919, p. 134.
3. Schéma général de structure définissant des classes d'êtres ou de phénomènes (d'apr. Lal. 1968). Type arborescent, chimique, organique, psychologique; théorie des types organiques. Les langues ne se rapportent point à un type grammatical unique et ne sont nullement réductibles à un seul système primitif (Renouvier, Essais crit. gén., 3eessai, 1864, p. 196).Il n'y a pas de type pur: nulle part nous ne trouvons « l'orgueilleux » ou « l'hypocrite », « le schizoïde » ou « le paranoïaque » (Mounier, Traité caract., 1946, p. 40).
CHIM. Forme cristalline fondamentale. Outre la foule de variétés cristallines du carbonate de chaux, réductibles au type du spath d'Islande, il y en a une autre, l'aragonite, dont le type cristallin est essentiellement différent (Cournot, Fond. connaiss., 1851, p. 177).On avait le type eau (...) auquel se rattachait l'alcool (...) et l'éther (Duval1959).
B. −
1. Ensemble des caractères distinctifs (choisis d'après des critères divers) de certains groupes d'objets, d'individus, permettant leur classification. Type de comportement, de femme, d'homme, de groupe, de société; types moraux, psychologiques. Eugénie appartenait bien à ce type d'enfants fortement constitués, comme ils le sont dans la petite bourgeoisie, et dont les beautés paraissent vulgaires (Balzac, E. Grandet, 1834, p. 82).Je jouissais en imagination de toutes les matinées pareilles, passées ou possibles, plus exactement d'un certain type de matinées dont toutes celles du même genre n'étaient que l'intermittente apparition et que j'avais vite reconnu (Proust, Prisonn., 1922, p. 26).
Être le type de qqn. Posséder les caractéristiques physiques, esthétiques qui attirent une personne. Il y a des femmes qu'on ne garde pas qu'une nuit... Celle-là [Fanny] par exemple... − Je ne lui ai pas donné une minute de grâce (...) fit Déchelette (...)Alors, c'est que vous n'étiez pas son type, sans quoi... (A. Daudet, Sapho, 1884, p. 61):
2. Wazemmes ne s'était jamais demandé d'une façon bien pressante quel était son type de femme. Il s'apercevait que ce type-là lui convenait assez. Dans ses rêveries antérieures, quand il s'imaginait caressant, possédant une femme (...) quand il faisait des songes luxurieux (...) n'appelait-il pas à lui des formes pleines comme celles-là... Romains, Hommes bonne vol., 1932, p. 274.
[En considérant essentiellement les caractéristiques psychol., intellectuelles de qqn] Types caractériologiques. L'enfant fort réagit à une éducation molle en se faisant tyran (...): c'est le « type star », actif et efféminé (Mounier, Traité caract., 1946, p. 101).
2. Ensemble des caractères (morphologiques, psychiques, ethniques, etc.) qui sont culturellement considérés comme distinguant des groupes humains. Type chinois, espagnol, grec, latin, méditerranéen, nordique, provençal, romain, slave. J'avais une collègue (...) une femme d'aspect torchon et bienveillant, de type méridional, brune, solide, vive et d'âge indéterminé (Frapié, Maternelle, 1904, p. 14).
3. Ensemble de caractères d'abord connus comme distincts puis structurés en un tout servant d'instrument de connaissance à la suite d'une abstraction rationnelle et permettant d'élaborer ou de distinguer des catégories. Chez les animaux d'un même embranchement, le mode d'organisation, le type (...) est assez variable (E. Perrier, Zool., t. 1, 1893, p. 174).Type est opposé par Cournot à genre (...). Le type (...) ou « abstraction rationnelle » (...) est l'ensemble d'un grand nombre de caractères formant un tout organique et dont la réunion ne peut s'expliquer par le hasard (Lal.1968, pp. 1156-1157).
Type + adj./+nom.La confusion ne sera guère permise qu'avec (...) les érythèmes à type pemphigoïde (Teissier dsNouv. Traité Méd.fasc. 21928, p. 292).Relations énergétiques dans les désintégrations radioactives de type β (J. Phys. et Radium, Chim. phys., 1934, p. 247).
INFORMAT. ,,Ensemble des caractéristiques d'une catégorie de matériel`` (Luca Micro-informat. 1984).
4. Ensemble de caractères, de propriétés, déterminés précisément, qui définissent une série d'objets fabriqués. Synon. modèle, norme, standard2.Types réglementaires; types de voitures, de motos. [Suivi d'un subst. en appos.] Voiture type berline. Certains appartements s'ornaient déjà, vers 1900, des becs à manchon, du type Auer (E. Schneider, Charbon, 1945, p. 306).
III.
A. −
1. Être concret, réel ou imaginaire, qui réunit les caractéristiques essentielles d'une classe d'êtres ou de phénomènes dont il est représentatif. Synon. archétype, modèle, représentant, spécimen.Type de l'intellectuel; type du complet, du parfait imbécile; type de la femme à histoires; type de l'institutrice. Vif, remuant, drôle, cocasse, joyeux, délicieusement imprévu, craquant de sève et de belle humeur (...) il était le type achevé de ce qu'on appelait alors le « titi » parisien (Gyp, Souv. pte fille, 1928, p. 325).Voir confouir (se), ex. 2.
BIOL. Spécimen qui a permis de faire la description d'un taxon, d'une espèce (d'apr. Méd. Biol. t. 3 1972).
2. Forme particulière servant d'échantillon. Synon. modèle, spécimen.Type d'alimentation, d'économie, de vie. La gare, blanche et carrée (...) vrai type de la petite gare de campagne perdue en pleines vignes, n'ayant jamais personne dans son unique salle (A. Daudet, Nabab, 1877, p. 220).Je vais vous montrer quelques types de reliure; et des échantillons de peau (Romains, Hommes bonne vol., 1932, p. 73).
En appos.ou en compos. [Avec un nom pour signifier que celui-ci représente un modèle, un exemplaire typique] Contrat-type, essai-type. Ce qui n'empêchait pas le camelot (...) de dire Le Buffet, L'Armoire, d'une façon absolue, comme s'il eût possédé des meubles-types (A. Daudet, Jack, t. 2, 1876, p. 213).C'est autour de la mise en scène, considérée (...) comme le point de départ de toute création théâtrale, que se constituera le langage type du théâtre (Artaud, Théâtre et son double, 1938, p. 112).
B. −
1. Fam., vieilli. Personne remarquable par son originalité, par son comportement typique ou pittoresque. Synon. personnage, phénomène.Un vrai type, ce Nabab. Il faudra que vous me l'ameniez (A. Daudet, Nabab, 1877, p. 19).Les plus grandes hardiesses étaient de dire d'une personne bizarre: « C'est un type » (Proust, Guermantes 2, 1921, p. 356).
2. Pop., fam. Individu quelconque, personne du sexe masculin. Synon. asticot, citoyen, coco3, gars, gazier, gonze, mec, zigoto, zigue.Bon, brave, jeune type; type curieux, épatant, exquis, extraordinaire, formidable, foutu, infect; drôle de type. Un grand type brun, élégant, avec sa petite tête et ses épaules larges, des yeux clairs, une ombre de moustache (Aragon, Beaux quart., 1936, p. 199).C'est pas de jeu parce qu'un type couche avec vous de vouloir le garder pour toujours et tout à fait (Claudel, Échange, 1954, ii, p. 768).
Chic type. Personne sympathique, qui a des qualités de cœur. La qualité qui fait compensation, c'est le sens de la camaraderie. On dit « chic type », dans leur argot, celui qui possède une supériorité (Barrès, Déracinés, 1897, p. 3).Le lendemain [de l'entrée du duc d'Aumale au lycée Henri IV], il n'était plus question de « monseigneur »; c'était Aumale tout court, « un chic type! » (D'Esparbès, Folie épée, 1927, p. 10).
Péj. Pauvre type. Personne peu douée, sans personnalité ou malchanceuse. Je ne me compare pas à mon prochain. Je me mêle à mes semblables, en pauvre type, comme les autres, comme tout le monde! (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 203).Sale type. Personne douteuse, méprisable. Tu es parti et moi je trime. Tu es un sale type (Cocteau, Enfants, 1929, p. 37).
3. Pop. [Gén. avec un poss.] Amant. Synon. arg. mec.Elle partirait par le train de Dieppe à cinq heures trente-huit. Mais peut-être son type l'emmènerait-il en auto? (Sartre, Nausée, 1938, p. 194).
Prononc. et Orth.: [tip]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. a) Fin xives. (Aalma, éd. M. Roques, t. 2, I, 12478: tipus. tipe. figure. forme. estat.similitude); b) 1531 théol. « symbole, représentation » (J. de Vignay, Mir. hist., IX, 62: le prestre qui porte le type de l'eglise); 2. a) av. 1596 philos. (B. de Vigenère, Traicté du feu et du sel, éd. 1622, p. 202: le nom des choses [...] que Platon en son Cratyle dit estre non tant seulement le type et representation des choses mais leur essence); b) 1778 (Buffon, Des Epoques de la nature, p. 27: le type de chaque espèce n'a point changé; le moule intérieur a conservé sa forme et n'a point varié [...] les individus de chaque genre représentent aujourd'hui les formes de ceux des premiers siècles); 3. 1776 p. ext. (Restif de La Bret., Le Paysan perverti, t. 1, p. 197: [Madame Parangon] c'est, pour ainsi-dire, le type de la beauté); 4. a) 1777 arts (Encyclop. t. 20, s.v. Grecs: Les Grecs commencerent par copier servilement la belle nature [...], à force de voir de belles personnes dans les gymnases, dans les amphithéâtres, dans les bains [...] ils se composerent par ce moyen un type du beau dans le genre féminin); b) 1811 litt. (Jouy, Hermite, t. 1, p. 37: Berville est le type d'une autre classe de Tartuffes dont la société est inondée); c) 1869 les grands types littéraires (Flaub., Éduc. sent., t. 1, p. 253); 5. a) 1801 minér. (R.-J. Haüy, Traité de minér., Paris, Louis, t. 1, p. XL: Or, les caractères spécifiques étant comme les points fixes d'où partent les connaissances relatives à l'espèce, j'en exclurai les couleurs [...] comme des modifications variables, fugitives et étrangères au type de l'espèce, qui est la molécule intégrante); b) 1805 (Cuvier, Anat. comp., t. 1, p. 59: s'éloigner comme par degrés d'un type primitif; t. 3, p. 10: [les] organes des animaux vertébrés, le type d'après lequel nous traiterons des organes des autres; t. 5, p. 192: les lucanes ou cerfs-volans ne suivent pas ce type); c) 1864 (Renouvier, Essais crit. gén., 3eessai, p. 196: les langues ne se rapportent point à un type grammatical unique; p. 197: le type sanscrit); 6. a) 1819 (Balzac, Corresp., p. 51: Apprends par cœur les types des déclinaisons, verbes); b) 1831 (Id., Peau chagr., p. 281: ces types d'existence); c) 1832 (Id., L. Lambert, p. 196: le type du dévouement); d) 1834 (Id., E. Grandet, p. 82: Eugénie appartenait bien à ce type d'enfants fortement constitués); 7. a) 1801 (Crèvecœur, Voyage, t. 1, p. 99: des physionomies d'un type particulier); b) 1845 (Michelet, Journal, p. 625: la petite vierge a le type italien); c) 1855 (Sand, Hist. vie, t. 2, p. 311: d'un type très-accusé); 8. a) 1831 roman-type (Gazette littéraire, no31, 30 juin, p. 481b ds Quem. DDL t. 30); b) 1855 amitié type (Sand, op. cit., p. 253); c) 1875 voitures-types du carrossier (Goncourt, Journal, p. 1085); d) 1894 (Bricka, Cours ch. de fer, t. 1, p. 185: le profil type des tunnels). B. 1. a) 1545 impr. « caractère d'imprimerie » (v. Wolf (L.). Buchdruck, p. 39); b) ca 1570 « ensemble des caractères composés, formant la planche d'impression » (d'apr. FEW t. 13, 2, p. 461; v. aussi Wolf, op. cit., p. 142); ca 1570 (Carloix, Mém. de Vieilleville, éd. 1757, i, 46: sorte de livres [...] qui ont passé sous le tippe de l'impression); 2. 1693 numism. (Racine, Lettres, 110 ds Rob.). C. 1. 1843 « personne extraordinaire, qu'on remarque, originale ou bizarre » (Sue, Myst. Paris, t. 5, p. 73: Malgré ses travers, ses plaisanteries [...] M. de Rucenay n'était pas, nous l'avons dit, un type vulgaire, grâce à une sorte de dignité naturelle); 2. 1875 « personne, individu quelconque » (A. Cavaillé, Les Filouteries du jeu, p. 109 ds R. Ling. rom. t. 29, p. 378); 3. 1881 typesse fém., type « amant qui paie » (Rigaud, Dict. arg. mod.: Typesse. Femme, et particulièrement, femme dont on paye les faveurs. La typesse est celle que le type honore momentanément de sa confiance); 4. 1884 être le type de qqn (A. Daudet, Sapho, p. 61). Empr. au lat. eccl.typus « figure mystique (en particulier employé à propos de l'Ancien Testament où se trouvent les figures ou symboles des mystères du Nouveau Testament), préfiguration, symbole » (v. Blaise Lat. chrét.), du gr. τ υ ́ π ο ς d'abord « coup, blessure » qui a ensuite désigné l'empreinte en creux ou la saillie que laisse la frappe d'une matrice, l'emblème figuré sur cette matrice, la marque d'un sceau, un bas-relief, d'où « figure, modèle, ligne générale, schéma, archétype ». Fréq. abs. littér.: 5 439. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 2 352, b) 6 414; xxes.: a) 6 884, b) 13 550.
DÉR. 1.
Typé, -ée, part. passé en empl. adj.a) [Corresp. à supra II B] Qui présente les caractères d'un type. Femme, homme très typé(e); caractère fortement typé. Ma brabançonne à poil ras, que les éleveurs estiment « un sujet bien typé » (Colette, Mais. Cl., 1922, p. 217).b) Élaboré d'après un modèle précis. Autour d'une cabine a déjà tous les caractères classiques du dessin animé (...) un scénario ingénieux, des personnages bien typés (Sadoul, Cin., 1949, p. 16). [tipe]. 1resattest. a) av. 1846 « formé sur le type de » (Toepffer, Voy., I, 3ejournée ds Littré), b) 1922 « qui présente les caractéristiques d'un type (en parlant d'un animal) » (Colette, loc. cit.); de type, suff. *.
2.
Typer, verbe trans.a) [Corresp. à supra I A 1] Marquer d'un type, d'une empreinte correspondant à certaines caractéristiques. Typer des poudres. (Dict. xixeet xxes.). b) α) [Corresp. à supra II B] Donner les caractères essentiels, les plus caractéristiques d'un type (Dict. xixeet xxes.). β) [Corresp. à supra III A] Transformer en type. Synon. typifier.Jésus a pris, a défini une attitude (...) on la reproduira dans le culte (...) on la stylisera et on la « typera », comme il sied à une conduite hiératique exemplaire (Philos., Relig., 1957, p. 38-10). [tipe], (il) type [tip]. 1reattest. 1873 « marquer d'un type » et « présenter tel ou tel type (à propos de différentes sortes de sucre) » (Journ. offic., 15 fév., p. 1078 et p. 1105, 3ecol. ds Littré Suppl.); de type, dés. -er.
3.
Typesse, subst. fém.,pop., vieilli. Femme, fille. Un peu loufoque elle est; mais c'est une typesse qu'elle est pas fière, hein! (Musette, Cagayous poilu, 1919, p. 24). [tipεs]. 1reattest. 1878-79 (La Petite lune, no50, p. 4); fém. arg. de type.
4.
Typiser, verbe trans.,rare. Caractériser par les traits les plus pertinents, les plus essentiels; rendre typique. Individualité typisée; personnage typisé. Dès cette époque elle commençait à tout typiser, individualiser, synthétiser, dramatiser (Balzac, Illus. perdues, 1837, p. 45). [tipize], (il) typise [-pi:z]. 1reattest. 1834 (Id., Lettre Étr., t. 1, p. 205); de type, suff. -iser*.
BBG.Hammarström (G.). Type et typème, graphe et graphème. St. neophilol. 1964, t. 36, pp. 332-340. − Quem. DDL t. 30, 31, 33.

Type : définition du Wiktionnaire

Nom commun

type \tip\ masculin

  1. (Didactique) Modèle, figure originale que l’on considère comme l’empreinte ou reflet d’un concept.
    • J’appelle miracles typiques ceux qui sont évidemment le type, le symbole de quelque vérité morale. — (Voltaire)
  2. (Philosophie) Modèle idéal déterminant la forme d’une série d’objets.
  3. (Commerce, Industrie) Objet fixé dans ses caractères essentiels pour servir de modèle à la production.
    • Un type d’avion.
    • Un nouveau type de voiture, de sous-marin.
  4. (Technique) Pièce portant une empreinte destinée à reproduire d’autres pièces semblables.
  5. (Botanique, Géologie, Zoologie) Spécimen de référence, individu conservé ou tout matériel original ayant servi à la taxonomie, attaché à un nom scientifique, à partir duquel une espèce a été décrite et publiée.
  6. Ensemble des traits généraux qui caractérisent un genre d’êtres ou de choses.
    • Les types de l'espèce humaine.
    • Les différents types d’architecture.
  7. (Par extension) Personne en qui se retrouve tous ces traits caractéristiques.
    • Un instant, nous crûmes avoir trouvé le vrai type espagnol féminin dans une des trois sultanes : grands sourcils noirs arqués, nez mince, ovale allongé, lèvres rouges ; mais un voisin officieux nous apprit que c’était une jeune Française. — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, Charpentier, 1859)
    • Ce Binèche, avec sa casquette plate, son costume à carreaux, son foulard et ses chaussures jaunes, représentait le type de la gouape dans toute sa splendeur. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
    • (En apposition) Et que je sois normal comme le père-type quand il prend dans ses bras véridiques celui de ses enfants qui lui ressemble le plus ! — (Jules Supervielle, Le Voleur d’enfants, 1926, page 40)
    • (En apposition) — Il ne lui manquait, pour être une provinciale type, que l’esprit de dénigrement. — (Colette)
  8. (Familier) Personnage masculin quelconque ; quidam (masculin).
    • Devant moi, un type tout différent et qui n’a rien d’oriental : trente-deux à trente-cinq ans, figure à barbiche roussâtre, regard très vif. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, ch. II, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
    • – Si vous vous imaginez que je suis un type qui se laissera étriller sans rien dire, comme vos conscrits, vous vous fourrez joliment le doigt dans l’œil, messeigneurs… — (H.G. Wells, La Guerre dans les Airs, 1908, traduit par Henry-D. Davray & B. Kozakiewicz, page 351, Mercure de France, 1921)
    • C’est un type. Mais que j’te prévienne, pas fortiche du tout, ni mariole. Un gars quoi! Un bon gars. — (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
    • Un fleuve de types, flanqués de leurs bonnes femmes. — (Simone de Beauvoir)
    • J’ai commencé à gueuler et mon père il a dit « eh, siouplait … ». Le type il l’a bien regardé et il a dit « qu’est-ce que tu veux toi! ». — (La Vie tu parles : roman collectif, 1973-1983 : 160 lettres du courrier des lecteurs de Libération, p. 203, P.O.L., 1983)
  9. (Religion) Ce qui, dans l’Ancien Testament, est regardé comme la figure, le symbole des mystères de la loi nouvelle.
    • L’agneau pascal est le type de Jésus-Christ.
    • La manne est le type de la sainte Eucharistie.
  10. (Numismatique) Figure empreinte sur une médaille.
    • Monnaie au type de César.
  11. (Imprimerie) (Vieilli) Caractère d’imprimerie.
    • Caractères d’imprimerie : De beaux types. Des types mobiles. — (Pierre LarousseGrand dictionnaire universel du XIXe siècle, 1866-1877 → consulter cet ouvrage, tome 15, page 618, article « Type »)
  12. (Par extension) (Imprimerie) Modèle de caractère d’imprimerie.
    • Type romain, elzévir, Didot.
    • Des types mobiles.
    • De beaux types.
  13. (Programmation) Genre de contenu de donnée (constante ou variable), définissant les opérations pouvant être effectuées sur celle-ci.
    • Variables de type booléen, entier, réel.

Adjectif

type \tip\ masculin et féminin identiques

  1. Qui est caractéristique, donné comme exemple.
    • Ma journée type débutait vers treize heures par un petit déjeuner au jardin sous le chant des piafs. — (Hubert Boukobza, ‎Jean-François Kervéan, Dix mille et une nuits, 2014)
    • En effet, le 6 juillet, elle répond par une lettre type à M. Baillet, qui avait pourtant pris le soin de promettre la confidentialité, que seul le pupille est autorisé à demander la divulgation de renseignements le concernant. — (Louis-Paul Astraud, Jean Genet à 20 ans, 2011)
    • Le mercier étoit, son nom l’indique, le marchand, mercator, par excellence, de même que le fèvre ou fabre, dont le nom se perdit plus vite, étoit l’ouvrier, l’artisan type. — (Antoine Le Roux de Lincy et Édouard Fournier, Les Caquets de l’Accouchée, Maison d'édition P. Jannet, 1855.)
    • RegionsJob a interrogé près de 12 000 salariés français sur leurs relations au travail pour savoir comment se déroulait une journée type à leur bureau et quels en étaient les moments forts. — (La journée type au bureau par Pierre Julien, Le Monde, 30 octobre 2014)

Forme de verbe

type \tip\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de typer.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de typer.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de typer.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de typer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de typer.
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Type : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

TYPE. n. m.
T. didactique. Modèle, figure originale. Selon les platoniciens, les idées de Dieu sont les types de toutes les choses créées. Le type du beau. En termes d'Industrie et de Commerce, il se dit des Objets fixés dans leurs caractères essentiels pour servir de modèle à la production. Un type d'avion. Un nouveau type de voiture, de sous-marin. En termes de Botanique, il se dit d'un Genre de plantes qui contient le plus grand nombre de caractères communs aux autres genres de la même famille.

TYPE se dit aussi de l'Ensemble des traits généraux qui caractérisent un genre d'êtres ou de choses. Les types de la race humaine. Les différents types d'architecture. Il se dit, par extension, des Personnes en qui se retrouvent tous ces traits caractéristiques. Cet homme est le type de l'avare. En termes religieux, il se dit de Ce qui, dans l'Ancien Testament, est regardé comme la figure, le symbole des mystères de la loi nouvelle. L'agneau pascal est le type de JÉsus-CHRIST. La manne est le type de la sainte Eucharistie. En termes de Numismatique, il se dit de la Figure empreinte sur une médaille. En termes d'Imprimerie, il se dit des Caractères. Des types mobiles. De beaux types.

Type : définition du Littré (1872-1877)

TYPE (ti-p') s. m.
  • 1Empreinte qui sert à faire d'autres empreintes.

    Caractères d'imprimerie. De beaux types. Il fait consister l'art typographique dans la mobilité des types, quelle qu'en soit la matière, et annonce qu'il va prouver que Laurent Coster a le premier employé des caractères mobiles de bois, Daunou, Instit. Mém. sc. mor. et pol. t. IV, p. 494.

    Espèce de copie par impression ; ce qui résulte d'un coup frappé, imprimé

  • 2 Par extension, modèle original. Selon les platoniciens, les idées de Dieu sont les types de toutes les choses créées, Dict. de l'Acad. Croyance qui a fait prendre les produits de notre raison pour une espèce de type inné, Destut-Tracy, Instit. Mém. sc. mor. et pol. t. IV, p. 593.
  • 3Objet qui fait autorité comme modèle. Ces quatre types de l'ancienne coudée égyptienne en constatent maintenant irrévocablement la valeur, Girard. Instit. Mém. scienc. t. IX, p. 607.

    Terme de peinture et de sculpture. Image qui fait autorité, et qui sert de règle pour d'autres images semblables.

  • 4 Terme de minéralogie. Type cristallin, l'ensemble des cristaux dont les systèmes d'axe sont semblables, et dans lesquels les formes primitives sont analogues, quoique pouvant différer par la valeur des angles.
  • 5 Terme de chimie. Types chimiques, système ou assemblage de molécules hétérogènes, dans lequel une ou plusieurs molécules peuvent être remplacées par d'autres, sans que la nature chimique du système entier soit troublée. Quand le chlore, le brome, l'oxygène, etc. ou un radical composé se substituent à l'hydrogène ou à un autre corps simple ou à un radical composé, le nouveau corps chloré, bromé, etc. qui en résulte et le corps dont il dérive, sont dits appartenir au même type chimique.

    Combinaisons appartenant au même type chimique, celles qui renferment e même nombre d'atomes, et dont les propriétés chimiques fondamentales sont les mêmes.

  • 6Nom donné à une classification des sucres bruts, faite par le commerce et consacrée par le législateur, ayant pour base leur degré de richesse présumée.
  • 7En botanique, on dit qu'un genre de plantes sert de type à une famille, lorsqu'il contient le plus grand nombre des caractères communs aux autres genres de la même famille. Ainsi le genre ortie sert de type à la famille des urticées. On donne à la famille un nom dérivé de celui du genre type. Presque toujours un genre de plantes est formé lui-même d'après une espèce type.
  • 8En zoologie, une des trois divisions primaires du règne animal, selon Blainville, fondée sur la forme générale du corps qui traduit extérieurement celle des appareils de la locomotion et de l'innervation.

    Dans la classification de Cuvier, type est synonyme d'embranchement, et alors il y en a quatre, savoir : les vertébrés, les articulés, les mollusques et les rayonnés.

  • 9Ensemble des caractères distinctifs d'une race. Le type européen.

    Caractère, portrait original et fortement tracé.

  • 10Symbole. Ces secrets du ciel [les mystères], sans parler de leur partie mystique, sont peut-être le type des lois morales et physiques du monde, Chateaubriand, Génie, I, I, 5.

    Particulièrement. Il se dit de ce qui, dans l'Ancien Testament, est regardé comme la figure du Nouveau Testament. Tous les justes de la loi et de l'âge des patriarches n'avaient été que les types imparfaits du Christ, Massillon, Avent, Circoncision.

  • 11Figure symbolique empreinte sur une médaille. Le type de cette médaille est une Piété.
  • 12 Terme d'astronomie. Description graphique. Le type des éclipses est d'un grand secours.
  • 13 Terme de médecine. Ordre dans lequel se montrent et se succèdent les symptômes d'une maladie ; il est continu, intermittent ou rémittent.
  • 14Le Type, édit de l'empereur Constant II au sujet des monothélites.

HISTORIQUE

XVIe s. Il n'y a sortes de livres au monde, j'entends des recouvrables, et qui ont passé sous le tippe de l'impression, qui ne soit en la librairie de…, Carloix, I, 46.

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Type : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

TYPE, s. m. (Gramm. & Théolog.) c’est la copie, l’image, ou la ressemblance de quelques modeles. Voyez Modele, Image.

Ce mot est formé du grec, τύπος, forme, figure.

Le terme type est moins en usage que ses composés prototype & archétype, qui signifient les originaux qui n’ont été faits d’après aucun modele. Voyez Archétype, Prototype, Ectype

Type est aussi un terme scholastique, dont les Theologiens se servent souvent pour signifier un symbole, un signe ou une figure d’une chose à venir.

Dans ce sens, on emploie ordinairement le mot type relativement au mot antitype, ἀντίτυπος, qui est la chose même dont une autre chose est le type ou la figure. Voyez Antitype.

C’est ainsi que le sacrifice d’Abraham, l’agneau paschal, &c. étoient les types ou figures de notre rédemption. Le serpent d’airain étoit le type de la croix, &c.

Les types ne sont pas de simples conformités ou analogies que la nature fait naître entre deux choses d’ailleurs différentes, ni des images arbitraires, qui n’ont d’autre fondement que la ressemblance casuelle d’une chose à une autre. Il faut outre cela que Dieu ait eu une intention particuliere de faire un type, & qu’il ait déclaré expressément que ce type en est un ; ou que l’autorité de Jesus-Christ & des apôtres, ou celle d’une tradition constante ayent décidé que telle ou telle chose est type par rapport à telle ou telle autre, autrement, & s’il étoit libre à chaque particulier de mettre des types où il veut & où il juge à propos, l’Ecriture deviendroit un livre où l’on trouveroit tout ce qu’on voudroit.

M. Gale distingue les types en historiques & en prophétiques. Les derniers sont ceux dont les anciens prophetes se sont servis dans leurs inspirations. Les premiers sont ceux dans lesquels des choses arrivées ou des cérémonies instituées sous l’ancien Testament ont figuré d’avance, pronostiqué ou annoncé Jesus-Christ, ou des choses qui ont rapport à lui dans le nouveau Testament.

Les anciens peres de l’Église, aussi-bien que les critiques modernes, sont extrèmement partagés sur la nature & l’usage des types, & sur les représentations typiques qui se trouvent dans l’ancien Testament ; & c’est ce qui fait une des grandes difficultés que l’on a à entendre les anciennes prophéties, & à concilier l’ancien Testament avec le nouveau. Voyez Prophétie.

On ne peut disconvenir en effet qu’il n’y ait eû des types institués par la sagesse divine, pour être les ombres & les figures des choses à venir ; & quoique les hommes soient tombés, à cet égard, dans bien des excès, & que plusieurs se soient imaginés voir des types par-tout, comme Origene, qui trouvoit des mysteres jusque dans les chaudrons du tabernacle, on doit se contenter des plus sensibles & des plus frappans, ou de ceux dont l’application a déja été faite par une autorité supérieure en fait de religion. Mais il n’en faut point proposer sans les prouver autant qu’il est possible, & sans faire voir que ce sont en effet des types, afin de justifier la solidité du raisonnement des apôtres qui en ont tiré des argumens.

Un auteur moderne soutient que non-seulement les peres de l’Église, mais aussi S. Paul lui-même, étoient d’opinion que toute la religion chrétienne étoit contenue dans l’ancien Testament, & accomplie dans l’histoire & dans la loi des juifs, & que ce testament & cette loi ne devoient être regardés que comme les types & les ombres du Christianisme. Dans cette vue il cite l’épître aux Hébreux, chap. viij. 5. chap. x. 1. & celle aux Colossiens, chap. j. vers. 16. & 17. il ajoute que les lois rituelles de Moïse n’étant que des types & des ombres des choses réelles à venir, doivent être considérées comme des prophéties accomplies. C’est aussi le sentiment de M. Whiston & d’autres. Et le premier auteur, pour appuyer davantage son raisonnement, cite Jesus-Christ lui même qui, en S. Matthieu, chap. xj. vers. 13. confirme les propheties légales, en disant qu’il est venu accomplir la loi. Mais c’est abuser visiblement de l’Ecriture que d’employer ces passages à prouver que tout y est type & figure ; car lorsque S. Paul dit que Jesus-Christ est la fin de la loi, finis legis Christus, il ne s’agit pas de savoir si Jesus-Christ y est figuré & prédit ; il est simplement question de montrer qu’il est le seul auteur de la justice que la loi ne pouvoit donner. Quand il dit aux Colossiens, que tout ce qui a été fait, n’a été fait que pour Jesus-Christ, omnia in ipso constant, & ne subsiste qu’en lui, il établit la divinité de Jesus-Christ, & il en donne pour preuve que tout ce qui existe, n’existe que par l’opération de sa toute-puissance. De même quand Jesus-Christ dit qu’il est venu accomplir la loi, cela s’entend des vérités de pratique qu’il venoit confirmer par ses exemples & par sa doctrine, & non simplement des figures qu’il venoit accomplir, comme si tout eût été type sous l’ancienne loi.

Cette affectation des figuristes a donné lieu à quelques écrivains peu favorables à la religion, d’observer que si les anciens & les modernes partisans du sens typique eussent formé le dessein de décrier le Christianisme, ils n’auroient pû mieux y réussir qu’en travestissant ainsi toutes choses en types & en prophéties. Il ne faut pas s’étonner, ajoutent-ils, que les athées & les déistes insultent à la crédulité des chrétiens, & qu’il rejettent des preuves fondées sur de pareilles absurdités.

Mais on peut répondre à ces écrivains, que l’exemple des figuristes ne peut tirer à conséquence contre la solidité des véritables preuves de la religion. Car il n’est pas difficile de reconnoître, à-moins qu’on ne veuille s’aveugler soi-même, la réalité de ce qu’on appelle types. Il est évident qu’il y en avoit beaucoup sous l’ancien Testament. Tels étoient les sacrifices, la personne du grand-prêtre, l’arche de Noé, &c. tels étoient les deux verges ou bâtons, dont il est parlé dans Zacharie, c. xj. vers. 7. 10. & 14. telle étoit la femme adultere d’Osée, c. j. vers. 2. ses enfans, vers. 46. Par ces types & par d’autres semblables, Dieu & le prophete ont dessein d’annoncer des événemens futurs, mais il faut observer ou que le prophete avertit en même tems le lecteur de prendre ces choses pour types, qu’il le met en état de les entendre de cette maniere, qu’il ne l’abandonne pas à ses propres conjectures après l’événement ou l’accomplissement de ces prophéties ; ou que les apôtres ont expliqué ces types conformément à la tradition des juifs ; & qu’en montrant qu’ils avoient été accomplis en Jesus-Christ, ils en ont tiré des argumens victorieux en faveur de la religion.

En effet les apôtres ont cité, en parlant de Jesus-Christ & des mysteres de la loi nouvelle, un grand nombre de passages de l’ancien Testament dans leurs écrits, mais ils ne les ont pas tous cités dans le même sens. Ils en ont cité quelques-uns dans le sens que la sagesse divine avoit intention d’exprimer en dictant les livres-saints, mais ils en ont cité aussi, sans qu’ils parussent avoir une destination particuliere & directe de Dieu, pour les vérités auxquelles ils les appliquoient. On en trouve plusieurs qu’ils n’ont appliqués à Jesus-Christ qu’à cause des traits de convenance & de ressemblance qui en autorisoient l’allusion & l’application, & qui avoient donné lieu aux Juifs de les entendre du Messie : c’est le sentiment de plusieurs peres, & entr’autres de S. Cyrille contre Julien : Paulus autem, dit ce pere, valde sapiens artifex ad introducendum divina, etiam illa quæ de aliquibus aliis in scripturis dicta sunt, aliquoties ad manifestandum Christi sacramentum inducit. Verumtamen non illa separat ab iis personis in quas dicta esse cognovimus, sed neque omnia illorum ad Christum redigit, verum aliquam partem minimam aliquoties suscipit quam ipse possit sine ullo periculo artificiose ad suum referre propositum.

Le savant Maldonat admet le même principe, & s’explique ainsi très-nettement sur ce point. « Quand les apôtres, dit il, remarquent que quelque prophétie de l’ancien testament s’est trouvé accomplie par ce qu’ils rapportent, ils ne l’entendent pas toujours de la même maniere ; cette expression peut être prise en quatre sens différens.

» Le premier, qui est l’immédiat & le plus prochain, a lieu lorsque la chose s’accomplit proprement & à la lettre, selon qu’elle est prédite, comme quand S. Mathieu remarque, ch. j. que cette prophétie d’Isaïe, ch. vij. une vierge enfantera, &c. a été accomplie dans la Vierge Marie.

» Le second qui est quelquefois plus éloigné, mais qui n’est pas moins direct & moins absolu dans l’intention du S. Esprit, a lieu lorsque la chose s’accomplit dans la chose figurée par le type, comme quand S. Paul applique à Jesus-Christ, Hébr. ch. j. vers. vj. ces paroles du premier livre des rois, ch. vij. dites immédiatement de Salomon, je lui tiendrai lieu de pere, & je le traiterai comme mon fils, parce que Salomon étoit la figure du Messie ; ou quand S. Jean observe, ch. xix. qu’on ne rompit point les os de Jesus-Christ à la passion, pour accomplir ce qui étoit dit de l’agneau paschal, Exod. XII. vous n’en briserez aucun os.

» Le troisieme qui n’est qu’un sens accommodatice, a lieu lorsqu’on applique une prophétie à ce qui n’est ni l’objet immédiat de la prophétie, ni le type figuré par la prophétie, mais à une chose indifférente, parce qu’elle quadre aussi bien à cette chose, que si elle avoit été faite pour elle, & qu’il y eût des preuves que le S. Esprit l’eût dirigée à signifier cette chose. Isaïe, par exemple, ch. xxix. semble borner le reproche que Dieu fait aux Juifs, de l’honorer du bout des levres, à ceux qui vivoient de son tems ; mais Jesus-Christ l’applique, Matth. xv. à ceux qui vivoient du sien, parce qu’ils ne valoient pas mieux que leurs peres.

» Le quatrieme sens dans lequel les apôtres disent qu’une chose s’accomplit, c’est lorsque une chose étant déja faite en partie, elle s’acheve tout-à-fait, de sorte qu’il n’y a plus rien à desirer pour son accomplissement ». Maldonat, in V. 15. cap. ij. S. Matthœi.

Ainsi il est certain que plusieurs des interprétations typiques & allégoriques de la loi, de l’histoire, & des cérémonies des Juifs, peuvent être rejettées sans donner aucun tour forcé, ni aucune atteinte au texte sacré de l’Ecriture, qui peut être expliqué par des principes plus naturels, plus intelligibles, & plus conformes aux regles de la grammaire, que ceux des figuristes modernes.

Le mot τύπος, comme nous l’avons observé, ne signifie autre chose qu’une copie ou une impression de quelque chose. Les Anglois dans leur version de la bible, l’ont rendu tantôt par le terme d’impression ou estampe, tantôt par celui de figure, quelquefois par le mot de forme, & quelquefois par celui de façon ou maniere.

C’est de-là aussi que le même terme s’emploie au figuré, pour signifier un modele moral, & dans ce sens-là il ne signifie autre chose qu’un exemple ou une similitude. De même le mot ἀντίτυπος dans l’Ecriture signifie une chose faite d’après un modele, & c’est ainsi que dans l’épître aux Hébreux, le tabernacle & le Saint des saints ayant été faits après le modele que Dieu avoit montré à Moyse, ils sont appellés antitypes, ou figure des vrais lieux saints. C’est encore dans le même sens que S. Pierre, en parlant du déluge & de l’arche de Noé, qui sauva huit personnes, appelle le baptême un antitype de cette arche, & par-là il n’exprime autre chose qu’une similitude de circonstances.

Les autres termes dont l’Ecriture se sert quelquefois pour marquer qu’un évênement a été figuré d’avance par quelque chose qui a précédé, sont ὑπόδειγμα que l’on rend par imitation & exemple, & σκιὰ, ombre. S. Paul se sert souvent de ce dernier mot, & l’applique aux lois & aux cérémonies des Juifs, qu’il représente comme de simples ombres des choses à venir, ou des choses spirituelles & célestes. Ces expressions générales ont induit des auteurs à prêter à S. Paul un dessein qu’il n’avoit point en faisant ces comparaisons, & à conclure de-là que tous les rits de la loi de Moyse étoient autant de types, ou de choses destinées à signifier des événemens futurs, & que l’on doit trouver l’Evangile dans le pentateuque, tandis que S. Paul ne paroît avoir eu d’autre intention que de faire connoître les grands avantages que l’Evangile a sur la loi ancienne à différens égards, où l’un a autant de prééminence sur l’autre, que le corps ou la substance en a sur l’ombre. Voyez Accommodation.

Si l’ombre des choses à venir est la figure ou le type des événemens futurs, quels sont les événemens auxquels puissent avoir aucun rapport, les nouvelles lunes, ou le boire & le manger des Juifs ? ou comment la loi de Moyse composée de commandemens pour des personnes, tems, lieux, sacrifices, &c. pouvoit-elle signifier une dispense des mêmes choses sous l’Evangile, où ces mêmes choses, loin d’avoir été enjointes, ont été déclarées au contraire inutiles & superflues ? Voilà toutes les observations que l’on peut faire sur toutes les significations des termes dont se servent les auteurs du nouveau Testament, & par lesquels ils semblent avoir voulu exprimer quelque figure ou type d’événemens futurs, sous l’Evangile : d’où nous pouvons conclure 1°. que d’argumenter des types, c’est argumenter très-souvent d’exemples ou de similitudes ; le but des similitudes ou des comparaisons est simplement d’aider & de rendre quelques idées plus claires & plus fortes, de sorte qu’il est absurde de tirer des conséquences d’une similitude, ou d’inférer de quelque partie d’une similitude, autre chose que ce qui est absolument semblable. 2°. Que l’on ne sauroit prouver que toutes les cérémonies de la loi mosaïque ayent jamais été destinées à signifier des événemens futurs sous le regne du Messie. Les auteurs de l’ancien Testament n’en font aucune mention, quelques notions que puissent avoir eû là-dessus les écrivains qui les ont suivis immédiatement : on convient que les apôtres ont argumenté des rits de l’institution mosaïque, mais il paroît que souvent ils ne l’ont fait que par forme d’illustration & d’analogie.

Assurément il y a une similitude générale dans toutes les opérations ou distributions de la Providence, & une analogie des choses dans le monde naturel, aussi-bien que dans le monde moral ; d’où il est aisé d’argumenter par forme de parité, & même il est très-juste & très-commun de le faire ; mais de dire qu’une de ces opérations ou distributions ait toujours été faite pour en marquer ou signifier une autre qui devoit avoir lieu dans la suite, c’est ce qu’on ne pourra jamais prouver, à moins que Dieu ne l’ait revélé.

Nous savons que la terre promise étoit un lieu où les Juifs devoient jouir d’un doux repos, après toutes leurs peines & fatigues. Dieu se reposa lui-même le septieme jour après l’ouvrage de la création ; cependant quelqu’un a-t-il jamais imaginé de prétendre que le repos de Dieu après la création, signifie le repos des Juifs dans la terre promise ? & n’est-il pas aussi sensé de dire que le repos que Dieu prit le septieme jour, signifie l’entrée des Juifs dans la terre de Canaan, que de dire que le repos des Juifs dans cette terre, signifie le repos dont David fait mention dans ses pseaumes ? On ne prouvera pas non plus que tous ces événemens qui se succedent dans l’ordre de la providence, & qui ressemblent à quelques événemens qui ont précédé, soient destinés à être figurés d’avance. Si on peut le prouver, on sera bientôt d’accord que le repos des Juifs étoit le type du repos des chrétiens. C’est de la même maniere que nous devons entendre S. Paul, lorsqu’il dit, Jesus-Christ notre pâque a été immolé pour nous, & S. Jean Baptiste, lorsqu’il appelle notre Sauveur l’agneau de Dieu. Il y avoit là cette similitude de circonstances que Jesus-Christ fut immolé le même jour qu’on immoloit & qu’on mangeoit l’agneau paschal, qu’il mourut à-peu-près à la même heure du jour où les prêtres commençoient leurs sacrifices, & qu’on ne brisa aucun des os ni de l’un ni de l’autre ; & comme l’agneau paschal devoit être sans tache, de même Jesus-Christ étoit sans souillure. C’est par rapport à ces circonstances, & d’autres semblables, que S. Paul applique à Jesus-Christ le nom de Pâque.

C’est encore ainsi qu’on explique ce que S. Paul appelle le baptême des enfans d’Israël, dans la nue & dans la mer, & la comparaison qu’il fait du grand prêtre qui entroit tous les ans dans le lieu saint, avec Jesus-Christ qui est entré dans le ciel. Il est donc certain qu’il y a des types dans l’ancien Testament, mais il l’est également que tout n’y est pas type, & que plusieurs de ces types ne sont que des similitudes ou des allusions, & n’ont été employés que dans ce sens par les apôtres.

Type, s. m. (Théolog.) est aussi le nom que l’on a donné à un édit de l’empereur Constans II. publié en 648. pour imposer un silence général aux orthodoxes, aussi-bien qu’aux Monothélites, sur la question qu’on agitoit alors, s’il falloit reconnoître en Jesus-Christ deux opérations ou volontés, comme le soutenoient les Catholiques, ou s’il falloit n’y en admettre qu’une seule, comme le vouloient les Monothélites. Voyez Monothélites.

On l’appella type parce que c’étoit une espece de formulaire de foi, ou plutôt un reglement auquel tout le monde devoit conformer sa conduite, en s’abstenant de parler des matieres controversées.

Le véritable auteur du type étoit Paul, patriarche de Constantinople, & monothélite, qui crut assez servir son parti en forçant par autorité les catholiques à n’oser publier leur foi, espérant que l’erreur feroit assez de progrès, tant qu’on ne la combattroit pas. En conséquence, il insinua à l’empereur Constans de supprimer l’ecthèse d’Héraclius, & de publier un édit pour imposer silence aux orthodoxes & aux monothélites ; mais sur-tout aux premiers qui se plaignoient vivement de l’ecthèse, comme favorable au monothélisme ; mais on sent que cette prétendue voie de pacification étoit injuste, & qu’elle opprimoit la vérité, sous prétexte d’éteindre les disputes : on croit cependant que Constans avoit donné cette loi à bonne intention, puisque dans le type même, après avoir ordonné le silence aux deux partis, il ordonne qu’on s’en tienne aux saintes Ecritures, aux cinq conciles œcuméniques, & aux simples passages des peres, dont la doctrine est la regle de l’Eglise, sans y ajouter, en ôter, ni les expliquer selon des sentimens particuliers. Mais quelles que fussent les intentions de l’empereur, il est certain que celles des monothélites étoient d’en abuser & de s’en prévaloir contre les catholiques. Aussi le pape Théodore ne tarda-t-il point à prononcer la sentence de déposition contre le patriarche Paul. Le type fut examiné dans le concile de Latran, tenu en 649, & l’on y prononça anathème contre tous ceux qui admettoient l’impiété du type & de l’ecthèse. Voyez Ecthèse.

Type, s. m. (Art numismatique.) terme générique par lequel les médaillistes entendent l’empreinte qui est marquée sur la tête & le revers des médailles, comme symboles, figures de divinités, de génies, d’hommes, de femmes, d’animaux, & de choses insensibles. On explique toutes ces choses en detail au mot Tête & Symbole, art numismat. (D. J.)

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Étymologie de « type »

Étymologie de type - Littré

Lat. typus, de τύπος, qui vient de τύπτειν, frapper, sanscr. tup, tuph, frapper, tuer.

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Étymologie de type - Wiktionnaire

Du latin typus (« modèle, image »), lui-même du grec ancien τύπος, túpos (« empreinte, marque »).
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Phonétique du mot « type »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
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Citations contenant le mot « type »

  • Des chercheurs ont mis en évidence un nouveau type de liaison hydrogène qui présente une force similaire voire supérieure à certaines liaisons covalentes. Ces liaisons pourraient intervenir dans de nombreuses réactions chimiques et servir dans le domaine de la biologie ou les piles à combustible. Futura, Découverte d'un nouveau type de liaison chimique ultra-forte
  • Chaque fois qu'il y a un type qui meurt, ce n'est jamais le même. De Louis Scutenaire
  • La surprise est l’élément le plus important dans tout type de musique. De Sting / Extrait de l'interview du Figaro du 11 octobre 2016
  • En définitive, l'artiste est un type que la vie étonne. De Louis Nucera / Ils s'aimaient
  • Un intellectuel inconscient ou démissionnaire n'est plus qu'un pauvre type. De Bernard Pivot / Le Métier de lire
  • Le journaliste : un type qui travaille plus dur qu'aucun autre fainéant dans ce monde. De Gilbert Keith Chesterton
  • Le beau n'a qu'un type ; le laid en a mille. De Victor Hugo / Cromwell
  • La romance historique est le seul type de livre dans lequel la chasteté est importante. De Barbara Cartland
  • Un pessimiste c'est un type qui a vécu trop longtemps avec des optimistes. De Robert Beauvais
  • Elle était d'un type si commun que chaque homme croyait l'avoir possédée. De Paul Morand
  • Un cannibale est un type qui va dans un restaurant et qui commande le serveur. De Jack Benny
  • Un sceptique est un type qui, s'il rencontrait Dieu, lui demanderait ses papiers. De Edgar A. Shoaff
  • Un raseur est un type qui, quand vous lui demandez comment il va, vous le dit. De Bert Leston Taylor
  • Au fond quand on y pense, un type qui doit être vachement frustré, c’est le type qui a réalisé le plancher de la chapelle Sixtine... De Philippe Geluck / Ma langue au chat
  • Qu'il soit noir, juif ou arabe, un type bien est un type bien et un enfoiré sera toujours un enfoiré. De Guy Bedos / Inconsolable et gai
  • Un type qui boit ne peut être foncièrement mauvais. De Roland Topor / Journal in Time

Traductions du mot « type »

Langue Traduction
Corse tippu
Basque mota
Japonais タイプ
Russe тип
Portugais tipo
Arabe نوع
Chinois 类型
Allemand art
Italien genere
Espagnol tipo
Anglais type
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Synonymes de « type »

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